• Contributor | Gouvernance

    Spécialiste des systèmes monétaires, le chercheur togolais James Flamel Kossivi vient de publier un livre intitulé ‘’Les secrets de la technique de l’émission de la monnaie : Le livre du silence’’. L’ouvrage invite les dirigeants africains, notamment les autorités en charge de la politique monétaire, à observer et à protéger fidèlement les normes de la technique de production monétaire, dans le régime officiel de l'émission de la monnaie. Selon l’auteur, "la mécanique monétaire n'est jamais la propriété privée d'un individu, ni du souverain, ni de la communauté dans laquelle elle est utilisée". Il s’agit du « premier bien public (...) par excellence."

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    équipe de chercheurs français et belges a élaboré un médicament qui rend le bacille de la tuberculose hypersensible au traitement antibiotique de référence. C’est la première fois qu’une telle stratégie est proposée pour lutter contre une maladie infectieuse, expliquent les auteurs, qui relèvent que la stratégie a pour le moment donné satisfaction du moins chez l’animal. Les premiers essais chez la souris montrent que cette approche permettrait de diviser par trois la quantité d’antibiotique nécessaire. Les premiers essais chez l’homme pourraient avoir lieu dès 2012, souligne la même source.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Le président Mamadou Tandja a décidé de créer un « Comité technique » de rédaction d’une nouvelle Constitution qu’il veut soumettre à référendum. Il s’agit de la première décision du chef d’Etat nigérien après la dissolution de l’Assemblée nationale le 26 mai dernier, le lendemain de l’avis défavorable prononcé par la Cour constitutionnelle de Niamey au sujet de ce référendum. Le président Tandja, 71 ans, doit en principe quitter le pouvoir le 22 décembre prochain. Le nouveau texte lui permettrait de se maintenir en fonctions, au-delà d’un deuxième mandat.

    Tagged under Gouvernance Niger

  • Contributor | Gouvernance

    Les sept centrales syndicales regroupant l'ensemble des travailleurs du Niger ont mis en place, le 31 avril, une intersyndicale pour exiger du president Mamadou Tanja l'abandon de son projet d'organiser un référendum en vue de briguer un troisième mandat. A défaut, il le rendent "seul responsable des conséquences qui decouleraient de son intransigeance à violer l'avis de la Cour constitutionnelle". L'intersyndicale des travailleurs du Niger exige également un accès équitable aux médias d'Etat, regrettant que les acteurs politiques et de la société civile opposés au projet référendaire soient systematiquement censurés.

    Tagged under Gouvernance Niger

  • Contributor | Gouvernance

    Plusieurs points de litige entre le président Robert Mugabe et le Premier ministre Morgan Tsvangirai sont toujours en suspens. En premier lieu, des nominations controversées par la ZANU-PF comme celles du procureur général ou du gouverneur de la Banque centrale. Le 31 mai, le MDC a réclamé une nouvelle fois la démission de ces deux personnalités proches de Robert Mugabe et a demandé la médiation de la SADC pour résoudre ces problèmes. Selon le MDC et des chancelleries occidentales, le gouverneur de la Banque centrale ne travaille pas pour les finances du pays mais pour celles de Robert Mugabe et de son clan. L'accroissement de la fortune personnelle de ce dernier, alors que le Zimbabwe sombrait dans la pénurie, n'a rien fait pour arranger son image.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Le Congrès du Parlement sénégalais réuni le 2 juin à Dakar a adopté à la majorité de ses membres le projet de loi constitutionnelle instituant un poste de vice-président de la République. Avant le Congrès, les sénateurs et les députés, réunis en session plénière, avaient déjà approuvé cette loi. Le vice-président sera nommé par le président et la durée de son mandat ne pourra dépasser celui du président, qui pourra mettre fin à ses fonctions.

    Tagged under Gouvernance Senegal

  • Contributor | Gouvernance

    Le président malgache déchu Marc Ravalomanana a été condamné par contumace à quatre ans de prison et à 70 millions de dollars d'amende pour "conflits d'intérêts" dans l'achat d'un avion présidentiel. Selon le ministre de la Justice, il a mélangé l'argent personnel et l'argent de l'Etat. Et il ajoute : «C'est la première condamnation, mais il y a d'autres dossiers en cours". L'ancien ministre des Finances et du Budget, Haja Razafinjatovo, a également été condamné à quatre ans de prison et à payer solidairement les 70 millions de dollars pour son implication dans l'acquisition d’un Boeing 737 acheté fin 2008 pour 60 millions de dollars.

    Tagged under Gouvernance Madagascar

  • Contributor | Gouvernance

    La crise d’Air Sénégal international (ASI) connaît finalement son épilogue. L’arrêt de mort d’ASI a été signé et la naissance d’une nouvelle compagnie sur ses cendres annoncée. C’est ce qu’ont décidé l’Etat du Sénégal et la Royal Air Maroc qui était son partenaire dans ASI. Ainsi, cette dernière est la partie qui sort visiblement vainqueur d’un conflit qui a duré plusieurs mois, elle qui a toujours clamé haut et fort son désir de se retirer de la gestion de la compagnie.

    Tagged under Gouvernance Senegal

  • Contributor | Gouvernance

    Alors que l`on croyait que la crise financière mondiale ne toucherait pas l`Afrique comme l`avaient annoncé certains économistes africains et certaines institutions financières, voilà que le continent noir s`apprête à vivre l`une des conséquences les plus néfastes de cette crise mondiale. Selon la vice-présidente de la région Afrique de la Banque mondiale et l’économiste en chef de la Banque chargé de la région Afrique, la crise financière mondiale n`a pas été créée par l`Afrique mais elle touchera le continent avec des conséquences pires que celles connues dans certaines régions du monde. Déjà, l’Afrique connaît un taux de croissance en baisse de plus de 2,5% ".

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    La médiation sénégalaise sur la crise en Mauritanie a connu un franc succès. Ainis le tour de scrutin présidentiel initialement prévu pour le 6 juin a été renvoyé au 18 juillet. Les négociations, menées sous l'égide du Groupe de contact composé de l'Union africaine, de la Ligue arabe, de l'Union européenne, de l'Organisation internationale de la Francophonie et de l'Onu sur la crise en République islamique de Mauritanie, ont duré six jours. Elles étaient présidées par le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tidjane Gadio..

