Dieu a donné dites vous (1) ? Quelle ironie d’appeler d’un nom aussi faste un personnage dont l’existence, dès le départ, n’a été jonchée que d’amères déceptions et de cruelles injustices et dont les motifs de réjouissance ne proviennent que du faux sentiment d’exaltation que procure un esprit embrumé par l’alcool. Pour autant, point de confusion dans le propos de ce disciple de Bacchus lorsqu’il s’agit de débattre de la dramatique situation qui est la sienne, encore moins quand il est question de discuter les tares générées par le colonialisme dans son pays d’origine, ce foyer de tension au nom significatif de Warzone (zone de guerre).
En effet, jamais sa lucidité n’a été aussi évidente qu’en ces moments où, lancé dans le récit pathétique de son infortunée existence, il égrène au fil des bouteilles de bière qu’il descend avec une rare régularité devant un auditoire conquis par ses talents de narrateur, l’interminable chapelet des malheurs qui accablent son continent.
Dans l’univers glauque et sordide où évoluent ses personnages, l’auteur semble vouloir nous dire que l’ébriété n’est pas toujours le moment de dégénérescence mentale que l’on pense mais aussi, pour le cas d’espèce, un état d’intense activité cérébrale.
Aucun autre comme Dieudonné en effet, pas même cet étudiant de ses amis au nom pourtant si prometteur : Dieumerci, encore moins les Toubaaby, ces illustres académiciens qui lui servent de patrons, ne justifie d’une lecture aussi pertinente des enjeux géostratégiques qui ont conduit à l’embrasement du continent africain au lendemain des indépendances. C’est par sa bouche d’ivrogne que l’auteur choisit de décrier les abus perpétrés par le système colonial ainsi que les exactions de la bourgeoisie consumériste locale qui les aggravent.
Dans un débit de boisson, lieu réputé être le temple de la débauche, l’auteur déroule son discours satyrique sur la famine, le déficit de démocratie, les maladies épidémiques endémiques et pandémiques, la toxicomanie, la dépravation morale, l’économie extravertie, l’inflation et la dévaluation bref, tous ces maux qui rongent l’Afrique contemporaine et dont l’objet est traditionnellement réservé aux cadre des amphithéâtres ou à d’autres cercles intellectuels.
Si chez tout autre auteur cette approche aurait pu donner l’impression d’une certaine incohérence, il n’en est rien chez l’auteur de A Nose for money dont le moyen d’expression par excellence semble définitivement être le paradoxe, mieux le sarcasme. Assurément, les habitués de sa plume mordante ne manqueront pas de reconnaître dans ce roman, un tantinet tragi-comique, la même pointe de cynisme qui chez les classiques s’exprimait en ces termes très particuliers : ‘‘ Je me presse d’en rire, de peur d’avoir à en pleurer’’.
Et de rire, il est abondamment question dans ce roman. Est-il une situation dramatique ? La tragique condition d’immigré du héros par exemple et le pénible récit de son odyssée dans son pays d’accueil, lui-même au bord du gouffre ? L’auteur choisit d’en référer à travers des expressions très colorées où l’humour se le dispute au tragique. Voudrait- il dénoncer la prévarication, la corruption, la délation et la violation des droits ? La dérision, une fois de plus, lui sert de vecteur.
Aussi les fonctionnaires véreux sont-ils affublés de noms à la signification très révélatrice. Tchopngomna (pilleur de fonds publics) ‘bonbon alcoolisé’’ ‘moni man tchop fine ting’ en sont quelques échantillons non exhaustifs. Les leaders dictatoriaux sont appelés par des attributs très significatifs tel que ‘’ President Longstay’’ (Président au règne interminable). Quant à l’égoïsme, la luxure, l’individualisme, comportements qui caractérisent bon nombre de ses personnages, la façon cocasse par laquelle ils sont stigmatisés vaut bien la meilleure des caricatures. Aussi, le refus de maternité de Mme Toubaaby frise-t-il le comique à côté de l’attachement dont elle fait paradoxalement preuve pour sa portée de chatons.
Que dire alors de l’attitude de Madame Mohammed, cette intellectuelle, compatriote du héros qui pousse le ridicule dans le comportement au point de confier à un homme le soin de son linge intime ? Assurément, avec elle, l’aliénation culturelle de l’intelligentsia africaine a atteint la côte d’alerte. Il n’y a plus qu’à espérer que l’esprit de probité, le sens élevé des valeurs sociales traditionnelles manifestés par Dieumerci, ce modèle de la jeunesse africaine positive, soient suffisamment porteurs pour maintenir à flot ce qui reste de l’identité de la culture africaine. Heureusement, on peut on peut compter sur l’auteur ou plutôt sur Precious, ce prototype de la femme africaine authentique, pour veiller au grain.
Enfin de compte, par delà le style désopilant du roman, c’est le drame de tout un continent spolié de son devenir par les avatars de son passé qui est dépeint à travers ces cent soixante quatre pages de notes très spirituelles. Face à la familiarité des cas de figures qui y sont traités, on a envie de dire : ‘’ il était temps’’. Il était temps, à l’égard du drame de l’Afrique contemporaine, de sortir des approches globalisantes et par trop intellectualistes qui en atténuent parfois l’ampleur du traumatisme, pour aborder les faits à l’empan des destinées individuelles. Car au vrai, c’est à travers l’expérience des petites gens, ces milliers de Dieudonné, représentants de la pléthore des damnés anonymes et méconnus des champs de guerre dans le Tiers monde que l’espoir sera communiqué à tout un continent ou ne sera pas.
1 - The travail of Dieudonné, Francis B. Nyamnjoh, E.A.E.P. Nairobi, Kenya, 2008
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Tagged under GouvernanceAprés mille et une polémiques sur les opérations militaires rwando-congolaise visant à neutraliser les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dénommée « Umoja Wetu »[1] dans le Nord-Kivu, d’une part et soudano-ougando-congolaise dénommée « Coup de tonnerre » qui vise les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans la Province orientale, de l’autre, voilà que les soldats rwandais -bon gré mal gré- se sont retirés de la RDC comme l’annonçait le président Joseph Kabila en fin janvier 2009, lors d’un point de presse tenue à Kinshasa.
