• Contributor | Gouvernance

    Les dirigeants de la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe) ont exclu Madagascar de leur organisation "jusqu'au retour de l'ordre constitutionnel" dans ce pays et exigé que le président déchu Marc Ravalomanana revienne au pouvoir. C’était lors d'un sommet au Swaziland, le 30 mars. M. Rajoelina, qui a pris le pouvoir grâce à la pression populaire a réagi en déclarant que « si les pays amis veulent le développement de Madagascar, ce n'est pas une bonne solution d'isoler le pays".

    Tagged under Gouvernance Madagascar

  • Contributor | Gouvernance

    Plus de 300 émigrants africains, parmi lesquels des femmes et des enfants, ont probablement péri noyés après le naufrage de quatre bateaux au large des côtes libyennes, font savoir les autorités. Vingt-trois corps ont été recueillis par les garde-côtes libyens près des épaves de trois embarcations de fortune. Autant de rescapés ont pu être secourus. Les quatre embarcations avaient quitté la Libye entre samedi 28 et dimanche 29 mars, apparemment pour gagner l'Italie.

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  • Contributor | Gouvernance

    La justice de la Principauté de Monaco a ordonné, suite à un courrier de l’Ong Sherpa, l’ouverture d’une enquête sur l’existence de comptes bancaires ouverts à Monaco au nom d’Edith Lucie Bongo. Sherpa pense que la défunte première dame du Gabon aurait servi de « prête-nom » à son époux et à son père, Denis Sassou Nguesso, respectivement chefs d’Etat du Gabon et du Congo. A l’origine de l’enquête diligentée par la justice monégasque, un courrier adressé au prince Albert II et au procureur de Monaco, dans lequel l’ONG leur demandait le gel de tous les comptes bancaires au nom d’Edith Bongo.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le journaliste indépendant somalien, Jama Ayanle Feyte, jugé le 30 mars 2009 par un tribunal de Bosasso, dans le nord du pays, a été condamné à une peine de deux ans de prison. Selon Médecins sans frontières, il est victime d’un cas flagrant de ’justice expéditive’, pour des raisons politiques, et doit être remis en liberté sans délai.

    Tagged under Gouvernance Mali

  • En réponse au mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar al-Bashir, Mahmood Mamdani estime que ceux qui veulent l'application de des textes doivent également être tenus comptables lorsque la justice est recherchée. Retraçant l’histoire du conflit du Darfour, Mamdani estime que le fait de fonder sa compréhension sur de fausses hypothèses a conduit la CPI à jeter le blâme à la porte de al-Bashir.

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  • Contributor | Gouvernance

    Nicolas Sarkozy a plaidé, le 26 mars, pour la démocratie et les droits de l'homme en Afrique et réaffirmé sa volonté de mettre en place une "relation renouvelée" entre la France et le continent noir. S'exprimant devant le parlement du Congo, il a en outre invité Denis Sassou Nguesso, président de ce pays emblématique de la "Françafrique", à gagner d'autres batailles que le retour de la sécurité dans l'ancienne colonie française. "La démocratie et les droits de l'homme font partie de notre héritage commun", a dit le président français, soulignant qu'il ne s'agissait pas de valeurs occidentales "artificiellement plaquées" sur les sociétés africaines.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le président congolais Denis Sassou N’Guesso, interrogé le 24 mars par le quotidien français Le Figaro sur ses ambitions pour l'élection présidentielle prévue en juillet prochain dans son pays, a juste répondu : "je n'ai pas encore pris ma décision". Et d’ajouer : «Mais il est vrai qu’un grand nombre. Dix-huit partis politiques congolais ont créé en février dernier un front qui demande la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la reprise du fichier électoral.

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  • Une oeuvre particulièrement spectaculaire, financée par la ville de Paris et réalisée par le plasticien Driss Sans Arcidet, représentant des fers d’esclaves brisés de plus de cinq mètres de haut, pesant plusieurs tonnes – une première en Europe pour un monument à l’esclavage de cette importance - va être inauguré à Paris, samedi 4 avril 2009, en présence du maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, et de nombreuses personnalités. Ce monument, déjà installé depuis quelques jours, est recouvert d’une bâche jusqu’à son inauguration. Il sera mis en lumières de nuit.

    La journée exceptionnelle d’inauguration de cette œuvre est organisée par l’Association des amis du général Dumas, avec le soutien du conseil régional de la Guadeloupe, en coordination avec la mairie de Paris et avec la participation de toutes les associations de l’outre mer et de la diversité.

    Un détachement de la Garde républicaine et la musique des gardiens de la paix de Paris interviendront durant la partie officielle de la cérémonie qui sera prolongée par une partie festive.

    L’association des amis du général Dumas a notamment convié à cette journée M. Barack Obama - de passage sur le territoire français les 3 et 4 avril - ainsi que M. René Préval, président de la République d’Haïti.

    Cet important monument en hommage au général Alexandre Dumas, financé par la ville de Paris après un vote unanime sur une proposition de l’écrivain Claude Ribbe en 2002, viendra s’associer à celui de Gustave Doré (1883) consacré à Alexandre Dumas, fils du général et auteur des Trois Mousquetaires, ainsi qu’à celui de René de Saint-Marceaux (1906) consacré à Alexandre Dumas fils, petit fils du général, auteur de La dame aux Camélias et inspirateur de La Traviata. Il remplacera une statue d’Alphonse de Perrin de Moncel, installée l’hiver 1912-1913 et abattue par les collaborateurs en 1943 parce que les origines afro-antillaises du général Dumas y étaient particulièrement mises en valeur.

    Ainsi la place du général-Catroux retrouvera-t-elle, comme au début du XXe siècle, sa vocation de «place des Trois Dumas».

    Bien évidemment, au-delà du général Dumas, le choix du monument - qui figure des fers d’esclaves géants et brisés - est un hommage à tous les esclaves et à leurs descendants et à l’abolition de tous les esclavages.

    Thomas-Alexandre Davy de La Pailleterie, dit Alexandre Dumas, naquit esclave en 1762 à Saint-Domingue (depuis République d’Haïti). Sa mère, Césette, était une esclave. Son père, Antoine-Alexandre de La Pailleterie, un aristocrate déclassé devenu colon. Arrivé à 14 ans en France, Thomas-Alexandre suivit son père en Normandie, avant de s’engager à Verdun sous le pseudonyme d’Alexandre Dumas comme simple cavalier dans les dragons de la Reine où il rencontra trois camarades : Piston, Carrière de Beaumont et Espagne.

    Premier général d’armée antillais et afro-descendant de l’histoire de l’Occident, la carrière fulgurante de Dumas fut brisée par la réglementation raciste mise en place par Napoléon Bonaparte à partir de 1802, au moment du rétablissement de l’esclavage dans les colonies françaises.

    Héros de la Révolution, le général Dumas, qui commanda l’armée des Pyrénées, l’armée des Alpes, l’armée de l’Ouest et l’armée des côtes de Bretagne, et combattit sous les ordres de Bonaparte en Italie et en Égypte, s’illustra notamment par les victoires du Petit-Saint-Bernard et du Mont-Cenis, de Mantoue, de Klausen, de Brixen. Il contribua au succès de la prise d’Alexandrie et de la bataille des Pyramides.

    Fervent républicain, fondateur des Chasseurs alpins en 1794, le général Dumas échappa de justesse à l’échafaud pour avoir démissionné avec éclat de l’armée de l’Ouest afin d’épargner les civils vendéens et préféra briser son sabre pour rester en paix avec sa conscience.

