• Qu'est-ce qu'un journaliste ? Ou plutôt quelle est la différence entre la fonction d'un journaliste et celle d'un officier de relations publiques ? Un journaliste, par définition, est responsable de la collecte et de la dissémination de l'information. Par contre, un officier de relations publiques est un individu qui est payé pour faire de la publicité pour un client. La différence paraît claire… Du moins, La chroniqueuse Faten Aggad le pensait jusqu'à ce qu’elle soit confrontée à une différente réalité en Afrique sub-saharienne.

  • Les autorités sanitaires bissau-guinéennes ont interdit le 24 avril, et ce jusqu’à nouvel ordre, l’entrée à Bissau, de viande de boeufs en provenance des régions de l’intérieur. L’annonce a été faite par le chargé de la prévention et de l’éducation au ministère de la Santé publique. « Ces mesures visent à prévenir la vente et la consommation de viande de boeufs atteints par la maladie du charbon qui sévit en ce moment dans certaines localités de l’intérieur », a-t-il déclaré.

  • Le Conseil supérieur nigérien de la communication (CSC) a ordonné la fermeture, le 22 avril de Sahara FM, la principale radio privée d'Agadez, dans le nord du Niger théâtre d'une rébellion touareg. Le responsable de Sahara-FM, également correspondant de Radio France Internationale (RFI) dans la région, a affirmé que le CSC avait fermé sa radio sur la base d'un "rapport de la police locale" qui présente Sahara FM comme "une radio dangereuse diffusant des appels à la haine ethnique".

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  • Plus de 3000 signatures ont été collectées de par le monde pour demander la libération du journaliste nigérien, Moussa Kaka, détenu depuis fin septembre 2007 pour de présumés liens avec les rebelles du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), actifs depuis plus d’un an dans le nord du Niger. Plusieurs personnalités du monde associatif, sportif, culturel et politique ont apposé leur signature sur une pétition intitulée « Libérez Moussa » et destinée aux autorités nigériennes.

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  • Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) va octroyer au Congo une enveloppe financière de 760 000 dollars US pour la réinsertion communautaire des femmes victimes des conflits armés. La convention relative à ce financement a été signée le 17 avril.

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  • La Justice marocaine a décidé d'annuler la constitution d'un parti politique dont le programme est basé sur « le régionalisme». Dans son verdict, annoncé le 17 avril, le tribunal administratif de Rabat a jugé que le Parti démocratique amazigh marocain se trouve « en situation illégale » conformément aux lois en vigueur dans le royaume chérifien. La formation en question, en activité limitée depuis quelques mois, serait partisane d'un « clanisme tribal démesuré », faisant même l'apologie de « la singularité amazighe» comme déterminant identitaire et idéologique, indique-t-on à Rabat.

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  • People Development Consulting, recherche 1 collaborateur impliqué pour une ONG ouest africaine basée à Dakar. Mission du poste: Contribuer, dans le cadre du Programme Quinquennal, à la consolidation du Pluralisme de l’Information et du Développement des médias au niveau régional ouest africain par la définition de la stratégie, la mise en œuvre et la visibilité régionale et internationale du programme de l’institution.

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  • Ces dernières années, les mass médias ont régulièrement été au centre de l’intérêt public au Sénégal. Ce n’est bien sûr pas un hasard, puisque si l’on regarde sur la longue durée, on peut dire que la presse est soumise à un changement dynamique depuis le début des années 1970, et cela s’est encore intensifié au début des années 1990. Aujourd’hui, la fin de cette mutation n’est toujours pas d’actualité. Au cours des processus de libéralisation, de pluralisation et de popularisation, le marché des médias s’est différencié. Il s’est aussi partiellement institutionnalisé. Quant à l’usage des médias, il a également augmenté. Néanmoins, il nous semble opportun de ne pas nous arrêter à la description de ces aspects mais de nous demander, quelles sont les raisons profondes de l’évolution des médias ? Où ils en sont aujourd’hui ? Quelles sont les défis les plus sérieux auxquels ils font face?

    De façon simplifiée, on peut dire que la sphère publique sénégalaise est constituée d’acteurs politiques, économiques, religieux, médiatiques et d’acteurs de régulation. Cette sphère est peu transparente, car les rôles de ces différents acteurs ne sont pas complètement séparés. Il est vrai qu’une partie considérable du processus de démocratisation et du développement d’une conscience citoyenne est le fait de la presse, mais, paradoxalement, les transformations qu’elle a subi ces dernières années ont contribué, en contrepartie, à un noyautage des fondations démocratiques. Cela s’observe en particuliers dans la non-séparation des pouvoirs entre sphère exécutive et judiciaire, de même qu’entre sphère politique et religieuse.

