L’évolution des prix à la consommation mesurée par l’Institut national des statistiques (INS) au cours des neuf premiers mois de l’année 2008, indiquait un taux annuel d’inflation de 4,4% en septembre 2008. Donc au-delà du seuil fixé pour le critère de convergence de l’UEMOA. Jamais, de mémoire de consommateur, la vie n’a coûté aussi cher en Côte d’Ivoire. Depuis plusieurs mois en effet, les prix flambent, et cette inflation aujourd’hui est plus marquée sur les produits de grande consommation.
Tagged under Gouvernance Cote d’IvoireLe secrétaire général adjoint de la ligue arabe n’y est pas aller par quatre chemins, pour dénoncer les sanctions que l’UA contre la junte mauritanienne. Un bras de fer et des divergences profonds existent entre l’UA et la Ligue arabe sur le dossier mauritanien. Cet état de fait, né des incompréhensions, vont crescendo et ceci à quelques jours de la date fatidique du 20 février 2009, où l’UA, la Ligue Arabe, l’ONU, l’OCI, l’UE, ainsi que certains pays concernés par cette crise devront entériner une décision commune pour décider du sort de la Mauritanie.
Tagged under GouvernancePhénomène rare dans la politique au Niger, la majorité de la classe politique - proche de l'opposition comme du pouvoir - s'entend désormais autour d'un même objectif: empêcher l'actuel président Mamadou Tandja de rester un jour de plus au pouvoir, en fin 2009. Il aura alors connu dix ans de pouvoir. Malgré un soutien affiché du gouvernement au chef de l'Etat, la quasi-totalité des partis ont rompu le silence depuis trois semaines pour dire non et exiger la tenue des élections générales prévues avant la fin de l'année. Agé aujourd'hui de 70 ans, le président Tandja a été élu en 1999 puis en 2004 pour cinq ans et a plusieurs fois répété qu'il se retirera ensuite.
Tagged under Gouvernance NigerLe leader de l’opposition au Zimbabwe Morgan Tsvangirai est devenu Premier ministre dans un gouvernement d’union nationale conformément à un accord de partage du pouvoir signé le 15 septembre 2008 en vertu duquel le Président Robert Mugabe restera le chef de l’Etat. Par ailleurs, le Guide libyen, Mouammar Kadhafi, président en exercice de l’Union africaine (UA), a entrepris une médiation pour trouver une solution à la crise politique et institutionnelle qui prévaut en Mauritanie en y envoyant une mission de 11 personnalités conduite par Ravi Medani, son émissaire spécial. Les Mauritaniens ont été invités à la table de négociations pour éviter des sanctions économiques et l’isolement diplomatique. Au moment où le conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a réitéré ses sanctions contre la junte au pouvoir en Mauritanie, la Communauté des Etats Sahélo-sahariens, en mentionnant que certains de ses chefs d’Etats n’avaient pas connaissance de cette nouvelle, semble soutenir le pays et appelle aux leader militaires de soutenir l’agenda des Etats-Unis d’Afrique en 2017.
Une vingtaine de pays africains sont dit prêt à faire scission pour mettre sur pied une union fédérative. L’économiste Sanou Mbaye soutient cette idée en disant que la meilleure solution serait que ceux qui sont « partisans d’une union immédiate s’associent, mettent en commun leurs rêves de changement et poursuivent les mêmes politiques économiques et extérieures sous une présidence politique annuelle tournante et d’autres pays auraient tout le loisir de rejoindre ce noyau initial en remplissant des conditions d’éligibilité préalablement établies ». Dans son nouveau livre intitulé « l’Afrique au secours de l’Afrique », Sanou Mbaye, tout en accusant le modèle de développement imposé au lendemain des indépendances à l’Afrique ainsi par la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international, propose un large éventail de solutions novatrices qui permettront aux Africains de prendre en main leur propre développement. Pour finir, le président de la Chine, Hu Jintao, a entamé sa quatrième tournée sur le continent africain depuis 2003 en visitant quatre pays à savoir le Mali, le Sénégal, la Tanzanie et l’Ile Maurice.Tagged under Gouvernance ZimbabweDans ce texte sont relatées les grandes tendances des débats soulevés au cours du Forum social mondial 2009, qui s'est tenue dans la ville de Belem, la région de l'Amazonie, sur les formes d’esclavage présent dans le Brésil contemporain. Les discussions ont porté sur la nature du travail, sur les travailleurs en milieux urbain et rural, sur la situation des immigrés, ainsi que sur les mesures qui sont adoptées dans la lutte contre cette situation et l'articulation de la société civile à l'échelle nationale et mondiale.