    Le général Dumas avait fondé une famille en 1792 à Villers-Cotterêts (Aisne), là où il avait rencontré la jeune Marie-Louise Labouret, le jour du 250e anniversaire - et sur les lieux mêmes où l’événement s’était produit - de l’ordonnance imposant la langue française dans le monde. Le général Dumas, franc-maçon, fut très probablement initié à la loge Carolina de Villers-Cotterêts par son beau-père, Claude Labouret.

    Le général Dumas mourut pauvre, miné par le chagrin pour avoir été chassé de l’armée française par la législation raciste de Bonaparte qui lui interdit de prendre part, comme ses compagnons, tous dignitaires de l’Empire et de la Légion d’Honneur, à la bataille d’Austerlitz.

    Il n’eut droit à aucune récompense pour ses exploits et, sur ordre de Bonaparte, ne fut jamais remboursé d’une somme de 28 500 F qui lui était due pour une période de captivité où il fut particulièrement maltraité dans les geôles du roi de Naples. Son nom est gravé, ainsi que celui de deux de ses compagnons, sur l’arc de triomphe à Paris.

    Le fils du général, reprenant le même pseudonyme d’Alexandre Dumas, est l’écrivain français le plus lu dans le monde. Son plus célèbre roman, Les Trois Mousquetaires, qui s’inspire des aventures du général Dumas et de ses compagnons, est l’œuvre littéraire la plus adaptée à l’écran. L’écrivain Alexandre Dumas, qui se considérait comme franco-haïtien, avait réclamé en 1838 qu’une statue de son père soit installée sur une place de Paris et qu’une copie de cette statue soit offerte « par les hommes de couleur du monde entier » à la jeune République d’Haïti. Alexandre Dumas se proposait d’accompagner lui-même cette statue sur un bateau de guerre mis à sa disposition par le gouvernement français.

    Dans le cadre d’une démarche de réhabilitation menée depuis plus de sept ans, Claude Ribbe et l’association des amis du général Dumas, soutenus par de nombreux élus – dont la municipalité de Villers-Cotterêts - ont entrepris d’obtenir du président de la République française la réintégration symbolique du général Dumas, à, titre de régularisation, dans l’ordre national de la Légion d’honneur dont le général Dumas était membre de droit (ès qualités d’attributaire d’un sabre d’honneur par Bonaparte dès 1798) et dont il fut privé simplement à cause de la couleur de sa peau et de son origine servile.

    Cette réintégration, présentée à Jacques Chirac en 2006 - pour le bicentenaire de la mort du général Dumas - avait été refusée. Le gouvernement de M. Dominique de Villepin avait également refusé d’inscrire la mort du général Dumas au calendrier des commémorations nationales pour 2006. Mais les chasseurs alpins avaient malgré tout rendu hommage à leur fondateur en juin de la même année au col du Petit-Saint-Bernard. A l’occasion de cet hommage, l’hymne national avait été sifflé par des manifestants hostiles au général Dumas.

    Dans une lettre adressée à l’association des amis du général Dumas le 23 octobre 2008, M. Nicolas Sarkozy, président de la République française, déplorant «l’affront fait à sa mémoire en 1943 » a rendu un hommage appuyé « à l’un des plus grands hommes que la Caraïbe a donnés à la France ». Il a reconnu que le général Dumas était un « ardent républicain » et regretté qu’il soit « encore trop peu connu des Français » tout en considérant que l’œuvre de Driss Sans Arcidet « rappellera à tous ce que la France doit au général Dumas. »

    Tout en s’abritant derrière le principe que la Légion d’honneur est réservée à titre posthume aux soldats morts au combat dans le mois qui suit le décès, le président de la République ne s’est pas prononcé sur le cas d’une éventuelle régularisation d’une personne décédée qui aurait dû être membre de droit ou qui était membre de la Légion d’honneur mais qui n’a pu faire valoir ses prérogatives ou en a été privée du fait d’une réglementation raciste ou xénophobe, contraire aux droits de l’homme et donc imprescriptible, en vigueur à l’époque du décès.

    * Claude Ribbe, écrivain, dirige l’Association des amis du général Dumas

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  • Mtimita | Gouvernance

    Au cœur des barbelés qui définissent l’existence de la prison de Kaliti, au-delà des eucalyptus moqueurs qui ondoient dans le ciel céruléen d’Addis Abeba, au-delà des cages carrées extérieures réservées aux visiteurs, loin des gardiens de prison dont les mains impitoyables examinent le contenu de votre panier à provision, en détention cellulaire, il y a une prisonnière politique âgé de 34 ans. C’est son second séjour depuis 2005 à l’intérieur des murs infâmes de la prison située dans la périphérie de la capitale éthiopienne.

    Le crime de Mme Birutkan Mideksa, selon le gouvernement éthiopien, est la violation des conditions du pardon qui lui avait été accordé en 2007. Elle avait été arrêtée en 2005 lors des perturbations post-électorales au cours desquelles 200 personnes avaient été tuées par les forces gouvernementales et plus de 100 dirigeants et parlementaires élus appartenant à l’opposition, des défenseurs des Droits de l’Homme, des journalistes, des avocats et des membres de la société civile avaient été emprisonnés.

    Mme Mideksa a été jugée et condamnée à la prison à perpétuité. Le chef d’accusation était la trahison. Ce qui a suscité l’indignation internationale. Des campagnes musclées de par le monde ont attiré l’attention sur son cas. Amnesty International et d’autres ONG ont déclaré que l’accusée était une prisonnière d’opinion, emprisonnée pour la seule raison d’avoir exercé ses droits fondamentaux.

    En 2007, Mme Mideksa et ses co-accusés ont été libérés suite aux négociations menées entre des Sages et le gouvernement éthiopien qui, selon les dires, ont abouti aux accords suivants : une confession signée par Mme Mideksa et les autres accusés, contre un pardon accordé par le gouvernement. Les conditions et les critères de ces pardons demeurent peu clairs. Ce qui est par contre connu et évident, c’est qu’en décembre 2008 Mme Mideksa a exercé son droit à la liberté d’expression qui a conduit à son arrestation.

    En dehors de la cellule de 2 mètres carrés qu’elle habite actuellement, la prisonnière politique est aussi un ancien juge, la mère d’une fille de 4 ans et le chef d’une organisation politique dans l’opposition (la seule femme en Afrique a occuper une telle position). En jonglant avec ces différents rôles, elle s’efforçait d’éviter les terrains minés qui menacent l’exercice des droits humains en Ethiopie. Comment se fait-il qu’une femme qui a présidé la Cour de justice lors de procès importants aboutisse en détention cellulaire, avec une condamnation à perpétuité pour la deuxième fois en deux ans ? La réponse se trouve dans la réalité torturée de la vie en Ethiopie.

    De toute évidence, le pays n’a pas de système judiciaire indépendant, pas de liberté de presse, pas de société civile et les libertés individuelles, telle la liberté d’expression, d’association et autres ont été sévèrement rognées sinon éliminées. Même les artistes ne jouissent pas de la liberté de pensée, leurs expressions ne pouvant s’égarer loin des lignes du parti : le fait que Teddy Afro soit emprisonné, soi-disant pour un accident avec délit de fuite, donne lieu de penser que ce chanteur populaire, chantre de la démocratie, est plutôt victime d’un subterfuge.

    Un auteur célèbre a une fois noté que le degré de civilisation d’une société se mesure à l’aune des conditions prévalant dans ses prisons. On peut ajouter à cela, le système d’éducation. Les deux sont en ruine en Ethiopie. Pour ce dernier, il suffit d’examiner la politique du Premier Ministre Meles Zenawis qui considère que la graduation du 10ème degré correspond à la fin d’étude du lycée. Il n’est donc guère surprenant, selon n’importe quel index économique, que le pays soit à la traîne et reste un complet désastre en terme de développement.

