Samir Amin est membre du Conseil international du Forum social mondial et président du Forum mondial des alternatives. Huit ans après le premier Forum social mondial, l’intellectuel égyptien et marxiste retrace des grandes évolutions historiques du capitalisme et interroge les alternatives que dessinent bouleversements géopolitiques du début du siècle.
Tagged under PanafricanismeL’idée de créer Farafina, le magazine de la diaspora africaine en France, est née de deux constats. D’abord celui que la communauté africaine en France n’a plus le même visage, les mêmes ambitions, les mêmes motivations de vie en France qu’il y a dix ou vingt ans. «L’immigration n’est plus du fleuve mais de plus en plus des villes », comme l’ont constaté les sociologues. Cette nouvelle population a été à l’école le plus souvent, avec un niveau d’études supérieur, et a souvent fréquenté les universités françaises. Mais les conjonctures et les réalités du marché de l’emploi obligent la plupart d’entre eux à accepter des postes non qualifiés et comme agents de sécurité, manutentionnaires, etc.
Depuis quelques années, certains montent leurs propres affaires, le plus souvent à partir de rien du tout. Ce socle économique a donné déjà des entités comme le club Africagora. En plus de la création du Conseil représentatif des associations noires, une organisation tentant de créer une symbiose des dynamiques de l’ensemble des forces noires sociales, culturelles, économiques et politiques.
La communauté africaine compte aujourd’hui quelque 1 865 000 personnes de plus de 18 ans en Ile-de-France, soit 3,86% de la population selon le Conseil représentatif des associations noires. Les immigrés africains sont au nombre de 500 000 soit seulement 0, 7% de la population française.
Mais en termes de média dans lesquels cette communauté se reconnaît, le constat est amer et Béchir Ben Yahmed, un doyen de la presse africaine, avoue que les Africains ne lisent pas son journal malgré sa grande notoriété. Le patron de « Jeune Afrique » se désolait ainsi de voir les Africains lire la presse française – encore que l’intérêt y semble limité. Ces journaux ne parlent de la communauté africaine que très rarement, le plus souvent dans des circonstances de malheur. Même Rfi, qui peut être considéré comme le média le plus populaire sur le continent, n’a pas encore totalement acquis la communauté africaine, en tout cas en Ile-de-France, puisqu’elle n’est pas la radio la plus écoutée par les Africains.
Avec Internet, il s’est opéré un retour nostalgique vers les pays d’origine, un repli identitaire qui a exacerbé le morcellement des communautés.
C’est donc pour proposer un cadre unique, fédérer toutes les communautés africaines autour d’intérêts communs – un quotidien partagé, les mêmes aspirations… - que nous nous avons décidé, suite aux d’études menées par nos soins auprès de membres de la communauté, de lancer un magazine de la diaspora dont le défi majeur est quand même de converger les intérêts de l’immigré de base, ceux des entrepreneurs africains, des étudiants, de l’agent diplomatique, du fonctionnaire international.
Farafina se positionne comme le journal de tous les immigrés du continent africain en France. Du manutentionnaire sur le marché de Château Rouge au professeur d’université en passant par l’étudiant ou le fonctionnaire, nous nous adressons à cette communauté en montrant son monde tels qu’il est, en faisant entendre sa voix, en donnant la parole aux femmes et aux hommes qui entreprennent et veulent réussir.
Farafina a pour objectifs de :
1. Promouvoir l’image de la communauté africaine en mettant à sa disposition un support dans lequel il se reconnaît ;2. Encourager les initiatives de membres de la communauté qui ont osé entreprendre, oser réussir ;
3. Soutenir les initiatives d’intégration par la promotion des réussites ;
Enquêtes, reportages, témoignages, débats… En 16 pages, le tour de ce qui se passe sur le continent et de ce que les fils du contient vivent et font de merveilleux en France. « Farafina » tissera les liens entre les communautés et les chancelleries. Le journal papier sera disponible le premier vendredi de chaque mois distribué par le réseau des associations, des restaurants et des salons de coiffure.
La version Internet propose dans ses rubriques interactives de faire participer les membres de la communauté à la rédaction des articles en nous informant de tout ce qui touche de près ou de loin à la vie de la communauté dans leur cité, leur ville, leur département ou en proposant directement des textes. La rubrique « La lettre du village », commune au journal papier (mensuel) et au site internet (hebdomadaire), est une chronique de la vie des Africains en France sous l’effet miroir.
* Oussouf Diagola est le directeur de Farafina Mag
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur
Tagged under PanafricanismeLes Ivoiriens de l'étranger pourront se faire identifier et s'inscrire sur les prochaines listes électorales à partir du début du mois de janvier, selon le président de la Commission électorale indépendante (CEI). Des commissions électorales indépendantes locales de l’étranger seront installées à cet effet. L’élection présidentielle prévue officiellement pour le 30 novembre a été reportée le lundi 10 novembre par le cadre permanent de concertation (CPC) à une date ultérieure qui doit être déterminée par la commission électorale indépendante (CEI).
