Selon une étude de l'université de Cape Town, la middle class noire émergente en Afrique du Sud représente plus du quart des 600 milliards de rands (81,2 milliards d'euros) dépensés chaque année par les consommateurs dans le pays. La middle class noire compte 2 millions de personnes (sur une population totale de 45 millions d'habitants dans le pays) et devrait croître de 50 % par an.
Tagged under GouvernanceLa prise de conscience d'une demande croissante sur le marché pousse les agriculteurs éthiopiens à augmenter leur production et à accorder plus
d'attention aux conseils des professionnels sur l'amélioration de la productivité, a indiqué le quotidien pro-gouvernemental The Ethiopian Herald. Contrairement à l'idée reçue qui veut que la taille de son grenier est le gage de réussite d'un producteur, désormais ce sont la quantité et la qualité de sa production ainsi que les revenus qu'il en tire qui comptent.Tagged under GouvernanceDes groupes d'universitaires en Grande-Bretagne ont exprimé des inquiétudes au sujet de l'exode croissant des chercheurs et professionnels africains. ''Il est difficile d'estimer le nombre de ceux qui partent puisque les statistiques sont difficiles à obtenir, mais nous savons qu'il y a un flux net de compétences universitaires hors de l'Afrique'', a déclaré à IPS, Brian Everett, secrétaire général adjoint de l'Association des enseignants de l'Université (AUT) en Grande-Bretagne.
Tagged under GouvernanceUn ancien directeur de la Commission des Nations Unies sur le VIH/SIDA et la gouvernance en Afrique a peint un tableau sinistre des efforts pour contenir la pandémie à travers le continent. ''Il n'y a absolument rien d'optimiste à propos du VIH en Afrique, 25 ans après que le virus a été découvert'', a déclaré Nana Poku, qui est maintenant un professeur au Département des études sur la paix à l'Université de Bradford, au Royaume-Uni.
Tagged under GouvernancePaul Wolfowitz, le tout nouveau président du Groupe de la Banque mondiale, est déterminé à endiguer la grande maffia qui mine cette institution. D'où, sa volonté fort affichée de redynamiser le « Department of institutionnal integrity (Département de la déontologie publique ou institutionnelle) ». La République démocratique du Congo, pays où la Banque mondiale est très entreprenante dans les projets de développement depuis son retour en 2001, est dans la ligne de mire de ce département.
Tagged under GouvernanceDans cet article, Maryam Uwais, avocate et défenseuse des droits de l'homme, soutient que l'Islam et les droits de la femme sont compatibles. S’inscrivant dans le cadre de la loi Islamique ainsi que dans celui du Protocole ratifié récemment sur les Droits de la Femme en Afrique et de la Déclaration du Caire sur les Droits Humains dans l'Islam, Uwais jette un regard approfondi sur un certain nombre de facteurs affectant la femme Africaine Musulmane. Avec sa formation de juriste, Uwais a fourni un outil extrêmement important aux défenseurs des droits de la femme en Afrique Musulmane, liant les problèmes des femmes à un soutien concret pour leurs droits aussi bien dans le Coran que dans la loi Islamique.
Introduction
Le Protocole de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples sur les Droits de la Femme en Afrique a été adopté en juillet 2003 lors de la 2ème Session Ordinaire des Chefs d'États Africains à Maputo, au Mozambique. L’adoption de ce protocole a été considérée par les femmes du monde entier comme un pas décisif vers l’assurance d’un cadre juridique pour la protection et l'avancement des droits de la femme en Afrique. Sa ratification rapide lui a permis d'entrer en vigueur en novembre 2005 et a mis en exergue l'importance et l’intérêt que les États Membres attachent aux injustices que subissent les femmes Africaines au quotidien. Ces injustices prennent la forme de violences physiques et morales, d’abus de droits sociaux, économiques et culturels, d'exploitation de vulnérabilité et, discrimination et inconvénients qui en sont les conséquences.
Cet article tente d’établir des comparaisons entre le contenu du Protocole et les droits de la femme au sein du cadre Islamique légal, en vue de mettre l’accent sur les questions d’intérêt commun, particulièrement sur ces concepts Islamiques et principes juridiques qui donnent foi aux dispositions adoptées par l'Union Africaine, pour la protection de la femme Musulmane Africaine, en particulier.
Les interprétations sévères, dogmatiques et rigides du Coran et des Hadith, adoptées et véhiculées par beaucoup d’érudits particulièrement dans des territoires où la Charia prévaut (zones régies par la Charia) constituent une des questions principales. Ces interprétations servent de couverture à beaucoup d'injustices, qui ne peuvent être justifiées dans une religion qui professe la justice universelle et substantive pour tous, et particulièrement pour les personnes vulnérables au sein de la société. Cependant, une étude plus poussée montre que beaucoup de ces interprétations/croyances tirées des cultures patriarcales et des traditions résultent de l'ignorance des vrais préceptes de la religion, plutôt que des interprétations bienveillantes des sources primaires de la Charia, conformément à l'esprit du Coran et des traditions du Prophète Muhammad (SAW).
Ainsi, cet article se penchera sur plusieurs de ces questions importantes pour la femme Musulmane en Afrique, dont l'accès à la justice, la polygamie, les droits économiques et le droit à la participation politique. On tentera de lier ces questions au contexte Musulman, aux traités de droits internationaux et aux solutions potentielles de chaque sujet.
L’Accès à la Justice
Etant une religion qui recommande la justice substantive pour tous, l'Islam souligne aussi l'égalité de tous devant la loi, indépendamment de la position sociale, du sexe, de l'inclination religieuse et autres considérations similaires. Un des principaux mandats pour les droits humains dans le contexte Musulman provient de la Déclaration du Caire sur les Droits humains dans l'Islam, prononcé par l'Organisation de la Conférence Islamique (l’OCI). Ainsi, l'Article 19 de la Déclaration de l’OCI stipule que :
(a) Tous les individus sont égaux devant la loi, sans distinction entre les gouvernants et les gouvernés; et
(b) le droit de recourir à la justice est garanti pour chacun.En outre, l’Article 8 de la même Déclaration stipule que :
Chaque être humain a le droit de jouir de sa capacité juridique aussi bien en termes d'obligations que d’engagements; en cas de perte ou de défaillance de cette capacité, il sera représenté par un tuteur.
Cependant, les États Membres ont beaucoup à faire pour surmonter les obstacles à la garantie des protections accordées à la femme par la loi, du fait que bon nombre de telles structures et mécanismes ne sont pas en place et que les circonstances accablantes de la pauvreté et de l'ignorance se posent comme de redoutables obstacles à la réalisation des droits de la femme.
Bien que la codification complète soit préconisée dans beaucoup de secteurs (particulièrement dans le vaste et interdépendant domaine du droit de la famille) l’on doit prendre soin de s’assurer que les lois en question, quoique apparemment positives, n’aient pas d'effets contraires sur la femme dans la pratique.
Par exemple, l'expérience a montré que dans certains cas, les efforts visant à renforcer une réglementation stricte ont simplement eu l'effet de rendre 'invisibles' ces pratiques négatives. Par conséquent, la réglementation ne devrait pas être stricte au point d’aggraver les conditions dans lesquelles de malheureuses femmes se retrouvent, ni d’enlever toute possibilité d'exercer un pouvoir discrétionnaire juste et compatissant.
