Au Tchad, plusieurs centaines d''enfants soldats démobilisés réapprennent à vivre dans des centres d''accueil. La plupart souhaitent oublier les terribles événements qu''ils ont vécus et reprendre au plus tôt le chemin de l''école. Mais les moyens manquent cruellement. Reportage.
Tagged under Gouvernance ChadUn haut responsable chinois en visite à l'ONU a insisté mardi sur le "rôle très constructif et même unique" joué par la Chine au Soudan pour tenter de résoudre le conflit au Darfour. "Nous ne rendons pas toujours publics tous les efforts que nous faisons", a souligné devant les journalistes Liu Guijin, l'envoyé spécial de Pékin au Soudan.
Tagged under GouvernanceLa classe politique marocaine est sortie affaiblie des législatives du vendredi 7 septembre dernier avec des scores auxquels elle était loin d’attendre de cette deuxième législature de l’ère MVI. En effet, ce qu’on appelle les vieilles formations politiques du pays (Usfp, Istiqlal) ont connu des fortunes diverses.
Tagged under GouvernanceLes rares députés de l'opposition en Guinée équatoriale dénoncent ces derniers jours devant le Parlement national le climat de "peur" et de "corruption" qui pèse toujours sur cet Etat d'Afrique centrale, au régime militaire en place depuis 28 ans. Ces critiques répétées s'élèvent à l'occasion de la présentation du bilan d'un an de son gouvernement par le Premier ministre Ricardo Mangué Obama Nfubéa.
Tagged under GouvernanceLa Banque mondiale (BM) a engagé 34,3 milliards de dollars au cours de son exercice 2007 (clos fin juin), soit 7,8% de plus que l'année précédente, notamment au bénéfice de l'Afrique, a-t-elle indiqué mardi dans un bilan de cette dernière année de la présidence Wolfowitz. Cette somme globale recouvre les prêts, dons, prises de participation et garanties consenties par les filiales du groupe BM aux pays membres et aux entreprises privées de ces pays.
Tagged under GouvernanceLe Zimbabwe, qui connaît une crise économique permanente, a décidé, jeudi, de dévaluer sa monnaie, le dollar, 1 dollar US s'échangeant aujourd'hui contre 250 dollars zimbabwéens alors qu'auparavant le billet vert ne s'échangeait que contre 30 dollars. Le ministre des Finances, Samuel Mumbengegwi, n'a pas expliqué les raisons de cette dévaluation.
Tagged under Gouvernance ZimbabwePlus d’un million de foyers afro-américains ont gagné 100 000 dollars l’année dernière selon la dernière édition de blackmoney.com, qui se base sur des données du bureau du recensement américain de 2006. Les deux tiers de ces ménages très aisés se concentrent dans huit des cinquante états américains : New-York, le Maryland, la Californie, le Texas, la Géorgie, la Virginie, la Floride, et le New-Jersey.
Tagged under GouvernanceLors d’une conférence de presse donnée hier, dans son cabinet parisien, Maître Philippe Missamou, défenseur de l’ex-numéro 2 du régime angolais est revenu sur les conditions du limogeage et de la mise au secret du général Miala. Mis aux arrêts depuis le 13 juillet 2007, il comparait devant le tribunal militaire depuis vendredi dernier, sans que les faits qui lui sont reprochés soient clairement notifiés.
Tagged under Gouvernance AngolaLe leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Mamadou Bhoye Bâ, a indiqué, vendredi, à la PANA que les élections législatives, initialement prévues en décembre en Guinée, pourraient être reportées à mars 2008. Selon le doyen des 48 leaders politiques guinéens, cette nouvelle proposition est consécutive au retard enregistré dans la préparation des consultations.
Tagged under GouvernanceNOTE DE LECTURE
Autopsie de la Crise Ivoirienne- La Nation au Cœur du Conflit - Par Théo Doh-Djanhoundy, L’Harmattan 2006- 112 pagesDepuis le 24 septembre 2004, la stabilité légendaire de la Côte d’Ivoire a volé en éclats. Un coup d’Etat a renversé le Président Henri Konan Bédié au pouvoir depuis 1993, après la mort du père de la nation, Félix Houphouet Boigny. Quant au chef de la junte militaire, le général à la retraite Robert Gueï, il conduira une courte transition de dix mois. Après les élections présidentielles, organisées en octobre 2000 contre Laurent Gbagbo le chef du Front Populaire Ivoirien (FPI), le principal parti d’opposition, le général Gueï quittera le pouvoir dans des circonstances troubles. Après avoir revendiqué la victoire aux élections présidentielles, le Fpi accède au pouvoir.
Des sources du conflit au pays de Houphouet Boigny
Pour beaucoup de personnes, la cause du conflit actuel est le concept de l’ivoirité, divulgué par le Président Bédié. La victime serait alors l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara. Ce qu’on ne dit pas, c’est que Bédié n’est pas le père de l’ivoirité et qu’Alassane Ouattara avait également mis en place une politique similaire à l’égard des étrangers.
Le conflit puise ses sources dans l’échec des modèles économiques et politiques ivoiriens tels que voulus par Houphouet et ses successeurs. Le Miracle ivoirien a été combiné à une politique de construction nationale fortement tributaire d’une vision personnalisée du pouvoir. La crise ivoirienne actuelle transcende l’ivoirité. Telle est la conclusion de l’Ivoirien Doh Djanhoundy Bah Théo, juriste et politologue de formation qui termine une thèse à l’Université de Versailles sur la politique de puissance des Etats-Unis suite aux attentats du 11 Septembre 2001.
Le terme ivoirité est attribué à tort aux Présidents Houphouet, Bédié ou encore Gbagbo. Selon l’historien et ancien ministre de l’Education Nationale, Pierre Kipré, la paternité reviendrait au Président Léopold Sédar Senghor, qui l’utilisera pour la première fois en 1971 à l’Université d’Abidjan dans le but d’identifier la spécifité de la culture ivoirienne. En 1974, la formule est reprise par d’autres intellectuels ivoiriens, Pierre Niava et Niangoran Porquet, toujours dans une perspective culturelle. D’ailleurs, Niangoran Porquet se caractérisait par son inséparable Kita, tenue traditionnelle symbolisant la sagesse dans certaines régions africaines.
L’ivoirité était alors une certaine identité culturelle ivoirienne comme on parle aujourd’hui d’américanité, de francité ou africanité. On se focalise trop sur les causes politiques du conflit armé qui divise aujourd’hui la Côte d’Ivore. On en oublie les causes économiques. La crise ivoirienne ne date pas du coup de force de 1999 ni de l’insurrection armée de Septembre 2002. Elle trouve ses sources dans la Côte d’Ivoire prospère du Miracle ivoirien, de la décennie soixante-dix.
Ici l’auteur a raison d’insister sur les causes économiques de la crise ivoirienne. Il aurait dû tirer des leçons de l’exemple du Sénégal, première colonie française mis en valeur au 19e siècle avec la traite des esclaves et de la gomme arabique d’abord, la traite de l’arachide ensuite. C’était la période du miracle sénégalais qui s’est effondré au XXe siècle. La Côte d’Ivoire colonie en friche jusque dans la deuxième moitié du XXe siècle sera mise en valeur par la France. Les facteurs qui ont contribué au Miracle ivoirien sont : La hausse des cours des matières premières à la suite de la guerre de Corée (1950 - 1953), ouverture du canal de Vridi permettant d’avoir un port en eau profonde à Abidjan en 1950 et le revirement politique de Houphouet dans le sens de la collaboration avec les autorités coloniales.
