Le Kenya doit "immédiatement" recruter plus de 60.000 nouveaux enseignants pour faire face à une pénurie aiguë de main-d'oeuvre dans le secteur de l'Education affecté par les violences post-électorales, a annoncé le secrétaire général du Syndicat des enseignants du Kenya (KNUT). "Même avant la crise, la pénurie d'enseignants était criarde. La situation a été aggravée par la crise.
Tagged under Gouvernance KenyaL'accord de Ouagadougou sur la paix en Côte d'Ivoire, signé il y a un an, a connu une avancée notable, mais le manque de financement du processus et les menaces de grèves par certains acteurs de la chaîne du processus électoral notamment celle des magistrats en 2007, ont fortement ralenti la sortie de crise. Selon les analystes, les moyens financiers demeurent le souci majeur dans la mise en œuvre complète du processus de paix dans ce pays d'Afrique de l'ouest englué dans une crise politico-militaire depuis plus de cinq ans.
Tagged under Gouvernance Cote d’IvoireDes rapports d’audits ont révélé des dépenses non justifiées portant sur plusieurs millions de dollars et 1.300 fonctionnaires fictifs en Guinée entre 2006 et le premier trimestre de 2007. Le Conseil des ministres, qui a examiné les rapports d’audits présentés par le ministre du Contrôle économique et financier, de l’Ethique et de la Transparence, le 7 février 2008, a également, entre autres, fait état d’un déficit de gestion de plus de 200 milliards de Francs guinéens, sortis des caisses de l’Etat sous forme de dépenses "qui ne sont ni justifiées, ni prouvées".
Tagged under GouvernanceL’Action Place financière suisse, la Déclaration de Berne et Global Witness protestent contre l’inertie actuelle du Procureur général et du Juge d’instruction du canton de Genève dans une enquête financière pendante depuis 2000 à Genève. Il s’agit pourtant du détournement présumé d’importants fonds publics angolais et d’une affaire qui implique de hauts dignitaires d’un des plus importants producteurs de pétrole africain. L’affaire concerne des transferts douteux sur un compte bancaire à Genève de millions de dollars à la fin des années 1990. Ils proviennent de revenus pétroliers et étaient destinés au remboursement de la dette angolaise envers la Russie.
Tagged under Gouvernance AngolaLa «prime fixe», instaurée par l’opérateur d’électricité et qui alourdissait les factures des ménages de l’ordre de 16 pour cent, va être supprimée dans les prochains jours au Cameroun. Cette décision est intervenue le 7 mars, au terme d’une concertation entre les responsables de cette entreprise et le ministre du Commerce, dans le cadre des consultations que mène actuellement gouvernement pour lutter contre la vie chère qui a récemment conduit à des émeutes à travers le pays.
Tagged under GouvernanceVingt-huit clandestins subsahariens ont été secourus le 6 mars par la marine marocaine au large du littoral de Oued Eddahab, au sud du Maroc. L'embarcation de fortune transportant les clandestins a été perçue en difficulté par les éléments de la marine marocaine. Les clandestins tentaient de gagner les îles Canaries. En 2007, les autorités marocaines ont fait avorter environ 10.200 tentatives de migration clandestine vers les côtes espagnoles dont plus de 3000 vers les Iles Canaries.
Tagged under GouvernanceLe gouvernement kényan a donné son consentement à l'utilisation de la violence après l'élection présidentielle controversée de fin décembre, a indiqué la BBC, mais Nairobi a vivement démenti ces informations. Selon des sources citées par la BBC, des réunions ont eu lieu dans la résidence officielle du président kenyan Mwai Kibaki entre des membres de la secte Mungiki, interdite en 2002 et qui s'est muée en gang mafieux, et de hauts responsables du gouvernement.
Tagged under Gouvernance KenyaLe président tchadien Idriss Déby estime que la procédure sur la demande de grâce des six membres de l'Arche de Zoé devrait aboutir d'ici un mois, mais veut auparavant régler la question de l'indemnisation des familles. "La procédure est lancée, cela prendra comme je l'ai dit moins d'un mois", affirme-t-il. Idriss Déby se déclare "prêt à accepter la demande de grâce" pour les membres de l'association mais évoque un problème "qui n'a pas encore été évoqué", celui des indemnisations des familles, à savoir 8 millions d'euros.
