Le président de la République, Me Abdoulaye Wade, face à la crise pétrolière mondiale caractérisée par une flambée du prix, d'un niveau jamais égalé (101.10 dollar le baril -un record), a décidé une réorientation énergétique majeure. D'abord assurer l'approvisionnement en énergie et au moindre coût, ensuite faire bénéficier aux populations des services modernes d'accès et l'élargir. Enfin réduire notre vulnérabilité face aux aléas.
Tagged under Environnement & Droits fonciers Senegalhttp://www.pambazuka.org/images/articles/45fr/46105gaymap.jpgLe mariage homosexuel a fait réagir et débattre de manière animée la semaine écoulée. Le fait a surtout montré l'urgence d'une législation et d'une réglementation appropriée pour que la société ait les moyens juridiques et réglementaires de la protection de ses valeurs en même temps que de la sauvegarde des principes constitutionnels qui protègent à la fois l'individu et le modèle de société que le pays vit. Chaque société a, à cette fin, des lois et une éthique de préférence. Le modèle de société vécu est protégé par une discipline tendant à le faire respecter par tous, les citoyennes et les citoyens d'une part, et, d'autre part, les étrangers en séjour touristique dans le pays.
Cette protection, d'intérêt vital pour la société et ses valeurs d'une part, les citoyennes et les citoyens dans leurs personnalités diverses d'autre part, exige des responsables politiques porteurs de projets de société, une vigilance particulière sur les comportements de nature à agresser le modèle de société en vigueur. Les phénomènes de société posent, en général, des problèmes majeurs qui nécessitent des solutions pour la pérennité de l'harmonie et des valeurs caractéristiques de la vie d'une société.
Au Sénégal, l'exhibitionnisme et les comportements libertaires, observés dans les médias du monde, viennent de créer l'imitation qui suscite des réactions outrées devant la nouveauté qu'est le mariage homosexuel. Il n'existe d'ailleurs que dans ce comportement de liberté et dans les affirmations pour le nommer. Il ne peut être célébré ni dans une mosquée, ni dans une église, ni devant un officier d'Etat-civil. C'est dire qu'il n'a pas de statut reconnu. Mais la protection du modèle de société exige plus de précisions pour dépasser cette situation d'un phénomène qui heurte parce qu'il bouscule les conceptions morales et les convictions religieuses... Le déficit de législation et de réglementation a ses conséquences : la passion dans les réactions, fondée sur les convictions philosophiques et religieuses individuelles plutôt que sur le droit et l'éthique que la société préfère et a établis comme principes régissant sa vie.
Il est par conséquent opportun de réfléchir sur les tâches, de nature politique, qui s'imposent aujourd'hui aux concepteurs et responsables des directions d'évolution du modèle de société que sont les politiques, afin que sans violence, le cadrage juridique contienne les nouveautés de comportement dans le périmètre des règles qui sauvegardent notre vie commune en société, sur la base du respect, par tous, de ce qui fait l'harmonie de cette vie. Quelles sont ces règles qu'il faut respecter ? Leur source est la loi fondamentale du pays, à laquelle doit être conforme toute autre loi votée pour le bénéfice de la société dans son ensemble.
La Constitution du 7 janvier 2001, en son article 7, donne les fondements du modèle de société qui caractérise notre République : «La personne humaine est sacrée. Elle est inviolable. L'Etat a l'obligation de la respecter et de la protéger. Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, au libre développement de sa personnalité, à l'intégrité corporelle, notamment à la protection contre toutes mutilations physiques. Le peuple sénégalais reconnaît l'existence des droits de 1’homme inviolables et inaliénables comme base de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde.» Ce statut de la personne humaine et les libertés, ainsi que les droits et devoirs qui lui sont reconnus font que la République du Sénégal est laïque, d'une laïcité positive qui permet le plein épanouissement des adeptes des différentes religions, grâce notamment au devoir de respect, par l'Etat, de tous les cultes, et à l'acceptation par tous de leur coexistence pacifique et harmonieuse.
Mais toute société est un corps vivant qui évolue.