Dans la recherche des causes économiques, l’auteur a été descriptif. Il n’a pas été analytique. Ce qui est la première qualité d’un chercheur. Son statut de juriste constitue un réel handicap. Il n’a pas bien appréhendé l’histoire économique et sociale de la Côte d’Ivoire. Il est étrange de voir qu’il n’a pas lu un auteur très important comme Samir Amin qui a publié un ouvrage fondamental sur son pays : Le développement du capitalisme en Côte d’Ivoire (Edition de Minuit 196).
La crise actuelle de l’ivoirité trouve ses sources dans la politique du premier Président de la Côte d’Ivoire, F. Houphouet. Dès l’indépendance, il entreprit une politique de développement du pays. Pour cela, il décida de lui fournir des cadres, une élite autochtone et une main d’œuvre abondante. Une politique d’incitation à l’immigration fournira au pays les bras supplémentaires necessaires au développement de l’agriculture. Le succès de sa politique migratoire va contraindre le Président à reviser le code de la nationalité de 1961 ? En 1970, les autochtones commencent à se plaindre de l’occupation de leurs terres par des allochtones. Cependant, Houphouet déclarera que «la terre appartient à celui qui la cultuve».
Cette politique va accroître les tensions. Pourtant en 1972 le Président fait adopter un nouveau Code la nationalité. Il va remplacer le droit du sol par le droit du sang. Il lanca une politique d’ivoirisation des cadres. La Côte d’Ivoire sera le pays de prédilection de la majorité des migrants en Afrique de l’Ouest. Etre Ivoirien de naissance pour avoir un poste de commandement n’était pas le principe fondamental chez Houphouet qui privilégiait surtout la loyauté de ses collaborateurs.
En 1994, il nommera au poste de Premier ministre, Alassane Dramane Ouattara, gouverneur de la Bceao et ex-directeur adjoint du FMI. Si Houphouet Boigny se voulait moderne et libéral en recrutant des personnes de toutes nationalités pour le développement de la Côte d’Ivoire, il n’a pas préservé le pays d’une politique tribaliste qui a vu, tout au long de son règne, la domination de son groupe ethnique, le groupe akan. Cette politique s’est manifestée par un élétisme ethnique et un grand écart de développement régional. Cela va créer deux crises majeures dans le pays.
En 1996, éclate la crise dite du Sanni qui verra, s’affronter, à l’intérieur du groupe ethnique du Président, les deux principaux sous-groupes, les Agni et les Baoulés. Les Agnis reprochaient à Houphouet de favoriser les Baoulés, dont il est issu. Ils vont contester l’hégémonie politique de ceux-ci dans l’appareil de commandement de l’Etat au point d’évoquer l’idée de se rattacher au Ghana. Houphouet ne s’est pas contenté de favoriser une partie de la population, il va étendre cette politique par le développement inégal du pays. Les zones akan, notamment au Sud, à l’Est et au Centre connaîtront un développement certain en comparaison à celles du Nord et de l’Ouest. Les hauts postes de direction de l’Etat iront aux ressortissants de son groupe ethnique.
En 1983, Houphouet va même jusqu’à faire de son village natal, Yamoussoukro, la capitale politique du pays. C’est la conceptualisation de l’ivoirité par le Président Bédié qui sera le véritable déclencheur des attaques contre une politique fort décriée au 10e congrès du PDCI, tenu le 26 Août 1995, Bédié définira le terme comme étant «un concept fédérateur, socle sur lequel repose la nation ivoirienne». Il instrumentalise le concept d’ivoirité pour asseoir son pouvoir, c’est pourquoi le coup d’Etat militaire du 24 Décembre 1999 sera accueilli favorablement par la majorité de l’opinion ivoirienne. Lorsqu’il prit le contrôle du pays, le Comité National de Salut Public, organe de transition formé par le général Gueï, donne espoir. Beaucoup de partisans du Rdr d’Alassane Ouattara y participent.
La contribution de Gueï à l’ivoirité réside principalement dans la Constitution de la IIe République ivoirienne. L’article 35 de cette Constitution va reprendre le Code électoral de 1994. Ce texte est celui qui écart Alassane Dramane Ouattara de la course à la présidence du fait de sa nationalité à polémique. L’auteur considère qu’Alassane Dramane Ouattara est bel est bien ivoirien, selon le code de la nationalité de la Code d’Ivoire. Il retrace l’évolution politique du pays jusqu’à la nomination de Charles Konan Banny comme Premier ministre.
Dans la deuxième partie, l’auteur traite de la position de France sur la crise ivoirienne et la perte de repère de la France. Il écrit «la politique africaine de la France conçue dans une optique à la fois clientéliste et paternaliste est aujourd’hui désuète mais Paris tarde à le comprendre» (p 78). La troisième partie du livre est consacrée à l’examen des relations entre la crise ivoirienne et la construction de la nation. Elle est la partie la plus faible de l’ouvrage qui contient surtout des constations.
Mais un chercheur doit aller au-delà. Cultiver le sentiment national comme l’auteur le préconise ne suffit pas à créer une nation. La formation de la nation ne comporte pas seulement des éléments objectifs (territoire, espace économique constituant un marché national, existence de classes sociales favorables à l’existence d’une nation, l’existence d’une langue de communication unique ou langue nationale, existence d’une infrastructure routière et ferroviaire favorisant des échanges internes). Au lieu d’examiner systématiquement et frontalement la question nationale en Côte d’Ivoire, l’auteur se contente de faire du volontarisme politique en préconisant des mesures qui n’ont guère réussi sous Houphouet à construire la nation comme rendre obligatoire le salut au drapeau et l’apprentissage de l’hymne national (l’Abijianaise).
L’auteur est favorable à l’instauration d’un pouvoir fort pour résoudre la crise. C’est là une position antidémocratiqe. Un régime sans soutien populaire ne peut qu’être dictatorial. Le régime qui semblait fort sous le règne de Houphouet n’a pas échappé à la crise dont les Ivoiriens sont en train de souffrir. Ce livre mérite d’être lu et discuté sérieusement, parce qu’il contient des idées très contestables.
* Amady Aly DIENG est historien sénégalais. Il enseigne à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Tagged under GouvernanceBravo Hawa pour ta bonne synthèse des travaux de l'Union africaine qui devait déboucher sur la création d'un gouvernement continental. Tu as réussi à bien camper les enjeux, les forces en présence, les conceptions des uns et des autres, les divergences de vue. Je suis fier de toi. Félicitations à la rédactrice en chef.
Tagged under GouvernanceSanou Mbaye tire la sonnette d’alarme sur le nouvel ‘impérialisme’ chinois en Afrique. L’auteur prévient que le rapprochement sino-africain n’a malheureusement pas que des cotés idylliques. D’autant plus que des facteurs tels le déficit démocratique de la Chine, la nature des produits que la Chine fourgue à l’Afrique mais aussi la tentation autarcique de la Chine doivent plutôt appeler à la vigilance.
