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    C'est officiel : Me Abdoulaye Wade est le candidat du parti démocratique Sénégalais (Pds) à la présidentielle du 27 février 2007. Le Bureau politique du Pds, transformé en congrès extraordinaire, en a pris la décision hier, dimanche 15 octobre, au Méridien Président. C'est au cours de cette rencontre que le Président Wade a annoncé sa décision de nommer le député Awa Diop, 2ème questeur de l'Assemblée nationale, ministre délégué auprès du Premier ministre.

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    Les producteurs ivoiriens de cacao ont déclenché lundi un mouvement de grève national et manifesté pour protester contre le nouveau prix d'achat de la fève, jugé "insuffisant" et victime "des taxes encore trop élevées", a appris l'AFP de sources concordantes. L'Anaproci, qui regroupe la majorité des 600
    000 planteurs de Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao dénonce le nouveau prix d'achat de la fève, fixé à 400 francs CFA (O,61 euro) le kilo, et réclamer un prix plus élevé de 600 FCFA/kg.

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    Au moins trois personnes ont été blessées lundi à Lodja, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), lors de heurts entre partisans du président Joseph Kabila et du vice-président Jean-Pierre Bemba, a-t-on appris auprès de témoins. "J'ai conduit trois blessés à l'hôpital. Ils souffrent de coups, de contusions", a déclaré à l'AFP l'abbé Alain Lomandja, contacté par téléphone à Lodja depuis Kinshasa.

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    Un politologue québécois d’originaire tchadienne, Derlemari Nebardoum, installé au Canada depuis vingt ans, vient de publier un livre au titre décapant : « Québec : la société hypocrite ou la misère de l’immigration ».
    Publié aux éditions Grenier, le livre, que APA a parcouru, est un violent réquisitoire de l’échec de l’intégration des immigrés africains « doublement victimes » de discrimination raciale et de l’inadéquation de la politique de l’immigration.

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  • Contributor | Gouvernance

    La fiche individuelle d’enregistrement est maintenant disponible sur le site Web. Télécharger cette fiche, la remplir, et la renvoyer au secrétariat 2007 de WSF. La fiche individuelle d’enregistrement est maintenant disponible sur le site Web. Télécharger cette fiche, la remplir, et la renvoyer au secrétariat 2007 de WSF. Le secrétariat du FSM 2007 est donc fier de pouvoir vous annoncer que l'enregistrement individuel au Forum Social Mondial 2007 à Nairobi est désormais ouvert.

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    Abou Obeida Abdallah, journaliste du quotidien privé Al-Rai al-Aam, a été libéré le 15 octobre 2006. Son journal a fait savoir que son arrestation par les services de sécurité, le 29 septembre, était en relation avec l’assassinat, au début du mois, de Mohamed Taha, rédacteur en chef du quotidien privé Al-Wifaq. Un suspect, interpellé dans cette affaire, aurait confié aux services de sécurité avoir reçu un appel du journaliste d’Al-Rai al-Aam lui annonçant le meurtre le jour même.

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    Bien que membre fondateur des Nations Unies, l’Afrique du sud n’avait jamais encore occupé un siège au Conseil de sécurité. Privée de son droit de vote pendant les années d’apartheid, elle se retrouve donc élue, pour la première fois, à une écrasante majorité de l’Assemblée générale, comme membre non permanent. L’Afrique du sud remplacera la Tanzanie, à compter du 1er janvier, pour une durée de deux ans.

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  • Contributor | Gouvernance

    Ils sont plusieurs milliers à déserter l’Afrique du Sud, au risque de nuire à son développement économique. Pour les Blancs natifs de la nation Arc-en-ciel, la discrimination positive et la violence sont autant de raisons de quitter un pays qui fait, selon eux, d’une partie de ses citoyens des Sud-Africains de seconde zone. En dix ans, plus exactement depuis la fin de l’Apartheid, la population blanche s’est ainsi réduite de 16,1%, soit d’un cinquième.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le gouverneur Peter Obi de l'Etat d'Anambra, dans le sud-est du Nigeria, a reçu un avis de destitution de la part de l'Assemblée de l'Etat pour magouilles, ont rapporté lundi les médias locaux. Cette information est survenue quelques heures après qu'un autre gouverneur, Ayo Fayose, de l'Etat d'Ikiti, dans le sud-ouest et son adjoint, ont été destitués par l'Assemblée de leur Etat pour corruption.

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  • Contributor | Gouvernance

    La firme américaine Western Union, avec ses 15% de part de marché, est le leader mondial du transfert de fonds transfrontalier. L’Afrique de l’Ouest constitue l’un de ses pôles de croissance. En France, environ 50 % des transactions effectuées dans le réseau de la Banque Postale, son partenaire depuis 10 ans, concerne cette partie du monde.

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  • Contributor | Gouvernance

    Trente huit plaintes contre des candidats élus le 8 septembre sont enregistrées, à ce jour, devant le Conseil constitutionnel pour invalidité. Une liste appelée à s’élargir, selon une source de la deuxième Chambre. Ainsi près de la moitié des élections sont contestées. La particularité de ces plaintes, au-delà de leur nombre important, est qu’elles émanent pour une bonne partie des autorités publiques.

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  • Contributor | Gouvernance

    Après 10 ans d’insurrection armée, les rebelles de l’Est soudanais ont signé samedi 14 octobre un accord aux termes duquel le gouvernement soudanais leur fait une place dans l’appareil d’Etat. Signé à Asmara, la capitale erythréenne, par le responsable de la délégation des rebelles de l’Est du Soudan, Mousa Mohamed Ahmed, avec le Président Omar Hassan al Bachir, cet accord constitue un pas important vers l’apaisement civil au Soudan, et le Président Al Bachir s’est engagé à le "respecter à la lettre".

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  • Contributor | Gouvernance

    A l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation, le Programme alimentaire mondial a procédé dimanche au lancement d’un jeu vidéo gratuit destiné à sensibiliser les enfants à la lutte contre la faim. A travers des missions à accomplir et de brefs reportages, Food Force expose la diversité des difficultés rencontrées par les travailleurs humanitaires dans leur combat contre la faim. Un fléau qui frappe plus de 850 millions de personnes dans le monde.

