• Des activistes de défense des droits de la femme au Zimbabwe se disent indignés par la faible représentation des femmes dans le nouveau gouvernement d’union. Seulement quatre femmes font partie des 35 membres de l’équipe, ridiculement en dessous de la représentation équitable des femmes dans les instances de prise de décisions, approuvée par le Zimbabwe à un sommet régional en août 2008. La directrice de l’organisation non gouvernementale ‘Women in Politics Support Unit’ (l’Unité de soutien des femmes en politique - WIPSU), a qualifié la sélection basée sur le genre des membres du gouvernement de "choquante" et "triste".

  • Contributor | Gouvernance

    L’accord signé en juillet 2008 entre la ZANU Front patriotique (ZANU-PF) et les deux factions du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a offert la première lueur d'espoir dans la résolution de la longue crise au Zimbabwe. Avec la signature du protocole d'accord, les parties ont commencé à négocier un règlement de la crise dans le cadre de la médiation engagée par Thabo Mbeki, alors président de l'Afrique du Sud. Toutefois, il est peu probable que les négociations en cours aboutissent à une transition politique au Zimbabwe. Le régime actuel restera au pouvoir et cherchera à bloquer les efforts entreprise pour établir les responsabilités dans les violations passées. Bien que la transition politique reste très peu probable dans un proche avenir, il est important d'examiner la forme que pourrait prendre la justice de transition au Zimbabwe, si les partisans de la ZANU-PF étaient amenés à perdre le pouvoir. Ce texte se penche sur cette question, tout en reconnaissant les immenses défis qui se posent dans ce sens

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  • Contributor | Gouvernance

    Robert Mugabe a indiqué le 26 février qu'il prévoyait de nouvelles élections générales dans environ deux ans. Selon lui, le gouvernement d'union formé il y a quinze jours avec Morgan Tsvangirai n'était qu'"un arrangement intérimaire". "Tout un processus constitutionnel nous attend", a-t-il ajouté dans un entretien accordé au quotidien d'Etat The Herald à l'occasion de son 85e anniversaire. Il a ajouté que les partis se sont déjà entendus sur une ébauche de texte fondamental. "Nous devons l'examiner et quand nous serons tous satisfaits, nous organiserons un référendum (...) d'ici 18 à 24 mois."

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  • Contributor | Gouvernance

    Le président du Nigeria, Umaru Yar’Adua, a appelé les nations africaines à tendre la main d'urgence au Zimbabwe pour permettre à ce pays d'Afrique australe de sortir de la crise humanitaire qui l'affecte actuellement. S'exprimant ainsi à l'occasion de la présentation des lettres de créance de l'ambassadeur d'Afrique du Sud au Nigeria, à la villa présidentielle à Abuja, la capitale fédérale, le président Yar'Adua a dit que "les nations africaines doivent montrer la voie en apportant du soutien et de l'assistance au peuple du Zimbabwe en cette période critique".

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  • Contributor | Gouvernance

    La vice-présidente du Zimbabwe, Joyce Mujuru, est impliquée dans une tentative de vente illégale d'or sur le marché international, en dépit des sanctions européennes à son encontre. La fille de Mme Mujuru, Nyasha del Campo, aurait en effet tenté de vendre, en novembre dernier, à la société Firstar Europe, 3,7 tonnes d'or, provenant de la République démocratique du Congo (RDC), d'une valeur estimée à 92,5 millions de dollars (72,6 millions d'euros). Selon le vice-président de Firstar, quand sa compagnie a refusé de se prêter à la transaction, Mme Mujuru l'a appelé pour le menacer.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le nouveau Premier ministre du Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, a effectué une visite en Afrique du Sud pour chercher le soutien de Pretoria dans l'obtention d'une aide d'urgence d'un milliard de dollars pour ranimer une économie moribonde. Le chef de l'Etat sud-africain Kgalema Motlanthe, qui préside la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), avait promis d'aider le Zimbabwe à rallier les soutiens financiers régionaux indispensables à la reconstruction du pays, une fois un gouvernement d'union installé à Harare

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  • Contributor | Gouvernance

    Morgan Tsvangirai, le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a enfin récupéré son dû en devenant Premier ministre du Zimbabwe le 11 février dernier. Durant une décennie, il a subi mauvais traitements, emprisonnement et torture entre les mains de l'État. Maintenant, il reçoit le cadeau empoisonné d'une économie effondrée et hérite de l'impossible tâche de gouverner aux côtés de son bourreau, Robert Mugabe, qui demeure président. Ce partage du pouvoir a été salué comme « une solution africaine à un problème africain ». En fait, il s’agit d’une preuve de l’échec du leadership et des niveaux effroyablement faibles de responsabilité et de transparence démocratiques en Afrique.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le président du Zimbabwe Robert Mugabe et son épouse Grace, dont le pays connaît une gravissime crise économique, ont acheté en secret une propriété de 4 millions de livres à Hong Kong, affirme le journal britannique Sunday Times. Cette luxueuse villa est située dans un complexe résidentiel de Hong Kong, dans le district de Tai Po, indique le journal, qui a mené une enquête sur les intérêts financiers des époux Mugabe en Asie. Le couple présidentiel a tissé au cours de ses voyages un important réseau financier dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est: à Hong Kong, Singapour, en Malaisie, au Vietnam et en Thaïlande, affirme encore le Sunday Times.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le leader de l’opposition au Zimbabwe Morgan Tsvangirai est devenu Premier ministre dans un gouvernement d’union nationale conformément à un accord de partage du pouvoir signé le 15 septembre 2008 en vertu duquel le Président Robert Mugabe restera le chef de l’Etat. Par ailleurs, le Guide libyen, Mouammar Kadhafi, président en exercice de l’Union africaine (UA), a entrepris une médiation pour trouver une solution à la crise politique et institutionnelle qui prévaut en Mauritanie en y envoyant une mission de 11 personnalités conduite par Ravi Medani, son émissaire spécial. Les Mauritaniens ont été invités à la table de négociations pour éviter des sanctions économiques et l’isolement diplomatique. Au moment où le conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a réitéré ses sanctions contre la junte au pouvoir en Mauritanie, la Communauté des Etats Sahélo-sahariens, en mentionnant que certains de ses chefs d’Etats n’avaient pas connaissance de cette nouvelle, semble soutenir le pays et appelle aux leader militaires de soutenir l’agenda des Etats-Unis d’Afrique en 2017.
    Une vingtaine de pays africains sont dit prêt à faire scission pour mettre sur pied une union fédérative. L’économiste Sanou Mbaye soutient cette idée en disant que la meilleure solution serait que ceux qui sont « partisans d’une union immédiate s’associent, mettent en commun leurs rêves de changement et poursuivent les mêmes politiques économiques et extérieures sous une présidence politique annuelle tournante et d’autres pays auraient tout le loisir de rejoindre ce noyau initial en remplissant des conditions d’éligibilité préalablement établies ». Dans son nouveau livre intitulé « l’Afrique au secours de l’Afrique », Sanou Mbaye, tout en accusant le modèle de développement imposé au lendemain des indépendances à l’Afrique ainsi par la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international, propose un large éventail de solutions novatrices qui permettront aux Africains de prendre en main leur propre développement. Pour finir, le président de la Chine, Hu Jintao, a entamé sa quatrième tournée sur le continent africain depuis 2003 en visitant quatre pays à savoir le Mali, le Sénégal, la Tanzanie et l’Ile Maurice.