Tagged under Panafricanisme Cote d’IvoirePrince Johnson, l’ancien chef rebelle libérien, a déclaré que la mort de Sankara aurait été décidée par son bras droit et successeur, l’actuel président burkinabè Blaise Compaoré, avec l’aval du président ivoirien de l’époque, Félix Houphouët-Boigny. Blaise Compaore a toujours démenti avoir joué le moindre rôle dans la mort de Thomas Sankara. Selon Johnson, « La seule option pour rester au Burkina puis aller en Libye, était de répondre positivement à la requête de Blaise, c’est-à-dire se débarrasser de Thomas Sankara qui était contre notre présence au Burkina ».
Tagged under Panafricanisme Burkina FasoLe destin de la femme est liée à l’exploitation de l’homme. C’est un fait. Cependant, cette convergence, découlant de l’exploitation dont l’homme et la femme ont souffert et qui les lient historiquement, ne doit pas nous faire perdre de vue la réalité spécifique de la condition des femmes. Des conditions de vie qui sont déterminées davantage que par des facteurs économiques, et qui montrent qu’elles sont victimes d’une oppression particulière.
Tagged under Panafricanisme Burkina FasoBlaise Compaoré et la Françafrique ont tué Thomas Sankara en croyant qu’ils pouvaient éteindre l’exemple qu’il a représenté pour la jeunesse et les forces progressistes à travers le continent. Ils ne pouvaient pas mieux se tromper. Une semaine avant son assassinat, dans un discours marquant le vingtième anniversaire de l’assassinat d’Ernesto «Che» Guevara, Thomas Sankara déclarait : « On ne peut tuer les idées, les idées ne meurent jamais ». En vérité, l’histoire de l’humanité est celle de ces martyrs et héros dont les idées et actions ont survécu à la marche du temps pour inspirer les générations futures.
Tagged under Panafricanisme Burkina FasoCélébrer le 400e numéro de Pambazuka News revient à célébrer le panafricanisme. Avec son demi million de lecteurs et son millier de contributeurs à travers l'Afrique, Pambazuka a réellement allumé les balises d’une panafricaine intellectuelle ; et comme l’a dit un militant, « l'insurrection des idées précède l'insurrection des armes ». Pambazuka n'est certainement pas un appel aux armes (matériel), mais un appel aux insurrections intellectuelles et idéologiques. Nous avons besoin de Pambazuka News si la vision panafricaine - pas un rêve - est de survivre et de continuer à guider à nos pensées et actions comme Africains. Ainsi que le dit Souleymane Bachir Diagne, nous devrions faire du panafricanisme une catégorie de la pensée intellectuelle.
Tagged under PanafricanismeDans une belle analyse de l'expérience d’après-lutte de libération en Afrique australe, Henning Melber explore le degré auquel les mentalités militaristes des gouvernements issus de ces mouvements ont sacrifié les objectifs affirmés d’affirmation des Droits de l'homme et d’idéal démocratique. En partant des exemples de l'Afrique du Sud, du Zimbabwe, de l'Angola et de la Namibie, Melber explore les contradictions existantes.
Tagged under PanafricanismeLe sommet de la "diaspora africaine", initialement prévu du 10 au 11 octobre prochain à Johannesburg, a été reporté sine die, en raison de ''problèmes internes'' en Afrique du Sud. Quelque 79 chefs d'Etat et de gouvernement d'Afrique, d'Amérique Latine et des Caraïbes, ainsi que des représentants de la société civile venus de ces différentes parties du monde étaient annoncés à cette rencontre dont le thème est : ''vers une Afrique unie avec sa diaspora'
Tagged under PanafricanismePour la quatrième fois en trois jours, le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell a été attaqué cette semaine dans le sud du Nigeria par le Mend, alors que les autorités semblent toujours minimiser l'opération "Barbarossa" lancée par le principal groupe armé du delta du Niger. Dans un premier courriel, le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend) affirme avoir détruit, le 16 septembre, la station de pompage d'Orubiri (Etat de Rivers), "en collaboration avec un autre mouvement armé, la Force des volontaires du peuple du delta du Niger (NDVF)".
Tagged under Panafricanisme NigeriaFarafinaradio émet sur la Toile depuis juillet 2008. Créée à Paris, elle se veut la radio de toute la diaspora africaine. Opérationnelle depuis juillet, la jeune web radio est un projet initié et mené par un ressortissant de la Côte d’ivoire et diplômé de l’Ecole de Radio de France basée à Boulogne Billancourt. Elle ne diffuse que de la musique pour le moment, mais des émissions animées par des journalistes seront disponibles dès octobre.