Une cérémonie « d’adieu » fut même organisée pour marquer ce retrait, avec « parade militaire conjointe », le mercredi 25 février 2009 à Goma, bien qu’un flou demeure sur le nombre exact de ceux qui sont partis faute de savoir combien ils étaient entrés. Ça c’est un autre débat !
Mais l’on pourrait se poser les questions de savoir à quand remonte la cérémonie de « Welcome » ou de bienvenu pour enfin faire des adieux ? Bien plus, connaissant la géopolitique de la région des Grands lacs africains, pouvons-nous sans contradiction affirmer que ce n’est qu’un au revoir?
La pétition des députés : un tsunami politique ?
C’est fort du droit de pétition et ce, en conformité avec le règlement intérieur de l’Assemblée nationale[2], que plus de 260 députés nationaux – de la majorité et de l’opposition - ont signé la pétition, initiée aux lendemains de l’entrée des troupes rwandaises en RDC[3], alors que le Règlement Intérieur en exige la moitié plus une voix, c’est-à-dire 250+1, pour reprocher au gouvernement d’avoir violé les articles 143 et 213 de la Constitution qui disposent respectivement que:
«Conformément aux dispositions de l’article 86 de la Constitution, le Président de la République déclare la guerre sur décision du Conseil des ministres après avis du Conseil supérieur de la défense et autorisation des deux Chambres. Il en informe la Nation par un message. Les droits et devoirs des citoyens, pendant la guerre ou en cas d’invasion ou d’attaque du territoire national par des forces de l’extérieur font l’objet d’une loi ». Et «le Président de la République négocie et ratifie les traités et accords internationaux. Le Gouvernement conclut les accords internationaux non soumis à ratification après délibération en Conseil des ministres. Il en informe l’Assemblée nationale et le Sénat ».
Selon les députés pétitionnaires, ces dispositions constitutionnelles n’ont pas été respectées. Il n’y a pas eu Conseil des ministres sur l’entrée des troupes rwandaises. Si le caractère d’invasion pourrait être écarté, les pétitionnaires soutiennent que ce cas relève de la souveraineté et de l’intégrité territoriale d’un Etat souverain. Le Parlement étant en vacances, les bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat devraient être préalablement saisis. Or, au regard des déclarations contradictoires des présidents de deux chambres, il semble qu’ils n’ont été informés qu’après-coup. D’où pareille pétition pour amener le Gouvernement à fournir des explications sur les accords ayant permis aux armées de l'Ouganda et du Rwanda de pénétrer en RDC et d'y mener des activités belliqueuses.
Comme si cela ne suffisait pas, il nous revient qu’au Sénat, devant la gravité des faits susceptibles de compromettre la souveraineté du pays et pour fustiger la manière quelque peu cavalière de la passation des accords entre la RDC et l’Ouganda, d’une part et de l’autre, entre la RDC et le Rwanda, trois Sénateurs dont Lunda Bululu, Mokonda Bonza et Balame Nkolo ont, sur la base des articles 116 de la Constitution et 75 du Règlement intérieur du Sénat, pris l'initiative de rédiger une pétition et de la proposer à leurs collègues en vue de la convocation immédiate d'une session extraordinaire de la Chambre Haute, aux fins d'entendre le Premier ministre, entre autres, sur les accords susvisés. Ainsi, une trentaine des sénateurs ont signé ladite pétition, appuyant ainsi la démarche entreprise à l'Assemblée nationale et qui fait depuis quelques semaines mouche. La situation frise une certaine crise institutionnelle quelque peu comparable à l’époque de Kasavubu et Lumumba.
Mais, relevons que cela ne laisse pas indifférents certains opérateurs politiques en provinces qui estiment que les pétitionnaires n’ont pas le droit ou ont outrepassé.
Les pétitionnaires ont-il raison ou ont-ils tort ? Quelles leçons tirées ?
Depuis l’entrée des troupes rwandaises sur le territoire de la RDC, jusqu'à leur départ il y a quelques jours, la polémique demeure. Des avis contraires sont avancés dans un sens comme dans un autre. D’aucuns estiment même que ladite pétition est sans objet au regard de l’évolution de la situation sur terrain, du fait du succès récolté par l’opération militaire conjointe rwando-congolaise ainsi que la non présence –actuellement- en RDC des troupes Rwandaises. Ainsi, d’ici l’ouverture de la Session ordinaire de mars 2009, plus aucun élément régulier rwandais voire ougandais ou sud-soudanais ne se trouvera sur le sol congolais. Même si, par improbable, la session extraordinaire venait à être convoquée avant le 15 mars 2009, l'on s’interroge aujourd'hui sur l'opportunité qu’elle pourra avoir, au regard des grandes évolutions du dossier qui a fondé l'action des pétitionnaires.?
?
Pas mal d’arguments sont évoqués de tout bord afin d’appuyer ou renverser le bien fondé de ladite pétition. Sans essayer de tout embrasser, nous allons essayer de relever ceux du Professeur Nyabirungu Mwene Songa, de surcroît député national élu de Rutshuru afin de prendre position par la suite.Dans sa réflexion intitulée « La coalition militaire rwando-congolaise ou le Temps du courage », du 11 février 2009, il reconnaît dans l’introduction que l’Accord du 5 décembre 2008 et sa mise en œuvre, le 20 janvier 2009, par l’entrée des troupes rwandaises en RDC, dans le cadre d’une coalition militaire contre les FDLR et le CNDP-Nkunda, « ont mis sens dessus dessous la scène politique congolaise, provoquant l’enthousiasme des uns et la colère des autres, se trouvant parmi ceux-ci les députés pétitionnaires qui réclament la tenue d’une session extraordinaire pour débattre de la question. »
Il renchérit en arguant « qu’en interrogeant l’histoire récente, en examinant les raisons des uns et des autres, et en étant à l’écoute des attentes de notre peuple, il y a lieu de comprendre et, en même temps, de relativiser les enthousiasmes et les colères en cours, et de donner raison au chef de l’Etat Joseph Kabila qui, a son corps défendant et en prenant des risques politiques majeurs, aura tout essayé. Non dans un intérêt personnel ou partisan, mais pour sauver le Congo et l’engager dans la seule voie qui vaille, celle du développement du pays et du bonheur de son peuple. »[4]
Face à cette plaidoirie, l’on pourrait ainsi demander si pareille paix est durable et qu’elles en étaient les garanties si les causes profondes et réelles de l’instabilité ou des conflits ne sont pas réglées –adressées. Une paix de façade ? Pierre Corneille, dans « Le Cid », ne nous enseigne-t-il pas qu’ à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ?
