Quinze millions de francs qui transitent entre les mains d’une avocate générale près la Cour de Cassation en vue «d’acheter le procès » d’un prévenu coupable d’abus de confiance portant sur 130 millions ! Ce n’est sûrement pas le seul ni le plus gros scandale dans le milieu judiciaire, mais celui qui scellera peut-être pour longtemps son discrédit.
Tagged under Gouvernance SenegalLa Mission de l'Onu en République démocratique du Congo (Monuc) a dénoncé mercredi plusieurs "incidents" et "irrégularités" depuis le lancement, le 29 juin, de la campagne pour les élections présidentielle et législatives du 30 juillet dans l'ex-Zaïre. La Monuc se dit "globalement satisfaite" du déroulement de la campagne électorale mais dénonce "de nombreux incidents et irrégularités signalés à travers le pays", a souligné son porte-parole Kemal Saïki au cours d'une conférence de presse à Kinshasa.
Tagged under GouvernanceLe représentant de l'Union Africaine (UA) à la 9e réunion du Groupe de travail international (GTI) pour le processus de paix en Côte d'Ivoire, Rodolphe Adada, souhaite que la communauté internationale "redouble de fermeté" contre ceux qui entravent le processus de paix. Cette réunion se tient au lendemain de manifestations de "jeunes patriotes", fervents partisans du président Laurent Gbagbo qui s'opposent aux "audiences foraines", première étape du processus d'identification.
Tagged under GouvernanceLe Tchad vient de ratifier un nouveau protocole avec la Banque mondiale sur la répartition de ses revenus pétroliers. Après avoir rompu avec l'institution internationale en faisant main basse sur les fonds pétroliers réservés aux générations futures, le régime du président Idriss Deby s’engage aujourd'hui à consacrer à des programmes de réduction de la pauvreté 70% des revenus de l'or noir.
Tagged under Gouvernance ChadDans les consulats néerlandais, les visas de longue durée ne sont plus accordés qu’après la réussite à des tests payants de langue et de culture néerlandaises. Une première à l’échelle de l’Europe. Vivement contestée, une loi adoptée le 10 juillet étend la mesure à tous les étrangers non occidentaux résidant aux Pays-Bas depuis 1975.
Tagged under GouvernanceL'Assemblée nationale a approuvé mardi, à Luanda, la Convention de l'Union Africaine (UA) contre la corruption, dont l'objectif est de renforcer dans le continent africain les mécanismes nécessaires pour empêcher, détecter, punir et supprimer ce phénomène. La promotion, la facilité et la réglementation de la coopération entre les pays membres, en vue d'assurer l'efficacité des mesures et des actions contre la corruption en Afrique figurent également parmi les objectifs de la Convention approuvée.
Tagged under Gouvernance AngolaDans le nord de l'Ouganda, 20 ans de conflit ont contraint la quasi totalité des habitants à vivre regroupés dans des camps, presque entièrement dépendants d'une aide humanitaire qui laisse à désirer. Désormais, les personnes déplacées sont encouragées à se disperser dans des camps plus petits, plus proches de chez elles. Depuis 20 ans, un conflit oppose dans le nord de l'Ouganda les troupes gouvernementales aux rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA, Lord's Resistance Army).
Tagged under Gouvernance UgandaHéros de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela, ancien président sud-africain qui fête mardi ses 88 ans, semble toujours en forme pour un homme de son âge ayant passé 27 ans en prison, mais ses apparitions publiques deviennent de plus en plus exceptionnelles. Depuis le début de l'année, il n'est réellement sorti de sa retraite que la semaine dernière pour des manifestations organisées à l'occasion de son anniversaire et pour encourager son pays organisateur du Mondial 2010.
Tagged under GouvernanceLes Africains ne doivent plus faire confiance aux dirigeants du Groupe des huit pays les plus industrialisés (G8) ainsi qu'aux institutions de Bretton Woods, a estimé, samedi à Gao (nord), une altermondialiste malienne, Mme Aminata Traoré. Elle s'exprimait devant quelque 600 délégués d'Afrique, d'Europe et d'Amérique au 5ème Forum des peuples, une manifestation organisée en contrepoint du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, en Russie.
Tagged under GouvernanceSoucieux de faire taire les rumeurs qui circulent librement autour de sa succession au pouvoir, le président Olusegun Obasanjo du Nigeria a affirmé, lundi, qu'il n'a choisi personne pour lui succéder à la fin de son mandat en
2007 et a promis de laisser les candidats jouir de l'égalité des chances. M. Obasanjo s'exprimait ainsi à l'occasion d'une audience accordée à une délégation de leaders de la communauté ogonie de l'Etat pétrolier de Rivers, qui souhaitaient solliciter son appui pour leur gouverneur, Peter Odill apparemment intéressé par la fonction suprême.Tagged under Gouvernance NigeriaLe directeur général adjoint de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) pour l'Afrique, Noureini Tidjani-Serpos, a plaidé pour l'élaboration d'un Plan Marshall pour le développement de l'Afrique, à l'image du projet adopté pour la reconstruction de l'Europe après la 2ème guerre mondiale. Il a déclaré qu'un Plan Marshall tel que celui élaboré par les Etats-Unis pour l'Europe doit être produit pour les pays pauvres de l'Afrique et de la diaspora.
Tagged under GouvernanceLe sénateur populiste italien Roberto Calderoli se fait remarquer par ses déclarations racistes à l’encontre de l’équipe de France de football. Provocateur, le leader de la Ligue du Nord n’en est pas à son premier scandale. Des propos condamnés unanimement par la France et l’Italie. Respect et tolérance... Deux mots qui ne semblent pas faire partie du vocabulaire du sénateur italien Roberto Calderoli.
Tagged under GouvernanceLa Mozambicaine Paulina Chiziane s’attaque dans Le parlement conjugal (éditions Actes Sud) à un sujet peu traité de façon romanesque : la polygamie. Le thème lui permet aussi d’entraîner le lecteur à la découverte d’un pays et de ses mœurs et de réaliser de magnifiques portraits de femmes. A lire !
Tagged under Gouvernance MozambiqueLe 17 juillet 2006 restera gravé dans les esprits de ceux qui sont attentifs aux évolutions des mentalités en France, à commencer par celles des dirigeants de tous bords et tous secteurs, longtemps restés fermés à la représentativité de toutes les différences ethniques y compris dans des postes d’encadrement et à forte visibilité.
Tagged under GouvernanceIls accusent le gouvernement de violation du code du travail lors des négociations avec les salariés. Le sort d'environ 1200 employés de Cameroon airlines (Camair), compagnie nationale de transport aérien, objet d'une scission liquidation privatisation depuis le 29 juin dernier, était au menu d'une rencontre hier entre le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Robert Nkili et les responsables des six centrales syndicales du Cameroun.