Tagged under PanafricanismeLe 5 août 1983, Thomas Sankara, considéré comme le Che Guevara africain, renversait Jean-Baptiste Ouédraogo pour s’emparer de la présidence de la Haute-Volta (devenue Burkina Faso). Jusqu’à son assassinat le 15 octobre 1987, il va profondément transformer son pays, devenu le Burkina Faso, et laisser une trace indélébile en Afrique, qui le place dans la lignée des plus grands comme Lumumba ou N’Krumah…
Tagged under Panafricanisme Burkina FasoLettre au gouvernement du Brésil
Son Excellence Monsieur Antonio De Aguiar Patriota, ambassadeur du Brésil aux Etats-Unis, 3006 Massachusetts Avenue, NW Washington, DC 90008
Son Excellence Madame Theresa Maria M. Quintella, Consul Général de Brésil 8484 Wilshire Blvd. Beverly Hills, CA 90211
Excellence,
Il est temps, après neuf mois d'anxiété, que l'autorité chargée, au nom de la communauté Internationale, de la responsabilité de veiller à la sécurité à Haiti, informe la communauté Internationale, c'est-à-dire l'opinion publique Internationale, de ses conclusions sur l'enlèvement scandaleux ou la disparition du citoyen et patriote haitien, M. Lovinsky Pierre-Antoine.
La date de la disparition de M. Lovinsky Pierre-Antoine est bien connue. Il est également connu qu'Il a aidé des délégations des Droits de l'homme venues de deux pays - les Etats-Unis et le Canada - des pays qui abritent des cours et parlements de renommée.
Il ne faut surtout pas vous méprendre sur cet appel. Il fait naître un grand espoir aux Nations Unies en tant qu'organisme de maintien de la paix, et en suscite davantage pour l'évolution de la démocratie au Brésil qui joue un rôle de tout premier plan dans la mission de stabilisation des Nations Unies à Haiti. Ma déception est donc grande.
Chaque fils et fille de Haiti mérite de la protection de la loi et des dispositions internationales spéciales. Lovinsky Pierre-Antoine est un fils de Haiti, un fils bien connu dans la région et dont la réputation a une dimension mondiale maintenant. Sa réputation internationale est une aune à laquelle on peut mesurer la force de maintien de la paix, leur réputation connaîtra des hautes et des bas selon leurs fortunes. Dans le monde d'aujourd'hui, les nouvelles sur les violations se vendent très bien.
Le monde ignore encore la position des agences officielles à Haiti, qu'elles soient nationales ou Internationales, sur cet important exemple d’inhumanité (cruauté). Lorsque cette question a été soulevée par les participants à la conférence sur les enfants de Haiti, dans une université à San Diego, aux Etats Unis, l'ambassadeur de Haiti aux Etats-Unis a eu une réaction fougueuse. Non seulement il a établi la non implication du gouvernement de Haiti dans l'enlèvement de Lovinsky Pierre-Antoine, mais il a effectivement défendu le gouvernement, donnant l'assurance au public qu'il n'était associé de près ni de loin à cette malheureuse affaire. Personne n'avait même laissé entendre qu'il l'était. Il a dit que M. Pierre-Antoine était probablement un candidat rival à une autre personne et a insinué que dans de telles circonstances il y a eu parfois des disparitions. Je n'ai pas connaissance qu'il en ait fait la déclaration devant la rassemblement, et je suis ouvert à toute correction que lui-même, ou n'importe qui d'ailleurs, peut souhaiter apporter.
Tout ce que l'ambassadeur pouvait faire était de donner raison au gouvernement haitien. Mais l'avocat de M. Pierre-Antoine était présent et ne s'est pas privé de réprimander le gouvernement pour son silence et sa prétendue incapacité à exercer sa responsabilité nationale.
Le gouvernement de Haïti étant exclu comme complice de l'absence de M. Pierre-Antoine, l'hémisphère à laquelle Haiti a toujours appartenu comme force incontournable tourne son regard vers cette force multilatérale considérée comme étant d'une assistance vitale à un gouvernement local historiquement paralysé, et sur le leadership de cette force, la République du Brésil, un grand partenaire dans l'hémisphère. Leur présence là-bas conduit les non avertis à présumer qu'ils sont là pour fournir le type d'expertise et d'influence que l'on ne peut pas attendre d'un gouvernement dans la situation qui prévaut actuellement à Haïti.
En cette époque de surveillance secrète mais largement connue, l'observation par satellite de la terre, la mer et l'air, l'écoute téléphonique clandestine et d'autres matériels utiles à la fois pour le délit et la défense, il y a un manque de crédibilité. Le public est peu enclin à croire que quelques voyous à Haïti ont si complètement mis à rude épreuve la capacité humaine des plus grands Etats de l'hémisphère.
Cette question de la disparition de M. Lovinsky Pierre-Antoine doit donc être portée à la connaissance de la population éberluée de l'hémisphère et du monde en général, attendant avec impatience des mots d'encouragement de des Nations Unies et des ses forces de maintien de la paix.
Il faut que ces forces soient conscientes du kidnapping et de la disparition du premier Premier ministre de Haïti, Toussaint Louverture. Le régime français de l'époque, un régime de soldats, a traité le sort de Toussaint avec un silence qui rappelle à bien des égards la façon dont l'enlèvement de Pierre Antoine est en train d'être traité. Ce modèle français est-il le modèle pour les troupes et hauts responsables ?