    Tagged under Gouvernance Senegal

  • Contributor | Gouvernance

    L’organisation SOS Esclaves, qui lutte contre la pratique de l’esclavage en Mauritanie vient de remporter un prix international pour sa lutte contre cette pratique dont sont encore victimes quelque 600.000 personnes dans ce pays. Le prix a été décerné par l’organisation d’origine britannique Anti Slavery International, fondée en 1839 et qui se présente comme « la plus vieille organisation humanitaire » de défense des Droits de l’homme et qui « se consacre exclusivement à la lutte conte l’esclavage. «Etre esclave aujourd’hui en Mauritanie n’est pas différent de ce que cela était il y a des siècles ailleurs», selon le président de SOS-Esclaves.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Le président sud-africain, Jacob Zuma, a pris une série de mesures pour faire face à la récession économique dans son pays. Il a ainsi promis, entre autres, de financer de vastes travaux publics pour enrayer la crise. Seules les dépenses publiques semblent, en effet, en mesure de soutenir la croissance en Afrique du Sud, puisque les secteurs miniers, manufacturiers et les services financiers ont tous reculé au cours de deux derniers trimestres. Pour la première fois en dix-sept ans, la première puissance économique du continent est rentrée en récession. Son produit intérieur brut a enregistré au premier trimestre 2009 une chute de 6,4 %.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Les députés béninois ont adopté une proposition de loi portant pension et autres avantages aux anciens présidents de la République. Tous les députés ont reconnu la pertinence de cette loi qui sécurise la vie des personnalités ayant assumé la haute fonction de président de la République au Bénin. Ils l'ont adopté avec 42 voix pour 0 contre et 0 abstention. Cette loi est votée certes, mais elle court le risque d'un recours devant la Cour constitutionnelle. Un député a dénoncé le passage en force des parlementaire qui ont voté une loi dont l'application va attendre jusqu'à 2010 pour son effectivité.

    Tagged under Gouvernance Benin

  • Contributor | Gouvernance

    Les agences humanitaires au Zimbabwe ont lancé le 1er juin un appel révisé de 718 millions de dollars auprès des donateurs, soit une hausse de 168 millions de dollars par rapport au précédent appel en novembre 2008, pour répondre aux besoins de six millions de Zimbabwéens. Or, seuls 246 millions de dollars ont été pour l'instant octroyés sur les 550 millions de dollars réclamés en novembre. L'insécurité alimentaire est venue s'ajouter à un environnement socio-économique difficile marqué par l'hyperinflation et un effondrement des services sociaux de base, que ce soient la santé, l'éducation et les infrastructures.

    Tagged under Gouvernance Zimbabwe

  • Contributor | Gouvernance

    La situation en matière de santé reproductive inquiète à Madagascar. Une femme malgache donne naissance en moyenne plus de cinq enfants. Les grossesses sont nombreuses, rapprochées, souvent précoces ou tardives, et elles s'accompagnent d'une forte mortalité infantile (70‰). Autres informations inquiétantes liées à la maternité : huit femmes meurent par jour à Madagascar. Parmi elles, une femme sur sept meurt à cause des complications liées à la grossesse, cinq en raison des complications obstétricales majeures. Aujourd’hui, Madagascar veut encourager l'usage des méthodes contraceptives.

    Tagged under Gouvernance Madagascar

  • Contributor | Gouvernance

    Depuis deux semaines, l'eau qui coule des robinets à Ebolowa, dans le sud du Cameroun, et sers environs donne du frisson aux populations. Elle présente à l'oeil nu tous les défauts d'un liquide impropre à la consommation. De couleur jaunâtre, cette eau contient au repos un liquide visqueux de même couleur qui s'agglutine au fond du récipient. La vétusté des équipements de la station de pompage serait à l'origine du désagrément. Selon les responsables de ladite structure appuyés par la Délégation de l`Energie et de l`Eau soutiennent que l’eau reste propore à la consommation. Il ya deux ans, une enquête avait montré que tous les 100 millilitres d`eau de la défunte société des eaux, la Snec, contenaient en moyenne 400 coliformes de toutes natures.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Merci pour m'avoir fait cette analyse de mon compatriote congolais et je ne peux que le féliciter car ce qu'il dit est vrai et j'ajouterais que les blancs ne peuvent jamais chercher la paix en R.D.C car ils en gagnent plus en guerre qu'en paix. C'est pour cela que la MONUC a échoué à rétablir cette paix à l'Est.

    Je pense bien que, il serait mieux que les vrais patriotes revoient la décision de la CNS ; c'est le pur du dialogue inter-congolais!

    Je pleure mon pays!

    Merci, c'est de la part de votre correspondant Maganya Katema Wa-Boshi, originaire de l'Est, à Uvira qui se trouve à Kigali pour l'enseignment;
    imaginez-vous, être au Rwanda !

    Katema Maganya ([email protected])

    Tagged under Gouvernance

  • A travers une lettre ouverte adressée au Secrétaire Général des Nations-Unies, la société civile nigérienne invite la communauté internationale à amener le Président de la République du Niger à respecter la Constitution actuelle de son pays. Le Niger fait face depuis un certain temps à des remous politiques liés à la détermination du Chef de l'Etat de modifier la constitution pour briguer un troisième mandat à la tête du pays.
    ?
    Lettre ouverte à Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,

    Monsieur le secrétaire sénéral,

    Nous, acteurs de la Société Civile Nigérienne, signataires de la présente lettre, avons l’honneur de vous interpeller dans votre mandat et votre responsabilité afin de vous faire part des sentiments graves qui nous animent au moment où le Niger s’apprête, selon le calendrier constitutionnel établi, à renouveler par voie électorale les principales institutions de la République qui permettent au peuple, à travers ses élus, de jouir de sa souveraineté nationale et de son indépendance, tout en participant à la vie internationale.

    En effet, en tant que démocrates soucieux de la défense de la paix et de l’unité nationale de notre pays, nous avons ardemment contribué dans les années 90 à sortir ce pays du règne de la dictature et des partis uniques ,comment pouvons-nous demeurer indifférents devant les intentions déclarées du président de la République Tanja Mamadou de violer la Constitution et de troubler l’ordre établi en organisant un référendum pour une nouvelle République qui lui octroierait un mandat « à vie ». Et ce malgré les réprobations des principaux acteurs politiques et de la Société Civile nigériens et, depuis peu, du Conseil des sages de la CEDEAO elle-même.