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  • Contributor | Gouvernance

    Les autorités tunisiennes se sont prononcées pour l’application d’un décret de 1981 condamnant le port du voile dans les lieux publics, dans le but de faire reculer l’islamisme. Depuis, des policiers auraient arraché le couvre-chef de plusieurs femmes « en pleine rue ». Certaines associations des droits de l’Homme et des femmes dénoncent la position du gouvernement.

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    À Madagascar, les consultations publiques sur un colossal projet d'exploitation de nickel et de cobalt à 120 km de la capitale laissent sceptiques les participants, tiraillés entre les avantages économiques promis et les risques pour la santé et l'environnement. Ils peuvent donner leur avis, mais c'est l'État, acquis à ce projet, qui décide.

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  • Réduire la pauvreté de façon substantielle en Afrique va requérir des changements de politiques importants, écrit Roselynn Musa. Changement improbable à moins que les voix des femmes et des pauvres soient entendues et respectées, lesquelles sont actuellement absentes des négociations concernant les politiques commerciales.

    Il a souvent été postulé que le commerce plutôt que l’aide sera le catalyseur qui propulsera l’Afrique hors du cycle de l’interminable pauvreté dans une ère de prospérité économique. Il n’y a pas lieu de nier le fait que le commerce a bénéficié aux femmes africaines en particulier en générant des emplois.

    Cependant, la recherche sur l’impact des politiques commerciales en matière de relation et d’égalité entre les sexes révèle une image perturbante. Ces recherches montrent que le commerce affecte les hommes et les femmes différemment et souvent affectent les femmes de façon plus négative que positive dans leur situation de travailleuses, consommatrices, productrices et de femmes au foyer. La recherche montre également que même parmi les femmes, il y a des différences selon qu’elles résident en milieu urbain ou rural, qu’elles soient jeunes ou plus âgées.

    Ce document conteste donc, le mythe qui proclame que la libéralisation du commerce apporte beaucoup de bénéfices à peu de frais. La libéralisation du commerce peut apporter beaucoup de bénéfice à un pays, mais il est également vrai qu’elle impose un lourd fardeau aux femmes dans les zones d’exportation (Export processing Zones, EPZ) ainsi que dans l’agriculture de rendement.

    Ce document, centré sur les questions de genre et du commerce en Afrique, se penche sur les problèmes liés à l’emploi, au travail, à la privatisation, aux écarts de salaires et à l’impact du commerce sur la sphère de la production et de la reproduction. Dans sa conclusion, il proposera des mesures qui pourraient être prises afin de promouvoir un commerce équitable du point du vue des genres en Afrique.

    Il est évident que la libéralisation a des résultats différents pour les hommes et pour les femmes. Ceux-ci portent sur nombre d’aspects fondamentaux de la vie et du bien-être tel l’emploi, le revenu, la sécurité alimentaire et l’accès aux services de santé. Les résultats diffèrent selon les pays et les régions et sont basés sur le type de l’aire économique et des secteurs spécifiques, des mesures et opportunités ainsi que du rythme des politiques commerciales. Ils sont transversaux dans le sens où ils ont un impact sur différents secteurs et sous secteurs de la libéralisation du commerce : agriculture, services, vêtements et textiles et la propriété intellectuelle.

    Pratiquement, l’impact du commerce est perçu par les hommes et les femmes au niveau individuel lors de la fluctuation des prix (et par conséquent la disponibilité des marchandises) et au travers des changements dans le mode de production (le travail nécessaire pour produire, comment et dans quelles conditions).

    L’argument principal des avocats des politiques de marché libre, y inclut certains défenseurs des femmes, est que l’augmentation du commerce et la libéralisation de l’investissement peuvent améliorer la croissance économique en conséquence de quoi les femmes verront augmenter leur participation au marché du travail. Ce qui a augmenté les opportunités de travail dans l’agriculture non traditionnelle tel le marché des fleurs coupées, du vêtement et du textile et dans le secteur des services.

    Le commerce peut apporter de nouveaux emplois et des opportunités pour faire des affaires mais les inégalités tel le manque de qualification et la division du travail selon le genre signifie que les effets pervers de la libéralisation du commerce- inclus l’impact sur le marché et les conditions de travail- sont perçus davantage par les femmes que par les hommes.

    L’impact de la libéralisation du commerce peut varier aux différents niveaux de l’économie et entre les hommes et les femmes. Pourtant le tableau est souvent complexe et contradictoire. Par exemple, les femmes africaines ont bénéficié de la libéralisation du commerce grâce à un meilleur accès à l’emploi comme c’est le cas dans les Economic Processing Zones (EPZs). Toutefois les femmes africaines ont payé cet ajustement au prix de leur rôle dans la gestion de leur foyer et de l’agriculture traditionnelle qui ont été affectés négativement.

    Les inégalités qui résultent de la différence d’impact sur les hommes ou sur les femmes peuvent être redressées par les gouvernements et autres acteurs internationaux qui se sont engagés en faveur des droits de la femme dans les négociations commerciales. Par exemple le manque d’un mécanisme qui intégrerait les droits de la femme dans les accords commerciaux et financiers actuels est évident. Au moment de la quatrième conférence mondiale des femmes à Pékin, ces régimes et leurs impacts sur la vie des femmes n’existaient pas et n’ont donc pas pu être pris en compte par la Beijing Platform for Action (BPfA) , organe qui a découlé de la conférence.

    La libéralisation de l’importation signifie une diminution des droits de douane sur les marchandises qui entrent dans le pays et qui sont prélevés par les gouvernements. Ceci entraîne généralement une diminution des revenus nationaux et donc une coupe dans les dépenses gouvernementales. Ces coupes affectent particulièrement les femmes dans ce qu’elles affectent les services sociaux tels les services de santé, l’approvisionnement en eau potable, en électricité et ainsi de suite.

    L’effondrement des prix en raison d’une surabondance de produits d’importation à bas prix a deux conséquences : l’une bénéfique parce qu’il permet aux femmes d’acquérir des marchandises à bon compte ; l’autre néfaste parce qu’il accroît la compétition au niveau des petits producteurs qui sont souvent des femmes. Facteur aggravant, les politiques gouvernementales d’aide à l’exportation, qui devraient servir à amortir les effets pervers subis par les petits producteurs, servent en réalité l’agriculture de rendement qui est principalement dans les mains des hommes. Il s’en suit un effet négatif sur la sécurité alimentaire, domaine privilégié des femmes.