Des phénomènes nouveaux y apparaissent qui révèlent souvent des écarts plus ou moins tolérables par rapport aux normes de vie de cette société, par rapport aux valeurs qui fondent son éthique. C'est ainsi que l'émergence de phénomènes de société pose souvent le problème du respect du modèle de société. Ainsi la mendicité pédagogique (celle des talibés) et la mendicité fondée sur la pauvreté, l'impudeur allant jusqu'aux pratiques de nudisme dans une société où la morale religieuse est vécue par plus de 90 % de la population, le vol : de la conduite du voleur de bétail à celle de l'indélicat qui détourne l'argent public ou privé, etc. Faut-il interdire la mendicité, l'impudeur qui agresse nos habitudes de vie ? Comment ? Faut-il tuer le voleur de bétail ? Le coupable d'un crime économique ?
La société doit répondre à ces questions et apporter des solutions qui maintiennent son équilibre et assurent sa survie en réajustant éventuellement son modèle et en fondant soigneusement les tolérances de son éthique. Le Sénégal a fait preuve de cet esprit d'examen et d'ouverture devant les phénomènes de société et les coutumes en contradiction avec les conceptions modernes sur l'homme, sa vie, ainsi que les possibilités de son épanouissement, en votant deux lois qui établissent une modernité courageuse dans la révision des conceptions et l'abandon des préjugés : la loi sur la santé de la reproduction et la loi sur les mutilations génitales. L'on peut classer d'ailleurs, dans cette catégorie de lois pour établir la modernité du traitement de la personne humaine, la loi qui abolit la peine de mort dans notre pays.
S'agissant de 1'homosexualité, il convient de faire preuve du même discernement et de la même liberté de réflexion et de critique de nos conceptions et préjugés. Faut-il tuer les homosexuels ? La Constitution et la loi portant abolition de la peine de mort s'y opposent. Faut-il les ignorer ? A condition qu'ils ne nuisent pas, par l'exhibitionnisme notamment, au modèle de société en train d'être vécu et qui est fondé à la fois sur le droit produit et les convictions religieuses. Tout cela montre qu'il y a des tâches politiques qu'exige la protection du modèle de société. Dans notre société, de même que l'on ne tue pas le voleur, on ne le mutile pas non plus, de même que l'on essaye d'encadrer la mendicité des enfants, la liberté du touriste qui ne doit pas agresser la pudeur caractéristique de notre vie quotidienne, ni les autres valeurs de notre société, de même l'on doit circonscrire la liberté de l'homosexuel dans le même périmètre qui borne la liberté de tout autre citoyen.
Une telle tâche s'accompagne de précautions naturellement. D'abord il faut, sur cette question, éviter la division de la société en deux parties qui privilégient chacune un modèle de société opposé à celui de l'autre. Nous devons tous ensemble travailler à une évolution de notre modèle de société qui ait un contenu de modernité concerté. Ensuite, il faut éviter également de régler le problème par la violence ; donc la solution passe par le débat plutôt que par les armes et les méthodes rapides et paresseuses qui consistent à supprimer l'autre plutôt que de tenir compte de son droit à la vie. Il s'agit d'une tâche qui ne se réussit que par la patience dans la démarche et par le respect de la diversité de la création en matière humaine.
Avant de décider de sanctionner la nature homosexuelle, il convient d'abord d'écouter les médecins et autres spécialistes de l'équilibre de l'individu ; c'est ce qui peut permettre d'éviter des affirmations de déviations auxquelles on aurait du mal à donner un contenu et un fondement précis. La certitude, c'est qu'il faut laisser vivre nos compatriotes à la sensibilité différente de celle du grand nombre mais qui sont, comme les autres hommes, créés par Dieu. Et si l'on ne sanctionne pas le fait de l'homosexualité, en tant que sensibilité spécifique d'un être humain, la tâche de protection du modèle de société devient claire. Il faut avoir avec les homosexuels l'exigence de socialisation et de comportement quotidien qui fait respecter nos valeurs et notre morale. En effet, ne pas tolérer les comportements libertaires et exhibitionnistes qui agressent l'éthique est le devoir de l'action de socialisation et de protection d'un environnement sain sur les plans psychologique et moral.
