Une cérémonie de souvenir a eu lieu le 16 décembre à Banjul, trois ans après l'assassinat du correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) en Gambie, Deyda Hydara, par des inconnus. Lors de cette cérémonie, organisée par les proches du défunt, le responsable du journal The Point et ami de Deyda Hydara, Pap Saine, a critiqué la manière dont l'enquête pour retrouver les auteurs du meurtre est menée. Le dossier demeure au point mort trois ans après les faits.
Tagged under TICs e InovaçãoLe Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (Collectif), a appelé à une nouvelle mobilisation susceptible d'aboutir à la réouverture du dossier Norbert Zongo, journaliste burkinabé assassiné en 1998, et a lancé, le 13 décembre, une vaste campagne de dénonciation à l'occasion de la célébration de l'anniversaire de son assassinat. L'instruction du dossier a été frappée d'un non lieu depuis juillet 2006. Le juge d'instruction attend de nouveaux éléments pour poursuivre l'instruction de l'Affaire.
Tagged under TICs e Inovação Burkina FasoUn tas d’articles publiés dans la presse suisse donnent une image négative de tout ce qui a rapport aux musulmans, le plus souvent par ignorance de l’islam et de sa civilisation. Au niveau local, des voix se sont élevées contre le nombre croissant de réfugiés, surtout ceux provenant de pays musulmans. Les médias locaux, ont tendance à argumenter que l’islam est un obstacle à l’intégration des musulmans pratiquants dans le système social suisse, souligne aussi Mme Fawzia Al Ashmawi, enseignante à l’Université de Genève et auteur du livre la « Condition des musulmans en Suisse».
Tagged under TICs e Inovação"L'assassinat de Lumumba", de Ludo De Witte, ne raconte pas un conte de fée, mais plutôt, l’histoire de la continuité manifeste de la barbarie comme essence de la civilisation occidentale. Il dénonce, la tentative d’un témoin et acteur de l’époque, en l’occurrence, Jacques Brassine, qui a soutenu une thèse à l’Université Libre de Bruxelles(ULB), visant à dédouaner l’Etat de Belgique de ses responsabilités politiques et historiques dans le meurtre de Lumumba.
Tagged under TICs e InovaçãoLe Nigeria pourrait renforcer ses contrôles sur des reportages des nouvelles locales écrites par des journalistes étrangers, selon une directive rendue publique le 1er décembre. Selon la directive, toute organisation voulant inviter des journalistes étrangers à couvrir des événements du pays doit demander tout d'abord l'autorisation du ministère fédéral de l'Information et des Communications.
Tagged under TICs e Inovação NigeriaThabo Mbeki a beau avoir pris un sérieux retard dans la course à la direction du parti au pouvoir, l'ANC, il ne semble pas prêt à s'effacer devant son rival, l'ancien vice-président Jacob Zuma. Les structures du Congrès national africain (ANC) ont fait connaître leur préférence en vue de la conférence élective de Polokwane (Limpopo, nord), des 16 au 21 décembre. Le score est net. Mbeki: quatre provinces. Zuma: cinq provinces, la Ligue de la Jeunesse et la Ligue des Femmes. Mais le chef de l'Etat sud-africain refuse de jeter l'éponge.
Tagged under TICs e InovaçãoLes violentes manifestations qui ont embrasé la Guinée au début de l’année et la sanglante répression qui s’en est suivie ont laissé le nom d’une femme en lettres éclatantes sur cette page sombre de l’histoire politique et sociale de la Guinée : Hadja Rabiatou Diallo. A la tête de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (Cntg), sa détermination que ne laisse pas paraître le sourire énigmatique qu’elle porte en permanence a fait plier le général président Lansana Conté.
Tagged under TICs e InovaçãoQuarante pour cent des victimes des violences sexuelles au Congo ont moins de 18 ans et 16% moins de 13 ans, a révélé, le 26 novembre à Brazzaville, le Fonds des Nations unies pour l’Enfance (UNICEF), à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les violences sexuelles. La ministre congolaise de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, Jeanne Françoise Leckomban Loumeto, a proposé l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan national pour faire face à l’ampleur du phénomène.
Tagged under TICs e InovaçãoPour Vincent Kitio, la récurrence de la famine à travers l'Afrique ne peut pas être simplement justifiée par le manque d'eau. Selon lui, un certain nombre de technologies traditionnelles d’irrigation peu coûteuses, dont on s'est servi dans différentes régions arides et semi-désertiques du monde, pourrait aider dans l'allègement de la famine à travers le continent.
Des images qu'on a fait voir sur la télévision kenyane ne pouvaient pas manquer de faire tomber des larmes. C'était écœurant de voir des femmes serrer désespérément les corps inertes de leurs enfants, victimes de la famine impitoyable qui a fait rage à travers le pays. Beaucoup d'appels ont été lancés par le gouvernement, les églises et même le monde des entreprises, pour aider à limiter les dégâts de cette catastrophe.
A travers le continent, il se reproduit un événement semblable presque tous les deux ans. Des appels sont généralement lancés par les gouvernants pour aider les victimes. De telles situations m'amènent à réfléchir sur la façon dont les intellectuels africains peuvent contribuer à alléger les souffrances que nos populations subissent.
Le problème de famine récurrente est plus profond que la raison qui est souvent avancée comme cause, à savoir le manque d'eau pour produire davantage dans les champs ou pour abreuver le bétail. Les réserves d'eau disponibles au Kenya suffisent, par exemple, pour maintenir une nation libérée de la faim. Dans certaines parties du Cameroun, les gens souffrent de la famine bien que le pays se targue d'abriter le climat le plus arrosé de la planète.
