• Sinistre mascarade, acte destiné à terroriser une partie de la population ou geste d’un juge trop occupé à satisfaire sa hiérarchie ? Au fond, peu importe. La décision d’un magistrat égyptien, lundi 24 mars, de condamner à mort 529 personnes accusées d’avoir tué un policier lors d’une émeute et conduit des attaques anti-coptes dit bien ce que vit l’Egypte aujourd’hui : l’instauration d’une dictature militaire déterminée à écraser toute liberté. Depuis le coup d’Etat militaire qui destitua, en juillet 2013, le premier président élu du pays, le Frère musulman Mohamed Morsi, l’armée impose un impitoyable retour à l’«ordre ancien».

  • Une responsable d’ONG érythréenne, Elsa Chyrum, directrice de Human Rights Concern Eritrea, a entamé depuis lundi une grève de la faim devant la mission permanente de Djibouti auprès des Nations unies, à Genève. Elle appelle à la libération de 267 réfugiés érythréens, détenus en prison à Djibouti depuis plusieurs années. D’après elle, Ces gens sont des réfugiés qui sont venus demander asile, à cause de la situation politique en Erythrée. Depuis qu’ils sont arrivés à Djibouti, ils ne sont pas considérés comme des réfugiés, mais comme des criminels. Leur situation dans le centre de détention est terrible. Ils essayent de survivre, mais certains souffrent de tuberculose, d’autres de problèmes cardiaques ou de troubles mentaux. Ils n’ont pas reçu de médicament depuis plusieurs mois. Il y a neuf familles dont les femmes et les enfants sont dans des camps de réfugiés tandis que le mari est détenu en prison. Ces pères de famille n’ont pas vu leurs épouses ni leurs enfants depuis deux ans et demi. C’est inhumain.

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  • Des agents de l’administration publique béninoise ont manifesté mardi 25 mars à Cotonou pour exiger la démission des auteurs de la répression sanglante du 27 décembre dernier. Ils présentent le départ de Placide Azande, préfet de l’Atlantique littoral et de Pierre Ago salou, commissaire central de la ville de Cotonou qui, selon eux, sont responsables de cette répression comme des préalables à la reprise du service. La population et les syndicats avaient manifesté à Cotonou ce jour-là pour une meilleure gouvernance des affaires publiques. La police avait alors chargé, faisant des blessés chez les leaders syndicaux.

  • Dans un article publié le vendredi 28 mars, «Le Monde» fait état d’une «mise en cause pour corruption du président malien» dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à Paris contre l’homme d’affaires Michel Tomi. La présidence malienne dénonce «un article [qui] vise à salir l’honneur d’un homme» et à «jeter le discrédit sur les efforts de toute une nation». Selon le communiqué officiel des services de la présidence malienne, le chef de l'Etat malien a pris l'attache d'avocats locaux et français afin «d’étudier toutes les suites judiciaires possibles, y compris en termes de mesures urgentes et à titre conservatoire».

  • Le mini-sommet régional organisé mardi 25 mars à Luanda a tenté d’apaiser les relations entre l’Afrique du Sud et le Rwanda, tendues depuis l’expulsion croisée de diplomates consécutive à l’assassinat et l’agression contre des opposants rwandais en exil à Johannesburg. Le président Jacob Zuma a fait ses premières déclarations publiques sur le sujet, soulignant les obligations légales de son pays vis-à-vis des Rwandais comme Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major rwandais dont le domicile a été attaqué début mars, en son absence. Le président Zuma s’est entretenu avec M. Kagame : "Nous sommes convenus d’échanger des informations détaillées et de régler ces questions", a-t-il déclaré. "Le Rwanda pense qu’ils (des Rwandais en exil) entreprennent certaines actions et nous, l’Afrique du Sud, nous devons respecter notre obligation internationale lorsque des gens viennent avec le statut de réfugiés. Il y a eu un accord pour que les deux pays se rencontrent et cela a été accepté", a-t-il dit.

  • Charles Blé Goudé, un proche de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, rejoint samedi 22 mars son mentor à la Cour pénale internationale (CPI), qui l'accuse, comme son aîné, de crimes contre l'humanité. L'ex-chef des "jeunes patriotes", un mouvement pro-Gbagbo extrêmement violent", a été transféré à la CPI ce jour", a fait savoir le gouvernement à la télévision nationale, ce qu'a aussitôt confirmé la Cour. Charles Blé Goudé est considéré par ses détracteurs et par les Ong internationales comme l'un de ceux qui ont le plus contribué aux violences durant la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011.

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  • Deux roquettes se sont abattues le vendredi 21 mars sur une piste d’atterrissage de l’aéroport de Tripoli en Libye, provoquant des dégâts et la suspension des vols. Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, l’aéroport de Tripoli est sous le contrôle d’ex-rebelles de Zenten, localité située à 170 km au sud-ouest de Tripoli. Les autorités de transition n’ont jusqu’à présent pas pu désarmer les anciens rebelles. L’insécurité est toujours omniprésente dans le pays, surtout dans l’est. A Benghazi, les élus locaux ou encore les occidentaux sont régulièrement pris pour cibles. Le pays est toujours à la recherche de ses marques depuis la destitution du défunt leader libyen.

