• C’est un véritable plaidoyer pour l’éducation environnementale, qui a été fait jeudi à Dakar, lors du lancement du rapport sur l’état de l’environnement mondial, intitulé « GEO4 ». Les avocats de cette initiative suggèrent l’introduction formelle de l’éducation environnementale dans les différents systèmes scolaires et éducatives.

  • Contributor | Ressources

    Alors que son budget annuel est arrêté à plus de cent trente millions, la Bibliothèque universitaire (Bu) de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) traîne, depuis 2003, une dette de soixante millions. Une situation qui a fini par paralyser le fonctionnement de la structure : des machines en panne, des abonnements aux périodiques spécialisés arrêtés.

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  • Contributor | Activisme

    Sitôt les vacances de Korité finies, les parents sont à nouveau plongés dans le train- train quotidien. Un quotidien paisible n’eut été un problème récurrent qui hante leur sommeil et leur donne des insomnies : les fournitures scolaires. Début de cours oblige pour les bambins et pour les parents entre la débrouille face à la cherté de la vie et la résignation, un seul mot d’ordre : les acheter tous.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le président Abdoulaye Wade a demandé, lors d’un séminaire gouvernemental organisé le 26 octobre, plus de transparence dans la passation des marchés. Il a mis en demeure les autorités publiques de ne plus passer des marchés par entente directe. Le séminaire portait sur la restitution des résultats de la dernière réunion du Groupe consultatif sur le Sénégal qui vient de se tenir à Paris et a accordé au pays plus de 2500 milliards de F Cfa pour les trois prochaines années.

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  • Le président de la République, Me Abdoulaye Wade, a déclaré, le 25 octobre 2007, que Dubaï a découvert du pétrole au large de Saint-Louis. L'extraction de ce gisement pourrait intervenir dans dix-huit mois. Me Wade a également affirmé avoir donné des instructions pour l'exploitation du pétrole lourd découvert à la frontière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau.

  • La troupe acrobatique de Tianjin en Chine a démarré sa tournée ouest africaine par le Sénégal où elle a donné son premier spectacle mardi soir au théâtre national Daniel Sorano, à Dakar. Cette troupe acrobatique a déjà été reçue en Afrique du nord et en Afrique australe.

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  • Contributor | Gouvernance

    «Le pays est dans une situation indescriptible. Nous nous préparons à l'après Me Abdoulaye Wade dont le régime finissant est à bout de souffre. Nous préparons donc sa succession démocratique». Cette affirmation est du Professeur Abdoulaye Bathily, leader de la Ligue démocratique/Mouvement pour le travail (Ld/Mpt).

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  • Le Gouvernement sénégalais devrait organiser sous peu les assises de la mendicité, a appris mardi APA, au cours de la rencontre entre les chefs et de représentants d'agences du système des Nations unies (NU) et la presse, dans le cadre des manifestations marquant la célébration du 62 anniversaire mercredi de l'Organisation des Nations unies (ONU).

  • Les initiatives se multiplient au Sénégal, pays majoritairement musulman, pour la promotion de la parité hommes-femmes mais elle ne parviennent pas encore à véritablement modifier des comportements qui demeurent sexistes. En septembre, le Sénat tout juste réinstitué à l'initiative du président Abdoulaye Wade a vu l'arrivée dans ses travées d'une forte proportion de femmes, qui composent désormais 40% de l'hémicycle.

  • L’Organisation mondiale pour la santé (Oms) préconise le ratio d’un médecin pour 10 mille habitants. Recommandation qui est loin d’être une réalité dans les campagnes sénégalaises où il n’y a qu’en moyenne un médecin pour 50 à 100 mille personnes. Pourtant, au Mali, des médecins de campagne se sont installés en brousse depuis 1989, et pour eux, ça marche ! Ils sont venus présenter leur travail aux étudiants en médecine de l’Ucad, en espérant que certains suivront leur exemple.

  • Contributor | Ressources

    Plusieurs personnes ont rendu de vibrants hommages, vendredi, au journaliste Abdourahmane Cissé, décédé le 12 octobre à Amsterdam (Pays-Bas) à l'âge de 69 ans, témoignant notamment de son combat pour la promotion de la presse et de l'éducation. Abdourahmane Cissé a été un précurseur de la presse privée indépendante au Sénégal.

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  • La mixité va faire ses premiers pas dans l’armée sénégalaise, avec le recrutement envisagé de 300 filles pour le contingent de 2008, a-t-on appris de source militaire autorisée à Dakar. Le recrutement des futures femmes soldats concernera l’ensemble du territoire national, du 25 au 10 décembre prochain, annonce un communiqué de la Direction des relations publiques des armées (Dirpa).

  • Contributor | Gouvernance

    Le Directeur de la publication du journal « L’exclusif », Papa Moussa Guèye, a été déféré au parquet le vendredi 19 octobre, avant d’être incupé et placé sous mandat de dépôt pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Papa Moussa Guèye avait été interpelé le lundi 9 octobre par la Division des investigations criminelles. La cause en serait un article publié qui parle de «sorties nocturnes» du président Wade et de son chef de cabinet.

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  • Contributor | Arts

    Ndèye Seck, 30 ans, est si effacée qu'elle se fond dans le paysage. Mais tout change dès qu'elle s'installe derrière un tam-tam: elle est percussionniste en chef et l'une des rares femmes de cette profession encore très conservatrice au Sénégal. «Ce n'est pas facile, mais j'ai la chance de travailler avec des gens ouverts ici», affirme à l'Afp la musicienne menue, rencontrée à Toubab Dialaw à 50 km au sud-est de Dakar.

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  • Se mettre à l'ère du numérique est aujourd'hui une des préoccupations majeures des acteurs du septième art africain. Et c'est fort de cette nouvelle donne que l'Organisation internationale de la Francophonie (Oif) entend accompagner la dynamique relative à la révolution technologique.

  • Le président sénégalais Abdoulaye Wade s'est défendu mardi à Dakar de vouloir "contrôler la presse", en exhortant les journalistes à faire la part des choses entre "le président, le citoyen Wade et le Sénégal" dans leur travail. "Je ne vais pas rater cette occasion pour vous dire ce que je pense", a déclaré M. Wade lors d'une cérémonie de remise de financement et de matériel informatique à des correspondants de la presse locale dans les provinces.