Tagged under GouvernanceTrois mois après son arrivée au pouvoir, Yayi Boni, le nouveau président béninois, engage une série d’actions destinées à sortir son pays de l'ornière. La classe politique est réservée. La population applaudit. L’espoir renaît dans la filière cotonnière béninoise. L’Association interprofessionnelle du coton (AIC) prévoit pour la campagne 2006-2007 une production record de 490 000 tonnes, soit environ le triple de la campagne écoulée !
Tagged under Gouvernance BeninLes commerçantes gabonaises et camerounaises se disputent le marché de la banane au Gabon. L'enjeu de ce commerce met à nu l'un des freins à l'intégration régionale et à la liberté des échanges en Afrique centrale. Réunies en coopérative, les Gabonaises ont demandé en juin au gouvernement de leur procurer des camions afin qu'elles puissent s'approvisionner aussi en banane à la source, au Cameroun, un pays limitrophe au nord du Gabon, puis à l'intérieur de leur pays.
Tagged under Gouvernance GabonCe sont les femmes qui subissent le plus les effets de la libéralisation du commerce sur le développement social à travers un manque d’accès aux services sociaux de base. Mais, comme l’écrit Jennifer Chiriga d’ Alternative Information and Development Centre, l’un des impacts majeurs du commerce sur les femmes est la manière dont l’éthique capitaliste joue à construire la masculinité alors qu’en même temps elle diminue le rôle que les femmes jouent dans la société. Les alternatives sont en vue, soutient-elle.
Les tendances définissant les relations actuelles dans les domaines du commerce et de l’économie à travers le monde et le processus à travers lequel les relations économiques internationales actuelles se jouent, et les marchés pour les produits et les services se définissent de plus en plus, tombent tous sous la rubrique de mondialisation.
L’élargissement du commerce international a manifesté, au cours des quelques dernières décennies, une profonde transformation, avec l’émergence de l’intégration de l’activité économique, y compris l’élimination des restrictions en matière de circulation libre du capital, des biens, des ressources, de la technologie et des services à travers les frontières.
Toutes les régions du globe se rapprochent les unes des autres à travers l’intensification des transactions commerciales, des transactions en investissement, des transactions financières, et la technologie de l’information. Malheureusement, l’expansion mondiale n’a pas affecté les régions en développement de la même manière, et l’Afrique continue de traîner derrière.
La caractéristique principale de la mondialisation est une vague dans le pouvoir du capital mondial et la réorganisation de la production mondiale à travers des entreprises multinationales qui exercent une influence énorme sur les économies. La mondialisation a été assez judicieusement citée comme « en grande partie le jeu des plus forts… ceux qui sont forts font ce qu’ils veulent, et les faibles doivent rendre ce qu’il ne peuvent pas protéger » (Tandon, cité dans Vale and Maseko, 1998).
D’autres caractéristiques pour définir la mondialisation sont une économie mondiale plus intégrée avec des interdépendances parmi les nations, mais dont les bénéfices s’en vont vers les économies développées ; le déclin en investissement dans le domaine de la production, avec des compagnies qui bougent davantage vers un investissement spéculatif, ce qui amène des profits plus rapides et plus élevés ; le secteur public en diminution, avec l’Etat qui devient plus orienté vers les affaires à travers la privatisation des entreprises de l’Etat, et le pouvoir phénoménal des entreprises multinationales qui ont l’influence pour diriger le commerce mondial et influencer les gouvernements, comme cela se voit par le pouvoir de la Banque Mondiale (BM), du Fonds Monétaire International (FMI) et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
L’OMC ne concerne pas juste le commerce, elle concerne le pouvoir et le contrôle des ressources. Les pays développés façonnent et contrôlent les régimes commerciaux qui affectent les pays en développement et cela mène à la dé-industrialisation, aux pertes d’emplois et à l’aggravation de la pauvreté. Ceci est prouvé par l’expérience des pays en développement qui sont en train de subir le commerce appliqué par le FMI/ la BM à travers des programmes d’ajustement structurel néo-libéraux, qui ont été forcés à libéraliser leur commerce extérieur, et ont en conséquence souffert de la destruction des industries locales conduisant aux renvois massifs des employés.
En dépit de la compréhension conventionnelle au sujet de la création d’un système commercial mondial libre « ouvert », il y a un « commerce libre » très limité, particulièrement pour les pays africains. La pertinence de l’OMC dans le système mondial est qu’elle est vue comme une institution centrale dans une économie mondiale centralisée. Ceci a une pertinence majeure pour les pays africains au fur et à mesure qu’ils affrontent d’énormes défis en développement.
L’orientation externe des pays africains a conduit à l’ouverture des marchés mondiaux, ce qui a eu pour résultat l’inondation des importations et la domination des produits, par exemple les produits agricoles et les textiles, pour n’en citer que quelques-uns, et ceci a conduit à la perte massive d’emplois dans les secteurs ruraux et urbains, à des menaces contre la sécurité alimentaire et l’abandon du projet de développement social. Les effets de la libéralisation du commerce sur le développement social sont prouvés par le manque d’accès aux services sociaux de base, un scénario dans lequel les femmes portent le plus grand fardeau.
Genre et Commerce
L’un des facteurs majeurs dans l’inégalité des genres a trait à la façon dont les perceptions négatives coulent les différences entre les genres et la façon dont l’éthique capitaliste joue dans la construction de la masculinité tandis qu’en même temps elle réduit le rôle que les femmes jouent dans la société où elles occupent le deuxième rang en matière de gains. Le genre est un déterminant clé de vulnérabilité à la pauvreté. Et les femmes, à cause de leur position désavantageuse sur le marché de l’emploi, tiennent les postes d’emploi les moins bien rémunérés, qui demandent un niveau plus bas d’aptitudes etc.
Même si les analystes du genre ont, pour longtemps, mis l’accent sur les impacts négatifs de la libéralisation du commerce, le lien entre genre et commerce a été tenu, en grande partie parce que peut-être les considérations du genre ont été perçues comme étant sans pertinence et n’ayant pas de place à la table des négociations où les questions commerciales sont discutées. Si on les regarde à travers un prisme du genre, les politiques commerciales ont des implications sérieuses pour le développement et le bien-être des femmes, compte tenu de l’impact sur l’emploi, la pauvreté et le fardeau social porté par les femmes.