De plus, les réformes et réglementations de la loi doivent être accompagnées par de plus grands efforts pour le changement social, tels que le renforcement du pouvoir des hommes et des femmes en leur faisant connaître l’essentiel des droits accordés à la femme par la Charia, (dont les moyens financiers nécessaires), puisque plusieurs des décisions positives et avantageuses prises (même sous le droit coutumier) peuvent à peine être mises en application en raison du fait que trop de violations passent inaperçues et sont non documentées (elles sont ainsi considérées comme étant la norme) et que les conditions de pauvreté, d'ignorance et d'analphabétisme sont omniprésentes, particulièrement en zone rurale.
La Polygamie
Les érudits musulmans soutiennent que la polygamie est autorisée en tant que remède à certains maux sociaux, sous certaines conditions strictes. Sans creuser les arguments sur la justification de la polygamie dans le contexte actuel (particulièrement du fait que la pratique est profondément établie et acceptée comme la norme, même par les femmes, dans beaucoup de pays Africains), il suffirait juste de souligner que la capacité de traiter des co-épouses équitablement est une condition préalable stricte à la pratique, conformément aux versés du Coran suivants:
‘…Épousez les femmes de votre choix, deux, trois ou quatre; mais si vous estimez que vous pourriez ne pas être capables de les traiter équitablement, alors une seulement . . . c’est presque une manière de vous empêcher de commettre des injustices.’
' . . . Vous ne serez jamais capables d’établir une justice parfaite entre vos épouses même si c'est votre ardent désir . . .'
Il est évident que ces versets ne véhiculent pas une permission sans restriction aux hommes pour la multiplication d’épouses et la monogamie semble être l'option préférée. Malheureusement, la polygamie est devenue un trait de notre culture dans nos propres pays, faisant abstraction de la nécessité sous-jacente d’équité et de justice entre les épouses qui constituent les valeurs normatives qui lui sont pourtant intrinsèquement liées.
Puisque les Musulmans acceptent que la cohésion au sein de la cellule familiale est l'objectif de la Charia, certainement là où la violation flagrante d'un droit accordé en toute bonne foi est devenue la norme (au point ou le désordre est devenu la conséquence d'une pratique qui caractérise la lettre et non l'essence de la Charia) il est temps pour la Justice et pour les juridictions régies par la Charia d’intervenir dans le but de protéger les personnes vulnérables. Les juridictions régies par la Charia sont dans l’obligation de protéger tout le monde, y compris la femme. Ainsi il serait approprié qu’une loi régulatrice qui renforce le contrôle et la vérification des abus des versets Coraniques soit votée.
Ainsi, les tribunaux doivent être dotés de pouvoir leur permettant de s’enquérir de la situation de tout homme désirant épouser d’autres femmes quant à sa capacité et possibilité de remplir les obligations de base telles qu’elles existent ou telles qu’elles sont stipulées dans le contrat de mariage, comme cela se fait dans plusieurs juridictions régies par la Charia à travers le monde.
Des justifications et preuves devraient être exigés des hommes, qui les fourniront, concernant les autres femmes qu’ils envisagent d’épouser, sur des questions portant sur leur capacité à les entretenir, à les loger dans les conditions ou elles pourront vivre leur intimité (l’intimité étant un droit fondamental dans la Charia), si la femme existante consent à cet ajout (suivant la conduite du Prophète lorsque Ali, le mari de sa fille, demanda conseil pour un autre mariage), autrement la femme serait indemnisée dans des conditions heureuses. L'État doit intervenir, en tant qu'Autorité responsable de la protection des faibles dans leurs droits respectifs
En outre, il est clair que l'Islam permet la polygamie en tant que remède social sous certaines conditions strictes (sans lesquelles la pluralité d’épouses est interdite). Conformément à cela, certains pays Musulmans ont préconisé l’interdiction pure ou ont introduit des lois qui autorisent le pouvoir judiciaire à refuser d’accorder la permission de prendre une autre épouse du fait qu’il se trouve que l’homme n’est pas en position de soutenir toutes les deux épouses, de manière satisfaisante (en termes d’entretien, etc.).
Bien que cette approche ait été jugée restrictive (du fait qu’elle prive l’homme de son pouvoir discrétionnaire et de certains de ses droits fondamentaux), elle pourrait servir de moyen de procédure pour s’assurer que la capacité à être équitable ne soit pas subjective et autorise l'intervention d'un tiers impartial, assurant ainsi la justice selon le véritable esprit du Coran. Ceci est particulièrement dû au fait que là où la polygamie est pratiquée, les hommes tiennent rarement compte de la condition d’établir l’équité entre le co-épouses.
Les Droits Économiques
Dans la loi Islamique, la femme a le droit de détenir ses propres biens, en son nom, durant et après le mariage, selon le cas. Cela inclut le droit de gagner, d’acquérir, d’avoir accès et de disposer de ses biens. Bien que la loi stipule qu'elle ne peut pas en être dépossédée de force, ces droits semblent exister plus en théorie. Les femmes musulmanes en Afrique restent en grande partie économiquement dépendantes de leurs conjoints, d'autant plus que le contrôle de leurs biens, si elles en ont, est invariablement entre les mains de parents masculins.
L'accès au crédit, aux prêts bancaires, aux hypothèques et autres est toujours lourdement biaisé en faveur des hommes et beaucoup de barrières socioculturelles et économiques ne militent pas en faveur des femmes bénéficiant d’une indépendance financière. En effet, bien qu'il n'y ait aucune injonction religieuse catégorique contre les femmes possédant des biens, même la politique des États Membres ne réussit pas à reconnaître les statistiques actuelles qui révèlent que les femmes deviennent de plus en plus les soutiens de famille dans leurs ménages. Les sempiternels préjugés, attitudes et comportements doivent aussi changer, afin de réellement tenir compte des problèmes spécifiques auxquelles font face les femmes dans leurs tentatives d'affirmer leurs droits.
Le Droit à la Participation Politique
En ce qui concerne le leadership politique, la Charia met un accent particulier sur la bonne gouvernance, basée sur la justice, l'équité et la responsabilité. Le Coran déclare clairement que la souveraineté du ciel et de la terre appartient à Dieu, et que Dieu a fait des êtres humains Ses agents et représentants, sans distinction de sexe.
Il ressort de ces versets et des traditions du Prophète, qui viennent en appui, qu’il y a un consensus autour du fait que chaque Musulman a le droit et la possibilité de participer directement ou indirectement aux affaires publiques du pays et aux processus électoraux et les pré requis de leadership sont considérées comme étant la capacité à exercer la justice et à l’assurer pour tous.
Il n’est fait mention nulle part dans le Coran ou les Hadith d’une quelconque interdiction à la femme de participer aux affaires de son pays. Plusieurs érudits disent du Hadith qui est souvent utilisé comme faisant autorité pour nier une telle participation (où on rapporte que le Prophète a dit qu'une Nation qui laisse ses affaires entre les mains d'une femme ne prospérerait pas) qu’il est d’une authenticité douteuse.
On dit que le contexte historique de cette tradition a été l'événement lors duquel le Prophète a reçu des nouvelles annonçant que la fille de Khusro, qui était largement perçue comme autoritaire, avait succédé au trône. Le commentaire a été considéré comme étant en relation spécifique avec sa personne. En effet, en opposition à cette position, les versés 32-34 du Coran au Chapitre sur les Fourmis (Naml) chantent les louanges de Bilqis, la Reine de Saba, comme une dirigeante d’une grande prospérité, digne et bénéficiant de la pleine confiance de ses sujets. Si c'était une aberration d’avoir une femme dirigeante, Saba n'aurait pas été digne d'un tel honneur, à savoir celui d’être mentionnée si louablement par Dieu.