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  • Réagissant au grand débat lancé par la réflexion de Mahmood Mamdani intitulée "Leçons du Zimbabwe», Sam Moyo et Paris Yeros dénoncent un large éventail d'idées fausses autour des réalités politiques au Zimbabwe. Faisant valoir que, bien que fortement ancrée les disparités socio-économiques reflètent d'abord et avant tout la capacité des acteurs les plus puissants à réduire la politique économique à leur volonté, les auteurs soulignent qu’il ne s’agit pas d’un simple problème de «patrimonialisme» pour être résolus par le biais de «changement de régime». En vue d'atteindre la souveraineté alimentaire pour l'ensemble du pays, Moyo et Yeros soulignent la nécessité d'insister sur la production paysanne - à travers des prix équitables et de subventions des intrants - avec la réforme de la politique commerciale et industrielle, le renforcement de la surveillance du secteur minier, et un rôle central des banques d'État dans la reconstruction économique à long terme du pays.

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  • Contributor | Gouvernance

    Dans les régions rurales du Zimbabwe, où sont instruits la plupart des enfants, environ 94 pour cent des écoles n’ont pas ouvert leurs portes cette année, a déclaré l’UNICEF, le 10 février 2009. ??Le système éducatif zimbabwéen, autrefois considéré comme l’un des meilleurs d’Afrique subsaharienne, est victime de l’effondrement économique et des conflits politiques internes qui paralysent le pays. Après les élections, un grand nombre d’enseignants n’ont pas repris leur poste : leurs salaires sont devenus dérisoires en raison de l’hyperinflation et ils craignent la poursuite des violences politiques.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le leader de l’opposition Morgan Tsvangirai a accepté le 30 janvier d’être le Premier ministre d’un gouvernement d’union nationale au Zimbabwe. Ce dernier entrera en fonction le 13 février prochain. Après plusieurs mois de tractations qui avaient achoppé sur la répartition des postes-clés du gouvernement, notamment celui du ministère de l’Intérieur, le MDC a finalement consenti à entrer au gouvernement après avoir obtenu « des assurances de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) sur la prise en compte de (ses) problèmes ». Un comité commun de surveillance et d’application (Jomic), composé de douze membres issus du parti au pouvoir, la ZANU-PF, et du MDC suivra « les avancées, les plaintes, les inquiétudes et les interrogations » relatives à cet accord.

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  • Près de 63.000 cas de choléra ont été diagnostiqués depuis le début de l'épidémie en août dernier au Zimbabwe où 3.229 personnes sont mortes de la maladie, a annoncé le 2 février l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La barre des 60.000 cas diagnostiqués signe le "scénario du pire", selon les organisations humanitaires qui luttent contre la maladie. L'épidémie marque le pas à Harare, la capitale, mais fait de plus en plus de victimes dans les zones rurales, selon les données transmises par l'OMS.

  • Devant les menaces qui pèsent sur les enfants zimbabwéens avec l'épidémie de choléra au Zimbabwe, l’UNICEF a annoncé qu'il débloquait 5 millions de dollars pour répondre à l'effondrement du système de santé de ce pays. La situation en milieu sanitaire et telle que la catastrophe dépasse la seule épidémie de choléra. «L'épidémie de choléra n'est que la partie émergée de l'iceberg », selon la directrice exécutive de l’UNICEF.

  • L’arrestation, par les autorités zimbabwéennes du journaliste Anderson Shadreck Manyere et de l’activiste Jestina Mukoko, accusés de complot terroriste en vue de renverser le président Robert Mugabe, suscitent une mobilisation dans le milieu des organisations pour la liberté de presse. L'Institut des médias d'Afrique australe (Media Institute of Southern Africa, MISA), des groupes membres de l'IFEX, Reporters sans frontières (RSF) et la Fondation internationale des femmes dans les médias (International Women's Media Foundation, IWMF) ont dénoncé ces arrestations. IWMF a mis sur pied une pétition au sujet de l'enlèvement de Mukoko et demande sa remise en liberté.
    Consulter les sites suivants :
    - MISA :
    - CPJ :
    - RSF :

  • Il y a une haine à peine contenue contre le régime de Mugabe et ceux qui le défendent. De telles attitudes sont inadmissibles dans un débat d’idées. En quoi le soutien au régime de Mugabe serait-il « honteux » et « malhonnête »? En quoi ce soutien devrait-il susciter du « dégoût » sauf chez les ennemis jurés de Mugabe et de la ZANU-PF ? Et pourtant, tous les faits évoqués pour soutenir le leader zimbabwéen sont avérés et connus de tous. Ses détracteurs ont le droit de détester Mugabe et d’être en désaccord avec celles et ceux qui le défendent mais ils n’ont pas le droit de l’insulter. Chacun doit pouvoir exprimer librement ses opinions sur ce qui se passe au Zimbabwe, ou dans tout autre pays africain, sans recourir à des invectives contre ceux ou celles qui expriment des opinions contraires.