    Le système carcéral, certainement depuis 2005 mais probablement déjà auparavant, a hébergé les membres les plus éminents de l’intelligentsia éthiopienne, de sa communauté d’artistes et de ses défenseurs des Droits de l’Homme. Ceci ne le distingue certainement pas – les régimes totalitaires ayant tendance à discréditer ceux qui les défient. Ceux qui n’ont pas été emprisonnés ont été massacrés en plein jour. En Ogaden, les violences perpétrées par des forces gouvernementales étaient si énormes que les organisations des Droits de l’Homme les ont qualifiées de crimes contre l’humanité. Ce type de leadership est non seulement exporté vers la Somalie voisine, mais il est aussi allégué que les Etats-Unis ont utilisé l’Ethiopie pour que la CIA y établisse un de leur centre d’interrogatoire.

    Ce qui nous ramène à Mme Mideksa. La détention en isolement, selon Amnesty International, l’expose aux risques de mauvais traitements et de torture. La juge Mideksa est privée d’accès à des soins médicaux ainsi qu’à un avocat. Elle encourt le risque d’abus, à moins que ces abus n’aient déjà été perpétrés par les gardiens de prisons. La situation pour une femme prisonnière politique est particulièrement difficile et le potentiel de souffrance est immense.

    Le monde, hormis ceux concernés quotidiennement par les affaires de l’Afrique, fait la sourde oreille quant à ses souffrances et à celles de l’Ethiopie. Le flirt continuel de la direction du pays avec le désastre - que cela prenne la forme d’une famine ou une funeste incursion dans une prétendue politique électorale en 2005 ou des mésaventures en Somalie - présente l’image claire d’un parti dominant qui tient le pays d’une poigne de fer inextricable. Néanmoins Meles Zenawis ne partage pas le sort d’un Mugabé ou d’un Bashir au Soudan. Il n’y a eu ni condamnation internationale, ni mandat d’arrêt et il n’est certainement pas persona non grata.

    A la différence d’autres dictateurs, le chef du gouvernement éthiopien a un air de légitimité au point qu’il a fallu rappeler aux Occidentaux sa vraie nature lors des élections de 2005. La politique du Premier Ministre revêt deux aspects : d’une part faire preuve de l’indispensable volonté de protéger les intérêts occidentaux dans la Corne de l’Afrique et, d’autre part, faire montre de démocratie et d’économie de marché (sans toutefois créer les institutions ou les responsabilités qui accompagnent ces deux éléments).

    Sa stratégie semble avoir réussi à merveille. Pas de remontrance ou de tape sur les doigts. L’Occident - et surtout les principaux bailleurs de fonds du régime éthiopiens- ignore les violations massives des Droits de l’Homme qui accablent la nation. Ce qui n’est guère surprenant. Même les Ethiopiens sont fatigués des mêmes vieux problèmes de l’Ethiopie. C’est facile d’ignorer quelque chose qui persiste depuis trop longtemps. Pour ceux qui ont besoin d’un cours intensif et rapide en histoire politique de l’Ethiopie, considérez ce qui suit.

    Avant 1974, l’Ethiopie a été dirigée par une succession de rois et d’empereurs et était essentiellement un état féodal. Les Etats –Unis était son allié. En 1974, une junte militaire, prétendument marxiste/léniniste, prend le pouvoir et terrorise la nation durant presque deux décennies, avec des pics de « terreur rouge » et de « terreur blanche ». Il est allégué que presque 100 000 civils ont disparu. L’Union soviétique et ses satellites étaient les alliés de l’Ethiopie.

    Cette dictature a été éjectée par un ramassis de combattants de la guérilla, parmi lesquels l’actuel Premier ministre. Bien que l’origine du groupe était aussi marxiste/léniniste, sa nature ‘’caméléon’’ lui a permis de prendre la coloration la plus opportune à un moment donné. Ce groupe est au pouvoir depuis 1991. Le nombre de disparus résultant de leur politique impitoyable est inconnu.

    Aujourd’hui, presque deux décennies plus tard, les Etats Unis sont de nouveau un allié et l’Ethiopie a reçu la convoitée désignation de « partenaire dans la guerre globale contre le terrorisme ». Ce statut est lamentable, sinon ridicule : comment un gouvernement incapable de fournir de l’eau potable, qui doit batailler en permanence contre l’insécurité alimentaire ou qui devrait infléchir son penchant à liquider l’opposition, comment donc un tel gouvernement peut-il se voir confier la bataille contre le terrorisme dans la Corne de l’Afrique ?

    L’incarcération du juge Mideksa n’est rien d’autre que le microcosme des tragédies dont la population en général fait l’expérience. Son cas illustre l’immense pouvoir que le gouvernement éthiopien exerce sur ses citoyens. Les propos offensifs qu’on attribue à Mme Mideksa ont été prononcés en Suède. Ils ne faisait rien de plus que relater des faits : notamment que sa libération n’était pas le fruit d’un pardon légal mais plutôt le résultat de négociations politiques. C’est son refus de retirer ses propos qui lui ont valu d’être à nouveau emprisonnée.

    Compte tenu que l’appareil étatique de éthiopien a des tentacules au-delà de ses frontières et au-delà des océans, imaginez le contrôle qu’il doit exercer sur les populations à l’intérieur de ses frontières. Le «Big Brother » africain surveille. Après les élections de 2005, le gouvernement a interdit les messages SMS, l’outil étant utilisé par les militants pour la démocratie pour organiser les électeurs ainsi que des rassemblements pacifiques. Divers blogs éthiopiens, site web et autres accès à l’Internet sont bloqués de façon routinière en Ethiopie. La population assiégée est régulièrement fouillée dans la rue et à l’entrée des restaurants.

    Trois mois après que la condamnation à perpétuité ait été réinstaurée, nous devons poser des questions radicales concernant le cas de Mme Mideksa et l’Ethiopie dans son ensemble : est-ce que les droits fondamentaux peuvent être balayés par la volonté d’un gouvernement ? Pourquoi est-ce que le financement international n’est pas véritablement liés à la situation des Droit de l’Homme ? Est-ce que les intérêts occidentaux, en particulier ceux ayant trait aux soucis du terrorisme, doivent prévaloir sur les Droits de l’Homme en Afrique ? Et, plus important encore, où est l’indignation ? ? ?

    * Mtiimita est un nom d’emprunt pour un militant des Droits de l’Homme en Ethiopie

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  • Il y a quelques jours, de passage à Boni (près de Houndé), j'ai interrogé un ami sur sa plantation de jatropha. Comme beaucoup d'autres paysans de son village, il y a bientôt un an, il a répondu positivement à l'invitation qui lui a été faite de développer cette plante dont les graines donnent une huile très fine qui peut servir de carburant. Il m'a répondu : « Ne me parlez plus de jatropha, tous mes plants sont en train de crever».

    Pourtant, les articles de presse qui font l'éloge du jatropha comme source d'agrocarburant sont très nombreux, le qualifiant de « biocarburant venu du désert ». Ce serait aisi une plante miraculeuse « qui pousse sur des terres arides, se cultive facilement et dont l'huile fait des envieux » ... La culture de cette plante n'entrerait pas en concurrence avec celle, vitale, de produits alimentaires, pour la bonne raison que l'atout principal du jatropha serait de pousser sur des terrains semi-arides. Pas si sûr !