Le phénomène du mariage homosexuel peut être perçu comme une banalité insignifiante dans une société à taux élevé de comportements libertaires, tout comme il peut provoquer des réactions outrées de sensibilités morales et religieuses choquées par la nouveauté et l'audace dans l'exhibition de la différence. La première réaction d'un Etat qui, comme le nôtre, doit protéger les droits de l'individu, mais, plus largement, appliquer les dispositions de la Constitution en matière de statut et de droits de la personne humaine, est de ne pas donner un statut légal au mariage homosexuel, tant que le débat public et le choix des représentants de la nation dans les instances qui légifèrent n'ont pas donné un fondement juridique à une telle décision ; car le mariage insère le couple dans une communauté qui a des règles sur les droits et devoirs du couple fondées sur, entre autres, le projet de pérennisation de la société. C'est pourquoi le mariage réunit un homme et une femme, dans l'état actuel de notre droit. Tant que cette conception n'est pas modifiée et une telle évolution traduite dans la loi, un mariage homosexuel ne peut pas être reconnu au Sénégal.
Toute société se protège contre la nouveauté désorganisatrice. La nôtre aussi. Mais en même temps, l'Etat a le devoir de protéger tous les individus sans tenir compte de ce qui leur serait reproché sur le plan de leur affectivité ou de leur personnalité physiologique. Les compétences dans les domaines des sciences physiologiques, psychologiques, psychanalytiques, pédagogiques, etc., sont là pour l'aider à aider tout individu à respecter le modèle de société, tout en assumant sa personnalité particulière. L'homosexuel n'est certainement pas un monstre dont il faut expurger la société pour raison de malfaisance. C'est une personne à la sensibilité différente de celle de la majeure partie de ses concitoyens. Il commence à être un problème dans la société à partir du moment où il agresse, par exhibitionnisme, le modèle de société et son éthique.
Une société qui ne tolère pas ou pas encore la visibilité tapageuse de 1'homosexuel lui impose la discrétion et le respect exigeant de la société. Souligner cette exigence n'est pas faire l'apologie de l'hypocrisie dans la vie d'un homme ou d'une femme à la sensibilité en marge de la norme sociale. Il s'agit d'affirmer le caractère incontournable du devoir, pour lui ou pour elle, de respecter cette norme en ne l'agressant pas ouvertement, notamment en n'optant pas pour l'exhibitionnisme choquant pour la grande majorité de la société. L'on ne peut pas exiger de 1’homosexuel moins que ce qui est demandé aux croyants pour réaliser la laïcité positive profitable à tous et à la société, en matière de paix et de vie quotidienne dans l'harmonie : c'est l'effort d'acceptation et de respect de la différence et du cadre commun de vie qui est spatial, humain et spirituel.
Il est ainsi clair que les tâches politiques qui s'imposent aux hommes et aux femmes politiques, en tant que chargés de concevoir, de mettre en œuvre et de faire évoluer au besoin le modèle de société qui régit la vie d'un Etat, sont des tâches de discipline à faire valoir, de pédagogie et éventuellement de soins à faire mettre en œuvre au profit de l'homosexuel et de la société. Cela signifie que, dans le Sénégal d'aujourd'hui, la culture religieuse et l'intérêt de la paix sociale n'autorisent pas la légalisation du mariage homosexuel. Le contact direct avec les médias du monde ne saurait accélérer exagérément et sans problème le rythme d'évolution des conceptions qui régissent la vie en société.