Depuis l’époque coloniale, l'Occident a toujours cru devoir revendiquer une mainmise exclusive sur l’Afrique sub-saharienne. Les longues luttes entreprises pour mettre fin au colonialisme et à l'apartheid n'ont pas changé cet état d’esprit. Même indépendants, les pays de la région sont demeurés otages des occidentaux à travers une combinaison d’accords qui se sont révélés spécieux à l’application, de restrictions d’accès à leurs marchés, de manipulations politiques et d’interventions militaires, d’interdiction de lever des fonds sur les marchés financiers internationaux et une montagne de dettes relatives à des projets et programmes qui n’étaient ni économiquement viables, ni financièrement justifiés.
L’on constate que ce rapport de force jusqu’ici favorable aux occidentaux est maintenant en train d’être mis en mal par l’entrée tonitruante de la Chine dans l’arène africaine. En l’espace d’une décennie, la Chine a modifié l'équilibre des forces en Afrique. Elle y est parvenue en investissant des milliards de dollars dans les secteurs du pétrole, des mines, des transports, de l'électricité et des télécommunications, ainsi que dans différentes infrastructures. Rien qu'en 2004, sur un total de 15 milliards de dollars des investissements directs dont a bénéficié l’Afrique, la part de la Chine s'est élevée à 900 millions de dollars.
Elle a également déboursé environ 2,3 milliards de dollars pour acquérir une participation à hauteur de 45% dans l'un des champs pétroliers offshore du Nigeria, et investira 2,25 milliards pour développer des réserves.
L'Angola qui exporte 40% de sa production de pétrole vers la Chine a bénéficié d'un prêt de 2 milliards de dollars en échange d'un contrat prévoyant la livraison quotidienne de 10.000 barils de pétrole.
Le Soudan, qui fournit 7% des importations pétrolières de la Chine, bénéficie de la plus grande part des investissements chinois. La China National Petroleum Corporation détient 40% des parts de la Greater Nile Petroleum Company, et a investi 3 milliards de dollars dans la construction d'une raffinerie et d'un pipeline. Quelque 4000 soldats de l'Armée populaire de libération sont déployés au sud du Soudan pour protéger le pipeline.
La Chine, voyant aussi dans l’industrie du voyage et du tourisme, secteur au potentiel énorme en terme de génération de revenus, de création d’emplois et de soulagement de la pauvreté des masses, n’est pas demeurée en reste. Ainsi la Chine a-t-elle entamé dans ce domaine un programme de coopération avec les gouvernements africains pour le développement de ce secteur en encourageant l’investissement dans l’éducation, la culture et le développement des capacités existantes. Cette collaboration a déjà commencé à générer des dividendes sous la forme d’une implication grandissante de la Chine dans le secteur du transport : construction de routes, de chemins de fer, de ports et d’aéroports.
Les données concernant les échanges commerciaux traduisent également l’influence croissante de la Chine en Afrique. Les échanges sino-africains ont été multipliés par sept dans les années 1990. Ils ont doublé entre 2000 et 2003, atteignant 18,5 milliards de dollars. En 2005 ils ont approché les 40 milliards de dollars et ont été de l’ordre de 60 milliards de dollars en 2006. Les échanges commerciaux et les investissements chinois ont favorisé la croissance économique du continent qui a atteint le taux record de 5,2% en 2005.
De surcroît, la Chine a annulé 10 milliards de dollars de dettes bilatérales. A ce jour, elle a accordé le statut commercial de nation la plus favorisée à 41 Etats africains et a exonéré de droits de douanes 190 produits en provenance des 28 nations les moins développées du globe dont la majorité sont des produits de provenance africaine.
Depuis les années 1960, plus de 15 000 médecins chinois ont exercé leur profession dans 47 pays africains traitant environ 180 millions de patients. La Chine accorde également l’hospitalité à des milliers de travailleurs et d’étudiants dans ses universités et ses centres de formation. En 2004, elle a contribué à hauteur de 1500 soldats aux forces de maintien de la paix des Nations unies opérant en Afrique, notamment au Liberia et en République Démocratique du Congo. De surcroît, Pékin a élargi sa coopération aux domaines militaires. C’et le cas avec l’Ethiopie, le Liberia, le Nigeria et le Soudan.
Le rapprochement sino-africain n’a malheureusement pas que des cotés idylliques.A cet égard, trois préoccupations plutôt inquiétantes sont à relever.
La première concerne les déficits démocratiques et le non respect des droits de l’homme observé en Chine et dans nombre de pays africains.
La seconde tient au fait que certains pays africains sont devenus des acheteurs boulimiques d'armes et d'équipements militaires chinois. Dans un continent aussi instable que l’Afrique, saturé de matériel de guerre et ensanglanté par des conflits à répétition, l'arrivée d'armes supplémentaires n'est pas ce qu’il y a de plus souhaitable. Mais, comme l'a dit le ministre des Affaires étrangères chinois, Zhou Wenzhong, "les affaires sont les affaires et la Chine ne mêle pas les affaires et la politique". C’est sur la base de credo qu’elle a vendu des armes aussi bien à l’Ethiopie qu’à l’Erythrée durant la guerre frontalière qui a opposé ces deux pays entre 1998 et 2000, pour un coût total estimé à 1 milliard de dollars.
Elle vend également comme déjà mentionné des armes au gouvernement du Soudan dont une fraction de la population issue d’arabes et d’esclaves noirs, s’identifient aux arabes en reniant sa négritude et en commettant sans état d’âme un génocide à l’encontre de leurs citoyens noirs du Darfour, sous la houlette de la classe dirigeante arabe au sein du gouvernement. Sur ce point, force est de constater qu’en raison de ses très importants intérêts dans le secteur pétrolier soudanais, la Chine a allégrement transgressée le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats prôné par elle.
La troisième concerne l’un des traits prédominant du caractère chinois. Fiers à juste titre de leur histoire et de leur culture multi-millénaire, les chinois tendent à vivre en autarcie partout où ils s’implantent. De ce fait, ils ont pu être de mépris ou de racisme à l’égard des populations au sein desquelles ils vivent. Entrepreneurs hors- pair, ils ont été les vrais architectes du développement des pays du sud-est asiatique. En 1998, bien que ne représentant que 3 pour cent de la population de l’Indonésie, la minorité chinoise n’en contrôlait pas moins 70 pour cent du secteur privé indonésien. Leur organisation de vie qui a des relents d’apartheid, combinée à leurs succès en ont fait la cible de la vindicte populaire dans quasiment tous les pays de la région. La démission en mai 1998 du président de l’Indonésie Suharto fut, par exemple, accompagnée d’une éruption de violence à l’encontre des Chinois.
Il reste, malgré tout, que la Chine est devenue la grande puissance que nous connaissons aujourd’hui et qu’elle n’aurait jamais cessé d’être si elle ne s’était volontairement confinée dans un isolement qui, selon une croyance ancestrale, était censé la prémunir contre les mauvaises influences des autres peuples du monde, ce qui a pu la conforter dans l’idée qu’elle se de sa supériorité.
Maintenant qu’elle s’est ouverte au monde et pour une meilleure coopération sino-africaine bénéfique à tous, il serait hautement indiqué que les africains, de concert avec les chinois, agissent pour surmonter les handicaps qui font l’objet de nos préoccupations décrites plus haut et qui risquent, si l’on y prend garde, de compromettre le bel élan prométhéen que la Chine a amorcé en Afrique mais qui ne laisse pas de nous inspirer à la fois crainte et admiration.