Tagged under GouvernanceRéagissant au grand débat lancé par la réflexion de Mahmood Mamdani intitulée "Leçons du Zimbabwe», Sam Moyo et Paris Yeros dénoncent un large éventail d'idées fausses autour des réalités politiques au Zimbabwe. Faisant valoir que, bien que fortement ancrée les disparités socio-économiques reflètent d'abord et avant tout la capacité des acteurs les plus puissants à réduire la politique économique à leur volonté, les auteurs soulignent qu’il ne s’agit pas d’un simple problème de «patrimonialisme» pour être résolus par le biais de «changement de régime». En vue d'atteindre la souveraineté alimentaire pour l'ensemble du pays, Moyo et Yeros soulignent la nécessité d'insister sur la production paysanne - à travers des prix équitables et de subventions des intrants - avec la réforme de la politique commerciale et industrielle, le renforcement de la surveillance du secteur minier, et un rôle central des banques d'État dans la reconstruction économique à long terme du pays.
Tagged under Gouvernance ZimbabweEn réaction à votre article sur la Côte d'Ivoire (http://www.pambazuka.org/fr/category/features/53852), je voudrais noter que, relisant la resolution 1721, je n'ai vu nul part de mention selon laquelle "en cas d’échec de cette nouvelle transition, la classe politique ivoirienne serait écartée au profit d’autres personnalités de la société civile". Le dialogue direct initié fin 2006, peu après le scandale des déchets toxiques, a effectivement rendu caduque cette résolution. Là où cette dernière renforçait les pouvoirs de Konan Banny, du Haut-Représentant de l'ONU et introduisait Sassou Nguesso comme médiateur, le dialogue direct composé le trio Gbagbo, Compaoré, Soro. Une question : où peut-on trouver l'intégralité du rapport de la commission internationale d'enquête sur les déchets toxiques ?
[email][email protected]Tagged under GouvernanceLe responsable moral du mouvement mondial pour l’unicité de Dieu, Serigne Modou Kara Mbacké a appelé les Sénégalais à l’obligation de réserve par rapport au débat sur le passé maçonnique du président de la République, soulignant la liberté pour tout individu de croire en ce qu’il veut.De même, il a prôné l’obligation de réserve par rapport au débat sur l’homosexualité avant d’affirmé que cela ne concerne que la personne qui s’en réclame. Pour toute solution face à ce phénomène, il a toutefois convoqué la responsabilité de l’Etat sur son devoir de préserver les générations futures en les éduquant.
Tagged under Gouvernance SenegalLe Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), l'une des principales factions rebelles du Darfour, dit s'acheminer vers un accord avec le gouvernement soudanais qui pourrait déboucher sur des pourparlers de paix tout en soulignant la persistance de divergences de fond sur la question des prisonniers de guerre. C'est la première fois depuis 2007 que le gouvernement de Khartoum s'assoit à la même table que le JEM, qui combat les forces soudanaises depuis près de six ans au Darfour. Les pourparlers se déroulent au Qatar depuis le 10 février 2009.
