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    Les membres du gouvernement de coalition kényan, censé sortir le pays d'une crise politique majeure et dans lequel le chef de l'opposition Raila Odinga occupe le poste de Premier ministre, ont prêté serment le 17 avril à la présidence à Nairobi. Cette prestation de serment du gouvernement le plus étoffé du pays depuis son accession à l'indépendance en 1963, vient clore officiellement plusieurs semaines d'incertitude et de douloureuses tractations liées à sa composition.

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  • Même si la paix et la stabilité ne sont pas encore totalement revenues, le Kenya sort peu à peu des violences dramatiques que le pays a connu dans les semaines qui ont suivi les élections de fin décembre 2007. Les images de ce pays à feu et à sang se sont estompées sur les petits écrans à travers le monde, mais le drame kenyan, en attendant qu’on en parle au passé, laisse encore quelque amertume dans la manière dont les médias occidentaux ont braqué leurs caméras et distillé leurs commentaires sur cette crise. Des mythes dangereux et des généralisations abusives ont été notées, que John Barbieri dénonce.

    Il importe, d’emblée, de mentionner que le titre de cet article est emprunté à la journaliste kenyane Rebecca Wanjiku [1]. Comme beaucoup d’autres personnes, j'ai regardé avec consternation les événements au Kenya, après l'annonce le 30 décembre 2007, des résultats (truqués) des élections. J'ai été, de la même manière, sinon plus, consterné, outragé et dégoûté par la façon dont la situation et les violences qui s’y sont déroulées, ont été décrites et schématisées dans la presse internationale, particulièrement aux Etats-Unis. Dans presque toute couverture et tout commentaire, il y a eu trois mythes et transformations qui ont été répandus, particulièrement dangereux. Tous ces mythes fait l’objet de commentaires plus avisées que les miens, mais il est peut-être utile de reprendre et de commenter davantage sur tous les trois à un même endroit.

    Mythes et transformations

    Premièrement, il ne s’agit pas ici d’un « conflit ethnique ». Comme la plupart des conflits africains sont présentés par la presse, il y a partout une description de la situation telle que le conflit n’a d’autre cause que les appartenances ethniques et on parle « conflit tribal » ; Il s’agit d’une description raciste, désuète et inexacte de la situation. Bien qu'il y ait eu un facteur ethnique dans le conflit kenyan, cet élément a été exagérée au détriment du facteur plus dominant, lié aux inégalités entre les riches et les pauvres à travers et suivant les appartenances ethniques.

    Comme beaucoup d’autres l’ont dit de manière plus articulée, la situation kenyane doit être re-décrite comme un conflit politique. Plus spécifiquement, la violence organisée qui a suivi les élections doit être comprise comme une situation où des élites politiques sont en train de manipuler leurs militants et sympathisants (notamment en payant et en équipant des milices armées et en servant des éléments armés de l'Etat) pour qu’ils déclenchent la violence à leur place (…)simplement en tant que moyen de pression envers la communauté nationale et internationale pour obtenir/garder le pouvoir. Les deux parties en ont été coupables, mais en particulier l'homme que l’on a fait prêter serment comme président et qui a fait un usage disproportionné d’une force brutale de la police et de l’armée, notamment la General Service Unit.

    Les répercussions de cette tendance consistant à décrire les conflits par l’appartenance ethnique peuvent se voir dans les distorsions de l'histoire et du contexte de tous les conflits en Afrique et ailleurs. L’une des fausses interprétations historiques les plus répandues est particulièrement évidente dans la documentation populaire et la mémoire collective du génocide rwandais, qui continuent de décrire ce drame comme le simple résultat d’un conflit tribal au départ. Le contexte et l'histoire du génocide s’en retrouvent assombris par la négligence du rôle permanent que joue l’héritage brutal de la puissance coloniale (la Belgique dans le cas du Rwanda) et de la politique nationale, régionale et internationale après l' «indépendance».