* Sanou Mbaye est un Economiste sénégalais et un ancien haut fonctionnaire de la Banque africaine de développement.
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Tagged under GouvernanceRobtel Neajai Pailey remet en cause la légitimité du Tribunal Spécial pour la Sierra Leone et la justice pénale internationale, qui, selon elle: 'n’est qu’une mesure d'apaisement pour l’Occident, qui est aussi complice que les seigneurs de guerre inculpés pour les guerres civiles en Afrique, y compris Taylor'.
Le procès tant attendu du baratineur charismatique Charles Ghankay Taylor, seigneur de guerre qui est devenu le Président du Libéria était un tour de force dramatique dans les complexités de la justice internationale. Bien que Taylor soit en train d’être jugé pour 11 chefs d’inculpation, il s’agit de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, et autres violations sérieuses du droit international commis durant les onze années qu’a duré la guerre civile en Sierra Leone, l’accusé en personne n’était aperçu nulle part en vue le premier jour du procès, entraînant des retournements de têtes, des plissements de fronts et des plumes à se hérisser.
L'avocat de Taylor a lu une lettre à la cour dans laquelle son client a qualifié le procès de parodie, marquée par des manquements dans la représentation et l’insuffisance des moyens alloués à la défense. Taylor a déclaré que la cour avait prouvé qu’elle était incapable de rendre justice en raison des violations flagrantes de ses droits, comme l’illustre 'la présence insidieuse d'une camera dans la salle de réunion du Centre de Détention, qui surveille les rencontres entre avocat et client qui sont censées être privilégiées et confidentielles '.
La question de la caméra a persisté pendant des mois, sans aucune preuve de la part l'administration de la Cour Spéciale, qui a démontré son inefficacité dans l’exécution des fonctions de base de l'instance judiciaire. Le résultat évident a été l’absence indignée Taylor : 'j’ai choisi de ne pas être le feuille de vigne (le camouflage/ le semblant) de légitimité pour procès… ', il écrit d'un air provoquant dans sa lettre.
Alors que j’étais assise dans la salle d’audience et dans la de presse de la Cour Pénale Internationale (CPI) à la Haye le 4 juin, je ne pouvais m’empêcher de me rappeler que les événements qui se déroulaient sous nos yeux n'étaient pas une farce mélodramatique, mais plutôt un avant goût (les premisses) des mois à venir dans l'enchaînement compliqué des accusations et contre-attaques dans le procès d’un des seigneurs de guerre africains les plus célèbres.
Alors que d’aucuns pensent que le rejet de Taylor de la cour enlève toute légitimité aux preuves de l’accusation, d'autres, comme Human Rights Watch, croient que le cas envoie un message fort pour dire l'impunité ne sera plus tolérée ni en Afrique, ni ailleurs.
Quelle que soit la perspective, l’absence de Taylor lors de la lecture de l’acte d’accusation est symptomatique de questions plus vastes de justice réparatrice, du pouvoir de représentation, et d'un système international structuré dans la dominance. Taylor est-il un bouc émissaire d’un système criminel international de (in)justice, fortement influencé par l’Occident qui en est la principale source de financement ? Qui est le principal responsable des atrocités commises en Sierra Leone ? Qu’en est-il des crimes commis au Libéria ? Pourquoi le proces a-t-il été transféré à la Haye, alors que les crimes ont été commis prétendument en Sierra Leone ? Ces questions et beaucoup d’autres ont besoin d’être correctement étudiées afin d’en tirer une vision holistique (globale).
Histoirique de l’affaire
La guerre civile en Sierra Leone a éclaté en 1991, lancé par le Front Révolutionnaire Uni (RUF) dirigé par le caporal Foday Sankoh, qui a exploité les diamants du pays pour financer sa lutte contre les forces de gouvernement. Des civils ont été ciblés dans des actes de représailles insensées dans lesquelles des dizaines de milliers de personnes ont été tués, les viols et mutilations étaient fréquents, et plus de 2.000.000 personnes ont été déplacées à cause des 11 années de conflit.
Le Tribunal Spécial pour la Sierra Leone soutenu par l’ONU a été mis en place (ordonné) en 2002 pour juger les principaux responsables de la guerre qui a déstabilisé une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest et en a freiné l'activité économique et politique. L'acte d'accusation de Taylor a été matérialisé en 2003 avant que le Président Nigerian Olusegun Obasanjo ne lui accorde l'asile politique. En échange de diamants, Taylor est soupçonné d’avoir fourni au RUF les armes et munitions dont ils avaient grandement besoin, de même que la main d'oeuvre, une formation militaire, une protection et l’asile au Libéria, aussi bien que des conseils stratégiques et tactiques, qui ont renforcé les capacités de la junte à poursuivre la guerre.
Dans son exposé préliminaire, l’accusation s’est proposée de présenter le fondement de leur cas, en déclarant que les témoins et les preuves démontreront par la suite, de manière irréfutable, que Taylor était responsable de l’élaboration d’une ‘entreprise criminelle commune’ qui a abouti à des meurtres et à la destruction de la Sierra Leone. ‘L’entreprise commune’, élaborée par l’accusé [ Taylor ] et d'autres, visait à s’assurer le contrôle politique et physique de la Sierra Leone afin d'en exploiter les abondantes ressources naturelles et y établir un gouvernement qui lui soit favorable ou soumis pour faciliter cette exploitation ', a déclaré le procureur en chef Stephen Rapp, en lançant un regard tranchant sur le siège vide qu’aurait du occuper Taylor.
Certains pensent que Taylor aurait dû rester en Afrique de l’ouest pour faire face aux présumées victimes de sa campagne de carnage. D'autres, cependant, croient que le réseau international des contacts de Taylor aurait pu constituer une menace à la stabilité de la région si son procès avait été maintenu en Sierra Leone. Ces inquiétudes sont légitimes, eu égard aux gambades (cabrioles) d’évasion de Taylor au cours des années. Il s’était 'mystérieusement échappé d'une prison de Boston au milieu des années 80 et a s’était retrouvé dans un camp d’entrainement militaire en Libye.
En 2005, il avait disparu 'de sa résidence d'exil’ à Calabar, au Nigéria, et avait été retrouvé à la frontière entre le Nigéria et le Cameroun, avant d’être incarcéré en mars 2005. Soutenu par ceux qui craignent la mainmise (les partisans) de Taylor dans la région, une délocalisation rapide du procès à la Haye s’était toutefois avérée problématique, bien la Cour Spéciale pour la Sierra Leone ait demandé le transfert. Que ce soit sur le sol ouest Africain ou dans la juridiction européenne, le cas est compliqué et sensible.
Aboutissement au procès : Un enchaînement complexe des manoeuvres et de contre manœuvres
L’arrestation de Taylor a envoyé un message à travers pour dire que l'impunité ne serait plus tolérée en Afrique. Après presque deux ans d’exil au Nigéria, Taylor — menotté et renfrogné —a été transféré par la police militaire de l'ONU vers la Sierra Leone en fin Mars 2005. Il est apparu devant la Cour Spéciale de l’ONU pour la Sierra Leone pour la première fois le 3 avril pour être inculpé d’avoir apporté son soutien à la guerre civile en Sierra Leone.