    La réponse de mon ami à ma question m'a poussé à poursuivre mes recherches. J'ai voulu en savoir plus. Et je suis tombé sur une étude sur les agrocarburants au Sénégal menée par deux ONG, Wetlands International et Actionaid Sénégal, qui invite à la prudence. En effet, pour Sidi Bâ, représentant du Cadre national de concertation des ruraux (CNCR), une organisation paysanne, "tel que c'est décrit dans le programme national (de culture de jatropha), le bio-carburant est effectivement une menace réelle pour les cultures vivrières". "Cultiver du jatropha à la place du mil, du maïs ou de l'arachide, c'est dire aux paysans: mourrez de faim demain", ajoute M. Bâ.

    Ces menaces sont surtout dues au fait que, selon des spécialistes, la culture du jatropha était annoncée sur des terres dégradées, salées notamment. Mais il est cultivé sur des terres arables, dans le nord et le sud du pays notamment, d'où provient l'essentiel de la production nationale de riz. "Le jatropha peut pousser partout, mais il est recommandé de le cultiver sur des sols humides pour avoir des graines. C'est pour cette raison que les zones humides, les mêmes terres prévues pour l'agriculture, sont convoitées", affirme Pape Mawade Wade de Wetlands International.

    Dans l'encyclopédie Wikipedia, on peut lire également : « Au début des années 1990, une tentative de culture au Nicaragua sur 2 000 hectares n'a pas tenu ses promesses et s'est révélée catastrophique, avec pour seul rendement 200 litres par hectare (au lieu des 2 000 litres espérés). En effet, bien que la plante pousse bien sur les sols arides, il semblerait que son rendement chute si l'apport en eau et la qualité du sol sont insuffisants. Ce qui crée une pression sur le mode de culture, car viser un rendement optimal nécessite de planter sur un sol fertile et d'irriguer régulièrement... »

    Finalement, le jatropha ressemble beaucoup à une vache laitière. Si vous voulez que votre vache soit en bonne santé et vous donne beaucoup de lait, il faut lui donner une nourriture saine et abondante. Si vous voulez que votre jatropha se développe vite et bien et vous donne beaucoup de graines (et donc beaucoup d'huile) plantez-le dans une bonne terre humide.

    Arrêtons donc de dire que le jatropha n'entre pas en concurrence avec les cultures de produits alimentaires.

    * Maurice Oudet?est président du SEDELAN (Service d'Édition en Langues Nationales), au Burkina Faso

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  • Nos dirigeants peuvent-ils expliquer aux peuples de notre continent ce qui se passe avec notre grand et légitime rêve des Etats-Unis d’Afrique ? Lorsque le guide Libyen parle des EtatsUnis d’Afrique, sommes nous certains qu’il parle toujours de notre grand rêve ? Surtout qu’il est désormais le roi des rois d’Afrique et que pour lui la démocratie est un luxe pour l’Afrique. Le projet du guide inclut-il l’Afrique blanche ?

    Mais nos dirigeants qui donnent l’impression de suivre le guide, s’ils veulent sincèrement des Etats-Unis d’Afrique, qu’attendent-ils pour faire de nos structures régionales d’intégration, une réalité perceptible par nos peuples (libre circulation des personnes et des biens, monnaie commune, etc) ?

    Nos dirigeants peuvent-ils donner de petits gages de leur sincérités en matière d’intégration ? Le Togo et le Bénin sont-ils condamnés à vivre séparément alors que tout pourtant, rend urgent leur union, leur integration profonde ? Pourquoi, par exemple, les dirigeants de ces deux pays ne pouvaient commencer à établir des documents administratifs communs pour leurs ressortissants (carte d’identité, permis de conduire, carte grise automobile, sessions communes des parlements et des gouvernements etc) en attendant le démantèlement de leurs frontières ?

    Cette remarque vaut aussi pour le Sénégal et le Mali, le Niger, le Brukina Faso et le Bénin, y compris demain entre le Nigéria, le Bénin, le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire etc.

    Si nos dirigeants ne sont pas capables de ces sacrifices minimums, qu’ils cessent de nous distraire, de se distraire à nos dépens ou de distraire le Guide et ses ressources jusque-là intarissables.

    Notre “grand rêve” n’est pas impossible, nous y croyons d’autat plus que nos “petits rêves” commenceront à devenir réalité.

    * Le GERDDES (Groupe d'Études et de Recherches sur la Démocratie et le Développement Economique et Social) est une ONG panafricaine dont l'objectif est de faire la promotion et le monitoring de la démocratie pour accélérer le développement économique et social du continent.

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  • Pendant la réunion, à Londres, des ministres de l`Economie de vingt pays plus avancés au monde, en prélude au sommet du G20 sur la crise financière mondiale prévue en avril 2009, les dirigeants et chef d`Etats africains ont fait clairement entendre leur voix. Le Premier ministre de Grande Bretagne, M. Gordon Brown, a saisi l`occasion pour souligner son rôle d’ « ami de l`Afrique ». De même, pour la première fois, on a enregistré un communiqué de presse conjoint du Brésil, de la Chine, de la Fédération Russe et de l’Inde, demandant une reforme des institutions financières internationales afin de donner une meilleure représentativité aux pays en développement et de créer, un jour, une meilleure régulation du systeme financier. Mais les Africains ont aussi pris en charge leurs propres préoccupations.

    Le Président de la Banque de Développement Africaine, Donald Kaberuka, a ainsi défini l’effet de la crise financière en Afrique comme étant « plus sérieuse que prévu ». Dans le même temps, le Premier ministre éthiopien, Melas Zenawi et le ministre de l`Economie sud-africain Trevor Manuel ont demandé au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale une plus grande flexibilité, afin de rendre disponibles les financements pour le commerce. Pour M. Zenawi, investir en Afrique est d’une rentabilité économique plus évidente, dans la mesure où l’effet global dans l`économie de chaque dollar investi sur le continent est plus important que l`effet de chaque dollar investi aux Etats Unis ou au Royaume Uni. En plus, le résultat sur l`instabilité et la crise pourrait être d’une autre portée. Cette vision a été saluée par le président libérien, Ellen Johnson-Sirleaf.

    Les dirigeants Africains s’étaient retrouvés dans la capitale britannique pour une rencontre organisée par Gordon Brown. En écoutant les propos des uns et des autres, il a pu mesurer la profondeur de la crise sur le continent africain. A titre d’exemple, 500 000 ouvriers ont été licenciés dans la région zambienne de production du cuivre, à cause de la chute des prix, et beaucoup des agriculteurs ont perdu leur travail et leur revenu. Les ressources financières en provenance de l’étranger se sont également raréfiées. En réaction, les quatre pays du BRIC (Brésil, Russe, Inde et Chine), dans une déclaration commune, se sont fortement prononcés à faveur d`un meilleur accès au crédit. Ils ont dénoncé la diminution des investissements du secteur privé pour l`année en cours et pour l`année à venir, soulignant qu’il est « est fondamental que les institutions financières multilatérales puissent augmenter les niveaux du crédit afin de contrer la crise ».

    Dans ce contexte, la Chine tisse cependant sa toile. Le « Financial Times » rapporte que le Fonds de Développement Sino-africain a reçu une injection de liquidité de 2 milliards de dollars bien avant les termes prévus, et que Pékin cherche à occuper les espaces financiers abandonnés par les investisseurs occidentaux. A cette date, le Fonds, créé vers la fin 2006, a investi 400 millions de dollars en plus d’un milliard de dollars de subventionnes par la Banque de Développement Chinois. Le montant restant sera utilisé en 2009, deux ans avant les termes prévus, selon le PDG du Fonds, Chi Jianxin.