Tagged under Gouvernance ChadLa ministre béninoise de la Famille, de la Femme et de l’Enfant a invité le chef de l’Etat béninois à nommer plus de femmes dans son gouvernement, à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme. Dans un message radio télévisé, Mme Gnimbéré Dansou a déploré la faible représentativité des femmes dans les instances de prise de décision et invité le chef de l’Etat à "bien vouloir faire la part belle aux femmes lors des nominations dans l’équipe gouvernementale".
Tagged under Gouvernance BeninLe président d'une coalition de 23 partis politiques issus de la majorité mauritanienne, Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall, a réclamé la démission du gouvernement formé en avril 2007. S'exprimant au cours d'une conférence de presse, il a estime que ce gouvernement «n'est pas constituée de technocrates, qu'il est sans couleur politique et qu'il n'est pas un gouvernement d'union nationale», plaidant pour une clarification du paysage politique national.
Tagged under GouvernanceLe président mauritanien, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, a invité ses concitoyennes à entreprendre une campagne globale de lutte contre la corruption et la mauvaise gestion pour contribuer de façon agissante à la réforme de la société. S'exprimant le 6 mars au cours d'une audience accordée au Réseau des femmes ministres et parlementaires, il a salué «l'expérience des femmes en matière de gestion des deniers publics».
Tagged under GouvernanceLe gouvernement togolais a décidé de créer un Haut commissariat à la réconciliation et au renforcement de l'unité nationale, a-t-on appris le 7 mars à l'issue d'un conseil des ministres. Aux termes du décret portant création de la nouvelle institution, le Haut commissariat aura pour mission de "contribuer à l'instauration d'un climat social apaisé, de promouvoir les valeurs traditionnelles communautaires, de coexistence pacifique, la culture du dialogue et de la solidarité et la participation des citoyens à la vie collective fondée sur l'acceptation des différences".
Tagged under Gouvernance TogoCHRONIQUE : Sénégal : Les tâches politiques face au phénomène de société qu’est le mariage homosexuel.
COMMENTAIRES ET ANALYSES : L’altermondialisme, un processus de long terme porteur d’alternatives.
ARTS ET LIVRES : Côte d’Ivoire : Lorsque Serge Bilé conte les gloires de l’Afrique.
ZIMBABWE : L’opposition encourage les exilés à revenir pour voter.
DROITS HUMAINS : Ouganda : L’excision divise le gouvernement et les tenants de la tradition.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Global : Le visa biométrique remplace le visa ordinaire dans l’espace Schengen.
MOUVEMENTS SOCIAUX : Cameroun : Des malades du sida manifestent contre le coûts des examens biologiques.
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Cameroun : L’armée face aux manifestants.
AFRIQUE ET CHINE : Le président nigérian en Chine pour une visite axée sur l’énergie.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Le président du FMI rencontre les chefs d’Etat de l’UEMOA
SANTE ET VIH/SIDA : Afrique du Sud : Rejet des protocoles occidentaux pour la médecine traditionnelle.
EDUCATION : Afrique : Impliquer le système éducatif dans le développement durable.
LGBTI : Maroc : Pétition internationale pour dépénaliser l’homosexualité.
RACISME ET XENOPHOBIE : Afrique du Sud : Une vidéo raciste indigne le pays.
ENVIRONNEMENT : Afrique : un monde plus chaud pourrait signifier moins de poissons.
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Centrafrique : Grâce présidentielle pour un journaliste.
PLAIDOYER ET CAMPAGNES : Djibouti : Appel contre une démocratie à parti unique.
CONFLITS ET URGENCES : Liberia : Johnson Sirleaf déçue du choix de l’Allemagne pour abriter l’Africom.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Côte d’Ivoire : La cybercriminalité au centre d’une rencontre.