En voyant les images de Taylor à la télévision après son arrestation à la frontière nigériano-camerounaise, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que le guerrier semblait visiblement énervé, comme s’il avait été dupé par une plaisanterie humiliante qui avait échoué, à part qu’il n’y avait personne pour lui dire « C’était juste une blague, Chucky! ». Tous ses amis avaient disparu, laissant l’accusé seul et découragé dans les prisons de l'ONU.
Retour en arrière à l'été 2003 et une image totalement différente se présente. Taylor est debout, tout de blanc vêtu, comme un roi sur le tarmac du Roberts International Airport, au Libéria, disant au revoir de la main et promettant de revenir un jour par « la grâce de Dieu ». Il partait pour un asile politique à Calabar, au Nigéria après avoir été contraint à l'exil par une condamnation internationale et les factions rebelles qui faisaient campagne pour son départ.
Le fait que Taylor ait brièvement débarqué sur le sol libérien pour se voir, trois ans seulement après, transférer par un avion militaire de l'ONU pour un voyage ‘aussi intéressant’ vers la Sierra Leone, et ensuite les Pays Bas pour répondre à des accusations de crimes de guerre, est l'une des absurdités les plus tordues de notre temps. En fait, les deux dernières décennies de la vie de Taylor ont été une épopée intrigante.
Dans une discussion récente avec mon cousin Edward Dillon, nous sommes parvenus à concocter un mémoire sommaire sur les tours et détours qui pourraient faire atterrir Taylor sur une liste des meilleures ventes. Encore plus important, nous nous sommes dits qu'un tel livre lui permettrait d’identifier la source de ses malheurs. Ce serait une sorte d’exposé, expliquant l'ampleur de ses liens avec certains des politiciens africains et étrangers. Taylor a été associé au libyen Muammar Al-Khadafi, au burkinabé Blaise Campaore, au défunt président ivoirien Felix Houphouet - Boigny, à l’ancien chef d’état ghanéen Jerry Rawlings, et même à l’évangéliste américain Pat Robertson, qui a conclu un marché pour implanter une mine dans une zone du sud-est du Libéria en échange des 10 pour cent de la compagnie offerts à Taylor. Taylor était un homme charismatique qui s’était entouré de cohortes ouest africaines et de ramifications internationales de surcroît.
Nombreuses étaient les inculpations parmi les membres des réseaux ouest africains de Taylor. Sankoh est mort en prison d'une crise cardiaque et était en mauvaise santé alors qu'il attendait d’être jugé. Johnny Paul Koroma, qui était à la tête du Conseil Révolutionnaire des Forces Armées Sierra Léonaises (CRFA) qui a renversé le Président Tejan Kabbah par un coup d’état en 1997, est toujours en fuite. Le célèbre commandant SAM Bockarie du RUF, supposé avoir été tué au Libéria sous les ordres de Taylor par crainte de représailles, a été également inculpé. Samuel Hinga Norman, l’ancien ministre de l’Intérieur et Chef des Forces de Défense Civile, était en attente de son verdict pendant des mois, lorsque qu’il est mort en prison dans des conditions mystérieuses.
Bien que Kabbah ait par la suite témoigné devant la Commission Vérité et Réconciliation en Sierra Leone, certains avancent qu'il était aussi complice que Norman pour les atrocités commises. Pourquoi n'a-t-il pas été inculpé ? Tout comme le libyen Khadafi, qui est de nouveau dans les bonnes grâces des USA. De la même manière que la plupart des chefs d’état africains soupçonnés d’entretenir des liens avec des groupes rebelles, il continue de bénéficier d’une protection dorée contre l'impunité. Pourquoi n'a-t-il pas été inculpé pour avoir pris part à ‘l’entreprise criminelle commune’ ? C’est comme si Taylor était le dernier homme à abattre et devrait servir d’exemple. Mais était-il plus coupable que les autres ? C’est la question qui occupe les esprits.
Qu’en est-il du Libéria ?
Un tournant ironique des événements montre que c'était le système de (in)justice de la Cour Pénale Internationale qui a permis à Taylor de perpétrer des crimes à la fois au Libéria et en Sierra Leone auparavant. Critiquant de manière surprenante l'ONU pour sa mauvaise gestion de la débâcle de Taylor depuis le début, l’avocat libérien Philip A. Banks a déclaré que 'si ce n’avait pas été à cause de l'ONU, M. Taylor aurait été en prison depuis 1992 ' pour avoir orchestré le fameux 'Massacre du Carter Camp’ dans lequel des enfants et des spectateurs innocents avaient été tués. Ayant personnellement dirigé l’enquête, Banks avait déposé ses conclusions à l'ONU au début des années 90, après quoi l’organisation internationale avait déclaré que Taylor n'était pas responsable. Dans notre système judiciaire,[ la loi libérienne ], Taylor aurait été jugé et mis en prison bien avant qu’il ne soit devenu président du Libéria en 1997, a déclaré Banks, qui a dirigé l’équipe de rédaction du projet de la constitution libérienne actuelle.
Comme juge de résolution des conflits pendant les conflits libériens de 1990 à1996, Banks a censuré la Cour Spéciale pour la Sierra Leone l'ONU pour son mandat limité. 'L’autorité accordée à la cour est uniquement circonscrite aux crimes commis en Sierra Leone ', a-t-il déclaré en avril 2006 lors d’une conférence de presse à Washington DC. Selon Banks, les crimes que Taylor a commis pendant la rébellion qu’il a mené au Libéria de 1989 à 1996 étaient beaucoup plus grotesques 'le Libéria n’a pas obtenu de l'intervention internationale ce qu'il mérite', a lancé Banks. Il a ajouté qu'il fallait créer un tribunal pour le Libéria pour poursuivre Taylor et ses potes, dont plusieurs occupent des postes de responsabilité dans l’actuel gouvernement libérien dirigé par Ellen Johnson Sirleaf. Les activistes arguent que le cas Taylor fait partie intégrante du développement et de la reconstruction post conflit du Libéria, notamment si la fortune volée qu’il a accumulée - estimée à 2,5 milliards de dollars US - est reversée au trésor public.
Les dessous de l’affaire
La plus grande partie de la couverture médiatique du procès de Taylor est exempte d’engagement critique avec les questions complexes qui perturbent la Cour Spéciale pour la Sierra Leone en particulier, et la justice pénale internationale, en général. Les commissions de vérité et de réconciliation sont-elles une conception occidentale de justice réparatrice ? Que dire des tribunaux communautaires gachacha au Rwanda, qui servent de mécanismes locaux pour poursuivre en justice des criminels? Tout comme la Cour Pénale Internationale pour le Rwanda à Arusha (Tanzanie), un autre système judiciaire soutenu par l’ONU, est miné par des insuffisances, beaucoup trouvent la Cour Spéciale pour la Sierra Leone illégitime parce qu'elle n’a pas été créée pas des Africains eux-mêmes. Elle est plutôt utilisée comme mesure d'apaisement par l’Occident, qui est aussi complice dans les guerres civiles en Afrique que les seigneurs de guerre qui ont été inculpés, y compris Taylor. Après tout, les armes qui ont été utilisées pour déstabiliser le Libéria et la Sierra Leone peuvent être remontées jusqu’à des réseaux internationaux aux USA, en Russie, et ailleurs.