    Les projets en cours de réalisation incluent des aménagements agricoles en Ethiopie, au Malawi et au Mozambique, ainsi que le développement des zones industrielles en Egypte, au Nigeria et en Ile Maurice. Un joint-venture est aussi prévu pour une centrale électrique au Ghana, alors que le Fonds à commencé à développer une nouvelle branche en Afrique du Sud, devenue fonctionnelle avec la signature d’une entente avec le ministère du Commerce et de l`Industrie sud-africain.

    Selon le magazine chinois « Peoples Daily », l`investissements chinois à l`étranger en 2008 avait porté sur 52,1 milliards de dollars, soit une hausse de 96,7 % par rapport à l`année 2007. Le « Washington Post » parle de l’envie des Chinois d`aller faire « des folies dans les magasins ». Le 12 de février, la compagnie d`Etat Chinalco, un géant du secteur minier, a signé un accord commercial, pour une valeur de 19,5 milliards de dollars, avec la compagnie australienne Rio Tinto. Cette opération doublera la participation chinoise dans la seconde plus importante compagnie minière du monde.

    Par ailleurs, la Chine a déjà utilisé trois fois des prêts financiers afin de protéger le niveau de ses réserves énergétiques. Les 17 et le 18 de février, la compagnie China National Petroleum a signé des accords séparés avec la Fédération Russe et le Venezuela. A la Russie elle s`engage à prêter 25 milliards de dollars, contre 4 milliards au Venezuela. En retour, les deux pays vont lui fournir du pétrole à long terme. Le 19 février, la Banque Chinoise de Développement a signé un accord similaire avec la compagnie brésilienne Petrobas, pour une valeur de 10 milliards. En plus, l`Iran a annoncé avoir signé un accord de 3,2 milliards de dollars avec une joint-venture chinoise, afin de développer l`exploitation d`une zone sous marine du Golfe Persique, estimée contenir le 8% des réserves mondiales du gaz naturel.

    Par ailleurs, la Chine a formulé une offre de prêt d’un milliard de dollars pour l`Angola, destiné à développer des projets agricoles et dans le secteur du bâtiment. Le prêt s`ajoute au budget de 5 milliards de dollars alloué à la fin de la guerre civile en 2002. Au même moment, au Nigeria, la Chine a commencé des discussions bilatérales afin d’élaborer les détails pour la réalisation d`une zone économique spéciale appelé Ogun Guangdong. Il s’agira d’une enclave industrielle de 7.000 hectares, financée par des entreprises chinoises de Guangdong, une région de la Chine méridionale.

    En Zambie, deux compagnies chinoises, la Zhonghui Guoha Industry (Group) Limited et la State Grid International Development ont souligné leur intérêt à investir dans la région du Mwinilunga. C’était au cours d’une rencontre officielle avec le ministre du Commerce et de l`Industrie et le ministre des Ressources minières. Avant cela, le gouvernement zambien avait annoncé sa disponibilité à mettre à disposition trois régions, bien délimitées, pour l`exploitation du pétrole et du gaz naturel. Dans la même temps, le « New York Time » annonçait que le ministre du Commerce chinois était, pour la première fois, à la tête d`une délégation de cadres commerciaux, dans le but de développer des fusions et acquisitions en Europe.

    Pour un ancien analyste du FMI spécialisé sur la Chine, cet activisme constitue un clair signe de la volonté chinoise de renforcer sa compétitivité future. Cela s’est vérifié dans la récente révision du budget de 600 milliards de dollars, et aide à mieux comprendre les avertissements lancés par le Premier ministre Wen Jiabao, quand il se disait perplexe sur la sécurité des avoirs chinois aux États-Unis. En effet, quelques jours après les propos ce dernier, qui s’exprimait pendant une conférence de presse après la session annuelle de la législature chinoise, l`agence de presse gouvernementale Xinhua a fourni un contexte plus spécifique, à ses mots. Ceci, en publiant un rapport sur les estimations données par le Département du Trésor américain sur le flux de trésorerie international. Ainsi, on note qu’en janvier les achats étrangers de la dette publique américaine ont atteint 10,7 milliards de dollars. Les chiffres indiquent aussi que pendant le même mois la Chine a augmenté ses possessions de la dette américaine jusqu`à 12,2 milliards de dollars (plus que l`augmentation net global).

    Il devient donc évident que le processus de rétablissement de l`économie américaine, mené par le président Obama, est financé, au fond, par la Chine, qui détient 60% de la dette américaine. Les responsables politiques américains ont été rapides à confirmer et répéter les mots rassurants prononcés par Hillary Clinton, disant que « pour investir il n`y a pas un marché meilleure que les Etats-Unis », il n’empêche qu’on lit dans le « Washington Post » : « Les experts disent que le fait de détenir 60% de la dette américaine a permis à la Chine d`avoir un avantage dans ses rapports avec Washington et que les mots prononcés par Wen doivent être entendus comme un coup de semonce. En fait, ces mots ont été prononcés seulement après une échauffourée dans les eaux internationales, entre un navire de guerre américain et cinq vaisseaux chinois. L`escarmouche a fourni l`occasion pour des récriminations tant aux Etats-Unis qu’en Chine. En plus, les cadres chinois ont souligné une tendance politique, menée par le Congres Américain, au protectionnisme. Une politique qui pourrait gêner les exportations de Pékin, déjà amoindries par la crise mondiale.

    Le Washington Post poursuit : «… Le pouvoir que la Chine a aujourd’hui est directement lié au fait que sa politique économique est vue comme un signal du niveau de confiance que les investisseurs étrangers ont sur la capacité des Etats-Unis à résorber sa detten analyse Eswar Prasad, un des responsables chez Brookings Institutions». Et d’ajouter : « Les mots du président chinois peuvent être considérés comme un coup de semonce, parce qu’implicitement ils disent aux Etats-Unis de reculer en matière de politique monétaire et de politique commerciale ».

    Jusqu’à aujourd’hui donc, tous les faits corroborent l`idée que pendant la rencontre du G20, en avril, il sera difficile de nier aux pays émergeants un rôle majeur dans la gestion de la finance internationale. Les pays du BRIC doivent pourtant chercher à assurer que toutes les différentes voix du Sud Global et de l`Afrique puissent être réellement représentées dans la nouvelle structure de la finance mondiale. Mais, d`un autre point de vue, le défi le plus stimulant est de voir si les quatre pays du BRIC veulent vraiment devenir la voix du Sud et de l`Afrique.

    * Stephen Marks est chercheur Associé et Coordinateur du Projet ‘La Chine en Afrique’ à Fahamu.
    * Sanusha Naidu est directeur du Projet ‘La Chine en Afrique à Fahamu

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  • Pour un éminent économiste à l`ONU, Jeffrey Sachs, la Chine pourrait sortir le monde de la crise financière internationale. En Afrique, par exemple, alors que des signes de restrictions financières apparaissent, de la part des pays occidentaux, tous les indicateurs économiques sur les niveaux des investissements chinois sur le continent continuaient à augmenter. Mais les préoccupations montent aussi au regard des impacts environnementaux et sociaux des interventions chinoises sur le continent. Cependant, comme en réponse à ces préoccupations, on a vu les efforts menés par de grandes sociétés chinoises en vue d’améliorer leur image publique. C’est dans ce contexte que la réunion annuelle du Parlement Chinois a permis de comprendre les tendances politiques et les idées des dirigeants Pékin.

    Conseiller économique du Secrétaire General de l`ONU, Jeffrey Sachs, voit la Chine comme une planche de salut face à la crise financière internationale. «La République chinoise, a-t-il déclaré lors de la réunion du Fonds Monétaire International qui vient de se tenir à Dar-es-Salam (10-11 mars 2009), n`a pas la même bulle spéculative que les Etats-Unis ou l`Europe. Au contraire, elle détient une grande réserve monétaire en devises étrangères, un surplus commercial et s’affirme comme un pays privilégié par les investisseurs. La Chine a les moyens nécessaires pour développer une reprise économique rapide. Si cela arrive pendant l`année en cours, toutes les autres économies en seront bénéficiaires».