COURS, SEMINAIRES ET STAGES : Appel d’offres régional de bouses de mobilité AUFTagged under GouvernanceCertains avaient peut-être espéré, lorsque l’altermondialisme a émergé il y a dix ans, que ce mouvement inverse, en quelques semaines ou quelques mois, les logiques à l’œuvre au sein de ce que la pensée dominante appelait la « mondialisation ». C’était méconnaître la profondeur des transformations que le système capitaliste était en train d’imposer à l’ensemble des sociétés : tout marchandiser, c’est-à-dire soumettre toutes les activités humaines à l’exigence de rentabilité maximale. L’altermondialisme ne pouvait qu’être à la mesure de ce bouleversement qui était lié à une dynamique d’accumulation dont l’origine est vieille maintenant de deux ou trois siècles.
L’altermondialisme devait être pensé comme un nouveau mouvement d’émancipation humaine s’inscrivant dans le long terme et capable d’intégrer les acquis fondamentaux de l’histoire ouvrière, de la conquête des droits démocratiques, de la résistance des peuples à la domination coloniale et impérialiste et les impératifs de la nouvelle frontière écologique. Dix ans après, où en est-on ? Quel est l’état des forces et des faiblesses de l’altermondialisme ? Comment se servir des premières pour dépasser les secondes ?
Deux victoires importantes ont été obtenues. L’une est d’avoir brisé le consensus autour des institutions internationales sous la férule desquelles les peuples étaient enrégimentés. Car le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont vu leurs plans d’ajustement structurel plonger les pays les plus pauvres dans la faillite. L’Organisation mondiale du commerce a été démasquée dans sa volonté de généraliser le libre-échange. Le mythe d’un G8 soucieux du destin de l’humanité s’est évanoui pour laisser apparaître la défense des intérêts sordides des grands groupes économiques et financiers dont les maîtres se réunissent en conclave chaque année à Davos, pendant que leurs mandataires s’affairent pour spéculer sur les marchés financiers et restructurer dans le monde entier leurs investissements, avec pour principal résultat un accroissement considérable des inégalités.
La seconde victoire a été de créer des lieux où les peuples ont pris la parole, où les citoyens engagés ont pu confronter leurs analyses et leurs expériences. Dans le forum social mondial, les forums sociaux continentaux et les forums sociaux locaux, est née une forme d’expression populaire, originale par la diversité des acteurs qu’elle impliquait, et ancrée dans la meilleure tradition de l’autogestion par l’aspiration à la démocratie participative.
Mais ces deux victoires ont aussi leur revers. D’une part, la faillite des institutions internationales et des gouvernements a été mise à profit par leurs dirigeants pour infléchir notablement leur stratégie. Aux accords de libre-échange multilatéraux, devenus plus difficiles à obtenir au sein de l’OMC, se sont substitués une multitude d’accords bilatéraux tout aussi désastreux pour les pays les plus faibles, quoique habillés d’un manteau protecteur nommé « partenariat économique ». Et à l’idéologie du tout marché apportant le bonheur à l’humanité a succédé une idéologie de plus en plus sécuritaire et guerrière pour protéger intérêts, accès aux ressources et places stratégiques, exacerbant les conflits identitaires et religieux et encourageant la xénophobie. D’autre part, les forums sociaux doivent aider à surmonter la difficulté de passer d’une phase de critique du capitalisme néolibéral à une phase de propositions alternatives.
Nous en sommes là : à un tournant de l’altermondialisme. Il lui faut ne rien perdre de la radicalité de sa critique tout en construisant, autour d’objectifs stratégiques, une cohérence aux alternatives en cours d’élaboration et en travaillant à la convergence des mouvements qui forgent celles-ci.
Quelle cohérence ? L’altermondialisme se situe dans une triple filiation : il prolonge et renouvelle le projet d’émancipation humaine porté par les idées des Lumières et par le mouvement ouvrier, ainsi que par les luttes pour la décolonisation et par celles pour la conquête de la démocratie. Mais il s’inscrit aussi dans une perspective d’élargissement de la problématique d’émancipation, permettant de réunir les dimensions sociale et écologique, dont le point commun est la nécessité de socialiser la richesse et les moyens de produire celle-ci : contrôler les moyens de production industriels ne suffit plus, il faut aussi rendre inaliénables les biens communs de l’humanité (eau, air, ressources rares, terre, connaissances).