S'agissant de l'exhibitionnisme tapageur sous la forme du mariage, sans statut reconnu, entre homosexuels, la discipline indispensable exige, avant de légaliser un tel mariage, le vote d'une loi et l'élaboration d'une réglementation susceptibles de le permettre. Pendant qu'il est encore temps, il est important d'insister sur ce délai nécessaire. La précipitation serait sûrement génératrice de désordres. L'urgence est plutôt de combattre la forte irruption dans notre société de modèles extérieurs. Il s'agit de faire face à la diversité des médias, de plus en plus accessibles au grand nombre, et à leur puissante capacité de diffusion d'images véhicules de modèles négatifs pour notre société et ses valeurs. Réussir cette tâche, ce serait faire des médias des moyens dont les aspects négatifs sont réduits au minimum inoffensif. C'est une tâche pédagogique.
Il convient d'ajouter que ces tâches de discipline à imposer, pour encadrer la vie de 1’homosexuel de manière que sa liberté ne nuise point à celle des autres, ne sauraient entraîner l'organisation d'une chasse aux sorcières comme si la personne homosexuelle n'était pas une citoyenne comme les autres, devant jouir des mêmes droits et devoirs que ses compatriotes.
En définitive, le phénomène du mariage homosexuel dans notre pays nous interpelle pour des réactions de réflexion et de conception de formes efficaces de protection de la société et de ses valeurs. Il faut, par conséquent, dépasser l'émotion et les réactions outrées devant la nouveauté de l'exhibitionnisme tapageur sur des faits qui agressent le modèle de société et l'éthique aujourd'hui. Il s'agit de continuer à construire une société de paix et de sécurité au profit de tous, de dialogue pour résoudre les problèmes majeurs de cette société. L'évolution des mentalités et des conceptions fait partie de la vie des sociétés.
En ce siècle de l'informatique et de la grande puissance des médias, le rythme des mutations a tendance à être accéléré et peut créer des désordres. Il appartient aux concepteurs du modèle de société qui sont dans une certaine mesure gardiens du temple, de jouer leur rôle et de tenir le gouvernail dans la direction salutaire. A cette fin, il faut accueillir la nouveauté avec toujours l'esprit d'examen et l'ouverture qui permettent d'en saisir l'essentiel, afin d'agir pour le profit réel de la société, étant toujours ainsi au service de l'homme, de tous les hommes en société.
* Madior DIOUF, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, est le secrétaire général du Rassemblement national démocratique, un parti d’opposition au Sénégal
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org
Tagged under Gouvernance SenegalCoordonnateur de l’ouvrage intitulé « L’Afrique répond à Sarkozy », paru le 21 février 2008, Makhily Gassama, spécialiste de la littérature africaine, critique littéraire réputé, explique les raisons qui ont poussé à rédiger cet ouvrage de 480 pages qui accueille les contribution de plusieurs intellectuels africains.
Tagged under Gouvernance SenegalLa nouvelle série de cinq articles de la revue médicale "The Lancet" sur la malnutrition maternelle et infantile a été lancée le 25 février lors d'une visioconférence tenue à Dakar. Cette série d'articles vise à attirer l'attention internationale sur le rôle essentiel de la nutrition dès les premiers mois de la vie pour la santé et le développement des enfants ainsi que pour la croissance économique des nations.
Tagged under Alimentation & Santé SenegalL'Université Cheikh Anta Diop de Dakar traverse une crise, eu égard à la récurrence des menaces de grèves. Tous les segments qui la composent (étudiants, enseignants et personnels administratifs, techniques et de services (Pats) exposent leurs revendications. Une situation qui freine le fonctionnement de l'institution et qui risque, si l'on y prend garde, de compromettre l'année académique.
Tagged under Ressources SenegalLe processus d'urbanisation de la ville de Dakar souffre l'absence d'une planification capable de prévenir les menaces pouvant naître des dérèglements de l'environnement, ont prévenu des environnementalistes. "Il y a un déficit de planification dans l'agglomération de Dakar, qui a aggravé les inondations de 2005. On a de graves menaces environnementales à Dakar", selon le chef du projet de développement urbain du Grand-Dakar, Alé Badara Sy.