De plus, on sait que des femmes constituant un groupe ont participé à l’engagement initial d'allégeance (bay'a) accordé au Prophète par les Musulmans, ce qui représente un indicateur significatif du fait que même à cette époque, les femmes étaient considérées comme partie intégrante de la communauté Musulmane, participant aux activités politiques de leur société. On rapporte aussi que Aïcha, la veuve du Prophète, a mené et a commandé la Bataille du Chameau, avec beaucoup de compagnons du Prophète dans son armée et aucun d'eux n'a renié son autorité de diriger.
Conclusion
Les réalités d'aujourd'hui font qu’il est impératif que les mécanismes et structures intrinsèques à la Loi Islamique (tels que les doctrines pour le développement de la Charia) soient activés par nos propres Erudits et Juristes. Cela est à l'avantage du genre féminin, ne serait-ce que pour permettre des interprétations constructives et contextuelles des sources primaires de la Charia, comme cela se faisait il y a des siècles par des juristes Islamiques et des érudits réputés de leur époque au sein du monde Islamique.
Comme cela a été démontré, il y a suffisamment de place au sein de la loi Islamique pour que les États Musulmans puissent remédier aux problèmes et contradictions apparentes entre la position de la femme dans la Charia et les dispositions du Protocole, en usant d’un esprit ouvert qui voit ces questions comme étant complémentaires, plutôt qu'incongrues.
La bonne foi, renforcée par la volonté politique et humanitaire, est capable d'assurer la flexibilité requise pour résoudre les conflits apparents entre la Loi Islamique et le contenu du Protocole Africain, créant ainsi la compréhension qui mènerait à l'harmonisation et à la réalisation de normes communes d'universalisme, abstraction faite du genre et d'autres considérations similaires, en Afrique et dans le monde, en général.
Une attitude positive, pour gérer les variations à travers la synergie des normes de droits (comme rempli dans le Protocole), avec des principes Islamiques légaux, est nécessaire et impérieuse, pour des protections considérables et complètes à accorder aux femmes des pays en voie de développement, dont les femmes Africaines Musulmanes constituent une part significative.
* Cet article est composé d'extraits d'un dossier plus long réalisé par Maryam Uwais, qui est l'Avocate Principale à Wali-Uwais & Co. au Nigeria. Elle est aussi engagée dans la Commission Nationale des Droits de l'Homme.
Tagged under GouvernanceFournissant aux lecteurs de Pambazuka un lien clair entre les droits de la femme et la loi Islamique, le Dr. Muhammad Tawfiq Ladan soutient qu'un lien significatif existe entre ce que le Protocole sur les Droits de la Femme en Afrique et la Charia ont à offrir aux communautés Musulmanes en Afrique. Détaillant le fondement de l'égalité de la femme telle que stipulée dans le Coran et la loi Islamique, cet article soutient que l'Islam reconnaît que bien que les hommes et les femmes soient différents, ils ne sont certainement pas inégaux. L'article se termine avec quelques recommandations importantes pour les défenseurs de la cause travaillant dans les pays Africains Musulmans pour assurer les droits de la femme.
Ce papier soutient que le Protocole sur les Droits de la Femme en Afrique offre une plate-forme stratégique pour les défenseurs de la cause cherchant à porter les droits universels de la femme à l'attention des citoyens, organisations, gouvernements et décideurs à travers l'Afrique. Il va plus loin en soutenant qu'il y a un lien significatif entre le Protocole et la Charia en termes d'objectif, de nature et de portée des droits de la femme.
Ainsi, cet article vise à atteindre les objectifs suivants:
1. Donner une vue d'ensemble du Protocole avec un accent particulier sur les droits fondamentaux à la survie, au développement, à la protection et à la participation des femmes en Afrique;
2. Établir un lien significatif entre les dispositions fondamentales du Protocole et la perspective Islamique sur l’égalité des sexes.
3. Conclure avec quelques options viables pour des stratégies efficaces dans la promotion et la protection des droits de la femme en Afrique.Le Protocole sur les Droits des Femmes en Afrique
Cette partie de l’article vise à mettre en évidence la signification et le potentiel du protocole ainsi que le raisonnement qu’il y a derrière et examiner ses dispositions clés relatives aux droits de la femme en Afrique.
Signification et Potentiel du Protocole
Le 11 juillet 2003, l’Union Africaine a adopté à Maputo, au Mozambique, un traité de référence intitulé Protocole sur les Droits de la Femme en Afrique (le protocole) pour compléter la charte régionale des droits de l'homme, la Charte Africaine sur les Droits de l’Homme et des Peuples (la Charte Africaine). Le protocole, qui est entré en vigueur le 25 novembre 2005 après avoir été ratifié 15 gouvernements Africains, offre une large protection des droits universels de la femme, dont l'égalité des sexes et la justice
La signification et le potentiel du protocole vont au-delà de l'Afrique. Le traité comporte un certain nombre de précédents mondiaux. Par exemple, il représente la première fois qu'un instrument de défense des droits internationaux de la personne a explicitement articulé le droit de la femme à l'avortement lorsque la grossesse résulte d’abus sexuel, de viol ou d'inceste; lorsque la poursuite de la grossesse met en danger la vie ou la santé de la femme enceinte; et dans les cas d’anomalies foetales graves qui sont incompatibles avec la vie. Une autre première est l'appel du protocole à l’interdiction de pratiques nuisibles comme la circoncision/mutilation génitale des femmes (FC/FGM) qui a ravagé la vie d’innombrables jeunes femmes en Afrique.
Le protocole peut aider les défenseurs de la cause à mettre la pression sur les gouvernements pour qu’ils abordent les questions prioritaires d’ordre social, économique, politique et médical qui contribuent au sombre état de la condition de la femme partout en Afrique et à travers la confiance aux valeurs Coraniques dictées sur l'égalité des sexes, des liens avec le protocole peuvent être établis pour renforcer les droits de la femme Musulmane à travers le continent.
Égalité des Sexes et Justice dans la Charia
La Charia qui est techniquement citée comme étant 'la loi du croyant' dans l'Islam, a deux composantes. Une composante divine qui est fondée sur les dispositions du Saint Coran et de la Sounah du Prophète de l'Islam ; et une composante humaine de la Charia qui est en grande partie enracinée dans la pratique de l'ijtihad, techniquement citée comme étant l’initiative humaine de s'engager dans la recherche, de fournir des interprétations juridiques des dispositions de la composante divine de la Charia, de recourir à des avis légaux ou fatwa, de procéder à une analyse juridique, de discourir ou d’interpréter, ainsi que de faire des déductions analogiques sur les règles par des mujtahids qualifiés ou des érudits de la lettre et de l'esprit du Saint Coran. Ainsi, tandis que la composante divine est immuable, l'aspect humain de la Charia est sujet à l’erreur.
Généralement on considère que la Charia traite la femme injustement et que l'égalité des sexes et la justice ne sont pas possible dans le système judiciaire Islamique. Cette affirmation est en partie vraie et en partie fausse.