    La séparation de ces sphères est ancrée dans la Constitution, mais elle est loin d’être fonctionnelle dans la réalité. Les acteurs religieux pénètrent de plus en plus directement dans les sphères politique et médiatique. Les conséquences sautent aux yeux dans le secteur de la presse où journalistes, politiciens, commerçants et marabouts collaborent certes, mais se battent le plus souvent pour l’influence, le contrôle et la propriété. Tous les groupes d’acteurs disposent d’organes de presse et essaient d’exercer une influence sur les contenus rédactionnels des médias qui ne leur appartiennent pas. Tandis que les acteurs politiques s’intéressent principalement à une couverture positive et peu critique des faits d’actualité qui les concernent, les acteurs religieux, eux, essaient de favoriser le conformisme journalistique. Si les rédactions osent les contrarier, elles prennent alors le risque de représailles qui peuvent prendre des contours violents.

    C’est la raison pour laquelle la liberté de presse est en danger au Sénégal, lorsque les journalistes enquêtent et révèlent les agissements illicites des politiques ou de personnalités en vue dans la bonne société. Afin d’endiguer un journalisme d’investigation et critique, le gouvernement - et la justice qui lui est soumise - utilisent une législation incohérente et arrêtent de façon arbitraire des journalistes. Ces pratiques visent une autorégulation prononcée et à terme, une autocensure des journalistes.

    L’expérience a montré que ce genre de conflits trouve souvent une résolution qui suit un modèle typique : la société civile proteste et essaie d’intervenir de manière informelle auprès des représentants du gouvernement, puis les journalistes arrêtés sont finalement libérés. Au-delà, quand on parle de violations répétées de la liberté de presse, il faut aussi comprendre violence morale qui se manifeste par des menaces psychologiques et pas seulement agressions physiques.

    Compte tenu la concurrence économique des entreprises médiatiques et la stratégie de popularisation des journaux, ce contexte conflictuel a contribué à une crise d’identité des journalistes sénégalais. En fait, les journalistes ne savent pas comment se comporter dans ce contexte avec ses exigences contradictoires. Le manque d’orientation ne se reflète pas seulement dans des conceptions de rôle variables, mais aussi dans les contenus des journaux. A l’exception des journaux professionnels comme Le Quotidien, Sud Quotidien et Wal Fadjri, des critères de qualité de base sont violés. Ceci est démontré par l’orientation idéologique ainsi que par la violation des règles de l’objectivité, de la crédibilité de l’information, de la pondération de l’agenda thématique et du respect de la sphère privée.

    Les raisons de la crise identitaire sont à chercher dans le contexte sociopolitique et les pratiques culturelles. Prenons par exemple les acteurs politiques et religieux : ils aspirent, généralement, à une visibilité publique et à l’accès aux différentes ressources. De cette façon, ils limitent la marge de manoeuvre des journalistes et de la société civile. Cependant, les journalistes, eux aussi, s’aventurent dans des sphères et jouent des rôles qui ne sont pas les leurs.

    Un caractère essentiel du contenu de la presse d’information générale consiste dans le mélange des différents genres journalistiques, notamment le compte rendu, l’analyse et le commentaire. Ce mélange ne donne aucune indication de décodage aux lecteurs. Au-delà, la presse populaire viole de façon continue les règles de l’éthique et de la déontologie. Mais elle est aussi un moteur du changement social, car elle permet de briser des tabous. Des thèmes comme la délinquance, la violence, la criminalité, le sexe, le voyeurisme ou la dénonciation des personnes privées et publiques devraient assurer l’attention du public. En cela, la presse devient un parasite social.

    Même si certains titres de la presse populaire arrivent, grâce à des gros titres provocateurs, à atteindre un tirage élevé, ce sont avant tout des journalistes jeunes, mal formés qui les animent. D’un côté, il y a un pluralisme effréné de la presse, mais de l’autre on assiste à un nivellement par le bas de la qualité des journalistes. La précarité est donc un caractère important des mass médias sénégalais. Elle est responsable d’une fluctuation significative des journalistes et des titres. La précarité est le résultat aussi des revenus marginaux engendrés par la publicité et le manque de propension des Sénégalais à dépenser de l’argent pour acheter un journal. Le journalisme reste une affaire déficitaire que les subventions publiques ne peuvent compenser. Une des conséquences les plus graves de cette situation précaire, c’est qu’un nombre considérable de journalistes sont « corrompus », acceptant de l’argent ou des cadeaux des politiques ou des personnalités qui veulent s’assurer une couverture agréable.

    Afin de survivre économiquement, bon nombre de rédactions collaborent avec des commerçants informels qui ne s’occupent pas seulement de la distribution des journaux, mais qui se chargent également des coûts d’impression, de papier et même des salaires. D’un côté, cette stratégie assure la survie à court terme du titre, mais de l’autre côté, les journalistes se livrent aux commerçants informels qui abusent de leur pouvoir économiquement.

    La conflictualité des médias fait référence au manque de régulation dans le secteur, et à un déficit d’Etat de droit, résultat d’un Etat faible. Les acteurs politiques au Sénégal n’ont jamais réussi à atteindre une légitimité entière et une autorité intégrale. Ce manque de régulation nous réfère aussi aux déficits démocratiques. Les violations répétées de la liberté de presse et le dysfonctionnement de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et la judiciaire ainsi qu’entre la sphère politique et religieuse font du Sénégal un état semi-autoritaire.