    Le peu d’empressement manifesté par le gouvernement et la légèreté mise dans la gestion de ces échéances électorales, comme pour donner corps à ce projet anticonstitutionnel, nous fondent malheureusement à croire qu’une menace sérieuse plane sur la République et, par conséquent, à éprouver de profondes inquiétudes quant à la sauvegarde des acquis démocratiques dans notre pays et à l’unité même de notre peuple.

    Il nous a été donné d’observer, au cours des dernières années de ce quinquennat, l’éclosion puis la montée en puissance d’une dérive autoritaire flagrante des pouvoirs publics sur les questions des Droits de l’Homme et qui a atteint son paroxysme avec la mise en état d’alerte de la région nord du pays. Nous avons pourtant tiré la sonnette d’alarme en ces temps-là, mais en vain.
    Demeuré sourd à tous les appels pressants lancés pour l’ouverture d’un dialogue avec les insurgés, y compris par l’organe ad hoc de conciliation et de prévention des conflits, le Comité National de Dialogue Politique (CNDP), le pouvoir a déclenché une répression aveugle sur les populations du nord dont plusieurs ressortissants croupissent encore sans jugement dans les geôles de l’Etat.

    Tout média, national ou extérieur, qui tente de lever un pan du voile sur cette question est aussitôt mis en accusation, incarcéré ou expulsé sans autre forme de procès.

    Nous avons également vu le harcèlement judiciaire contre les militants des droits de l’Homme, les hommes politiques, les journalistes et les syndicalistes, érigé en système de censure pour étouffer les libertés d’expression et de pensée. Nous témoignons aussi que la Justice a perdu ses lettres de noblesse et que les cours de justice ont souvent été transformées en tribunes politiques où le pouvoir juge et persécute ses adversaires.

    Ce faisant, le président de la République et le gouvernement du Niger se sont délibérément détournés des voies républicaines balisées par la Loi Fondamentale pour instaurer un pouvoir absolu au sommet de l’Etat et refuser l’alternance démocratique du pouvoir politique consacrée par les textes auxquels ils ont souscrit et qui fondent leur légitimité.

    Et pourtant, vous le savez bien, le Niger a librement souscrit à tous les principes des Nations Unies et même ratifié des conventions et pactes internationaux concernant la bonne gouvernance et les Droits de l’Homme qui font de nous des citoyens à part entière et non des sujets indignes de respect et de reconnaissance.

    Comprenez ainsi, Monsieur le secrétaire général de l’ONU, que nous vivons la violation de notre Constitution, si jamais ce référendum se tenait, comme une atteinte grave à notre dignité et comme la négation pure et simple de notre existence en tant que peuple libre et souverain.

    Par conséquent, nous en appelons à votre devoir et à votre responsabilité en matière de prévention des conflits et en votre qualité de premier défenseur international de l’Etat de droit et de la paix dans le monde, pour user de vos bons offices auprès du président de la République du Niger afin qu’il respecte la Constitution de 1999, qu’il renonce à son projet de référendum et qu’il mette en œuvre, sans délai, le processus électoral tel que prévu par les lois du pays.

    Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies, l’expression de notre très haute considération.
    Fait à Niamey le 19 mai 2009 ?

    Ont signé :
    RODADDHD (Réseau des Ong de Développement et Associations de Défense des Droits de l’Homme et de la Démocratie- 89 structures membres avec huit antennes régionales)
    CDTN (Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger)
    USTN (Union des Syndicats des Travailleurs du Niger)
    USPT (Union Syndicale progressiste des Travailleurs)

    * Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur

    Tagged under Gouvernance Niger

  • Il est important de définir les concepts puisqu’ils sont la clé de la compréhension. Lorsqu’on parle de foi et des médias, il est nécessaire de d’abord définir la religion, non pas dans le sens de la vérité absolue, mais de la pensée religieuse, de la révélation humaine et la compréhension humaine de la religion ou, plus spécifiquement, la lecture modérée de la raison d’être de la religion. Le nouveau discours médiatique des Frères Musulmans s’est davantage conformé aux normes des médias, laissant de côté la terminologie théologique et les excès idéologiques.

    Par exemple, il représente la cause palestinienne comme un conflit entre les forces d’occupation israéliennes et les Palestiniens, évitant toute référence à un conflit idéologique entre Musulmans et Juifs. Nous avons même insisté sur l’absence d’animosité entre nous et les Juifs pour des raisons de religion, déclarant que le conflit est seulement avec la Force d’occupation israélienne.

    Dans le reportage quotidien sur l’occupation américaine de l’Irak, la norme a été une subtile rhétorique politique et objective qui n’alimente pas les notions de clash des civilisations ou de Croisades. Nous avons usé de termes comme ‘’occupation et résistance’’ et avons évité ceux comme ‘’ ennemis de l’Islam’’, Croisés, etc.

    Ikhwanweb en route pour développer le discours médiatique des Frères Musulmans

    Ikhwanweb a été lancé en 2005 par les Frères Musulmans afin d’être leur tribune idéologique à l’intention principalement du public, du monde académique, des chercheurs, des médias, des groupes de réflexions et des centres de décisions en Occident. La mission principale d’Ikhwanweb est de permettre aux intellectuels occidentaux d’accéder à une information non biaisée concernant les Frères Musulmans, une information leur permettant de comprendre notre message politique, culturel et aussi nos propos religieux modérés.

    Ikhwanweb n’a pas pour objectif de répandre l’Islam ou d’enseigner l’Islam aux Occidentaux. En d’autres termes, il ne s’agit pas de faire œuvre de missionnaire. Plutôt, nous adoptons un discours politique, culturel et intellectuel. En matière d’information, Ikhwanweb évite tout discours explicitement religieux, sauf s’il s’agit de relater des informations concernant des groupes d’études théologiques, et dans tous les cas, nous nous efforçons de maintenir un haut niveau d’exactitude. Nous avons fait un gros effort afin que la rédaction soit le reflet du professionnalisme journalistique, de l’objectivité et de la neutralité. Nous nous sommes concentrés sur des questions concernant la démocratie, la répression politique, la torture, la tyrannie et nous nous sommes fortement opposés à des pratiques que la Sharia condamne comme étant pire que des péchés moraux. Nous nous sommes aussi focalisés sur la violence faite aux femmes et aux enfants et la violation du droit des minorités religieuses.