Poursuivant sa réflexion, le professeur Nyabirungu évoque le fait que pour la qualité de relation entre la RDC et le Rwanda, les animateurs des Institutions démocratiquement élues doivent mettre la main à la patte, en tête desquels le chef de l’Etat, le président de l’Assemblée Nationale, le président du Sénat, le premier Ministre, les députés et les sénateurs. C’est cela la responsabilité des gouvernants. Nous répliquons en disant, qu’ils doivent donc être consultés et/ou informés afin qu’ils jouent pleinement leur rôle. Ce qui semble ne pas être le cas dans l’affaire a quo.
Le professeur Nyabirungu s’attarde sur les prérogatives du président de la République en relevant qu’il a un rôle insigne à jouer pour faire de la RDC un pays puissant et prospère, vivant en paix a l’intérieur de ses frontières et concourant, à l’extérieur, au maintien ou au rétablissement de la paix chez nos voisins, en Afrique et dans le monde. Il a de par la Constitution, la charge de représenter la Nation et est le symbole de l’unité nationale. Cette unité nationale est impossible si une guerre d’occupation, de conquête ou de pillage s’installe à nos frontières. Pour cela il fait usage de l’article 69, 3 de la Constitution, qui dispose que le président de la République « assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traites et accords internationaux ».
Ainsi, il est clair et évident, dit-il, que la Constitution a fait du président la clé de voûte des institutions nationales et que conscient de son rôle, il sait que sans la paix, il perd à la fois l’effectivité de ses attributions et la maîtrise de son action.
Quant au Sénat et à l’Assemblée nationale, faire de bonnes lois et en contrôler l’exécution, autoriser la ratification des traités utiles et intérioriser la paix et le bonheur de notre peuple comme la finalité de toute action politique et la loi suprême dans l’Etat, sont autant des conditions de la réussite de son mandat. Lorsque des députés pétitionnaires reprochent au président Kabila ou au gouvernement d’avoir violé la Constitution, spécialement en ses articles 143 et 213 , cela ne va pas de soi et peut même susciter des interrogations.
L’article 143 est ainsi libellé «Conformément aux dispositions de l’article 86 de la Constitution, le président de la République déclare la guerre sur décision du Conseil des ministres, après avis du Conseil supérieur de la défense et autorisation des deux Chambres. Il en informe la Nation par un message. Les droits et devoirs des citoyens, pendant la guerre ou en cas d’invasion ou d’attaque du territoire national par des forces de l’extérieur font l’objet d’une loi ». Il souligne qu’ à lecture de cet article 143, « il est clair qu’il vise l’hypothèse d’une guerre déclarée, et que rien de tel n’existe entre la RDC et le Rwanda. » Bien plus, l’article 213 dispose : « Le président de la République négocie et ratifie les traités et accords internationaux. Le gouvernement conclut les accords internationaux non soumis à ratification après délibération en Conseil des ministres. Il en informe l’Assemblée nationale et le Sénat ».
Le professeur Nyabirungu en déduit que les députés ne peuvent invoquer cet article en relevant que le Conseil des ministres ne s’est pas réuni, car n’en faisant pas partie, ils ne peuvent pas en revendiquer les prérogatives. En d’autres termes, ils n’ont pas qualité pour se plaindre à la place du Conseil des ministres. D’ailleurs, le Conseil de ministres ne se serait-il pas réuni que les députés n’auraient toujours pas la qualité pour s’en plaindre, étant donné qu’ils ne sont ni destinataires ni ampliataires (sic) des délibérations du Conseil des ministres. » « Par contre, renchérit-il, s’il est vrai que la Constitution impose au gouvernement d’informer l’Assemblée nationale et le Sénat des accords internationaux conclu et non soumis a ratification, elle n’impose aucun délai. »
Le professeur Nyabirungu poursuit en pensant que « nous devons accéder à l’esprit de la Constitution dont la finalité, loin de résider dans quelques lignes sujettes à interprétation variable, consiste dans la sauvegarde de la vie de la Nation et des intérêts essentiels. Enfin, il est important d’avoir présents à l’esprit deux principes inhérents à la démocratie et à l’Etat de droit : - Nul n’est juge en sa propre cause ; et – On ne peut être à la fois juge et partie. La Session extraordinaire de l’Assemblée Nationale réclamée peut être utile au débat, mais ne peut trancher un litige entre deux institutions. C’est parce que le constituant était conscient de ces principes et des conflits possibles entre institutions qu’il a crée la Cour constitutionnelle pour régler pareil différend. »
« Lorsque la Nation est en danger, les responsables que sont les députés nationaux, ont l’obligation morale et le devoir civique de respecter la Constitution et de prendre en elle ce qu’il y a de meilleur pour trouver des solutions les plus appropriées et les plus compatibles avec les exigences de la paix et de la tranquillité publique, au lieu d’engager un bras de fer avec d’autres institutions, d’agiter l’opinion publique et de conduire le peuple vers l’impasse, la crise institutionnelle ou des voies faites d’incertitude pour l’avenir.[5]
Notre contribution au débat
D’entrée de jeu, il sied de mettre en exergue le fait que la notion de sécurité a profondément évolué depuis la fin des années 1980. La sécurité ne peut plus être uniquement envisagée sous l’angle national. On constate, en effet, que de nombreuses crises internes résultent plus ou moins directement d’un conflit éprouvant un pays frontalier ou bien sont alimentées par des éléments nationaux ou étrangers séjournant dans des pays tiers. Les Etats sont contraints désormais d’assurer la sécurité publique par des politiques interdépendantes, ce qui implique des échanges d’informations systématisés et des procédures à mettre en œuvre en commun.