En partie vraie concernant le recours au processus de l'ijtihad, le résultat et l’application duquel ne reflètent pas les besoins de changement et les conditions de vie de la Ummah Musulmane et n’est pas compatible avec les valeurs que le Coran soutient à plusieurs reprises en quatre mots: ‘adl (Justice), ihsan (Générosité), rahmah (Compassion) et hikmah (Sagesse).
Ces valeurs Coraniques sont très proches des droits humains; elles sont en fait l'essence même des droits de l'homme. On ne peut penser aux droits humains, d'un individu quelconque ou d’un groupe dans le monde moderne sans ces valeurs. La justice est aussi fondamentale pour les droits de l'homme que la générosité, la compassion et la sagesse. L’on ne saurait avoir une société humaine sans qu’elle ne soit société juste.
La notion est en partie fausse du fait que le concept de droits humains et son respect sont tout à fait intrinsèques aux enseignements du Coran et aux pratiques du Prophète. Le Coran ainsi que la Sounah demeurent pour les Musulmans le cadre de promotion et de protection de ces droits humains de l'individu et/ou du groupe.
Et le Coran a reconnu et a soutenu les droits de la femme en particulier : la libre possession de biens, l'éducation, la succession, le libre consentement au mariage, le divorce, la garde d'enfant, au droit de vote et à la pleine capacité juridique. Cependant, il est nécessaire d'améliorer l'accès des femmes à la justice et de renforcer de manière pratique l'égalité des sexes dans les sociétés Musulmanes.
La perspective Coranique de l’égalité des sexes
On avait trouvé « l’expression perspective Coranique de l’égalité des sexes» comme étant le titre le plus approprié car elle nous oriente vers la découverte de ces principes de base du Coran même qui nous permettent de comprendre la marche des sociétés de notre monde musulman.
Tous les musulmans aspirent à vivre dans une société qui fonctionne selon les principes du Coran, même si sans le savoir nous nous devions de ces principes.Nous devons travailler tous à la tenue de la conférence pour une société qui fonctionne selon les principes du Coran si nous voulons que les populations aspirent à un avenir radieux. Ce n’est pas la version indonésienne, pakistanaise, saoudienne, égyptienne, soudanaise ou nigériane de cette société que nous devons considérer comme la norme incontestable mais celle fermement basée sur les enseignements du Saint Coran. C’est seulement de cette façon que l’on pourra trouver une définition appropriée du rôle de la femme dans la société. Puisque ces enseignements constituent le sujet de ce sous titre, ce qui précède plus haut semblait être le titre le plus approprié.
Par le choix de ce titre on a éprouvé le besoin de mettre l’accent sur le fait que les musulmans doivent considérer le Saint Coran comme notre guide dans tous les aspects de nos vies. Ce n’est pas seulement la première source de connaissances en ce qui concerne les pratiques, obligations et croyances religieuses, c’est aussi le guide, que cela soit spécifique ou implicite de tout aspect de la civilisation islamique.
Dans cette dynamique, considérons d’abord ce que le Coran doit nous apprendre à propos de l’égalité des sexes dans la société à laquelle nous aspirons, et réfléchissons sur ses effets par rapport à la position des femmes. Quelles sont les caractéristiques de base d’une société Coranique qui affecte particulièrement les femmes ?
Cinq caractéristiques qui semblent fondamentales, cruciales et indéniables d’une société Coranique sont à considérer. Bien que présentées en série, elles sont liées les unes aux autres. Cette interdépendance entre les 5 caractéristiques rend difficile toute possibilité de parler de l’une d’entre elles sans mentionner les autres et naturellement elles ne sont pas et ne peuvent pas exister séparément
Les Caractéristiques comprennent les éléments suivants:
Premièrement, le Coran reconnaît l’égalité de statut et de valeur des sexes, et les premières de ces confirmations Coraniques de l’égalité homme–femme sont contenues dans des déclarations ayant trait aux préoccupations religieuses comme les origines de l’humanité ou les récompenses et obligations religieuses.
Deuxièmement, les musulmans acceptent une société double sexe plutôt qu’une société unisexe. Tout en maintenant la validité de l’égalité entre les hommes et les femmes, le Coran n’entend pas par cette égalité une équivalence ou une identité des sexes. La société qui fonctionne selon les principes du Coran est une société par contre double sexe dans laquelle les deux sexes ont leurs responsabilités propres. Cela assure le fonctionnement sain de la société dans l’intérêt de tous ses membres.
Troisièmement, l’interdépendance entre tous les membres de la société est d’une importance capitale. Contrairement à la tendance actuelle mettant l’accent sur les droits de l’individu au détriment de ceux de la société, le Coran insiste de façon constante sur l’interdépendance entre l’homme et la femme de même que tous les membres de la société.
Quatrièmement, la valeur de la famille élargie est synonyme d’Islam, puisqu’elle sert à améliorer les relations entre les hommes et les femmes. Ainsi les liens de famille qui dépassent le cadre nucléaire de l’unité familiale sont manifestes à travers de forts liens économiques, sociaux, psychologiques et même politiques.
Cinquièmement la caractéristique de base d’une société Coranique est le patriarcat. Pour avoir la stabilité et la cohésion, dans l’islam, le patriarcat est de mise avec les hommes assumant la responsabilité du maintien de la société.
L’analyse ci-dessus démontre que tout en étant différents, les hommes et les femmes sont toujours égaux et comme tel méritent un traitement équitable. Le Coran donne ainsi la base à partir de laquelle la femme doit être perçue dans les communautés musulmanes, pendant que le protocole assure la protection légale de toutes les femmes africaines y compris même celles vivant dans un contexte islamique.
L’analyse précitée démontre que même s’il y a une différence entre les hommes et les femmes, ils restent cependant égaux et devraient par conséquent être traités comme tels. Le Coran constitue la base sur laquelle la femme doit être considérée dans les communautés musulmanes alors que le protocole donne la protection juridique à toutes les femmes africaines y compris celles qui vivent dans un contexte islamique.
Conclusions et recommandations
Il apparaît de l’analyse ci-dessus, qu’aussi bien le Protocole sur les Droits des Femmes en Afrique que l’Islam reconnaissent le rôle capital que jouent les femmes dans la préservation des valeurs familiales et de la société, et cherchent à promouvoir et protéger les droits des femmes en tant qu’être humains, citoyennes de leurs pays respectifs et comme membres d’un groupe vulnérable qui font l’objet de discrimination, de marginalisation et de violations dans toutes les sociétés humaines.
Par ailleurs, la question de savoir comment les hommes et les femmes (en particulier ceux ou celles qui occupent des fonctions publiques, politiques, les leaders religieux et communautaires, les érudits neutres sur la question du genre, ceux qui formulent et mettent en œuvre les politiques) perçoivent les droits des femmes et dans quelle mesure leurs décisions et comportements reflètent une préoccupation de ces droits, sont de préoccupations qui nécessitent : une éducation permanente sur les droits humains, des campagnes de sensibilisation agressives , une recherche pluridisciplinaire et une approche interculturelle à la compréhension, à l’articulation et à la promotion des droits des femmes comme droits humains dans un contexte civique, politique, social, économique, culturel, environnemental et de développement.