  • Au Sénégal, la tortue marine appréciée pour sa chair et même pour ses prétendues vertus aphrodisiaques, est menacée d'extinction. Mais une campagne de sensibilisation des populations commence à porter ses fruits. Sur la plage de Joal-Fadiouth (à une centaine de km au sud de Dakar), plusieurs panneaux en bois se dressent au-dessus de petits enclos grillagés à quelques mètres du rivage: "Nid de tortues vertes, interdit de toucher".

  • Les grands travaux auxquels le gouvernement s’est lancé depuis quelques années, n’ont pu se faire que parce que l’Etat avait les moyens de collecter suffisamment de recettes, par ses moyens propres, pour les financer. Or, un pays aussi pauvre que le Sénégal, compte principalement que sur les recettes douanières pour financer les activités de l’Etat. Réduire ces dernières comme le prévoir le projet d’Ape qui doit lier la Cedeao à l’Europe, c’est rogner, considérablement, l’autonomie financière de l’Etat, et son pouvoir de décision.

    Les opposants à la signature des Accords de partenariat économique qui doivent lier les pays d’Afrique des Caraïbes et du Pacifique (Acp) à l’Union européenne (Ue) développent des arguments de plus en plus divers et qui touchent plusieurs domaines de l’activité économique. Même des officiels de l’Etat se mêlent plus ou moins ouvertement au concert. Un douanier sénégalais, qui indique s’exprimer en son nom propre, marque l’inquiétude de son corps sur les conséquences d’un éventuel désarmement tarifaire sur les recettes de l’Etat. Et des fonctionnaires des finances et des travaux publics appuient ses préoccupations en la matière.

    Un colonel de la Douane sénégalaise, basé à Dakar, signale que «les recettes douanières sont actuellement, l’une des sources les plus importantes des recettes de l’Etat. Au moment où l’Agriculture est à la traîne et que les unités industrielles ferment une à une, ce serait suicidaire pour le Sénégal de devoir renoncer à une grande part de droits de douane.» Le colonel Guèye estime à plus de 100 milliards de francs Cfa le manque à gagner en termes de recettes douanières, que l’ouverture des marchés va coûter aux finances du pays. Ces chiffres ne sont pas très éloignés de ceux de l’Ong Oxfam, qui a calculé dans une étude à paraître bientôt que pour le Sénégal, «les pertes de recettes douanières consécutives aux Ape sont comprises entre 85,8 à 89,7 millions de dollars, soit une baisse de 10,4% à 10,9% des recettes fiscales correspondant à 1,85% et 1,93% du Pib ou près de la moitié des dépenses de santé».

    Cette perte de recettes, si elle n’est pas compensée d’une manière ou d’une autre, va coûter très cher au pays, surtout dans un contexte, comme celui actuel, de pénurie de finances. «Actuellement, si le gouvernement s’est lancé dans de grands travaux d’infrastructures, c’est parce qu’il en a les moyens financiers. Mais, ces ressources sont si limitées qu’il ne peut, à l’heure actuelle, renoncer à une part d’entre elles.» Cet avis est partagé par un haut fonctionnaire du ministère de l’Economie et des finances. Thierno Seydou Niane, responsable de la Cellule de suivi du programme de lutte contre la pauvreté indique : «Aujourd’hui, grâce à la bonne tenue de nos finances, le gouvernement a les moyens de consacrer près de 45% du Budget consolidé d’investissement, le Bci, à la construction des infrastructures comme l’autoroute à péage, pour désengorger Dakar, ou de décider de construire l’aéroport.

    A l’époque où des parts importantes de ces ressources venaient des partenaires étrangers, ce sont ces derniers qui décidaient de leur utilisation.» Une manière de souligner le danger qu’il y a à ne plus se donner les moyens de cette indépendance.

    Le Sénégal, en tant que pays membre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), est partie prenante des négociations qui se mènent entre cette instance et la Commission de l’Union européenne, pour la signature, au plus tard à la fin de cette année, d’un Accord de partenariat économique (Ape) qui doit ouvrir, réciproquement, les marchés des deux entités aux produits de l’autre, sans droit de douane ni restrictions autres que sanitaires.

    A l’heure actuelle, les échanges de part et d’autre se font de manière non réciproque. L’Europe, qui est le principal partenaire économique du Sénégal et des autres pays de la région Acp, ne bénéficie pas, en théorie, des mêmes facilités d’accès aux marchés des pays en développement que ces derniers sur le sien. Cependant, cette architecture est appelée à disparaître à la fin de cette année, et les acteurs des pays pauvres se rendent, de plus en plus, compte qu’ils seront les plus grands perdants dans cette affaire.

    RESISTANCES

    L’opposition à la signature des Ape n’est pas que financière, et ne se limite pas au corps des douaniers et autres fonctionnaires. Les aviculteurs sénégalais, par exemple, mettent en avant la question de la sécurité alimentaire, à côté des risques de perte d’emploi. M. Idrissa Kama, le secrétaire général de l’Union nationale de la filière avicole (Unafa), qui regroupe aussi bien des éleveurs de poulets que des fabricants d’aliments ou des vétérinaires, ne cache pas son souhait de voir sa filière épargnée de toute concurrence de la volaille européenne.

    M. Kama rappelle la situation que la filière a connue jusqu’en 2005, avant l’éruption de la grippe aviaire dans des poulaillers de certains pays d’Afrique. «Du fait de la concurrence déloyale de cuisses de poulets et d’ailes de dindes vendues à vil prix sur nos marchés, parce que subventionnés dans leurs pays, le secteur avicole, qui faisait un chiffre d’affaire de 25 milliards en l’an 2000, avait perdu jusqu’à 80% de ses capacités de production, et le secteur a dû mettre au chômage plus de 5000 employés, dans différents secteurs.»

    M. Kama indique que la revitalisation de l’aviculture date de 2006, avec la décision des autorités sénégalaises d’interdire l’entrée, dans le pays, de toute volaille importée, pour des raisons sanitaires. «Après une longue période de suspicion, les consommateurs sénégalais ont repris la consommation de poulet, rassurés par le fait qu’il n’y a pas eu de cas de grippe aviaire dans le pays, et par les mesures prises par les pouvoirs publics. Une ouverture des frontières aujourd’hui, serait catastrophique, parce que l’aviculture sénégalaise n’est pas encore assez forte pour se défendre contre des produits subventionnés.»

    Les producteurs de lait local, comme M. Baghoré Bathily, qui a monté une petite structure de transformation de lait local, nommée, «Laiterie du Berger», juge aussi que l’entrée des produits laitiers européens au Sénégal, sans aucune restriction, va signifier la mort des petites unités comme la sienne, pour laquelle il a investi plus d’un milliard de francs Cfa, et qui travaille avec près de 200 producteurs de lait dans la région de Richard Toll, au nord du pays. «Si nous fermons boutique, tous ces éleveurs, à qui nous versons entre 200 et 500.000 francs par mois, vont retomber dans la pauvreté», signale-t-il. Même des entrepreneurs en travaux publics ne sont pas rassurés par la perspective d’ouverture.