Tagged under Environnement & Droits fonciers SenegalLe président du Conseil national d'Amnesty Sénégal a appelé tous les groupes locaux de la section sénégalaise de l'organisation de défense des droits de l'Homme à s'opposer à une campagne pour la légalisation de l'homosexualité au Sénégal. Dans un communiqué de presse publié le 18 février à Dakar, il invite les différents groupes à se désolidariser de la position de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) qui a appeler les autorités du Sénégal à "réviser le code pénal pour abolir la pénalisation des actes homosexuels".
Tagged under Genre & Minorité SenegalLe chanteur sénégalais Youssou Ndour, ambassadeur de bonne volonté du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), a lancé le 13 février, à Dakar, une société de micro-crédit dotée dans un premier temps de 200 millions de FCFA (plus de 305.000 euros). Les prêts sont destinés à "des personnes exclues du système bancaire", en particulier les pauvres, les petits métiers, les artisans et les artistes.
Tagged under Gouvernance SenegalLe Sénégal a érigé un mausolée à Cheikh Anta Diop pour perpétuer "l'oeuvre et la mémoire" de cet historien et écrivain décédé il y a vingt-deux ans. ??La cérémonie d'inauguration s'est déroulée le 8 février à Thieytou, localité de la région de Diourbel (centre) où repose Cheikh Anta Diop. ?Il a été construit à la demande du président sénégalais pour "corriger une erreur (de l'histoire). Beaucoup de choses ont été cachées sur Cheikh Anta Diop", a déclaré le ministre de la Culture.
Tagged under Gouvernance Senegalhttp://www.pambazuka.org/images/articles/43fr/46415gay.jpgJamais l’homosexualité n’a constitué un débat aussi vif au Sénégal. Des positions violentes se sont élevées pour appeler à la lapidation, voire au meurtre d’homosexuels, après que la presse a eu à publier les photos d’un mariage présumé célébré dans ce milieu. Ce n’est pas la première fois que l’homophobie se manifeste dans ce pays. Par contre son ampleur est inédite, du fait que pendant une dizaine de jours l’événement a ainsi fait les gros titres des médias. Autre fait inédit : l’implication de plusieurs organisations de défense de Droits de l’homme, généralement en marge d’un tel débat, qui ont assumé des appels au respect des droits et libertés pour les homosexuels, allant jusqu’à exiger la dépénalisation de l’homosexualité.
L’affaire éclate en début février 2008. Suite à la publication, par un magazine sénégalais, de photos d’un mariage entre homosexuels, qui se serait déroulé un an plus tôt, les médias s’emparent de l’histoire. Mais les développements ne se limitent pas aux colonnes des journaux et aux émissions des radios et télé. En effet, la police intervient et procède, dans la nuit du 2 au 3 février, à l’interpellation de cinq personnes présumées coupables de faits «contre nature». Toutes ont été identifiées sur les photos prises lors de la cérémonie de mariage et publiées dans la presse. Le 6 février, la police procède à leur libération après plusieurs jours d’enquête. Mais le dossier n’est pas encore clos.
Les charges qui pèsent sur les homosexuels, et pourraient les amener à en répondre devant la justice, tiennent au fait que l’acte homosexuel constitue un délit puni par le Code pénal sénégalais. Les peines peuvent aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement, en plus de 100 000 F (environ 150 euros) à 1 500 000 F Cfa (environ 2 200 euros) d’amende. Pour l’opinion publique en général, il fallait une application rigoureuse de la loi. Une position dont les médias se sont largement fait les échos, en plus des commentaires indignés des journalistes eux-mêmes. Dans un pays à 95% musulman, pour 5 % de chrétiens, les autorités étaient ainsi invitées à se montrer fermes pour condamner, voire éradiquer l’homosexualité.
Dans ce contexte d’homophobie quasi généralisée, l’élargissement des cinq personnes interpellées a entraîné un déchaînement de passions plus vives encore. Dans la presse, on pouvait lire : «Cette libération, c’est de la provocation. Ceux qui sont à la base de cette libération sont de connivence avec les homosexuels. Mais il n’y a pas de place dans ce pays pour l’homosexualité». Ou encore : «Dieu a fait tomber la malédiction sur le peuple de Loth qui s’adonnait à cette pratique. Et la colère de Dieu ne se limite pas aux seuls fautifs». Un autre ajoute : «La libération des homosexuels peut avoir des répercussions dangereuses pour la société. L’homosexualité a toujours existé dans notre société, mais avant elle n’avait pas une telle ampleur». D’autres sont allés plus loin dans leurs jugements, pour lancer des appels au meurtre à travers les ondes des radios qui ont organisé des débats sur la question.