Bien que les femmes soient une circonscription importante et significative, la politique commerciale au sein de l’OMC est formulée sans aucun élément prouvant une perspective tenant compte du genre. Une étude sur les liens politiques entre le genre et le commerce (Groupe Informel de Travail sur le Genre et le commerce, 1998) a dégagé un nombre de « points sur la réalité » qui lient le genre et le commerce, et elle défend l’importance de placer l’analyse du genre au centre de la politique commerciale.
a)Les changements dans la fourniture des services sociaux affectent les femmes dans une proportion plus vaste. Les politiques commerciales et la libéralisation du commerce peuvent affecter l’habileté des gouvernements à financer les dépenses du secteur social. L’observation est que toute baisse de revenues qui conduisent à la réduction des dépenses des gouvernements affecte la fourniture du service social, et le fardeau est dévié vers les ménages et les femmes.
L’étude indique qu’en 1993 les femmes ont donné à l’économie mondiale une contribution qui équivaut à plus de 11 trillions de US $ en travail domestique, et que la politique commerciale devrait, par conséquent, ne pas ignorer le travail non rémunéré des femmes dans la reproduction sociale. La planification du genre devrait être bâtie dans la conception des politiques commerciales. Un point très important qu’on fait ressortir est que le développement social devrait être la base de la politique commerciale puisque les rôles traditionnels des femmes ne leur permettent pas d’accéder facilement aux opportunités de s’engager dans le commerce mondial.
b)Les inégalités entre les genres qui se sont enracinées sur le marché de l’emploi sont défavorables aux femmes. Le marché de l’emploi tend à être segmenté selon les spécificités des genres avec des inégalités en revenu, en avancement dans les carrières et en termes de conditions de travail. Selon la tradition, l’élargissement du commerce est basé sur l’accès au travail avec faible rémunération, qui est essentiellement le travail féminin. La libéralisation du commerce et la recrudescence du capital étranger et les entreprises transnationales maintiennent la compétitivité à travers la minimisation des coûts de production, spécialement les coûts de main d’œuvre.
Alors que l’on peut généraliser les effets négatifs sur le marché de l’emploi, pour les femmes l’impact est plus élevé – elles sont moins rémunérées et elles ont moins de pouvoir de négocier les prix parce que les unions tendent à être dominées par un leadership masculin. Le danger de la libéralisation du commerce qui emmène plus de difficultés pour les femmes est très réel – parce qu’un travail de sous-contrat et flexible permet aux entreprises d’éviter la responsabilité financière directe pour les travailleurs.
c)Les femmes ont moins d’accès aux ressources économiques : le crédit, les aptitudes, l’assistance technique. La discrimination institutionnalisée affecte l’accès des femmes aux terres et au crédit de la part des institutions financières, et, par conséquent, elle affecte de façon très fondamentale leur rôle dans l’économie. Lorsque les barrières commerciales sont réduites et qu’une infusion d’importations moins chères intervient sur le marché, les femmes pourraient perdre spécialement quand le contrôle de la qualité devient une question et introduit un manque de compétitivité.
L’une des lacunes principales existantes est qu’au moment où les règles de l’OMC englobent tous les niveaux de développement économique, il n’y a pas d’analyse des genres qui fait l’évaluation de ces règles d’une façon structurée. Alors qu’il y a une source prête de la recherche scientifique qui documente les réalités des vies des femmes et comment l’économie a un impact sur elles, les liens conceptuels et politiques entre les genres et le commerce doivent recevoir davantage d’attention et les tentatives de générer une analyse plus poussée sur le lien entre les genres et la politique commerciale devraient soulever les questions suivantes:
- les politiques commerciales sont-elles tournées vers l’élimination de la pauvreté et l’inégalité des genres ?
- Les règles commerciales empêchent-elles les gouvernements et les
affaires privées de formuler les politiques tenant compte du genre ; - les politiques commerciales sont-elles basées sur la compétition, qui ignore les tâches reproductives, c-à-d renforçant le modèle masculin de supériorité. Même au moment où nous nous colletons avec les dimensions spécifiques en matière du genre, la politique commerciale ne devrait pas être approchée isolément par rapport à la politique économique au niveau le plus large. Dans ce contexte, la discussion sur les alternatives soulève des sujets d’interrogation très étendus.Les stratégies alternatives pour le développement.
Le changement est possible à travers une rupture avec le modèle général du capital mondial dominant. L’émergence des forums nationaux, régionaux et internationaux tels que le Forum Social Africain (FSA) et le Forum Social Mondial (FSM) est un signe qu’il y a une tendance croissante des organisations et mouvements sociaux qui se mobilisent à réfléchir et à échanger des idées sur des visions et actions alternatives.
Le FSM a été conçu comme une réponse à la lutte grandissante contre le néo-libéralisme et une alternative au Forum Economique Mondial où les leaders des affaires provenant du monde entier se rassemblent en vue de discuter l’état économique du globe, et c’est une arène de débat, de même qu’une opportunité pour les mouvements sociaux et les militants du Nord et du Sud de se rencontrer et d’échanger des idées.
Il y a déjà un langage puissant qui, cependant, est en train d’être miné par la concentration des richesses et du pouvoir anti-démocratique des entreprises mondiales puissantes. Néanmoins, l’émergence du régionalisme en tant qu’alternative est en train de gagner du terrain comme une solution possible à la dislocation du potentiel économique de l’Afrique. Les questions à poser dans toutes réflexions sur les alternatives sont :
-Comment faire en sorte que la volonté politique nécessaire pour le projet régional tienne compte des genres ;
-Comment le concept géopolitique du régionalisme peut-il être renforcé pour faire face au système mondialisé et défier celui-ci sous un angle plus fort;
-Comment l’Afrique peut-elle transformer les regroupements de l’intégration et de la coopération régionales en cadres réels pour les modèles alternatives du développement.Déjà l’Afrique a quelques exemples d’un modèle d’intégration régionale unique qui a ses racines dans la solidarité panafricaine. Il y a la potentialité pour les blocs régionaux renforcés d’intégrer les besoins de développement des économies en émergence. L’intégration régionale a la potentialité de briser l’équilibre que les pays industriels ont sur l’Afrique, pays dont les gouvernements doivent se rendre compte du fait que la collaboration du local avec le régional et le continental est l’avenir en termes de développement économique.
En réponse aux questions soulevées ci-dessus, l’une des considérations clés est que la mobilisation sociale de mouvements et organisations sociaux forts peut fournir la pression et l’insistance qui vont finalement causer un déplacement de l’équilibre mondial du pouvoir. Les mouvements sociaux devraient être la fondation du processus basé sur les gens qui promeut le régionalisme dans le domaine du développement, centré sur les droits humains, les droits de la femme et la justice sociale. L’engagement devrait être envers une région unifiée dans laquelle le développement local et celui basé sur la communauté est la pierre angulaire des programmes nationaux et régionaux de développement.
