La presse africaine et la mort de Kadhafi

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La mort de Khadafi a fait l’objet de commentaires et d’éditoriaux dans la presse africaine. Avec des réactions diverses. Pour les uns l’Afrique compte un dictateur en moins. D’autres saluent un martyr qui a su mourir avec le «sens de l’honneur».

L’HOMME EST MORT, LE MYTHE EST VAINCU
L’Observateur Paalga (journal burkinabé)

« Kadhafi a disparu, l’homme est mort, le mythe est vaincu, mais on gardera de lui qu’il a tenu promesse ne serait-ce que sur un point : il avait promis qu’il ne quitterait pas son pays et qu’il avait choisi d’y mourir en martyr ; il aura rendu l’âme en Libye (…) La mort de Kadhafi aura fait œuvre utile si elle parvenait à convaincre timoniers, pères des nations et autres présidents bien-aimés, de sagement savoir réviser leurs folies des grandeurs ».


IL L’AVAIT PROMIS, IL L’A FAIT
Guinée Conakry info (site d’informations guinéen)

« Kadhafi et ses enfants avaient dit qu’ils mourraient en Libye. Comme il l’avait promis, il se sera battu jusqu’à la mort. Ses adversaires ne savoureront donc pas le plaisir grisant de l’humiliation d’un procès à la Moubarak (…) Les Libyens regretteront un jour Kadhafi ».

KHADAFI N’EST RIEN
Connectionivoirienne (site d’informations ivoirien)

« Dans l’émotion, nous avions voulu voir hier Kadhafi en héros, jusqu’au bout : un leader authentique, assumant ses engagements et ses révoltes contre l’ordre injuste, comme le font tous ces révoltés qui défient la mort, et qui s’immolent ! Un leader se tirant une balle dans la tête ou faisant exploser son bunker, pour éviter l’humiliation des images de sa mort, comme tout humain. Or, Kadhafi n’est rien. Il est comme tout le monde, comme vous, comme moi : un simple mortel ! Tout ça en fait pour rien »,

« Critiquons certes l’Europe, l’Occident et la France. Mais qui a pris la peine d’écouter les derniers messages de Kadhafi ? »,

«Un Africain authentique, un vrai panafricaniste, s’il doit vraiment pleurer la mort de Kadhafi, doit également déplorer le fait qu’il n’ait songé à l’Afrique que pour sa propre gloire, et non pour l’épanouissement de son peuple en Libye et des peuples d’Afrique. Adieu Kadhafi, viva Libya, viva Africa ! »

MORT D’UN PANAFRICANISTE
Sud Quotidien (journal sénégalais)

« L’OTAN, qui a permis au CNT de renverser puis tuer Mouammar Kadhafi, a porté un combat plus économique et idéologique que de défense des droits de l’homme ».

«Le Guide libyen ne cachait pas son penchant panafricaniste. Question trop sensible dans un contexte de mondialisation où le diviser pour régner n’a jamais été aussi présente dans les stratégies de ceux qui veulent s’approprier les ressources d’un continent dont les dirigeants sont peu portés à défendre les intérêts de leurs peuples ».

«L’Egypte de Hosni Moubarak et, surtout, la Tunisie de Zine el Abidine Ben Ali, n’avaient quasi rien de commun avec le pays de Mouammar Kadhafi (…) Le fondateur de la Jamahiriya Arabe n’avait pas oublié son peule dans les retombées du pétrole dont regorge le sous-sol libyen. Au fil des années, le niveau de vie de la population s’est nettement amélioré. Logement, Education, Santé… la satisfaction de la demande sociale, s’agissant notamment des besoins primaires était une donnée unanimement reconnue dans le monde comme point positif sous le règne du Colonel ».

NAISSANCE D’UN MARTYR
Le Républicain (journal malien)

« l’image du Guide au visage ensanglanté est dure à voir mais il faut bien plus qu’une annonce du CNT, une photo de l’AFP ou un communiqué de l’Otan pour que Bamako, Ouaga et bien d’autres capitales africaines, acceptent la mort de leur héros. L’efficace fabrique de légendes que sont nos chaumières avait, de toutes façons, décerné toutes les palmes au Guide. Celle de l’invincibilité, celle de l’ubiquité, celle du courage ».

« La propagande qui veille à ce qu’il ne soit pas un martyr prétend qu’il s’était mis à genoux pour demander pardon aux Libyens. Mais il n’a pas été capturé dans un trou de rat comme Saddam Hussein. Il n’a pas succombé à un duel d’honneur contre Jibril. Il a été pilonné par l’Otan (…) Si le coup a tué un dictateur, il peut bien avoir donné naissance à un martyr »

UN MORT SUR LA CONSCIENCE
Le Pouce (journal malien)

«Ils sont enfin arrivés à terme de la mission qu’ils se sont assignés depuis la fameuse résolution 1973 du conseil de sécurité des Nations Unies (…) La seule vie humaine qui hantait la paix et la sérénité nécessaires à l’expansion impérialiste de ceux qui se partagent aujourd’hui l’or noir de la Libye, vient d’être enlevée au grand dam de la jeunesse africaine éprise de l’idée des Etats-Unis d’Afrique. »

« A la vue de ces scènes de liesse, l’impérialiste occidental se rira toujours de la naïveté de l’Africain qui se glorifie de la perte d’un des leurs qui plus est natif de la patrie pour laquelle le CNT dit se battre. On aurait aimé que le sort de Kadhafi soit décidé par les libyens sans aucune ingérence quelconque ».

« En tous cas, tous les assassins du guide libyen se souviendront que le printemps arabe a mis plus de temps pour se dénouer en Libye qu’ailleurs en Tunisie et en Egypte. Ces assassins se diront désormais à l’abri de l’âme qui puisse leur donner du fil à retordre. Cependant ils auront éperdument une mort sur la conscience quoique leur victime ait été pire dans sa vie ».

UN PANAFRICANISME TROMPEUR
Le Quotidien (journal sénégalais)

«L’aventure de Kadhafi avec les Noirs reposait sur une tromperie, en même temps qu’il cherchait à nous faire avaler… sa pilule d’une union des Etats africains immédiate et sans conditions, les frontières de son pays se fermaient à tous les ressortissants des pays de cette zone ».

LE SEUL A TENIR DEBOUT
Vibeghana.com (site d’information ghanéen)

« Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, l’histoire retiendra tout de même qu’il fut le seul leader africain à tenir debout contre la politique de la canonnière des Occidentaux, il fut le seul a utiliser les ressources de son pays pour améliorer l’économie et le niveau de vie de ses compatriotes ».

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