    M. Ndiaye, qui s’occupe d’une société chargé de l’assainissement, ne cache pas la crainte de voir une bonne part de la commande publique lui échapper s’il est mis en concurrence avec des sociétés européennes, comme le souhaite le projet européen d’Acp. Mais, il pense avoir trouvé la parade : «J’ai passé un accord de partenariat avec une entreprise du secteur, qui est basée à Rouen. Elle a plus de deux fois les capacités financières et techniques de toutes les entreprises sénégalaises dans le secteur de l’assainissement urbain. Ainsi, si un appel d’offres ouvert est lancé par l’Etat, nous pourrions nous associer pour compétir.» M. Ndiaye juge que ceux de ses collègues qui négligeraient de faire comme lui, doivent se préparer à disparaître à plus ou moins long terme.

    REACTIONS

    Pour leur part, les dirigeants européens jugent que les Africains n’ont aucune raison de s’inquiéter. Déjà, au mois de juillet dernier, à Accra, le commissaire européen au développement, M. Louis Michel, signifiait que les Européens ont déjà donné toutes les garanties qu’ils prendront en charge tous les coûts nécessaires aux économies des pays de la Cedeao pour qu’elles s’ajustent à la concurrence à venir. Et que l’Europe est prête à compenser les pertes fiscales entraînées par le désarmement tarifaire.

    Ce à quoi rétorque Marc Maes, de la Coupole d’Ong flamandes sur le commerce, qu’au lieu de compenser ces pertes fiscales, il faudrait plutôt aider ces pays à ne pas perdre de l’argent. De plus, ajoute-t-il, «cette promesse de compensation est plutôt un moyen de pression de l’Europe, pour inciter les pays d’Afrique à signer les accords». Il en veut pour preuve le fait que, pour la programmation des fonds du 10e Fonds européen de développement : «Nous savons que la Commission européenne a envoyé des lettres à certains négociateurs des régions Acp pour leur dire ceci :’Si vous ne signez pas l’Accord, nous allons réduire de moitié les fonds prévus pour votre intégration régionale. Par contre, si vous signez un Accord qui ne contient pas les clauses de libéralisation des services, nous allons réduire d’un quart cette assistance.»

    Comme en réponse à ces résistances, le commissaire au Commerce, Peter Mandelson, de son côté, s’est désolé à Bruxelles, mardi 11 septembre dernier, de ce que «certains, dans la Cedeao, croient qu’ils ont peu à perdre si un Ape n’est pas signé». Il a tenu à dire que dans l’hypothèse de non-signature d’Ape, l’Europe ne garantit pas l’ouverture de son marché aux Acp.

    * Mohamed Guèye est journaliste au journal sénégalais Le Quotidien. Il fait partie d'un groupe de journalistes ouest-africains invités par l'Institut Panos Afrique de l'Ouest et Oxfam à un atelier de formation et de sensibilisation sur les Ape, pour ensuite assurer une production régulière d'informations sur ces négociations, afin de sensibiliser le public.
    Cet article est paru dans Le Quotidien du 17 septembre 2007

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  • Les producteurs de tomate de la vallée du fleuve Sénégal regardent avec inquiétude leur calendrier, au fur et à mesure qu’approche la date fatidique du 31 décembre. Ils se demandent ce que va devenir leur activité, et par voie de conséquence, leur vie, si les pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) venaient à signer les Accords de partenariat économique (Ape) qui doivent lier la région avec l’Union européenne (Ue). Ibrahima Fédior, le président du Conseil interprofessionnel de la filière tomate, le syndicat qui regroupe les différents acteurs de la tomate, signale que l’ouverture au marché sénégalais des produits européens, va contribuer à aggraver une situation déjà trop difficile.

    «La campagne qui vient de s’écouler, la production nationale a été de 52.000 tonnes de tomate fraîche, pour 71.000 tonnes en 2006. Alors qu’en 2005, la production a été de 76,5 mille tonnes. Vous voyez donc que, depuis quelques années, la production de tomate dans la Vallée connaît une baisse drastique. Et cela est dû principalement à l’entrée massive, sur le marché sénégalais, de concentrés de tomates de contrebande, en provenance d’Italie ou du Portugal.». Le président du regroupement des producteurs de tomates, qui parlait au téléphone depuis Dagana, a indiqué que, pour l’année dernière, le manque à gagner pour les producteurs de tomate de la Vallée a été de 7 milliards de francs Cfa.

    «Etant obligés de réduire les surfaces cultivées, les paysans gagnent moins d’argent qu’espéré», explique-t-il. Et s’ils sont obligés de cultiver moins, c’est parce que la Socas, l’usine de transformation de tomate établie dans la Vallée, et qui rachète leur production, ne veut se pas permettre d’acquérir une quantité supérieure à ce qu’elle peut écouler. Et ces cinq dernières années, la compagnie lutte fortement contre la tomate de contrebande, qui réduit considérablement ses parts de marché.

    Par conséquent, Ibrahima Fédior et ses amis appréhendent fortement que les produits européens, qui pour le moment, pénètrent majoritairement à travers la contrebande venant des pays voisins, soient autorisés à venir massivement concurrencer la production locale. «Les Ape vont alors signifier la mort de la filière tomate». Et le désarroi pour de nombreux soutiens de famille, qui vivent de cette activité. Pour illustrer la catastrophe que cela serait, M. Fédior indique que la part de la tomate concentrée importée serait actuellement d’environ 20.000t par an, ce qui représente la moitié de la consommation actuelle du Sénégal. «Cela fait environ l’équivalent de ce que nous produisons à l’heure actuelle. Donc, des pertes de revenus de l’ordre de 20 milliards de francs Cfa pour nous», soupire-t-il.

    Le secteur de la tomate locale est la seule filière intégrée de l’agriculture sénégalaise, signale M. Papa Samba Diop, le directeur commercial de la Socas, l’usine de transformation de la tomate. M. Diop affirme que, dans le cadre du contrat qui lie l’entreprise aux agriculteurs, ces derniers travaillent en harmonie avec les transformateurs, de manière à chercher la satisfaction de toutes les parties. Les gains importants que les producteurs de tomate tiraient d’une activité où ils avaient des prix garantis, leur permettaient de faire face au marasme qui affectait les autres cultures auxquels ils se consacrent, comme le riz, l’oignon ou d’autres produits de maraîchage. En dehors du riz, la tomate est la seule activité qui emploie le plus de monde dans la vallée du fleuve Sénégal.