A travers les interdépendances stratégiques, nous devons réorienter le commerce vers les espaces locaux et régionaux, accroître la fabrication et la production et valoriser nos produits primaires. En plus, les politiques de libéralisation et de privatisation devraient être remplacées et nous devrions créer des accords commerciaux et de coopération en développement qui devraient refléter les réalités et les besoins des gens, et qui ne sont pas pré-déterminés ou soumis au respect des termes et exigences de l’OMC.
Le développement coopératif assurerait, par exemple, que les ressources partagées telles que l’énergie, l’eau etc., pourraient être approchées de manière complète pour l’intérêt de toute la région. Mais aussi longtemps que les économies puissantes comme celle de l’Afrique du Sud continuent de suivre un programme sous-impérialiste, ce sera une lutte perdue. Les gouvernements africains doivent coopérer, coordonner et combiner. Comme l’a indiqué quelqu’un lors d’un atelier tenu récemment, « les économies extroverties ne nous amèneront nulle part. »
*Jennifer Chiriga est Coordinatrice du Département Mondialisation et Alternatives, Alternative Information and Development Centre (AIDC), le Cap.
*Veuillez faire parvenir vos commentaires à l’adresse électronique suivante :
ou commentez en ligne au http://www.pambazuka.org/L’article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News numéro 240.
Voir :Tagged under GouvernanceLe Protocole sur les Droits des Femmes Africaines a été ratifié en temps record, par rapport aux autres mécanismes pour les droits de l’homme en Afrique. Au 25 novembre 2005, le Protocole est entré en vigueur, ayant reçu les 15 ratifications nécessaires. Irungu Houghton refléchit sur les origines du Protocole, les étapes dans le processus de ratification et le chemin à suivre à l’avenir.
Cet article expose brièvement les étapes menant à l’entrée en vigueur du Protocole à la Charte sur les Droits de l’Homme et des Peuples au sujet des Droits des Femmes en Afrique. Il présente le statut légal du Protocole, ainsi que le mécanisme pour mettre en vigueur ses conditions. Il suggère également des défis a venir pour sa ratification, sa domestication et sa mise en application, et enfin il recommande quatre domaines de priorité pour être considérer par le Comité, conjointement au titre consultatif qu’on lui a assigné.
L’origine du Protocole sur les Droits des Femmes Africaines
Une brève considération de l’expérience des femmes et des filles en 2006 témoigne de l’importance stratégique du Protocole afin de modifier les relations de pouvoir disproportionnées, l’inégalité entre les sexes, et le manque de pouvoir ainsi que l’appauvrissement des femmes en Afrique.
Notre Réalité Politique et Economique et les Conditions du Protocole :
-Plus de 60% des 2 millions de victimes des conflits des années 90 étaient les femmes et les enfants. De plus, les femmes représentent la moitié des six millions de réfugiés africains et des 17 millions de personnes en Afrique qui ont été déplacées de leur pays d’origine.
Le Protocole accorde une importance particulière aux femmes réfugiées ; de plus, il fait appel à la promotion et le maintien de la paix, ainsi que la protection en temps de conflit armé. Cela comprend l’abri, le ravitaillement, les soins médicaux et la protection contre la violence.
-70% des quelques 1.3 billions de gens qui vivent dans la pauvreté à travers le monde sont des femmes et des filles.
Le Protocole reconnaît spécifiquement les droits des femmes vulnérables, y compris les veuves, les femmes âgées, les femmes autrement capables et les femmes ‘dans le désespoir’, qui inclut les femmes pauvres et celles qui appartiennent aux groupes marginalisés.
-Des complications pendant l’avortement, la grossesse et l’accouchement causent le décès d’au moins 250,000 femmes chaque année en Afrique. En relation avec la population globale, ce chiffre est le plus élevé du monde.
Le Protocole déclare que le bien-être sexuel des femmes doit être respecté et encouragé, ce qui implique le droit des femmes de contrôler leur pouvoir de reproduire et, également, l’engagement des états à assurer des services médicaux suffisants, abordables et accessibles. En plus, il demande à ce que les états établissent des services anténatals, d’accouchement et postnatals, et renforcent ceux qui existent déjà, pour toutes les femmes africaines. Le protocole fait également appel à l’autorisation des avortements médicaux dans des cas d’agression sexuelle/de viol, d’inceste ou de grossesses risquées.
- 57% des 23 millions d’adultes atteints du VIH/SIDA dans l’Afrique sub-Saharienne sont des femmes. Les jeunes femmes (15 à 24 ans) courent un risque de trois fois plus supérieur de contracter le virus.
Le Protocole soutient le droit à la protection de soi et d’être informé de son état de santé et de celui de son partenaire. Il assure également des services médicaux pour gérer les séquelles du sida.
- Il y a eu une faible augmentation dans le pourcentage de femmes parlementaires dans la chambre principale ou secondaire, de 7,2% en 1990 à 14,2 %. Quelques pays africains, tel que le Rwanda, ont imposé un quota pour le nombre de femmes au parlement.
Le Protocole donne son aval à la discrimination positive pour promouvoir la participation proportionnelle des femmes, y compris une représentation égale des femmes en fonction élective ; ainsi que dans l’autorité judiciaire et les agences responsables du maintien de l’ordre. Soulignant le droit à la paix, le Protocole reconnaît le droit des femmes de contribuer à la promotion et au maintien de la paix.
Le Protocole sert d’un cadre essentiel pour adresser d’autres sujets fondamentaux à la réalisation des droits des femmes africaines. (L’article de Karoline Kemp, dans son prochain livre, vulgarise ce sujet davantage.)
La Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples
La Charte est entrée en vigueur le 21 octobre 1986. Elle comprend le droit à l’auto-détérmination et à la souveraineté totale sur les ressources naturelles ; le droit à la paix ; et le droit à un environnement favorable au développement. La Charte a établi la Commission Africaine pour les Droits de l’Homme et des Peuples, qui est responsable de mettre en vigueur les droits prévus dans la Charte.
Bien que la Charte Africaine reconnaisse l’importance des droits des femmes, il a été largement reconnu qu’il existait un manque dans des domaines dans lesquels les femmes ont besoin de protection et d’égalité de sexe. La Charte reconnaît l’importance des droits des femmes sous forme de quatre articles clés, à savoir : Article 2, la clause non-discriminatoire, qui prévoit que toute personne, sans distinction de sexe, jouirait des droits et les libertés prévus dans la Charte ; Article 3, qui déclare que toute personne est égale devant la loi et aura le droit a sa protection; Article 18(3), qui traite spécifiquement de protection de la famille et qui assure l’élimination de la discrimination envers les femmes et la protection de leurs droits ; et Article 60, qui déclare que la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples serait inspirée par les mécanismes internationaux des Droits de l’Homme, tel que CEDAW (Voir le chapitre par Rita Anyumba sur les mécanismes concernant les droits des femmes dans le prochain livre Breathing Life into the African Union Protocol on Women’s Rights in Africa).