La chute de Taylor fait penser à un Panthéon d’hommes forts célèbres qui ont dû faire face à l’(in)justice internationale pénale. Parmi ces derniers, on peut citer Slobodan Milosevic de la Yougoslavie et Saddam Hussein d'Irak. Ce que ces trois hommes ont en commun est un noeud perpétuel : une impression de culpabilité métaphysique et de désapprobation par l’Occident. Une fois qu’on devient ennemi de l’Occident, on demeure ennemi de sa superstructure judiciaire à jamais. Oui, le procès de Taylor sert de précédent à sa manière en Afrique. Mais il ne devrait pas être manipulé pour servir les besoins de légitimisation d’une cour pénale financée et contrôlée par la communauté internationale et installée à des milliers de kilomètres du continent Africain. Même les seigneurs de guerre africains devenus présidents pour se retrouver inculpés méritent un procès équitable.
* Robtel Pailey est un étudiant libérien en Troisième Cycle à University of Oxford, et producteur multi-médias pour Fahamu/Pambazuka News.
* Cet article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News n° 308. Voir :
* Veuillez envoyer vos commentaires à [email protected] ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Tagged under GouvernanceLes OSC Africaines et Chinoises discutent de la Chine en Afrique
Les chefs d'Etats, les ministres des Affaires Etrangères et les gouverneurs de banques centrales de soixante-dix-sept nations Africaines se sont rencontrés à Shanghai, en Chine, au mois de mai dernier pour la rencontre annuelle de la Banque Africaine de Développement (BAD). Le lieu de la rencontre a été choisi de manière pertinente et historique compte tenu des relations Sino-africaines grandissantes qui, au niveau étatique, ont atteint des sommets et des dimensions considérables.Cependant, il reste encore à voir l’implication des peuples Africains et Chinois. C'est dû à cette incertitude qu'une discussion a eu lieu, dans le cadre des activités de la BAD, entre les acteurs non gouvernementaux Africains et Chinois lors d’une rencontre organisée par le ‘China Development Bief’, Fahamu, le ‘Focus on the Global South’ et l'Institut Transnational.
La réunion historique des Chinois, Africains et autres acteurs non gouvernementaux du Sud a permit une discussion contemplative et un débat entre les universitaires, chercheurs et organisations de la société civiles à travers un dialogue ouvert et critique.Parmi les participants on comptait des représentants de la Chine, du Kenya, de l'Egypte, du Soudan, du Zimbabwe, du Bénin, de l'Afrique du Sud, du Mozambique, de la Birmanie, des Philippines, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, du Brésil, de l'Inde et de l'Australie. Une perspective nouvelle et nuancée qui n'était ni simplement de rejet, ni incontestablement acceptable s’est présentée. La rencontre a été ouverte par des réflexions sur la nature des relations Sino-africaines explorant le coût du néo--colonialisme par rapport aux expressions de coopération Sud-Sud et d’assistance mutuelle.
Dès le début des débats, le Professeur Yan Hirong du Département de Sociologie de l'Université de Hong-Kong a contesté la diffamation des relations chinoises en Afrique par des médias occidentaux. Elle a noté l'importance de mettre ces relations de commerce et d'investissements dans la perspective de tendances globales où la Chine est encore un petit acteur en Afrique. Cependant, Daniel Ribeiro de ‘Justiça Ambiental’ au Mozambique a fait remarquer que l'impact du déboisement ou le manque de moyens de subsistance d’une communauté est en soi colossal indépendamment de la taille des investissements chinois dans une nation donnée. C'est cet impact qui crée la perception populaire des relations Sino-africaines.
En effet, le journaliste Wang Yongcheng a suggéré que les Chinois pensent que la Chine aide l'Afrique et ils sont ainsi déconcertés par la critique apparente et le manque d'appréciation. Elle a dit qu’en Chine il y a peu d’échos d’un quelconque effet négatif de l’activité chinoise sur le Continent. Ali Askouri, de l'Institut Piankhi, quant à lui, a fournit un exemple où des sociétés chinoises ont été impliquées dans les projets qui ont eu un impact négatif sur des communautés en Afrique. Le Projet du Barrage de Merowe au Soudan est le plus grand projet d’hydro-électricité actuellement en construction en Afrique. Sa mise en oeuvre est assurée par deux entrepreneurs chinois et il est en grande partie financé par la Banque Chinoise d’Import Export.. Cependant, la construction du barrage causera le déplacement et affectera la survie même d'environ soixante-dix mille personnes vivant le long des rives.
De l'avis de M. Askouri, il n’est pas constructif de débattre sur la question à savoir si les actions chinoises sont pires ou meilleures que celles des États occidentaux puisque tous les acteurs doivent être tenus aux normes de responsabilité les plus strictes. Il s'est plutôt tourné vers ses homologues chinois afin de déterminer comment les communautés affectées pourraient effectuer des changements au niveau des pratiques des sociétés chinoises en Afrique.
L’Etat Chinois soutient les principes de non-ingérence et de non conditionnalité en Afrique comme signe de reconnaissance de l'autodétermination contrairement à la conditionnalité du néo--colonialiste des bailleurs occidentaux. Le professeur Xu Weizhong de l'Académie Chinoise des Sciences Sociales considère d’hypocrisie les notions creuses avancées par les nations occidentales qui perpétuent la perception de l'Afrique comme étant un fardeau économique plutôt que le support à partir duquel l’industrialisation du Nord a été réalisée et continue d’être soutenu. Et dans la même veine, il a noté qu’"à la fin les Africains doivent être les décideurs de leur propre destin et doivent avoir le droit de dire si leur relation avec la Chine est bonne pour eux ou non."
La politique de non-ingérence et de non conditionnalité fait l’objet de beaucoup de critiques accusant la Chine d’avoir échoué à encourager la bonne gouvernance. Mais encore, les participants Africains tels que Ali Askouri ne demandaient pas à la Chine de ne pas investir en Afrique; en fait, il a fait remarquer que les communautés affectées le long du bassin du Nil au Soudan ne sont pas, en soi, contre le projet de barrage, mais recherchaient des médiateurs en vue d’amener de manière constructive les voix des Africains sur la table et de poser la question à savoir quel rôle pourrait jouer la société civile chinoise pour tenir leur Etat responsable.
Bien que la société civile chinoise se développe, elle évalue encore sa position par rapport à l’Etat et au peuple Chinois. Les organisations sont principalement orientées sur le volet national et ont peu d'expérience ou de connaissances sur les actions de la Chine au niveau international malgré leurs sujets d’intérêt commun. Leurs relations avec l’Etat ont tendance à être coopératives plutôt qu'antagonistes étant donné qu’en Chine il est plus efficace d’influencer positivement par la négociation plutôt que par le style "dénoncer et humilier" des organisations non gouvernementales occidentales. La civile société africaine tend vers l’expérience et la maturité de son plaidoyer national et sous-régional mais elle est peu exposée aux questions et procédures politiques chinoises de changement et en a ainsi une connaissance limitée. La réunion a démarré par un dialogue ouvert qui s’imposait et qui doit être poursuivit et approfondit afin d’augmenter les opportunités des relations Sino-africaines pour les communautés en Afrique et en Chine.