    Si l’on considère la répartition des sexes dans la participation aux processus de décision concernant la question du commerce au niveau national, sub-régional et régional, on s’aperçoit que les femmes jouent un rôle mineur. Il y a un grand fossé pour tout ce qui touche à l’intégration des données ayant trait au genre. De plus les femmes ne sont guère consultées. Aussi longtemps que les femmes auront à négocier leur place dans la famille et au travail, elles s’engageront dans le secteur informel ou dans le travail à domicile.

    Une participation paritaire des femmes dans des activités commerciales est en plus entravée par les difficultés qu’il y a à obtenir un capital, le manque de formation adéquate et des contacts limités avec le réseau commercial national ou international. Au vu de ce qui précède, il est nécessaire d’admettre que la participation des femmes au commerce international doit se faire dans des conditions qui leur permettent les mêmes choix qu’aux hommes, où elles sont également impliquées dans le processus de décision, avec les mêmes opportunités de croissance pour leurs affaires et leurs exportations.

    La question qui se pose à ce stade est la suivante : dans quelle mesure l’engagement des gouvernements africains pour la parité des genres dans les politiques commerciales s’est-il traduit dans la pratique ? Au cours de ces dernières années, il a été estimé que le commerce international a acquis une place proéminente dans les stratégies de développement économique celle-ci devant permettre le développement des pays africains sans ajouter à l’endettement.

    De surcroît, il était espéré que la création d’emplois, le transfert de nouvelles technologies et la création de liens avec le reste de l’économie, le Foreign Direct Investement (FDI) relèverait le défi que constitue la pauvreté du continent. Ainsi les réformes de politiques, dont le but était de favoriser l’investissement dans les pays africains visant à attirer le FDI, n’ont pas pour autant permis atteindre l’objectif désiré qui était l’augmentation d’un flux en provenance du FDI dans le secteur de la production ou de contribuer à une croissance plus rapide et à une réduction de la pauvreté.

    Le continent contribue actuellement seulement 2 à 3 % du flux global, ce qui constitue une diminution par rapport au 6% du milieu des années 70. Même sur la base du revenu per capita, le fossé entre l’Afrique et d’autres pays en voie de développement s’est considérablement élargi au cours des années 90 et demeure très large.

    Bien qu’il y ait des signes de petits progrès dans le domaine de la parité des genres et généralement pour ce qui touche aux questions de genre, d’autres mesures doivent être prises. Plus spécifiquement les questions ayant trait au genre doivent être mises aux programmes du commerce et du développement de façon plus cohérente. Les politiques commerciales doivent être harmonisées avec les politiques visant la parité et les politiques de développement telles qu’elles sont entérinées dans la Convention pour l’Elimination de toute forme de discrimination à l’encontre des femmes et le « Beijing Platform for Action » (BPfA).

    Il est généralement admis que les femmes constituent la majorité des travailleurs dans l’EPZs où leurs préoccupations concernant le travail et les aspects sociaux diffèrent de celles des hommes. Les femmes qui travaillent dans ces usines sont confrontées non seulement à de mauvaises conditions de travail mais doivent en outre assumer leur ménage. Les femmes ont des salaires moindres que les hommes, en partie parce qu’il est présumé avec persistance, que le revenu de la femme constitue un revenu secondaire plutôt que principal.

    La précarité de l’emploi est aussi constante que le manque d’accès à la formation, aux soins de santé, à la sécurité sociale et en particulier aux soins pour les enfants. Elles sont souvent embauchées avec des contrats à court terme- ou sans contrat du tout- pour travailler de longues heures avec peu ou pas de sécurité d’emploi et dans des conditions dépourvues de toutes mesures de protection de la santé. Afin de pouvoir faire face à la concurrence et maintenir des prix bas, les entreprises font payer le prix du risque et des charges aux femmes. En outre il est toujours attendu qu’elles élèvent des enfants, s’occupent des malades et des vieillards même lorsqu’elles sont le principal gagne pain de la famille

    Malgré l’existence de codes de conduite pour les compagnies et des conventions internationales qui protègent les travailleurs, les gouvernements bradent ces obligations sous la pression des investisseurs nationaux et internationaux comme le Fond Monétaire Mondial (FMI), l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), la Banque Mondiale dont les prêts sont assortis de conditions. Ceci signifie que les normes de travail ne sont pas universellement respectées avec, pour conséquence, des contrats à court terme avec peu ou pas de bénéfice

    Des études ont montré que l’industrie a un effet positif sur les femmes qui y travaillent, améliorant leur estime d’elle-même et leur capacité de prise de décisions dans le sein de la famille. Un emploi payé peut améliorer l’autonomie des femmes ainsi que leur statuts économique et social, leur bien-être, leur pouvoir de négociations et de façon générale leur statuts. Il peut aussi modifier le rapport de pouvoir entre les hommes et les femmes y compris au sein du ménage.

    Toutefois il y a quelques ombres au tableau. Les structures du marché du travail national ainsi que celle de la chaîne global de production est liée au genre. En dépit des avantages, de nombreuses situations de libéralisation du commerce sont couplées avec une ségrégation persistante, en terme de distribution des genres, qui s’exerce aussi bien verticalement (c’est-à-dire en terme de hiérarchie) qu’horizontalement (qui porte sur l’accès au travail respectivement pour les hommes et les femmes).

    Les femmes sont non seulement une force de travail moins onéreuse, mais sont également supposés êtres plus dociles. En raison de la division du travail selon le genre, les femmes travailleront dans le textile, ce qui est conforme aux normes présidant aux relations de genre. Les femmes tendent à tenir des emplois requérant moins de formation que les hommes ; il est courrant que leur salaire soit inférieur à celui d’un homme et qu’elles travaillent dans des conditions insalubres qui se caractérisent par un harcèlement ou chantage sexuel.

    Il est important de noter la différence d’impact parmi les femmes selon leur âge, la classe sociale, la race, l’ethnie ou la localisation géographique. En général ce sont les femmes pauvres et marginalisées qui sont le plus affectées par le chômage et la restructuration du marché du travail. De fait, les résultats diffèrent pour les femmes selon leur rôle et leur localisation. Par exemple au Ghana, les consommatrices des centres urbains ont bénéficié de la disponibilité de denrées alimentaires à bas prix parce qu’elles ne font qu’acquérir.