De même, puisque les reformes politiques et juridiques ainsi que les idées sur les droits humains ne peuvent que créer un contexte réceptif aux changements d’attitude et ne peuvent en elles mêmes produire ces changements, il est également important de prêter attention aux réalités pratiques qui peuvent, soit soutenir ou entraver ces reformes. Ces réalités concernent les infrastructures sanitaires et économiques, les modèles de formation et de dissolution des familles, ainsi que la diffusion des idées à travers l’éducation et l’échange. En d’autres termes, il s’agit de toutes ces conditions nécessaires à une protection efficace des droits des femmes et à une promotion de l’égalité et de la justice entre les genres.
Les options viables pour les défenseurs des droits de la femme.
De prime abord, les défenseurs des droits des femmes dans les pays qui n’ont pas encore ratifié le protocole, devraient faire du lobbying auprès de leurs gouvernements pour qu’ils le ratifient.
Deuxièmement, il y a lieu de soutenir les objectifs du protocole. Tout Etat signataire du traité est soumis à l’obligation immédiate de soutenir les objectifs du traité : à savoir assurer la promotion et la protection des droits humains des femmes ; veiller à la mise en œuvre du protocole au plan national ; soumettre des rapports périodiques à la Commission Africaine des Droits Humains, et apporter les remèdes juridiques adéquats à toute femme dont les droits seront violés. L’adoption ou l’abrogation de certaines législations, la mise en œuvre de politiques et programmes, et l’application par les juridictions nationales et les autres mécanismes légaux peuvent répondre aux obligations prévues dans le présent protocole ;
Troisièmement, les militants peuvent faire du lobbying auprès de leurs gouvernements pour reformer les lois et politiques nationales défavorables aux droits des femmes dans le cadre de ce protocole. Quatrièmement, les militants des droits des femmes doivent pousser les décideurs nationaux et locaux à faire appliquer les politiques et programmes visant à protéger les droits des femmes : par exemple violence faite aux femmes ; discrimination contre les femmes ; le droit de la femme au développement durable ; le droit de la femme à participer à la gouvernance, au processus décisionnel, à tous les niveaux, même en politique.
Cinquièmement, les militants peuvent soumettre certains litiges aux juridictions nationales pour faciliter la résolution de questions liées à la violation des droits sexuels et des droits à la reproduction des femmes, de leurs droits à un environnement sain et durable etc.
Sixièmement, les traités permettent aux militants d’exprimer clairement la nature et le contenu des droits humains des femmes. Le langage du protocole peut par conséquent être utilisé pour éduquer les femmes et les hommes, les décideurs politiques et autres militants sur le sens et l’importance des normes juridiques, des droits et obligations tels qu’ils s’appliquent aux droits des femmes en Afrique.
Septièmement, organiser des sessions de formation sur le système africain des droits humains et le rôle du protocole pour ceux qui protègent et œuvrent à la promotion des droits des femmes en Afrique.
Enfin, les militants des droits des femmes doivent faire du lobbying auprès des États membres de l’Union Africaine de manière à s’assurer que les mécanismes de mise en application des droits humains en Afrique sont efficaces.
*Cet article contient des extraits et un résumé d’une longue communication faite lors d’un symposium co-initié par l’Association Scientifique des Femmes de Babiker Badri, le Ahfad University for Women (Université Ahfad pour les Femmes) et organisé par la coalition Solidarity for African Women (Solidarité pour les femmes Africaines (SGAWR)) pendant le sixième sommet de l’Union Africaine en janvier 2006 au Soudan.
Tagged under GouvernanceCet article, qui se veut une introduction à la question des droits des femmes dans l’Islam en Afrique, soutient que les deux ne s’excluent pas mutuellement. Et que les droits des femmes sont en fait prévus dans l’Islam. Même si cela a été peu compris. Il est de plus en plus reconnu que, ni l’Islam ni les droits des femmes ne sont statiques, et que le mouvement de protection des droits des femmes est en train de prendre de l’ampleur dans un cadre qui ne nuit pas aux aspects positifs et bénéfiques de la culture musulmane.
Les questions relatives aux droits des femmes dans les milieux musulmans en Afrique sont souvent très contestées bien qu’elles soient le plus souvent peu comprises. Les discours sur les droits des femmes musulmanes en Afrique mettent l’accent très fréquemment sur le manque de responsabilisations à leur égard, ce qui peut paraître ironique surtout quand on sait que l’Islam est une religion très égalitaire à la base.
Dévastés par le colonialisme, les guerres et la pauvreté, beaucoup de pays africains sont confrontés aux défis de reconstruction de leurs sociétés basées sur les croyances religieuses et les identités culturelles. En même temps la reconnaissance des droits des femmes légitimes et prévus par le Coran doit être prise en compte. IL en est de même pour les traités internationaux, les pressions de la démocratie et des droits humains au plan international.
L'Islam et les droits des femmes ne s’excluent pas mutuellement, malgré le fait que les lois musulmanes comporte un fossé entre leur application et ce qu’elles stipulent sur le papier. L’introduction de la coutume dans le système juridique et le droit à la liberté de conscience (interprétation) sont entre autres deux exemples à travers lesquels les lois musulmanes ou la Sharia ont été résumées.
Par ailleurs, il est difficile d'interpréter ou d’évaluer de manière critique le droit islamique sans une éducation islamique. Cette éducation islamique, a été d’ailleurs refusée à beaucoup de musulmans à travers le monde (à cause du colonialisme et du contrôle du pouvoir, entre d'autres). Pour cette raison, le Coran n’est généralement bien compris.
Au cœur de l’Islam se trouve l’histoire de la création, qui affirme que l’homme et la femme ont été créés égaux, et qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les deux sexes. Il faudrait tenir compte des femmes musulmanes en cas de divorce. Elles doivent recevoir leur part d’héritage après le décès de l’époux ou du père.
Dans le Coran, les femmes musulmanes ont le droit de travailler et de se garantir un revenu. Si les tâches ménagères et l’éducation des enfants sont, dans la plupart des cas, assignées en fonction du genre, les enfants doivent être éduqués par les deux parents qui se concertent sur les questions jugées importantes. Ce ne sont là que quelques exemples de droits reconnus à la femme par l’Islam, conformément au Coran, aux hadith et à la Sharia (lois islamiques).
Cela est évidemment un aperçu superficiel d’une question complexe et historique mais qui montre qu’il y a un côté de l’islam non souvent représenté dans les médias et les discours classiques. Ces lois, si elles sont enregistrées et consignées par écrit, ne sont pas toujours mises en application. En réalité, beaucoup de femmes musulmanes n’ont accès à aucun de ces droits.
Beaucoup de questions sont particulièrement importantes aux femmes musulmanes africaines et font partie de la perspective globale relative à la protection des droits humains essentiels.
Les femmes représentent la moitié de la population de l’Afrique subsaharienne même dans les pays où l’Islam est pratiqué. Ce sont la Mauritanie (100% Islamique), les pays francophones :Burkina Faso (50%), Tchad (50%), Cameroun, Mali (90%), Niger (80%) et le Sénégal (92%) , et les pays anglophones Ghana et Nigeria ( 50% de musulmans). Dans ces États, l’Islam a une forte influence sur les rôles des femmes, leur accès à l’information et leurs droits. Pour les femmes musulmanes africaines, ces questions sont enracinées non seulement dans leurs croyances religieuses mais aussi dans les coutumes, traditions et cultures.