    Pour M. Sachs, il s’agit d’une perspective d’autant plus salutaire que la crise mondiale actuelle peut retarder ou affaiblir les possibilités d’atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire, en 2015. Surtout si les pays plus riches réagissent en réduisant tant les aides humanitaires que les investissements financiers attendus d’eux.

    Aujourd’hui, le constat est que l`intérêt économique de la Chine pour l’Afrique n’a pas été altéré par le contexte de crise internationale. Pékin a ainsi réaffirmé, par exemple, son intention de procéder avec un plan d`investissement pour 9 milliards de dollars, destiné à l`exploitation minière et à la construction d’infrastructures en République Démocratique du Congo. Il s’agit là du plus grand investissement chinois en Afrique, à travers lequel Kinshasa bénéficiera de réseaux routiers, de réseaux ferroviaires, d’hôpitaux et d’écoles. Mieux, la Chine a garanti un approvisionnement de longue durée en ressources métallifères, pour 50 milliards de dollars à prix courants.

    En Algérie, la compagnie chinoise de télécommunications, Huawei Technologies est en train de développer deux réseaux de téléphonie mobile, à la place de l’ancien monopole détenu par la compagnie publique Algérie Telecom et son rival, la compagnie privée Djezzy gérée par l`égyptienne Orascom.

    En Zambie, le président de la République à lancé un projet de 400 millions de dollars pour développer un projet hydroélectrique sur la rive nord du fleuve Kariba. Il sera cofinancé à 85% par la banque chinoise Eximbank et sa réalisation a été confiée à la société Sino Hydro, la plus grande entreprise opérante dans le secteur énergétique chinois.

    Au Mozambique, la Chine s`est engagée à augmenter de 2,5 million de dollars le budget originaire, pour permettre la finition de la construction du Stade National, qui est menée par des entreprises chinoises, avant la Coupe du monde 2010. Cette compétition se joue en Afrique du Sud, mais le Mozambique espère tirer profit de sa proximité avec ce pays pour accueillir certaines équipes nationales dans leur préparation. Cet apport financier de la Chine a porté le cout total du projet à 60 millions de dollars.

    Au Nigeria, une des plus grandes multinationales chinoises du pétrole, la CNOOC, a annoncé avoir commencé, avant le terme prévu, le développement du projet « OML 130 » dans la région de Akpo. La partie chinoise détient 45% du projet et représente « un des plus grands projets d`exploitation en profondeur » à réaliser.

    La présence chinoise en Afrique se renforce donc, mais elle suscite également des préoccupations. Ainsi, la signature d`un accord de développement entre la Libéria et la compagnie China-Union, pour 2,6 millions de dollars, a fait l’objet de dénonciation par plusieurs ONG qui s’inquiètent des possible effets sur l`approvisionnement des communautés et sur certaines clauses fiscales. En même temps, ces ONG se posent des questions sur la capacité de l`Etat et de la société civile à surveiller la correcte application des termes de l`accord, pour un projet qui doit employer 3000 ouvriers.

    Concernant le Congo, un éminent scientifique en primatologie a informé le Congrès américain que les besoins en matériaux métallifères de la Chine et l’exploitation des ressources sont en train d’augmenter le niveau de déforestation et de destruction du patrimoine naturel de ce pays.

    Pour l`économiste namibien Julius Likela, « il est important, pour les entrepreneurs locaux, de comprendre la stratégie utilisée par les Chinois pour pénétrer le marché national et ajuster , en conséquence, les stratégies de partenariat et d’offres de produits et services. Avec ou sans le patronage du gouvernement, les entrepreneurs locaux doivent apprendre à opérer dans un system compétitif ».

    On constate, aujourd’hui, que les sociétés chinoises cherchent à améliorer leur image comme acteurs sociaux responsables. Dans ce cadre, une importante entreprise des télécommunications chinoise a annoncé son implication dans un projet sponsorisation de l`ONU, le Global Compact. Il s’agit d’une initiative comprenant 7000 sociétés au niveau mondial, qui s`engagent à promouvoir l`application de dix principes portant sur les droits humains, le droit au travail, l`environnement et la lutte contre la corruption.

    Mais, la vraie question est de savoir comment la Chine perçoit son rôle dans l`économie mondiale et spécialement au regard de l`Afrique. Une réponse partielle a été fournie à l’occasion de la réunion annuelle du Congrès National du Peuple (CNP), le Parlement chinois (ouvert le 4 mars 2009). Cette conférence annuelle représente une plateforme autour de laquelle les politiciens les plus influents peuvent présenter leurs idées, comme le font les PDG des entreprises en présentant les objectifs annuels de leurs sociétés. La conférence donne aussi la possibilité à certaines organisations d’adresser des questions aux autorités. Cette année, par exemple, le groupe environnementaliste Amis de la Nature (Friends of Nature) a envoyé une lettre ouverte aux délégués, demandant que le paquet financier destiné à soutenir la reprise économique soit utilisé pour promouvoir une politique économique réduisant l`émission de Co2, mais pas pour développer des technologies polluantes qui infirment la crédibilité du gouvernement à atteindre ses objectives de réduction en matière de pollution et de préservation énergétique.

    Parallèlement aux débats du Congrès, les discours et conférences de presse tenus par les conférenciers du gouvernement ont fourni une meilleure compréhension des tendances politiques, particulièrement pour ceux qui ont l`habileté à comprendre le sens caché du langage politique. Un exemple intéressant, à ce propos, reste le discours de deux heures tenu par le président de la République chinoise, M.Wen Jiabao, sur la condition de l`économie. Dans ses propos, il a réaffirmé l`engagement de son pays à investir un paquet de 585 milliards de dollars. Sauf que l`absence des nouveaux détails à irrité les marchés internationaux qui, dans l’attente d’une fructueuse ouverture, espéraient avoir plus de détails sur le paquet économique chinois.

    Cependant, un rapport présenté pendant une réunion informelle du CNP, par le Directeur de la Commission Nationale pour les Reformes et le Développement et publié par le magazine indépendant « Caijing », a fourni une version plus exhaustive du paquet économique. Le document prévoit une diminution des investissements pour le secteur du bâtiment, en vue d’un renforcement des travaux publics dans les zones rurales et des programme d`aide social. En analysant le rapport, l`agence de presse Reuters a souligné une tendance politique vers une réalisation des objectifs concernant les politiques environnementalistes et les économies d’énergie région par région, malgré la diminution des investissements publics.

    De même, ceux qui savent lire derrière les formules politiques et diplomatiques peuvent comprendre que la conférence tenue par le ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi, en marge d’une rencontre politique, ouvre plusieurs perspectives. A cette occasion, M. Yang a déclaré : « Premièrement, on doit se concentrer sur l’objectif qui est fortifier l`économie chinoise afin de permettre un développement économique rapide en Chine ». Il a aussi souligné l`importance qu’il y a d`organiser des réunions multilatérales et la nécessité de développer une réaction commune à la crise. Il s’agit sûrement d’une bonne nouvelle pour le président américain, avec qui le ministre chinois souligne que les relations connaissent un très bon début.