Des exemples abondent quant à la façon dont, ailleurs, des populations sont parvenues à surmonter une telle équation. En dépit de la rareté de l'eau dans les territoires semi-désertiques et arides de l'Afrique du Nord, du monde arabe, des pays méditerranéens et d'une partie du sud-est de l'Asie, les agriculteurs y jouissent d'une plus grande sécurité alimentaire, comparativement à l'Afrique sub-saharienne. Longtemps avant la découverte du combustible fossile, la plupart de ces pays jouissaient déjà de la sécurité alimentaire.
En vue de faire face aux conditions climatiques farouches liées une basse pluviosité, les habitants de ces terres sèches ont développé des connaissances traditionnelles autour des techniques de soulèvement d'eau des rivières et des eaux souterraines à des fins d'irrigation, en vue d'augmenter la production alimentaire. Dans ce processus, toutes les formes disponibles d'énergie sont utilisées, telles que la force humaine, la force des animaux, la force des eaux et la force du vent.
Ces anciennes techniques dont on s'est servi en Europe, dans le monde arabe et dans une partie de l'Asie pendant des siècles, sont toujours ignorées en Afrique sub-saharienne. L'agro-élevage y dépend lourdement de la pluviosité et de la main d’œuvre. En tant que partie d'une solution durable à la sécheresse et à la famine récurrentes, il y a une nécessité pressante de documenter, d'adapter et de transférer ces technologies dans les zones où leur application convient.
La famine en Afrique a atteint des niveaux excessifs. Tous les pays d'Afrique subsaharienne sont affectés par une sécheresse dont beaucoup de gens soutiennent qu'elle aurait pu être prévue et ses effets minorés. Beaucoup attribuent cette situation à la mauvaise gouvernance, à la corruption, au changement climatique, au syndrome de dépendance de l'aide alimentaire tirée de l'assistance étrangère. Cette dépendance réduit le nombre de récoltes par an et donne peu de liberté au fermier de se programmer convenablement. Il y a plusieurs années, une agriculture dépendant de la pluviométrie ne constituait pas un handicap en Afrique, puisque des communautés entières pouvaient migrer des zones frappées par la sécheresse vers des pâtures plus vertes. Tel n'est plus le cas faute de terres disponibles.
Les Romains comptaient sur les systèmes d'irrigation pour assurer la sécurité alimentaire dans l'empire. Des architectes et ingénieurs romains ont élaboré différentes techniques, tel que le décrit Vitruvius en 01 avant-J.C. dans ses Dix Livres sur l'Architecture, afin d'appuyer leur agriculture. Certains de ces systèmes d'irrigation ont survécu jusqu'à ce jour.
La noria
En 1913, le dictionnaire "Webster's Revised Unabridged Dictionary" donnait cette définition : « Noria - une grande roue hydraulique, tournée par l'action d'un cours d'eau contre ses flots, et transportant à sa circonférence des seaux, par lesquels l'eau est soulevée et déposée dans une auge; utilisée en Arabie, en Chine, et ailleurs pour l'irrigation des terres. »Les norias trouvées en Espagne furent introduites pendant la domination musulmane, avec deux ensembles de seaux de chaque côté de leurs jantes. D'autres ont deux roues sur le même arbre, permettant au système d'augmenter la quantité d'eau puisée. Des prêtres espagnols introduisirent les norias en Mexique au cours de la période coloniale. Certains d'entre eux sont toujours en activité dans les fermes situées dans la partie nord du pays. Leurs seaux sont en plastique contrairement aux pots en argile ou aux seaux en bois.
Un autre témoignage vivant de cette magnifique technologie qui a passé l'épreuve du temps est la plus grande noria (plus de 20 mètres) connue sous le nom de Al-Mohammediyyah à Hama, en Syrie. Elle fut l'objet de l'un des programmes de télévision célèbres aux Etats-Unis qui s'appelle "Ripley's Believe it or Not!" (Que vous y croyiez ou non !) sous cette présentation : "Une roue hydraulique sur la Rivière Ornotes en Syrie reste en activité, malgré qu'elle fût construite en l'an 1000."
Certains fermiers à Hama utilisent la noria dans l'agriculture urbaine. Et occasionnellement, lorsque la circulation de l'eau ne suffit pas pour faire tourner la roue hydraulique, on a besoin de jusqu'à cinq pompes à moteur pour soulever l'eau vers l'aqueduc. Cette technologie aussi vieille que le monde convient bien au mode de vie rurale en Afrique, surtout avec la montée du prix du carburant qui est déjà en train d'avoir un impact négatif sur la croissance économique.
La roue perse
La roue perse, également connue sous l’appellation Saqiya, est un dispositif fabriqué grâce à des roues à deux vitesses et une chaîne interminable de pots ou seaux, capable de soulever l'eau, tant à partir d'un puits superficiel que d'un puits profond. Le système se sert de la force d'un ou de deux animaux (l'âne, le cheval, le chameau, le bœuf, le buffle). Des roues ont été utilisées depuis des temps immémoriaux afin de fournir l'eau pour l'irrigation en Egypte, dans les pays méditerranéens, en Inde et en Chine.Les animaux tournent autour de la première roue et génèrent des rotations horizontales, qui sont transformées en rotations verticales à travers les vitesses et apportent la chaîne de pots (seaux) qui transportent l'eau à partir du puits et la vident dans un conduit. Puisque les animaux n'aiment pas la marche ennuyeuse en révolution, ils se voient bander les yeux. Cette technologie a été utilisée pendant plus de 2 000 ans. Un géographe américain qui a visité l'Egypte en 1727 a estimé qu'il y avait plus de 200 000 roues perses en activité, conduites par des bœufs, à des fins agricoles.