Le Protocole sur les Droits des Femmes en Afrique
Le Protocole sur les Droits des Femmes en Afrique est un protocole à la Charte Africaine sur les Droits de l’Homme et des Peuples (ACHPR). Il a été adopté le 11 juillet 2003 durant le Sommet des Deuxièmes Chefs d’Etat et de Gouvernement a Maputo au Mozambique. Cet événement était longuement attendu, car il a fallu huit années pour l’adoption de l’avant-projet de ce nouveau mécanisme, qui est essentiel pour les droits des femmes africaines. Article 26 du Protocole déclare les engagements des partis concernés de l’état.
Il est attendu a ce que ces derniers mettent en application et veillent a ce que les droits affirmés dans le Protocole soient observés et, en particulier, qu’ils assurent le financement ainsi que d’autres ressources nécessaires pour la mise en application complète et effective de ces droits. De plus, ils doivent faire des rapports périodiques sur le progrès réalisé à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
Puisque les Comores, étant la seule nation ayant ratifie le Protocole un an après son adoption, on craignait que sa ratification et sa domestication dureraient aussi ou même plus longtemps. Il a fallu longtemps pour que des mécanismes similaires soient ratifiés et pour qu’ils entrent en vigueur. Le ACHPR a été adopté en 1981, mais il est seulement entré en vigueur en 1986 – cinq années plus tard. Le Protocole visant à mettre sur pied la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples est entré en vigueur en 2004, six ans après son adoption en 1998.
De plus, la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant, qui avait été adopté en 1990, est entrée en vigueur neuf années plus tard. En avril 2004, des organisations militant pour les droits des femmes et des droits humains ont fait le point sur le progrès lent de la ratification et conjointement avec la Commission de l’Union Africaine encouragent les gouvernements à agir vite pour assurer l’application du Protocole et sa domestication.
Le Statut Légal du Protocole en mai 2006
« Je vous écrit en réponse à votre lettre (SOAWR) dans laquelle vous avez exprimé votre inquiétude au fait que seulement 15 pays africains avaient ratifié le Protocole … Bien que je reconnaisse votre inquiétude au fait que Botswana n’a pas ratifié le Protocole, je vous réitère notre engagement pour assurer que les droits des femmes soient respectés... » H.E. Festus G. Mogae, Président de la République de Botswana. 20 décembre 2005.
« Cela… me fait plaisir de noter l’excellent partenariat qui existe entre la Commission de l’Union Africaine et le Directorat des Femmes, du sexe, du développement et de la solidarité pour les Droits des Femmes Africaines. Cette coalition a réalisé d’impressionnants résultats en terme d’un processus de ratification très rapide. Ce partenariat représente, en effet, une grande réussite, qui peut servir d’exemple à la Commission de l’Union africaine ». Adv. Bience Gawanas, Commissaire pour les Affaires Sociales, commentaires de fin de conférence, septembre 2005.
L’Etat des Ratifications
A partir du mois de juin 2004, le processus de ratification a accéléré avec un succès impressionnant. Le 25 novembre 2005, le Protocole est entré en vigueur ayant reçu les 15 ratifications nécessaires. La vitesse à laquelle cette ratification est entrée en vigueur a établi un record pour la ratification des instruments continentaux des Droits de l’Homme en Afrique. Cette date était également importante parce qu’elle coïncidait avec le début des 16 jours internationaux de l’activisme dans le but de mettre un terme à la violence contre les femmes.
Les mécanismes d'accès à la justice sous le Protocole.
Comme la Charte africaine, le Protocole ne contient pas de clauses donnant aux états membres le choix de ne pas appliquer ou de déroger à ses dispositions. Le Protocole a une portée obligatoire sur tous les états membres qui l'ont ratifié. Sous la Charte africaine, les états membres sont tenus de s'engager à soumettre à la Commission, à intervalle de 2 ans, un rapport sur les mesures prises, législatives ou autres, visant à rendre effectifs les droits et libertés reconnus et garantis par l'actuelle Charte.
Suite au débat concernant le rapport d'un état membre, la Commission élabore une série finale de commentaires incluant normalement des renseignements sur les mesures positives prises par un état membre, les problèmes fondamentaux et les recommandations. Ces derniers sont, par la suite, émis à l’état membre qui à son tour doit présenter, dans l’espace de 2 ans, des renseignements sur les mesures prises, afin de mettre en pratique ces recommandations.
Bien qu'un nombre petit mais croissant d'états membres préparent effectivement des rapports périodiques et s'engagent à mettre en pratique les recommandations faites, le nombre d'états présentant régulièrement un rapport périodique est toujours bas. Cela ainsi que la faible vulgarisation du Protocole aux niveaux national et régional contribuent à affaiblir de façon conséquente la portée du Protocole. Si cette tendance n'est pas renversée, les hommes et les femmes ne pourront pas réclamer leurs droits acquis sous le Protocole. Il est impératif qu'une campagne de sensibilisation du public soit entamée a intervalles réguliers pour le rendre plus conscient de ses droits et que des mesures soient prises pour freiner les occasions de violation des droits de l'homme ainsi que des crimes impunis.
Comme l'a aussi fait ressortir Mary Wandia, il existe au niveau national un manque de communication entre le Ministère de la Justice (étroitement lié a la Cour Africaine pour les Droits de l'Homme et des Peuples), le Ministère des Affaires Etrangères (étroitement lié à l'Union africaine) et le ministère de la femme. Normalement, les deux premiers ministères nommés n'informent pas de façon régulière le Ministère de la Femme des engagements pris au niveau régional. Cela a conduit aux manquements dans la mise en pratique et le contrôle de ces mesures.
De plus, il existe dans plusieurs pays africains une série de structures légales en vigueur au niveau national. La coexistence de systèmes légaux, religieux et traditionnels a conduit à la violation des droits des femmes en matière de mariage, héritage et divorce. Au niveau national, des Parlements, l’autorité judiciaire, les différents ministères (de la femme, des affaires étrangères, de la justice, des finances) et les institutions des droits de l'homme devraient être encouragés à soutenir les litiges, la réalisation et les mécanismes de rapport sous le Protocole.