    Deuxièmement, il ne s’agit pas ici d’un « choc » avec le conflit kenyan. Il faut s’attaquer aux mythes et allégations qui parlent de « choc » pour un « symbole de stabilité, de démocratie et de croissance économique en Afrique. » N’importe qui qui connaît l'histoire du Kenya, l'histoire du colonialisme et l'histoire depuis l' «indépendance », sait que ces évolutions ne constituent pas un choc ; elles sont fomentées pendant longtemps. Les événements du Kenya sont directement liés à l'incapacité du gouvernement de maîtriser les répartitions des pouvoirs héritées du régime britannique, notamment la Constitution elle-même. Elle s’est reflétée dans la tension ethnique fomentée par Kibaki (PNU) et Odinga (ODM).

    Dire aussi que le Kenya est un grand « symbole de stabilité, de démocratie et de croissance économique en Afrique » est une présentation erronée des difficultés et des injustices auxquelles la grande majorité de Kenyans font face, sans espoir, et chaque jour. C’est aussi se faire une fausse image des cinq dernières années de « croissance économique éclatante » dont témoigne le régime de Kibaki, qui, à travers une corruption à grande échelle et une inégalité croissante en terme de revenus, a assuré que les avantages de cette croissance économique forte n’atteigne, en gros, que la seule et même élite.

    Troisièmement, et c’est peut-être le plus important, il y a le rôle des Etats-Unis. Aussi bien au Kenya qu’à travers l’Afrique de l’Est. Les Etats-Unis ont essayé avec enthousiasme de construire un bloc d’alliés dans cette région et dans la Corne de l’Afrique, afin de contrecarrer les autres pays qui sont vus comme une menace dans la région. Avec pour alliés clés le Kenya, la Tanzanie, l'Ethiopie, Djibouti, l'Ouganda et le Gouvernement Fédéral de Transition de la Somalie. Ces alliés sont censés contrebalancer la menace du Soudan (le régime de Bashir), de l'Erythrée et de l'Union des Tribunaux Musulmans (UIC) en Somalie.

    L'administration Bush a clairement soutenu le président Kibaki, vu que son gouvernement a été l'un de ses principaux alliés dans la « guerre contre le terrorisme » en Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique. L'administration Kibaki a coopéré étroitement avec les Etats-Unis dans les raids qu’on disait viser les terroristes le long de la côte kenyane. L'unité kenyane chargée de la lutte contre le terrorisme (avec l'appui américain et anglais) a mené ces opérations anti-terroristes extrajudiciaires, avec pour cible l’importante population musulmane qui réside dans cette zone.

    Selon les organisations de droits humains au Kenya, ces opérations anti-terroristes ont consisté notamment à rassembler, à torturer et à extrader des musulmans (en Somalie, en Ethiopie et ailleurs) sans inculpation ni jugement, dans une procédure du même genre que les opérations de guerre contre le terrorisme menées ailleurs. Les gens qui sont ciblés, presque tous des musulmans, sont soupçonnés d’être des agents d’Al Qaeda ou de faire partie d'autres organisations terroristes subversives.

    De la même manière, le Kenya était un allié pendant l'invasion de la Somalie par des forces éthiopiennes, il y a un an, avec le soutien américain, pour renverser l'Union des Tribunaux Musulmans (UIC) au sud de la Somalie. Ce qui était et demeure oublié par routine dans l'histoire de l'UIC, reste la manière dont elle a contribué à faire respecter l’ordre, la stabilité et les services sociaux que l’on n’avait pas vus au sud de la Somalie depuis près de quize ans ; mais aussi comment l'UIC avait réussi à déposer les chefs de guerre corrompus (dont beaucoup étaient soutenus par les Etats-Unis). En plus, elle ne cherchait pas à imposer un mouvement international jihadiste du genre Al Qaeda, comme le prétendaient ou le prétendent beaucoup de gens.