    Mugabe, ici ou là, est qualifié de « dictateur », de « corrompu » et de « despote », termes que l’on trouve généralement dans les médias occidentaux, notamment britanniques et américains ! Mais d’où viennent la hargne et la haine avec lesquelles certains attaquent Mugabe et son régime ? Au nom, semble-t-il, de la défense « des masses laborieuses » et du « peuple » du Zimbabwe. Mais qui leur a donné le droit de parler au nom du « peuple » du Zimbabwe ? Et pensent-ils se soucier plus du sort de ce « peuple » que Mugabe lui-même et son parti? Celui-ci et tous ceux qui le défendent seraient-ils donc des « ennemis » du « peuple » du Zimbabwe tandis que ceux qui l’attaquent seraient les « vrais amis » de ce « peuple » ?

    Dans ce débat, il ne faut pas prendre de liberté avec la vérité historique et les faits.

    Les Accords de Lancaster House

    Les Accords de Lancaster House, qui organisaient la transition vers l’indépendance de la Rhodésie ont été signés le 21 décembre 1979 après trois mois d’âpres négociations entre la délégation du Front Patriotique (ZANU et ZAPU), la clique de Ian Smith et la Grande Bretagne, puissance de tutelle. Ces accords prévoyaient une période de transition avant les élections législatives prévues au premier trimestre 1980. Durant cette période on ne devait pas toucher aux institutions de la Rhodésie. Ces Accords stipulaient que tous les signataires devaient: 1) respecter les arrangements obtenus pendant la période d’avant indépendance ; 2) respecter toutes les clauses de la Constitution devant mener à l’indépendance. En outre, les Accords octroyaient à la minorité blanche 20% des sièges du futur Parlement, ce qui lui conférait de fait un droit de veto sur tout changement constitutionnel, et ce, jusqu’en 1987.

    C’est après les élections législatives de février 1980, gagnées par la ZANU à une très confortable majorité, que Mugabe assuma la fonction de Premier Ministre à partir du mois de mars 1980. Et c’est seulement à partir de ce moment que la ZANU commença à mettre en œuvre son programme. C’est ainsi que les deux principales branches de l’armée de Ian Smith furent démantelées : l’Infanterie Légère de Rhodésie (ILR) et les Selous Scouts (SS). Une bonne partie des effectifs de l’ILR et certains membres des SS furent incorporés dans la nouvelle Armée zimbabwéenne sous commandement des officiers de la ZANLA, l’aile militaire de la ZANU. Seuls quelques officiers de l’ancienne Armée rhodésienne, qui avaient accepté la règle de la majorité noire, furent retenus pour contribuer à la formation de la nouvelle Armée.

    La politique de redistribution des terres

    La question de la réforme agraire fut un des points les plus litigieux durant les négociations de Lancaster House. Il faut noter qu’au moment de l’indépendance, quelque 6000 fermiers blancs contrôlaient 15,5 millions d’hectares –soit 40% de toutes les terres- et sur la partie la plus fertile du pays. Par contre, environ 4,5 millions de fermiers noirs n’avaient que 16,4 millions d’hectares situés sur la partie aride du pays. Mais au moment des Accords de Lancaster House, la Grande Bretagne accepta de financer la redistribution des terres mais seulement sur une base volontaire, selon le principe « achat volontaire, vente volontaire ». Et cette politique devait durer entre 1980 et 1990.

    Dès son arrivée au pouvoir en 1980, la réforme agraire était parmi les priorités du régime zimbabwéen. Mais la politique d’achat et de vente volontaire incita les fermiers blancs à la spéculation, provoquant ainsi une hausse exagérée des prix des terres. Ce qui limita la portée du programme du régime. Entre 1980 et 1992, la Grande Bretagne dépensa 44 millions de livres sterling dans le cadre des engagements qu’elle avait pris. Mais à cause des prix élevés demandés par les fermiers blancs, les terres redistribuées étaient très limitées et la plupart étaient dans des régions arides.

    En 1997, quand les travaillistes vinrent au pouvoir avec Tony Blair, Claire Short, la Secrétaire chargée du Développement international, écrivit au régime zimbabwéen pour dire que la Grande Bretagne n’avait plus aucune intention de tenir ses engagements quant à la réforme agraire. Dès lors, la pression s’intensifia sur le régime pour autoriser la confiscation des terres sans indemnisations. Donc, c’est la violation par la Grande Bretagne de ses engagements résultant des Accords de Lancaster House qui a amené le régime zimbabwéen à décréter la confiscation des terres et leur redistribution. Cette politique, loin d’être « démagogique » ou un expédient électoral, était au contraire très populaire et approuvée par l’écrasante majorité du peuple zimbabwéen.

    Ceux qui critiquent Mugabe à l’intérieur du pays ne remettent pas en cause cette politique, même s’ils pensent que d’autres méthodes auraient pu être utilisées. D’ailleurs, dans l’Accord signé au mois de septembre 2008 entre Mugabe et Morgan Tsvangirai, le leader du MDC, il est stipulé que la politique de redistribution des terres était irréversible. En outre, l’Accord souligne que la Grande Bretagne est responsable de toutes les indemnisations dues aux fermiers blancs qui ont perdu leurs terres. C’est sans doute une des raisons qui ont poussé les parrains du MDC, notamment la Grande Bretagne et les Etats-Unis, à faire pression sur Tsvangirai pour qu’il refuse la mise en œuvre de cet Accord.