    Par contraste, les femmes des régions rurales qui ne font que produire ont souffert de ces politiques de promotion de l’exportation qui ont principalement bénéficié aux hommes et à ceux qui pratiquent l’agriculture à grande échelle. Elles ont aussi souffert- comme les hommes- du déclin de revenu dû à une compétition accrue avec les produits importés, une réduction des prix des denrées produites et vendues localement ainsi que le déclin des prix des matières premières sur les marchés internationaux.

    Les réformes politiques induites par la libéralisation du commerce et de l’OMC ont pour conséquence une réduction de l’espace politique et ont altéré le rôle de l’Etat de façon considérable. Certains commentateurs ont avancé l’argument que la libéralisation du commerce menace la base fiscale des Etats en réduisant les droits douaniers qui se conjuguent avec les restrictions budgétaires imposées par les institutions financières internationales.

    La réaction la plus commune à ce problème a été d’augmenter les impôts à l’intérieur du pays, par la taxation indirecte des biens et services avec une focalisation sur la Taxe à Valeur Ajoutée (TVA). La TVA est particulièrement pernicieuse pour les femmes dans leur rôle de consommatrices et de reproductrices dans la mesure où cet impôt est prélevé sur les biens nécessaires au ménage ainsi que sur tout outil/appareil domestique susceptible d’alléger leur travail.

    L’austérité fiscale a également des implications sur les dépenses consacrées à la santé et à l’enseignement, qui sont essentielles pour tous, mais particulièrement pour les femmes. Cette austérité peut aussi empêcher le gouvernement de mettre en place des mesures de protection sociales et des filets de sécurité pour compenser les effets négatifs de la libéralisation. Les impacts négatifs sont aggravés par les effets pervers des règles du commerce international qui érodent les engagements nationaux en faveur de la convention internationale des droits de l’homme et de l’égalité des genres.

    En pratique, la libéralisation des services est l’aboutissement ultime du programme de privatisation tel qu’appliqué par le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et ses programmes d’ajustements structurels et, plus récemment, son programme de réduction de la pauvreté et de promotion de la croissance. Les avocats de la libéralisation argumentent que ces programmes vont réduire le prix des services. Il n’en reste pas moins que les Etats ont l’obligation de pourvoir aux besoins de leurs citoyens et donc de garantir l’accès universel aux services essentiels qui touchent au droit des personnes de voir leurs besoins fondamentaux satisfaits.

    L’expérience montre que lorsque le prix des services essentiels augmente, les femmes ont à compenser la pénurie des ressources du ménage. Les capacités d’un gouvernement à réglementer la qualité de ces services sont cruciales pour garantir que les règles sont appliquées de sorte à ne pas entraver la réalisation des objectifs nationaux de développement en particulier en ce qui concerne la question des genres.

    La libéralisation du commerce a donc un impact sur le travail impayé des femmes. Outre qu’elles ont à se soucier davantage des personnes plus vulnérables en raison des coupes dans les dépenses sociales, la nécessité de produire pour l’exportation entraîne l’abandon de l’agriculture de subsistance où ces personnes dépendantes pouvaient souvent être intégrées ou, à défaut, le fardeau pouvait être partagé entre les membres de la famille.

    De surcroît, bien qu’un emploi payé à l’extérieur puisse présenter de nombreux avantages pour les femmes, il n’en reste pas moins que le travail requis pour reproduire et prendre soin de la force de travail implique souvent une double, voir une triple charge de travail, ce qui, à force de jongler avec leurs nombreuses obligations, génère chez nombre de femmes, un stress considérable. Le travail domestique non rémunéré des femmes augmente encore dans les périodes de déclin économique.

    Lorsque le revenu des ménages diminue, les possibilités d’acquérir de l’aide sous la forme de personnes ou d’appareils ménagers s’amenuisent et ce sont les femmes qui assument de surcroît le soin aux enfants et aux vieillards. C’est dans ces temps-là que les femmes sont le plus susceptibles d’entreprendre des activités informelles pour améliorer les finances familiales.

    Recommandations

    - Le besoin de récolter des data intégrant la question du genre et de procéder à des recherches détaillées sur l’impact de la libéralisation du commerce sur les relations des genres et de la vie des femmes ;

    - Les mécanismes de révision des accords commerciaux ainsi que l’évaluation de l’impact général peut être utilisé comme point de départ pour les analyses concernant le genre ;

    - Le renforcement des capacités est requis afin d’aider les femmes à participer dans l’établissement des priorités pour les politiques commerciales et de l’emploi ;

    - Les agences de développement ainsi que les ministères doivent intégrer la donnée du pouvoir inégal des hommes et des femmes dans leurs programmes d’accès aux marchés ;

    - Des alliances stratégiques doivent être conclues entre les avocats de l’égalité des genres, les syndicalistes et les acteurs du développement qui travaillent à l’élaboration des programmes et des politiques ;

    - Il est nécessaire de se concentrer sur l’amélioration des compétences des femmes afin de compenser la perte de la production domestique et de leur permettre de s’adapter aux nouveaux marchés. Egalement il convient de développer de meilleurs outils pour évaluer l’impact des genres sur les accords commerciaux ;

    - Des programmes devraient être développés qui assure aux femmes un meilleur accès aux ressources (terres et crédit) ;

    - Une attention particulière devrait être accordée à la mise à disposition de service comme le soin aux enfants, des cliniques de santé mobile, la protection maternelle, des congés de maladie payés, etc., afin que les femmes puissent prendre part à des activités commerciales ;

    - Les institutions internationales impliquées dans des activités commerciales devraient assumer davantage de responsabilité en ce qui concerne le droit des femmes ;

    - Les accords internationaux concernant le droit des femmes tel le CEDAW et le BPfA doivent être respectés ;

    - Les femmes devraient être mieux formées, en particulier dans le domaine de la gestion, des études de marché et pouvoir acquérir des connaissances dans le domaine technologique afin de pouvoir dépasser le stade des programmes de micro-finance. Elles devraient avoir un meilleur accès aux crédits et aux marchés financiers ;