    Le rôle du Kenya (c’est-à-dire de l’administration Kibaki) dans les opérations militaires consistaient, notamment, à travailler avec les forces américaines le long de la frontière Kenya-Somalie et à partager en permanence les renseignements ; mais ils ont aussi joué un rôle plus direct. Au début de l'invasion, l’armée kenyane, apparemment à la demande des Etats-Unis, a fermé sa frontière avec la Somalie et a refusé l’entrée à tous les Somalis, y compris les réfugiés qui essayaient de fuir le sud de la Somalie. Peu après, les Etats-Unis ont mené des attaques aériennes au sud de la Somalie, faisant au moins trente morts, dont la plupart, si pas tous, étaient probablement des civils qui fuyaient, et non des agents d’Al Qaeda comme on l’a prétendu.

    En bref, l'administration Bush avait des ambitions claires de « sécurité nationale » en voulant que Kibaki, en tant que principal allié dans la guerre contre le terrorisme en Afrique de l’Est, reste au pouvoir. Ajoutez à cela les intérêts des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et d’autres pays européens dans le domaine des affaires au Kenya, qui ne se souciaient probablement pas de la plateforme socio-démocratique d’Odinga qui faisait planer une menace d’accroissement des impôts et de redistribution des richesses.

    Le plus grand coup à la crédibilité et à la neutralité des Etats-Unis dans ce dossier est cependant intervenu juste après que les résultats de l’élection furent annoncés. De manière incrédule, le Département d’Etat américain s’est manifesté rapidement et a félicité l’homme qu’on a fait prêter serment comme président à la suite de sa « victoire ». Ceci s’est fait alors que chaque diplomate dans le pays avait clairement connaissance des irrégularités dans les élections et du processus hâtif de prestation de serment par le président.

    Se rendant compte de son erreur, le département d'Etat se déploya rapidement pour retirer la déclaration de félicitations et sortit une déclaration pour lancer un appel à mettre fin à la violence et à ce que la situation soit résolue en passant par des « solutions constitutionnelles et légales ». Cependant, il est bien évident que ces solutions sont visiblement favorables au président et qu’elles ne vont que maintenir le statu quo : Kibaki et la corruption.

    Cela ne devrait pas non surprendre que les quelques chefs d'Etat qui se sont manifestés et ont félicité Kibaki à l’occasion de sa « victoire » sont également ses alliés dans la guerre contre le terrorisme avec l’administration Bush. Il s’agit notamment de Yoweri Museveni de l'Ouganda (qui a reçu beaucoup d'aide de la part de l'administration Bush et qui a fourni une aide cruciale dans l’approvisionnement de troupes de l’Union Africaine en Somalie), du président de transition de la Somalie, Abdullahi Yusuf (que les Etats-Unis, l'Ethiopie et le Kenya ont aidé à reprendre son poste après son renversement par l'UIC), Sheikh Sabah du Kuweit, le Roi Mohamed VI du Maroc et le Premier ministre Themba Dlamini du Swaziland.

    Ça vaut la peine de citer un extrait du message de félicitations du président somalien Abdullahi Yusuf, au président Kibaki: « Nos deux pays doivent rester des partenaires forts dans la guerre mondiale contre le terrorisme et des alliés inlassables dans la protection de la liberté.»

    (…) Comme d’autres l’ont déjà clarifié (Mukoma wa Ngugi [ 2 ], Wandia Njoya [ 3 ], etc.), on ne devrait pas supposer qu'Odinga est opposé aux intérêts des Etats-Unis et au capital international; les grands bruits qui ont entouré la Hummer d'Odinga ont peut-être été un exemple qui illustre sa vraie nature en tant que membre d’une élite qui se réjouit fortement de ses connexions avec l’occident et aime vivre bien au-dessus du reste des Kenyans. En outre, on ne devrait pas croire que le soutien des Etats-Unis aux leaders et autocrates kenyans corrompus a commencé avec Bush-Kibaki. Des archives montrent bien comment les Etats-Unis ont profondément soutenu et armé le précédent régime dictatorial de 24 ans de Daniel arap Moi, pendant les dernières années de la géopolitique de la guerre froide et au-delà.