    Certains critiques de Mugabe semblent condamner la politique de redistribution des terres et même regretter le départ des fermiers blancs, présentés comme les piliers d’un secteur agricole qui s’est effondré, de sorte que le Zimbabwe ne fut plus le grenier de l’Afrique australe qu’il était. Avec pour conséquences, la chute brutale de la production agricole, la baissedes recettes d’exportation, la famine, l’exode rural, exode massif de la population vers l’étranger. (1)

    Ainsi donc, le régime Mugabe est-il rendu seul responsable de tout cela ! On oublie les effets des sécheresses récurrentes qui ont frappé le pays. On oublie surtout le sabotage organisé par ces mêmes fermiers et leurs soutiens, non seulement en Occident, mais aussi dans les pays limitrophes du Zimbabwe ! Car les tenants de l’ancien système d’apartheid en Afrique du Sud et en Namibie, et qui continuent à détenir l’essentiel des rouages économiques et financiers dans ces pays, n’avaient aucun intérêt à voir la politique du gouvernement zimbabwéen réussir.

    Au contraire ! Il ne faut pas oublier que le système bancaire et financier dans la sous-région est largement dominé par les groupes financiers occidentaux et qui sont donc des ennemis de Mugabe. Par conséquent, même si les gouvernements des pays voisins soutiennent Mugabe, il n’en demeure pas moins qu’ils n’ont pas beaucoup d’influence sur les décisions des entreprises et banques privées. Et ces dernières ont contribué à organiser une fuite massive de capitaux hors du Zimbabwe sans que les autorités des pays voisins puissent faire quelque chose contre cela!

    Mais de nos jours, tous ceux qui mettent l’impérialisme en cause dans les problèmes internes du continent africain sont accusés d’utiliser cela comme « alibi » afin de passer sous silence, voire de couvrir les méfaits ou crimes des « dictateurs africains » et autres « régimes corrompus ». Ces critiques sont abusés par les idéologues et médias occidentaux qui font croire qu’après plusieurs décennies « d’indépendance » les pays occidentaux, en particulier les anciennes puissances coloniales, n’ont plus rien à voir dans les problèmes « internes » des pays africains.

    Une ingérence constante

    Ce que ces critiques semblent oublier c’est que l’impérialisme est un système mondial ayant un « centre » et une « périphérie », pour utiliser l’analyse de Samir Amin. Donc, quand on critique ce système, ce n’est pas occulter les responsabilités des dirigeants africains. Ainsi, quand on dénonce la Françafrique, on ne fait pas seulement référence à la politique de l’impérialisme français, mais également aux régimes qui lui sont inféodés ou aux forces manipulées par la France et qui lui servent d’instrument de déstabilisation et de subversion contre des régimes « récalcitrants ».

    C’est par l’intermédiaire de ces relais que se fait le sale boulot et qu’on présentera ensuite comme un « problème interne». Quand Thomas Sankara est tombé sous les balles des assassins au service de la Françafrique, c’était « un problème interne ». Quand Kwame Nkrumah a été renversé par l’impérialisme britannique, c’était un « problème interne ». Quand Lumumba et ses compagnons furent sauvagement assassinés sur ordre de la CIA et des services belges, c’était « un problème interne ». Quand l’impérialisme US fit assassiner Salvador Allende au Chili en 1973, c’était un « problème interne ». Quand, en 2002, ce même impérialisme fomenta un coup d’Etat contre Hugo Chavez, c’était « un problème interne ». Ou encore quand, il y a quelques semaines, il essaya de diviser la Bolivie par l’intermédiaire de gouverneurs de région à la solde de la CIA, c’était encore un « problème interne » !

    Bref, quand l’impérialisme utilise ses relais en Afrique et ailleurs dans les pays du Sud pour déstabiliser, tuer, massacrer, cela est présenté comme « un problème interne ». Par contre, si ce sont ses obligés qui se trouvent en mauvaise posture, alors ce n’est plus un « problème interne », mais une « agression extérieure ». Ainsi quand Idriss Deby du Tchad fut sur le point de tomber en janvier 2008, la France de Sarkozy vola à son secours sous prétexte qu’il était confronté à une « agression extérieure» de la part du Soudan !

    Les mutations de l’impérialisme

    En réalité, la main visible ou invisible de l’impérialisme se trouve toujours derrière les troubles « internes » des pays du Sud. En fait, l’impérialisme n’a jamais été une réalité aussi incontestable qu’à notre époque où il prend un caractère de plus en plus terroriste sous les traits des Etats-Unis et de l’OTAN. Ce que certains ignorent, sans doute, c’est que l’impérialisme a subi de profondes mutations. Il est certes toujours représenté par les Etats et leurs machines de guerre ainsi que par les grands groupes industriels et financiers, plus connus de nos jours sous le nom de multinationales. Mais l’ancienne politique de la canonnière n’est utilisée qu’en dernier ressort, car elle a un coût de plus en plus exorbitant sur le plan militaire, économique et politique. George Bush en sait quelque chose avec les désastres d’Irak et d’Afghanistan.

    On préfère alors recourir à d’autres formes d’intervention, plus subtiles et moins onéreuses C’est pourquoi, de nos jours, l’impérialisme se présente également sous les traits d’organisations internationales, comme la Banque mondiale, le FMI, l’OMC et de bien d’autres encore. L’impérialisme se présente aussi sous les traits d’organisations dites « humanitaires », de « défense des Droits de l’homme », de « promotion de la démocratie », de « fondations » de « Think Tanks », bref de toute une myriade d’ONG et autres organisations de la société civile dont certaines ont des budgets qui dépassent ceux de nombre de pays du Sud. Enfin et surtout, l’impérialisme du 21ème siècle est symbolisé par la formidable machine médiatique dont les principaux groupes sont contrôlés par les sociétés transnationales. Une machine médiatique qui répand les mensonges, distille la haine, procède à un extraordinaire lavage de cerveau et à la manipulation de l’opinion publique, le tout avec une efficacité redoutable. Imaginez qu’aujourd’hui, tout musulman est « un terroriste » potentiel !