Ces institutions pourraient être plus efficaces en garantissant de façon régulière des réunions tripartites avec les CSO, afin de faciliter les rapports sur les progrès réalisées au sujet de la mise en pratique du Protocole à la Commission africaine sur les droits de l'homme et des peuples. Ces institutions pourraient aussi rendre le nouvellement établi Cour des Droits de l'Homme applicable et accessible a tous les africains.
De la ratification à la mise en vigueur : la prochaine étape
Le statut différent des pays demande une approche à deux niveaux. Les pays qui n'ont pas encore ratifié devraient être encouragés à le faire d'urgence.
Il est également important que les états ratifient le Protocole instituant la Cour africaine sur les Droits de l'Homme et des Peuples. Au 14 décembre 2005, seulement 22 des 53 états membres de l'Union Africaine avaient ratifié ce Protocole. Ce faisant, les états devraient prévoir l’accès à la justice pour le public sous l'égide de la Cour Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples. A ce jour, c'est seulement le Burkina Faso qui a prononcé la Déclaration sous l'Article 34(6) du Protocole, accordant aux individus et aux ONG l'accès direct à la Cour. Ne pas exécuter cela équivaut à trahir la vision de l'Union Africaine ainsi que l'engagement des Gouvernements à promouvoir et a protéger les droits humains en Afrique.
Il est important pour les pays qui ont ratifié de réaliser que c'est là que la promesse contenue dans le Protocole sera respectée ou trahie. Comme l'a fait ressortir l'activiste ougandaise Sarah Mikasa, il y a souvent «une disparité entre les discours prononcés au niveau régional et les mesures prises au niveau national et local ...l’adaptation et l'implémentation sont criblés de défis a être relevés si le Protocole vise à soulager les femmes qu'il cherche a protéger».
Elle poursuit en identifiant trois obstacles majeurs existant dans la majorité des pays, notamment: une faible appréciation publique de la centralisation et la réglementation des lois constitutionnelles ; un manque de mécanismes pour réguler l’égalité de sexe et enfin, des réserves émises par rapport aux clauses déjà en opération. Il est donc crucial que les états membres soient encouragés à s'adapter au Protocole et à accélérer son implémentation.
La revue de Beijing plus 10 mit l'accent sur les dangers de négliger les idées porteuses de progrès et les engagements. Le Protocole requiert des moyens de financement et d'autres ressources pour devenir un outil important dans la réalisation des droits des femmes. On devrait faire ressortir qu'il existe certaines mesures qui peuvent être prises avec peu ou sans implication financière. Cela inclut le retrait de toutes les lois discriminatoires.
Les états devraient aussi identifier des formules gagnantes faciles et rapides couvrant les allocations budgétaires initiales, démontrant ainsi un changement réel dans l'administration de la justice. Les états avanceraient considérablement en appliquant les dispositions tout en véhiculant le concept de l'égalité des sexes dans tous les budgets et les programmes, dans le but d’insuffler de la vie au Protocole.
Définir le rôle du Comité des Femmes de l'Union Africaine.
Vu l'existence de plusieurs mécanismes continentaux élaborant sur le renforcement des pouvoirs aux femmes, leurs droits et l'égalité des sexes, il devient important de définir le rôle et les aspirations du comité. Il y a cinq zones prioritaires sur lesquelles le Comité devrait songer à porter toute son attention. Il s'agit là d'un menu d'options, de mandat, de ressources : le Comité n'a pas le temps matériel requis pour les considérer tous, mais trois à quatre objectifs avec des repères bien précis suffiraient.
Le Comité pourrait établir un programme de missions à haut niveau dans les capitales des états pour activer la ratification, l'adaptation locale et l'implémentation du SDGEA, et du Protocole de l'Union africaine sur les droits des femmes (PRW). La voix du comité serait peut-être mieux entendue à travers le développement de liens-clé avec des réseaux panafricains de femmes, les associations de femmes juges, les avocates et le Parlement panafricain.
Tout en encourageant la ratification universelle, il serait important pour le comité de contrôler, influencer et encourager des signatures sans réserves du Protocole. L'Afrique du Sud et la Gambie ont ratifié le Protocole avec des réserves. Une des réserves pour l'Afrique du Sud constitue restreindre l'accès à la Cour africaine, obligeant ainsi les citoyens de faire une demande de permis auprès d'un comité parlementaire. Quant à la Gambie, ses réserves dépassaient quelque peu la limite. Il est intéressant de constater que récemment, ces réserves nuisibles sont sur le point d'être officiellement enlevées. Il serait utile que chaque membre du comité s'engage personnellement à s'assurer que tous les pays ratifient le Protocole sans poser de conditions.
En dernier lieu, le Comité peut entreprendre des missions de haut niveau ou adopter des mesures comme faire sortir des lettres ouvertes, soit en solidarité contre les violations particulières des droits des femmes ou encore pour célébrer des actes de prouesse et des victoires. Cela pourrait se réaliser en avisant le président de la Commission de l’Union Africaine, de les énoncer ou les rendre publiques au nom des membres du comité. De plus, cela pourrait insuffler de la vie au concept de l'absence d'indifférence sur l'égalité des sexes et freiner les habitudes d'impunité.
Alors que Darfour demeure une cicatrice sur la conscience de l'Afrique, le comité se doit de rompre de nouvelles barrières dans les régions déchirées par la guerre comme le nord de l'Ouganda. La guerre au nord de l'Ouganda, qui continue depuis 19 ans, couvre la guerre africaine de plus longue durée, mais n'a pas autant retenu l'attention comme celle de Darfour au Soudan. Il n'y a pas lieu pour tous les membres du comité de se déplacer, mais quelques membres pourraient être choisis sur la base de leur connaissance du sujet, son impacte et sur l'expertise régionale.
Finalement, le comité pourrait se référer aux procédés de reforme des Nations Unies et au programme couvrant les objectifs de développement du Millenium (MDG) , tout cela avec le but de se servir de la Déclaration Solennelle et du Protocole sur les Droits des Femmes comme des lentilles de mesure du progrès, et arriver a un consensus sur les repères et les buts fixés. Omettre de faire cela équivaudrait a courir le risque de répéter l'expérience du sommet du Millenium l'an dernier, durant lequel le délai du MDG pour l'égalité des sexes fut voté sans protestation ou censure de la part des 180 chefs d'état présents.
Le comite pourrait promouvoir le procédé de l'implémentation en s'adressant directement a tous les gouvernements africains pour véhiculer le concept de l'égalité des sexes avec des moyens financiers adéquats au plus haut degré de l'administration gouvernementale. Sans cela, le Protocole pourrait disparaître prématurément avec ses dispositions légales étouffées, loin des expériences vécues des hommes et des femmes sur le continent africain.