    Le développement le plus important dans notre approche a été de dénoncer et de condamner la répression du régime et des institutions religieuses traditionnelles à l’égard de Karim Amer qui est un bloggeur laïque. En cette instance, Ikhwanweb a maintenu ses procédures journalistiques en donnant la priorité à la liberté par rapport à la Sharia. Toutefois, nous ne considérons pas cette prise de position comme du laïcisme dans le sens occidental du terme. C’est plutôt le reflet de notre vision culturelle islamique qui dérive de l’Ecole de pensée modérée de la confrérie. La tyrannie, la torture, la répression des idées et la violation des libertés sont les pires péchés culturels et l’Islam les rejette et les condamne.

    Ikhwanweb a même rapporté dans ses colonnes des cas de tortures et de passage à tabac de bloggeurs laïques et musulmans qui se sont produits au Caire (Egypte 2005’Freedom Spring, le printemps de la liberté), mettant en lumière les dernières protestations des jeunes et les nouveaux instruments technologiques qu’ils utilisent pour rallier et protester. Nous rendons notre site web largement accessible à nos critiques et leur donnons l’opportunité d’afficher leurs points de vue sur le site. La section ‘’Autres points de vue’’ inclut les critiques des Frères Musulmans, de leur agenda, de leur idéologie et de leur histoire. Ceci a généré quelques haussements de sourcils de la part des libéraux et des laïcs qui l’ont considéré comme étant la manifestation d’une tolérance feinte, pendant que d’autres y voyaient de la pure propagande.

    Lors de débats controversés dans l’opinion publique musulmane, comme avec caricatures danoises (Ndlr : du Prophète Mahomet) ou les déclarations du pape, Ikhwanweb a été rationnel et réaliste dans sa couverture médiatique, évitant les insinuations religieuses. Il a souligné le besoin de respect entre les religions, de compréhension entre elles et a souligné le concept de liberté responsable.

    Les Frères Musulmans contre Al-Qaeda

    En 2006, Ikhwanweb a été attaqué par des ‘’hackers’’. Cette attaque, qui n’a bloqué le site que pendant quelques heures, a clairement démontré que la politique stricte, menée par la confrérie musulmane contre des crimes commis au nom de l’Islam, porte ses fruits. Elle montre aussi, sans l’ombre d’un doute, la séparation épistémologique et politique entre la confrérie musulmane et Al-Qaeda. Ikhwanweb n’a manqué aucune occasion pour dénoncer des actions terroristes ou des actes qu’il considère comme contraire à l’Islam. Nous avons distingué les actes de résistance légitimes en Palestine et en Irak, pour condamner les opérations criminelles terroristes contre les populations civiles.

    Les nouvelles initiatives médiatiques de la Confrérie musulmane

    Les expériences médiatiques de la confrérie musulmane se poursuivent par l’intermédiaire des jeunes de la confrérie qui continuent d’interagir avec les nouveaux moyens médiatiques et la dynamique du modernisme occidental. Le weblog a fourni un espace pour l’expression individuel et une opportunité de découvrir de nouveaux talents et compétences au sein de cette jeunesse. Ceci s’est révélé une expérience enrichissante qui a contribué au groupe, même si d’aucuns ont été alarmés par la vague de critiques et de demandes de réformes internes.

    Les principaux weblog sont :

    www.yallameshmohem.blogspot.com
    www.2mwag.blogspot.com
    www.ensaa.blogspot.com (contre des procès militaires à l’encontre des dirigeants de la confrérie musulmane)

    Le groupe des jeunes a utilisé Facebook et a conclu des alliances virtuelles avec des coalitions de jeunes de l’opposition libérale et de gauche, alors que d’autres coalitions ont échoué dans le monde réel.

    Autres exemples des activités ‘’on line’’ des Frères musulmans

    Secondlife : le groupe a établi une place dans ‘’ Secondlife’’ (www.secondlife.Com) pour montrer les projets culturels du groupe et offrir un service spécial pour le procès des dirigeants des réformistes de la Confrérie musulmane

    Ikhwantube : http://www.ikhwantube.com est la version Youtube du groupe. Le groupe a enregistré sytématiquement ses activités politiques, intellectuelles et missionnaires et les a rendus disponibles sur Ikhwantube. Il a même mis en ligne des reportages exclusifs sur la torture, dont certains de ses membres ont été victimes ou des abus commis à l’encontre de ses manifestants ainsi que les fraudes électorales dans la circonscription de ses candidats.

    Problèmes et obstacles pour les média de la Confrérie musulmane

    Les problèmes les plus épineux auxquels la confrérie musulmane a à faire face dans son discours médiatique sont la détention, l’intimidation, les descentes de police et les chasse à l’homme pour raison de sécurité. Le quartier général d’Ikhwanweb a subi une rafle en février 2008, lors d’une campagne de sécurité féroce au cours de laquelle tout l’équipement informatique a été saisi, les bureaux fermés et le rédacteur en chef arrêté. L’ambiance dans laquelle les correspondants évolue et mènent à bien leurs activités journalistiques, les défis auxquels ils ont à faire face, peut affecter d’une façon ou d’une autre, leur objectivité, leur professionnalisme et leur ouverture.

    L’avenir du discours de la Confrérie musulmane à l’ère de la révolution des nouveaux médias

    L’énorme développement des médias et de leurs technologies a entraîné des défis immenses dans un monde qui change tous les jours. Ceci requiert l’offre d’un discours plus ouvert et plus progressif dans les médias, un discours qui devient humain et universel et qui se distancie de la propagande, du narcissisme et du nombrilisme.

    Nos canaux médiatiques doivent se libérer des théories de conspiration et les médias occidentaux doivent reconsidérer le regard qu’ils posent sur les autres et dépasser les biais culturels et épistémologiques et infléchir les mouvements d’extrême droite qui alimentent l’islamophobie, aggravent les tensions et le repli. Nous voyons qu’il est de notre devoir de prêcher pour une culture du dialogue, de la tolérance et de l’ouverture en même temps que le respect des cultures particulières.

    Les Frères musulmans et les médias : un long parcours

    Les relations des Frères Musulmans avec les médias remontent à plus de 70 ans, ce qui remonte pratiquement aux origines du groupe lui-même. L’expérience du groupe avec les medias inclut les journaux, les périodiques et la radio. Au cours de toute leur histoire, les Frères Musulmans ont produit des centaines de journaux et surtout, avant 1954, des périodiques. Après de longues années de répression (1954-1974), le discours médiatique de la confrérie a significativement décliné, sauf quelques tentatives des Frères Musulmans en exil et à l’exception de quelques réseaux dans d’autres pays.