Parmi les positions les plus dures, figurent celle d’un leader religieux musulman, député à l’Assemblée nationale et responsable d’un parti politique, M. Mbaye Niang. Le vendredi 15 février, il se propose d’organiser une marche pour dénoncer l’homosexualité et la libération des homosexuels. Ces derniers jours, il a entrepris une tournée auprès de différentes familles religieuses pour les en informer et recueillir leur soutien. Déjà, le vendredi 8 février, recommandation avait été faite aux imams de consacrer leurs sermons pour la prière à l’homosexualité et à la dépravation des mœurs.
Dans sa croisade, M. Niang interpelle les autorités qu’il accuse de laxisme pour avoir libéré les homosexuels, mais aussi pour avoir affiché un silence total sur cette affaire. Il se propose même d’aborder la question au niveau de l’Assemblée nationale. Pour l’heure, le sujet semble gênant pour les autorités qui ne sont jamais prononcées sur cette affaire. Ce sont plutôt des organisations de la société civile qui sont montées au créneau, pour aller à contre-courant de l’opinion publique.
Le premier à s’élever contre l’homophobie généralisée est M. Malick Ndiaye, sociologue, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il dirige aussi le Cercle des intellectuels du Sénégal, une structure qui s’implique dans tous les débats émergeant au sein de la société sénégalaise. Intervenant sur une des principales radios de Dakar, M. Ndiaye s’est élevé, dès le début des interpellations, contre les propos violents et la stigmatisation des homosexuels. Pour lui, au-delà des convictions personnes qu’on peut avoir, il importe de respecter les orientations sexuelles des autres, pour autant que cela relève de leur vie privée. Cette intervention lui a valu des commentaires indignés et des attaques verbales dans les médias.
L’indignation est devenue plus vive, quand des organisations françaises comme Sidaction, Act up et Aides ont publié un communiqué, le 5 février, pour s’élever contre les interpellations des homosexuels et les menaces proférés à leur endroit. Allant plus loin qu’un appel au respect des Droits de l’homme, ces activistes, dénonçaient une hypocrisie de la part du gouvernement sénégalais qui fait de l’homosexualité affichée un délit, alors qu’il finance un programme de lutte contre le sida destiné à ce groupe vulnérable.
Cette sortie des organisations françaises a eu pour effet de braquer l’opinion publique sénégalaise sur une «internationale de l’homosexualité» qui défend ses représentants locaux et par la même occasion renforcer les opinions selon lesquelles les personnes interpellées bénéficient de protection en haut lieu. Mais leur intervention semble avoir servi de déclic au sein la société civile sénégalaise. Le 6 février, au lendemain de la libération des homosexuels, et alors que les appels à la lapidation se faisaient plus forts dans les médias, la Rencontre africaine pour la défense des Droits de l’homme (Raddho) a publié un communiqué pour dire «non à l’homophobie, oui à la tolérance». Elle mettait aussi l’accent sur «une hypocrisie de la société» sénégalaise, violemment braquée contre des orientations sexuelles qu’elle «a toujours tolérées». La Raddho fondait son argumentaire sur la Déclaration de Durban et la Déclaration universelle des Droits de l’homme, et insistait sur le fait, pour le Sénégal, de se conformer aux législations internationales. La Raddho soulignait aussi la responsabilité des journalistes, les appelant à «faire preuve de discernement» et de bannir les «articles suscitant la haine, l’homophobie et l’intorlérance».