Dans certains milieux, le respect accordé aux femmes est défendu. Sous d’autres cieux, les femmes se battent pour accéder à ces droits. La raison est que dans l’Islam (comme dans beaucoup d’autres religions) les femmes symbolisent une grande partie de la tradition et de l’identité culturelle. Le fait de changer quelque chose par rapport aux droits de la femme est perçu comme un changement qu’on opère au sein de l’Islam.
Leurs protestations sont parfois interdites ou violemment réprimées mais rarement tolérées par ceux qui sont au pouvoir. Cependant, leur mouvement prend de l’ampleur : elles participent aux débats, aux conférences à des émissions à la radio et à la télévision. La plupart d’entre elles sont des intellectuelles (juristes, travailleurs sociaux et universitaires). Cette lutte contre les conservateurs religieux signifie que les critiques dont ils sont l’objet sont invoquées sur des bases théologiques et religieux, qu’elles soient valables ou non.
Cela signifie que le travail qu’ils doivent faire pour les femmes doit être axé sur les droits civiques plutôt que sur les droits religieux parce que les efforts faits pour reformer l’Islam de l’intérieur ont toujours connu un échec. On ne peut cependant pas écarter le discours islamique des femmes dans la mesure où ce discours commence à marquer des points. Il est pourtant bloqué au plus haut niveau parce les femmes juristes ne sont pas autorisées à représenter les femmes dans les juridictions de la Sharia (droit islamique)
Un bref aperçu des problèmes urgents auxquels sont confrontés les musulmanes en Afrique montre qu’il y a un manque de réforme dans les domaines traditionnellement régis par le droit coutumier et religieux. Les femmes font l’objet de discrimination dans le domaine des lois relatives au mariage, au divorce, à la propriété et à l’héritage (qui favorisent plutôt les hommes). Elles souffrent également des normes sociales qui tolèrent la violence faite aux femmes, de l’inaccessibilité de leurs droits à la santé reproductive et sexuelle et du manque d’éducation.
Dans certains de ces pays, les femmes continuent de subir les mutilations génitales féminines. Par ailleurs, leurs rôles restent confinés aux tâches traditionnellement prescrites en fonction du genre. La plupart d’entre elles ne peuvent se permettre de violer ces frontières même si elles nourrissent le désir de vivre en dehors de ces rôles qui leur ont été assignés. L’absence de liberté de mouvement, d’une vie publique et l’incapacité de s’exprimer en public constituent une réalité pour beaucoup d’entre elles.
La solution à ces problèmes complexes et vieux comme le monde ne sera pas aisée. Le comportement et les rôles assignés aux femmes constituent à maints égards l’essence même de ce que représente l’Islam. Changer la manière dont les femmes sont valorisées et traitées nécessite non seulement des changements aux niveaux politique, juridique, culturel mais aussi un changement d’attitude. Réaliser cet objectif sans porter atteinte à l’essence positive de la culture et de la tradition islamique serait certes difficile mais nécessaire à la protection des droits des femmes.
Heureusement, il y a beaucoup d’organisations en Afrique qui œuvrent pour la réalisation des droits des femmes musulmanes. Leur participation politique et communautaire constitue en fait une part importante de l’Islam, et un devoir envers la société.
Dans beaucoup de pays africains, il existe des groupes de femmes engagées qui travaillent pour des salaires dérisoires et dans des conditions parfois dangereuses pour promouvoir les droits des femmes musulmanes. Elles travaillent au renforcement des lois visant la protection des femmes dans le droit coutumier, juridique et religieux en faisant du lobbying au niveau local, régional et national. Les organisations communiquent leurs connaissances et sensibilisent les femmes vivant dans les milieux ruraux et urbains sur comment exercer et promouvoir leurs droits. Elles parlent aussi au nom de ces femmes dans les foras sociaux et législatifs.
Tagged under GouvernancePour marquer la célébration de la Journée Internationale de la Femme, le 8 mars dernier, nous publions dans cette édition une série d’articles sur l’Islam et les droits de la femme.
Dans son captivant article, Ayesha Imam aborde les droits sexuels et les droits à la reproduction des femmes dans le Nigeria musulman. A la faveur de la « Sharianization » de certains États du Nigeria, de nouveaux délits ont vu le jour et se rattachent pour la plupart à la sexualité ; ce qui n’a pas manqué d’avoir des effets néfastes sur les droits des femmes. Imam soutient que la Sharia n’est ni uniforme ni dictée par Dieu, et que l’opposition entre la jurisprudence des conservateurs et celle des libéraux n’a pas permis aux érudits et militants progressistes de faire adopter des lois musulmanes qui protègent les droits des femmes. Elle met l’accent sur ce qui peut être fait pour contrecarrer ces forces et ajoute que l’un des volets très importants de cette tâche concerne la démystification de la Sharia pour les communautés musulmanes du Nigeria (et d’ailleurs).Amina Lawal a été reconnue coupable d’adultère en mars 2002, et condamnée à mort par lapidation. Suite à l’introduction d’un nouveau code pénal sur la Sharia dans l’Etat de Katsina, les défenseurs des droits religieux ont intenté un procès à son encontre parce qu’elle aurait eu un enfant après le divorce sans se remarier. Le présumé père a nié avoir entretenu des rapports sexuels avec Amina et fût relâché. Ces évènements se sont produits au moment où la controverse battait son plein au Nigeria sur la nature et l’opportunité de la Sharia (les lois musulmanes) , les droits dans les lois musulmanes, les droits constitutionnels, les droits humains internationaux et les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres.
Une coalition d’ONG nigérianes ont immédiatement pris fait et cause pour Lawal et lui ont trouvé des avocats, un abri sûr, des soins médicaux et un soutien affectif tout au long de cette épreuve de 18 mois. Elle était devenue le centre d’attention du monde, des medias, des campagnes médiatiques et de protestation qui ont, dans la plupart du temps, fustigé la loi islamique, la décrivant comme brutale. Ils ont aussi implorer la grâce du Président Nigérian, et demander l’abrogation de ces lois. En septembre 2003, Amina a gagné son procès en appel dans la Cour d’Appel de Sharia de son Etat, et a été acquittée (Lawal Kurami contre l’Etat).
C’est probablement l’un des procès les mieux connus relatifs à l’introduction du code pénal de la Sharia dans plusieurs États du Nigeria en 2000.’’Zina’’ ou rapports sexuels illégitimes comprend l’adultère, puni par la mort par lapidation , et la fornication, sanctionné par des coups de fouet. Dans certains États, les hommes peuvent être emprisonnés de surcroît.
Ces cas font partie intégrante des questions qui ont conduit au besoin de protéger les droits sexuels et les droits à la reproduction des femmes, et à la nécessité de mieux les comprendre dans le respect des cultures et traditions locales, et des conventions internationales y afférentes. Les tensions entre les politiques religieuses conservatrices et les politiques antiterroristes, qui sont souvent de nature islamophobe, doivent être analysées dans le cadre de ces discussions qui touchent aussi au mélange d’idéologies et de pratiques sociales complexes contenues dans les cultures locales, qui sont structurées par les rapports de force.