    - Des réseaux devraient être créés pour la défense des droits de la femme, de la formation, du partage de l’information. Il faudrait favoriser une prise de conscience chez les femmes entrepreneurs, les ONG orientées vers les questions de genre et les employés gouvernementaux ;

    - Les employeurs devraient promouvoir l’avancement des femmes et ne pas les confiner dans des tâches subalternes mal payées ;

    - Les travailleuses devraient pouvoir faire valoir leurs droits ;

    - L’introduction du commerce équitable afin d’assurer aux femmes un salaire correct pour leurs contributions à l’agriculture et les processus de production afin de leur assurer une stabilité de revenu ;

    - Toutes les institutions impliquées dans des politiques commerciales ainsi que les gouvernements doivent agir dans la transparence et prendre leurs responsabilités ;

    - L ‘élaboration de politiques devrait être démocratique et participative

    Le continent africain reste largement en marge de l’économie mondiale avec plus de la moitié de sa population qui vit avec moins d’un $ par jour. Si l’objectif principal du « Millenium Development Goal » doit être atteint, qui consiste à réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici 2015, un changement considérable de politique est requis, aux niveaux national et régional, afin de stimuler la croissance et le développement en Afrique. Ces changements politiques sont peu probables à moins d’un processus considérablement plus démocratique préside à l’élaboration des politiques et ce à tous les échelons. En particulier les femmes et les pauvres- absents des négociations de politiques commerciales- doivent êtres entendus et respectés

    References

    African Union, (2004) The Road to Gender Equality in Africa: An Overview, Ethiopia

    Barbara K (2002), Gender and Debt, Harare, AFRODAD

    Beneria L et al, Engendering International Trade: Concepts. Policy and Action,

    Edward O. et al, (2000) The Cost of Globalisation, Geneva

    http://www.siyanda.org

    Margaret S. et al, African Women and Development (1995), Johannesburg

    Pheko, M. (2005) Gender and Trade Issues in Africa, Paper prepared for NEPAD Secretariat

    United Nations Conference on Trade and Development, UNCTAD, (2004) Trade, Sustainable Development and Gender

    UNICEF Eastern and Southern Africa Regional Office, Women’s Economic activities and Integration Network, report of meeting of focal points for Women’s Development Programme,

    UNIFEM, Gender, Science and Development Working Paper Series

    Van Starveren (2002) Gender and Trade Indicators, Brussels, WIDE

    WIDE (2003) Feminist Challenges in a Globalised Economy, Brussels

    Wiliams, M. (2002), Women in the Market: A manual for Popular Economic Literacy, , Brussels, WIDE

    World Bank, 2001

    * Roselynn Musa travaille pour le African Women’s development and Communications Network (le réseau africain des femmes pour le développement et la communication), Femnet, Nairobi, Kenya.

    * Cet article a d'abord paru dans l'édition anglaise de Pambazuka News n° 268. Voir : www.pamabazuka.org

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  • Le vendredi 25 août dernier, un comité de l'Assemblée générale des Nations Unies a approuvé une convention des Nations Unies sur les droits des personnes frappées de handicaps. Cette convention constitue le premier traité du 21eme siècle consacré aux droits de l'homme et a pour but d'encourager les gouvernements à voter des lois pour protéger les personnes autrement capables ainsi qu'à éliminer toute loi et pratique discriminatoires. Lina Lindblom qui travaille au sein du Secrétariat de la Décennie Africaine des Personnes Autrement Capables analyse la portée de cette convention pour les quelques 60 millions de personnes handicapées vivant en Afrique.

    Le premier traité du 21e siècle consacré aux droits de l’homme vient d'être mis au point auprès des Nations Unies. Il servira à promouvoir et à protéger les droits de 650 millions de personnes autrement capables à travers le monde. En Afrique, la décennie de 1999 à 2009 a été proclamée par l'Union africaine: la Décennie Africaine des Personnes Autrement Capables. Cette toute première convention portant sur les droits de l’homme pour les handicapés sera un outil important pour le Secrétariat qui facilitera la mise en œuvre du plan d'action adoptée pour la Décennie Africaine.

    Il y a presque 60 millions de personnes autrement capables qui vivent en Afrique. Ces individus ne sont presque pas aperçus dans les sociétés africaines et ont rarement l'occasion de pouvoir faire entendre leur voix ou exprimer leurs opinions sur des sujets d'ordre général auxquels les médias attirent notre attention. La plupart de ces personnes sont privées de scolarité, de possibilités d'emploi et de participation aux programmes de développement. L’action africaine des handicapés qui milite pour les droits de l’homme vise essentiellement à éliminer cette exclusion et la pauvreté débordante qui en découle.

    Le Secrétariat de la Décennie africaine des personnes autrement capables prône l'inclusion de l'invalidité dans les priorités actuelles de développement parmi les états membres de l'Union africaine puisque l'exclusion conduit à la pauvreté et au désespoir des Africains autrement capables. La nouvelle convention constitue une structure importante consacrée à l'infirmité, aux droits de l’homme ainsi qu’au développement.

    Il sera de plus en plus important d'associer toute étude sur l'infirmité à cette convention, y compris les éventuels moyens de réduire la pauvreté. La Décennie Africaine des Personnes Autrement Capables, 1999-2009, fut proclamée par l'Union africaine dans le but de traiter des droits de l'homme ainsi que des besoins de développement des Africains autrement capables.

    Des représentants d’organisations pour les personnes autrement capables et des agences auprès des Nations Unies ont proposé un plan d'action continental pour la Décennie Africaine. Ce plan a été approuvé par le conseil exécutif de l'Union africaine en 2002. En 2003 le gouvernement sud africain a accepté d'être le siège du Secrétariat de la Décennie Africaine, ce dernier étant installé au Cap en 2004. Le Secrétariat facilite la mise en œuvre du plan d'action continental de par son programme Décennie Africaine pour les Autrement Capables (ADDP), programme financé principalement par les gouvernements suédois et danois.

    L’un des principaux centres d'intérêt de l’action consacrée aux autrement capables, est l'intégration du concept de l'infirmité, c'est à dire, le besoin d’inclure la notion d'infirmité et celle des personnes autrement capables dans tout développement communautaire en cours. Pour les gouvernements et les organisations de développement, il s’agit d'inclure l'infirmité dans leurs politiques et leurs programmes ainsi que d'inviter les personnes autrement capables à participer au développement de ces politiques et programmes. L’action qui milite pour les autrement capables rejette toute notion de procédés séparés, exclusifs, qui les tiennent hors du circuit normal sociétal.