Dans la région entre l'Inde et le Pakistan, les roues perses, connues comme des Rahat à Urdu, sont des instruments traditionnels utilisés pour l'irrigation. Avant leur introduction dans la région, l'irrigation était une activité très ennuyeuse et inefficace, comme elle le reste aujourd'hui dans les zones rurales africaines où les gens doivent marcher sur de longues distances pour chercher de l'eau. L'introduction de cette technologie a amélioré la productivité agricole de façon sensible en Inde au moyen-âge. Comme conséquence du succès du programme d'électrification rurale à travers l'Inde, les pompes électriques remplacent de plus en plus ce dispositif qui a résisté au temps. Mais malgré la disponibilité de l'énergie moderne, les roues perses restent populaires dans la région indienne de Rajasthan. On estime qu'une roue perse peut irriguer jusqu'à un hectare de terres.
Sakia
Un autre dispositif servant à soulever l'eau, qui mérite d'être mentionnée, est le sakia. Il s’agit d’une ancienne technologie qui a été utilisée intensivement en Egypte, d'où elle a tiré son origine depuis les temps immémoriaux. Le dispositif, efficace et efficient, est largement utilisé dans la Vallée et le Delta du Nil. Le Sakia se fabrique grâce à une grande roue vide avec des pelles autour de sa périphérie, et l'eau se déverse à son centre. Les diamètres du Sakia vont de 2 à 5m ; et ils soulèvent l'eau de 0,8 à 1,8m respectivement.Au départ, les sakias étaient en bois, aujourd'hui on les fabrique en feuilles d'acier galvanisé avec un système de vitesses qui convertit la rotation horizontale en rotation verticale. Ils se servent essentiellement de la force des animaux, mais récemment on a commencé à les doter de moteurs électriques ou à essence. Selon la Station égyptienne de recherche et d'expérimentation hydraulique, plus de 300 000 sakias sont en utilisation dans la vallée et le delta du Nil, surtout conduits par des animaux. Un sakia de 5m de diamètre peut puiser 36m3 d'eau par heure, tandis qu'un modèle de 2m de diamètre génère m3/h.
Pompe à vent
De simples pompes à vent, par opposition à celles qui sont sophistiquées et coûteuses que l'on voit occasionnellement dans certaines zones rurales africaines, constituent une autre solution appropriée pour l'irrigation. Sur le plateau de la montagne de Lassithi à Crète, en Grèce, de simples pompes à vent ont été utilisées pendant plus de 400 ans pour irriguer la terre et produire des légumes, des fruits et du blé. Ces pompes à vent, construites par les artisans du village, furent au départ fabriquées en bois et en étoffe. Le bois fut plus tard remplacé par le métal afin de prolonger la période d'utilisation.Il y a une décennie, plus de 10 000 moulins à vent pouvaient être trouvés sur le plateau, chaque fermier en possédant au moins une pour l'approvisionnemen pour l'irrigation. Aujourd'hui, moins de 2 000 sont en activité, conséquence des politiques de l'Union européenne permettant d’outiller les fermiers. Ainsi les moulins à vent traditionnels sont de plus en plus remplacés par des pompes électriques. On les vend aux touristes en guise de souvenirs. Lorsqu'il y a du vent, chaque moulin pompe l'eau à partir d'un puits, qui sera utilisée plus tard par les fermiers pour irriguer leurs jardins grâce à la gravité. Les zones côtières de l'Afrique et les régions montagneuses ayant des vents en permanence sont des endroits idéaux pour l'application de cette technologie.
Conclusion
Cette technologie propre et abordable pour puiser l'eau reste inconnue aux fermiers d'Afrique subsaharienne. Si on les met à leur disposition, et avec les nombreuses rivières et ruisseaux disponibles pour irriguer les terres non-exploitées, les marchés locaux pourraient être approvisionnées en trois mois, le temps moyen pour faire pousser et récolter des légumes dont on a tant besoin pour arrêter la malnutrition.L'aide alimentaire ne devrait pas être perçue comme une solution à long terme. Les populations gagneraient être autonomisés grâce à des technologies abordables qui peuvent les aider à surmonter les périodes actuelle et future de pénuries alimentaires.
Toute cette connaissance traditionnelle en techniques de puisage de l'eau peut être ajustée pour une appropriation selon les structures locales, en se servant des matériaux courants sur les lieux ; aucun élément importé n'est requis, aucun combustible fossile n’est nécessaire et on épargne de l'énergie humaine.
Cette technologie pourrait sembler vieille, mais son efficacité dépasse celles des pompes à moteur importées. Il est regrettable de constater qu'en dépit de la haute technologie du 21e siècle, une personne sur six n'a pas accès à l'eau potable. Donc toute solution abordable susceptible de rapprocher davantage l'eau des populations devrait être considérée comme une innovation plutôt qu'une tentative de faire reculer le développement.
Pour faire de la famine un fait qui n'appartient qu'à l'histoire en Afrique, il nous faut introduire auprès des agriculteurs ces connaissances abordables, aux résultats tangibles, démontrées et traditionnelles du monde aride. La créativité du secteur informel de l'Afrique va se rénover et adapter la technologie aux différentes conditions sociales et économiques locales.
Pendant qu'on explore la technologie moderne pour faire face à la famine en Afrique, il serait aussi sage de prendre en compte le savoir-faire qui est du domaine public et ne requiert aucune exigence de négociation des droits d'auteur. Les technologies décrites ici sont encore opérationnelles en Egypte et en Syrie. Il serait utile pour ceux interviennent dans la lutte contre la faim en Afrique de visiter Medina El Faiyum en Egypte et Hama en Syrie pour être témoins de la manière dont ces technologies traditionnelles simples peuvent transformer des terrains arides en forêt. Ce serait le commencement de la fin de la famine en Afrique.
* Camerounais de nationalité, Vincent Kitio est architecte et expert en énergie renouvelable et en technologies appropriées pour le développement durable. Il travaille au siège de l'organisation onusienne sur l'habitat, UN-HABITAT, à Nairobi, en qualité de conseiller en énergie.