Les privatisations généralisées n’ont pas fait disparaître la question de la propriété sociale et collective de l’histoire humaine, elle est au point de départ d’une nouvelle réflexion sur le socialisme en plusieurs endroits du monde. La socialisation des biens communs impliquera de restreindre drastiquement le pouvoir – et donc le droit relatif à la propriété – des actionnaires en introduisant de plus en plus de démocratie dans les entreprises et en écrêtant radicalement les revenus financiers. Et la socialisation d’une fraction croissante de la richesse, grâce à une sphère non marchande, est parfaitement possible car, lorsque la collectivité anticipe l’existence de besoins sociaux (éducation, santé, transports, etc.) et qu’elle investit et embauche pour cela, les travailleurs des services non marchands produisent de vraies richesses, des valeurs d’usage, pendant que les impôts et cotisations, qui en sont le prix socialisé, valident le choix démocratique qui a été fait.
La récente crise immobilière et financière survenue aux Etats-Unis au cours de l’été 2007 rappelle une fois encore le besoin urgent d’une régulation mondiale très différente de celle en cours. C’est ainsi que l’idée de taxes globales susceptibles d’assurer la préservation et le développement des biens communs de l’humanité, et l’accès de tous les humains à ces biens, fait maintenant son chemin.
Quelle convergence ? Deux types d’alliances nous paraissent primordiales pour dépasser les contradictions existantes. La première concerne le rapport Nord-Sud. Les effets les plus délétères du libre-échange se produisent dans les pays du Sud soumis à une concurrence qu’ils ne peuvent supporter, notamment pour les produits agricoles lorsque leur autonomie alimentaire a été anéantie en même temps que leurs cultures vivrières.
La solidarité internationale exige de défaire les accords commerciaux bilatéraux ou multilatéraux comme la Zone de libre-échange des Amériques, ou les Accords de partenariat économique entre l’Union européenne et les pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique, que l’Union s’efforce d’imposer mais qu’un nombre croissant de pays du Sud refusent. De même, une révision radicale de la politique agricole commune européenne est indispensable, afin de la rendre non productiviste et non agressive vis-à-vis des agricultures du Sud.
La seconde alliance à nouer est entre les forces représentatives du salariat et les écologistes. Compte tenu de la double crise, sociale et écologique, l’urgence est de bâtir une convergence entre les revendications sociales, souvent urgentes, et les préoccupations écologiques qui s’inscrivent dans une perspective de plus long terme. Jusqu’ici, tout semblait opposer ces aspirations ; aujourd’hui, l’altermondialisme porte l’idée que la transformation des rapports de production ne peut se faire sans changer la production elle-même. Dans ce cadre, un double élargissement des forums sociaux mondiaux est en cours et doit encore s’approfondir : un élargissement géographique, par la tenue des forums, après Porto Alegre, à Mumbai, Bamako, Caracas, Karachi, Nairobi, et un élargissement des bases sociales par la présence de syndicats de travailleurs salariés et de paysans, de celle des mouvements des exclus et des associations de citoyens.
Cette convergence est une condition à la fois du recul de l’idéologie néolibérale et de la réussite des actions porteuses d’une logique solidaire, écologique et démocratique. Tel est, dans le cas français, le sens de l’implication de nombreux altermondialistes dans les mouvements sociaux qui prennent ou ont pris corps sur les retraites, le logement, l’avenir des universités, l’agriculture sans OGM et le traitement odieux réservé aux étrangers.
Les forums sociaux ne constituent pas un pôle dirigeant de l’altermondialisme mais sont des moments et des lieux pour mettre en relation et unir tous les mouvements autour d’objectifs de transformation. Ainsi, les propositions de taxes globales, de socialisation de la richesse, d’échanges fondés sur la coopération et le respect des normes sociales et écologiques, de démocratie au plan local comme au plan global, de droits humains respectés partout et pour tous, indiquent la direction vers laquelle aller. L’altermondialisme est à un tournant : en utilisant les opportunités d’échange et d’articulation ouvertes par les forums sociaux, il lui faut penser le dépassement du système dominant et le préparer d’ores et déjà.
* Susan George est présidente de l’Observatoire de la mondialisation à Paris.