    Puisque l'intégration est un mot clé dans l’action consacrée aux autrement capables, vous vous posez peut-être la question : comment se fait-il qu'on ait élaboré une nouvelle convention des droits de l'homme tout à fait à part et consacrée uniquement aux handicapés? Au fait, certains à l'intérieur de l’action auraient souhaité que la notion du handicap fasse déjà partie des dispositions actuelles concernant les droits de l’homme; mais la majorité soutient avec ferveur la nouvelle convention.

    Petronella Linders, employée du gouvernement sud africain, qui a apporté sa contribution à la délégation sud africaine lors des délibérations à New York, se déclare convaincue que la nouvelle convention obligera les pays à revoir leurs propres lois, tout en considérant la notion d'infirmité. Aussi une convention à part pourra-t-elle en fin de compte renforcer et faire valoir l'intégration de l'infirmité dans la législation nationale.

    Auparavant, l'approche de plusieurs gouvernements africains était de faire appliquer de façon ponctuelle des lois concernant les droits de l'homme pour les personnes autrement capables. Dorénavant, si les gouvernements ratifient la convention, ils seront tenus d'appliquer les contenus de ce document qui aura force de loi.

    Thomas Ong'olo, de nationalité kényane et responsable de dossiers auprès du Secrétariat de la ADDP, partage cet avis. Il déclare que la nouvelle convention sera un instrument crucial « pour rappeler aux gouvernements notre présence». Auparavant, les personnes autrement capables étaient trop souvent simplement écartées. S’y ajoute aussi l'argument que les personnes frappées d'un handicap se voient dans un encadrement légal qui les défavorise par rapport aux autres groupes vulnérables (tels les réfugiés ou les femmes) car ces derniers sont eux protégés par des organismes bien distincts tenus de faire appliquer les dispositions spécifiques prescrites par les conventions de droits de l’homme.

    La convention sur les droits de l'enfant est jusqu’à présent la seule à mentionner de façon formelle les personnes autrement capables. Les autres conventions mentionnent ces mêmes personnes comme faisant partie de « groupes vulnérables ou marginalisés ». Les gouvernements ratifiant la nouvelle convention seront tenus par la loi de traiter des personnes autrement capables non seulement comme un groupe vulnérable ou une minorité, mais aussi en tant qu’individus possédant des droits clairement définis par la loi.

    Il ressort qu’il y a eu une forte participation aux étapes menant au développement de la nouvelle convention et que cette participation s’est passée sans difficultés. Depuis 2002, plus de 400 délégués et avocats défenseurs des autrement capables du monde entier ont assisté aux huit sessions tenues aux Nations Unies à New York.

    Parmi les problèmes sérieux soulevés a été l’impossibilité pour plusieurs handicapés en provenance de pays en voie de développement et représentant des organismes de handicapés d’assister aux réunions, ce qui signifie que leurs problèmes et leurs points de vue n'ont pas été suffisamment pris en considération dans la version préliminaire de la convention, ce qui est, une fois de plus, une conséquence du problème de pauvreté. Parmi ces organismes africains, plusieurs n'avaient simplement pas les moyens de payer à leurs délégués le voyage jusqu’au siège social des Nations Unies à New York.

    Selon Phitalis Were Masakhwe, conseiller international auprès des Nations Unies chargé de l'infirmité, il semble qu'il y ait un grand écart entre les attentes, les besoins et les aspirations des personnes autrement capables venant de pays en voie de développement par rapport à ceux en provenance de pays dits développés. En Afrique et dans certaines régions asiatiques, on aurait préféré une convention qui mette l’accent sur les défis majeurs : la pauvreté, l'infirmité, les conflits ainsi que l'exclusion de l'infirmité dans la coopération et le développement internationaaux.

    Thomas Ong'olo, qui travaille au sein du Secrétariat de la Décennie Africaine est du même avis. Il affirme que les points de repère pour les discussions qui ont eu lieu à New York avaient été décidés par les pays riches : « Parfois les discussions peuvent tourner autour d'un problème qui n'a simplement aucune pertinence pour la majorité des Africains, comme, par exemple, le choix de services. Choisir votre mode de transport ou l'heure exacte de votre trajet ne représente pas un enjeu majeur dans les pays en voie de développement. Le problème majeur africain est la survie de base ».

    Comment faire aboutir est maintenant le souci principal : pendant la huitième session du comité pour la nouvelle convention le consensus s’est révélé être difficilement atteignable sur deux facteurs en particulier - comment contrôler la mise en œuvre des principes adoptés par la convention ainsi que la coopération internationale dans ce domaine ? – ce qui est peut-être plus grave en Afrique que dans d'autres régions du monde, en raison du manque de capacités et de fonds au niveau national.

    Beaucoup d'Africains s'inquiètent que la Convention ne soit jamais qu’encore un document qui ne soit pas mis en pratique par leurs gouvernements respectifs. Le manque de fonds demeure une préoccupation prédominante. La mise en application des dispositions de la convention sera coûteuse. On craint que le manque d'argent gêne les états dans leurs efforts de répondre aux besoins, même les plus pressants. Tous les pays auront à faire face à des coûts, mais les pays en voie de développement seront les plus affectés.

    L’ambassadeur Don MacKay, président du Comité ad hoc pour la convention auprès des Nations Unies, souligne que la coopération internationale devra y jouer un rôle important, en ce qui concerne l’insertion d’éléments visant à aider les infirmes aux programmes collaboratifs de développement, pour n’en citer qu’un exemple.

    Un deuxième souci - on s'attend à ce que les organisations représentant les personnes autrement capables (les DPO) veillent à ce que les gouvernements appliquent les dispositions prescrites par la convention, mais dans de nombreux pays elles sont plusieurs à ne pas détenir assez de pouvoir. Des stages de formation ont lieu, mais le problème persiste. Il faut développer beaucoup plus les capacités et améliorer les structures.