    Un autre point intéressant évoqué par M. Yang reste la nécessité de « renforcer la protection diplomatique des envoyés chinois à l`étranger et des intérêts des citoyens et compagnies chinoises opérant en dehors des frontières nationales. Du fait que beaucoup de nos citoyens et des entrepreneurs ont besoin de voyager et de faire des affaires à l`étranger, on doit absolument renforcer la protection diplomatique ». Le ministre chinois des Affaires étrangères d’ajouter : «On fournira des services et des indications aux compagnies chinoises opérant au niveau global… Nous [le gouvernement chinois] continuerons à protéger les droits et les intérêts de nôtres compatriotes et entreprises à l`étranger’.

    Il est tout aussi intéressant de noter qu’en répondant à une question posée sur les relations sino-russe, M. Yang a déclaré : « La Chine, la Russie, le Brésil et l’Inde sont aujourd`hui des nations très influentes dans le monde. Elles sont appelées ‘les grandes nations émergeantes’. On fait face à beaucoup des défis, mais on a beaucoup d’opportunités pour le développement. Les dirigeants et les ministres des Affaires étrangères de ces pays doivent périodiquement se concerter et se réunir. Personnellement, je pense que cela peut être très utile’.

    M. Yang Jiechi a également reconnu l’importance du rôle joué par l’Afrique, dans son soutien international aux politiques chinoises, déclarant : «Nous [l`Etat Chinois] apprécions très fort le grand soutien des nos frères et amis africains sur questions comme Taiwan, le Tibet, l`hébergement des Jeux Olympiques et dans la lutte contre les calamités naturelles. Les dirigeants de certains pays africains ont dit aux dirigeants chinois qu`ils sont si pauvres que la seule chose que ils peuvent donner à la Chine c`est leur cœur. On a été touchés par ces mots. Les Africains sont vraiment comme des frères et des amis pour nous. Il y a pas longtemps, le président Hu Jintao a visité certains pays d`Afrique (du 10 au 17 février, Hu Jintao a été au Mali, au Sénégal, en Tanzanie et à Maurice). Pendant son voyage il a déclaré que la Chine continuera à supporter le développement africain et la voix du continent au niveau international et régional ».

    Le ministre chinois des Affaires étrangères a écarté l`idée répandue selon laquelle l`intérêt de la Chine en Afrique est uniquement lié à ses besoins en ressources minières. Pour M. Yang, « le développement des relations étrangères mené par la Chine n`est pas seulement tourné vers les pays riches en hydrocarbures. Demandez aux pays africains sans ressources naturelles, comme le gaz et le pétrole, s`ils ont une meilleure impression de la Chine ou des autre pays. Notre coopération avec l`Afrique est basée sur un avantage réciproque. »

    Dans la politique chinoise, les questions de coopération économique internationale et d’aide au développement restent liés. « Maintenir le développement de l`économie de manière constante et rapide représente la plus grande contribution que la Chine peut faire au monde pour combattre la crise. Une autre contribution fondamentale est d`avoir augmenté l`assistance vers les pays en développement, notamment les pays africains. En plus, on a demandé aux autres nations d’honorer leurs engagements sur l`aide promise », souligne le ministre des Affaires étrangères.

    Tout cela semble augurer de belles perspectives pour le continent africain, mais la complaisance est toujours mauvaise conseillère. Plus les activités menées par la Chine contrastent avec celles des autres acteurs, plus il y a nécessité, pour les gouvernements et les populations africaines, de s’outiller pour mieux bénéficier de cette relation. Un espoir est que le prochaine rencontre du G20, en avril 2009, puisse déterminer de manière claire combien la Chine et l`Afrique, `frères et amis’, sont l`un près de l`autre.

    * Stephen Marks est chercheur Associé et Coordinateur du Projet ‘La Chine en Afrique’ à Fahamu.
    * Sanusha Naidu est directeur du Projet ‘La Chine en Afrique à Fahamu

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  • Zoom Dosso | Gouvernance

    La Commission Vérité et Réconciliation au Libéria (TRC) a commencé ses travaux depuis janvier 2008. Composée de neuf membres dont la plupart sont des avocats, la TRC a pour mission d’écouter les témoignages sur les atrocités commises pendant les années de guerre, puis de trouver un terrain d’entente entre les victimes et les auteurs de ces atrocités. Au cas où la victime refuse le compromis, l’affaire est transférée à la justice. Pour les cas de viols et de massacres, les auteurs seront immédiatement poursuivis. Pour cela, la TRC a le plein pouvoir d’inculper les auteurs de crimes impardonnables. C’est donc l’exemple de l’Afrique du sud qui a été suivi au Libéria. Mais contrairement aux Sud-Africains, les Libériens doutent de la réussite de cette mission. Ils pensent que la TRC est entrain de diviser encore plus le pays.

    Dès le début des audiences publiques de TRC, le doute a commencé à s’installer au sein de la population. Avec les premiers témoignages, des familles de victimes ont commencé à mettre des visages sur les bourreaux de leurs proches tués pendant la guerre. Ce qui a été source de haine et de colère. Sans compter les scènes insoutenables. Dorithee Myers s’est effondrée, en larmes, au troisième jour des audiences publiques, quand un redoutable ancien combattant a raconté comment il a égorgé une fillette de 8 ans et utilisé son sang pour des sacrifices rituels qui le rendaient puissant au combat.

    Aujourd’hui, la jeune dame de 32 ans regrette d’être allée ce jour assister aux audiences. « Je n’aurais pas dû y aller. Mais quand je me suis levée ce matin, quelque chose me poussait vers l’Executive Pavillion (où se déroulent les audiences). Je suis allée parce que c’est Butt Naked (le redoutable ex-combattant en question) qui devait parler. Comme vous le savez, il est devenu évangéliste après la guerre. Il prêche dans la rue et j’étais parmi les gens qui aimaient l’écouter. Mais c’est de ma fille qu’il a parlée dans son témoignage. J’avoue que je ne m’en suis pas encore remise depuis. J’aurais préféré ne pas entendre ce qu’il a dit. Je ne peux pas lui pardonner ça et je ne veux pas non plus le poursuivre. Les révélations à la TRC pour moi, sont nuisibles à la réconciliation», déclare-t-elle.

    Dans la famille de l’ancien président Samuel Doe, assassiné en 1990, on nie également toute raison d’être à la TRC. « A quoi cela sert-t-il de revenir sur les circonstances qui ont entouré la mort de mon frère ? », s’interroge Jackson Doe, frère aîné de Samuel, qui refuse de comparaître devant la Commission. « Un chef d’état qu’on tue dans la rue comme une souris et on me demande d’aller parler de ça… Nous nous sommes déjà réconciliés avec celui qui l’a tué. Alors qu’on ne me demande pas d’aller revenir sur ça. Nous avons assez souffert de la mort de notre frère. Que la TRC n’en rajoute pas. Ce sont des choses qui ne vont pas dans le sens de la réconciliation»,lâche-t-il.

    Dans les rangs des ex-combattants, on dénonce aussi une TRC qu’on juge engagée dans une chasse aux sorcières. Tous les anciens chefs de factions sont unanimes sur ce point. A leur tête, Prince Johnson, accusé d’avoir assassiné Samuel Doe. Au cours d’une conférence de presse qu’il a organisée, il s’est dit en possession d’un document secret dans lequel la TRC l’inculpe pour avoir tué l’ancien président, mais aussi pour avoir commis un massacre à Bong Mines, une localité au centre du pays qui était sous son contrôle pendant la guerre civile.