    Tout ceci ne suggère pas une responsabilité américaine directe pour ce qui est de la manipulation des résultats des élections, mais toujours est-il que les intérêts et le rôle des Etats-Unis, ainsi que des autres acteurs internationaux au Kenya doivent être clarifiés (pour des faits et chiffres supplémentaires sur les liens militaires entre les États-Unis et le Kenya et le président Kibaki, lire l'excellent article de Daniel Volman [ 4 ].)

    La Pauvreté du Journalisme International

    Somme toute, ce fut dégoûtant de voir la façon dont les journalistes ont été enthousiastes pour documenter et fournir des commentaires inexacts et inhumains sur le carnage au Kenya, mais aussi la manière dont ils se sont trop peu préoccupés d’essayer de comprendre réellement la situation et de rapporter ce que les Kenyans disent et pensent en réalité ; ceci ne devrait cependant pas surprendre. L'inspiration et le titre du présent article vient du blog de la journaliste kenyane Rebecca Wanjiku « La Pauvreté du Journalisme International », et le présent extrait au sujet d'une émission de la CNN vaut la peine d’être longuement cité:

    «Il est très important de comprendre la langue locale lorsqu’on fait un reportage de l’étranger. Par exemple dimanche [le 6 janvier 2008], il y avait sur l’écran de la télévision un homme blessé et ceux qui le transportaient ont dit en swahili « tunampeleka hospitalini » (nous l’emmenons à l'hôpital) Mais la traduction du journaliste fut qu’on lui avait demandé « t’a-t-on tiré dessus ou s’agit-il d’une coupe ? »avec la réponse répétée comme quoi il avait été victime de tirs. Il est peu probable que ceci ait été une erreur innocente, le journaliste pourrait tout simplement s’être peu soucié de ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas, et il est peu probable aussi que l’on s’en soit rendu compte ailleurs dans le monde. Mais en donnant des images vidéo de la sorte pour s’attarder sur une histoire que vous montez ,c’est faire un reportage malhonnête. J'ai confiance dans le fait que les Kenyans vont bientôt s'embrasser, et que nous retournerons à notre urgente tâche plus mondaine de kujitafutia riziki- trouver quelque chose à manger. J’espère que CNN sera tout près pour couvrir cela et non simplement pour se précipiter sur la prochaine grande nouvelle. A propos, comment se fait-il que la CNN ne couvre pas les soldats ou les civils américains en train de saigner et de grogner de douleurs, et pourquoi la chaîne ne réfléchit pas une seconde fois sur la dignité des morts et des moribonds d'autres pays ? »

    Ce sont des journalistes et bloggeurs kenyans, comme Rebecca, et d'autres journalistes locaux qui ont été les vrais champions de la description et l’analyse authentiques de la situation, et qui sont réellement en train de soulever les véritables préoccupations des Kenyans. Plutôt que d'analyser et de traiter avec condescendance la situation à partir de Londres, New York ou même de l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi (qui est, bien que pas aussi géographiquement éloignée, aussi éloignée des préoccupations des Kenyans), les médias traditionnels doivent écouter, comprendre et rendre claire l'histoire et le contexte de la situation, et cesser d’en parler avec tant d’ignorance et d’arrogance.

    (…) La situation au Kenya, comme tous les conflits politiques (par exemple, à l’est de la République Démocratique du Congo, la Somalie, le Darfur, l’est du Tchad, l'Irak, le Pakistan, la Birmanie, le Sri Lanka, etc.), devrait faire l’objet de reportage rigoureux. Elle doit être placée et décrite correctement en y intégrant un contexte historique approprié et la perspective des gens sur terrain. On doit raconter les perspectives/histoires des gens et ne pas les présenter de façon simpliste et sensationnelle, comme cela se fait si souvent, particulièrement dans l’esprit simpliste du reportage « télévisé ».