L’obligation d’assurer la sécurité des populations est le défi majeur posé aux Etats. Leur stabilité dépend de leur capacité à assurer la sécurité des biens et des personnes. Cette sécurité est non seulement physique, mais également juridique, judiciaire et économique. La sécurité, enjeu de pouvoir et de survie, peut être considérée, à ce titre, comme un bien public mondial. C’est pour cela que nous affirmons que la restauration ou le maintien de la paix et de la sécurité, en RDC, passe par le respect des principes démocratiques que sont l’équilibre des pouvoirs, des mécanismes efficaces et transparents de contrôle des forces de l’ordre et le maintien du lien armée-nation.
Dans un Etat de droit et démocratique, le domaine sécuritaire est celui de collaboration
Comme nous l’avons relevé supra, le professeur Nyabirungu, dans son argumentaire, fait usage de l’article 69, 3 de la Constitution, qui dispose que le président de la République « assure , par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traites et accords internationaux ». Pour lui, il est ainsi clair et évident, que la Constitution a fait du président la clé de voûte des institutions nationales et que conscient de son rôle, il sait que sans la paix, il perd à la fois l’effectivité de ses attributions et la maîtrise de son action. Mais ce que le Professeur semble oublier, c’est le fait que la RDC se veut un Etat de droit et démocratique. Ce qui sous tend le fait que la collaboration entre institutions doit être de mise. Du reste, cela transpire de la Constitution de la RDC à laquelle il fait allusion.
L’exposé des motifs de la Constitution de la RDC est clair quant à cela, en reprenant le même esprit de cette disposition tout en l’explicitant en ces termes : « Le président de la République exerce ses prérogatives de garant de la Constitution, de l'indépendance nationale, de l'intégrité territoriale, de la souveraineté nationale, du respect des accords et traités internationaux ainsi que celles de régulateur et d'arbitre du fonctionnement normal des Institutions de la République avec l'implication du Gouvernement sous le contrôle du Parlement. »
Ainsi, point n’est besoin de démontrer que toute Constitution comporte plusieurs parties dont l’exposé des motifs, qui est une partie d'un texte de loi qui explique ses raisons et ses objectifs. Il précède le préambule, le dispositif ou le corps du texte. Il est connu de tout juriste moyen que l'exposé des motifs est "indissociable" du texte constitutionnel. Bien plus, le même exposé des motifs renchérit et tranche la polémique en affirmant que les Affaires étrangères, la Défense et la Sécurité, autrefois domaines réservés du chef de l'Etat, sont devenues des domaines de collaboration. [Notion très importante pour notre cas].
Il en résulte donc que c’est à tort que l’on cherche à ne pas reconnaître de la prérogative des députés pétitionnaires à se plaindre du fait que pour une matière si importante touchant à la sécurité, à l’indépendance et à la souveraineté du pays, ils ne soient pas informés afin d’exercer leur prérogative, du reste reconnue par la Constitution comme indiquée. Le Parlement demeure plus que tout autre le lieu de l’expression de la démocratie, de la négociation de la norme, et du contrôle du gouvernement.
Le contrôle parlementaire du secteur de la sécurité procède d'un vrai exercice de la démocratie et du respect des droits humains.
La sécurité est primordiale pour le bien-être du peuple. Aussi faut-il impérativement que les opinions du peuple se reflètent dans la politique de sécurité nationale, où sont énoncées les valeurs fondamentales et les principes relatifs à la sécurité nationale que l'Etat entend promouvoir et protéger. Il est nécessaire qu'au sein des parlements les représentants de la volonté populaire travaillent en collaboration étroite avec le gouvernement et le secteur de la sécurité. Si tous ont un objectif commun, leurs rôles et leurs devoirs sont fondamentalement différents. D’où une nécessité de confiance et de dialogue entre institutions, d’autant plus que la sécurité n’est plus un domaine privilégié, il est devenu de collaboration.
Les parlementaires sont donc, en principe, en mesure d'exercer leur contrôle sur l'armée ou sur les questions sécuritaires. L'affaire n'est ni tabou ni relevant du secret-défense. En démocratie, le Parlement est chargé de définir le cadre légal, d'adopter le budget et de contrôler les activités du secteur de la sécurité. Il ne peut exercer pleinement ces responsabilités que s'il a un large accès à l'information et à l'expertise technique nécessaire et qu'il a le pouvoir et la volonté d'exiger du gouvernement qu'il lui rende compte de son action. Cela suppose une organisation sociale qui repose sur la confiance et le dialogue. De nos jours, le rôle joué par ceux à qui il incombe d’assurer la sécurité est en pleine mutation. Il est donc salutaire que nos parlementaires aient déjà commencé à jouer leur rôle.
(…) De tout ce qui précède, il appert opportun de soutenir donc que le respect des principes de démocratie et l’Etat de droit, est le fondement de la pétition des députés nationaux [et sénateurs]. Le but premier n’étant pas de faire tomber le gouvernement, mais que ce dernier rende compte. Cela ne doit gêner personne quand bien même, les effets sont semblables à ceux du Tsunami.
Que conclure alors que le débat demeure entier ?
(…) Par cette pétition, les députés nationaux n’ont fait que demander ladite collaboration afin d’accomplir leur devoir de contrôle démocratique. Nous les encourageons donc dans cette démarche car, le Parlement doit être de plus en plus une institution à même de répondre à des attentes démocratiques profondes. Sans être le lieu unique des décisions importantes, le Parlement en est bien souvent la condition nécessaire. Il ne doit plus être « la chambre d’enregistrement » ou mieux « la caisse de résonance » que l’on dénonce, mais un acteur incontournable dans un système global de production de la norme : lieu de négociation de la décision finale, tribune d’affrontement des idées, meilleur moyen d’assurer un débat transparent et équilibré.