    Environ 3000 ménages s’adonnent pleinement à cette culture. Ce chiffre ne tient pas compte des ouvriers de deux usines de la Socas, les distributeurs, les fournisseurs d’engrais et autres transporteurs. tout ce monde a déjà d’ailleurs commencé à ressentir les effets de la crise qui affecte la filière, du fait d’une forte réduction de la production, ces dernières années.

    Les producteurs de tomate ne sont d’ailleurs pas les seuls producteurs qui expriment leurs inquiétudes devant l’éventualité d’une ouverture des frontières aux produits venant de l’Europe. Moussé Diongue, membre du comité exécutif de l’Association des unions des producteurs maraîchers des Niayes (Aumn), structure spécialisée dans la production de l’oignon, ne tient pas un discours différent. M. Diongue révèle : «Depuis près de 7 ans, les producteurs d’oignon des Niayes se battent pour améliorer la qualité de leur produit, de manière à être compétitifs sur le marché national et sur le plan extérieur. Nous avons fait des efforts remarquables dans l’organisation des producteurs, surtout pour qu’ils respectent les normes techniques. Nous avons, après des années d’effort, pu obtenir la création d’un label de qualité, dit Soblé Niayes (Oignon des Niayes, Ndlr) Or, tout cela sera très rapidement remis en cause, si l’on veut procéder à une ouverture des marchés trop précipitée.». Un fonctionnaire de l’Agence de régulation des marchés (Arm), qui fixe le prix des produits maraîchers, particulièrement de la tomate et de l’oignon, explique que l’oignon sénégalais n’est pas encore en mesure d’entrer en compétition avec ses concurrents de Hollande ou d’ailleurs.

    Le Sénégal, qui produit annuellement 80.000 tonnes d’oignons, en consomme environ 100.000. Mais, faute de moyens de conservations adéquats, une bonne partie de la production nationale, environ la moitié, se détériore avant de pouvoir être consommée. Ce qui fait que, régulièrement, les autorités sénégalaises sont obligées de laisser entrer une part importante d’oignons de Hollande, pour compléter le déficit de production. Cependant, ces produits étrangers, subventionnés à la production et à l’exportation, viennent faire de l’ombre aux produits locaux, vendus souvent plus chers.

    Les oignons sénégalais doivent alors attendre que les produits importés soient épuisés, avant de pouvoir se vendre. En réaction, les producteurs nationaux se tournent régulièrement vers l’Etat, pour lui demander de fermer les frontières à la production étrangère, à certaines périodes de l’année, afin de permettre l’écoulement de la production nationale. Cela entraîne parfois un renchérissement des prix, que les consommateurs supportent mal. Les agents de l’Arm expliquent que «les Sénégalais ne savent souvent pas que l’oignon qui est importée et qui est vendue à des prix très compétitifs, a été déjà subventionné dans son pays d’origine, ce qui lui permet d’être parfois deux fois moins cher que la production nationale».

    Le directeur de l’agence, Oumar Cissé, est convaincu que si le Sénégal entrait dans un système de libre-échange qui supprimerait les barrières douanières à certains produits, ce sont les producteurs nationaux qui perdraient la protection dont ils bénéficient avec plus ou moins de bonheur. Ce qui signifierait la mort de leurs secteurs d’activité, et la prolétarisation de nombreux agriculteurs. «De plus», ajoute M. Cissé, rien ne nous dit que si les Européens avaient le monopole de la fourniture de notre marché, ils n’augmenteraient pas les prix en ce moment-là, pour nous étouffer encore plus.

    * Mohamed Guèye est journaliste au journal sénégalais Le Quotidien. Il fait partie d'un groupe de journalistes sénégalais invités par l'Institut Panos Afrique de l'Ouest et Oxfam à un atelier de formation et de sensibilisation sur les Ape, pour ensuite assurer une production régulière d'informations sur ces négociations.
    Cet article est paru dans Le Quotidien du 1er septembre 2007

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  • Dakar, Sénégal, le 26 juillet 2007

    Mesdames et Messieurs,
    Permettez-moi de remercier d'abord le gouvernement et le peuple sénégalais de leur accueil si chaleureux. Permettez-moi de remercier l'université de Dakar qui me permet pour la première fois de m'adresser à l'élite de la jeunesse africaine en tant que Président de la République française.

    Je suis venu vous parler avec la franchise et la sincérité que l'on doit à des amis que l'on aime et que l'on respecte. J'aime l'Afrique, je respecte et j'aime les Africains.

    Entre le Sénégal et la France, l'histoire a tissé les liens d'une amitié que nul ne peut défaire. Cette amitié est forte et sincère. C'est pour cela que j'ai souhaité adresser, de Dakar, le salut fraternel de la France à l'Afrique toute entière.

    Je veux, ce soir, m'adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n'ont pas la même langue, qui n'ont pas la même religion, qui n'ont pas les mêmes coutumes, qui n'ont pas la même culture, qui n'ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l'Afrique.

    Oui, je veux m'adresser à tous les habitants de ce continent meurtri, et, en particulier, aux jeunes, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères, frères dans la souffrance, frères dans l'humiliation, frères dans la révolte, frères dans l'espérance, frères dans le sentiment que vous éprouvez d'une destinée commune, frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine, foi qui se transmet de génération en génération et que l'exil lui-même ne peut effacer.

    Je ne suis pas venu, jeunes d'Afrique, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l'Afrique. Car l'Afrique n'a pas besoin de mes pleurs.

    Je ne suis pas venu, jeunes d'Afrique, pour m'apitoyer sur votre sort parce que votre sort est d'abord entre vos mains. Que feriez-vous, fière jeunesse africaine de ma pitié ?

    Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s'efface pas.

    Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.

    Il y a eu la traite négrière, il y a eu l'esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l'homme, ce fut un crime contre l'humanité toute entière.

    Et l'homme noir qui éternellement « entend de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit de l'un d'entre eux qu'on jette à la mer ». Cet homme noir qui ne peut s'empêcher de se répéter sans fin « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ». Cet homme noir, je veux le dire ici à Dakar, a le visage de tous les hommes du monde.