    La guerre implacable contre le Zimbabwe

    Donc, l’impérialisme du 21ème siècle se présente comme un monstre à plusieurs têtes. Et son ingérence visible ou invisible, en Afrique ou ailleurs, est une réalité et le restera aussi longtemps que ce monstrueux système continuera d’exister. Et le Zimbabwe constitue un exemple flagrant de cette ingérence impérialiste que d’aucuns qualifient de terroriste de la part des Etats-Unis et de l’Europe. Certes, on ne peut pas imputer tout ce qui se passe au Zimbabwe à cette ingérence. Mugabe et la ZANU-PF ont une grande part de responsabilité dans cette situation.

    Mais c’est un fait que, depuis 2000, les Etats-Unis, la Grande Bretagne et leurs alliés ont décidé de déclencher une guerre économique, financière et médiatique sans équivalent en Afrique contre Mugabe et son régime. En 2001, le Congrès des Etats-Unis adopta un projet de Loi enjoignant les représentants US dans toutes les institutions internationales de s’opposer à toute forme d’aide ou de coopération avec le Zimbabwe. Et les principaux sponsors de cette Loi étaient Jesse Helms, sénateur républicain d’extrême droite et fervent soutien du terroriste Ian Smith, et… Hillary Clinton !

    Dans le cadre de cette Loi, l’Administration Bush mit en place en 2002 un programme dénommé « gouvernance et démocratie » doté de 6 millions de dollars destiné à aider l’opposition à Mugabe (MDC, syndicats, groupes religieux, ONG, médias « indépendants » etc.). Au plus fort de la campagne de redistribution des terres, les Etats-Unis s’opposèrent à l’aide du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et en 2004 ils s’opposèrent à l’appui du Fonds mondial contre le sida au Zimbabwe!

    Non contents de déclarer leur propre guerre, les Etats-Unis et la Grande Bretagne poussèrent l’Union européenne à prendre des sanctions contre le Zimbabwe à partir de 2002 et cela en violation de l’Article 98 de l’Accord de Cotonou signé en 2000 entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique).3 Comme quoi, l’impérialisme ne respecte ses propres règles et lois que quand celles-ci vont dans le sens de ses intérêts. Tous les fonds destinés à l’éducation et à la santé furent suspendus par les pays occidentaux, pourtant grands donneurs de leçons sur « les droits de l’homme » et qui prétendent combattre Mugabe pour « sauver » le peuple zimbabwéen !

    Sous la pression des mêmes pays, le FMI et la Banque mondiale mirent fin à toute forme de coopération avec le Zimbabwe. Et si on ajoute à tout cela le lynchage médiatique quotidien le plus ignoble – un véritable terrorisme médiatique -, on peut considérer que le Zimbabwe connaît une situation similaire à celle qui prévalait en Irak avant l’invasion impérialiste de 2003. Les appels à la démission de Mugabe et à l’intervention militaire lancés ces temps derniers par les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France montrent qu’ils n’ont pas tout à fait renoncé à rééditer le scénario irakien. Ils avaient d’ailleurs essayé d’obtenir l’aval des Nations-Unies en juillet dernier en présentant une résolution qui ouvrirait la voie à l’utilisation de la force, en prétendant que la situation au Zimbabwe représentait « une menace pour la sécurité internationale » ! Sans doute une « menace » pour les intérêts et « la sécurité » de ceux qui veulent recoloniser le Zimbabwe.

    La résolution fut rejetée par un double veto chinois et russe et également par le Vietnam, l’Afrique du Sud et la Libye. Par contre, le Burkina Faso de Blaise Compaoré, l’assassin de Sankara, avait voté pour cette résolution, sans doute dans le but de donner davantage de gages de sa fidélité à la Françafrique.

    Défendre Mugabe

    Ainsi donc, il est certainement plus facile aujourd’hui de crier avec les chiens et les loups impérialistes pour vilipender Robert Mugabe, le traîner dans la boue que de le défendre. Les pays occidentaux ont non seulement entrepris une campagne haineuse et méprisable contre le dirigeant zimbabwéen et son régime, mais également fait pression sur les dirigeants africains pour « l’isoler ». Cette campagne politico-médiatique est relayée par quelques dirigeants africains, dont Wade qui a rejoint récemment la meute de chiens demandant « la démission » de Mugabe.4 Mais elle a également fini par ébranler certains esprits « progressistes » voire « révolutionnaires » sur le continent.

    Comme tout le monde le sait, la seule et unique source de cette furie impérialiste est la confiscation des terres des fermiers blancs. Et pourtant, comme on l’a vu, cette confiscation n’a commencé que quand la Grande Bretagne a officiellement renié sa parole. En outre, cette confiscation est plus que légitime puisqu’elle vise à restituer aux Africains ce qui leur avait été volé par la force durant la colonisation britannique. Mais pour les Britanniques et les pays occidentaux, Mugabe s’est attaqué au fondement même de leur domination: le pouvoir économique. En effet, aussi longtemps que quelques milliers de fermiers contrôlaient l’essentiel des terres les plus fertiles du pays, le pouvoir économique et financier resterait entre leurs mains. Les cas de l’Afrique du Sud et de la Namibie en sont une bonne illustration.

    Donc, il ne fallait pas que Mugabe réussisse, car s’il réussissait ce serait le tour de l’Afrique du Sud, de la Namibie et même au-delà. La réussite de la politique de redistribution des terres serait un coup terrible porté à tout le système de domination directe ou indirecte en Afrique. La libération économique est une guerre encore plus difficile et plus terrible que la guerre de libération sur le plan politique. Beaucoup d’Africains ont compris que ce qui se passe au Zimbabwe est une illustration de ce qui attend tout pays africain qui décide de s’engager dans la voie de l’émancipation économique.