Jean-Marie Harribey. Professeur agrégé de sciences économiques et sociales, Maître de Conférences en sciences économiques à l'Université Montesquieu - Bordeaux 4
* M. Gustave Massiah est économiste Membre du Conseil scientifique et ancien Vice-Président d’ATTAC Président du Centre de recherche et d’information pour le développement
* Francisco ("Chico") Whitaker est un des fondateur du Forum social mondial (FSM), à Porto Alegre* Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org
* Tribune parue dans L’Humanité, 21 janvier 2008.
Tagged under GouvernanceL'armée camerounaise a pris position le 28 février aux principaux carrefours de Yaoundé. La veille, le président camerounais avait annoncé qu’il allait utiliser "tous les moyens légaux" pour rétablir l'ordre après les violences qui ont fait au moins 17 morts depuis le 23 février. Les manifestations ont été déclenchées pour protester contre un projet de modification de la Constitution qui permettrait au président Biya de solliciter un troisième mandat. Des protestations contre la vie chère s’y sont greffées.
Tagged under GouvernanceLe président kényan Mwai Kibaki et l'opposant Raila Odinga ont signé, le 28 février, un accord de gouvernement de "coalition" dans le cadre des négociations pour sortir le Kenya d'une grave crise post-électorale. Les deux dirigeants kényans rivaux, assis côte à côte à un bureau devant les services de la présidence, ont paraphé un document de plusieurs pages lors d'une cérémonie publique à Nairobi, en présence du médiateur de l'Union africaine (UA) Kofi Annan et du président de l'UA, Jakaya Kikwete.
Tagged under Gouvernance KenyaUne formation sur la cybercriminalité s’est ouverte le 21 février à Abidjan, en vue de mettre fin à l’expansion du phénomène et informer les journalistes des effets pervers de ce fléau. Organisée par la maison de la presse d’Abidjan (MPA), elle est destinée aux journalistes et aux professionnels des médias
Tagged under Gouvernance Cote d’IvoireLe principal parti d’opposition au Zimbabwe a lancé une campagne destinée aux millions de Zimbabwéens vivant en Afrique du Sud voisine, pour les encourager à revenir voter lors des élections du 29 mars prochain. La campagne dénommée “Toute Voix Compte” a été lancée à Johannesburg. Quelque trois millions de Zimbabwéens, soit le quart de la population du pays vivent à l’extérieur, dont une majorité établie en Afrique du Sud pour fuir les conséquences de la faillite économique du Zimbabwe
Tagged under GouvernanceAprès les épisodes IB, une nouvelle tentative de coup d’Etat a été enregistrée en Côte d’Ivoire. Les mis en cause, quatre Ivoiriens, ont été déférés devant le parquet d’Abidjan, dans la matinée du 20 février. Le président Laurent Gbagbo a révélé qu’« ils ont loué les services d’Angolais pour cette opération ». Une nouvelle tentative de déstabilisation de l’Etat de Côte d’Ivoire, qui devait avoir lieu le mercredi 13 février, a été déjouée grâce à la vigilance des services secrets ivoiriens.
Tagged under Gouvernance Cote d’Ivoirehttp://www.pambazuka.org/images/articles/45fr/46105gaymap.jpgLe mariage homosexuel a fait réagir et débattre de manière animée la semaine écoulée. Le fait a surtout montré l'urgence d'une législation et d'une réglementation appropriée pour que la société ait les moyens juridiques et réglementaires de la protection de ses valeurs en même temps que de la sauvegarde des principes constitutionnels qui protègent à la fois l'individu et le modèle de société que le pays vit. Chaque société a, à cette fin, des lois et une éthique de préférence. Le modèle de société vécu est protégé par une discipline tendant à le faire respecter par tous, les citoyennes et les citoyens d'une part, et, d'autre part, les étrangers en séjour touristique dans le pays.
Cette protection, d'intérêt vital pour la société et ses valeurs d'une part, les citoyennes et les citoyens dans leurs personnalités diverses d'autre part, exige des responsables politiques porteurs de projets de société, une vigilance particulière sur les comportements de nature à agresser le modèle de société en vigueur. Les phénomènes de société posent, en général, des problèmes majeurs qui nécessitent des solutions pour la pérennité de l'harmonie et des valeurs caractéristiques de la vie d'une société.