    La publication du magazine Al Da’wah (de 1975 jusqu’à l’assassinat de feu le président Sa’adat par des Jihadistes) reste l’expérience la plus prolifique et la plus active. Ceci a été suivi d’une période confuse qui a duré de 1984 à 2000. Confuse en raison de la relation ambiguë du groupe avec le pouvoir égyptien (la politique de la porte à moitié ouverte et à moitié fermée). Au cours de cette période, le régime a fermé plusieurs journaux et magazines appartenant aux Frères Musulmans. Néanmoins, l’an 2000 a vu la naissance d’une ère nouvelle, la Confrérie ayant mis sur pied son premier espace cybernétique avec la création de plusieurs sites web en arabe dont celui de Ikhwanonline. En 2005, les Frères Musulmans ont créé le site Ikhwanweb, le site en anglais qui doit servir de tribune à l’intention des Occidentaux.

    * Khaled Hamza est web editor de Ikhwanweb. Cette communication a été présentée lors d'un atelier sur Médias et religion organisé en décembre 2008 par International Center For Journalism.

    * Veuillez envoyer vos commentaires à [email protected] ou commentez en ligne sur

    Tagged under Gouvernance

  • Njonjo Mue | Gouvernance

    Qu’est-ce que le Kenya et qu’est-ce qui fait de vous un Kényan ? Est-ce votre carte d’identité ? Votre passeport bleu ? Le fait que vous soyez né ici ? Avez-vous le sentiment d’être connecté ? Un sentiment d’appartenance ? Etes-vous plus ou moins Luo, Kamba, Kipsigis, Mijikenda, Asiatique, Caucasien ou Arabe plutôt que Kényan ? Etes-vous plus ou moins homme ou femme plutôt que kényan ? Etes-vous plus ou moins chrétien, musulman ou hindou plutôt que kényan ? Comment ces multiples identités se fondent-elles dans votre psyché ? Avez-vous le sentiment de devoir vous défaire de l’une ou l’autre de ces identités afin de pouvoir épouser votre kényanitude ? En d’autres termes, quelle est votre identité et votre relation réelle avec le Kenya ? Qu’est-ce qui vous donne la fierté d’être Kenyan ? Si vous aviez le choix au milieu de ces multiples identités, voudriez-vous garder ou laisser tomber votre identité kényane ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

    Le lien qui attache

    La génération de nos parents comptait 42 nationalités. Toutefois nos parents sont devenus Kényans lorsqu’ils ont combattu leur ennemi commun : la domination coloniale. Une fois l’ennemi commun défait, ils ont entrepris de définir un contrat social- à Lancaster House et au pays- ce qui représente une tentative louable de construire une nation. Ont-ils réussi ? Comment et en quoi ont-ils échoué ?

    Et nous ? 45 ans plus tard, à quel ennemi commun devons-nous faire face ? Sur quelle base allons-nous négocier notre nouveau contrat social ? Est-ce que le ciment qui a assuré la cohésion de la génération de nos parents sera assez fort pour nous maintenir ensemble ?

    La réponse est négative. Nous sommes en face de preuves déprimantes et alarmantes qui indiquent que le contrat social qui définissait le Kenya s’érode rapidement. Le démon du tribalisme politique révèle son visage hideux. Des politiciens déclarent que c’est leur tour de manger et forment toutes sortes d’alliances diaboliques afin de préparer le partage du butin. Les politiciens semblent prêts à lutter jusqu’au bout pour l’obtention du pouvoir sans se soucier de savoir si la nation va éclater.

    La nécessité de renégocier le contrat social a été reconnue par tous, mais il semble qu’il n’y ait pas de dirigeants courageux et visionnaires pour diriger le bateau qui navigue sur des eaux inconnues. Nous errons sans but dans la jungle de notre désespoir, aspirant à notre terre promise, mais même le mirage de la cohésion social n’apparaît pas à l’horizon.

    Et pourtant nous n’avons pas le choix. Nous devons initier un authentique dialogue national afin de définir une nouvelle distribution. Je ne veux pas dire qu’il s’agit de seulement discuter le partage du pouvoir, parce qu’une société est bien plus que la structure de pouvoir à laquelle elle a souscrit. Plus nous tergiversons au sujet de la nécessité d’un dialogue national, plus certaines parties de notre société s’enfoncent dans un monologue destructeur qui nous pousse un peu plus vers l’abîme.

    Nous ne pouvons laisser les choses sur leur lancée. Le train de la liberté n’avance pas selon un mode prédestiné : il doit être parfois poussé, parfois tiré mais toujours maintenu sur les rails qui vont dans la direction de la justice sociale et d’un véritable développement de la personne humaine dans son entier.

    La génération qui nous a précédée semble être à court d’idées quant à savoir comment atteindre ce but. Ce qui n’est guère surprenant, compte tenu que ceux qui ont donné le ton sont sur la scène depuis toujours et sont maintenant épuisés, vieux et n’ont plus de réel intérêt dans l’avenir de notre pays. C’est maintenant notre tour de prendre position et d’imposer un environnement ordonné qui élimine le chaos dans lequel nous nous trouvons. Ce faisant, nous déterminerons une nouvelle vision pour notre pays et avancerons avec détermination vers un futur commun et durable.

    Le cœur du pays ou l’âme de la nation

    Les politiciens prétendent avoir à cœur l’élaboration d’une nouvelle Constitution, mais nous savons tous que ceci n’est rien d’autre que des jeux de pouvoirs glorifiés. Bien que la Constitution soit le cœur du pays dont dérive tout le système légal, seul un petit nombre de personnes vont dominer le processus au bout du compte. De plus, même s’il produisait le meilleur document au monde, ceci ne serait toujours rien de plus qu’un travail à moitié fait.