    Il est regrettable que dans le reportage télévisé américain on entende rarement les voix réelles des personnes qui racontent leurs histoires de par le monde ; trop souvent, nous avons plutôt une voix hors champ d’un (e) reporter à l’intonation occidentale. Pourquoi ne pas utiliser les sous-titres ? Pourquoi ces gens doivent-ils voir leurs opportunités de faire entendre leurs voix dérobées ? Ou pourquoi ne pas trouver des gens qui peuvent parler correctement anglais afin qu’ils parlent en leur nom propre, et non les humilier dans leur statut d’étranger en utilisant des sous-titres indésirables ? Et pourquoi devons-nous attendre les situations de crises pour entendre ces voix ? Pourquoi devons-nous n’entendre, ou plutôt devons-nous juste voir, que ce qui est mauvais ? Pourquoi n'entendons-nous pas de bonnes choses, des choses amusantes, des plaisanteries, des histoires pour jouer et promouvoir les gens racontées au quotidien ? Pourquoi n'entendons-nous pas et ne voyons-nous pas des histoires approfondies au sujet de l’amour et des rêves de la même manière que nous voyons des histoires superficielles portant sur les pertes et le désespoir ?

    Les informations qui manquent un sens approprié de l'histoire et du contexte sont juste une liste de mi-vérités brouillées, des informations sans intérêts pour des gens qui sont réellement affectées et qui ne sont qu’une liste de stéréotypes.

    *John Barbieri est un journaliste indépendant qui a vécu au Kenya de janvier à juin 2007. Il est fondateur de la US Coalition for Peace with Truth and Justice in Kenya (Coalition américaine pour la Paix avec la Vérité et la Justice au Kenya). Il peut actuellement être joint à l’adresse [email][email protected]

    * Veuillez envoyer vos commentaires à [email protected] ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org

    Notes:

    1. Rebecca Wanjiku (1/7/08). ‘The Poverty of International Journalism.’ Kenya Imagine.
    2. Mukoma wa Ngugi (1/10/08). ‘Let us not find revolutionaries where there are none.’
    (Ne cherchons pas des révolutionnaires là où il n’y en a pas) Pambazuka News.
    3. Wandiya Njoya (1/1/08). ‘Kenya's Crisis: A Drama Scripted For The Last Five Years.’ The Zeleza Post. Lisez également tous les autres articles terribles et pleins d’inspiration sur Zeleza Post. Five-years
    4. Daniel Volman (1/5/08). ‘U.S. Military Activities in Kenya.’ Association of Concerned African Scholars. (« Activités Militaires américaines au Kenya ». Association de Chercheurs Africains Préoccupés)
    5. Arno Kopecky (1/5/08). ‘Violence and cynical foreign news crews.’ (Violence et équipes de journalistes étrangers cyniques) The Daily Nation.

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  • Contributor | Gouvernance

    Enfin ! Après avoir fait massacrer 1500 Kenyans, leurs compatriotes, et forcé 300 000 autres à émigrer de l'Est à l'Ouest du pays et vice versa, à la recherche d'une terre d'asile, les politiciens du Kenya se réconcilient. Toute honte bue et sans remords. Le président Mwai Kibaki et son ancien rival, Raila Odinga, devenu premier ministre par la magie de la médiation de Kofi Annan, ont donc formé un gouvernement de coalition nationale. Avec, à la clef, la répartition fifty-fifty de la quarantaine de postes ministériels.

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    Le Kenya a lancé le 9 avril une alerte après l'apparition de cas de choléra qui a tué 60 personnes ces dernières semaines, et qui aggrave les conditions sanitaires dans le pays touché durant plusieurs mois par des violences politiques. Le directeur des services médicaux kenyans James Nyikal a déclaré que des cas de choléra avaient été signalés dans seize districts de l'Ouest du pays, la région la plus affectée par les violences post-électorales qui ont éclaté après la réélection contestée du président Mwai Kibaki.