    Cette souffrance de l'homme noir, je ne parle pas de l'homme au sens du sexe, je parle de l'homme au sens de l'être humain et bien sûr de la femme et de l'homme dans son acceptation générale. Cette souffrance de l'homme noir, c'est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l'âme de l'homme noir est une blessure ouverte dans l'âme de tous les hommes.
    Mais nul ne peut demander aux générations d'aujourd'hui d'expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.

    Jeunes d'Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance. Je suis venu vous dire que je ressens la traite et l'esclavage comme des crimes envers l'humanité. Je suis venu vous dire que votre déchirure et votre souffrance sont les nôtres et sont donc les miennes.

    Je suis venu vous proposer de regarder ensemble, Africains et Français, au-delà de cette déchirure et au-delà de cette souffrance.

    Je suis venu vous proposer, jeunes d'Afrique, non d'oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser.

    Je suis venu vous proposer, jeunes d'Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d'en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble l'avenir.

    Je suis venu, jeunes d'Afrique, regarder en face avec vous notre histoire commune.

    L'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. On s'est entretué en Afrique au moins autant qu'en Europe. Mais il est vrai que jadis, les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de vos pères. Ils ont dit à vos pères ce qu'ils devaient penser, ce qu'ils devaient croire, ce qu'ils devaient faire. Ils ont coupé vos pères de leur passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines. Ils ont désenchanté l'Afrique.

    Ils ont eu tort.

    Ils n'ont pas vu la profondeur et la richesse de l'âme africaine. Ils ont cru qu'ils étaient supérieurs, qu'ils étaient plus avancés, qu'ils étaient le progrès, qu'ils étaient la civilisation.

    Ils ont eu tort.

    Ils ont voulu convertir l'homme africain, ils ont voulu le façonner à leur image, ils ont cru qu'ils avaient tous les droits, ils ont cru qu'ils étaient tout puissants, plus puissants que les dieux de l'Afrique, plus puissants que l'âme africaine, plus puissants que les liens sacrés que les hommes avaient tissés patiemment pendant des millénaires avec le ciel et la terre d'Afrique, plus puissants que les mystères qui venaient du fond des âges.

    Ils ont eu tort.

    Ils ont abîmé un art de vivre. Ils ont abîmé un imaginaire merveilleux. Ils ont abîmé une sagesse ancestrale.
    Ils ont eu tort.

    Ils ont créé une angoisse, un mal de vivre. Ils ont nourri la haine. Ils ont rendu plus difficile l'ouverture aux autres, l'échange, le partage parce que pour s'ouvrir, pour échanger, pour partager, il faut être assuré de son identité, de ses valeurs, de ses convictions. Face au colonisateur, le colonisé avait fini par ne plus avoir confiance en lui, par ne plus savoir qui il était, par se laisser gagner par la peur de l'autre, par la crainte de l'avenir.

    Le colonisateur est venu, il a pris, il s'est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.

    Il a pris mais je veux dire avec respect qu'il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n'étaient pas des voleurs, tous les colons n'étaient pas des exploiteurs.

    Il y avait parmi eux des hommes mauvais mais il y avait aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien. Ils se trompaient mais certains étaient sincères. Ils croyaient donner la liberté, ils créaient l'aliénation. Ils croyaient briser les chaînes de l'obscurantisme, de la superstition, de la servitude. Ils forgeaient des chaînes bien plus lourdes, ils imposaient une servitude plus pesante, car c'étaient les esprits, c'étaient les âmes qui étaient asservis. Ils croyaient donner l'amour sans voir qu'ils semaient la révolte et la haine.

    La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages et de la pollution.

    Mais la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l'amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant.

    La colonisation fut une grande faute qui détruisit chez le colonisé l'estime de soi et fit naître dans son cœur cette haine de soi qui débouche toujours sur la haine des autres.

    La colonisation fut une grande faute mais de cette grande faute est né l'embryon d'une destinée commune. Et cette idée me tient particulièrement à cœur.

    La colonisation fut une faute qui a changé le destin de l'Europe et le destin de l'Afrique et qui les a mêlés. Et ce destin commun a été scellé par le sang des Africains qui sont venus mourir dans les guerres européennes.

    Et la France n'oublie pas ce sang africain versé pour sa liberté.

    Nul ne peut faire comme si rien n'était arrivé.

    Nul ne peut faire comme si cette faute n'avait pas été commise.

    Nul ne peut faire comme si cette histoire n'avait pas eu lieu.

    Pour le meilleur comme pour le pire, la colonisation a transformé l'homme africain et l'homme européen.

    Jeunes d'Afrique, vous êtes les héritiers des plus vieilles traditions africaines et vous êtes les héritiers de tout ce que l'Occident a déposé dans le cœur et dans l'âme de l'Afrique.

    Jeunes d'Afrique, la civilisation européenne a eu tort de se croire supérieure à celle de vos ancêtres, mais désormais la civilisation européenne vous appartient aussi.

    Jeunes d'Afrique, ne cédez pas à la tentation de la pureté parce qu'elle est une maladie, une maladie de l'intelligence, et qui est ce qu'il y a de plus dangereux au monde.

    Jeunes d'Afrique, ne vous coupez pas de ce qui vous enrichit, ne vous amputez pas d'une part de vous-même. La pureté est un enfermement, la pureté est une intolérance. La pureté est un fantasme qui conduit au fanatisme.

    Je veux vous dire, jeunes d'Afrique, que le drame de l'Afrique n'est pas dans une prétendue infériorité de son art, sa pensée, de sa culture. Car, pour ce qui est de l'art, de la pensée et de la culture, c'est l'Occident qui s'est mis à l'école de l'Afrique.

    L'art moderne doit presque tout à l'Afrique. L'influence de l'Afrique a contribué à changer non seulement l'idée de la beauté, non seulement le sens du rythme, de la musique, de la danse, mais même dit Senghor, la manière de marcher ou de rire du monde du XXème siècle.

    Je veux donc dire, à la jeunesse d'Afrique, que le drame de l'Afrique ne vient pas de ce que l'âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l'homme africain est aussi logique et raisonnable que l'homme européen.

    C'est en puisant dans l'imaginaire africain que vous ont légué vos ancêtres, c'est en puisant dans les contes, dans les proverbes, dans les mythologies, dans les rites, dans ces formes qui, depuis l'aube des temps, se transmettent et s'enrichissent de génération en génération que vous trouverez l'imagination et la force de vous inventer un avenir qui vous soit propre, un avenir singulier qui ne ressemblera à aucun autre, où vous vous sentirez enfin libres, libres, jeunes d'Afrique d'être vous-mêmes, libres de décider par vous-mêmes.