    L’autre aspect, plus fondamental, est la reconstruction de l’âme de notre pays. Ceci est la responsabilité de chaque citoyen qui ne peut être laissée dans les mains des politiciens et de leurs sbires. C’est un exercice qui définit l’essence même de la kényanitude. Qu’est-ce que l’âme de notre nation ? Quels sont les liens qui nous attachent ? Quels sont les critères pour appartenir cette nation ? En d’autres termes, quelles sont les valeurs essentielles qui font de nous ce que nous sommes, au-delà de nos diverses appartenances ethniques mais en raison de notre appartenance à la famille humaine ? Comme nous le rappelle notre fils préféré, le président Barak Obama, la Constitution n’est pas juste la source des droits individuels mais aussi un moyen d’organiser une discussion démocratique autour d’un futur en commun.

    Ainsi il est vital de trouver un consensus au sujet des valeurs auxquels nous adhérons en tant que Kényanq parce que nous ne pouvons pas progresser en tant que nation aussi longtemps que nous ne savons pas et que nous n’avons pas intériorisé ce que l’appartenance à la nation implique, aussi longtemps qu’individuellement et volontairement nous n’aurons pas souscrit à quelques valeurs fondamentales en lesquelles nous croyons. Une fois ce consensus atteint, nous pourrons condamner ceux qui transgressent notre contrat au moyen d’un système de coercition agréé. Ceci est l’essence d’une société gouvernée par la loi plutôt que par des hommes.

    Actuellement, nous sommes Kényans principalement en raison du hasard de la naissance. Notre identité est largement définie par la coercition : le policier nous dit ce que nous avons à faire sous peine de punition, en accord avec un code légal que nous n’avons pas contribué à établir. Nous sommes aussi Kényans en raison de la date du 30 juin quand nous avons rendez-vous avec l’autorité fiscale kényane qui vient s’enquérir de nos gains au cours de l’année précédente et s’assurer que nous avons rendu à César ce qui est à César. Nous pensons aussi appartenir au Kenya parce que nous revendiquons des droits à peine reconnus et des services que le gouvernement ne veut ou ne peut pas fournir

    Nous comprenons le fonctionnement du gouvernement mieux aujourd’hui qu’il y a dix ans. Néanmoins, ceci n’a pas amélioré nos vies, parce qu’en dépit d’une transparence accrue, ni le gouvernement, ni nous-même, en tant que citoyen, croyons devoir rendre des comptes. Nous vivons à une époque d’impunité où il n’y a pas de respect de la loi. Les citoyens ne se sentent pas obligés de respecter des lois que le législateur lui-même ne respecte pas. Il n’y a pas d’intérêt personnel à faire fonctionner le système ou à contribuer au bien public. De surcroît il n’y a pas de modèle qu’on pourrait promouvoir, parce que les politiciens qui dominent notre espace public empuantissent perpétuellement notre air avec leurs mauvaises manières.

    Par conséquent, nous devons trouver des choses positives qui nous attirent dans notre kényanitude, des choses qui nous permettrons d’affirmer avec confiance ‘’ nous avons choisi d’être kényans’’. Nous devons trouver un nouveau point focal auquel les citoyens kényans puissent faire allégeance.

    Qu’est-ce que le Kenya et qui sont les Kényans ?

    Au niveau le plus élémentaire, le Kenya est un fait juridique dans le droit international. Le pays est aussi un territoire de 583 000 hectares occupés par 37 millions de personnes, aussi diverses que possible dans leur affiliation ethnique et religieuse, leur occupation, leur origine raciale et leur statut social.

    Dans ce mélange dynamique, y a-t-il une valeur ajoutée à être kényan ? Il y en a certainement, j’en suis convaincu. Mais nous ne l’avons pas encore entièrement reconnue et c’est la raison pour laquelle nous continuons à nous retirer dans notre cocon ethnique lorsque la crise menace. Nous devons commencer à clarifier cette valeur et définir ce que le Kenya, en tant que pays, et tant que peuple ajoute au monde qui nous entoure.

    Ceci ne peut être accompli rapidement, parce que la quête et la création d’une nation constituent un projet sur le long terme. C’est une conversation sans fin que nous devons avoir avec nous-même sur ce qui constitue le Kenya et les Kényans et qui continuera d’évoluer pendant que le monde autour de nous change. Néanmoins, alors que la globalisation rend le monde toujours plus homogène, nous devons identifier et prendre soins de nos valeurs essentielles, celles qui nous rendent spécifiquement kényans.

    Cet exercice ne doit pas être le privilège exclusif d’une personne ou d’un groupe, quelle que soit sa définition. L’effort de définir ces valeurs doit être un exercice national impliquant tout ceux qui revendiquent l’appellation de ‘’Kenyan’’ et toucher toutes les strates de la société. Il ne sera pas facile d’arriver à un consensus. Cependant nous devons fidèlement poursuivre ce chemin, jusqu’à ce que nous soyons capable de nous définir nous-mêmes, jusqu’à ce que nous sachions et ayons intériorisé qui nous sommes.

    Aussi longtemps que nous permettrons à d’autres de nous définir - des politiciens, des chefs tribaux, des intérêts hégémonique et géopolitiques occidentaux, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire Internationale et des myriades d’autres intérêts non définis - nous serons guidés par des vents de changement, nous poussant un jour ici, un jour là. Au lieu d’être les maîtres de notre destinée, nous serons toujours en réaction aux initiatives des autres, nous serons toujours à attendre qu’on nous dise qui nous sommes et ce que nous devons faire pour éteindre le feu de l’autodestruction qui brûle dans nos maisons.

    En d’autres termes, nous serons les esclaves des caprices des autres. Nous serons poussés de-ci, de-là par le torrent des oppressions et les vagues de désespoir cependant que nos voisins, proches et lointains, se gausseront de nous et nous serons le sujet des conversations après le dîner, de la Corée du Sud à l’Afrique du Sud, où l’on murmurera qu’il y avait un peuple qui autrefois savait où il allait et qui est maintenant naufragé quelque part sur la haute mer de la cupidité, de l’effondrement économique, de la confusion socioéconomique et du déclin moral.

    Si les choses nous apparaissent désespérantes aujourd’hui, c’est parce qu’elles le sont. Le chemin vers notre terre promise a été long et éprouvant et il n’y a pas de fin en vue. Le cœur saigne lorsqu’il examine notre pays. Des petites guerres et des conflits violents perturbent régulièrement la vie d’innocents Kényans en zones rurales aussi bien qu’en zones urbaines. Mungiki, et d’autres associations de criminels, terrorisent les foules en toute impunité et avec l’approbation tacite de la classe politique. Des policiers à la détente facile usent de leur arme pour éliminer ceux qu’ils perçoivent comme des criminels, sans que personne ne leur demande de compte.