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    Le président kényan Mwai Kibaki a annoncé, le 13 avril, la nomination du chef de l'opposition Raila Odinga au poste de Premier ministre, en rendant publique la composition d'un gouvernement de coalition devant régler la sanglante crise post-électorale qui a ébranlé le pays. Le président de la Commission nationale kényane sur les Droits de l'Homme a dénoncé la taille du gouvernement de coalition, regrettant le "prix élevé à payer" pour les contribuables kényans.

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    Au moins douze personnes ont été tuées, lundi 14 avril, dans des violences impliquant des membres de la secte interdite Mungiki qui protestaient contre le meurtre de l'épouse du leader de ce gang actuellement en prison. "Six membres présumés des Mungiki ont été tués par la police et trois personnes tuées par les Mungiki", a indiqué un haut responsable policier précisant que ces violences s'étaient déroulées dans les environs de Nairobi et dans la province centrale.

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    Les blocages retardant l'annonce d'un gouvernement de coalition ont persisté le 8 avril au Kenya où l'opposition a haussé le ton en rejetant la responsabilité sur le camp présidentiel, tandis que des manifestations fustigeant ces retards ont éclaté dans un bidonville de Nairobi. Initialement prévue le 6 avril, l'annonce du gouvernement est depuis retardée par de profonds désaccords entre les deux parties portant principalement sur la répartition des postes de ministres dans ce gouvernement très attendu par les Kényans.

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  • L'armée kényane et une milice se sont rendues coupables ces dernières semaines de violations massives des droits de l'Homme dans la région du Mont Elgon (ouest), ont affirmé, le 4 avril dernier, plusieurs organisations internationale et kényanes de défense des droits de l'Homme. "Les rebelles de la Force de défense des terres des Sabaot (SLDF) et l'armée kényane sont responsables d'abus terrifiants, dont le meurtre, le viol et la torture de civils" au Mont Elgon, accuse Human Rights Watch (HRW).

  • Le Programme alimentaire mondial (PAM) a promis aux personnes ayant souffert des violences post-électorales au Kenya de continuer de leur fournir une aide alimentaire. S'exprimant le 4 avril, au cours d'une réunion avec le président Mwai Kibaki, la directrice exécutive du PAM, Josette Sheeran, a déclaré que son organisation travaille avec ses partenaires pour garantir la prise en charge, dans des conditions satisfaisantes, des besoins alimentaires des personnes touchées par la violence post- électorale dans le pays.

  • Le choléra a fait au moins 39 morts au cours des dernières semaines dans l'ouest du Kenya alors que le système sanitaire du pays était désorganisé par la vague de violences qui a suivi les élections en décembre, ont annoncé des responsables dimanche. Selon les responsables, 468 cas ont été recensés, dont 123 ont été testés positifs parmi lesquels 39 sont décédés dans les 21 districts de la région.

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    La communauté des personnes handicapées du Kenya a dénoncé, le 28 mars, la marginalisation dont ses membres ont été victimes de la part des gouvernement successifs du pays, déclarant espérer que le prochain gouvernement de grande coalition sera à même de s’occuper des problèmes de cette frange de la population. Les handicapés du Kenya n’ont pas réussi a obtenir un siège de représentant au Parlement à l’issue des élections de décembre dernier.

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  • La Croix-Rouge kenyane (KRCS) a appelé à l’aide pour quelque 1,5 milliard de shillings (environ 23,8 millions de dollars) pour aider la réinstallation des centaines de milliers de Kenyans déplacés à cause de la violence post-électorale ayant sévi dans le pays début 2008. Le secrétaire général de la KRCS a fait savoir que cet argent contribuera à la reconstruction des maisons, à l'achat de graines et de nourriture pour les familles déplacées éparpillées dans la capitale et la région occidentale.