* Veuillez envoyer vos commentaires à l'adresse "[email protected]" ou commentez en ligne sur
Tagged under TICs e InovaçãoLe juge d'instruction a décidé de ne pas retenir comme preuves les bandes magnétiques contenant les conversations du correspondant de RFI à Niamey,Moussa Kaka, inculpé fin septembre de « complicité d'atteinte contre l'autorité de l'Etat » pour des liens présumés avec les rebelles du MNJ, un mouvement très actif dans le nord du Niger. Cependant, le procureur a fait appel de la décision du juge d'instruction.
Tagged under TICs e Inovação NigerLe Conseil supérieur de la communication audiovisuelle au Maroc a sanctionné l'opérateur « Hit Radio Maroc » (radio privée) pour avoir manqué à son obligation de maîtrise d'antenne. Le CSCA a relevé dans son verdict que les thèmes abordés lors de certaines éditions de l'émission « Libre Antenne » font appel à « un débat, en interaction avec un jeune public, sur des questions socialement et culturellement sensibles».
Tagged under TICs e InovaçãoD'après Otto Saki le cas du Zimbabwe a fourni un excellent exemple des pailles et des accomplissements du propre système africain pour défendre les droits humains de ses citoyens contre des attaques provenant de leurs propres gouvernements.
Introduction
La situation au Zimbabwe a continué de se dégrader et d’attirer l’attention et l’intérêt aux plans international, régional et sous-régional. La Commission Africaine des Droits Humains et des Peuples (la Commission) est l’une de telles organisations intergouvernementales qui ont reçu plusieurs appels portant sur des violations de droits humains: sur la liberté d’expression, la torture, la violence liée à la politique et causée par la politique, entravant les opérations des mécanismes juridiques et indépendants à l’échelle nationale, des évictions forcées sous prétexte de campagnes de nettoyage, entre autres questions. Les interventions ont été organisées compte tenu des violations et affronts à l’endroit de la Charte Africaine des Droits Humains et des Peuples (la Charte) à laquelle le Zimbabwe est partie. Le niveau, la nature et la mesure de l’intervention par la Commission sont très discutables, connaissant son mandat, l’exécution et la nature des recommandations. Alors que l’Afrique est perçue comme connaissant les abus de droits humains les plus nombreux et les plus affreux, ses mécanismes de droits humains demeurent sérieusement inadéquats ou dans la majorité de cas délibérément bloqués par les actions des Etats. Ceci se moque indubitablement des efforts des hommes et des femmes qui offrent leurs prestations comme commissaires et comme juges à la Cour Africaine des Droits Humains et des Peuples (la Cour). Cela dit, il faudrait noter que la Commission a traversé une phase remarquable de croissance et a vécu sa bonne part de défis, mais on peut en conclure sans se tromper que c’est l’une des institutions critiques dont dispose l’Afrique, et ce sans alternative, et pour certains Etats elle est devenue une source d’extase et pour d’autres une source de douleur, même si, à ce stade, on ne peut pas souhaiter la suppression de la Commission.
Session de la Commission
Le travail des institutions intergouvernementales régionales et sous-régionales de droits humains reste très étroitement lié au travail des organisations de droits humains et le Zimbabwe n’est pas une exception. À travers l’obtention du Statut d’observateur, les organisations sont effectivement reconnues non seulement par la Commission mais effectivement par l’Union Africaine. Actuellement, plus de 7[iv] organisations ayant le statut d’observateur devant la Commission ont été impliquées à plusieurs égards dans la mise en œuvre des droits de la Charte au Zimbabwe[v]. Le travail avec la Commission sur le Zimbabwe a gagné de l’espace considérable durant la 31ème session de la Commission, lorsque le Zimbabwe était à l’ordre du jour pendant le Forum des ONGs, ce qui a eu pour conséquence la prise d’initiatives par le gouvernement du Zimbabwe d’accepter une mission devant se rendre compte des faits sur terrain en matière de droits humains[vi]. Le Forum des ONGs africaines fut plus tard saisie de la communication de la part du Forum des ONGs de droits humains au Zimbabwe, en faisant la première communication substantielle sur le Zimbabwe[vii]. Avec l’adoption d’une décision par la Commission d’envoyer une mission devant se rendre compte des faits, Harare est devenu de plus en plus agressif dans sa position publique face aux organisations de droits humains et face à la Commission elle-même. Cela a marqué le début des attaques verbales croissantes contre la Commission et les commissaires, malheureusement avec peu ou pas de protection, du moins publiquement, du travail de la Commission par l’Union Africaine. [viii] Cela donne une base de supposer que les attaques à l’égard de la Commission étaient justifiées, pourtant elles étaient en effet sans pertinence.
Mission d’etablissement des faits au Zimbabwe
La Commission a mené sa première mission visant à établir les faits au Zimbabwe du 24 au 28 juin 2002[ix], plusieurs réunions furent tenues avec les ministères du gouvernement notamment celui de l’intérieur et de la justice, avec des membres du secteur judiciaire, des défenseurs et avocats de droits humains de même que diverses organisations de la société civile.