Au Sénégal, l'exhibitionnisme et les comportements libertaires, observés dans les médias du monde, viennent de créer l'imitation qui suscite des réactions outrées devant la nouveauté qu'est le mariage homosexuel. Il n'existe d'ailleurs que dans ce comportement de liberté et dans les affirmations pour le nommer. Il ne peut être célébré ni dans une mosquée, ni dans une église, ni devant un officier d'Etat-civil. C'est dire qu'il n'a pas de statut reconnu. Mais la protection du modèle de société exige plus de précisions pour dépasser cette situation d'un phénomène qui heurte parce qu'il bouscule les conceptions morales et les convictions religieuses... Le déficit de législation et de réglementation a ses conséquences : la passion dans les réactions, fondée sur les convictions philosophiques et religieuses individuelles plutôt que sur le droit et l'éthique que la société préfère et a établis comme principes régissant sa vie.
Il est par conséquent opportun de réfléchir sur les tâches, de nature politique, qui s'imposent aujourd'hui aux concepteurs et responsables des directions d'évolution du modèle de société que sont les politiques, afin que sans violence, le cadrage juridique contienne les nouveautés de comportement dans le périmètre des règles qui sauvegardent notre vie commune en société, sur la base du respect, par tous, de ce qui fait l'harmonie de cette vie. Quelles sont ces règles qu'il faut respecter ? Leur source est la loi fondamentale du pays, à laquelle doit être conforme toute autre loi votée pour le bénéfice de la société dans son ensemble.
La Constitution du 7 janvier 2001, en son article 7, donne les fondements du modèle de société qui caractérise notre République : «La personne humaine est sacrée. Elle est inviolable. L'Etat a l'obligation de la respecter et de la protéger. Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, au libre développement de sa personnalité, à l'intégrité corporelle, notamment à la protection contre toutes mutilations physiques. Le peuple sénégalais reconnaît l'existence des droits de 1’homme inviolables et inaliénables comme base de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde.» Ce statut de la personne humaine et les libertés, ainsi que les droits et devoirs qui lui sont reconnus font que la République du Sénégal est laïque, d'une laïcité positive qui permet le plein épanouissement des adeptes des différentes religions, grâce notamment au devoir de respect, par l'Etat, de tous les cultes, et à l'acceptation par tous de leur coexistence pacifique et harmonieuse.
Mais toute société est un corps vivant qui évolue.
Des phénomènes nouveaux y apparaissent qui révèlent souvent des écarts plus ou moins tolérables par rapport aux normes de vie de cette société, par rapport aux valeurs qui fondent son éthique. C'est ainsi que l'émergence de phénomènes de société pose souvent le problème du respect du modèle de société. Ainsi la mendicité pédagogique (celle des talibés) et la mendicité fondée sur la pauvreté, l'impudeur allant jusqu'aux pratiques de nudisme dans une société où la morale religieuse est vécue par plus de 90 % de la population, le vol : de la conduite du voleur de bétail à celle de l'indélicat qui détourne l'argent public ou privé, etc. Faut-il interdire la mendicité, l'impudeur qui agresse nos habitudes de vie ? Comment ? Faut-il tuer le voleur de bétail ? Le coupable d'un crime économique ?
La société doit répondre à ces questions et apporter des solutions qui maintiennent son équilibre et assurent sa survie en réajustant éventuellement son modèle et en fondant soigneusement les tolérances de son éthique. Le Sénégal a fait preuve de cet esprit d'examen et d'ouverture devant les phénomènes de société et les coutumes en contradiction avec les conceptions modernes sur l'homme, sa vie, ainsi que les possibilités de son épanouissement, en votant deux lois qui établissent une modernité courageuse dans la révision des conceptions et l'abandon des préjugés : la loi sur la santé de la reproduction et la loi sur les mutilations génitales. L'on peut classer d'ailleurs, dans cette catégorie de lois pour établir la modernité du traitement de la personne humaine, la loi qui abolit la peine de mort dans notre pays.