Les traités internationaux sur les droits humains, comme les cultures locales, doivent donc disposer d’une stratégie pour «revendiquer et émettre des avis» - en étant bien informés du discours tenu à la fois par les cultures locales et les droits humains internationaux, en ne privilégiant ni l’un ni l’autre, et en restant dans une situation qui leur permette d’émettre des avis sur les deux. Ceci permettrait aux principes relatifs aux droits humains de pouvoir réellement garantir les droits des personnes dans leur vie de tous les jours. Pour cela, il faut que ces droits soient revendiqués et respectés par les cultures locales, et qu’ils ne soient pas simplement du texte écrit. Ils doivent être vus comme des produits sociaux et historiques, affectés par le pouvoir politique et les traditions culturelles des groupes dominants dans leurs contextes respectifs.
Comprendre que l’interprétation des droits humains est elle aussi soumise à la répartition des pouvoirs nous permet de reconnaître l’influence de l’Occident sur l’interprétation des droits de nos jours. Cependant, il est possible d’accepter l’universalité de la notion des droits qui n’est pas statique, et est constamment réinterprétée par ceux dont les vies en sont affectées.
Les approches à l’endroit des droits humains doivent aussi être constamment réinterprétées. Il est important que les traditions et les normes religieuses et culturelles locales ainsi que les régimes des droits formels au plan national et international soient utilisés et qu’on en tienne compte également.
Les groupes de défense des droits des femmes doivent faire partie de ce processus. Même si la plupart d’entre eux sont perçus comme étant en opposition à la communauté familiale, religieuse ou ethnique ; en fait, ils remettent en question non pas les communautés elles-mêmes mais les définitions actuelles de la culture et des normes de la communauté ainsi que les pouvoirs dont jouissent les gardiens de la culture pour entretenir ces définitions.
C’est dans ce contexte que le présent article examine la politique et les activités qui entourent les cas de ‘‘Zina’’ conformément au code pénal de la Sharia au Nigéria.Le Nigéria a assisté au développement de l’essentialisme et du conservatisme religieux. Toutefois, l’introduction de la Sharia dans le pays est beaucoup plus liée à une question de politique émotionnelle, du fait des questions économiques et éducationnelles qu’au sentiment religieux.
Les réactions à la Sharianisation ont été diverses. Les chrétiens et les non musulmans craignaient qu’on leur impose le droit religieux musulman. Les militants des droits humains et de certaines ONG (comprenant des musulmans) avaient des inquiétudes relatives aux droits religieux des non-musulmans, et la violation des dispositions de la constitution relatives au caractère laïque du pays. Les militants des droits des femmes musulmanes et ceux des non-musulmanes étaient préoccupés par le fait que la Sharia pourrait être une source de discrimination contre les femmes et restreindre leurs droits.
Les réactions des musulmans face à la Sharia ont été aussi diverses. Ibrahim el-Zakzaky des Frères Musulmans, qui avait appelé à l’islamisation du Nigéria, s’est opposé à la Sharianisation au motif que le fait d’infliger de sévères punitions à un être humain sans au préalable veiller à la justesse des relations socio-économiques ne relevait pas de l’islam. D’autres musulmans craignaient des abus de la part de ceux qui étaient au pouvoir.
En tant que musulmans, ils ne voulaient pas s’opposer à la Sharia mais ne pensaient pas non plus être en mesure de critiquer d’éventuels cas de corruption sans savoir lire l’arabe ou avoir fait quelques années d’études sur la jurisprudence islamique. Pour cette raison, il y avait « une atmosphère de silence troublant ». Pourtant, après l’adoption de la Sharia, il y avait de la jubilation parce que pour beaucoup, la Sharia était synonyme de moralité. La moralité était non seulement rattachée à la sexualité mais aussi à la sécurité, et à la lutte contre la corruption dont souffraient beaucoup de personnes démunies.
Le Code Pénal de la Sharia a crée, dans le droit nigérian, de nouveaux délits, qui tournent autour de la sexualité. Ce code reconnaît la lapidation, les châtiments et les dettes de sang.
Ces lois s’appliquent seulement aux musulmans sur le plan théorique, mais la question est de savoir si les musulmans ont le droit d’accepter d’être régis par le droit général nigérian sans avoir à renoncer à leur identité religieuses.Egalement non-résolues et ambiguës sont les contradictions et le fossé qui existent entre le nouveau Code Pénal de la Sharia et le Code de procédures pénales qui détermine ce que c’est qu’une procédure et une preuve, et comment les délits sont définis. Il a aussi été question de savoir si les lois de la Sharia ou la nature de la punition étaient soumises à la loi relative aux droits humains internationaux.
Le Nigeria est signataire de plusieurs accords internationaux sur les droits humains. Cependant, quand bien même ces accords donnent lieu à des obligations vis-à vis du droit international (à condition qu’ils soient explicitement incorporés dans le droit national), ils ne peuvent faire l’objet d’une quelconque revendication dans les juridiction nationales.
De plus, l’interaction entre les multiples et parallèles systèmes juridiques au Nigéria, émanant du droit laïque, musulman et coutumier, pose problème dans la mesure où ces systèmes juridiques donnent des droits différents selon les problèmes qui se posent ; Dans ce cas, la juridiction peut faire l’objet de controverse.
Quelle est la version de la Sharia qui doit être défendue est également une question qui mérite des réponses.La Sharia n’est ni directement prescrite par dieu, ni uniforme à travers l’histoire ou les différentes communautés musulmanes. En principe, les lois musulmanes doivent être élaborées sur la base du Coran. La deuxième source est la Sunnah, les traditions du prophète. Ensuite vient le Ijma, le consensus sur la définition de la loi par qiyas (analogie) et Ijtihad (raisonnement interprétatif).A chaque étape, il y a eu des désaccords qui ont conduit à des divergences. Ainsi, les lois musulmanes sont, et ont toujours fait l’objet de controverse et de discussions.
Il y a quatre principales écoles de jurisprudence islamique parmi les sunnites (qui représentent 80% de tous les musulmans). Ces écoles ont autant de similitudes que de différences. Pourtant, les enseignants de ces écoles ne se voient pas en train d’élaborer un code juridique prescrit par dieu et qui doit être toujours respecté par tous les musulmans.
Au contraire, ils sont catégoriques sur le fait que les musulmans ne sont pas obligés de les respecter s’ils ne pensent pas que le raisonnement fait du Coran et de la sunna est exact. Ces enseignants n’ont nullement l’intention d’imposer leur perception sur les musulmans. Le stéréotype d’un droit unique, uniforme et inspiré par dieu ne tient pas la route. Toutefois, ce mythe a été utilisé par les conservateurs musulmans, et cela est perceptible dans le domaine des droits sexuels et des droits à la reproduction.
Il y a trois cas relatifs au ‘‘Zina’’ : la ‘‘Zina’’ peut être considérée comme un péché que dieu lui même se chargera de punir sauf dans les cas où il y a des aveux volontaires ou répétés. La loi peut avoir un effet dissuasif qui requiert des preuves formelles pouvant aboutir à des poursuites et a quelques rares condamnations ; et finalement l’application agressive de la moralité politiquement motivée à travers une législation restrictive et des poursuites enthousiastes. Le dernier cas illustre ce qui s’est passé au Nigéria.
Pour ce qui est des droits à la reproduction pour les femmes, la Sharia est également diversement interprétée. Beaucoup de juristes musulmans pensent que la gestion de la fécondité est permise et que le plaisir sexuel est un droit pour aussi bien la femme que l’homme. D’aucuns pensent aussi que l’islam ne s’oppose pas à l’excision. Pourtant le droit religieux a décris la gestion de la fécondité comme une source d’immoralité et de ‘‘Zina’’, et a, par conséquent, tenter de s’y opposer.