Plusieurs questions viennent à l'esprit. L'hémisphère, à coup sûr, et la communauté internationale souhaitent savoir l'équipe spéciale qui a été mise sur pied pour suivre les traces de Lovinsky Pierre-Antoine et d'autres personnes, sans tenir compte de leu coloration politique, qui peut être moins bien connue mais dans des circonstances similaires.
Il est possible d'avoir des fausses notions sur ce qui est arrivé à LOVINSKY. Il est également possible de faire des déclarations et trouver le besoin de les réviser. Il est possible dans une époque comme celle que nous vivons, connue pour sa surveillance tous azimuts, de bien garder les secrets.
Dans le contexte militaire d'une force de maintien de la paix, le silence pendant deux semaines sur le rôle de l'Autorité chargée du commandement peut être souhaitable, après qu'il a déclaré son inquiétude en affirmant au public qu'il poursuivrait sans relâche les coupables (contrevenants). Le silence, pendant trois semaines, peut être source d'inquiétude, quoique compréhensible si elle a donné les assurances nécessaires. Le silence pendant neuf mois va dans le sens contraire, et n'est plus un silence mais un aveu éloquent d'impuissance ou, mieux, un manque de souci.
Si un citoyen de l'envergure et de la popularité de Lovinsky Pierre-Antoine peut "se laisser entraîner", alors le sort du citoyen ordinaire à Haïti sous l'égide de la force des Nations Unies n'est pas enviable.
Et les des questions continuent d'être posées : Quand est-ce que les autorités ont entendu parler de l'enlèvement pour la première foi s? Quelles mesures spécifiques ont-elles prises? Qui est-ce qui informe l'épouse et les enfants de Pierre-Antoine ? N'y a-t-il pas de suspects ? L'enlèvement est-il perçu comme quelque chose qu'on s'est auto infligé ? Les suspects, s'il y en a, ont-ils fait fi de la qualité multinationale de l'ONU ? Y'a-t-il eu des atterrissages secrets d'avions dont les gardiens officiels ne sont pas informés ? L'a-t-on fait disparaître dans un petit bateau et tous les suspects ont-ils été appelés ? Lovinsky Pierre-Antoine a-t-il été rendu ? Où sont les médias internationaux, connus pour leur goût prononcé pour l'efficacité ? L'Etat et les médias ont-ils conspiré pour ne pas mener des investigations sur le sort de cet homme ? Est-il détenu par les forces de la loi et de l'ordre, si oui, où sont ses droits ? S'il est détenu, sur la base de quelles allégations ou de quelle soupçon raisonnable l'est-il ? Cet homme, qui était bien connu pour son engagement en faveur de la non violence et destiné à devenir sénateur, a-t-il été soupçonné de planifier à faire sauter le parlement ?
Votre Excellence, Madame Theresa Maria M. Quintella, je vous prie de transmettre sans délai cette lettre à votre gouvernement au Brésil. Par respect pour le président Lula, en sa qualité de chef d'Etat élu, l'auteur va la transmettre aux médias internationaux dans la région et dans tous les continents, pas avant la fin de la deuxième journée après son envoi au bureau consulaire du Brésil à Los Angeles.
Veuillez croire, Excellence, à l'expression de mes sentiments distingués.
Eusi KwayanaCc: United Nations Secretary-General
Congresswoman Maxine Waters
Amnesty International
Pax Christi
Global Women's Strike, Los Angeles
Haiti Action Committee* Pour de plus amples renseignements sur Lovinsky Pierre-Antoine, voir également: Haiti: La disparition de Lovinsky Pierre-Antoine et Lettre de Jean-Bertrand Aristide.
* Eusi Kwayana est un vieux Panafricain défenseur de la Guyane et des Caraïbes. Il a joué un rôle de tout premier plan dans le rapprochement des peuples indien et africain dans la lutte pour l'indépendance de la Guyane. Son livre le plus récent, « The Morning After », est un appel pour mettre fin à la manipulation de l'insécurité raciale en Guyane par ceux qui promeuvent la violence interethnique au non de la libération. Ses autres livres comprennent « No Guilty Race » et « Scars of Bondage ».
* Veuillez envoyer vos commentaires à 'adresse suivante: ou faire vos commentaires en ligne à l'adresse suivante:http://www.pambazuka.org
Tagged under PanafricanismeL'opposition zimbabwéenne a accusé le 7 juillet les fidèles du régime d'avoir intensifié leurs attaques depuis la reconduction à la tête de l'Etat de Robert Mugabe, qui a lui-même été visé par une nouvelle salve de critiques internationales. Vingt partisans de l'opposition ont été tués et "des milliers d'autres agressés" depuis le second tour de l'élection présidentielle le 27 juin, a assuré le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) dans un communiqué.
Tagged under PanafricanismeA 58 ans, le Béninois Amadou Raimi a été réélu président du conseil d’administration de Deloitte France le 5 juin dernier, à la suite d’une réunion générale exceptionnelle des associés du cabinet. Entré chez Deloitte en 1976, il a effectué toute sa carrière au sein du cabinet où il a gravi tous les échelons, s’occupant de dossiers stratégique. Il avait brigué avec succès en 2004 la présidence du conseil d’administration. Il est également depuis 2007 vice-président du conseil d’administration mondial de Deloitte.