    Malgré tout, ce ne serait pas apprécier les mass médias sénégalais à leur juste valeur que de ne pas reconnaître que les acteurs compensent ces déficits par des accords interpersonnels au sein des réseaux organisés de façon clientéliste. Ces accords s’inscrivent dans la culture sénégalaise de la «teranga» (hospitalité, bonnes manières), établie depuis des siècles. Elle règle les relations des membres de la société et garantit la fonctionnalité de ces relations. De cette façon, l’insécurité est réduite et la base pour l’informalité est créée.

    L’informalité s’est montré le modèle de pratiquement tous les acteurs, y compris les journalistiques. Ils représentent des rôles différents pour s’adapter à des situations différentes. Selon le contexte, ils choisissent le rôle du reporter, du chien de garde, de l’avocat ou du griot qui se montre sensible à la réception illicite de l’argent ou des cadeaux. A cause de l’ambivalence des différents rôles et du manque de professionnalisme, la presse sénégalaise ne dispose que d’une faible crédibilité dans la population.

    Vu l’illettrisme très répandu, c’est un exploit que de voir le nombre de Sénégalais qui s’informent à travers la presse. Cela dit, leur accès est majoritairement de nature informelle : au lieu d’acheter des journaux, ils se réfèrent surtout à des modèles privés et para-commerciaux. Mais la «teranga» concerne aussi le contenu des journaux : au Sénégal, il n’est pas habituel d’adresser des critiques directes, ce qui contribue à reléguer l’investigation journalistique en marge.

    Au-delà de ça, le mélange des différents genres journalistiques et le journalisme d’opinion, très présent dans la presse sénégalaise, se laisse expliquer d’une manière assez simple : la tradition orale et la culture du charme et de la séduction à la sénégalaise ont largement imprégné la presse. Le lecteur veut être courtisé d’un point de vue stylistique, et séduit grâce aux thèmes. Voilà pourquoi le journaliste ne peut pas se contenter de donner des informations sèches. Il se doit de laisser transparaître son opinion et d’écrire avec verve. Les Sénégalais aiment les belles plumes. Aujourd’hui, la tradition orale ne signifie pas l’absence des pratiques de lecture mais l’intégration des éléments stylistique oraux dans la communication écrite.

    Le pluralisme et la popularisation des mass médias ont cependant contribué à une croissance de leur utilisation par le populations. Même si les différences entre les groupes socio démographiques et les endroits géographiques restent significatifs, l’usage médiatique est un élément intégral des pratiques sociales au Sénégal aujourd’hui. La radio, diffusée en majorité dans les langues nationales, est écoutée par 95.5% des interviewés, dans une étude que nous avons réalisée. Elle est désormais perçue comme le média le plus informatif, le plus divertissant mais aussi le plus crédible. Pratiquement tous les interviewés l’utilisent quotidiennement.

    La télévision, qui est souvent regardée en groupe, jouit également d’une grande popularité. Tandis que son usage en milieu urbain atteint presque l’usage radiophonique, il décline en milieu rural. La presse écrite, quant à elle, est lue par 28.6% des Sénégalais interrogés, mais elle trouve un plus grand public au sein des auditeurs de la revue de presse. De même, l’étude montre que la presse écrite a quitté les cercles hermétiques de l’élite traditionnelle. Aujourd’hui, ce ne sont plus uniquement les universitaires, les politiciens et les entrepreneurs qui lisent, mais également certains apprentis, employés des secteurs formels et informels ainsi que les femmes de ménage, les retraités et les chômeurs. Au-delà, il arrive que des illettrés regardent des photos des journaux ou se laissent lire le contenu.

    Si quelques journaux en langues nationales sont publiés, leur signification sociale et économique est plutôt marginale.

    La lecture des journaux reste tout d’abord un phénomène dakarois, car plus on s’éloigne de la capitale, plus la fréquence diminue. Les quotidiens tirent généralement entre 3 000 et 20 000 exemplaires. Mais les journalistes sont confrontés à des fluctuations énormes : 79.9% des interviewés ne lisent les journaux qu’en cas de scoop ou d’événements importants. La décision d’acheter un journal est généralement faite spontanément au kiosque et lorsqu’on rencontre des vendeurs ambulants. Il faut voir là le fait que les clients peuvent comparer les titres des différents journaux. En d’autres termes, les journaux n’ont pas encore réussi à atteindre une grande fidélisation de la clientèle.

    Le lecteur prototypique est aussi bien masculin que féminin et a moins de 45 ans. Il travaille comme employé ou est en formation. Deux tiers sont d’origine sénégalaise et un tiers étranger. Il s’intéresse à la politique et veut s’informer ou se laisser conforter dans son opinion personnelle. Le lecteur prototypique préfère les rubriques politique, sport, médias et société, mais souvent il ne lit que les articles qui sont présentés avec un titre attirant. La lecture est relativement courte et peu intense. Quelque 53,5% des interviewés lisent moins de dix minutes et se limitent aux titres et à parcourir certains articles. Généralement, la lecture se fait de façon régulière à occasionnelle et de préférence le matin ou au cours de la matinée.