Par ailleurs, le Parlement devra être de plus en plus, notamment dans sa fonction de contrôle, comme un acteur à même de répondre à l’exigence croissante de compte-rendu, constituant ainsi des garanties démocratiques : le Gouvernement devra agir désormais sous le contrôle effectif des parlementaires.
En définitive, nous exhortons toutes les Institutions politiques du pays à respecter les principes clés de démocratie et de l’Etat de droit. Les animateurs de ces institutions doivent être à l’écoute des citoyens et être des hommes et des femmes de dialogue, d’action et de réflexion, au service de tous. Au fait, être à l’écoute de son peuple n’a jamais été un signe de faiblesse pour un opérateur politique, au contraire c’est une preuve qu’il sert son engagement et qu’il ne s’écarte pas de son idéal. Il sied donc qu’ils le démontrent dans le cas sous examen.
[1] En langue Swahili et signifiant: Notre unité
[2] Ngondankoy Nkoy-Loongya, « Droit congolais des droits de l’homme », Collection «Bibliothèque de droit africain », academia Bruylant, Bruxelles, 2004, p. 248.
[3] Entrée qui a été décidée par le gouvernement congolais, lequel a invité officiellement l’armée rwandaise au Congo pour traquer les FDLR. Invitation qui s’inscrit dans le cadre de l’accord signé le 5 janvier 2009 à Goma entre les officiels congolais et rwandais. C’est ainsi que depuis le 20 janvier, l’opération militaire conjointe congolo-rwandaise contre les FDLR a été déclenchée.
[4] Professeur Nyabirungy : « La Coalition Militaire Rwando-Congolaise ou le Temps du Courage », 11 février 2009, p.1.
[5] Idem, p.5* Yav Katshung Joseph est avocat, professeur à l’Université de Lumumbashi
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Tagged under Gouvernance RwandaLe monde est confronté par une crise de la civilisation capitaliste, civilisation bâtie et motivée par la communauté de l’artificiel (les rapports des choses, de l’argent surtout, supplantent les rapports sociaux vivants), faisant du monde virtuel, le vrai monde. C’est par le monde financier que symptomatiquement cette crise apparaît comme la bouche d’un volcan devenu actif. Le projet de renforcement étatique est redevenu indispensable dans le monde ; les interventions étatiques sont urgemment sollicitées et obtenues surtout par ceux-là même qui se disaient n’avoir presque plus besoin d’Etat pour leurs intérêts garantis par « le marché. » Face à cette situation, en R.D.Congo, l’aggravation de la faillite de l’Etat—la négligence pérenne de la construction d’un vrai projet d’Etat—saute aux yeux.
Les responsables des ressources de cet Etat défaillant, connus populairement comme des « Messieurs 30% de commission », continuent de le ruiner. On est loin des rêves du respect de la chose publique et de l’idée d’un code de leadership interdisant aux responsables des organes de l’Etat de s’engager dans les affaires ! On est ici sans aucun souci du nuage des effets de la crise mondiale qui surplombe déjà le ciel du pays.
Le spectre de la révision des frontières du pays, pour ne pas parler de la balkanisation, qui hante la région des grands lacs, ne semble pas hanter les esprits—s’ils en ont toujours—des dirigeants. Déjà, dans les années 1990, on entendait des voix qui exigeaient une nouvelle conférence de Berlin pour revoir et re-fixer les frontières entre le Rwanda et la RD Congo. Un document anonyme, en 1993, apparut à Washington disant que la raison de la perpétuelle instabilité était due au fait que ce pays est trop grand ; qu’il faudrait le scinder en 4 Etats. Les débats autour de cette idée étaient poursuivis, même dans le sillage du Conseil de Sécurité, jusque 2000.
Le contre-argument, qui faisait voir que c’est parmi les plus petits Etats d’Afrique—le Rwanda, le Burundi et la Somalie, par exemple---que ladite instabilité a souvent existé, avait adouci l’intensité de ces débats.
Le manque de maîtrise du traitement des ressources du pays (gérées, depuis belle lurette, par pillage, prédation, exportation éhontée ailleurs sans tenir compte ni de la maintenance du pays ni du bonheur de son peuple, par guerres, etc.) a donné naissance à l’argument, utilisé en Amérique contre les populations mésoaméricaines, suivant lequel les Congolais sont « inconscients », si pas simplement « imbéciles », et ne savent pas la valeur de ce que leur pays regorge. « Pourquoi Dieu a-t-il donné aux cochons du miel ! » s’était écrié un Rwandais alléché par l’odeur des ressources de la RD Congo.
Le spectre ne recule pas. Le fameux sous-Secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines, Herman Cohen—le même, à l’époque de la CNS, qui bloqua le processus de faire partir Mobutu avec le slogan : « Mobutu reste, règne et ne gouverne pas», a récemment proposé que la région des grands lacs soit poussée, par une médiation organisée par le Président Obama, à former un « marché commun » pouvant permettre la circulation libre des ressources et des personnes dans la région. Il faut permettre aux pays plus ou moins démunis de jouir des ressources de la RD Congo surtout.
Mais, à l’époque de la ré-émergence de l’interventionnisme étatique, un tel accord par les Etats à partir de la médiation par un Etat—pas nécessairement neutre vis-à-vis de chacun d’eux--- n’a-t-il pas d’implications de retouches structurelles étatiques ? Ne faut-il pas carrément parler de la création d’une Confédération des Etats de la région des grands lacs ?
Reprenant cette question de l’utilisation des ressources dans la région des grands lacs, le président Sarkozy n’y est pas allé par quatre chemins. Il a proposé une association des ces Etats pour l’exploitation commune des ressources. C’est pour résoudre la question de la paix dans la région. Au fond, la question à laquelle on semble s’adresser c’est : que faire lorsque vous avez des voisins démunis qui utilisent des moyens maffieux pour se servir et quand vous n’avez pas les moyens de les empêcher, et surtout quand vos propres citoyens y trouvent leur compte ?