Tagged under GouvernanceLe 30 janvier, ils partirent à quelques milliers de l'immeuble de la Fédération de la Mutualité et par les multiples renforts, ils se virent 65 000 en arrivant au centre-ville. Personne n'a le souvenir d'une telle mobilisation dans l'histoire mouvementée du pays Guadeloupe. La grève générale a été engagée, à l'initiative de Liyannaj kont profitasyon (Union contre le surprofit, LKP) le 20 janvier, contre la vie chère. De fait, si l'ensemble des syndicats d'un département de l'Hexagone, après neuf jours de grève générale, avaient organisé une telle manifestation unitaire, rassemblant un pourcentage comparable de la population locale, la presse nationale se serait emparée sans délai de l'événement. Mais la Guadeloupe poussière de notre empire colonial, c'est loin !
Tagged under GouvernanceCe mois-ci le Forum ministériel mondial sur l’environnement à Nairobi, au Kenya, pourrait prendre la décision historique contre une menace globale qui pèse sur des centaines de millions de personnes. Une stratégie pour commencer à traiter sérieusement le mercure et ses composés toxiques sera discutée pendant la réunion du conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), qui débute le 16 février. Le «cadre politique», le résultat de sept ans d'intenses discussions menées par le PNUE, représente le premier effort mondial coordonné pour lutter contre la pollution du mercure.
Il porte sur la réduction de la demande en produits et procédés, tels que les lampes de véhicules à haute intensité ainsi que l'industrie du chlore, de même que la réduction du mercure dans le commerce international. Les autres éléments comprennent la réduction des émissions dans l'atmosphère, le stockage du mercure respectueux de l'environnement et le nettoyage des sites contaminés.
Les ministres doivent également décider comment ces actions seront réalisées - certains, comme les Etats membres de l'Union Européenne, veulent un traité international et juridiquement contraignant, tandis que d'autres veulent accélérer une approche volontaire.
Selon nos évaluations, il est grand temps de passer à l’action. Les impacts du mercure sur le système nerveux humain sont connus depuis plus d'un siècle - le Mad Hatter du livre « Alice au pays des merveilles » était ainsi nommé parce que les bonnetiers utilisaient le métal liquide pour renforcer les bords des chapeaux, faisant ainsi inspirer les vapeurs toxiques. Dans de nombreux pays, il est déconseillé aux femmes enceintes et aux bébés de manger des poissons tels que le thon.
En Suède, par exemple, environ 50.000 lacs ont des brochets contenant des niveaux de mercure dépassant les limites internationales en matière de santé. Les femmes en âge d’avoir des enfants sont conseillées de ne pas manger le brochet, la perche, la lotte et l'anguille, et, il est recommandé au reste de la population de n’en consommer qu’une seule fois par semaine. Une étude récente menée dans l'ouest du Bengale a trouvé des poissons avec des niveaux de mercure au-delà des limites de la sécurité alimentaire. Une étude aux Etats-Unis a révélé qu’environ une femme sur 12, ou presque cinq millions de femmes, ont des niveaux de mercure au-dessus du niveau considéré sain par l'Agence de Protection Environnementale des Etats-Unis. Les effets potentiels sur la population comprennent les problèmes de foie et de tyroïde, l'irritabilité, les tremblements, les troubles de la vision, la perte de mémoire et peut-être même des problèmes cardiovasculaires.
Les scientifiques et l’ONG Shark Project ont également identifié une autre cause de préoccupation : l’augmentation de la consommation de viande de requin dans certain coins du monde. Selon certaines estimations, ces aliments contiennent environ 40 fois plus de mercure que les limites de sécurité alimentaire recommandés, et peut-être encore plus.
Les niveaux de mercure dans les phoques et les bélugas de l'Arctique ont augmenté d’environ quatre fois au cours des 25 dernières années dans certaines régions du Canada et du Groenland, avec des implications pour les communautés où les mammifères marins sont consommés.