    Vue la pauvreté chronique qui caractérise la majorité de la population sénégalaise, les lecteurs préfèrent généralement emprunter plutôt qu’acheter des journaux. Une copie achetée est souvent lue par dix personnes, voire plus. Ce comportement exerce une influence sur le lieu de la lecture, puisqu’il se fait généralement là ou les lecteurs ont accès à leur journal. Il s’agit souvent du lieu de travail, d’un télécentre ou de lieux publics. Si la lecture se fait dans l’espace public, l’interruption de la lecture à cause des interactions sociales est fort probable. Quant aux personnes qui achètent des journaux, ils préfèrent les lire à la maison, au bureau ou dans les transports publics. Après la lecture, ils gardent le journal, le prêtent à d’autres personnes ou l’utilisent à d’autres fins.

    * Frank Wittmann est directeur de l’Unité des affaires internationales de l’Université des Sciences Appliquées à Zurich en Suisse.

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  • Même si la paix et la stabilité ne sont pas encore totalement revenues, le Kenya sort peu à peu des violences dramatiques que le pays a connu dans les semaines qui ont suivi les élections de fin décembre 2007. Les images de ce pays à feu et à sang se sont estompées sur les petits écrans à travers le monde, mais le drame kenyan, en attendant qu’on en parle au passé, laisse encore quelque amertume dans la manière dont les médias occidentaux ont braqué leurs caméras et distillé leurs commentaires sur cette crise. Des mythes dangereux et des généralisations abusives ont été notées, que John Barbieri dénonce.

    Il importe, d’emblée, de mentionner que le titre de cet article est emprunté à la journaliste kenyane Rebecca Wanjiku [1]. Comme beaucoup d’autres personnes, j'ai regardé avec consternation les événements au Kenya, après l'annonce le 30 décembre 2007, des résultats (truqués) des élections. J'ai été, de la même manière, sinon plus, consterné, outragé et dégoûté par la façon dont la situation et les violences qui s’y sont déroulées, ont été décrites et schématisées dans la presse internationale, particulièrement aux Etats-Unis. Dans presque toute couverture et tout commentaire, il y a eu trois mythes et transformations qui ont été répandus, particulièrement dangereux. Tous ces mythes fait l’objet de commentaires plus avisées que les miens, mais il est peut-être utile de reprendre et de commenter davantage sur tous les trois à un même endroit.

    Mythes et transformations

    Premièrement, il ne s’agit pas ici d’un « conflit ethnique ». Comme la plupart des conflits africains sont présentés par la presse, il y a partout une description de la situation telle que le conflit n’a d’autre cause que les appartenances ethniques et on parle « conflit tribal » ; Il s’agit d’une description raciste, désuète et inexacte de la situation. Bien qu'il y ait eu un facteur ethnique dans le conflit kenyan, cet élément a été exagérée au détriment du facteur plus dominant, lié aux inégalités entre les riches et les pauvres à travers et suivant les appartenances ethniques.

    Comme beaucoup d’autres l’ont dit de manière plus articulée, la situation kenyane doit être re-décrite comme un conflit politique. Plus spécifiquement, la violence organisée qui a suivi les élections doit être comprise comme une situation où des élites politiques sont en train de manipuler leurs militants et sympathisants (notamment en payant et en équipant des milices armées et en servant des éléments armés de l'Etat) pour qu’ils déclenchent la violence à leur place (…)simplement en tant que moyen de pression envers la communauté nationale et internationale pour obtenir/garder le pouvoir. Les deux parties en ont été coupables, mais en particulier l'homme que l’on a fait prêter serment comme président et qui a fait un usage disproportionné d’une force brutale de la police et de l’armée, notamment la General Service Unit.

    Les répercussions de cette tendance consistant à décrire les conflits par l’appartenance ethnique peuvent se voir dans les distorsions de l'histoire et du contexte de tous les conflits en Afrique et ailleurs. L’une des fausses interprétations historiques les plus répandues est particulièrement évidente dans la documentation populaire et la mémoire collective du génocide rwandais, qui continuent de décrire ce drame comme le simple résultat d’un conflit tribal au départ. Le contexte et l'histoire du génocide s’en retrouvent assombris par la négligence du rôle permanent que joue l’héritage brutal de la puissance coloniale (la Belgique dans le cas du Rwanda) et de la politique nationale, régionale et internationale après l' «indépendance».