* Statut des pays sur la ratification du Protocole sur les Droits des Femmes en Afrique.
Pas encore signé : l’Angola, le Botswana, le Cameroun, la République Centrafricaine, l’Egypte, l’Erythrée, la République Démocratique du Sahraoui, Sao Tome & Principe, le Soudan, la Tunisie
Signé, mais pas ratifié : l’Algérie, Burkina Faso, le Burundi, le Tchad, le Congo, la Cote d’Ivoire, Guinée Equatoriale, l’Ethiopie, le Gabon, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Kenya, la Liberia, Madagascar, l’Ile Maurice, le Niger, la Sierra Leone, la Swaziland, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie, le Zimbabwe, les Seychelles, la Somalie.
Ratifié : le Bénin, le Cap-Vert, les Comores, le Djibouti, la Gambie, le Lesotho, la Libye, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Namibie, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Togo.
Références
-Le Protocole de l’Union Africaine à la Charte Africaine sur les Droits de l’Homme et des Peuples sur les Droits des Femmes en Afrique, Addis Ababa
-L’Union africaine et SOAWR Breathing Life into the African Union Protocol on Women’s Rights in Africa, July 2006
-Pambazuka News Numéro 245 – Islam and Women, May 2006
-Pambazuka News Numéro 231 –The Protocol comes into force, 2005
*Cet article, en version finale, a été présenté à l’occasion de l’inauguration du Comité Pour les Femmes de l’Union africaine, 28-29 avril 2006, Addis Ababa. Irungu Houghton est le conseiller panafricain pour Oxfam basé à Nairobi. Il représente Oxfam dans le Comité de Direction pour la Solidarité envers la Coalition pour les Droits des Femmes en Afrique, qui est une coalition panafricaine de 20 organisations féminines et militant pour le développement dans le but de vulgariser, ratifier et implémenter le Protocole sur les Droits des Femmes en Afrique. Il reconnaît les analyses de ses collègues de la coalition SOAWR, qui seront publiées dans le prochain livre en collaboration avec l’Union africaine, intitulé, Breathing life into the African Union Protocol on Women’s Rights in Africa, July 2006.
*Veuillez faire parvenir vos commentaires à l’adresse électronique suivante :
[email protected] ou commentez en ligne au http://www.pambazuka.org/L’article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News numéro 255.
Voir :Tagged under GouvernanceLe forum public du 24 juin, le symposium du 25 juin, le lancement du livre Breathing Life into the African Union Protocol on Women’s Rights in Africa (Vulgarisation du Protocole de l’Union Africaine sur les Droits de la Femme en Africaine), publié par la coalition, le même jour, et la conférence de presse du 27 juin ont permis à des femmes et à des hommes activistes des droits de la femme africaine, venus de toutes les régions de l’Afrique, de mener avec brio une réflexion sur les stratégies de domestication et de réalisation effective des droits définis dans le Protocole pour chaque femme africaine.
En coulisse, d’importantes activités de lobbying ont permis de mener sur un autre front le combat pour la conscientisation sur le sort de la femme africaine et sur les moyens de l’améliorer auprès des décideurs politiques dont certains ont confessé leur pêché d’ignorance.
L’entrée en vigueur du Protocole de l’Union Africaine sur les Droits de la Femme en Afrique, le 25 novembre dernier, a été une étape fondamentale mais pas finale. Le deuxième défi majeur, qui est celui de la réalisation et de l’application effectives de ces droits, est le thème qui a marqué la campagne de la coalition Solidarité pour les Droits des Femmes en Afrique à Banjul. D’abord, nombre de pays n’ont pas encore ratifié le Protocole.
Le document ne porte encore que les signature des 19 sur les 53 pays africains. Ensuite, ceux qui l’ont ratifié tardent à le rendre effectif en adaptant les lois et législations nationales aux dispositifs du Protocole. Pour relever ces deux défis, l’adhésion populaire des hommes et des femmes africaines aux dispositions du Protocole s’est avérée essentielle.
La campagne de Banjul a été ainsi précédée par des évènements majeurs qui reflètent bien cet état de fait : il s’agit en l’occurrence du rejet du Protocole dans son intégralité par l’Assemblée Nationale nigérienne au mois d’avril dernier et de la ratification de ce même Protocole par la Gambie au début du mois de juin.
A ce sujet, au cours du symposium, Mouhamed Mabassa Fall, membre du comité exécutif de African Center for Democracy and Human Rights Studies (ACDHRS) a tenu à rappeler que les détournements d’objectifs, ralentissement et non application du Protocole sont essentiellement dû aux réserves qu’il suscite.
Aussi, invite t-il les organisations de la société civile à veiller à ce que le Protocole soit compris et adopté par les communautés de base d’abord. Abondant dans le même sens, Amie Sillah, journaliste et activiste gambienne a insisté sur l’importance qu’il d’interroger nos systèmes sous l’angle genre et les amener à prendre en compte la protection des doits fondamentaux de la femme. Il est capital, selon elle, de s’approprier les valeurs traditionnelles africaines positives et de les utiliser comme points de repères pour faire adhérer les masses et rendre effectif le Protocole.
Un accent important a aussi été mis sur les besoins de formation, entre autres, des officiers de police, des enseignants, du personnel médical et des corps judiciaires et para-judiciaires. Pour cette dernière catégorie, ce sont plus particulièrement les juges qui doivent être sensibilisés. D’abord pour qu’ils acquièrent une sensibilité genre, ensuite pour qu’ils prennent connaissance du contenu du Protocole. D’aucuns ont d’ailleurs estimé que les femmes ayant eu à faire l’objet de jugement pouvaient ainsi être des alliées de première importance.
La communication de Janet Sallah-Njie, sur les perspectives d’application du Protocole en Gambie, a permis de retracer les péripéties des activistes gambiens pour retirer les réserves préalablement exprimées par les autorités gambiennes pour la ratification du Protocole. Elle a ainsi insisté sur l’importance de sensibiliser les Assemblées Nationales. Les députés ont souvent besoin d’être judicieusement informés et guidés car leur opposition est souvent mue par l’ignorance.
Janet Sallah-Njie a attiré l’attention de l'audience sur une difficulté majeure dans la domestication du Protocole, relative à l’adaptation des lois nationales aux dispositifs qu’il offre. En Gambie, comme beaucoup d’autres pays africains d’ailleurs, lois coutumières et lois civiles coexistent avec les conventions internationales. Ces dernières, au rang desquelles le Protocole, ne peuvent être effectives que lorsqu’une révision des lois civiles permet de les incorporer dans de nouvelles dispositions législatives. Ceci pour dire que l’adoption du Protocole est une très bonne chose, mais son incorporation dans les législations nationales est une autre bataille de longue haleine.