L’édition spéciale de ‘Pambazuka News’, Perspective Africaine sur la Chine en Afrique (http://www.pambazuka.org/en/issue/282), a été traduit (une faveur de ‘China Development Brief’) en Chinois et distribué aux participants à la réunion.
Lors de la réunion, Hakima Abbas a discuté du résultat de la réunion avec deux des participants Africains dont la présence à la réunion a été facilitée par Fahamu.
Interview avec Sara Musa El Saeed, un consultant de ‘Christian Aid’, au Soudan. Étant consultant, la plupart des réponses sont la perspective personnelle de la personne interviewée.
‘Pambazuka News’: Pourquoi estimez-vous qu'une réunion des acteurs non gouvernementaux Africains et Chinois est importante en ce moment?
Sara Musa El Saeed: Jusqu'à présent, la plupart de rapports Afrique-Chine (ou au moins dans le cas du Soudan) sont au niveau politique/étatique, avec un minimum, voire pas d'autres niveaux de d’engagement. Il semblerait que l’engagement du secteur non gouvernemental pourrait contribuer à maintenir des rapports justes et équitables par rapport aux droits des communautés et aux problèmes constatés. Il y a une ignorance totale, aussi bien de la part des organisations de la société civile Chinoises qu’Africaines, des organisations existantes, de leur centre d’intérêt, leurs champs d’action, leur expertise etc., qui constituent les informations de base nécessaires si une quelconque coopération future doit avoir lieu. Ainsi on attend de cette réunion qu’elle offre ce forum en vue de mieux se connaître mutuellement.
‘Pambazuka News’: Quelles sont vos réflexions clefs sur les relations Sino-africaines au sortir de la rencontre sur la Chine en Afrique?
Sara Musa El Saeed: J'estime que les deux parties ne se connaissent pas encore assez bien pour être capable de projeter des plans futurs et/ou des activités ou coopération communes. Par conséquent, je pense que cette réunion doit être suivie d’un dialogue continu et de discussions ainsi que d'autres réunions plus spécifiques pour créer des fenêtres de discussion sur des sujets spécifiques tels que l'environnement, le VIH/SIDA, etc., juste pour citer quelques-unes des questions soulevées durant la rencontre.
Aussi, le grand public des deux parties n'est pas conscient de ce qui se passe, comment cela pourrait les affecter, comment aborder les relations, aussi bien pour garder de meilleurs profits de cet engagement que pour cesser tout effet nuisible qui pourraient en résulter pour les deux parties. Je crois que cela pourrait être le rôle des OSC sur les deux parties de l'équation. Il y a beaucoup de similitudes au niveau des préoccupations telles que l'environnement, le financement, l'environnement politique qui pourrait être un frein à un certain point, le VIH/SIDA, et les contraintes de financement, sur lesquelles les deux parties pourraient coopérer pour leur résolution et pour partager l’expertise et le savoir-faire dont elles disposent. Cependant, pour cela il est nécessaire de développer la confiance, les contacts/connections et l'échange d'informations, ce qui ne pourrait arriver sans contacts plus rapprochés et une meilleure connaissance de l'autre.
‘Pambazuka News’: Comment pensez-vous que la société civile Africaine pourrait améliorer les opportunités et minimiser les risques d’une relation chinoise avec l'Afrique ?
Sara Musa El Saeed: Les OSC sont en contact direct avec les communautés qui pourraient être affectées par ces relations. Dans de nombreux cas, elles sont dans une meilleure position pour accéder à l'information et à la connaissance du type et des effets de la relation dans les zones/régions respectives et d’évaluer les dommages qui pourraient en résulter. Et aussi, nous l’espérons, elles peuvent être les organisateurs de leurs communautés pour projeter et agir ensemble afin d’atténuer et d’aborder de tels impacts négatifs.
En fait, une autre chose dont je rêve est que ces rencontres constituent un espace de discussion pour les OSC Africaines en vue d’organiser des réseaux et des groupes régionaux au cas ou les effets qui pourraient affecter la sous région seraient d’une plus grande envergure (comme dans le cas des forêts qui sont partagées entre plus d’un pays ou des barrages comme celui du long du bassin du Nil etc.). Aussi (il se pourrait que je rêve) mais si la même chose arrivait aux OSC Chinoises et que ces groupes des deux parties se donnent la main pour former des groupes de pression et des centres d’échange d'informations, je pense que les OSC serait une force réelle pour stopper les impacts négatifs de tout accord gouvernemental ou économique.
‘Pambazuka News’: Comment pensez-vous que les organisations de la société civile Africaines et Chinoises, les universitaires et les chercheurs pourraient développer une alliance pour augmenter les opportunités pour les communautés en Afrique et en Chine?
Sara Musa El Saeed: Comme j'ai dit au départ, concernant les deux parties, il y a un fossé entre les OSC en terme de connaissance mutuelle et d'information et je pense qu’il appartient aux universitaires des deux parties de fournir l’information manquante à travers la recherche, des études, des analyses et réformes politiques, etc.
‘Pambazuka News’: Au sortir de la réunion de Shanghai, quels sont les résultats concrets que vous souhaitez mettre en oeuvre ou auxquels vous souhaitez participer?
Sara Musa El Saeed: Nous devons commencer à penser à la façon de maintenir l'élan et de consolider la rencontre de Shanghai en fixant des objectifs et en établissant des plans futurs. Cela pourrait se faire en ayant un dialogue continu et des discussions entre les groupes existants et je serais heureux de prendre part à ces discussions et dialogues que ce soit par emails, réunions etc. En termes d'action de suivi, c'est quelque chose que j'espérais voir ressortir très clairement de la réunion. Cependant, je pense que certains points qui ont été soulevés nécessitent d’être suivi et d’être formuler comme plans futurs ou actions de suivi et là aussi, je serais ravie d'aider à la formulation de ces plans. Je partagerai le rapport de la réunion que j'espère obtenir des organisateurs, ainsi que mon propre rapport et je discuterais avec ‘Christian Aid’ du rôle qu’elle pourrait jouer dans les actions futures.
Interview avec Charles Mutasa, Directeur Général de AFRODAD, Zimbabwe
‘Pambazuka News’: Pourquoi estimez-vous qu'une réunion des acteurs non gouvernementaux Africains et Chinois est importante en ce moment?
Charles Mutasa: L’engagement de la Chine envers le continent Africain est plus que jamais présent. Beaucoup d'affaires sont concluent entre les dirigeants Africains et Chinois. La préoccupation des citoyens concernant les nouveaux investisseurs sur le continent a été exprimée dans plusieurs plates-formes de la société civile. Les sommets Sino-africains au niveau de l'Union Africaine ont indiqué au monde le besoin de s’interroger sur ce nouveau phénomène. Beaucoup de pays ont recourt à Chine comme un contre poids de leurs relations usées avec l'Ouest – c’est la politique du "regard vers l’Est". La Chine a été cité comme le soutien des dictatures en Afrique particulièrement de l’Etat Soudanais en violations des droits de l'homme au Darfour et, ceci étant, il y a lieu de s'interroger sur le rapport entre le nouvel intérêt chinois et les droits de l'homme.
‘Pambazuka News’: Quelles sont vos réflexions clefs sur des relations Sino-africaines au sortir de la rencontre sur la Chine en Afrique?