  • Le parlement kényan vient de voter une loi autorisant les hommes à épouser autant de femmes qu’ils le souhaitent. La polygamie était déjà une coutume très pratiquée au Kenya, elle tend maintenant à devenir légale. Bien que de divers abords politiques, les députés se sont tous mis d’accord pour retirer aux kényanes le consentement nécessaire à un deuxième mariage. Ceci implique que les femmes ne seront pas forcément mises au courant des deuxièmes, voire troisièmes mariages de leur époux. Si les Kényans défendent la décision en argumentant que «c’est l’Afrique» et que les africaines savent qu’elles ne seront pas la seule épouse de leur mari, les kényanes, elles, sont indignées. Elles estiment qu’elles ont le droit d’être au courant des autres femmes présentes dans la vie de leur mari. Tout comme la loi anti-homosexualité ougandaise qui a fait polémique il y a peu, les kényans attendent désormais la décision du chef de l’Etat qui promulguera ou non le texte décidé par le parlement.

  • Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (Hcr) a exprimé ses inquiétudes quant aux nouvelles tensions au Soudan du Sud provoquées par le manque de nourriture, qui oblige les populations à se déplacer dans le comté de Marban, dans l'Etat du Nil Haut. Le Hcr a expliqué que l'insécurité et la faim obligent plus de Soudanais du Sud à fuir dans les pays voisins, notamment au Kenya, au Soudan, en Ethiopie et en Ouganda. La plus jeune nation du monde compte 3,7 millions d'habitants qui doivent actuellement faire face à un risque élevé d'insécurité alimentaire. L'agence de l'Onu a lancé un appel inter-agences pour trouver 370,8 millions de dollars américains pour continuer à apporter une assistance humanitaire aux Sud-Soudanais affectés par le conflit.

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  • L'Alliance démocratique (Da), principal parti d'opposition sud-africain, a porté plainte pour corruption contre le président Jacob Zuma suite aux allégations d'abus de fonds publics pour la modernisation de sa maison privée à Nkandla, dans la province du Kwazulu-Natal. D'après le défenseur public Thuli Madonsela, M. Zuma a fait plus que simplement accepter délibérément des gratifications injustifiées et des bénéfices matériels. La publication du rapport intervient moins de deux mois avant les élections prévues le 7 mai. L'Anc, parti au pouvoir, a déclaré jeudi 19 mars que la publication du rapport a été pensée pour permettre à l'opposition d'attaquer l'Anc, à défaut d'un vrai programme politique. Outre les charges criminelles, la Da a fait savoir qu'elle allait lancer des procédures de destitution contre M. Zuma.

  • L’ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), Engo Pierre Désiré, est accusé du détournement de 25 milliards de francs Cfa. Il a été appréhendé en 1999 pour une affaire des frais de recouvrement des loyers d’immeubles et meubles appartenant à la Cnps. Pour ces faits, il fut condamné à 20 ans de prison devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi en 2005. Mais, li ne recouvra pas la liberté. Une nouvelle procédure est ouverte contre lui. Il est mis sous mandat de dépôt le 15 février 2004. Aussi, même après avoir déjà purgé plus de 10 ans de prison, suite à sa première condamnation, l’ex-Dg de la Cnps, n’a pas bénéficié de la clémence présidentielle du 18 février.

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  • Le ministère public burundais a eu la main très lourde dans le procès des militants du Mouvement pour la solidarité et le développement (Msd) : il a requis la perpétuité contre 46 d'entre eux dont 5 femmes. Arrêtés le 8 mars après des affrontements avec la police, ils manifestaient contre les restrictions aux libertés civiles et politiques au Burundi. Quelque 69 prévenus étaient poursuivis pour «participation» ou «tentative de participation à un mouvement insurrectionnel armé», suite aux affrontements entre policiers et manifestants - les plus violents depuis la fin de la guerre civile en 2006.

  • Le conseiller nigérian à la sécurité nationale a lancé mardi 18 mars une approche 'douce' non-militaire pour lutter contre le terrorisme et les opérations des insurgés dans le Nord-Est du Nigeria, fief de Boko Haram. Il a expliqué que la nouvelle initiative va s'appuyer sur les structures existantes au sein et en dehors du gouvernement pour lancer des programmes et des activités ciblés dans le but d'endiguer la vague de radicalisation qui mène au terrorisme.??La nouvelle approche impliquera les trois niveaux de gouvernement (Fédéral, d'Etat et local), et la société civile, les intellectuels, les chefs traditionnels, religieux et des communautés, avec la mise en œuvre d'une politique de redressement économique à la fin de l'état d'urgence dans les Etats d'Adamaoua, de Borno et de Yobe.??Cette approche douce va s'appuyer sur les principes que le terrorisme est non-islamique, qu'il est contre les musulmans.