    Je suis venu vous dire que vous n'avez pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine, qu'elles ne vous tirent pas vers le bas mais vers le haut, qu'elles sont un antidote au matérialisme et à l'individualisme qui asservissent l'homme moderne, qu'elles sont le plus précieux des héritages face à la déshumanisation et à l'aplatissement du monde.

    Je suis venu vous dire que l'homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l'homme africain qui vit en symbiose avec la nature depuis des millénaires.

    Je suis venu vous dire que cette déchirure entre ces deux parts de vous-mêmes est votre plus grande force, et votre plus grande faiblesse selon que vous vous efforcerez ou non d'en faire la synthèse.

    Mais je suis aussi venu vous dire qu'il y a en vous, jeunes d'Afrique, deux héritages, deux sagesses, deux traditions qui se sont longtemps combattues : celle de l'Afrique et celle de l'Europe.

    Je suis venu vous dire que cette part africaine et cette part européenne de vous-mêmes forment votre identité déchirée.

    Je ne suis pas venu, jeunes d'Afrique, vous donner des leçons.

    Je ne suis pas venu vous faire la morale.

    Mais je suis venu vous dire que la part d'Europe qui est en vous est le fruit d'un grand péché d'orgueil de l'Occident mais que cette part d'Europe en vous n'est pas indigne.

    Car elle est l'appel de la liberté, de l'émancipation et de la justice et de l'égalité entre les femmes et les hommes.
    Car elle est l'appel à la raison et à la conscience universelles.

    Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

    Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès.

    Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble être écrit d'avance.

    Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.

    Le problème de l'Afrique et permettez à un ami de l'Afrique de le dire, il est là. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter et d'épouser sa propre histoire.

    Le problème de l'Afrique, c'est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l'éternel retour, c'est de prendre conscience que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé.

    Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance.

    Le problème de l'Afrique, c'est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter.

    Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de s'inventer un passé plus ou moins mythique pour s'aider à supporter le présent mais de s'inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres.

    Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de vouloir se donner les moyens de conjurer le malheur, car l'Afrique a le droit au bonheur comme tous les autres continents du monde.

    Le problème de l'Afrique, c'est de rester fidèle à elle-même sans rester immobile.

    Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à regarder son accession à l'universel non comme un reniement de ce qu'elle est mais comme un accomplissement.

    Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à se sentir l'héritière de tout ce qu'il y a d'universel dans toutes les civilisations humaines.

    C'est de s'approprier les droits de l'homme, la démocratie, la liberté, l'égalité, la justice comme l'héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes.

    C'est de s'approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l'intelligence humaine.

    Le défi de l'Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s'enfermer parce qu'ils savent que l'enfermement est mortel.

    Les civilisations sont grandes à la mesure de leur participation au grand métissage de l'esprit humain.

    La faiblesse de l'Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage. Elle a payé cher, l'Afrique, ce désengagement du monde qui l'a rendue si vulnérable. Mais, de ses malheurs, l'Afrique a tiré une force nouvelle en se métissant à son tour. Ce métissage, quelles que fussent les conditions douloureuses de son avènement, est la vraie force et la vraie chance de l'Afrique au moment où émerge la première civilisation mondiale.

    La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, au-delà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les cœurs et les mentalités africaines à l'universel et à l'histoire.

    Ne vous laissez pas, jeunes d'Afrique, voler votre avenir par ceux qui ne savent opposer à l'intolérance que l'intolérance, au racisme que le racisme.

    Ne vous laissez pas, jeunes d'Afrique, voler votre avenir par ceux qui veulent vous exproprier d'une histoire qui vous appartient aussi parce qu'elle fut l'histoire douloureuse de vos parents, de vos grands-parents et de vos aïeux.

    N'écoutez pas, jeunes d'Afrique, ceux qui veulent faire sortir l'Afrique de l'histoire au nom de la tradition parce qu'une Afrique ou plus rien ne changerait serait de nouveau condamnée à la servitude.

    N'écoutez pas, jeunes d'Afrique, ceux qui veulent vous empêcher de prendre votre part dans l'aventure humaine, parce que sans vous, jeunes d'Afrique qui êtes la jeunesse du monde, l'aventure humaine sera moins belle.

    N'écoutez pas jeunes d'Afrique, ceux qui veulent vous déraciner, vous priver de votre identité, faire table rase de tout ce qui est africain, de toute la mystique, la religiosité, la sensibilité, la mentalité africaine, parce que pour échanger il faut avoir quelque chose à donner, parce que pour parler aux autres, il faut avoir quelque chose à leur dire.

    Ecoutez plutôt, jeunes d'Afrique, la grande voix du Président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l'histoire avaient placé l'Afrique.

    Il disait, lui l'enfant de Joal, qui avait été bercé par les rhapsodies des griots, il disait : « nous sommes des métis culturels, et si nous sentons en nègres, nous nous exprimons en français, parce que le français est une langue à vocation universelle, que notre message s'adresse aussi aux Français et aux autres hommes ».

    Il disait aussi : « le français nous a fait don de ses mots abstraits -si rares dans nos langues maternelles. Chez nous les mots sont naturellement nimbés d'un halo de sève et de sang ; les mots du français eux rayonnent de mille feux, comme des diamants. Des fusées qui éclairent notre nuit ».

    Ainsi parlait Léopold Senghor qui fait honneur à tout ce que l'humanité comprend d'intelligence. Ce grand poète et ce grand Africain voulait que l'Afrique se mit à parler à toute l'humanité et lui écrivait en français des poèmes pour tous les hommes.

    Ces poèmes étaient des chants qui parlaient, à tous les hommes, d'êtres fabuleux qui gardent des fontaines, chantent dans les rivières et qui se cachent dans les arbres.

    Des poèmes qui leur faisaient entendre les voix des morts du village et des ancêtres.

    Des poèmes qui faisaient traverser des forêts de symboles et remonter jusqu'aux sources de la mémoire ancestrale que chaque peuple garde au fond de sa conscience comme l'adulte garde au fond de la sienne le souvenir du bonheur de l'enfance.
    Car chaque peuple a connu ce temps de l'éternel présent, où il cherchait non à dominer l'univers mais à vivre en harmonie avec l'univers. Temps de la sensation, de l'instinct, de l'intuition. Temps du mystère et de l'initiation. Temps mystique où le sacré était partout, où tout était signes et correspondances. C'est le temps des magiciens, des sorciers et des chamanes. Le temps de la parole qui était grande, parce qu'elle se respecte et se répète de génération en génération, et transmet, de siècle en siècle, des légendes aussi anciennes que les dieux.