Dans le cas de la RD Congo, où les maffias sont aussi traversées, si pas organisées, par les entreprises transnationales (y compris et surtout celles de l’économie de crime), qui seraient les premiers bénéficiaires de ce « marché commun » et de cette « Association ? » Quelle structure super étatique va réguler ces entités efficacement ? Ces idées ont trouvé une grande résonance en Ouganda. Le président Museveni a proposé que les provinces de l’Est de la RD Congo soient autonomes. Et comment cette autonomie va-t-elle s’organiser ? Ne formeraient-elles pas un Etat séparé ?
Les frustrés journalistes de la RD Congo sont toujours laissés dans leur soif de ce qu’il faut comprendre et dire de ce spectre. Aucune déclaration crédible n’émerge ici pour apaiser les esprits des masses congolaises. Faut-il seulement revenir à la Communauté Economique des Pays Grands Lacs (CEPGL), telle qu’elle était dans le passé, comme un moyen coûteux de garder dans l’orbite contrôlé par la RD Congo des pays relativement démunis ? Faut-il l’élargir pour y inviter la Tanzanie, l’Ouganda, etc. ? Y a-t-il un « think tank » du gouvernement, en RD Congo qui y réfléchit et travaille pour formuler une proposition politique crédible pour l’avenir ? N’est-ce pas que le silence et les commentaires simplistes ne font que renforcer ces idées qui courent de par le monde ? Lorsque l’initiative sur des questions fondamentales concernant la place du pays dans le monde est prise par d’autres que les citoyens eux-mêmes, qu’est-ce qui bloquerait la marche vers la recolonisation de ce pays ?
L’absence d’idées soutenables, auxquelles même les gens du monde peuvent adhérer, donne l’impression d’un vide de pouvoir, sinon des structures d’intellectualité. Un journaliste tanzanien, le 2 janvier 2009, m’a posé la question : « La mère de Lumumba n’avait-elle pas eu d’autres enfants ? Pourquoi donc, rien d’élevé n’émerge chez-vous ? » Il ne savait pas que même Lumumba était arrivé sur la scène politique après que le gibier était atteint.
On vante la « démocratie » qu’on a réalisée. Une démocratie, par le sommet, qui continue de résister à l’organisation des élections locales, municipales et urbaines. Une démocratie précipitée, construite sur la base de, et entretenant, l’ignorance du peuple (referendum sans que le texte de loi soit largement vu, étudié et discuté dans le peuple, pas d’éducation civique organisée, ignorance des critiques, surtout celles de ceux qui ont refusé de participer aux élections, pas besoin de recensement de la population avant les élections, etc.) et encourageant la corruption en faisant de l’argent la chose décisive. Sans parler des lois, comme la loi électorale, taillées sur mesure.
La démocratie, quand elle est effective, est un processus politique de consultations inclusives et concertations permanentes, un processus de mise en union, de décision ensemble, de prise en compte des préoccupations et cris d’alarmes des masses de la population, de circulation des informations de la base au sommet et vice-versa, de la critique et de l’autocritique, en présence de ceux qui font la critique, avec des plans de rectification, discutés, acceptés et suivis.
Le chef n’est que le résultat et l’incarné de la vision et des décisions issues de ce complexe processus. Lorsqu’une personne, dans l’isolement, sous prétexte qu’il y aurait des traîtres partout, prend des décisions de grande portée nationale, nous sommes en face d’un exercice solitaire du pouvoir, une dictature donc. « Le dictateur, » disait Mwalimu Nyerere, « est un lâche ; il n’est pas capable de persuader les gens avec les arguments, il décrète ses idées. » Dans l’isolement des forces institutionnelles, sociales, vives, etc., dont on ne tient pas compte et ne prend pas conseil, aucune personne ne peut garantir, seule, l’intérêt national du pays ni sa sécurité. Le président Richard Nixon qui avait fait du secret la raison de l’exercice solitaire du pouvoir, pour pouvoir rester au pouvoir, devait partir.
Il n’y a pas longtemps, le Rwanda et la RD Congo étaient connus et présentés comme des Etats ennemis, chacun entretenant les ennemis de l’autre. Les génocidaires rwandais soutenus par la RD Congo contre le Rwanda ; les rébellions et les taupes dans les institutions de la RD Congo entretenus par le Rwanda contre la RD Congo Le Rwanda aurait réussi à introduire le ver dans la pomme que sont des appareils et institutions de l’Etat de la RD Congo. Les rébellions devenaient entretenues du dehors par le Rwanda et du dedans par les infiltrés dans les institutions de la RD Congo. L’appareil de la défense nationale s’est effondré ; les ressources organisées pour faire la guerre contre les rébellions finissaient par se retrouver soit chez les rebelles, soit n’avaient jamais quitté Kinshasa ou étaient envoyées ailleurs, retrouvées dans les magasins à Kisangani par exemple, plutôt qu’à la destination.
On nous dit aujourd’hui que ces deux Etats sont arrivés à un accord jusqu’à avoir à organiser une opération militaire commune pour désarmer les génocidaires et d’intégrer les rebelles dans les FARDC. La nature de celles-ci apparaît au grand jour : il s’agit d’une structure formée par l’éparpillement (donnant naissance aux rébellions, par exemple) et le rassemblement des milices. Qui décide de l’éparpillement et qui décide du rassemblement mérite une étude. Le processus de négociation de cet « accord » et la sélection des signataires congolais (instruments au service du guide ou hommes providentiels au-dessus des institutions ou sinon des taupes du Rwanda ?), sont gardés secrets au peuple et à ses représentants, autre que le président de la République.
Qui dirige dans cette opération ? Qui bénéficie plus dans cette opération ? La paix que la RD Congo viserait, est-elle une paix des braves, une paix fourrée ou une paix de capitulation ? Deux Etats, antérieurement ennemis, peuvent-ils signer un « accord » par des gens qui n’ont pas qualité institutionnelle ?