Tagged under Panafricanisme BeninCette année, la diaspora togolaise à travers le monde se mobilise pour la fête nationale du 27 avril. A Paris, Washington, Bruxelles, Londres ou Ottawa de nombreuses animations sont prévues, musique sport, dégustation culinaire. Mais les Togolais de l'extérieur veulent aussi prendre une part active au renouveau de leur pays en réfléchissant aux moyens d'aider le Togo à se développer.
Tagged under Panafricanisme TogoEmployez toujours le mot ‘Afrique’ ou ‘Obscurité’ ou ‘Safari’ pour votre titre. Les sous-titres pourront inclure des mots comme ‘Zanzibar’, ‘Massai’, ‘Zambèze’, ‘Congo’, ‘Nil’, ‘Gros’, ‘Ciel’, ‘Ombre’, ‘Tambour’, ‘Soleil’ ou ‘Passé’. Il y a aussi des mots utiles tels ’Guérillas’, ‘Eternel’, ‘Primordial’ et ‘Tribal’. A noter que ‘Peuple’ signifie les Africains qui ne sont pas Noirs, alors que ‘Les Peuples’ signifient les Africains Noirs. Pas d’image d’Africain en règle sur la couverture de votre livre ou à l’intérieur, à moins que cet Africain ait gagné le Prix Nobel. Un AK-47, des taquineries, des seins nus, voilà ce que vous devez utiliser. Si vous devez inclure un Africain, assurez-vous que vous prenez un Massai ou un Zoulou ou une robe Dogon.
Tagged under PanafricanismeC’est la fin d’une année et le début d’une autre. L’usage veut que l’on jette un coup d’œil rétrospectif sur l’année écoulée, que l’on passe en revue les faits saillants (les hauts et les bas) pendant que l’on regarde l’année à venir avec espoir et espérance et parfois avec une vive agitation à propos des choses prédites ou attendues. D’ailleurs beaucoup de gens engagés dans le rituel des résolutions du nouvel an n’ont pas survécu aux célébrations du nouvel an. Cette colonne ne va pas passer en revue toute l’année. J’engage aussi le bon sens sans faire aucune prédiction pour 2006 afin de me mettre à l’abri de tout problème d’explication ‘verbeuse’, pourquoi ces résolutions ne se sont pas réalisées, cette fois l’année prochaine. Et comme pour les résolutions du nouvel an, je me préserve à la fois de l’embarras et de la déception en ne faisant aucune résolution. Tout peut arriver, qu’il soit bien venu ou non, une surprise en tout cas.
Au lieu de faire la revue de toute l’année 2005, je vais juste poser mon regard sur une question qui fut presque une obsession pour moi au cours de toute l’année. 2005 a été l’année au cours de laquelle il y a eu tant de promesses pour l’Afrique et dans laquelle très peu de choses ont été réalisées. Mais le subterfuge clarifie notre croyance selon laquelle, les bienfaiteurs étrangers vont aider l’Afrique. On nous a dit plusieurs fois, par toutes sortes de bienfaiteurs, que 2005 était l’année de l’Afrique. Ces attentes étaient basées sur une coïncidence hésitante hors de l’Afrique. Le Premier Ministre britannique, Tony Blair assumait à la fois les fonctions de Président en exercice de l’Union Européenne et de Président des pays les plus industrialisés du monde communément appelés G8. Il a promis de faire de l’Afrique sa priorité. Le prophète Blair qui n’a pas officiellement visité l’Afrique au cours de son mandat (en dehors d’une séance de photo obligatoire avec Nelson Mandela), avait décidé, afin de s’affranchir du sang des innocents Irakiens dans sa croisade pour soutenir son copain le cinglé Bush, que l’Afrique serait son salut.
Les ONG Britanniques de premier plan, conduites par OXFAM dont l’un des anciens hauts dirigeants officiels était conseiller à Downing Street, a vu la mission de Blair en Afrique comme une merveilleuse opportunité pour le financement des opérations en Afrique et s’est mis volontiers du côté de Blair. L’embarras éhonté de Blair n’est comparable qu’avec la grotesque scandale des journalistes occidentaux embarqués dans l’impérialisme Anglo-américain dans leur occupation illégale de l’Irak. Ces ONG doivent maintenant retrouver leur âme en 2006 et se demander si leur allégeance avec le pouvoir en valait la peine. Mais puisqu’elles n’ont pas de comptes à rendre aux personnes qu’elles sont sensées servir, elles continuent de parler de leur tricherie comme étant un succès.
De quel succès s’agit-il lorsque le Nigeria continue à rembourser plus de 3 milliards de dollars de sa dette extérieure rien qu’à la Grande Bretagne, un chiffre plus élevé que l’ensemble du montant de l’aide britannique au cours de la même année. De quelle opportunité s’agit-il pour l’Afrique lorsque les pressions devaient être dissipées en poussant les Américains, à travers leur Ambassadeur aux Nations Unies, le très détesté Bolton, d’accepter d’éliminer l’acronyme, “Objectifs du Millénaire pour le Développement” mis en place 5 années plus tôt? Si cela a demandé tant d’efforts pour défendre l’acronyme, combien cela prendra-t-il pour atteindre les objectifs ?