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    Le président du Kenya, Mwai Kibaki, et le Premier ministre désigné, Raila Odinga, n'ont pas réussi à s'entendre sur la composition du gouvernement de coalition, à l'issue de leurs discussions le 25 mars à Nairobi. M. Odinga a expliqué que, même si plusieurs questions restent en suspens, les pourparlers avec le président Kibaki “ont eu large portée”, tandis que la déclaration rendue publique par la suite par le gouvernement indique que si le président n'a pas été en mesure d'annoncer le nouveau gouvernement c'est parce que le camp Odinga “n'est pas encore prêt”.

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  • Contributor | Gouvernance

    Avec la nouvelle année académique en cours au Kenya, l'enseignant Moses Simiyu Kalenda est de nouveau en train d'instruire des enfants, mais pas à l'endroit où il est supposé le faire. Précédemment, il enseignait aux enfants d'âge préscolaire à Kalaha Farm, environ 400 kilomètres à l'ouest de la capitale, Nairobi; actuellement, il travaille dans une classe de fortune dans un camp de personnes déplacées, lui et ses écoliers tous victimes des violences qui ont éclaté après l'élection présidentielle du 27 décembre.

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    Les industriels kenyans demandent une révision des régimes tarifaires dans la Communauté est-africaine (EAC) pour protéger leurs produits contre le Tarif extérieur commun (TEC) sévère entré en vigueur en 2005. Dans une note adressée au Parlement est-africain (EALA), l'Association des fabricants kenyans souligne que l'exemption des droits de douane sur les tissus, qui a été réduite de 25 à zéro pour cent, avait favorisé les industries textiles tanzaniennes, mais était dommageable pour les fabricants kenyans.

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  • Au Kenya, la question humanitaire reste alarmante : 30% des structures de santé ont été fermées en raison de l’insécurité persistante et des déplacements du personnel soignant. Dans les régions de Kikopey, Jambo farm et Kamuingui, l’aide humanitaire restait minime, voire inexistante. Depuis le mois de février, Médecins du Monde mène une mission de soutien à ces populations à qui tout manquait : eau, nourriture, abris, soins de santé.

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    Le président Mwai Kibaki a lance le 17 mars un appel à la communauté internationale pour aider le pays à collecter plus de 30 milliards de shillings, soit 454 millions de dollars américains, pour mettre en œuvre son programme de reconstruction nationale et de stratégie de relance économique du pays, après deux mois de violences post-électorales nées de l’élection présidentielle controversée du 27 décembre dernier. Il s’exprimait à Nairobi aux côtés du premier ministre désigné, Raila Odinga.

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  • Human Rights Watch demande au futur gouvernement kenyan de traduire en justice les responsables des violences politiques et ethniques « planifiées » qui ont suivi les présidentielles de décembre dernier. C’est seulement de cette façon que le pays pourra se reconstruire dans la durée et éliminer le terreau fertile qui a rendu la crise possible. Au moins 1 000 personnes ont été tuées et près de 500 000 déplacées depuis que des violences politiques à caractère ethnique ont ébranlé le Kenya, après l’annonce des résultats des élections présidentielles entre Mwai Kibaki et Raila Odinga.

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    Le Kenya doit "immédiatement" recruter plus de 60.000 nouveaux enseignants pour faire face à une pénurie aiguë de main-d'oeuvre dans le secteur de l'Education affecté par les violences post-électorales, a annoncé le secrétaire général du Syndicat des enseignants du Kenya (KNUT). "Même avant la crise, la pénurie d'enseignants était criarde. La situation a été aggravée par la crise.

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    Le gouvernement kényan a donné son consentement à l'utilisation de la violence après l'élection présidentielle controversée de fin décembre, a indiqué la BBC, mais Nairobi a vivement démenti ces informations. Selon des sources citées par la BBC, des réunions ont eu lieu dans la résidence officielle du président kenyan Mwai Kibaki entre des membres de la secte Mungiki, interdite en 2002 et qui s'est muée en gang mafieux, et de hauts responsables du gouvernement.

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