    Deuxièmement, il ne s’agit pas ici d’un « choc » avec le conflit kenyan. Il faut s’attaquer aux mythes et allégations qui parlent de « choc » pour un « symbole de stabilité, de démocratie et de croissance économique en Afrique. » N’importe qui qui connaît l'histoire du Kenya, l'histoire du colonialisme et l'histoire depuis l' «indépendance », sait que ces évolutions ne constituent pas un choc ; elles sont fomentées pendant longtemps. Les événements du Kenya sont directement liés à l'incapacité du gouvernement de maîtriser les répartitions des pouvoirs héritées du régime britannique, notamment la Constitution elle-même. Elle s’est reflétée dans la tension ethnique fomentée par Kibaki (PNU) et Odinga (ODM).

    Dire aussi que le Kenya est un grand « symbole de stabilité, de démocratie et de croissance économique en Afrique » est une présentation erronée des difficultés et des injustices auxquelles la grande majorité de Kenyans font face, sans espoir, et chaque jour. C’est aussi se faire une fausse image des cinq dernières années de « croissance économique éclatante » dont témoigne le régime de Kibaki, qui, à travers une corruption à grande échelle et une inégalité croissante en terme de revenus, a assuré que les avantages de cette croissance économique forte n’atteigne, en gros, que la seule et même élite.

    Troisièmement, et c’est peut-être le plus important, il y a le rôle des Etats-Unis. Aussi bien au Kenya qu’à travers l’Afrique de l’Est. Les Etats-Unis ont essayé avec enthousiasme de construire un bloc d’alliés dans cette région et dans la Corne de l’Afrique, afin de contrecarrer les autres pays qui sont vus comme une menace dans la région. Avec pour alliés clés le Kenya, la Tanzanie, l'Ethiopie, Djibouti, l'Ouganda et le Gouvernement Fédéral de Transition de la Somalie. Ces alliés sont censés contrebalancer la menace du Soudan (le régime de Bashir), de l'Erythrée et de l'Union des Tribunaux Musulmans (UIC) en Somalie.

    L'administration Bush a clairement soutenu le président Kibaki, vu que son gouvernement a été l'un de ses principaux alliés dans la « guerre contre le terrorisme » en Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique. L'administration Kibaki a coopéré étroitement avec les Etats-Unis dans les raids qu’on disait viser les terroristes le long de la côte kenyane. L'unité kenyane chargée de la lutte contre le terrorisme (avec l'appui américain et anglais) a mené ces opérations anti-terroristes extrajudiciaires, avec pour cible l’importante population musulmane qui réside dans cette zone.

    Selon les organisations de droits humains au Kenya, ces opérations anti-terroristes ont consisté notamment à rassembler, à torturer et à extrader des musulmans (en Somalie, en Ethiopie et ailleurs) sans inculpation ni jugement, dans une procédure du même genre que les opérations de guerre contre le terrorisme menées ailleurs. Les gens qui sont ciblés, presque tous des musulmans, sont soupçonnés d’être des agents d’Al Qaeda ou de faire partie d'autres organisations terroristes subversives.

    De la même manière, le Kenya était un allié pendant l'invasion de la Somalie par des forces éthiopiennes, il y a un an, avec le soutien américain, pour renverser l'Union des Tribunaux Musulmans (UIC) au sud de la Somalie. Ce qui était et demeure oublié par routine dans l'histoire de l'UIC, reste la manière dont elle a contribué à faire respecter l’ordre, la stabilité et les services sociaux que l’on n’avait pas vus au sud de la Somalie depuis près de quize ans ; mais aussi comment l'UIC avait réussi à déposer les chefs de guerre corrompus (dont beaucoup étaient soutenus par les Etats-Unis). En plus, elle ne cherchait pas à imposer un mouvement international jihadiste du genre Al Qaeda, comme le prétendaient ou le prétendent beaucoup de gens.

    Le rôle du Kenya (c’est-à-dire de l’administration Kibaki) dans les opérations militaires consistaient, notamment, à travailler avec les forces américaines le long de la frontière Kenya-Somalie et à partager en permanence les renseignements ; mais ils ont aussi joué un rôle plus direct. Au début de l'invasion, l’armée kenyane, apparemment à la demande des Etats-Unis, a fermé sa frontière avec la Somalie et a refusé l’entrée à tous les Somalis, y compris les réfugiés qui essayaient de fuir le sud de la Somalie. Peu après, les Etats-Unis ont mené des attaques aériennes au sud de la Somalie, faisant au moins trente morts, dont la plupart, si pas tous, étaient probablement des civils qui fuyaient, et non des agents d’Al Qaeda comme on l’a prétendu.

    En bref, l'administration Bush avait des ambitions claires de « sécurité nationale » en voulant que Kibaki, en tant que principal allié dans la guerre contre le terrorisme en Afrique de l’Est, reste au pouvoir. Ajoutez à cela les intérêts des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et d’autres pays européens dans le domaine des affaires au Kenya, qui ne se souciaient probablement pas de la plateforme socio-démocratique d’Odinga qui faisait planer une menace d’accroissement des impôts et de redistribution des richesses.