S'agissant de 1'homosexualité, il convient de faire preuve du même discernement et de la même liberté de réflexion et de critique de nos conceptions et préjugés. Faut-il tuer les homosexuels ? La Constitution et la loi portant abolition de la peine de mort s'y opposent. Faut-il les ignorer ? A condition qu'ils ne nuisent pas, par l'exhibitionnisme notamment, au modèle de société en train d'être vécu et qui est fondé à la fois sur le droit produit et les convictions religieuses. Tout cela montre qu'il y a des tâches politiques qu'exige la protection du modèle de société. Dans notre société, de même que l'on ne tue pas le voleur, on ne le mutile pas non plus, de même que l'on essaye d'encadrer la mendicité des enfants, la liberté du touriste qui ne doit pas agresser la pudeur caractéristique de notre vie quotidienne, ni les autres valeurs de notre société, de même l'on doit circonscrire la liberté de l'homosexuel dans le même périmètre qui borne la liberté de tout autre citoyen.
Une telle tâche s'accompagne de précautions naturellement. D'abord il faut, sur cette question, éviter la division de la société en deux parties qui privilégient chacune un modèle de société opposé à celui de l'autre. Nous devons tous ensemble travailler à une évolution de notre modèle de société qui ait un contenu de modernité concerté. Ensuite, il faut éviter également de régler le problème par la violence ; donc la solution passe par le débat plutôt que par les armes et les méthodes rapides et paresseuses qui consistent à supprimer l'autre plutôt que de tenir compte de son droit à la vie. Il s'agit d'une tâche qui ne se réussit que par la patience dans la démarche et par le respect de la diversité de la création en matière humaine.
Avant de décider de sanctionner la nature homosexuelle, il convient d'abord d'écouter les médecins et autres spécialistes de l'équilibre de l'individu ; c'est ce qui peut permettre d'éviter des affirmations de déviations auxquelles on aurait du mal à donner un contenu et un fondement précis. La certitude, c'est qu'il faut laisser vivre nos compatriotes à la sensibilité différente de celle du grand nombre mais qui sont, comme les autres hommes, créés par Dieu. Et si l'on ne sanctionne pas le fait de l'homosexualité, en tant que sensibilité spécifique d'un être humain, la tâche de protection du modèle de société devient claire. Il faut avoir avec les homosexuels l'exigence de socialisation et de comportement quotidien qui fait respecter nos valeurs et notre morale. En effet, ne pas tolérer les comportements libertaires et exhibitionnistes qui agressent l'éthique est le devoir de l'action de socialisation et de protection d'un environnement sain sur les plans psychologique et moral.
Le phénomène du mariage homosexuel peut être perçu comme une banalité insignifiante dans une société à taux élevé de comportements libertaires, tout comme il peut provoquer des réactions outrées de sensibilités morales et religieuses choquées par la nouveauté et l'audace dans l'exhibition de la différence. La première réaction d'un Etat qui, comme le nôtre, doit protéger les droits de l'individu, mais, plus largement, appliquer les dispositions de la Constitution en matière de statut et de droits de la personne humaine, est de ne pas donner un statut légal au mariage homosexuel, tant que le débat public et le choix des représentants de la nation dans les instances qui légifèrent n'ont pas donné un fondement juridique à une telle décision ; car le mariage insère le couple dans une communauté qui a des règles sur les droits et devoirs du couple fondées sur, entre autres, le projet de pérennisation de la société. C'est pourquoi le mariage réunit un homme et une femme, dans l'état actuel de notre droit. Tant que cette conception n'est pas modifiée et une telle évolution traduite dans la loi, un mariage homosexuel ne peut pas être reconnu au Sénégal.
Toute société se protège contre la nouveauté désorganisatrice. La nôtre aussi. Mais en même temps, l'Etat a le devoir de protéger tous les individus sans tenir compte de ce qui leur serait reproché sur le plan de leur affectivité ou de leur personnalité physiologique. Les compétences dans les domaines des sciences physiologiques, psychologiques, psychanalytiques, pédagogiques, etc., sont là pour l'aider à aider tout individu à respecter le modèle de société, tout en assumant sa personnalité particulière. L'homosexuel n'est certainement pas un monstre dont il faut expurger la société pour raison de malfaisance. C'est une personne à la sensibilité différente de celle de la majeure partie de ses concitoyens. Il commence à être un problème dans la société à partir du moment où il agresse, par exhibitionnisme, le modèle de société et son éthique.