Eve Odete, de Oxfam GB Nairobi, membre de la coalition, s’appesantissant sur les stratégies émergentes en vue de l’application du Protocole, a estimé que le plus grand problème est l’ignorance par les filles et les femmes africaines elles-mêmes des dispositions du Protocole. C’est pourquoi elle considère qu’il faut conscientiser d’abord la gent féminine et le corps judiciaire, ensuite tester l’effectivité des textes avec des cas pratiques et enfin s’engager à organiser la corporation judiciaire aux niveaux sub-continentaux puis à l’échelle continentale.
Le rejet par le Niger du Protocole est un revers important pour la coalition. La campagne de Banjul est largement revenue sur cet événement grâce à l’éclairage de Djatou Ouassa, présidente de CONGAFEN Niger. Pour cette dernière, « ce ne sont pas les femmes qui ont échoué, c’est plutôt tout le Niger ». D’ailleurs, SOAWR a invité la Vice-présidente de la Gambie, Madame Isatou Njie-Saidy, à s’inspirer de l’exemple de la Gambie pour faire du lobbying auprès de ses collègues nigériens afin qu’ils reviennent sur leur décisions et ratifient le Protocole.
La Vice-présidente réaffirmera l’engagement de son pays à appliquer le Protocole. S’agissant des réserves suscitées ça et là, elle confessera que le secret réside en fait dans la patience, la persévérance et le sens de la négociation aussi bien vis-à-vis des décideurs que des femmes et autres lobbies.
Le lancement du livre fut un moment émouvant. 'Breathing Life into the African Union Protocol on Women’s Rights in Africa' ('Vulgariser Protocole de l’Union Africaine sur les Droits de la Femme en Africaine') est une formidable preuve de l’engagement constant d’activistes du continent depuis Maputo 2003 pour les droits des femmes africaines.
Winnie Byanyima, Directrice du Directoire Femmes, Genre et Développement de l’Union Africaine affirmera à l’occasion que « les droits sont réclamés et gagnés, ils ne sont ni donnés, ni affirmés » ; raison pour laquelle les femmes africaines doivent réclamer leurs droits pour briser les chaînes qui les lient. Elle magnifiera l’excellent partenariat entre SOAWR et l’Union Africaine dont le point culminant est le présent livre.
Caroline Osera-Agengo, responsable du programme Afrique de Egalité Maintenant (Equality Now) basé à Nairobi, membre de SOAWR, dira quant à elle que le livre vient à point nommé. Au moment où des millions de filles d’Afrique continuent de subir les méfaits de certaines pratiques culturelles et traditionnelles africaines telles les mutilations génitales féminines, le livre aide à comprendre que le Protocole offre des moyens de revoir et de renoncer à ces pratiques.
Elle a profité de l’occasion pour annoncer qu’un Carton Vert de la SOAWR a été décerné à la Gambie qui vient pour avoir ratifié le Protocole.
Avec le Protocole, 'il s’agit de transformer le continent africain, car changer la situation des femmes équivaut à changer la situation de l’Afrique', affirmera avec force l’Ambassadeur Said Djinnit, Commissaire au Conseil pour la Paix et la Sécurité à l’Union Africaine, un allié de longue date de la cause des femmes, selon Winnie Byanyima. Mieux, il dira que « nous devons accepter de faire subir à nos filles ce que nos mamans ont endurer ».
Les évènements de la coalition Solidarité pour les Droits des Femmes en Afrique ont relevé deux défis : celui de la mobilisation et celui de la pertinence des sujets abordés. Tant pour le forum public que pour le symposium le plus est venu en masse pour rester toute la journée durant et participer activement aux débats.
La salle de conférence du prestigieux Kairaba Hotel s’est en effet révélée petite pour contenir une audience rehaussée par la présence de parlementaires gambiens et de membres d’organisations de la société civile gambienne.
La conférence de presse a vu la participation des journalistes de la presse nationale gambienne et de la presse internationale présents à Gambie. La campagne de Banjul a permis de rassurer ceux qui en doutaient encore que la cause de la femme africaine mobilisait bel et bien du monde.
Des communications d’excellente facture présentées au cours du forum et du symposium ont permis de revisiter le Protocole dans sa genèse et son contenu, de revenir sur le cheminement effectué, d’écouter des témoignages sur des cas pratiques de femmes rurales et urbaines africaines dans leurs quotidiens semés de peines infligées par les coutumes, l’ignorance et la bêtise humaine, mais aussi d’espoirs de lendemains meilleurs si nous réussissons le formidable pari de faire leur le Protocole.
Les enseignements de Banjul sont principalement la nécessité de mettre sur pied de vastes réseaux d’organisations de femmes et défense des droits humains pour faire ensemble du lobbying à des échelles sub-régionales et régionale. Ainsi, ces réseaux pourront partager des idées, définir des stratégies et des outils communs d’approche, mener des évaluations pour jauger de la pertinence des méthodes utilisées.
Il importe enfin faire des études d’impacts à moyen et long terme pour non seulement documenter ce processus majeur dans la marche de notre continent mais aussi pour pouvoir fournir à d’autres régions du monde des productions scientifiques à même de démontrer le dynamisme du continent africain tant dans l’activisme que dans la réflexion épistémologique sur ces mouvements. Le Protocole est sur ce plan un instrument que d’autres régions du monde pourraient emprunter à l’Afrique, car il est en réalité beaucoup plus avancé que beaucoup de législations, y comprises occidentales, en matières de droits de la femme.
Des concertations menées entre SOAWR, le Directoire Femmes, Genre et Développement de l’Union Africaine, sous l’égide de Winnie Byanyima et Femmes Solidarité Africa amenée par Marie-Louise Barrichego ont permis de prolonger la réflexion, surtout dans le sens de la conjonction des activités pour une meilleure efficacité. Les trois organisations se sont engagées à réfléchir sur les moyens de travailler en synergie et de rendre plus efficaces leurs plaidoyers en cherchant à influer en amont sur l’agenda des sommets de l’Union Africaine et en ne confinant pas leurs actions sur le seul aspect genre.
En d’autres termes, il s’agit de réévaluer les modes d’actions pour un impact plus réel sur les prises de décisions concernant les destinées du continent.
Ensemble elles ont adopté une résolution commune dans laquelle elles appellent à l’adhésion au principe de la parité genre et l’accélération du processus de ratification du Protocole et au-delà de promouvoir la sécurité humaine en général.*Veuillez faire parvenir vos commentaires à l’adresse électronique suivante :
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