    Le plus grand coup à la crédibilité et à la neutralité des Etats-Unis dans ce dossier est cependant intervenu juste après que les résultats de l’élection furent annoncés. De manière incrédule, le Département d’Etat américain s’est manifesté rapidement et a félicité l’homme qu’on a fait prêter serment comme président à la suite de sa « victoire ». Ceci s’est fait alors que chaque diplomate dans le pays avait clairement connaissance des irrégularités dans les élections et du processus hâtif de prestation de serment par le président.

    Se rendant compte de son erreur, le département d'Etat se déploya rapidement pour retirer la déclaration de félicitations et sortit une déclaration pour lancer un appel à mettre fin à la violence et à ce que la situation soit résolue en passant par des « solutions constitutionnelles et légales ». Cependant, il est bien évident que ces solutions sont visiblement favorables au président et qu’elles ne vont que maintenir le statu quo : Kibaki et la corruption.

    Cela ne devrait pas non surprendre que les quelques chefs d'Etat qui se sont manifestés et ont félicité Kibaki à l’occasion de sa « victoire » sont également ses alliés dans la guerre contre le terrorisme avec l’administration Bush. Il s’agit notamment de Yoweri Museveni de l'Ouganda (qui a reçu beaucoup d'aide de la part de l'administration Bush et qui a fourni une aide cruciale dans l’approvisionnement de troupes de l’Union Africaine en Somalie), du président de transition de la Somalie, Abdullahi Yusuf (que les Etats-Unis, l'Ethiopie et le Kenya ont aidé à reprendre son poste après son renversement par l'UIC), Sheikh Sabah du Kuweit, le Roi Mohamed VI du Maroc et le Premier ministre Themba Dlamini du Swaziland.

    Ça vaut la peine de citer un extrait du message de félicitations du président somalien Abdullahi Yusuf, au président Kibaki: « Nos deux pays doivent rester des partenaires forts dans la guerre mondiale contre le terrorisme et des alliés inlassables dans la protection de la liberté.»

    (…) Comme d’autres l’ont déjà clarifié (Mukoma wa Ngugi [ 2 ], Wandia Njoya [ 3 ], etc.), on ne devrait pas supposer qu'Odinga est opposé aux intérêts des Etats-Unis et au capital international; les grands bruits qui ont entouré la Hummer d'Odinga ont peut-être été un exemple qui illustre sa vraie nature en tant que membre d’une élite qui se réjouit fortement de ses connexions avec l’occident et aime vivre bien au-dessus du reste des Kenyans. En outre, on ne devrait pas croire que le soutien des Etats-Unis aux leaders et autocrates kenyans corrompus a commencé avec Bush-Kibaki. Des archives montrent bien comment les Etats-Unis ont profondément soutenu et armé le précédent régime dictatorial de 24 ans de Daniel arap Moi, pendant les dernières années de la géopolitique de la guerre froide et au-delà.

    Tout ceci ne suggère pas une responsabilité américaine directe pour ce qui est de la manipulation des résultats des élections, mais toujours est-il que les intérêts et le rôle des Etats-Unis, ainsi que des autres acteurs internationaux au Kenya doivent être clarifiés (pour des faits et chiffres supplémentaires sur les liens militaires entre les États-Unis et le Kenya et le président Kibaki, lire l'excellent article de Daniel Volman [ 4 ].)

    La Pauvreté du Journalisme International

    Somme toute, ce fut dégoûtant de voir la façon dont les journalistes ont été enthousiastes pour documenter et fournir des commentaires inexacts et inhumains sur le carnage au Kenya, mais aussi la manière dont ils se sont trop peu préoccupés d’essayer de comprendre réellement la situation et de rapporter ce que les Kenyans disent et pensent en réalité ; ceci ne devrait cependant pas surprendre. L'inspiration et le titre du présent article vient du blog de la journaliste kenyane Rebecca Wanjiku « La Pauvreté du Journalisme International », et le présent extrait au sujet d'une émission de la CNN vaut la peine d’être longuement cité:

    «Il est très important de comprendre la langue locale lorsqu’on fait un reportage de l’étranger. Par exemple dimanche [le 6 janvier 2008], il y avait sur l’écran de la télévision un homme blessé et ceux qui le transportaient ont dit en swahili « tunampeleka hospitalini » (nous l’emmenons à l'hôpital) Mais la traduction du journaliste fut qu’on lui avait demandé « t’a-t-on tiré dessus ou s’agit-il d’une coupe ? »avec la réponse répétée comme quoi il avait été victime de tirs. Il est peu probable que ceci ait été une erreur innocente, le journaliste pourrait tout simplement s’être peu soucié de ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas, et il est peu probable aussi que l’on s’en soit rendu compte ailleurs dans le monde. Mais en donnant des images vidéo de la sorte pour s’attarder sur une histoire que vous montez ,c’est faire un reportage malhonnête. J'ai confiance dans le fait que les Kenyans vont bientôt s'embrasser, et que nous retournerons à notre urgente tâche plus mondaine de kujitafutia riziki- trouver quelque chose à manger. J’espère que CNN sera tout près pour couvrir cela et non simplement pour se précipiter sur la prochaine grande nouvelle. A propos, comment se fait-il que la CNN ne couvre pas les soldats ou les civils américains en train de saigner et de grogner de douleurs, et pourquoi la chaîne ne réfléchit pas une seconde fois sur la dignité des morts et des moribonds d'autres pays ? »