Quand le rapport fut présenté au gouvernement du Zimbabwe, des attaques et des critiques sans égales à l’égard de la Commission furent publiées. «The Herald», un journal contrôlé par l’Etat, écrivit le 6 juillet 2004: «Selon les sources, le rapport (de la Commission Africaine) ressemblait aux rapports produits par la fondation « Amani Trust » qui est financée par la Grande-Bretagne, qui est très bien connue pour sa position anti-Zimbabwe et falsifiait la situation dans le pays. » Un éditorial dans le Sunday Mail du 11 juillet indiquait: «En lisant le rapport [de la Commission Africaine], on détecte la main d’un avocat zimbabwéen connu et des racistes d’Amani »
Dans une autre diatribe y relative, les papiers se sont plaints: «Les Panafricanistes qui veulent prendre au sérieux l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et son successeur, l’UA, trouvent assez confus et démoralisant le débat sur le rapport frauduleux à cause de l’échec des journalistes africains, qui spécialement, ne sont pas parvenus à aller au-delà des événements superficiels contenus dans l’histoire : c’est-à-dire que la Commission Africaine des Droits Humains et des Peuples a tenu quelques audiences et produit un rapport frauduleux avec l’assistance des Britanniques, d’autres bailleurs de fonds et de certaines ONGs (organisations non gouvernementales) racistes. Ce qui manque dans l’histoire est le fait que ce rapport est le plus récent d’une série de mensonges, spécialement à propos du Zimbabwe et contre le Zimbabwe.[xi]»
Plusieurs autres déclarations furent faites plus tard par le gouvernement en attaquant le travail de la Commission. Le rapport de la mission sur les faits fut adopté par la Commission dans son 17ème Rapport d’Activités, le gouvernement du Zimbabwe créant un cafouillage dans l’adoption du rapport par le Conseil Exécutif des Ministres et effectivement l’Union Africaine.[xii] Il fut accordé au gouvernement du Zimbabwe l’opportunité de fournir des réponses supplémentaires aux questions soulevées et finalement le rapport fut adopté par l’Union Africaine avec la réponse du Zimbabwe presque 3 ans plus tard.[xiii] Il convient de rappeler que les conclusions de la Commission restent en grande partie non-exécutées et que les droits sont davantage bafoués. [xiv]
Suivant les évictions forcées en mai 2005, les Nations Unies ont expédié un envoyé spécial chargé de l’habitat humain, alors que l’Union Africaine ont envoyé dans la précipitation le Rapporteur Spécial sur les Réfugiés, demandeurs d’asile et personnes déplacées en Afrique pour une mission semblable. Le gouvernement du Zimbabwe refusa aux Rapporteurs Spéciaux l’opportunité d’effectuer toute visite sous l’argument que les procédures requises de l’Union Africaine n’avaient pas été suivies. [xv] L’envoyé de l’Union Africaine a passé une semaine en « cantonnement solitaire » à son hôtel, une évolution très malheureuse si l’on considère le rôle, l’importance et la présence des institutions régionales.
Communications et mécanismes spéciaux
Avec l’augmentation des attaques à l’égard des défenseurs des droits humains, des femmes activistes, des journalistes, il y a eu une réaction limitée pour les divers mécanismes sous la Commission Africaine, y compris les Rapporteurs Spéciaux sur les Défenseurs de Droits Humains[xvi] et sur la Liberté d’Expression[xvii]. La difficulté avec de tels mécanismes, comme sous d’autres systèmes semblables, est le fait de ne pas arriver à fournir des ressources humaines et financières appropriées pour faire le suivi total de la plupart de leurs appels. Les gouvernements ont, dans une grande mesure, pris au sérieux les appels urgents, et le gouvernement du Zimbabwe semble avoir répondu à la plupart des appels, même si l’on peut disputer si les réponses ont abordé les questions soulevées ou créé des justifications pour les violations continues sous la couverture de contrôler la loi et l’ordre. La Commission a dirigé une audience sur le Zimbabwe aux termes de l’Article 46 [xviii] de la Charte qui permet à la Commission de recourir à n’importe quelle forme de mécanisme pour faire des enquêtes ou poser des questions sur la situation des droits humains dans un Etat partie. Dans sa manifestation habituelle de dédain à l’égard de tout travail pratique et critique de la Commission, la délégation venue du Zimbabwe a refusé de participer à la réunion en citant des pratiques injustes et des irrégularités au niveau des procédures dans la constitution de l’audience. Il est intéressant de noter que durant la même session la délégation du Zimbabwe distribuait des éditions imprimées du magazine « New African » et deux rapports produits par la Police de la République du Zimbabwe (ZRP en sigle anglaise)[xix]. La crédibilité de la police nationale et en particulier ses branches et unités chargées de la collecte du renseignement a été défiée [xx].
Des victoires devant la Commission
Le travail avec la Commission a présenté et présente beaucoup de défis tout comme il est bénéfique. Des communications soumises au moins une s’est terminée et a conclu que le Zimbabwe a violé les obligations de la Charte. En avril 2006, la Commission a publié des mesures provisoires en rapport avec les évictions forcées, instruisant le gouvernement de prendre des mesures urgentes et appropriées pour apaiser la détérioration générale de la santé des individus souffrant des maladies mortelles qui, à la suite des évictions forcées menées sous Opération Murambatsvina [xxii], manquaient d’accès au traitement anti-rétrovirus, aussi pour assurer que les enfants en âge scolaire ne sont pas privés des opportunités de faire leurs examens de fin d’études, de même que donner l’abri et le traitement médical aux personnes âgées et aux malades.
Alors que les procédures de la Commission continuent de nécessiter des réformes, il est critique de noter avec honneur l’importance de la décision sur l’admissibilité d’une communication. En pas moins de quatre incidents séparés; la Commission a jugé que les communications soumises par le Zimbabwe étaient admissibles. L’effet d’une telle décision fournit une preuve de l’insuffisance des mécanismes et institutions de protection des droits humains au Zimbabwe et l’absence de remèdes efficaces locaux aux violations de droits élaborées dans les communications.