La bonne nouvelle est que l'Europe et les États-Unis ont, au cours des derniers mois, soutenu des interdictions d'exportation du mercure avec l'Union Européenne, fixant la date de 2011. Entre-temps, les gouvernements, en coopération avec le PNUE, ont découvert une variété de produits et de procédés qui, autrefois, dépendaient du mercure, et pour lesquels il exécute désormais des alternatives rentables et sûres. Ce n’est pas aussi évident dans le cas des autres produits tels que les lampes de décharge à haute intensité, les unités d'affichage à cristaux liquides et certains types de production de matières plastiques.Il faut montrer de la flexibilité. Mais ce n'est qu’en se mettant d’accord sur un avenir avec moins de mercure que les gouvernements déclencheront l'innovation et une plus grande variété d’autres produits et procédés rentable. L’extraction artisanale et à petite échelle de l’or est probablement un cas spécial. Les victimes sont parmi les plus pauvres dans le monde. Environ 10 millions de mineurs et leurs familles pourraient souffrir du Brésil et du Venezuela à l'Inde, l'Indonésie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et au Zimbabwe. Sur l'île de Mindanao aux Philippines, 70 pour cent des mineurs d'or pourraient souffrir d’une intoxication chronique au mercure. Environ un tiers des personnes qui ne sont pas directement employées dans l'industrie, mais vivant dans la région, ont également montré des signes d'intoxication chronique au mercure, selon les études scientifiques. L'alternative au mercure dans les petites exploitations minières, le cyanure, n’est pas vraiment une alternative.
Les arguments économiques sont également convaincants. Nous estimons que chaque kilogramme de mercure retiré de l'environnement peut entraîner une valeur d’environ 12,500$ en bénéfices pour la société, l’environnementale et la santé. Mais il y a des signes que, plutôt que de se réduire, la pollution du mercure pourrait être à la hausse, en partie à cause de l'augmentation de la combustion du charbon en Asie. Sur 6000 tonnes de mercure qui pénètrent l'environnement chaque année, quelques 2000 tonnes proviennent des centrales électriques et des feux de charbon dans les foyers. Une fois dans l'atmosphère ou déchargée dans les réseaux fluviaux, la toxine peut voyager des centaines et des milliers de kilomètres.
Il y a également de plus en plus d’inquiétudes que, pendant que le changement climatique fait fondre l'Arctique, le mercure enfermé dans la glace et les sédiments se libèrent dans les océans et dans la chaîne alimentaire. Ainsi, il y a des liens clairs et positifs entre les décisions prises par les ministres de l'environnement au Conseil d'administration du PNUE et celles à prendre plus tard dans l'année à la réunion importante sur la Convention des Nations Unies sur le Climat à Copenhague.
L'inaction et la tergiversation sur l’enjeu mondial du mercure n'est plus une option- nous le devons aux femmes enceintes et aux enfants qui ne sont pas encore nés, ainsi qu’a tous les mineurs artisanaux et leurs familles. Nous le devons à tous ceux qui veulent un monde plus sain et moins pollué.
* Achim Steiner est Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur
Tagged under GouvernanceLe 12eme sommet de l’Union africaine a eu lieu du 30 janvier au 4 février 2009, au siège de l’organisation, à Addis Abeba, en Ethiopie. Cette rencontre s’est tenue dans un environnement de crise sans précédent, une récession économique des pays occidentaux qui comporte tous les risques d’entraîner le reste du monde dans une longue période de dépression économique qui n’épargnera pas les pays africains. Les populations africaines étaient en droit d’attendre de leurs leaders qu’ils saisissent la double occasion de la crise et de leur rencontre pour doter l’Afrique d’un plan de relance et faire avancer l’idée d’une initiative continentale. Il n’en a rien été.
Les dirigeants africains se sont illustrés par leur absence à cette réunion cruciale. Ils étaient 20 présents sur les 53 chefs d’Etats et de gouvernement que compte la région. La Commission a été transformée en Autorité qui a la charge de la mise en place d’un Plan stratégique 2009-2012.