    Ce sont des journalistes et bloggeurs kenyans, comme Rebecca, et d'autres journalistes locaux qui ont été les vrais champions de la description et l’analyse authentiques de la situation, et qui sont réellement en train de soulever les véritables préoccupations des Kenyans. Plutôt que d'analyser et de traiter avec condescendance la situation à partir de Londres, New York ou même de l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi (qui est, bien que pas aussi géographiquement éloignée, aussi éloignée des préoccupations des Kenyans), les médias traditionnels doivent écouter, comprendre et rendre claire l'histoire et le contexte de la situation, et cesser d’en parler avec tant d’ignorance et d’arrogance.

    (…) La situation au Kenya, comme tous les conflits politiques (par exemple, à l’est de la République Démocratique du Congo, la Somalie, le Darfur, l’est du Tchad, l'Irak, le Pakistan, la Birmanie, le Sri Lanka, etc.), devrait faire l’objet de reportage rigoureux. Elle doit être placée et décrite correctement en y intégrant un contexte historique approprié et la perspective des gens sur terrain. On doit raconter les perspectives/histoires des gens et ne pas les présenter de façon simpliste et sensationnelle, comme cela se fait si souvent, particulièrement dans l’esprit simpliste du reportage « télévisé ».

    Il est regrettable que dans le reportage télévisé américain on entende rarement les voix réelles des personnes qui racontent leurs histoires de par le monde ; trop souvent, nous avons plutôt une voix hors champ d’un (e) reporter à l’intonation occidentale. Pourquoi ne pas utiliser les sous-titres ? Pourquoi ces gens doivent-ils voir leurs opportunités de faire entendre leurs voix dérobées ? Ou pourquoi ne pas trouver des gens qui peuvent parler correctement anglais afin qu’ils parlent en leur nom propre, et non les humilier dans leur statut d’étranger en utilisant des sous-titres indésirables ? Et pourquoi devons-nous attendre les situations de crises pour entendre ces voix ? Pourquoi devons-nous n’entendre, ou plutôt devons-nous juste voir, que ce qui est mauvais ? Pourquoi n'entendons-nous pas de bonnes choses, des choses amusantes, des plaisanteries, des histoires pour jouer et promouvoir les gens racontées au quotidien ? Pourquoi n'entendons-nous pas et ne voyons-nous pas des histoires approfondies au sujet de l’amour et des rêves de la même manière que nous voyons des histoires superficielles portant sur les pertes et le désespoir ?

    Les informations qui manquent un sens approprié de l'histoire et du contexte sont juste une liste de mi-vérités brouillées, des informations sans intérêts pour des gens qui sont réellement affectées et qui ne sont qu’une liste de stéréotypes.

    *John Barbieri est un journaliste indépendant qui a vécu au Kenya de janvier à juin 2007. Il est fondateur de la US Coalition for Peace with Truth and Justice in Kenya (Coalition américaine pour la Paix avec la Vérité et la Justice au Kenya). Il peut actuellement être joint à l’adresse [email][email protected]

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    Notes:

    1. Rebecca Wanjiku (1/7/08). ‘The Poverty of International Journalism.’ Kenya Imagine.
    2. Mukoma wa Ngugi (1/10/08). ‘Let us not find revolutionaries where there are none.’
    (Ne cherchons pas des révolutionnaires là où il n’y en a pas) Pambazuka News.
    3. Wandiya Njoya (1/1/08). ‘Kenya's Crisis: A Drama Scripted For The Last Five Years.’ The Zeleza Post. Lisez également tous les autres articles terribles et pleins d’inspiration sur Zeleza Post. Five-years
    4. Daniel Volman (1/5/08). ‘U.S. Military Activities in Kenya.’ Association of Concerned African Scholars. (« Activités Militaires américaines au Kenya ». Association de Chercheurs Africains Préoccupés)
    5. Arno Kopecky (1/5/08). ‘Violence and cynical foreign news crews.’ (Violence et équipes de journalistes étrangers cyniques) The Daily Nation.

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  • Le journalisme est devenu de plus en plus une activité dangereuse en Ethiopie au cours des dernières années. Des mesures de répression sur les médias, dans le sillage des élections de 2005, continuent, pendant que certains membres de la presse se sont même trouvés confrontés à la peine capitale. L'autocensure est monnaie courante pour les journalistes, spécialement pour ceux qui vivent et travaillent à Addis-Abeba, la capitale. Toute forme de critique et toute attaque contre le président ou le gouvernement peuvent entraîner des menaces téléphoniques, l'intimidation ou même l'arrestation et (une) peine de prison...