    C’est pourquoi nous avons choisi de soutenir Mugabe dans la crise qui secoue son pays. Nous le faisons, parce qu’il est le symbole de l’insoumission et de la résistance à l’impérialisme occidental, comme le souligne si bien Aminata Traoré dans son texte (http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/53094). Un symbole qui a ses forces et ses faiblesses. C’est l’un des très rares dirigeants africains qui peut aujourd’hui se targuer de prendre des décisions sans qu’elles soient dictées par l’Union européenne, les Etats-Unis ou encore le FMI et la Banque mondiale. Voilà pourquoi il représente un symbole dangereux aux yeux du système de domination impérialiste. Tout comme Hugo Chavez ou Evo Morales en Amérique latine. Les mêmes épithètes infamantes collées à Mugabe par les médias occidentaux sont également appliquées à ces dirigeants sud-américains.

    Mais notre soutien à la résistance que mènent Mugabe et la ZANU-PF n’est nullement synonyme de soutien à toutes leurs politiques, dont certaines sont franchement condamnables et même inacceptables. C’est un fait que des fautes et des abus ont été commis dans la politique de confiscation des terres et dans les relations avec l’opposition. Mais face au système impérialiste, la solidarité et le soutien des forces conscientes des enjeux de la crise au Zimbabwe sont nécessaires et justifiés.

    Le Président Mao Ze Dong nous a appris depuis longtemps déjà que toutes les contradictions n’ont pas la même importance et qu’il est nécessaire de les hiérarchiser pour en trouver le fil conducteur. Voilà pourquoi nous ne pouvons confondre l’impérialisme et ses agents, d’une part, et les régimes africains agressés et en butte au terrorisme et au banditisme des pays occidentaux, comme celui de Mugabe, d’autre part, même s’ils sont « capitalistes ou libéraux ».
    Oui, comme le dit Aminata, Nous sommes tous des Zimbabwéens ! Nous soutenons le symbole de l’insoumission face à la meute de chiens impérialistes et leurs auxiliaires africains !

    Note
    1 - L’auteur répond à une contribution parue dans la presse sénégalaise.

    Voir aussi : Mamdani, Mugabe et la communauté scientifique africaine face au cauchemar du Zimbabwe (

    * Demba Moussa Dembélé est Directeur du Forum africain des alternatives

    ??* * Veuillez envoyer vos commentaires à [email protected] ou commentez en ligne sur

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  • Contributor | Gouvernance

    Le principal leader de l'opposition au Zimbabwe Morgan Tsvangirai a annoncé le 15 janvier qu'il rencontrerait "dans la semaine qui vient" le président Robert Mugabe et le chef de l'Etat sud-africain Kgalema Motlanthe pour discuter de l'accord de partage du pouvoir, signé mi-septembre. M. Tsvangirai a réaffirmé son soutien dans l'accord de partage de pouvoir, signé il y a quatre mois pour régler la crise au Zimbabwe et resté depuis lettre morte. "Un accord politique reste le meilleur moyen d'empêcher le Zimbabwe de devenir un Etat en faillite", a poursuivi le chef du MDC. "Mugabe n'est pas un partenaire crédible mais je dois faire avec", a-t-il dit.

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  • "Il n'est pas certain que l'extrême personnalisation du conflit et la diabolisation de l'un des principaux protagonistes - Robert Mugabé en l'occurrence – ait aidé en quoi que ce soit à clarifier les enjeux de la lutte sociale et politique en cours au Zimbabwe". ?Achille Mbembe ?Zimbabwe : le cynisme des nations.

    Le torrent de boue dont on couvre Robert Mugabé depuis de longs mois a quelque chose de nauséabond et de suspect. J'en souffre. ?

    Qui juge qui ? Pour quels crimes ?

    "Qui le juge? De quels crimes est-il coupable ?" sont parmi les questions que nous sommes nombreux à nous demander, ce 10 décembre 2008, à l'occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH). ?"A 85 ans, pourquoi s'accroche-il tant au pouvoir ?", entendons nous dire. Est-ce une raison suffisante pour l'humilier ? Est-il le seul de cette génération, à occuper ce poste a un tel âge ? ?"Il est au pouvoir depuis 28 ans." En termes de longévité au pouvoir est-il le doyen en Afrique ? ?"La fraude électorale ?" A-t-on oublié les élections américaines de 2000? ?

    Rares sont ceux qui, en dehors du continent, se doutent des enjeux véritables de cette campagne de dénigrement et de déstabilisation d'une rare violence contre cet homme, tant le titre de dictateur sied aux dirigeants du Sud, plus particulièrement ceux du Continent noir. Il suffit de regarder du côté de la Cour Pénale Internationale pour s'en convaincre. Pendant ce temps, les fauteurs de guerre en Irak et en Afghanistan se posent en défenseurs des Droits de l'homme au Zimbabwe et partout ailleurs. ?

    Puisqu'ils ne sont pas à une contradiction près, les puissants de ce monde élèvent, par ailleurs, des murs devant ceux dont ils prétendent défendre les droits lorsque ceux-ci tentent d'échapper aux effets destructeurs du capitalisme mondialisé. Le pacte européen sur l'immigration et l'asile dont la France a fait de l'adoption une priorité dans le cadre de sa présidence de l'Union Européenne est l'une des traductions de ce cynisme. ?
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    L’indignation sélective

    L'indignation et la justice à géométrie variable qui jettent le discrédit sur les Droits de l'homme tournent au scandale lorsque George W Bush se joint à Gordon Brown et Nicolas Sarkozy pour exiger la démission de Robert Mugabé, responsable, selon eux, des 600 personnes victimes du choléra. Toute perte de vie humaine est un drame. Mais alors, que dire des guerres en Irak et en Afghanistan qui ont fait près d'un million et demi de morts ? ?