Le projet d’Union panafricaine continue de buter sur les querelles intestines entre, d’une part, les «volontaristes» qui, à l’instar de la Libye, du Sénégal et du Nigeria souhaitent une union accélérée avec une construction immédiate des Etats-Unis d’Afrique, et, d’autre part, les «gradualistes» qui, comme l’Afrique du Sud, l’Algérie et l’Ethiopie, sont partisans d’un renforcement préalable des entités sous-régionales. Les deux visions, qui auraient pu se révéler complémentaires pour des dirigeants soucieux d’unité, sont, au contraire, sources d’antagonismes qui freinent le projet d’union.
Que ceux qui sont partisans d’une union immédiate s’associent, mettent en commun leurs rêves de changement et poursuivent les mêmes politiques économiques et extérieures sous une présidence politique annuelle tournante. D’autres pays auront tout loisir de rejoindre ce noyau initial en remplissant des conditions d’éligibilité préalablement établies.
Quant à l’approche gradualiste, elle s’inscrit, pour ses adeptes, dans la réalisation des cinq étapes qui conduisent à une intégration économique et politique. Il s’agit de la mise en place, progressive, d’une zone de libre échange, d’une union douanière, d’un marché commun, d’une communauté économique, et d’une union politique.
Il est vital, pour faire avancer les choses, que la mise en place de ce processus obéisse à d’autres règles d’adhésion des membres aux groupements sous-régionaux. L’adhésion effective doit se substituer à celle, nominative, qui prévaut actuellement. La suppression des droits de douane entre deux ou plusieurs pays du même groupe sous-régional en ferait automatiquement les membres effectifs d’une union douanière. Les pays qui satisfont à la condition relative à la libre circulation du travail, du capital, des biens et des services seront promus membres d’une zone de libre échange. L’adoption d’un tarif extérieur commun achèverait leur statut de membres d’un marché commun. Leur union économique procéderait de la coordination de leurs politiques économiques. Leur intégration économique complète relèverait de l’intégration de leurs systèmes budgétaires dans une communauté économique.
Une convergence entre minimalistes et maximalistes pourrait se faire à ce stade pour parachever la constitution d’un Gouvernement d’union. Pour des dirigeants soucieux d’unité, les deux approches se doivent de se compléter. Il n’y a pas lieu d’en faire des causes de friction, de divergence et de retard dans la construction de l’union politique, économique et monétaire des peuples d’Afrique Ce rêve qui naquit au XIXe siècle aux Etats-Unis, au sein des membres de la diaspora noire, et a donné naissance au mouvement panafricain, s’est à tel point ancré dans la conscience collective des masses africaines que tous les dirigeants du continent l’ont placé, par conviction ou par opportunisme, au premier rang de leur agenda politique. Il s’inscrit comme une thérapie contre les humiliations subies depuis des temps immémoriaux.
Malheureusement, les résultats enregistrés jusqu’ici dans la voie de l’unité, comme nous l’avons constaté durant ce dernier sommet de l’Union Africaine, ne sont pas à la mesure des espoirs suscités par le projet. Si une absence de motivation réelle et de volonté politique de la part des dirigeants africains et l’interférence permanente des anciennes puissances tutélaires ont grandement contribué à la stagnation du projet, force est de reconnaître que la propension à la division et à l’hostilité mutuelle a également constitué un facteur de retard dans la réalisation du projet panafricain.Des traumatismes engendrés par les pesanteurs de l’histoire qu’ont été l’esclavage et la colonisation ont résulté la déstructuration de la personnalité des Noirs. Le problème identitaire est important. Les complexes d’infériorité, l’absence de conscience historique, le manque de confiance et de foi en soi, ont conduit à des phénomènes de rejet de l’apparence physique, de reniement des origines et d’un comportement empreint de mimétisme, de soumission et de dépendance. Ainsi, tout programme d’union, aussi élaboré soit-il, serait vain s’il n’était pas associé à un vaste programme d’éducation afin de susciter l’émergence d’une culture de solidarité et d’indépendance, une transformation radicale des mentalités, une restructuration de la personnalité de l’homme noir, une modernisation des sociétés africaines et une révision de la culture prédatrice de l’exercice du pouvoir des dirigeants et des élites.