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  • Le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso a autorisé l'ouverture de 29 nouvelles chaînes de radios et télévisions par la signature de convention avec 20 promoteurs privés. Quelque 17 radios et 12 télévisions ont reçu l'aval du CSC d'émettre. Les dossiers de ces promoteurs ont été sélectionnés suite à l'appel à candidature lancé le 17 septembre 2007.

  • Neuf journalistes, des photographes et un caméraman égyptiens font partie des dernières personnes arrêtées dans la ville de Mahalla Al Kubra, à 120 km au nord du Caire, dans le Delta du Nil, le 13 avril. Leur arrestation et garde-à-vue mettent en exergue les difficultés à exercer la profession de journaliste dans ce pays d'Afrique du Nord, où le gouvernement tente d'empêcher la couverture médiatique du soulèvement de la population. Des affrontements intermittents se sont produits tout au long de la semaine suite à la protestation de travailleurs contre la hausse des prix et la faiblesse des salaires.

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  • Un rapport du Groupe d'observation de la Tunisie (TMG) de l'Échange international de la liberté d'expression (IFEX) indique que les violations de la liberté d'expression, de la liberté de la presse, de la liberté d'association et d'autres droits humains fondamentaux sont toujours monnaie.

  • Lettre ouverte aux organisations africaines des droits humains. “Nous demandons votre aide urgente afin de convaincre l’Union Africaine pour qu’elle recommande l’extradition de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré en Belgique où il est recherché afin de répondre devant le Tribunal sur les crimes contre l’humanité, crimes de guerre et tortures”. Le Président du Sénégal Abdoulaye Wade a demandé au sommet de l’Union Africaine qui s’est tenu à Khartoum du 23 au 24 janvier 2006 de mettre en place une juridiction compétente pour le procès de Hissène Habré

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  • Des groupes de la société civile arabe et du Moyen Orient accusent une agence des Nations Unies pour collaboration avec la police égyptienne dans une action qui a causé la mort d’au moins 25 Soudanais réfugiés dans un camp, au centre du Caire, le vendredi 31 décembre 2005. Les réfugiés dont des femmes et des enfants observaient un sit-in pendant les trois derniers mois, protestant contre le traitement dont ils étaient l’objet par le Haut Commissariat aux Réfugies (HCR) et demandaient à être installés dans un pays tiers. Mais Vendredi soir un groupe de près de 4000 officiers de polices ont mis en place un cordon de sécurité autour du camp des réfugiés soudanais et ont commencé à les battre sans discernement en utilisant des canons à eau. Des centaines des réfugiés étaient embarqués dans des bus et transférés vers des destinations inconnues.

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  • Le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), Morgan Tsvangirai, a rencontré le président du Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir), Zacob Zuma, lors d’une visite surprise d’une journée en Afrique du Sud, le 8 avril. « Lors des discussions au sein de l’ANC, Zuma pourrait bien faire ouvertement des reproches à Mugabe, ce qui serait une exception de taille par rapport à notre position initiale », a noté un membre du comité directeur national de l’ANC.

  • Deux groupes technologiques indiens s'uniront pour aider à développer la capacité du continent africain concernant les technologies de l'information et de la communication. L'Institut national des technologies de l'information (NIIT), et la Confédération de l'industrie indienne (CII) feront profiter des "compétences de haute qualité" de l'Inde, a annoncé l'entreprise à la veille du Sommet du forum Inde-Afrique, qui aura lieu à Delhi les 8 et 9 avril.

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  • Les journalistes ont été exclus, le 3 avril, du lieu où se déroule l`audience de notification de la mise en examen du leader séparatiste Henry Okah et de son complice, Edward Atatah à Jos, la capitale de l`Etat de Plateau, dans le nord du Nigeria. La sécurité était très serrée au moment où Okah, chef du Mouvement d`émancipation du Delta du Niger (MEND), a été déposé dans les locaux de la Haute cour fédérale à Jos, pour l`audience de notification de sa mise en examen pour trahison et trafic d`armes.

  • La Fédération des journalistes africains, créée en novembre dernier à Abuja, au Nigeria, regroupe désormais tous les regroupes d’organisations régionales représentant l’ouest, l’est, le sud, le centre et le Nord du continent. Ne restait que l’Afrique du Nord pour achever le réseau. C’est désormais chose faite avec la naissance, le 21 mars 2008, de l’Association nord-africaine des syndicats de journalistes. Pour des responsables de l’organisation continentale, Gabriel Baglo, les journalistes africains vont enfin pouvoir parler d’une seule voix à leurs employeurs, ainsi qu’aux régimes sous lesquels ils exercent, parfois de façon chaotique, leur profession.

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  • Le directeur général de Microsoft Afrique de l’Ouest et du Centre, Emmanuel Onyeie, a annoncé le 27 mars, à Dakar, que la firme américaine va aider les gouvernements africains à créer l’industrie locale de l'informatique et appuyer les petites entreprises à devenir compétitives dans le marché mondial. M. Onyeie procédait au lancement sur le marché sénégalais de trois nouveaux logiciels bureautiques conçus par Microsoft.

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