    Robert Mugabe aurait ruiné son pays dont l'économie était florissante et violé les droits des Zimbabwéens. En huit années d'une gestion calamiteuse, George W. Bush, a fait pire en conduisant l'économie la plus puissante de la planète au bord du gouffre avec des conséquences dramatiques et pour son pays et pour le reste du monde : accroissement du chômage, pertes de revenus, tensions sociales et violences en tout genre. ?

    Que fait et que compte faire la fameuse communauté internationale, dont George W. Bush et ses alliés se réclament, face au drame de l'Irak, puisqu'il a enfin admis qu'il a commis une "erreur" tout en se défaussant sur des services de renseignements qui lui auraient présenté Saddam Hussein comme une menace pour les USA ? Ce mea-culpa tardif n'incite, visiblement, ni le président américain, ni le Premier ministre britannique a changer de regard et de perspectives quant au Zimbabwe.

    Le départ de Robert Mugabé, le Saddam Hussein de Tony Blair, est une obsession. Et, tant mieux, si la faim, le chômage, la maladie et la fuite des Zimbabwéens, provoqués par des années d'isolement et de sanctions économiques, peuvent être instrumentalisés en vue d'atteindre cet objectif. Un tel acharnement participe, bel et bien, à la criminalisation, à la traque et à l'élimination de la "racaille" dans les banlieues du monde globalisé. ?

    Ainsi va le monde, soixante ans après la Déclaration universelle des Droits de l'Homme (DUDH). Le "plus jamais ça" est parfaitement valable pour les "civilisés" qui évitent la guerre chez eux et se serrent les coudes dans la mise au pas des "barbares". Pillée et humiliée, l'Afrique se doit de tirer le maximum d'enseignements de cette réalité en apprenant à distinguer les conséquences des actes de sabotage économique et de déstabilisation des dirigeants qui osent dire "non" de la mauvaise gestion que les démocraties occidentales savent, du reste, pardonner tant que leurs intérêts ne sont pas menaces ?
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    L’asphyxie économique

    Pèle mêle, les ennemis de Robert Mugabe retiennent, contre lui, en plus de l'expropriation des fermiers blancs des terres agricoles, l'hyperinflation qui chasse les élites (médecins, avocats, enseignants, journalistes…) du pays, l'opération de déguerpissement des mal logés en 2005, la fuite de plus de trois millions de Zimbabwéens vers l'Angleterre et l'Afrique du Sud, la répression des opposants, le pourcentage élevé de personnes atteintes du sida, la faim et, à présent, l'épidémie de choléra. ?

    Mais, la quasi-totalité des situations imputées à l'incapacité du dirigeant zimbabwéen à gérer son pays résulte d'abord du non respect d'engagements pris, l'une des caractéristiques de nos rapports avec les pays riches comme l'atteste, plus récemment, les fausses promesses d'aide du Sommet de Gleneagles. L'argent qui coule à flot ces derniers temps dans le cadre du sauvetage des banques a toujours fait défaut quand il s'agit d'honorer les engagements pris envers les peuples dominés. Le facteur déclencheur de la crise zimbabwéenne est plus précisément le non respect, par la Grande Bretagne, de l'accord de Lancaster House (signé en 1979), selon lequel elle devait dédommager les fermiers blancs dans le cadre de la réforme agraire. ?

    La terre - un enjeu central dans toutes les sociétés dont l'économie repose sur l'agriculture - est donc au cœur de la rupture. C'est en cela que le bras de fer entre l'ex-Rhodésie du Sud et l'ancienne puissance coloniale est emblématique des tensions en Afrique Australe et des conflits à venir à l'échelle du Continent, puisque l'ouverture au marché rime de plus en plus avec l'octroi de centaines de milliers d'hectares aux investisseurs étrangers au détriment des petits producteurs. ?

    L'économie zimbabwéenne était florissante et Robert Mugabe fréquentable tant que la minorité de fermiers blancs d'origine britannique pouvaient faire travailler des centaines de milliers d'ouvriers agricoles noirs sur les millions d'hectares de terres agricoles qui étaient en leur possession. Le héros de l'indépendance est devenu l'homme à abattre à partir du moment où, face au refus de Tony Blair de respecter les termes de l'accord de Lancaster House, il a dû récupérer les terres des fermiers blancs.

    Tout a depuis lors été dit à propos de la redistribution de ces terres qui n'aurait profité qu'aux proches de Robert Mugabe. La réalité est tout autre. Des milliers de familles sans terre jouissent aujourd'hui de leur droit à ce moyen de production. L'irrigation, les fertilisants, les prêts et la mécanisation sont autant d'efforts fournis dans le cadre de cette réforme agraire,avec les maigres moyens de l'Etat la priorité étant la couverture des besoins nationaux par l'agriculture nationale. ?

    L'Europe, l'Amérique du Nord, l'Australie, la Nouvelle Zélande ont réagi dès la première procédure de retrait des terres, en 1997. Le dollar zimbabwéen a commencé à chuter et les sanctions économiques à pleuvoir : privation du pays de toute aide extérieure, de crédit, d'assistance de la part des institutions financières internationales et l'interdiction d'échanges commerciaux avec les entreprises américaines. Le pays de Robert Mugabe n'a bénéficié d'aucune aide en matière de balance des paiements depuis 1994 alors que, jamais auparavant, il n'avait été privé d'apports extérieurs. Il a fallu, faute de prêts assortis de conditions favorables, procéder à des émissions monétaires. ?

    L'ingérence et la subversion à la base consistent dans ces circonstances à créer la pénurie en privant l'Etat souverain de moyens et à soutenir des ONG et des opposants politiques qui s'attirent la sympathie des populations auprès desquelles ils interviennent . Les conséquences de l'embargo et des sanctions économiques ont été aggravées par des sécheresses autrefois cycliques (à peu près tous les dix ans) mais désormais fréquentes du fait des perturbations climatiques. ?
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    L’alibi démocratique ?

    La Grande Bretagne prendrait une sacrée revanche sur l'histoire et rendrait un immense service aux fermiers blancs qui attendent, si elle parvenait à porter au pouvoir, dans son ancienne colonie, un dirigeant de son choix ou tout au mois acquis au libéralisme économique. ?