    L'Afrique a fait se ressouvenir à tous les peuples de la terre qu'ils avaient partagé la même enfance. L'Afrique en a réveillé les joies simples, les bonheurs éphémères et ce besoin, ce besoin auquel je crois moi-même tant, ce besoin de croire plutôt que de comprendre, ce besoin de ressentir plutôt que de raisonner, ce besoin d'être en harmonie plutôt que d'être en conquête.

    Ceux qui jugent la culture africaine arriérée, ceux qui tiennent les Africains pour de grands enfants, tous ceux-là ont oublié que la Grèce antique qui nous a tant appris sur l'usage de la raison avait aussi ses sorciers, ses devins, ses cultes à mystères, ses sociétés secrètes, ses bois sacrés et sa mythologie qui venait du fond des âges et dans laquelle nous puisons encore, aujourd'hui, un inestimable trésor de sagesse humaine.

    L'Afrique qui a aussi ses grands poèmes dramatiques et ses légendes tragiques, en écoutant Sophocle, a entendu une voix plus familière qu'elle ne l'aurait crû et l'Occident a reconnu dans l'art africain des formes de beauté qui avaient jadis été les siennes et qu'il éprouvait le besoin de ressusciter.

    Alors entendez, jeunes d'Afrique, combien Rimbaud est africain quand il met des couleurs sur les voyelles comme tes ancêtres en mettaient sur leurs masques, « masque noir, masque rouge, masque blanc–et-noir ».

    Ouvrez les yeux, jeunes d'Afrique, et ne regardez plus, comme l'ont fait trop souvent vos aînés, la civilisation mondiale comme une menace pour votre identité mais la civilisation mondiale comme quelque chose qui vous appartient aussi.
    Dès lors que vous reconnaîtrez dans la sagesse universelle une part de la sagesse que vous tenez de vos pères et que vous aurez la volonté de la faire fructifier, alors commencera ce que j'appelle de mes vœux, la Renaissance africaine.

    Dès lors que vous proclamerez que l'homme africain n'est pas voué à un destin qui serait fatalement tragique et que, partout en Afrique, il ne saurait y avoir d'autre but que le bonheur, alors commencera la Renaissance africaine.

    Dès lors que vous, jeunes d'Afrique, vous déclarerez qu'il ne saurait y avoir d'autres finalités pour une politique africaine que l'unité de l'Afrique et l'unité du genre humain, alors commencera la Renaissance africaine.

    Dès lors que vous regarderez bien en face la réalité de l'Afrique et que vous la prendrez à bras le corps, alors commencera la Renaissance africaine. Car le problème de l'Afrique, c'est qu'elle est devenue un mythe que chacun reconstruit pour les besoins de sa cause.

    Et ce mythe empêche de regarder en face la réalité de l'Afrique.

    La réalité de l'Afrique, c'est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible.
    La réalité de l'Afrique, c'est encore trop de famine, trop de misère.

    La réalité de l'Afrique, c'est la rareté qui suscite la violence.

    La réalité de l'Afrique, c'est le développement qui ne va pas assez vite, c'est l'agriculture qui ne produit pas assez, c'est le manque de routes, c'est le manque d'écoles, c'est le manque d'hôpitaux.

    La réalité de l'Afrique, c'est un grand gaspillage d'énergie, de courage, de talents, d'intelligence.

    La réalité de l'Afrique, c'est celle d'un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu'il n'arrive pas à se libérer de ses mythes.

    La Renaissance dont l'Afrique a besoin, vous seuls, Jeunes d'Afrique, vous pouvez l'accomplir parce que vous seuls en aurez la force.

    Cette Renaissance, je suis venu vous la proposer. Je suis venu vous la proposer pour que nous l'accomplissions ensemble parce que de la Renaissance de l'Afrique dépend pour une large part la Renaissance de l'Europe et la Renaissance du monde.

    Je sais l'envie de partir qu'éprouvent un si grand nombre d'entre vous confrontés aux difficultés de l'Afrique.

    Je sais la tentation de l'exil qui pousse tant de jeunes Africains à aller chercher ailleurs ce qu'ils ne trouvent pas ici pour faire vivre leur famille.

    Je sais ce qu'il faut de volonté, ce qu'il faut de courage pour tenter cette aventure, pour quitter sa patrie, la terre où l'on est né, où l'on a grandi, pour laisser derrière soi les lieux familiers où l'on a été heureux, l'amour d'une mère, d'un père ou d'un frère et cette solidarité, cette chaleur, cet esprit communautaire qui sont si forts en Afrique.

    Je sais ce qu'il faut de force d'âme pour affronter le dépaysement, l'éloignement, la solitude.

    Je sais ce que la plupart d'entre eux doivent affronter comme épreuves, comme difficultés, comme risques.
    Je sais qu'ils iront parfois jusqu'à risquer leur vie pour aller jusqu'au bout de ce qu'ils croient être leur rêve.

    Mais je sais que rien ne les retiendra.

    Car rien ne retient jamais la jeunesse quand elle se croit portée par ses rêves.

    Je ne crois pas que la jeunesse africaine ne soit poussée à partir que pour fuir la misère.

    Je crois que la jeunesse africaine s'en va parce que, comme toutes les jeunesses, elle veut conquérir le monde.

    Comme toutes les jeunesses, elle a le goût de l'aventure et du grand large.

    Elle veut aller voir comment on vit, comment on pense, comment on travaille, comment on étudie ailleurs.

    L'Afrique n'accomplira pas sa Renaissance en coupant les ailes de sa jeunesse. Mais l'Afrique a besoin de sa jeunesse.

    La Renaissance de l'Afrique commencera en apprenant à la jeunesse africaine à vivre avec le monde, non à le refuser.

    La jeunesse africaine doit avoir le sentiment que le monde lui appartient comme à toutes les jeunesses de la terre.

    La jeunesse africaine doit avoir le sentiment que tout deviendra possible comme tout semblait possible aux hommes de la Renaissance.

    Alors, je sais bien que la jeunesse africaine, ne doit pas être la seule jeunesse du monde assignée à résidence. Elle ne peut pas être la seule jeunesse du monde qui n'a le choix qu'entre la clandestinité et le repliement sur soi.

    Elle doit pouvoir acquérir, hors d'Afrique la compétence et le savoir qu'elle ne trouverait pas chez elle.
    Mais elle doit aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents qu'elle aura développés. Il faut revenir bâtir l'Afrique ; il faut lui apporter le savoir, la compétence le dynamisme de ses cadres. Il faut mettre un terme au pillage des élites africaines dont l'Afrique a besoin pour se développer.