Dans la foulée, un communiqué conjoint signé par la Fédération internationale des ligues des Droits de l’homme, la Raddho, l’Union interafricaine des Droits de l’homme, Amnesty International Sénégal, l’Association internationale gay et lesbienne, entre autres, interpellait à nouveau les autorités sénégalaises. La déclaration leur demande «d’assurer le respect de l’intégrité physique et morale des personnes mises en cause dans cette affaire et plus généralement de condamner avec la plus grande fermeté les actes homophobes susceptibles de porter atteinte à l’intégrité physique et morale des personnes homosexuels».
Cet appel s’accompagne d’une exigence pour la dépénalisation de l’homosexualité. Cette requête, un avocat sénégalais l’a renforcée en soutenant que la Constitution du pays s’inscrit dans une telle dynamique, quand elle souligne, dans son article 7, alinéa 2, que «chaque individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, au libre développement de sa personne». Cette référence au «libre développement» de la personne couvre, selon lui, les orientations sexuelles que peut avoir l’individu.
Par contre, l’affaire n’a pas encore fait réagir la communauté anti-sida du Sénégal. Aussi bien le Conseil national de lutte contre le sida que la société civile qui s’active dans la réponse à l’épidémie. Cependant, on apprend que des réunions ont été organisées dans ce milieu pour étudier les voies et moyens de mieux «gérer les impacts possibles» de cette affaire. Car si le Sénégal est cité comme un exemple en matière de lutte contre le Vih et le sida, c’est, entre autres, en raison de la prise en charge qui se développe à l’endroit des groupes vulnérables. Parmi eux, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes. Or si le taux de prévalence affiché au Sénégal est de 0,7%, les chiffres se montent à 21,5 % dans ce milieu, selon une enquête menée en 2004 dans trois régions sur onze. Les études ont aussi montré qu’il s’agit d’un groupe passerelle, à cause de la bisexualité qui fait qu’il ne s’agit pas d’un groupe ferme sur lui même, mais bien en relation avec la communauté.
Or, dans les dénonciations qui ont été faites de l’homosexualité, certains n’ont pas manqué de s’élever contre le fait que le gouvernement finance la prise en charge de ce groupe, dans le cadre de la lutte contre le sida. La crainte, pour les acteurs de la réponse à l’épidémie, est de voir à nouveau s’installer une relation homosexualité = sida. Une telle issue porterait un coup au programme anti-sida du Sénégal, dont l’une des forces est d’avoir pu impliquer les autorités religieuses dans la sensibilisation et la mobilisation pour les changements de comportement.
Au-delà des libertés individuelles et des préceptes religieux qui s’affrontent autour de cette affaire de mariage homosexuel, cet enjeu santé publique lié au sida est important. Mais il passe encore au second plan.
* Tidiane Kassé est rédacteur en chef intérimaire de la version française de Pambazuka News.
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org
Tagged under Gouvernance SenegalLa Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), ses organisations membres au Sénégal, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO) et l’Organisation nationale des droits de l’Homme (ONDH), l’Union interafricaine des droits de l’Homme (UIDH), Amnesty International Sénégal (AI), la Pan Africa ILGA, l’Association Internationale Gay et Lesbienne (ILGA) et ses 600 groupes affiliés (ILGA) prennent acte de la libération, après trois jours de détention, de dix personnes placées en garde à vue à Dakar, dans le cadre d’une enquête sur un présumé mariage homosexuel. Ces organisations appellent le grouvernement séngalais à réviser le code pénal pour abolir la pénalisation des actes homosexuels.
Tagged under Gouvernance SenegalLes associations françaises Aides, Sidaction et Act Up-Paris ont dénoncé, le 5 février, l’arrestation de militants gays. Pour ces organisations, le fait que le gouvernement sénégalais finance des programmes de prévention et de prise en des charge des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, dans le cadre de la lutte contre le sida, est une reconnaissance des pratiques homosexuelles. Elles appellent à la libération des personnes interpellées et l'abolition des lois contre les homosexuels.