  • Le mercredi 19 mars, c'était grève générale en Afrique du Sud. Le plus gros syndicat du pays, Numsa, avait appelé à un arrêt du travail pour protester contre le chômage élevé parmi les jeunes et contre la politique du gouvernement. Le taux de chômage en Afrique du sud est a environ 25%, le double chez les jeunes. Selon le secrétaire général de Numsa, 71% des chômeurs ont entre 19 et 25 ans. Une situation explosive alors que des élections se tiennent dans un mois et demi. En décembre dernier, le gouvernement a lancé une initiative pour favoriser l’emploi des jeunes, espérant ainsi séduire cet électorat désabusé par la politique.

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  • Un tribunal nigérian a condamné jeudi 20 mars trois hommes à la peine de mort par pendaison pour l'enlèvement et le meurtre d'un bébé de 18 mois. D'après l'accusation, le corps du bébé a été retrouvé proche de la maison de la mère sans son oreille droite, son oeil droit, son sein droit et la partie droite de son crane. Les trois accusés ont été appréhendés par la communauté et remis à la police.

  • Le Soudan et le Soudan du Sud ont réitéré mercredi 19 mars l'importance de mettre en oeuvre l'accord de sécurité de 2012 pour assurer leur frontière commune et établir une zone démilitarisée. Le ministre soudanais de la Défense a déclaré que les deux parties ont discuté de questions d'intérêt commun, notamment en matière de sécurité et de l'application de l'accord signé à Addis-Abeba. Ils ont également examiné les moyens pour éliminer les obstacles qui bloquent la mise en oeuvre de l'accord, à savoir la ligne zéro provisoirement convenue, le plan présenté par le Groupe de haut niveau de l'Union africaine sur le Soudan et les mécanismes pour surveiller la frontière entre les deux pays.

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  • Pascal Simbikangwa, premier Rwandais jugé en France pour le génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda, a fait appel de sa condamnation à 25 ans de prison. Ses avocats avaient dénoncé, dans leurs plaidoiries et après le verdict, un procès dont l'accusation reposait uniquement sur des témoignages, qu'ils s'étaient attachés à mettre en doute, et tenu pour des motifs "politiques", à quelques semaines du vingtième anniversaire d'un génocide dans lequel le rôle de la France a été très critiqué. De son côté, le parquet général a formé un appel "incident", c'est-à-dire permettant de requérir une aggravation de la peine lors du procès en appel. L'accusation avait réclamé la perpétuité et la cour d'assises de Paris a finalement condamné vendredi l'accusé à 25 années de réclusion criminelle pour génocide et complicité de crimes contre l'humanité.

  • L'Ouganda, régulièrement visé par des menaces d'attaque des islamistes somaliens shebab, a créé une police touristique dans le cadre de sa lutte anti-terroriste, a annoncé le vendredi 21 mars la police. Le tourisme est la deuxième source de revenus en devises étrangères de l'Ouganda - il rapporte à l'économie plus de 480 millions d'euros par ans, selon des chiffres officiels. Cette police sera déployée dans des zones visitées par les touristes comme les parcs nationaux, les sites touristiques et les principaux hôtel. En 1999, une attaque perpétrée par des rebelles hutu rwandais dans la forêt ougandaise de Bwindi, où les touristes se rendent pour voir les gorilles, avait eu des conséquences importantes sur le tourisme.

  • En proie depuis 2009 à une insurrection du groupe islamiste Boko Haram, le nord-est du Nigeria connaît depuis le début de l'année une flambée de violences sans précédent. Les assassinats, destructions d'école, attaques de villages sont devenus quasi quotidiens et auraient fait au moins 700 morts en l'espace de deux mois, selon Human Rights Watch.

  • Auteur du putsch du 22 mars 2012 contre l'ancien président Amadou Toumani Touré, l’ancien capitaine «promu» général Amadou Haya Sanogo a été transféré vers Sélingué, à 150 kilomètres au sud de la capitale, près de la frontière avec la Guinée. Depuis son arrestation le 27 novembre 2013, il était placé en détention à l’école nationale de la gendarmerie de Faladié, à Bamako. Le juge qui avait fait arrêter Amadou Haya Sanogo aurait décidé de le transférer parce qu'il était en «contact indirect avec certaines personnes, notamment d'autres militaires inculpés, et que cela pouvait nuire à la découverte de la vérité». Amadou Haya Sanogo est accusé de «complicité d'enlèvement de personnes» dans l'enquête sur la disparition d'une vingtaine de «bérets rouges», des commandos parachutistes fidèles à l’ancien président Amadou Toumani Touré qui avaient échoué dans leur contre-coup d'État le 30 avril 2012.