A ce propos, il faut oser espérer que l’élection de Barak Obama à la tête de la première puissance mondiale pourrait se révéler être un événement de nature à accélérer un tel processus par l’exemple qu’il donne et la source d’inspiration et d’émulation qu’il représente.
L’absence d’unité des pays d’Afrique est encore plus handicapante dans le contexte actuel de mondialisation où la richesse des nations se fonde sur leur capacité à produire et à exporter des biens manufacturés et à attirer des investissements. Dans une telle configuration économique, les pays doivent mettre en place des stratégies qui donnent une priorité absolue au développement économique autocentré, de préférence dans un cadre régional, pour bénéficier des avantages de la mondialisation tout en maîtrisant ses forces déstabilisatrices. C'est une condition préalable à remplir pour se prémunir contre le fondamentalisme de marché et échapper aux conditions inéquitables qui caractérisent les échanges internationaux.
C’est dans un tel environnement de capitalisme sauvage, exacerbé par une crise financière et son corollaire de dépression économique mondiale, que s’élabore l’architecture d’un nouvel ordre économique mondial et d’un nouveau système monétaire international. Un premier sommet sur les marchés financiers et l’économie mondiale, restreint aux pays membres du G20, s’est tenu le 15 novembre 2009 à Washington. La nature que prendra le système en voie d’élaboration est de première importance pour les Etats africains, s’ils veulent rompre avec les politiques néolibérales afin de planifier, piloter et réguler leurs économies pour asseoir les politiques et les stratégies appropriées pour leur développement.
A ce moment clé de l’histoire, l’Afrique doit faire entendre sa voix car elle pourrait jouer un rôle de première importance dans la résolution de la crise. En effet, sa construction peut donner naissance à la création des dizaines de millions d’emplois dont le monde a besoin dans les décennies à venir pour restaurer ses équilibres. Cet objectif doit constituer les fondations d’un réel partenariat entre l’Union africaine, ses Etats membres et la communauté internationale. Ce partenariat doit reposer sur une appropriation africaine, authentique et non de façade, de ses stratégies de développement.
L’environnement économique africain est favorable à une révision radicale des stratégies de développement. Les conditions requises pour une industrialisation florissante et un développement humain et économique soucieux de l’environnement sont remplies. Les taux de rentabilité interne des investissements y sont plus élevés que partout ailleurs dans le monde, selon le Bureau d’analyse économique du Département d’Etat des Etats-Unis. La sécurité des investissements y est assurée. Elle se mesure à l’aune de la solvabilité des débiteurs, et les pays africains ont toujours été considérés comme les bons élèves des institutions de Bretton Woods. A l’exception de ceux en proie à des guerres civiles, ils n’ont jamais manqué à leurs engagements. L’existence d’une main-d’œuvre qualifiée est attestée par la fuite des cerveaux : 23 000 universitaires et 50 000 cadres supérieurs et intermédiaires africains s’exilent tous les ans dans les pays occidentaux, selon l’Organisation internationale pour les migrations.
L’existence avérée d’énormes réserves d’énergies renouvelables (solaire, hydraulique, éolien) pourvoira à l’indépendance et à l’autosuffisance énergétique du continent. Ce fait est d’autant plus important qu’au XXIe siècle, la richesse des nations sera fondée, en grande partie, sur la création d’emplois verts. Toutefois, il ne suffit pas à l’Afrique de disposer de ces réserves d’énergies propres. Pour en tirer avantage, il faudra qu’elle anticipe la métamorphose des appareils productifs à mettre en place et qu’elle s’applique à former, dès aujourd’hui, les scientifiques et les ingénieurs dont elle aura besoin pour initier ce type de développement et s’y distinguer.