Tagged under Gouvernance SenegalLe ministre d'Etat sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, a déclaré mardi à Dakar, que "l'audit de l'UA (Union africaine) a révélé de graves dysfonctionnements des organes", appelant le continent à "reconstituer son unité autour des questions essentielles". M. Gadio a noté que "le véritable problème de l'Union, c'est le manque de volonté politique des dirigeants africains", soulignant que "les auditeurs ont fait un travail considérable qu'il serait judicieux de prendre en compte".
Tagged under Gouvernance SenegalDes homesexuels qui avaient été interpellés le week-end dernier pour avoir participé à l'organisation d'un mariage homosexuels, ont été libérés le 6 février. Des associations françaises de lutte contre le sida ont dénoncé, le 5 février, leur arrestation et critiqué "le comportement schizophrène du Sénégal". Cinq personnes avaient été placées en garde à vue à Dakar, et plusieurs étaient recherchées dans le cadre d'une enquête sur ce mariage homosexuel présumé rapporté par la presse.
Tagged under Genre & Minorité SenegalCinq personnes ont été placées en garde à vue à Dakar, et plusieurs autres étaient recherchées dans le cadre d'une enquête sur un mariage homosexuel présumé. Toutes étaient interrogés sur des faits "d'outrage à la pudeur et de mariage contre nature". Ces interpellations font suite à des menaces de mort proférées contre le directeur de publication du mensuel people Icône, ayant consacré dans son numéro de février un dossier aux mariages homosexuels au Sénégal, pays à majorité musulmane où l'homosexualité est interdite.
Tagged under Gouvernance SenegalUn immigré sénégalais a accusé des agents fédéraux américains de lui avoir injecté de force un produit pendant qu’il était sur le point d’être rapatrié, en février 2007. Sa plainte, déposée en même temps que celle d’un autre étudiant contre le gouvernement américain, a conduit à un changement dans la façon dont ces médicaments sont utilisés sur les détenus. La victime s’était rendu aux Etats-Unis pour une formation supérieure. Mais il avait été arrêté le 29 mars 2005 pour expiration de son visa d’étudiant.
Tagged under Gouvernance SenegalMalgré la menace persistante des mines terrestres, les familles qui avaient fui la région de la Casamance (sud) depuis plusieurs années en raison des combats commencent progressivement à revenir dans leurs villages d’origine, mais le manque d’eau, destinée à la consommation et la reconstruction des habitations, dissuade bon nombre d’autres déplacés. Dans certains villages, abandonnés pendant quinze ans, les puits se sont effondrés ou sont pleins de débris. Des communautés entières ont été englouties par une forêt dense, et les habitations et autres bâtiments, construits généralement en banco, ont été détruits.
Tagged under Gouvernance SenegalUn "hommage national" sera organisé au Sénégal en juin prochain à l'occasion de la commémoration de la mort du pionnier du cinéma africain qui s'est éteint le 9 juin 2007 à l'âge de 84 ans. Cet hommage national se tiendra les 8 et 9 juin ou les 9 et 10 juin. Il sera organisépar le ministère de la Culture, la société de production qu'avait mise en place Sembène et les associations de cinéastes et d'écrivains du Sénégal, avec la participation de nombreux universitaires.
La 2ème réunion du Comité international d’orientation (CIO) du Festival mondial des arts nègres (FESMAN) s'est tenue à Dakar les 14 et 15 janvier. Sur le thème « Renaissance africaine et NTIC » cette réunion vise à valider le plan d’actions 2007-2009 mais aussi définir la place des NTIC comme moyens d’impulsion de la renaissance africaine. Il s'agit de la 3ème édition du FESMAN après celle de 1966 à Dakar et la 2ème édition à Lagos en 1977.
L’Etat du Sénégal ne manquera pas de préciser que le voyage du président Abdoulaye Wade en Arabie Saoudite, entamé via le Maroc, depuis le dimanche 6 janvier 2008, était prévu de longue date dans son calendrier. Pourtant, des sources diplomatiques arabes basées à Dakr indiquent que le chef de l’Etat se rend en Arabie saoudite, pour tenter de convaincre les Saoudiens que le sommet de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), peut se tenir en toute sécurité comme prévu en mars 2008.
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