De telles décisions constituent un acte d’accusation à l’endroit du secteur judiciaire de même qu’un indicateur significatif et sans aucune ambiguïté que le secteur judiciaire et le système de livraison de justice au Zimbabwe ne garantissent plus la jouissance des droits humains et des libertés fondamentales universellement reconnus. [xxiv]
Dans la communication 245/02, Zimbabwe Human Rights NGO Forum/ Republic of Zimbabwe, la Commission a fait des recommandations en rapport avec les violations de la Charte concernant la violence liée aux élections de 2000 et 2002, de même que la violence orchestrée au cours de la réforme foncière chaotique. Dans une déclaration, le forum des ONGs a noté que la «Commission a trouvé le Gouvernement du Zimbabwe en violation des articles 1 et 7 de la Charte Africaine. Ceci signifie que le Gouvernement du Zimbabwe avait violé le droit à la protection de la loi et qu’il n’a pas réussi à mettre en place des mesures d’assurer la jouissance de ces droits par les Zimbabwéens. L’endossement de la décision par l’Union Africaine est la reconnaissance par les Chefs d’Etats qu’il y a des violations de droits humains au Zimbabwe »
Ingérence politique et blocage du travail de la Commission
Vu que les organisations de la société civile et de droits humains ont enregistré et célébré de tels succès, le gouvernement du Zimbabwe a élevé son accent sur le travail de la Commission. Il a créé des synergies avec des pays ayant le même esprit qui ont également une histoire moins impressionnante de s’attaquer à la Commission, de bloquer et de se moquer du travail de la Commission.
De telles péripéties de procédures ont causé les retards dans la publication du rapport de la mission d’Etablissement des faits de 2002 de même que la décision sur la Communication 245/05. S’agissant de la Communication 245/05, le gouvernement du Zimbabwe a fait des requêtes à la Commission bien après la fin de toutes les enquêtes et auditions. Il est préoccupant de noter l’agrément et le silence visible des Chefs d’Etats à l’Union Africaine[xxv], qui dans une grande mesure, n’a pas réussi à soutenir la Commission à la lumière des gouvernements qui font des grimaces. De plus, la non-mise en œuvre des recommandations de la Commission demeure une grande préoccupation.
Leçons pour l’Afrique : rien d’appris et rien d’oublié!
La Commission est une création de l’Union Africaine, avec un mandat de faire le suivi, de promouvoir et de protéger les droits tels qu’ils sont repris dans la Charte, la même Charte qui rend obligatoire de mettre en œuvre les mécanismes législatifs et administratifs suivant l’accomplissement des droits que contient la Charte. Conscient du fait que l’ascension à la Charte et aux instruments semblables est un acte volontaire limitant la souveraineté de l’Etat, la Commission assume un statut unique qui ne cherche ni à handicaper les institutions nationales telles que les Cours ni à les remplacer.
Le Zimbabwe a régressé en passant d’un pays que l’on saluait comme le symbole du progrès et du développement à une antithèse de tout principe de développement, d’adhésion aux droits humains, à leur promotion et leur protection. L’importance des institutions supra-nationales dans l’application des normes universelles et régionales de droits humains reste critique, la faiblesse inhérente à ces institutions constitue un acte accusatoire à l’égard des dirigeants du Zimbabwe, et en Afrique. Ça reste la prérogative de tout citoyen progressiste de l’Afrique de sauvegarder ces institutions contre des individus qui se sont attribués les pouvoirs de gouverner, de mal gouverner, de construire et de détruire. S’ils ne sont pas contrôlés et limités par l’invocation des normes universelles célébrées en matière de droits humains, de tels pouvoirs nous conduiront à l’époque du joug et de l’esclavage sous nos yeux. Cette époque sera en effet une époque triste pour l’humanité et l’Afrique.
* Otto Saki est coordinateur de Programmes, intérimaire et gestionnaire des projets, « International litigation and Human Rights Defenders Projects» auprès des «Zimbabwe Lawyers for Human Rights»
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Pour notes et références, veuillez cliquer le lien
Tagged under TICs e InovaçãoC’est en pleine réunion du Collectif des éditeurs de presse, le 8 novembre, que la nouvelle est tombée : le président de la République ordonne la libération des quatre journalistes mis aux arrêts. Les éditeurs ont pris acte avant de publier un communiqué pour interpeller les autorités par rapport à ces arrestations manu militari suivies de la fermeture d’entreprises de presse.
Tagged under TICs e Inovação SenegalL'exploitation des ressources naturelles a joué un rôle central dans le conflit des Grands et en RDC. Joseph Yav offre une perspective sur les voies et moyens pour transformer les conflits en se servant des ressources comme “instruments pour la réconciliation et la reconstruction dans la région des Grands Lacs."
“J'espère qu'ils ne vont pas trouver de pétrole. Alors nous serons réellement en danger”. [Blood Diamond (Diamant Sang)]
Introduction
Pour adapter une vieille métaphore, l'on dirait que quand la Région des Grands Lacs d'Afrique éternue, le monde entier, y compris l'Afrique, s’enrhume. Plusieurs éléments interconnectés ont influencé les conflits dans cette région, y compris les intérêts des pays voisins, la compétition autour des ressources naturelles et économiques, des préoccupations quant à l'instabilité et le manque de sécurité, ainsi que le chauvinisme ethnique, pour n'en citer que quelques-uns.
Les possibilités de trouver du pétrole dans la région des Grands Lacs semblent encore une fois dangereuses. Il semble que l'Ouganda et la République Démocratique du Congo aient ignoré ce que les prospecteurs croient être des réserves de pétrole allant jusqu'à un milliard de barils dans le Bassin Albertin qu'ils se partagent. Au moment de la rédaction du présent article, la région pétrolière de l'est de la RDC était le théâtre d'affrontements qui se sont soldés par la mort de civils et de militaires, entre les armées congolaise et ougandaise. Des craintes existent de voir ce conflit s'étendre et embraser les frontières.
Ceci pourrait mener à un autre cas de conflit autour des ressources, comme décrit dans un film récent intitulé “ Blood Diamond” (Diamant Sang) où le vieil homme soupire : “J'espère qu'ils ne vont pas découvrir de pétrole. Alors nous serons réellement en danger.”