Si vous avez encore des doutes de le mauvais état des choses, la récente réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Hong Kong devrait écarter la moindre illusion. Il n’y a pas eu de véritable changement sur les principales questions et les décisions ont été reportées à des négociations ultérieures entre les chats et les souris de l’économie mondiale. Les chats n’abandonneront pas leurs droits de manger les souris, alors que les souris devraient tout faire pour ne pas se faire engloutir.
La frontière est claire mais plusieurs ONG occidentales confondent leur audience intérieure et la complicité de leurs activistes du Sud en entretenant l’illusion selon laquelle certains chats sont moins gourmands que les autres. Beaucoup d’activistes du Sud savent que tout ceci n’est pas réel mais ils continuent à travailler avec leurs patrons du Nord parce que leur travail et leurs carrières en dépendent. Les campagnes offrent les mécanismes de soulagement de la pauvreté individuelle sans entamer la structure globale et nationale du pouvoir qui appauvrissent les masses populaires. Quel que soit ce que peuvent faire Bob Geldof, Bono et les autres nouveaux missionnaires de l’Occident, la pauvreté ne sera ni éradiquée de la ville, ni traitée en dehors des Premiers Ministres et des Présidents. C’est une cécité historique d’agir et de penser qu’un peu de concert de Rock changera la situation. Peu importe combien de milliards de (télé)spectateurs regardent ces concerts.
C’est d’autant plus lugubre que Bob Geldof est devenu un conseiller à la pauvreté globale du leader conservateur, du nouveau clone Blairite et David Cameron. Après avoir essayé Blair et le nouveau travailliste, la patronne des ONG occidentales est allée chez les conservateurs. J’imagine qu’après avoir essayé le faux conservateur, pourquoi ne pas être réaliste. Est-ce que OXFAM et leurs multiples compagnons de route en Afrique vont maintenant nous convaincre que Cameron est la nouvelle face de la guerre contre la pauvreté?
Il est clair que les Britanniques et les autres ONG occidentales font des ajustements par rapport à leur propre environnement politique et s’adaptent à quiconque est au pouvoir. Mais parce que nos propres ONG sont menées par le bout du nez par les bailleurs, et qu’elles manquent de base sociale dans nos propres sociétés, elles ont démontré leur incapacité à faire la même chose. Elles se déclarent alors indépendantes des gouvernements africains et ne sont pas responsables devant le peuple mais se mettent en accord avec leurs bailleurs de fonds. J’espère qu’au cours de la nouvelle année, ces ONG vont commencer à mieux regarder vers l’Afrique et les Africains plutôt que vers les faux prophètes, les sauveurs et les messies venus d’ailleurs. Le fait que la majorité de nos populations aient survécu pour voir l’aube de 2006 n’a rien à voir avec ce que Blair, Brown, Bob et Bono (je me demande souvent pourquoi leurs noms commencent tous par la lettre B), ont fait pour eux, mais le résultat direct de notre volonté de vivre et de triompher.
En disant au revoir à 2005 disons au revoir aux stars en B dans la pornographie globale de la pauvreté qui a dominé le multimédia au cours de l’année.
Bonne année à tous.
Dr Tajudeen Abdul-Raheem est Secrétaire Général du Mouvement Panafricain, Kampala (Ouganda ) et Co-Directeur de Justice Africa.Veuillez envoyer vos commentaires a
Tagged under Panafricanismehttp://www.pambazuka.org/images/articles/47fr/46801flag.jpgRépondre à la main tendue de l’Union Africaine sur une base indépendante et avec des propositions claires centrées sur nos préoccupations
La situation préoccupante concernant les détenus politiques dont certains ont disparu au Tchad, le cours politique au Kenya qui est au bord du chaos malgré les accords ay sommet, les plans de développement économique « sous-développant », l’inique et cynique dette extérieure sur fond d’une politique de « françafrique» continue, le casse-tête des négro-africains mauritaniens, les questions de migration et de discrimination auxquelles s’ajoutent celles du Darfour, du Congo, du Cameroun entre autres, procèdent de la même dynamique pour mieux s’organiser afin de répondre en temps réel et ensemble aux urgences démocratiques et aux besoins sociaux et économiques immédiats des populations, ici et là-bas.
En effet, s’il est clair que des efforts prolongés ont été consentis par nos Etats, dont la plupart sont aujourd’hui issus de régime démocratique, il reste aussi notable que les relations inégalitaires entre l’Afrique et l’Europe, combinées à une politique ostentatoire et prédatrice des différents gouvernants africains, annihilent les efforts de développement et laissent les populations dans une situation de paupérisation avancée, dont la plupart n’ont d’autres choix que les « cayocos ».