    Pauvreté, inégalité et sous-développement sont les caractéristiques de notre époque. La famine est une réalité persistante dans de nombreuses communautés et la faim une compagne constante d’enfants dans tout le pays. Le VIH/sida continue de ravager notre économie, sans discrimination aucune, générant des orphelins livrés à eux-mêmes cependant que de frêles grand’mère s’escriment à s’occuper de petits enfants vulnérables. Le crime et la corruption continuent de dévorer l’âme de la nation et le concept d’un leadership politique responsable nous a échappé. Nous avons atteint le fond du désespoir et les ténèbres se sont abattues sur notre pays.

    Nous sommes devenus des exilés et des réfugiés dans notre propre pays. Des déplacés internes continuent d’endurer la vie dans des camps de transit désolés, nos enfants trouvent du réconfort dans la rue où les drogues les aident à accepter la morbidité de leur vie quotidienne. Nos hommes se sont réfugiés dans des bars où ils consomment de grandes quantité d’alcool pour atténuer les attaques silencieuses de leur désespoir et la douleur de l’impuissance qui les ronge, cependant que nos femmes s’abritent derrière des croisades où elles sont nourries de douces promesses de lendemain qui chantent et leur permettent d’endurer l’ici et maintenant.

    Le reste d’entre nous sont tellement appauvris et tellement dépourvus d’idées et de moralité et tellement égarés que nous sommes nous-mêmes devenus prédateurs. Nous n’avons pas de scrupules à dépouiller les pauvres et à exploiter les faibles parmi nous. En tous regrets, nous avons donné corps à la prophétie de Mwalimu Nyerere qui prédisait que, dans la société kényane, l’homme serait un loup pour l’homme

    Au milieu de toute cette confusion, nous avons mis la politique au centre de nos existences. Nous sommes continuellement engagés dans une étrange conversation lors de laquelle tout le monde parle et personne n’écoute vraiment. Nous conspirons contre les pauvres lorsqu’ils appellent de leurs cris des solutions réelles à des problèmes réels. En formant des commissions à tour de bras, qui ne font que créer des emplois pour nous-mêmes, les pauvres sont contraints de nous payer des salaires et des avantages astronomiques.

    Notre politique est celle du ventre, de la cupidité et de l’exploitation. Ayant présidé au démantèlement de notre espoir collectif, la classe politique peut maintenant dicté les termes. Lesquels ont trait à l’argent, à de l’argent volé en fait. En conséquence de quoi le cycle de la pauvreté se perpétue. Je vole de l’argent aujourd’hui afin de pouvoir obtenir de vous que demain vous m’envoyez au Parlement ou au Conseil local. Je fais ça uniquement dans le but de voler davantage d’argent pour acheter mon siège la prochaine fois et faire un confortable profit au passage.

    Quand est-ce que ce cycle de folie va-t-il prendre fin ?

    Je dis MAINTENANT ! L’heure est venue de tracer une ligne dans le sable ! C’est l’heure de dire à ceux qui souscrivent à cette folie ‘’ Assez !’’ C’est l’heure de prendre position contre ces prédateurs. C’est l’heure de revendiquer notre dignité humaine ! C’est l’heure d’entreprendre la longue marche vers les vraies promesses de notre pays.

    Ce que nous allons entreprendre maintenant déterminera le pays dont nos enfants vont hériter. Ne vous laissez pas tromper par le sentiment que ce que nous faisons n’a pas d’importance. Les choix que nous ferons aujourd’hui auront des conséquences irréversibles pour les générations à venir. Nous sommes ceux qui vont sauver ou perdre le Kenya. Nous ne sommes pas parfaits et nous commettrons des erreurs, mais la plus grande des erreurs serait de ne rien faire. Donc faites quelque chose !

    D’abord nous devons renoncer à rechercher un Messie qui viendrait tout arranger. Le Messie que nous cherchons se trouve à l’intérieur de chacun de nous. Chacun de nous doit prendre ses responsabilités en définissant et en appliquant notre nouveau contrat social. Nous devons dire ‘’non’’ à tous ceux qui veulent nous exploiter ou nous utiliser comme marchepied vers le pouvoir. Nous devons trouver le courage de croire en nous-mêmes et refuser les faveurs destructrices et le patronage humiliant pour lesquels nous avons, jusque là, vendu le droit qui est le nôtre à la naissance. Il est temps d’imposer de nouvelles règles : un paradigme qui mette le pays au-dessus du confort personnel et l’héritage de nos enfants et la sécurité collective au-dessus des gains individuels.

    Mener le bon combat

    Le Kenya est en guerre. Ceci est un fait, qu’il soit reconnu ou non. Il n’y a peut-être pas de tanks et de troupes dans les rues et les bruits de fusillade ne résonnent peut-être pas dans nos oreilles, lorsque nous allons nous coucher, néanmoins nous sommes en guerre. L’ennemi que nous devons confronter est plus dangereux qu’une armée conventionnelle. Il ne détruit peut-être pas les infrastructures ni ne tue nos corps mortels, mais, subrepticement, il s’introduit, traverse nos défenses et, lentement, consume l’âme de notre nation. Nous revendiquons une forme de civilisation, mais ce n’est qu’une coquille vide et ce n’est qu’une question de temps avant que l’édifice ne s’effondre. Le coût de cette éventualité est horrible à contempler.

    A la différence des politiciens, je ne vous fais pas entrevoir je ne sais quel cataclysme afin de figer les Kényans dans l’immobilisme, mais plutôt afin de galvaniser la population afin qu’elle agisse. Nous devons, de toute urgence, reprendre le contrôle de notre destinée et de celle de notre pays pour reconstruire un mur autour de notre Etat. Il n’est pas trop tard pour reconstruire l’âme de notre pays, mais le travail doit commencer maintenant. Chaque retard nous pousse un peu plus vers l’abîme.

    Ceci est donc un appel aux armes ! Il est demandé à chaque homme et chaque femme du Kenya de s’enrôler dans ‘’ l’armée des gens ordinaires’’. Notre seul objectif est de défendre notre héritage des ennemis intérieurs et extérieurs, de reconstruire l’âme de notre nation et de poser des fondations solides pour une nouvelle République. Et voici les règles pour l’engagement. Le principal théâtre d’opération sera en nous-mêmes, parce qu’ ’’l n’y a qu’un petit coin du monde que nous puissions véritablement changer et celui-ci est en nous’’. Nous ne pouvons imposer à d’autres des règles auxquels nous n’adhérons pas nous-mêmes. Nous devons commencer par changer notre propre comportement, notre attitude et notre mentalité. Nous devons devenir le changement que nous recherchons.