Une société qui ne tolère pas ou pas encore la visibilité tapageuse de 1'homosexuel lui impose la discrétion et le respect exigeant de la société. Souligner cette exigence n'est pas faire l'apologie de l'hypocrisie dans la vie d'un homme ou d'une femme à la sensibilité en marge de la norme sociale. Il s'agit d'affirmer le caractère incontournable du devoir, pour lui ou pour elle, de respecter cette norme en ne l'agressant pas ouvertement, notamment en n'optant pas pour l'exhibitionnisme choquant pour la grande majorité de la société. L'on ne peut pas exiger de 1’homosexuel moins que ce qui est demandé aux croyants pour réaliser la laïcité positive profitable à tous et à la société, en matière de paix et de vie quotidienne dans l'harmonie : c'est l'effort d'acceptation et de respect de la différence et du cadre commun de vie qui est spatial, humain et spirituel.
Il est ainsi clair que les tâches politiques qui s'imposent aux hommes et aux femmes politiques, en tant que chargés de concevoir, de mettre en œuvre et de faire évoluer au besoin le modèle de société qui régit la vie d'un Etat, sont des tâches de discipline à faire valoir, de pédagogie et éventuellement de soins à faire mettre en œuvre au profit de l'homosexuel et de la société. Cela signifie que, dans le Sénégal d'aujourd'hui, la culture religieuse et l'intérêt de la paix sociale n'autorisent pas la légalisation du mariage homosexuel. Le contact direct avec les médias du monde ne saurait accélérer exagérément et sans problème le rythme d'évolution des conceptions qui régissent la vie en société.
S'agissant de l'exhibitionnisme tapageur sous la forme du mariage, sans statut reconnu, entre homosexuels, la discipline indispensable exige, avant de légaliser un tel mariage, le vote d'une loi et l'élaboration d'une réglementation susceptibles de le permettre. Pendant qu'il est encore temps, il est important d'insister sur ce délai nécessaire. La précipitation serait sûrement génératrice de désordres. L'urgence est plutôt de combattre la forte irruption dans notre société de modèles extérieurs. Il s'agit de faire face à la diversité des médias, de plus en plus accessibles au grand nombre, et à leur puissante capacité de diffusion d'images véhicules de modèles négatifs pour notre société et ses valeurs. Réussir cette tâche, ce serait faire des médias des moyens dont les aspects négatifs sont réduits au minimum inoffensif. C'est une tâche pédagogique.
Il convient d'ajouter que ces tâches de discipline à imposer, pour encadrer la vie de 1’homosexuel de manière que sa liberté ne nuise point à celle des autres, ne sauraient entraîner l'organisation d'une chasse aux sorcières comme si la personne homosexuelle n'était pas une citoyenne comme les autres, devant jouir des mêmes droits et devoirs que ses compatriotes.
En définitive, le phénomène du mariage homosexuel dans notre pays nous interpelle pour des réactions de réflexion et de conception de formes efficaces de protection de la société et de ses valeurs. Il faut, par conséquent, dépasser l'émotion et les réactions outrées devant la nouveauté de l'exhibitionnisme tapageur sur des faits qui agressent le modèle de société et l'éthique aujourd'hui. Il s'agit de continuer à construire une société de paix et de sécurité au profit de tous, de dialogue pour résoudre les problèmes majeurs de cette société. L'évolution des mentalités et des conceptions fait partie de la vie des sociétés.
En ce siècle de l'informatique et de la grande puissance des médias, le rythme des mutations a tendance à être accéléré et peut créer des désordres. Il appartient aux concepteurs du modèle de société qui sont dans une certaine mesure gardiens du temple, de jouer leur rôle et de tenir le gouvernail dans la direction salutaire. A cette fin, il faut accueillir la nouveauté avec toujours l'esprit d'examen et l'ouverture qui permettent d'en saisir l'essentiel, afin d'agir pour le profit réel de la société, étant toujours ainsi au service de l'homme, de tous les hommes en société.
* Madior DIOUF, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, est le secrétaire général du Rassemblement national démocratique, un parti d’opposition au Sénégal
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org
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