L’opposition entre l’interprétation des lois musulmanes par les conservateurs et celle des libéraux, et le mythe d’une Sharia unique et uniforme (conservatrice) a permis à l’extrême droite musulmane d’empêcher les érudits musulmans progressistes et les défenseurs musulmans des droits humains d’asseoir la légitimité de leur positions dans le fiqh (jurisprudence), la Sharia ou dans les lois non-religieuses. Ironie du sort, plusieurs partisans progressistes et de gauche, en Occident, font de même, considérant les voix critiques émanant de l’intérieur du monde musulman comme des voix « occidentalisées » et non authentiques. Il est aussi important de considérer ces dissidents comme des membres à part entière de la communauté.
Plusieurs groupes sont en train de s’organiser au Nigeria pour protéger les droits de la femme dans le cadre de la Sharianisation. La première stratégie de ces organisations consiste à défendre les femmes condamnées en mettant l’accent sur les appels en justice dans les juridictions de la Sharia, ce qui leur donne le temps de se rapprocher des plus hautes juridictions qui ont, de tout temps, été plus justes envers les femmes. Se pourvoir en cassation en invoquant des arguments du fiqh, des insuffisances de la loi, et des préjugés est acceptable.
D’autres perceptions juridiques musulmanes peuvent également être utilisées. Le fait d’être acquitté peut aussi vouloir dire qu’aucune condamnation n’aurait dû être faite, et constitue, de ce fait, une justification pour la personne qui a été condamnée à tort. Le fait d’interjeter appel permet aussi de montrer que toute personne a le droit de se pourvoir en cassation et de défier l’injustice, y compris celle qui est perpétrée au nom de la religion. Le succès de ces pourvois montre qu’ils vaillent bien la peine. Très peu de femmes et d’hommes ont été inculpés de ‘‘Zina’’ ou condamnés à mort par lapidation depuis l’affaire Amina. Les deux femmes inculpées se sont pourvues en cassation et ont été acquittées en l’espace de trois mois.
Ces mêmes groupes de défense des droits humains et des droits des femmes ont aussi tenté de démystifier la Sharia en organisant des séminaires, des ateliers, des sessions de formation, des débats, des conférences, des émissions à la télévision ou à la radio, ou en écrivant des articles et des pamphlets. Au nombre de ces groupes figurent le Constitutional Rights Project, BAOBAB for Women’s Human Rights, the Women’s Action Collective with Women’s Action Research and Documentation, ainsi que la représentation nigériane du International Human Rights Law Group.
La démystification de la Sharia nécessite aussi qu’on se prononce sur les préjugés faits sur la base du genre et de la classe aussi bien en théorie que dans la pratique. Les personnes démunies sont celles qui sont le plus soumises aux châtiments sévères. Il y a eu très peu de condamnations d’hommes que de femmes pour des cas d’adultères ou de fornication.
En outre, les hommes reconnus coupables pour des délits sexuels tels que le viol ou l’agression sexuelle ont été moins châtiés (généralement des amendes, des peines d’emprisonnement, ou l’invocation d’un mauvais état de santé ou d’une démence), malgré l’existence de châtiments plus sévères prévus par le Code Pénal de la Sharia, et qui sont généralement infligés en cas d’adultère.
Les femmes font clairement l’objet de discriminations. Des juges ont ignoré ou rejeté des allégations de viol et de coercition dans des cas de ‘‘Zina’’. Avant l’acquittement de Amina Lawal, les chefs d’inculpation contre les femmes utilisaient des normes de preuves discriminatoires et différentes de celles utilisées pour les hommes – celle de grossesse hors mariage.
Il y a par conséquent beaucoup à faire et cela ne se limite pas à ce qui doit être fait pour que la Sharia soit favorable aux femmes. Il faut, entre autre, de la rééducation et de la sensibilisation pour changer les vieilles habitudes tout en valorisant les cultures et traditions locales.
La couverture par les médias internationaux de ces procès y compris celui de Amina Lawal a été phénoménale. Le reportage médiatique et les pétitions ont eu des résultats contradictoires.
S’il y a eu plus de sensibilisation. S’il y a eu plus de sensibilisation sur les questions de violation de droits, il y a eu cependant un certain nombre d’actes hypocrites qui ont été identifiés : beaucoup de Nigérians se sont demandés pourquoi les Occidentaux s’intéressent tant à la vie d’une seule femme nigériane alors qu’ils tuent des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants musulmans en Irak, commettant de pires atrocités.La solidarité internationale est certes importante pour la protection des droits au niveau local, et les pétitions et les campagnes peuvent permettre d’atteindre des résultats. Toutefois, cela doit se faire sans stéréotypes ou entraves à la protection des droits humains et des droits des femmes.
De plus, les média et les protestations internationales ont beaucoup ignoré l’existence de voix dissidentes au sein des musulmans, et ont ainsi minimisée l’existence des protestations et des campagnes organisées à l’intérieur du Nigéria. La tendance à traiter le monde musulman comme un monde uniforme ne fait que légitimer la position de l’extrême droite religieuse, qui prétend parler pour tous les musulmans, et enlève toute légitimité aux déclarations des érudits progressistes, et des militants des droits humains. Minimiser ce qui est fait à l’intérieur sous-entend que c’est la pression et le pouvoir provenant d’intérêts externes qui importent et non le renforcement des cultures et des droits locaux.
Pour aller de l’avant, il est important d’utiliser les structures et mécanismes locaux (pourvoi, résolution informelle de conflit, simulacre de tribunaux organisés par les ONG locales, réseaux de sympathisants et des campagnes) pour faire barrage aux lois ou interprétation rétrogrades et aux forces qui les soutiennent. Agir de la sorte renforce le contre-discours local et a plus de légitimité que les pressions venant de l’extérieur. Par ailleurs, l’utilisation des structures et discours locaux peut réellement régler la question de la lutte de pouvoir politique au niveau local qui sous-tend l’utilisation politique des religions et de l’appartenance ethnique.
La reforme des lois est d’une importance capitale et nécessitera une éducation publique sur les lois musulmanes, les avis juridiques ainsi que des débats juridiques sur la teneur des lois. Cela nécessite également de la solidarité entre les différents acteurs afin que ceux-ci aient la même compréhension et élaborent des stratégies et des plateformes communes pour les droits humains dont ceux des femmes. Les groupes locaux devraient trouver les moyens d’interagir avec les médias internationaux et de les influencer pour qu’ils soient plus justes et nuancés dans leur reportage. Ils devraient aussi négocier et influencer les politiques des agences internationales afin de créer une solidarité avisée et respectueuse.
Mener des campagnes pour que les gouvernements et les media soutiennent les politiques internationales propices aux droits et à la justice économiques serait une source d’espoir partout dans le monde. Ainsi, la pauvreté et l’incertitude ne continueront pas d’être un terreau où les sentiments et acteurs religieux de l’extrême droite trouveront le soutien pour les discours et les lois qui violent les droits.
*Cette communication révisée comprend un résumé et des extraits d’une communication plus longue qui est la version révisée de l’article paru dans Where Human Rights Begin ( le point départ des droits humains) Santé, Sexualité, et Femmes à l’orée du Nouveau Millénaire,” publié par Wendy Chavkin et Ellen Chesler, Rutgers University Press, Novembre 2005.
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