Oui, l'on pourrait dire que le vieil homme de ce film a raison; la région des Grands Lacs d'Afrique est réellement en danger. Si les possibilités réalistes de résolution et de transformation du conflit doivent être développées, des préoccupations à propos du pétrole et d'autres ressources devront être abordées. Le présent article va mettre l'accent uniquement sur la question des ressources en tant que source de conflit ou ressource pour la paix et la reconstruction. Le texte ouvre aussi une perspective sur l manièr de transformer les conflits en se servant des ressources en tant qu'instruments de réconciliation et de reconstruction dans la région des Grands Lacs.
Histoire du conflit autour des ressources dans la Région des Grands Lacs
L'une des questions les plus troublantes dans la région des Grands Lacs et spécialement dans le conflit de la RDC a été, et continue d'être, celle de l'exploitation des ressources naturelles de la RDC. L'exploitation illégale des ressources minières de ce pays a été une caractéristique constante dans les débats sur la guerre en général et spécialement dans la partie Est du pays. Il y a un débat pour savoir si oui ou non l'exploitation des ressources minières est le principal but de l'intervention étrangère ou si les initiatives minières constituent un moyen de financer l'effort de guerre.Il a été établi depuis longtemps que l'exploitation de ces ressources, y compris le ‘coltan’ (colombo-tantalite), l'or, et les diamants à l'est du Congo, et les diamants, le cuivre, le cobalt et le bois au centre de la RDC ont contribué au conflit dans le pays et exacerbé ce dernier. Préoccupé par les rapports de pillages de ressources par les forces étrangères, le Conseil de Sécurité de l'ONU a mandaté un panel indépendant pour faire des enquêtes sur ces allégations.
En effet, dans sa déclaration résidentielle datée du 2 juin 2000 (S/PRST/2000/20), le Conseil de Sécurité a demandé que le Secrétaire général crée un Panel d'Experts sur l'exploitation Illégale des ressources naturelles et des autres formes de richesses de la RDC. L'objectif était de rechercher et d'analyser les liens entre l'exploitation des ressources naturelles et autres formes de richesses en RDC et la poursuite du conflit. Dans ses quatre rapports récents, le Panel d'Experts de l'ONU a cité les noms de Hauts officiers des armées ougandaise et rwandaise et de hautes autorités gouvernementales et leurs familles, dont on allègue qu'ils sont responsables de l'exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC et d'autres abus.
Il a aussi proposé que des mesures soient prises contre les Etats, les individus et les compagnies les plus impliqués dans l'exploitation, y compris les interdictions de voyage, les sanctions financières et les réductions en déboursements d'aide. En janvier 2003, en réponse aux plaintes soulevées par des compagnies et certains gouvernements, le mandat du Panel fut prolongé jusqu'au 31 octobre 2003. Dans son rapport final du octobre 2003, le Panel a bien documenté le noyau de l'exploitation économique, du trafic d'armes et du conflit armé, en indiquant que l'exploitation illégale reste l'une des principales sources de financement des groupes impliqués dans la perpétuation du conflit. Le Panel des Experts a également listé des compagnies basées en Belgique, en Chine, en France, en Allemagne, en Israël, en Espagne, au Royaume-Uni, et aux Etats-Unis, dont on allégue qu'elles étaient impliquées dans le commerce illégal d'armes en RDC.
Par ailleurs, les acteurs régionaux ont été accusés d'agression d'‘aventurisme étranger’. En d'autres termes, si les parties au conflit en RDC pourraient avoir été motivées au départ par des préoccupations en matière de sécurité, leur présence continue en RDC peut être attribuée aux gains économiques dérivés. Le rapport indique en outre que des groupes criminels liés aux armées du Rwanda, de l'Ouganda et du Zimbabwe et le Gouvernement de la RDC ont bénéficié de tels conflits. Une telle situation est critique pour le processus de paix, parce que selon les rapports, ces ‘groupes ne se démantèleront pas volontairement… ils ont construit une économie de guerre auto-financée et axée sur l'exploitation minière’.
Le raisonnement pour l'intervention des Etats voisins s’inscrit aujourd’hui dans une démarche auto-proclamée et les conflits limités à certaines zones sont devenus régionaux. De sorte que les conflits au sein des pays et entre pays de la région des Grands Lacs exigent des solutions basées et ciblées sur la région, de même que la coopération des autres Etats voisins influents.
Situation actuelle : Les guerres pour le pétrole dans les Grands Lacs d'Afrique
L'Ouganda et la RDC partagent le Lac Albert, qui est devenu une nouvelle frontière importante dans la recherche du pétrole sur le continent. Le Lac Albert, également appelé Albert Nyanza et antérieurement Lac Mobutu Sese Seko, est l'un des plus Grands Lacs d'Afrique. C'est le septième lac le plus grand d'Afrique, et le vingt-troisième dans le monde. Il est situé au centre du continent, à la frontière entre la RDC et l'Ouganda. C'est le lac situé le plus au nord au sein de la chaîne de lacs se trouvant dans la Grande Vallée du Rift; il compte près de 160 km de long et 30 km de large, avec une profondeur maximale de 51 m et une élévation superficielle de 619 m au-dessus du niveau de la mer. En 1864, l'explorateur Samuel Baker découvrit le lac et lui donna le nom du défunt Prince Albert, époux de la Reine Victoria. L’ancien président congolais Mobutu lui donna aussi temporairement son propre nom.Le conflit monte autour du pétrole trouvé dans le Lac Albert. Les estimations parlent de réserves d’environ 100 000 barils par jour pendant quelque dix ans, quand la production va commencer. Des tensions ont commencé à monter en fin juillet-début août lorsqu'une unité des Forces Armées Congolaises (FARDC) ont capturé quatre marins ougandais qui s'étaient apparemment perdus en direction de la côte occidentale congolaise du lac. Mais le 3 août, la situation devint plus grave. Les soldats des FARDC qui patrouillaient sur le lac ont attaqué une péniche de recherche de pétrole appartenant à la compagnie canadienne du nom "Heritage Oil Corporation" et ont tué un contractant britannique qui travaillait pour elle. L'armée ougandaise réplique, tuant un soldat congolais dans l'échange de feu, tandis qu'un soldat ougandais était blessé.