    Ce que veut la jeunesse africaine c'est de ne pas être à la merci des passeurs sans scrupules qui jouent avec votre vie.

    Ce que veut la jeunesse d'Afrique, c'est que sa dignité soit préservée.

    C'est pouvoir faire des études, c'est pouvoir travailler, c'est pouvoir vivre décemment. C'est au fond, ce que veut toute l'Afrique. L'Afrique ne veut pas de la charité. L'Afrique ne veut pas d'aide. L'Afrique ne veut pas de passe-droit.

    Ce que veut l'Afrique et ce qu'il faut lui donner, c'est la solidarité, la compréhension et le respect.

    Ce que veut l'Afrique, ce n'est pas que l'on prenne son avenir en main, ce n'est pas que l'on pense à sa place, ce n'est pas que l'on décide à sa place.

    Ce que veut l'Afrique est ce que veut la France, c'est la coopération, c'est l'association, c'est le partenariat entre des nations égales en droits et en devoirs.
    Jeunesse africaine, vous voulez la démocratie, vous voulez la liberté, vous voulez la justice, vous voulez le Droit ? C'est à vous d'en décider. La France ne décidera pas à votre place. Mais si vous choisissez la démocratie, la liberté, la justice et le Droit, alors la France s'associera à vous pour les construire.

    Jeunes d'Afrique, la mondialisation telle qu'elle se fait ne vous plaît pas. L'Afrique a payé trop cher le mirage du collectivisme et du progressisme pour céder à celui du laisser-faire.

    Jeunes d'Afrique vous croyez que le libre échange est bénéfique mais que ce n'est pas une religion. Vous croyez que la concurrence est un moyen mais que ce n'est pas une fin en soi. Vous ne croyez pas au laisser-faire. Vous savez qu'à être trop naïve, l'Afrique serait condamnée à devenir la proie des prédateurs du monde entier. Et cela vous ne le voulez pas. Vous voulez une autre mondialisation, avec plus d'humanité, avec plus de justice, avec plus de règles.
    Je suis venu vous dire que la France la veut aussi. Elle veut se battre avec l'Europe, elle veut se battre avec l'Afrique, elle veut se battre avec tous ceux, qui dans le monde, veulent changer la mondialisation. Si l'Afrique, la France et l'Europe le veulent ensemble, alors nous réussirons. Mais nous ne pouvons pas exprimer une volonté à votre place.

    Jeunes d'Afrique, vous voulez le développement, vous voulez la croissance, vous voulez la hausse du niveau de vie.

    Mais le voulez-vous vraiment ? Voulez-vous que cessent l'arbitraire, la corruption, la violence ? Voulez-vous que la propriété soit respectée, que l'argent soit investi au lieu d'être détourné ? Voulez-vous que l'État se remette à faire son métier, qu'il soit allégé des bureaucraties qui l'étouffent, qu'il soit libéré du parasitisme, du clientélisme, que son autorité soit restaurée, qu'il domine les féodalités, qu'il domine les corporatismes ? Voulez-vous que partout règne l'État de droit qui permet à chacun de savoir raisonnablement ce qu'il peut attendre des autres ?

    Si vous le voulez, alors la France sera à vos côtés pour l'exiger, mais personne ne le voudra à votre place.
    Voulez-vous qu'il n'y ait plus de famine sur la terre africaine ? Voulez-vous que, sur la terre africaine, il n'y ait plus jamais un seul enfant qui meure de faim ? Alors cherchez l'autosuffisance alimentaire. Alors développez les cultures vivrières. L'Afrique a d'abord besoin de produire pour se nourrir. Si c'est ce que vous voulez, jeunes d'Afrique, vous tenez entre vos mains l'avenir de l'Afrique, et la France travaillera avec vous pour bâtir cet avenir.

    Vous voulez lutter contre la pollution ? Vous voulez que le développement soit durable ? Vous voulez que les générations actuelles ne vivent plus au détriment des générations futures ? Vous voulez que chacun paye le véritable coût de ce qu'il consomme ? Vous voulez développer les technologies propres ? C'est à vous de le décider. Mais si vous le décidez, la France sera à vos côtés.

    Vous voulez la paix sur le continent africain ? Vous voulez la sécurité collective ? Vous voulez le règlement pacifique des conflits ? Vous voulez mettre fin au cycle infernal de la vengeance et de la haine ? C'est à vous, mes amis africains, de le décider . Et si vous le décidez, la France sera à vos côtés, comme une amie indéfectible, mais la France ne peut pas vouloir à la place de la jeunesse d'Afrique.
    Vous voulez l'unité africaine ? La France le souhaite aussi.

    Parce que la France souhaite l'unité de l'Afrique, car l'unité de l'Afrique rendra l'Afrique aux Africains.

    Ce que veut faire la France avec l'Afrique, c'est regarder en face les réalités. C'est faire la politique des réalités et non plus la politique des mythes.

    Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est le co-développement, c'est-à-dire le développement partagé.

    La France veut avec l'Afrique des projets communs, des pôles de compétitivité communs, des universités communes, des laboratoires communs.

    Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est élaborer une stratégie commune dans la mondialisation.

    Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est une politique d'immigration négociée ensemble, décidée ensemble pour que la jeunesse africaine puisse être accueillie en France et dans toute l'Europe avec dignité et avec respect.

    Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est une alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un monde meilleur.

    Ce que veut faire la France avec l'Afrique, c'est préparer l'avènement de l'Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l'Europe et l'Afrique.

    A ceux qui, en Afrique, regardent avec méfiance ce grand projet de l'Union Méditerranéenne que la France a proposé à tous les pays riverains de la Méditerranée, je veux dire que, dans l'esprit de la France, il ne s'agit nullement de mettre à l'écart l'Afrique, qui s'étend au sud du Sahara mais, qu'au contraire, il s'agit de faire de cette Union le pivot de l'Eurafrique, la première étape du plus grand rêve de paix et de prospérité qu'Européens et Africains sont capables de concevoir ensemble.

    Alors, mes chers Amis, alors seulement, l'enfant noir de Camara Laye, à genoux dans le silence de la nuit africaine, saura et comprendra qu'il peut lever la tête et regarder avec confiance l'avenir. Et cet enfant noir de Camara Laye, il sentira réconciliées en lui les deux parts de lui-même. Et il se sentira enfin un homme comme tous les autres hommes de l'humanité.

    Je vous remercie.

    * Nicolas Sarkozy est président de la République français

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