    Dans les cinq pays pilotes du programme d'infirmité de la Décennie Africaine [1], des Comités de coordination pour la Décennie (les DSC) ont été créés, comprenant des représentants de ministères d’état, d’organisations pour les autrement capables, de la société civile, des médias, des experts sur l'infirmité ainsi que des organisations internationales. Dans ces pays on exhorte le secteur privé à y participer. Un partenariat entre les secteurs public et privé est crucial si l’on veut créer des emplois et centraliser avec efficacité les ressources.

    Parmi les fonctions principales des Comités nationaux de coordination pour la Décennie est celle de jouer un rôle clé dans la préparation d'un plan national exhaustif et dans le développement de la politique nationale. Ces comités surveillent également la mise en œuvre de politiques et de programmes élaborés pour les handicapés dans leurs pays respectifs.

    Le projet du Secrétariat de la Décennie Africaine est de faciliter la mise en place de nouveaux comités dans au moins 15 autres pays africains avant la fin de 2009 [2]. La mission du Secrétariat est d’encourager les gouvernements, les DSC, les organismes pour les autrement capables ainsi que les organisations de développement à travailler en partenariat pour que l'infirmité et les personnes handicapées fassent partie de politiques et de programmes dans tous les secteurs de la société en Afrique.

    L'accent est donc mis sur le processus pour que ces acteurs puissent travailler ensemble. L’un des avantages qui existe au sein du Secrétariat est que nous pouvons tirer des leçons des initiatives en vigueur dans un certain pays, pour les reproduire (ou éviter) ailleurs.

    De plus, nous engageons de grandes organisations internationales dans la lutte pour l’inclusion de l'infirmité dans le circuit normal des sociétés. Une fois leur soutien garanti, d’après notre expérience, il ne faut souvent qu'une seule réunion, qu'un tout petit effort pour atteindre de gros résultats.

    L’une des initiatives actuelles est une collaboration entre le Secrétariat et l'UNESCO, pour former des journalistes africains à rapporter sur des sujets touchant l'infirmité d'une manière qui respecte les droits de l'homme et ne perpétue pas les stéréotypes. Une seconde initiative consiste à collaborer avec l'UNICEF pour que les enfants handicapés soient inclus dans leurs programmes.

    Le préjudice, l'exclusion, la stigmatisation et la tendance à toujours voir l'infirmité sous l’angle d’œuvres bénévoles ou en termes médicaux, plutôt que dans le contexte des droits de l'homme –cette mentalité crée de véritables obstacles à la participation de personnes autrement capables vivant aujourd'hui en Afrique. Vu aussi le taux très élevé de pauvreté, l’action africaine pour les droits des handicapés est confrontée à une tâche difficile. Il existe néanmoins des signes positifs, des occasions positives, de vraies opportunités.

    Depuis quelques décennies déjà, le sujet de l'infirmité et du développement est présent dans les discours portant sur le développement. Au niveau mondial et régional, il existe bel et bien des discussions et des engagements dont l’objectif est de rendre accessibles aux personnes autrement capables politiques, programmes et ressources tout en prenant compte des besoins de tous.

    Une dizaine de pays africains, (tels le Ghana, le Malawi, le Kenya et l'Afrique du Sud), ont élaboré des projets de loi relatifs à des stratégies nationales en matière d'infirmités. Ce sont des documents modèles pour l'intégration des infirmes. Ces dernières années l'Union africaine a pris des initiatives importantes et prometteuses, telle que l’instauration de la Décennie Africaine des Personnes Autrement Capables.

    Toutefois, les Africains frappés d'un handicap se voient de plus en plus frustrés par les belles paroles, et demandent quelque chose de concret. Pour cette raison, la mise en place du Secrétariat de la Décennie africaine des Personnes Autrement Capables représente une étape importante reliant les paroles à la mise en œuvre.

    La Décennie a été proclamée en 1999. Au sein du Secrétariat ce n’est qu’en 2004 que nous nous sommes mis à la tâche. Nous pourrions regretter ce délai, mais nous choisissons plutôt de nous concentrer maintenant sur le rôle que nous jouons, rôle qui consiste à faciliter la mise en œuvre du projet d'action continental, à favoriser le développement de capacités, la conscientisation, la lutte continue pour l’intégration de l'incapacité et contre la pauvreté et l'exclusion des Africains handicapés. Nous avons maintenant plus de pouvoir avec un nouvel outil important, la toute première convention des droits de l'homme pour les personnes autrement capables.

    Notes:

    [1] Les pays pilotes sont l'Ethiopie, le Kenya, le Mozambique, le Rouanda et le Sénégal.
    [2] Plusieurs pays africains - le Mali, la Mauritanie, la Guinée-Bissao et la République Démocratique du Congo - ont aussi créé des comités de coordination pour la Décennie africaine au delà du programme élaboré par le secrétariat.
    Pour de plus amples renseignements, voir:

    http://www.un.org/esa/socdev/enable/rights/ahc8.htm

    * Linda Lindblom, responsable communication auprès du Secrétariat de la Décennie Africaine des Personnes Autrement Capables

    * Cet article a d'abord paru dans l'édition anglaise de Pambazuka News n° 267. Voir : www.pamabazuka.org

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  • Assodesire | Gouvernance

    Le dossier du Darfour est vu comme un tout premier test pour la nouvelle Union Africaine dans le domaine de la paix, selon Assodesire. Avec un bilan de plus de deux cent mille morts, deux millions de réfugiés et une situation de plus en plus aggravante sur le terrain, le conflit au Darfour met l’Union Africaine à rude épreuve. En ce moment où la situation sur terrain devient de plus en plus alarmante, l’auteur estime que l’Union Africaine doit montrer plus de fermeté et doit surtout vite agir.

    La récente réunion extraordinaire au niveau présidentiel du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union, tenue à New York le 20 Septembre dernier en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies, n’a pas donné le résultat escompté. Elle s’est bornée à prolonger le mandat de la Force Africaine dans la région (AMIS) jusqu’à la fin de l’Année 2006 sans réussir à convaincre le gouvernement soudanais à accepter une force des Nations Unies comme l’a prônée la résolution 1706 adoptée par le Conseil de Sécurité de l’ONU le 31 Août 2006.