A partir de cette donnée, il importe de se poser au moins ces questions : quel doit être l’apport de la Diaspora qui pèse un milliard de francs CFA au moins par jour et par pays et dont la contribution est plus importante que l’Aide Publique internationale au Développement ? Quel type de relations entretenir avec les Etats, sans se compromettre dans des combinaisons politiciennes et quels liens tisser pour participer au renforcement organique de la « société civile » et au-delà ? Comment étoffer et développer une passerelle viable entre ici et là-bas ?
L’Union Africaine a semblé faire avancer les choses, suite à l’intégration, en février 2003, d’un nouvel article dans son acte constitutif valorisant la Diaspora. Désormais, elle : « invitera et encouragera la pleine participation de la diaspora, en tant que partie prenante de notre continent, à la construction de l’Union africaine ».
Pour resserrer les liens et donner corps à la 6ème région, mandat sera donné à l’Afrique du Sud pour cinq conférences consultatives.
Malheureusement pour la France, le choix d’avance de la plupart de ceux qui ont été ou sont aux commandes du projet, directement ou indirectement, a été plus de s’inquiéter de leur devenir que de partager les informations avec les autres organisations et les citoyens. Cela a pesé sur les mobilisations, a créé le doute et a, dans tous les cas, ralenti le nécessaire élan de la Diaspora dans sa diversité, à s’approprier en toute indépendance du projet pour une participation effective.
Mais dans un souci d’avancer ensemble et tenant compte de l’identité et de la complexité de la diaspora, qui est loin de se limiter aux seules associations ni aux seuls Africains, il serait judicieux, même si le maximum de beaucoup a souvent été notre minimum, de jeter les bases d’un compromis apte à faire émerger et consolider un socle de convergence qui permette de préserver l’unité du mouvement d’ensemble. C’est pourquoi, afin de participer enfin à la naissance d’une structure unitaire et démocratique de la 6ème région, dont les contours sont à dessiner en partant de la réalité, il n’est pas question de fonctionner par exclusion ou en s’ignorant. Il s’agit plutôt de participer aux différentes initiatives et actions qui garantissent et nourrissent les débats afin d’avancer ensemble tout en veillant aux identités des uns et des autres.
Un pas de géant sera franchi pour résoudre la difficile question organisationnelle si, quelles que soient nos ambitions, nous restions concentrés sur les préoccupations des citoyennes et citoyens de la Diaspora.
Perspectives immédiates
La Diaspora n’a pas besoin de s'émietter mais plutôt de préserver son indépendance de pensée et d'actions pour que les citoyennes et les citoyens se sentent concernés. Cela passe par gagner la bataille de l’information au-delà des associations, des syndicats et des Institutions, tous pouvant jouer un rôle de premier plan. Cela signifie, entre autres:
- participer à la réussite de toutes les réunions d’information pour la création du mouvement d’une organisation démocratique de la 6ème région, à vocation panafricaine ;
- s’impliquer dans les dynamiques de mobilisation pour assurer une plus grande visibilité de nos actions à travers des acteurs démocratiquement mandatés, qui rendent compte de leurs missions et impulsent des plans et programmes d’actions en rapport avec nos craintes et espoirs, ici et là-bas...
L’urgence ne doit pas faire céder à la précipitation. Sans nier nos différences d’opinions, restons vigilants pour ne pas être divisés afin que d’autres règnent à notre place et nous imposent ce qui est bien ou mal pour nous…
Sékou Diabaté est président de Initiatives et Actions Citoyennes pour la Démocratie et le Développement
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org
Tagged under PanafricanismeChers compatriotes,
Je vous ai promis vendredi dernier 15 février que, dans ma prochaine réflexion j’aborderai un thème qui intéresse beaucoup de compatriotes. Cette réflexion prend aujourd’hui la forme d’un message. Le moment de postuler et d’élire le conseil d’Etat, son Président, Vice-président et Secrétaire, est arrivé.J’ai rempli la charge honorable de président durant de nombreuses années. Le 15 février 1976, la constitution socialiste a été approuvée par un vote libre, direct et secret de plus de 95% des citoyens jouissant de leur droit de vote. Le première Assemblée Nationale a été constituée le 2 décembre de cette année-là et a élu le Conseil d’Etat et sa présidence. Auparavant, j’avais exercé la charge de Premier ministre pendant presque 18 ans. J’ai toujours disposé des prérogatives nécessaires pour faire avancer l’oeuvre révolutionnaire avec l’appui de l’immense majorité du peuple.
Connaissant mon état de santé critique, plusieurs, à l’extérieur, pensaient que le renoncement provisoire à la charge de président du Conseil d’Etat le 31 juillet 2006 que j’ai laissée entre les mains du premier vice-président Raul Castro Ruz, était définitif. Raul lui-même qui, de plus, occupe la charge de ministre des F.A.R. par ses mérites personnels et les autres compagnons de la direction du parti et de l’Etat, refusèrent de me considérer comme démis de mes charges malgré mon état de santé précaire.