L’Afrique doit se donner les moyens de poursuivre sa propre voie pour le développement de ses forces vives et de ses ressources en s’affranchissant de l’ostracisme financier dans lequel l’Occident l’a cantonné en la privant, aux indépendances, d’accès libre aux marchés des capitaux, et en la cantonnant à l’ « industrie de l’aide ». Pour ce faire, la création d’une Confédération panafricaine des producteurs-exportateurs de matières premières, bâtie sur le modèle de l'OPEP, devrait être envisagée. Cet organisme poursuivrait trois objectifs : réguler les cours des matières premières, rompre avec le néo-libéralisme prôné par les institutions de Bretton Woods, pourvoir les pays membres de l’Union Africaine des ressources financières nécessaires à leur développement, à la construction et au fonctionnement de leur unité politique, économique, et monétaire.
Cette idée de mise en place de cartels est d’ailleurs dans l’esprit du temps. Les pays producteurs-exportateurs de gaz (Russie, Venezuela, Iran, Bolivie, Algérie, Qatar) discutent de l’éventuelle création d’un cartel gazier qui répond au besoin de coordonner les actions des grands producteurs de cette source d’énergie pour qu’ils en tirent bénéfice tout en satisfaisant les besoins de leurs consommateurs.
De surcroit, les plans de relance économique élaborés par les Américains et les Européens font figurer en bonne place la réhabilitation du rôle de l’Etat, la mise en place de programmes de nationalisation, de politiques keynésiennes d’investissements publics et de relance de la demande par l’octroi massif de crédits aux banques, aux entreprises et aux consommateurs, toutes mesures, en somme, que leur propre credo néolibéral interdisait aux Africains de prendre, à l’instar de la Chine, de l’Inde, du Brésil ou de la Malaisie, pour faire émerger leurs économies. L’Afrique se doit de faire siennes de telles pratiques pour rompre avec son passé, enclencher son développement et s'assigner un autre rôle que celui de pourvoyeuse de produits de base dans la division internationale du travail.
Elle ne sera en mesure de le faire que mue par une volonté réelle de changement. Malheureusement, au vu des piètres résultats du dernier sommet de l’UA, le risque de voir les dirigeants africains rater cette occasion historique de changement est bien réel. Pour conjurer ce danger, il s’avère indispensable que les intellectuels, les associations professionnelles, les syndicats, les ONG, les étudiants et les mouvements de jeunesse s’inscrivent de nouveau dans la dynamique révolutionnaire des luttes pour l’indépendance des pays d’Afrique, et pour les droits civiques des Africains-Américains du XXe siecle, et usent de manifestations pacifiques de masse, coordonnées à l’échelle continentale et parmi les membres de la diaspora, pour transcrire dans les faits le rêve panafricain.
* Economiste sénégalais basé à Londres, auteur de « l’Afrique au secours de l’Afrique », Editions de l’Atelier, 2009.
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Tagged under GouvernanceL’histoire l’a retenu : entre le 28 janvier et le 03 février 2008 – cela fait déjà un an – une fulgurante offensive des forces politico-militaires était parvenue jusqu’au cœur de N’Djamena, faisant vaciller – et même trembler – le régime dictatorial de Idriss Deby. Mais – et tout le continent s’en souvient aussi – l’armée française, sur ordre de Nicolas Sarkozy, avait mis son grain de sel dans la bataille. C’est ainsi – et essentiellement à cause de cela – que le fantastique équipé de l’opposition armée se sera achevée en un sombre trafalgar. Et forcément, la même lancinante question n’en finit pas de tarauder les observateurs avisés : que gagne la France à soutenir un régime dictatorial, sanguinaire et autiste ?
Tagged under Gouvernance ChadLe projet de privatisation de la CMDT n’a pas encore fini de faire des vagues. Au cours d’une conférence de presse organisée le 10 février 2009, le groupe parlementaire de l’opposition PARENA-SADI, a menacé de traîner le gouvernement malien devant la justice, s’il s’entêtait à privatiser la CMDT sur la base de la loi votée par l’Assemblée nationale, le 1er août 2008, autorisant la cession des actions de l’Etat dans le capital de la CMDT. Pour l’opposition, il n’est nullement question d’une telle cession dans le schéma de privatisation retenu.