    Le prochain théâtre d’opération est le monde autour de nous, nos foyers, notre école et notre université, notre lieu de travail, notre communauté et sur la route sur laquelle nous circulons. Nous devons faire remarquer, poliment mais fermement, les atteintes à la dignité humaine des autres et de nous-mêmes. Néanmoins, nous devons être attentifs à ne pas exiger plus des autres que ce à quoi nous souscrivons nous-mêmes. Nous devons nous efforcer de fidèlement influencer nos collègues en vue des meilleurs intérêts du Kenya. Dans chacune de nos entreprises, nous devons nous demander si elle va contribuer à la reconstruction de l’âme de la nation.

    Quelles armes notre armée va-t-elle brandir ? Notre conviction, nos esprits et nos corps. Nous escaladerons les citadelles de l’oppression afin de proclamer notre humanité à l’intention de tous ceux qui ont oublié ce que c’est que d’être humain. Nous nous tiendrons à l’écart de la violence sous toutes ses formes, de la violence des pensées aussi bien que de la violence verbale et physique. Afin de générer un changement positif, nous nous engagerons dans des actions non violentes directes chaque fois qu’il sera nécessaire d’attirer l’attention sur nos préoccupations. Tous nos engagements se dérouleront dans les sphères supérieures de l’intégrité et de l’honneur. Le but n’est pas de conquérir nos opposants, mais de s’opposer à l’injustice et à l’oppression, de s‘élever contre l’atteinte à la dignité.

    L’évaluation du coût : quels risques prenons-nous ?

    Les forces contre lesquelles nous nous insurgeons sont nombreuses, variés et vicieuses. Avant que de nous engager, nous devons évaluer le coût. Ceci nous coûtera, à nous tous, nos vies. La cause pour laquelle nous allons combattre perdurera au-delà de nous-mêmes et sera reprise par une nouvelle génération. Certains devront s’en aller avant d’autres, parce que les forces retranchées que nous avons à combattre ne sont pas bénignes. En conséquence de quoi, comme dans chaque armée, l’armée des gens ordinaires peut requérir le sacrifice suprême pour ses convictions. Vous et moi pourrions mourir. Ceci est une réalité que nous devons envisager et accepter avant que de nous enrôler

    Si nous menons notre combat honorablement et avec discipline et mettons notre cause au-dessus de nous-mêmes, même si nous mourrons au combat, la mort sera rédemptrice. Des centaines et des milliers se lèveront pour prendre notre place, notre sang arrosera l’arbre de la liberté et donnera vigueur à la nation. Bientôt notre nation sera véritablement libre.

    Nous pourrions finir en prison. Mais ceci ne devrait pas nous perturber indûment parce qu’innombrables sont ceux qui vivent dans des bidonvilles, dans l’insécurité urbaine ou la pauvreté rurale et pour qui le pays est une vaste prison. Si nous devions finir derrières des barreaux, nous devrons prendre courage dans le fait que, dans ces prisons mêmes, des hommes et des femmes, des geôliers aussi bien que des détenus, ont besoin d’entendre notre message d’espoir. Nous irons en prison de bon cœur et ‘’transformerons les lieux de détention de donjon du désespoir en foyer de liberté’’. Et bientôt, les prisonniers et les gardiens de prisons seront libres.

    Nous pourrions souffrir de blessures physiques, mais ceci n’a rien de nouveau. Déjà nous avons mille blessures qui saignent. Nous souffrons l’humiliation quotidienne de la faim, de l’oppression et de la maladie. Nous devons considérer chaque coup sur nos corps désarmés comme le coup du marteau sur le ciseau qui façonne la pierre qui nous transforme en un peuple. Ce faisant, nous pouvons libérer aussi bien l’opprimé que l’oppresseur, rejetant pour toujours les fers de la peur et de la brutalité qui étranglent notre pays. Bientôt les oppresseurs et les opprimés seront libres.

    Et qu’avons-nous à gagner ?

    Je ne puis vous promettre que des épreuves et la persécution. Ce sont les seules garanties. Notre pays n’est pas devenu ce lieu de ténèbres en une nuit et il n’échappera pas à cette réalité du jour au lendemain. La situation va empirer avant qu’elle ne s’améliore. Mais je vous promets aussi un destin. Nous sommes nés pour cette époque. Les générations futures seront redevables à l’armée des gens ordinaires, aux jeunes gens et jeunes femmes qui ont eu le courage de leurs convictions.

    Je fais appel à vous pour qu’aujourd’hui vous abandonniez votre confort matériel au profit de la nation de demain. Notre défi est de passer la ligne du familier pour entrer dans l’inconnu en quête de la vision d’un autre pays, d’une patrie meilleure. Notre défi c’est de semer la graine de l’arbre sous lequel nous ne nous assiérons peut-être jamais, mais dont une autre génération cueillera les fruits de dignité, de sécurité et de prospérité pour tous. Je fais appel à vous afin que nous investissions dans un futur que nous ne verrons peut-être jamais, afin que vos enfants et les miens ne puissent jamais plus être considérés comme appartenant à une moindre divinité.

    Et puis-je vous rappeler, mes frères et mes sœurs, que le Kenya a été le premier pays d’Afrique noire où le maître colonial n’a pas juste été invité à quitter, mais a été poussé hors du pays par des jeunes gens et des jeunes femmes qui ont tout risqué afin d’arracher notre pays à ceux qui avaient volé notre terre ?

    Une génération a passé depuis lors. Nos parents peuvent au moins revendiquer le fait d’avoir atteint cette indépendance formelle. Et nous ? Voulons-nous laisser en héritage un pays que nous avons laissé se désintégrer alors que nous en étions les gardiens ?

    Amkeni ndugu zetu !

    * Njonjo Mue est un avocat des Droits de l’Homme. Il dirige le département Plaidoyer de la Commission Nationale Kenyane pour les Droits Humains. Le blog de M. Mue peut être trouvé à

    * Veuillez envoyer vos commentaires à [email protected] ou commentez en ligne sur

    Tagged under Gouvernance Kenya