Ma position était incommode face à un adversaire qui fit tout ce qui était imaginable pour se débarrasser de moi et auquel, en aucune façon, je ne voulais complaire. Le temps passant, je pus retrouver toutes les facultés de mon esprit, la possibilité de lire et de beaucoup méditer que le repos m’imposait. J’avais des forces physiques suffisantes pour écrire de longues heures, celles que me laissaient ma convalescence et mes programmes de récupération. Le bon sens m’indiquait que cette activité était à ma portée.
D’autre part, j’ai toujours été préoccupé, en parlant de ma santé, d’éviter les illusions qui, en cas d’issue défavorable, aurait apporté des nouvelles traumatisantes à notre peuple au milieu de la bataille. Le préparer à mon absence psychologiquement et politiquement était ma première obligation après tant d’années de lutte. Je n’ai jamais cessé de dire qu’il s’agissait d’une récupération « non exempte de risques ». Mon désir a toujours été d’accomplir mon devoir jusqu’à mon dernier souffle, c’est ce que je peux offrir.
A mes extraordinaires compatriotes qui me firent récemment l’immense honneur de m’élire membre du Parlement où des accords importants pour le destin de notre Révolution doivent être adoptés, je leur dis que je ne demanderai ni n’accepterai, je le répète, je ne demanderai ni n’accepterai la charge de président du Conseil d’Etat et de Commandant en chef.
Dans de brèves lettres adressées à Randy Alonso, directeur du programme de la Table Ronde de la télévision nationale, qui furent diffusées à ma demande, était inclus discrètement des éléments de ce message que j’écris aujourd’hui et le destinataire des missives lui-même ne connaissait pas mon dessein. J’avais confiance en Randy parce que je l’ai bien connu quand il était étudiant à l’université de journalisme et que j’avais presque toutes les semaines des réunions avec les principaux étudiants universitaires... Aujourd’hui, tout le pays est une immense université.
Paragraphe de la lettre envoyée à Randy le 17 décembre 2007 :
« Ma plus profonde conviction est que les réponses aux problèmes actuels de la société cubaine, qui possède une moyenne d’éducation proche des 12 niveaux, presque 1 million de diplômés de l’université et une possibilité réelle d’études pour ses citoyens sans aucune discrimination, demandent plus de variantes de réponses pour chaque problème concret que de variantes contenues sur un échiquier. On ne peut pas ignorer un seul détail et le chemin n’est pas facile, mais l’intelligence de l’être humain, dans une société révolutionnaire, doit passer avant ses instincts. Mon devoir élémentaire n’est pas de m’accrocher à mes charges et encore moins d’obstruer le passage à des personnes plus jeunes mais d’apporter mes expériences et mes idées dont la modeste valeur provient de l’époque exceptionnelle que j’ai vécue.Je pense comme Niemeyer, il faut être conséquent jusqu’à la fin. »
Lettre du 8 janvier 2008 :
« ...Je suis un partisan convaincu du vote uni (un principe qui préserve le mérite ignoré), ça a été ce qui nous a permis d’éviter les tendances à copier ce qui venait des pays de l’ancien camp socialiste, parmi elles, le portrait d’un candidat unique aussi solitaire que solidaire avec Cuba. Je respecte beaucoup cette première tentative de construire le socialisme grâce à laquelle nous avons pu continuer sur le chemin que nous avions choisi.»« J’avais très présent à l’esprit que « toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs », c’est ce que je répétais dans cette lettre.
Occuper une responsabilité qui demande de la mobilité et un don de soi total que je ne suis plus en condition physique d’offrir, trahirait ma conscience. Je l’explique sans dramatiser. Heureusement, des cadres de la vieille garde sont toujours présents, joints à d’autres qui étaient très jeunes quand la première étape de la Révolution commença. Quelques-uns, presque enfants, rejoignirent les combattants des montagnes et ensuite, avec leur héroïsme et leurs missions internationalistes, emplirent le pays de gloire. Ils ont l’autorité et l’expérience pour garantir la relève.
Notre époque dispose également de la génération intermédiaire qui apprit avec nous l’art complexe et presque inaccessible d’organiser et de diriger une Révolution. Le chemin sera toujours difficile et demandera l’effort intelligent de tous. Je me méfie des sentiers apparemment faciles de l’apologétique ou, à l’inverse, de l’autoflagellation. Il faut toujours se préparer à la pire des variantes. Etre aussi prudent dans le succès que ferme dans l’adversité, est un principe qu’on ne peut oublier.
L’adversaire à battre est d’une force extrême mais nous l’avons maintenu en respect pendant un demi siècle. Je ne prends pas congé de vous. Je veux seulement combattre comme un soldat des idées. Je continuerai à écrire sous le titre « Réflexions du camarade Fidel ». Ce sera une arme de plus de l’arsenal sur lequel on pourra compter. Peut-être ma voix sera entendue, je serai prudent.
Merci.* Fidel Castro Ruiz, au pouvoir depuis la révolution cubaine de 1959, a annoncé son départ le 19 février, pour des raisons liées à son état physique. Raul Castro a été élu le 25 février, par le Parlement, pour lui succéder.
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