Le Rwanda a-t-il maintenant confiance aux Congolais pour les associer au traitement de son intérêt national, souvent conçu comme celui de vie ou de mort pour la protection des Tutsi, surtout si ceux-ci échappent au contrôle politique régional ? Ou serait-il assuré de ce contrôle et peut donc s’associer avec des gens qui ne peuvent rien lui opposer ? Serait-il là un cas de « zero-sum game ? » ou une victoire de la politique rwandaise des taupes ? La contradiction antagonique se serait-elle transformée en une contradiction non antagonique résoluble par la méthode de résoudre les contradictions parmi le peuple ? Le Rwanda est-il parvenu à avoir ce contrôle en RD Congo pour entrer dans cet « accord ? »
La question de « qui dirige en RD Congo ? » doit être maintenant posée, surtout que son Parlement a des difficultés d’obtenir l’agrément du gouvernement pour une session extraordinaire de débat parlementaire sur cet « accord ». Alors que le Parlement rwandais serait bien informé et demande même l’extension du séjour des militaires rwandais en RD Congo.
Comment se finance cet exercice militaire commun pour désarmer les génocidaires ? Combien de militaires de chaque camp, sont engagés dans cette opération ? Cet « accord » rappelle celui, dans les années 1970, créant l’OTRAG (1), qui avait été négocié et signé par des gens sans qualité institutionnelle pour le faire. Un accord entre Etats, négocié et signé par des gens sans qualité institutionnelle pour le faire, exige une justification.
L’explication en termes de pressions des puissances européennes, américaine ou de la communauté internationale, prouve seulement que ces pays sont toujours des néo-colonies dont les problèmes fondamentaux se règlent ailleurs. Les menaces de retrait d’aide budgétaire au Rwanda par certains pays européens vont-elles disparaître à l’issue de l’opération militaire contre les génocidaires ? Le Rwanda incarne une pression démographique (+- 350 personnes par km2) dans une situation d’organisation économique tendue opposant le pastoralisme et l’agriculture sédentarisée, dont le résultat est une faible et insuffisante génération de surplus économique national. La migration vers la RD Congo du surplus de population rwandaise ne va pas s’arrêter à la fin de l’opération militaire. Elle continuera d’impacter sur la pression démographique et les tensions, dues à l’accès et aux modifications qu’il entraîne dans les rapports fonciers aux Kivus.
La faillite du projet de transformation de l’Etat en RD Congo, dont l’économie reste menée par un régime maffieux de pillage, de prédation, des détournements, régime soutenu de l’intérieur comme de l’extérieur, ne pourra pas efficacement réguler ces effets de la migration. Ce qu’il faut déterminer, c’est de savoir si ce régime qui a recours, souvent, à la violence (guerres, rebellions, etc.) ou au contrôle politique, relativement hégémonique, par des forces en faveur de ce régime, peut fonctionner dans un contexte de paix durable. Et puis, compte tenu des conditions qui prévalent au Rwanda, les désarmés Rwandais n’ont pas d’intérêt à retourner là-bas ; ne risquent-ils pas de revenir, par la fenêtre, en RD Congo, où les conditions incitatives d’un tel retour existent ? Le vrai problème de la paix régionale se trouve aussi en RD CONGO Celle-ci doit faire beaucoup pour être capable de dissuader les maffieux de ne plus recommencer et continuer de menacer la paix.
L’incapacité d’initiative traverse toutes les catégories de la société de ce pays. On se demande pourquoi il faut avoir des gouvernements éléphantesques. L’absence quasi-totale des vraies visions, pensées ou opinions sociales soutenues et portées par des forces sociales, plus ou moins organisées et mobilisées, sur comment sortir des conditions catastrophiques où se trouve le pays, caractérise celui-ci.
Le Bundu dia Kongo, qui a une vision culturelle qui souffre de la difficulté de bien cerner l’aspect de la politique, son dispositif organisé nécessaire pour maîtriser les enjeux actuels, est une exception. Sinon à tous les niveaux : politique, religieux, idéologique, académique, culturel, gouvernemental, etc., aucune pensée consistante et stimulante des esprits et des consciences n’émerge. Dans les universités (plus d’une vingtaine), de plus en plus marquées par un silence assourdissant sur l’avenir du pays, aucune initiative crédible et mobilisatrice du peuple n’est produite. Les techniciens du savoir ont du mal à se transformer en intellectuels capables de savoir qu’on ne peut pas continuer de faire la science dans un bateau en train de chavirer sans se soucier de l’avenir du bateau. La forte rupture dans la spiritualité introduite par Kimbangu Simon et le mouvement de 1921 s’est refermée et les théologies actuelles ne formulent aucune rupture dans la spiritualité dormante. Elles sont dans la continuité des théologies coloniales.
C’est cette âme vivante produite par la rupture prophétique qui fut la force motrice du processus complexe politique qui donna naissance à l’ABAKO et la servit de force motrice dans le processus de l’effort pour l’indépendance. Ce processus s’est achevé. Le pays n’est pas dans une situation de prise de conscience pour comprendre et se les réclamer, les grandes contributions des grands ancêtres— Kimpa Vita, Kimbangu Simon, Joseph Kasa-Vubu, P. Lumumba, etc., et exiger, comme on le faisait traditionnellement par des cérémonies de lavage de souillure, que ces grands esprits renaissent parmi nous.
La falsification de l’histoire et les silences historiques, qui font commencer le processus politique enraciné dans les masses pour l’exigence de l’émancipation immédiate avec Lumumba, ne permettent pas aux gens de comprendre comment réactiver un tel processus. Le pays essaie de construire sa démocratie sur des ruines spirituelles. Le Parlement est réduit à faire le travail de commentaires des lois dont on sait d’avance qu’elles ne seront pas respectées, et on ne manifeste aucune capacité pour discipliner l’Exécutif. L’impuissance institutionnelle saute aux yeux. On est dans une dynamique de la routinisation de tout. Les occasions des anniversaires des dates nationales ou internationales, où l’on peut se souvenir des expériences de l’intervention du peuple mobilisé sur la scène de l’histoire congolaise (1921, 4 janvier, 30 juin, 17 mai, etc.) ne sont plus celles de réveil de conscience pour une re-mobilisation du peuple, mais celles des célébrations par les jouisseurs des résultats des luttes et souffrances du peuple sans égard à celles-ci. Aidés qu’ils sont par la falsification et les silences de l’histoire faite par le peuple.