Tagged under Gouvernance MaliMalgré les violences, malgré les appels au dialogue, le maire déchu d'Antananarivo, Andry Rajoelina, poursuit son bras de fer avec le pouvoir. Il a annoncé la nomination de quatre « ministres » sensés remplacer, selon lui, les actuels titulaires des portefeuilles de la Sécurité intérieure, de la Décentralisation, de l'Intérieur et des Finances. Dans ce contexte, l'envoyé spécial de l'ONU a décidé de prolonger sa mission. Sans doute a-t-il été encouragé par l'accord qu'il a décroché des deux protagonistes sur le principe d'une sortie de crise négociée. L'ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères, Amara Essy, envoyé par l'UA, était aussi attendu.
Tagged under Gouvernance MadagascarLe leader de l'opposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, est devenu le 11 février Premier ministre de son rival de toujours, l'octogénaire président Robert Mugabe, avec lequel il va devoir trouver un moyen de travailler à la reconstruction d'un pays totalement en ruine. Les analystes relèvent l'importance historique de l'événement. Le MDC a longtemps refusé de rejoindre un gouvernement où il se verrait assigner une place symbolique, sous le contrôle de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), le parti du président. En cas d'impossibilité à travailler ensemble, la perspective d'élections anticipées est évoquée.
Tagged under GouvernancePour la première fois depuis que les militaires ont pris le pouvoir le 23 décembre dernier, le capitaine Moussa Dadis Camara qui dirige le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a reçu, le 9 février, les dirigeants des partis politiques, syndicats et représentants de la société civile. La syndicaliste Rabiatou Serah Diallo, dirigeante de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), a demandé la « levée immédiate de la suspension d’activité qui frappe les partis et syndicats ». Mais le capitaine Moussa Dadis Camara a répondu : « Ce cadre-là n’est pas le lieu propice pour lever la suspension ». Selon lui, « nous sommes sous un régime d’exception » et il faut « éviter l’anarchie et le chaos ».
Tagged under GouvernanceUn camp doit être construit dans le sud-est de l’Ethiopie pour accueillir les milliers de Somaliens qui fuient leur pays afin d’échapper aux violences, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). ??Quelque 10 000 demandeurs d’asile sont arrivés à Dolo Ado, ville frontalière située dans la région Somali, en Ethiopie, depuis le début de l’année. Environ 150 Somaliens traversent la frontière chaque jour. Parmi les inscriptions préliminaires, certaines concernent des personnes aux besoins particuliers, notamment des femmes enceintes, des personnes âgées et des personnes handicapées.
Tagged under Gouvernance MaliDans les régions rurales du Zimbabwe, où sont instruits la plupart des enfants, environ 94 pour cent des écoles n’ont pas ouvert leurs portes cette année, a déclaré l’UNICEF, le 10 février 2009. ??Le système éducatif zimbabwéen, autrefois considéré comme l’un des meilleurs d’Afrique subsaharienne, est victime de l’effondrement économique et des conflits politiques internes qui paralysent le pays. Après les élections, un grand nombre d’enseignants n’ont pas repris leur poste : leurs salaires sont devenus dérisoires en raison de l’hyperinflation et ils craignent la poursuite des violences politiques.
Tagged under Gouvernance ZimbabweSi les armes se sont quasiment tues au Nord Kivu, la situation sociale et humanitaire demeure toujours tragique. Selon le secrétaire général adjoint de l'ONU en charge des questions humanitaires, John Holmes, «ce qui se passe au Kivu est plus qu'au Darfour». Des mots qui résument tout le drame d’une région qui nécessite des efforts colossaux pour que les populations retrouvent toutes les conditions d'une vie humaine normale. Il est aussi vrai qu'avec plus de 2 millions de personnes déplacées, le travail est immense.
Tagged under Gouvernance
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