Charles Mutasa: Il n'y a aucun engagement citoyen dans toutes les relations Sino-africaines. Cela doit être pris en compte dans le développant de réseaux et de liens entre les OSC. Il est nécessaire d'identifier les meilleures pratiques des relations Sino-africaines et de les renforcer, et en même temps de se débarrasser des faiblesses ou des inconvénients que comportent ces relations pour l’Afrique. Il est aussi nécessaire d'éviter les problèmes que l'Afrique a eu avec la banque mondiale et le FMI et s’assurer qu'ils ne sont pas répétés dans les relations Sino-Africaines.Tout en faisant leurs affaires, les Etats Chinois et Africains doivent s’engager sur la question des droits de l'homme et de la protection de l'environnement, entre autres. Les relations de personne à personne pourraient aussi apporter une meilleure transformation des relations Sino-africaines - si les relations demeurent uniquement au niveau des dirigeants politiques, le continent en bénéficiera très peu. Ainsi, le fait de lier les OSC, les universitaires, les experts et autres contribuera à nourrir les relations dans l’intérêt de tous.
‘Pambazuka News’: Comment pensez-vous que la société civile Africaine pourrait améliorer les opportunités et minimiser les risques d’une relation chinoise avec l'Afrique ?
Charles Mutasa: Au niveau sous-régional, les OSC doivent utiliser diverses plates-formes (ECOSOCC, NEPAD, UNECA, syndicats, mouvements féminins et le Parlement Pan Africain) pour engager le leadership Africain et le conseiller au mieux à l’avenir. L’UA doit avoir une approche continentale qui guide les engagements des Etats avec la Chine – cette approche doit être stratégique et basée sur l'avantage comparatif. L'utilisation de la recherche, du plaidoyer et des médias aidera dans ce cas. L'exposition et le fait de pointer du doigt et de dénoncer certaines pratiques pourraient aider à améliorer la situation. Au niveau national, des débats ouverts et transparents entre les représentants de chaque Etat et l'évaluation des projets et des affaires seraient utile.
‘Pambazuka News’: Comment pensez-vous que les organisations de la société civile Africaines et Chinoises, les universitaires et les chercheurs pourraient développer une alliance pour augmenter les opportunités pour les communautés en Afrique et en Chine?
Charles Mutasa: Il est nécessaire d'avoir des programmes d’échange entre les ONG Chinoises et Africaines; la promotion de rencontres sportives, de compétitions et d’activités culturelles; des partenariats entre universités; des activités de terrain communes sur les projets; des réunions annuelles et événements Sino-africains annexes.
‘Pambazuka News’: Au sortir de la réunion de Shanghai, quels sont les résultats concrets que vous souhaitez mettre en oeuvre ou auxquels vous souhaitez participer?
Charles Mutasa: Aux programmes d’échange entre la Chine et les ONG Africaines, aux activités de terrain communes sur les projets et aux activités de recherches et de plaidoyer.
Interview avec Antony Otieno Ong'ayo, de l’Institut Transnational des Pays-Bas. Pays d'Origine: Kenya
‘Pambazuka News’: Pourquoi estimez-vous qu'une réunion des acteurs non gouvernementaux Africains et Chinois est importante en ce moment?
Antony Otieno Ong’ayo: La réunion a amélioré la connaissance des ONG en terme de questions politique, de législation et de politique nationale adaptées à leurs secteurs respectifs d'engagement, ainsi qu’en terme de ressources appropriées de partage de connaissances (cela implique le partage d'exemples, d’expériences et de leçons avec des pairs.‘Pambazuka News’: Quelles sont vos réflexions clefs sur les relations Sino-africaines au sortir de la rencontre sur la Chine en Afrique?
Antony Otieno Ong’ayo: La nécessité d’avoir des partenariats et des programmes axés sur l'étude de moyens permettant aux OSC de mieux exploiter les acquis pour influencer le processus des politiques, améliorant les activités de communication et d'information. La nécessité pour les ONG Chinoises et Africaines de bénéficier de nouvelles circonstances et de s’orienter vers l’utilisation de la technologie interactive étant donné que la technologie n'est pas seulement un outil, mais une partie d'un processus co-évolutionnaire qui façonne les formes et les pratiques organisationnelles. La nécessité d'avoir accès à une information correcte de l’Etat comme un moyen d’identifier les questions à soulever.‘Pambazuka News’: Comment pensez-vous que la société civile Africaine pourrait améliorer les opportunités et minimiser les risques d’une relation chinoise avec l'Afrique ?
Antony Otieno Ong’ayo: Engagement dans la transformation de l'espace politique national, international et transnational. Le besoin de consultations au niveau des différentes régions géographiques des pays en voie de développement pour mieux comprendre le rôle que les OSC jouent actuellement dans l'utilisation des acquis pour promouvoir les politiques et pratiques de développement et explorer ce qu'elles ont à améliorer.
‘Pambazuka News’: Comment pensez-vous que les organisations de la société civile Africaines et Chinoises, les universitaires et les chercheurs pourraient développer une alliance pour augmenter les opportunités pour les communautés en Afrique et en Chine?
Antony Otieno Ong’ayo: Travailler ensemble pour dégager des idées utiles à l’amélioration des pratiques. Identifiez les opportunités de collaboration à petite échelle et de programmes d’échange (au niveau de la capacité de consultation institutionnelle, organisationnelle et individuelle).
‘Pambazuka News’: Au sortir de la réunion de Shanghai, quels sont les résultats concrets que vous souhaitez mettre en oeuvre ou auxquels vous souhaitez participer?
Antony Otieno Ong’ayo: A l’entreprise de la recherche dans n'importe quel secteur des relations Chine-Afrique ; à l'impact de l'investissement chinois à partir de perspectives diverses, particulièrement sur les questions concernant le travail et les droits de l'homme ; à l'impact sur la question politique entre les Etats Africains, aux textes destinés à la publication en Chine et en Afrique (pour ‘China Development Brief’ et Pambazuka si les structures pour de telles contributions sont créées).
Il est nécessaire d’avoir un autre forum où les problèmes concrets pourraient être traités en guise de suivi de la rencontre de Shanghai. À cette réunion, des mesures concrètes et des structures d'action pourraient être élaborées afin que des objectifs clairs et un plan d'action puissent être établis pour aider à atteindre de tels objectifs. Ils pourraient inclure des activités communes (recherche, enquêtes, mais aussi partage d’expériences et d'informations qui pourraient être documentées et partagées entre les ONG en Chine et en Afrique).
Quelques recommandations de politiques pourraient être développées pour leur utilisation dans le cadre du processus de dialogue entre les Etats chinois et africains sur des questions spécifiques qui sont la préoccupation majeure de la société civile dans les deux continents. Une structure de dialogue pourrait aussi être mise en place afin que les participants aux relations Chine-Afrique puissent s'engager avec les Etats Africains et Chinois, les investisseurs et établissements financiers concernés en vue de constituer une voix alternative pouvant influencer les politiques dans l’intérêt des communautés qui sont affectées soit par les politiques économiques ou politiques appliquées dans le cadre des relations Sino-Africaines.
* Hakima Abbas est Analyste Politique de l’UA pour le Fahamu
* Cet article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News n° 306. Voir :
* Veuillez envoyer vos commentaires à [email protected] ou en ligne sur www.pambazuka.org
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