    Au-delà de la Grande-Bretagne, les puissances coloniales et leurs alliés n'ont jamais eu autant besoin de renforcer leur présence en Afrique, l'avancée de la Chine étant une véritable menace pour eux. Ils y arrivent au prix de l'ingérence, de la subversion et de la guerre. C'est dire jusqu'à quel point le fossé est abyssal entre la rhétorique sur la démocratie, les Droits de l'homme et les desseins des Etats libéraux d'Europe et d'Amérique sur le Continent noir.
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    Le débat houleux qui pendant longtemps a opposé les Occidentaux aux dirigeants des pays d'Asie dont la Chine, quant à la primauté des droits économiques et sociaux sur les droits politiques, ressurgit ainsi à la faveur de la mondialisation néolibérale sans être pris en charge de manière conséquente par les formations politiques africaines, la société civile et les médias. Il en est ainsi parce que les dirigeants africains savent que leurs pays seraient dans le même piteux état que le Zimbabwe s'ils s'avisaient, à l'instar de Robert Mugabe, à aller à l'encontre des intérêts dominants. La politique de la terre brûlée est réservée, comme ce fut également le cas pour la Guinée de Sékou Touré, à tous ceux qui s'écartent du "droit chemin". ?

    Pour l'heure, en dépit du satisfecit des Occidentaux pour certaines "transitions démocratiques", le vote ne sert qu'au renouvellement du personnel local du système-monde. Les électeurs locaux en deviennent, à leur propre insu, des clients de la politique spectacle et les victimes des rapports marchands qui lui sont sous-jacents. Les sujets qui peuvent écorcher les oreilles du G8, de l'UE et les IFIS (Ndlr : institutions financières internationales) tel que le pillage des matières premières de l'Afrique, le diktat des grandes puissances, la dette extérieure, les réformes néolibérales sont soigneusement écartés du débat électoral, quand débat il y a. Et gare aux esprits critiques (opposants, médias, citoyens avisés…) qui osent défier les dirigeants dirigés dans leurs comportements mimétiques et complaisants. Ils sont combattus, de manière sournoise ou ouverte. Par contre, les faux opposants, les médias aux ordres, les associations et ONG qui savent manier la langue de bois seront épargnés, récompensés et utilisés pour soigner l'image du pays. ?
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    Nous sommes tous Zimbabwéens ?

    Rien ne justifie l'humiliation de Robert Mugabe et les privations imposées à son peuple afin qu'il se soulève et le renverse. Il n'est pas paranoïaque puisque Gordon Brown et ses alliés, après avoir poussé Morgan Tsvangiraï, marchent à présent à visage découvert et sans complexe, lui demandant de démissionner. Nommer et défier ses agresseurs n'a rien à voir avec la haine des Occidentaux véhiculée par certains médias qui excellent dans le lavage des cerveaux, quant à Robert Mugabe. Précisément parce qu'il se savait le dirigeant d'un pays composé de Blancs et de Noirs, il a tenté de les fédérer en nommant des ministres zimbabwéens d'origine britannique dans son gouvernement.

    Robert Mugabe n'est en aucun cas ce bourreau qui affame son peuple et le condamne à mourir du cholera et de je ne sais quelle autre maladie. Les quinze années durant lesquelles il avait les mains libres, il a réussi à réaliser le taux d'éducation le plus élevé du continent en plus des performances économiques enregistrées. On ne peut lui reprocher, non plus, de s'être enrichi personnellement, à l'instar de la plupart de ses homologues, même si certains excès sont reprochés à son épouse. ?

    La persécution dont Mugabe est l'objet augure en réalité des difficultés à venir chaque fois qu'un dirigeant africain voudra se démarquer de la pensée unique, en revendiquant la souveraineté économique, politique et alimentaire. Nous serons faibles et vulnérables tant que, face a une telle situation, les peuples conscients des enjeux et des dangereux rouages du monde actuel ne prendront pas leurs destins en mains et ne défieront pas eux-mêmes leurs dirigeants, mais aussi l’Union Européenne, les IFI et les anciennes puissances coloniales en quête de lieux d'ancrage, de matières premières et de parts de marches ?

    Nous sommes tous des Zimbabwéens face au défi de la nouvelle citoyenneté qui fera de nous les seuls et véritables responsables de l'alternance politique dans nos pays et de la défense de tous nos droits. ?

    * Aminata Dramane Traoré ?est ancienne ministre, essayiste, animatrice du Forum pour un Autre Mali (FORAM) ?

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  • Contributor | Gouvernance

    Le président Robert Mugabe s’apprête à former un nouveau gouvernement d’union, après avoir déjà limogé douze ministres, membres de son parti. L’accord, signé en septembre, qui prévoyait le partage du pouvoir, n’a pas encore été appliqué mais le Premier ministre pressenti, Morgan Tsvangirai, a reçu son passeport pour rentrer du Botswana. Parmi les limogés, figurent des personnages de premier plan du régime : Sikhanyiso Ndlovu, le ministre de l’Information, Samuel Mumbengegwi, le ministre des Finances et Amos Midzi, le ministre des Mines. Les vice-ministres de la santé et de l’agriculture ont eux aussi perdu leur poste. Pour le moment, rien n'a filtré, ni sur la composition du futur gouvernement, ni sur la date de sa constitution définitive.

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  • Contributor | Gouvernance

    Les Zimbabwéens sont piégés dans la première hyperinflation du 21e siècle. En mars 2007 le taux d’inflation du Zimbabwe passait la barre des 50 % par mois, soit le seuil pour définir une « hyperinflation » et équivalent à 12 875% d’inflation par an. Depuis lors, les choses ont très largement empiré. Le Pr. Steve Hanke, économiste spécialiste des questions monétaires, replace cette hyperinflation dans le palmarès des hyperinflations historiques.

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