Depuis lors, la tension n'a cessé de monter le long de cette partie de la frontière ougando-congolaise qui s'étend du nord au sud sur le lac de 160 kilomètre - même si la ligne frontalière n'a jamais été déterminée avec précision. Suite à la découverte du pétrole dans la Bassin Albertin, aussi bien l'armée ougandaise que l'armée congolaise se sont déployées lourdement autour des rives. Selon certains observateurs, il y a désormais une menace d'une guerre ouverte.
Pour calmer les tensions, le président congolais Joseph Kabila et son homologue ougandais, le président Yoweri Museveni, ont tenu un sommet d'une journée en Tanzanie, le 8 septembre, dans une tentative de résoudre le malentendu lié à la frontière. Ils ont signé un accord pour retirer immédiatement leurs troupes jusqu'à 150 kilomètres de la frontière afin d'apaiser les tensions autour du lac frontalier. Ils ont aussi convenu de travailler ensemble pour explorer et exploiter le pétrole dans la région du Lac Albert, voire poser un pipeline conjoint pour distribuer le pétrole. L'accord a été signé en présence du président tanzanien Jakaya Kikwete, des diplomates et des journalistes. Ils se sont également mis d'accord pour qu'une équipe conjointe commence le travail de démarcation de la zone disputée du lac. En outre, ils ont convenus de se rencontrer une fois par an et d'élever leurs missions diplomatiques au niveau d'ambassades pour améliorer les relations.
Cependant, peu de jours après la réunion et les accords une autre confrontation militaire éclata sur le lac, le 24 septembre. Reuters rapporte que six civils avaient été tués lorsque les soldats ougandais avaient ouvert le feu sur une pirogue congolaise transportant des passagers sur le lac. Dans un rapport contradictoire sur I'incident, l'armée ougandaise indique que deux soldats avaient été tués, un de chaque côté, dans ce qu'elle appelle un affrontement armé au cours d'une dispute concernant un bateau de recherche de pétrole travaillant sur le lac frontalier.
Il faut donc d'urgence transformer les ressources pour qu'elles cessent d'être une source de conflit et soient des options pour la réconciliation et la reconstruction dans la région des Grands Lacs.
Observations pour conclure : Faire passer les préoccupations autour du pétrole de source de Conflit en facteur de Paix dans la Région des Grands Lacs
La réconciliation et la reconstruction sont les éléments essentiels de la construction de la paix. La clé pour transformer les conflits est la construction de relations fortes, équitables là où la méfiance et la crainte étaient la norme. Dans la région des Grands Lacs, comme dans beaucoup d'autres pays africains, le conflit violent est devenu l'état "normal" des relations. Le contrôle des ressources économiques est devenu un facteur important dans la motivation et le maintien des conflits armés. Les politiques économiques complexes qui se cachent souvent derrière les symboles externes de l'Etat et de la souveraineté nationale se sont enracinées dans la poursuite des conflit. Le défi est donc de transformer les économies régionales et nationales "parasites", qui comptent sur les conflits violents, en systèmes sains basés sur la participation politique, l'inclusion sociale et économique, et le respect des droits humains et de l'Etat de droit.En conséquence, toute tentative de transformer les conflits pour assurer la réconciliation et la reconstruction dans la région exige la stimulation d'évolutions positives dans la région. De telles évolutions rassureront les pays affectés que leur sécurité et leurs intérêts économiques gagnent davantage à travers l'appui à la stabilité et l'amélioration des relations avec les voisins, plus qu'à travers l’instabilité chez les voisins pour les détourner de leur objectif de paix, de réconciliation, de démocratie, et de développement économique.
Ignorer les tensions et le malentendu entre la RDC et l'Ouganda aura des conséquences de longue portée sur la stabilité et le développement socio-économique de la région, parce que les ressources seront détournées du développement humain et économique vers la guerre. Pour cette raison, il importe que ces pays coopèrent pour la restauration d'un dialogue pacifique et des relations cordiales entre les Etats. A cet égard, des incursions armées et des affrontements peuvent conduire à des tensions croissantes et à un conflit armé ouvert entre Etats qui, si on ne s'en occupe pas promptement, affectera le bien-être et le développement socio-économique à long terme des deux populations.
La région des Grands Lacs est riche en ressources naturelles qui sont en jeu pour beaucoup d'acteurs dans le conflit. Cependant, les ressources naturelles cachent également les potentialités pour la réhabilitation et le développement post-conflit. Les pays devraient ainsi examiner les voies et moyens de limiter l'exploitation de telles ressources -spécialement le pétrole dans le cas présent- dans le but de financer le conflit. Ils devraient en outre chercher à identifier et à promouvoir les moyens par lesquels de telles ressources peuvent être sauvegardées et gérées quitte, à réduire le conflit et à assurer que la population en bénéficie. Egalement, il est nécessaire de développer des institutions et des cadres pour l'intégration et la transformation de l'économie informelle en économie formelle, gouvernée par une législation raisonnable, la transparence et l'efficacité, sans marginaliser les acteurs locaux et régionaux.
* Le Dr. Joseph Yav est professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Lubumbashi, en République Démocratique du Congo. Il est aussi directeur exécutif du Centre d’Etudes et de Recherche en Droits de l’Homme, Démocratie et Justice Transitionnelle et Coordinateur de la chaire des Droits de l'homme de l'UNESCO.
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