    « Il n’y a eu aucun massacre à Bong Mines quand j’y étais, s’est-il défendu. Dans le document que j’ai, il y a au moins 200 anciens chefs de guerre et chefs de factions qui sont inculpés pour crime de guerre. Je me suis entretenu avec tous les autres anciens chefs de factions. C’est vrai que nous voulons la paix dans ce pays mais si on essaie d’arrêter une seule personne parmi nous il y aura des problèmes. Nous, anciens chefs de guerre, nous révolutionnaires, nous voulons la paix. Mais que personne ne mène une chasse aux sorcières contre nous. Toute personne qui tentera de m’arrêter va se heurter à une résistance. Nous ne voulons plus de conflit dans ce pays, mais qu’on nous laisse tranquille. Au peuple libérien, je vous demande d’agir maintenant avant qu’il ne soit trop tard. La TRC ne veut pas la paix dans ce pays», a-t-il martelé.

    Sékou Damateh Konneh, chef du LURD (Libériens Unis pour la Réconciliation et la Démocratie), estime également que la TRC cherche à mettre le feu au pays. « C’est dangereux de vouloir nous arrêter. Ces gens oublient vite. Pour chasser Charles Taylor du pouvoir, ils ont eu besoin de nous. Ils nous ont réclamés. Aujourd’hui c’est la chasse aux sorcières contre nous. Non, il faut être prudent », a-t-il averti.

    Pourtant le président de la Commission Vérité et réconciliation, Jerome Verdier, reste serein. Pour lui, Prince Johnson ne peut pas effrayer la TRC et « n’a pas le monopole de la violence. Ses menaces ne nous effraient pas. S’il est en possession d’un document confidentiel de la TRC comme il le dit, c’est qu’il a violé la loi. Mais une chose est sûre, c’est qu’au mois de juin nous allons donner la liste de personnes qui seront inculpées».

    Ces déclarations des anciens chefs de guerre ont eu pour effet d’accentuer l’appréhension des populations vis-à-vis des activités de la TRC. « Ce qui se passe est de plus en plus inquiétant. La TRC va nous conduire à d’autres problèmes qui peuvent être plus graves que ce qu’on a vécu jusqu’ici. Même les victimes sont maintenant très réticentes de venir témoigner. Elles préfèrent ne pas revenir sur les épreuves qu’elles ont subies parce que la présidente elle-même refuse de comparaître», confie Nathaniel Guedens, un Libérien de 52 ans.

    En effet, le président Ellen Johnson Sirleaf n’a pas encore accepté de comparaître devant la TRC. Accusée par un témoin d’avoir pris activement part à la guerre civile, elle a refusé de déferrer à trois convocations de la TRC. Et pourtant, au moment de la mise en place de la Commission, en février 2006, elle avait déclaré qu’« aucun Libérien y compris moi-même, ne doit refuser de comparaître quand la TRC va le lui demander.»

    Un autre motif d’inquiétude de la population reste la mésentente qui règne au sein même des membres de la Commission. Deux mois déjà après le début des audiences publiques, les rumeurs de mésentente au sein de la TRC avaient commencé à circuler. En mars 2007, lors d’une session à l’intérieur du pays, deux de ses membres en sont venus aux mains en pleine audience. Le 17 janvier 2009, quatre d’entre eux ont envoyé une lettre au Parlement pour protester contre le premier volume du rapport final remis aux parlementaires deux jours auparavant, par son président Jerome Verdier, au nom de toute la commission. « Nous n’avons aucune connaissance du rapport qui vous a été remis. Il vous a été secrètement remis et nous vous demandons de ne pas l’accepter», dénoncent les dissidents.

    La TRC au Liberia va vers l’expiration de son mandat (1), mais elle est loin de connaître la même réussite que celle mise en place en Afrique du Sud, au lendemain de l’arrivée de l’ANC au pouvoir.

    NOTES
    1 - La Commission a été créée pour deux ans, avec trois mois supplémentaires à la fin de son mandat pour terminer ses activités et écrire le rapport final. Si besoin est, la Commission pourrait demander à l’Assemblée Nationale d’étendre son mandat pour trois mois. Cette demande nécessite d’être invoquée pour une bonne raison et ne saurait être répétée plus de quatre fois de suite. Si la Commission utilise toutes ses possibilités d’extension, elle devrait être dissoute en septembre 2009 au plus tard (http://www.trial-ch.org/fr)

    * Zoom Dosso est le correspondant de Radio France International au Liberia

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    La ville de Cape Town a commencé à mettre en œuvre des nouveaux outils de gestion de l'eau comme des compteurs de distribution préprogrammés qui fournissent de l’eau sur base d’un système de prépaiement. Ainsi, la municipalité espère réduire le gaspillage de l'eau et aider les ménages les plus pauvres dans la gestion de l'utilisation de l'eau. Le système d’accès prépayé accorde aux ménages une allocation mensuelle gratuite de 6.000 litres d'eau avant de s'éteindre automatiquement. Pour avoir davantage d’eau, les familles doivent payer.

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    Le président sénégalais Abdoulaye Wade a félicité l'opposition pour ses victoires aux élections locales du 22 mars dans "de nombreuses collectivités" du pays "parmi lesquelles d'importantes villes". "Le président de la République tient à féliciter (...) particulièrement les partis et coalitions de partis issus de l'opposition à qui les électeurs ont fait confiance en leur confiant l'administration de nombreuses collectivités locales parmi lesquelles d'importantes villes", selon un communiqué publié à l'issue du Conseil des ministres. Dans sa communication au conseil, le chef de l'Etat a assuré "aux nouvelles autorités locales que le gouvernement (respecterait) scrupuleusement leur droit à la libre administration".

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    Le président de l’Assemblée nationale congolaise, Vital Kamerhe, a présenté sa démission le 25 mars à la plénière de cette chambre, mettant ainsi un terme au bras de fer feutré qui l’opposait à l’Exécutif, au sujet de l’indépendance de l’institution. Issu du parti présidentiel, le PPRD, Vital Kamerhe a été unanimement salué pour la qualité de son travail, contribuant, avec son alter ego du Sénat, Kengo wa Dondo, à faire du Parlement une institution crédible, crédibilité qui a rejailli sur le Congo. Vital Kamerhe avait publiquement déclaré son opposition et critiqué le fait qu’une entrée au Congo de l’armée rwandaise n’ait pas été discutée au Parlement.

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    Marc Ravalomanana fait volte-face. En intervenant par téléphone de Mbabane, capitale du Swaziland, l'ancien chef de l'État malgache a annoncé le 26 mars son retour prochain à Madagascar. Une déclaration qui a mis du baume au cœur des opposants du régime transitoire de Andry Rajoelina, en liesse. Comme une seule personne ils se sont levés pour entonner l'hymne national avant et après le message de Ravalomanana. « Je ne vous ai pas oubliés. Et je vous promets que nous serons de nouveau ensemble à Madagascar », a promis ce dernier, en parlant d'un départ forcé du pouvoir le 17 mars.

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    Des contingents militaires et de police vont bientôt être déployés à Bissau dans l’optique d’assurer la protection des institutions républicaines, les personnalités et le processus électoral en Guinée Bissau. La décision a été prise par les ministres des affaires étrangères de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la communauté internationale et l’ONU notamment. L’objectif poursuivi par la CEDEAO est de surveiller efficacement la situation en collaboration avec les organismes internationaux, notamment l’ONU, Interpol et Europol.

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    Le président de la République, Paul Biya, ne manque aucune occasion lors de ses sorties médiatiques, depuis trois ans, de dire sa détermination à poursuivre, jusque dans leurs derniers retranchement, les détourneurs des deniers publics. Dans la réalité, ces annonces fortes se traduisent, de temps en temps, par des auditions de quelques personnalités de la République par un juge ou par la police judiciaire. Au regard de ces grosses pointures et de la position de pouvoir qu’elles ont occupée, les candides peuvent en déduire que l’opération épervier se porte à merveille. Pourtant, il faut se méfier de l’arbre qui peut cacher la forêt.

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