    Alors que ses quelques 7000 hommes, présents sur un territoire aussi vaste que la France n’arrivent pas à empêcher les tristement célèbres Janjaweeds de tuer, de piller et de violer, l’Union Africaine a de la peine à appliquer les dispositions de son propre Acte Constitutif qui consacrent le respect des droits et de la dignité de l’homme, la paix et la sécurité sur le continent. La communauté des ONG a été énormément déçue par les conclusions très faibles de la rencontre du Conseil de Paix et de Sécurité. A la veille de cette réunion extraordinaire, les ONG on présenté aux 15 Etats membres du Conseil une série de recommandations qu’on peut résumer en quatre points :

    - Prolonger la Mission de l’Union Africaine au Darfour jusqu’à la fin de l’Année avec une augmentation de son effectif et surtout un renforcement de son mandat ;

    - Soutenir la résolution 1706 des Nations Unies autorisant le déploiement d’une Force onusienne au Darfour et convaincre le Soudan à consentir à ce déploiement ;

    - Dénoncer le plan du gouvernement soudanais visant à déployer plus de 15000 hommes au Darfur pour chasser les rebelles et instaurer la paix par la force mais, appeler tous les parties en conflit au respect du cesser-le- feu ;

    - Appeler la communauté internationale à aider les Forces de l’Union Africaine jusqu'à la fin décembre 2006.

    La plus grande réalisation de cette rencontre a été le prolongement du mandat de l’AMIS jusqu’au 31 Décembre 2006 ainsi qu’une hypothétique augmentation de son effectif. Rien n’a été dit – du moins pas officiellement - sur son mandat qui demeure très faible mais surtout très flou. L’Union Africaine aurait consenti à l’augmentation de ses troupes au Darfur mais traîne toujours le pas pour le concrétiser alors la situation sur le terrain s’empire chaque jour avec une intensification des combats dans plusieurs endroits obligeant les organisations humanitaires à évacuer leurs personnels laissant derrière elles, femmes et enfants à la merci des criminels sans scrupule. Aujourd’hui, 40% au moins des populations déplacées n’ont pas accès à l’aide humanitaire.

    Devant cette situation, chacun doit jouer rapidement sont rôle :

    1) Une Union Africaine plus ferme et plus prompte

    L’Article 4 (h) de l’Acte Constitutif de l’Union Africaine lui donne le droit de d’intervenir dans un Etat membre sur décision de la Conférence des Chefs d’Etats, dans des circonstances graves, à savoir : les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité. Elle est habilitée à le faire même sans le consentement de l’Etat en question.

    En ce moment où la situation sur terrain devient de plus en plus alarmante, L’Union Africaine doit montrer plus de fermeté et doit surtout vite agir. Les mesures suivantes doivent être prises immédiatement et sans délai :

    - Redéfinir clairement le mandat de l’AMIS en le renforçant pour lui permettre protéger les populations civiles et désarmer les milices Janjaweeds. L’AMIS doit donc passer d’une Force d’observation de cessez-le-feu à une véritable force d’imposition de la paix et garante des droits et de la dignité de la personne humaine. Pour cela, tous les Etats membres doivent fournir d’avantage de troupes et de moyens militaires. Les armées à effectifs pléthoriques des Etats africains doivent enfin servir à quelque chose de positif ;

    - Exprimer clairement et publier ses besoins pour le déploiement d’une force plus grande et accepter toutes les assistances proposées par l’ONU et d’autres partenaires ;

    - Imposer des sanctions ciblées sur tous les responsables politiques soudanais de toutes les parties en conflits qui violent les accords de paix d’Abuja ou qui empêchent sa mise en oeuvre ;

    - Prendre clairement position en faveur d’un déploiement d’ici la fin décembre 2006 d’une opération des Nations Unies à laquelle elle doit pleinement participer.

    2) Une Communautaire Internationale plus cohérente et plus réactive

    La Communauté internationale doit être unies et doit parler d’une seule voix. La Chine et la Russie doivent se joindre aux Etats Unis, au Royaume Uni, la France et à l’Union Européenne pour faire plier toutes les parties y compris le gouvernement soudanais par toute sorte de sanctions y compris le gèle des avoirs à l’extérieur, un embargo sur les armes et même sur l’achat du pétrole et autres ressources soudanaises, l’interdiction voyager etc.

    Dans le même temps la communauté internationale doit immédiatement soutenir matériellement et financièrement l’AMIS pour lui permettre de se renforcer et de se déployer sur tout le Darfour. La Cour Pénale Internationale doit davantage se faire entendre sur son enquête sur le situation du Darfour et émettre des mandats d’arrêts si possible contre les présumés coupables quel que soit leur rang.

    Les Nations Unies doivent commencer à se préparer pour un déploiement robuste et massif au Darfour d’ici à la fin de l’Année avec le consentement du Soudan. Cependant elles doivent aussi envisager une intervention stratégiquement musclée sans le consentement du Soudan au cas où la situation humanitaire s’aggravait dangereusement.

    Le dossier du Darfour est vu comme un tout premier test pour la nouvelle Union Africaine dans le domaine de la paix. Bien évidemment, elle y a un rôle primordial à jouer. Cependant, eu égard à la gravité de la situation, toute la communauté internationale a le devoir d’y contribuer. Toutes les nations du monde ont la responsabilité de protéger les populations du Darfour car les génocides, les crimes de guerres et les crimes contre l’humanité ne sont pas des affaires africaines mais des crimes odieux qui touchent l’ensemble de la race humaine.

    * Assodesire est un activiste africain qui travaille sur la crise du Darfur

    * Veuillez adresser vos commentaires à [email][email protected] ou commenter en ligne sur : www.pamabazuka.org

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  • Contributor | Gouvernance

    L'ONU attend "des recommandations claires" de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et de l'Union africaine (UA) qui doivent tenir des sommets sur la crise en Côte d'Ivoire, a affirmé un de ses hauts responsables mercredi à Ouagadougou. C'est là où repose l'espoir de l'ONU, selon le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Côte d'Ivoire, Pierre Schori.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le nouveau Premier ministre équato-guinéen Ricardo Mangué Obama Nfubea a sommé les membres de son gouvernement de déclarer leurs biens personnels conformément à un décret de février 2004 qui était jusque-là resté lettre morte, selon une information provenant mardi de Malabo. Lors d'un conseil interministériel réuni vendredi dernier, le chef du gouvernement a remis à chacun des ministres une fiche-type sur laquelle ils doivent recenser "tout leur patrimoine personnel"

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