Que faire ? Le greffage étatique, sur la société congolaise, par les forces extérieures, par conquêtes coloniales ou par « encadrement néocolonial », ne nous aidera pas à sortir de la situation catastrophique où se trouve notre pays. Hier, même sous la dictature, ce sont les pays voisins que notre pays bousculait ; aujourd’hui, ce sont eux qui se sentent plus forts. La nécessité de la construction populaire de l’Etat est à l’ordre du jour. Il faut sortir du modèle colonial de l’Etat ; issu des conquêtes et du génocide léopoldien, il se base sur la répression du peuple.
C’est la reproduction, simple, élargie ou réduite, de ce modèle, depuis juillet 1960, qui a retardé sinon bloqué la formation, par le mouvement de l’effort pour l’indépendance, de la nation congolaise et la transformation de l’Etat en un Etat digne et pour tous. Elle a renforcé l’esprit colonial encore vivant dans les Congolais, écourtant ainsi la désaliénation mentale, culturelle, spirituelle et politique des Congolais. Le massacre des nationalistes renforcera la peur et le tremblement politique voulu par les néocolonialistes. Le « savoir d’homme d’Etat » (statecraft) et les expériences et pratiques d’Etat qu’on vante aujourd’hui ne sont pas en rupture avec ce modèle. Même l’esprit de sacrifice, de solidarité, de justice et de don n’y est pas.
La construction de l’Etat digne, à partir de la mobilisation des masses populaires plutôt que de leur répression conquérante, est plus que jamais urgente. Cette mobilisation doit se faire sur la base de recours aux valeurs spirituelles et culturelles issues, entre autres, du puissant mouvement de l’effort pour l’indépendance. Il nous faut des institutions qui encadrent les masses pour l’effort pour l’indépendance. Il nous faut une armée pro-peuple et non celle en continuité avec la répressive Force Publique coloniale, celle organisée par des mercenaires (y compris les anciens Nazis comme Muller), des milices des seigneurs de guerre, des armées privées au service des dirigeants sanguinaires, des officiers formés pour défendre des valeurs impérialistes ou celle, aujourd’hui, hostile à la formation professionnelle, à la discipline, se recrutant même aux grades des officiers.
Une armée, dont 63 % sont des officiers et 37% seulement des soldats de troupes, sert à quoi, sinon à piller les ressources et à terroriser les citoyens ?
Il nous faut des responsables étatiques, régis par un code de leadership, leur interdisant de s’engager dans les affaires commerciales et autres. La vraie administration publique ne peut être une extension, dans la situation de misère, de celle de la colonie basée sur la supériorité blanche, l’arbitraire et le paternalisme. Les idéologies négatives congolaises y ont remplacé celles des blancs. Il faut une formation spécifique pour les administrateurs publics ; leurs stages et pratiques doivent être informés par l’éducation civique, la déontologie administrative et l’éthique de protection de la chose publique.
Les seuls statuts les régissant ne suffisent pas ; les citoyens doivent avoir accès à eux pour le questionnement de la performance de ces administrateurs. Il faut des jurys de base pour soutenir l’indépendance de la justice, des vrais agents dévoués de la magistrature, opposés à tout ce qui fait la promotion de l’impunité.
NOTE
1 - Dans les années 70, Lutz Kaiser, un ancien étudiant d'Eugen Sanger, projete la construction de lanceurs spatiaux modulaires à faible coût. Il crée la société OTRAG (Orbital Transport und Racketen-Aktiengesllschaft), dont le siège est basé à Stuttgart en Allemagne. En décembre 1975, l'OTRAG passe un contrat avec les autorités zaïroises pour établir un centre de lancement dans le nord du Shaba. Quelque 100 000 Km2 de terre en afrique sont dévolu aux activités de l'OTRAG (source : Eurospace)* ?Pr Wamba Dia Wamba est sénateur honoraire et ancien vice-président de la Commission permanente du Sénat sur les affaires administratives et juridiques, de l’administration de transition de la République démocratique du Congo. ??
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Tagged under GouvernanceLe président de transition de Madagascar a réaffirmé le 18 mars qu’il voulait que l’ancien chef de l’Etat Marc Ravalomanana soit jugé pour « haute trahison ». Problème, Marc Ravalomanana est introuvable depuis sa démission, mardi. D’aucuns affirment que l’ex-numéro un est toujours sur la Grande Ile, qu’il n’a pas pu fuir en exil. Un avis que partage Andry Rajoelina, qui le croit « dans une résidence d'ambassade ».
Tagged under Gouvernance MadagascarLe gouvernement mauritanien vient d’adopter un projet de décret portant création d'une compagnie aérienne dénommée ''Mauritanian Airlines international (MAI)". ?La création de cette compagnie nationale permettra de « combler le déficit du pays en transport aérien tant au niveau intérieur qu'au niveau régional et international », selon un communiqué du gouvernement. La précédente compagnie nationale, Air Mauritanie, a mis la clé sous le paillasson en 2007.
Tagged under GouvernanceDes tractations politico-militaires sont en cours en Guinée-Bissau, deux semaines après les assassinats du chef d’état-major et du Président. Des manœuvres qui pourraient amener l’ex-parti unique et l’armée à conclure une nouvelle alliance pour contrôler le pouvoir. Un nouveau chef d’état-major général des forces armées a été nommé officiellement pour assurer «un intérim», en attendant l’élection d’un nouveau président, seul habilité à nommer le dirigeant de l’armée. Le capitaine de frégate José Zamora Induta a été désigné «sur proposition du gouvernement, acceptée par l’armée, pour éviter un vide au sommet des forces armées», a affirmé hier une source à l’état-major. Son poste est des plus exposés.
Tagged under Gouvernance Guinea BissauUn programme de formation, destiné aux Cellules de renseignements financiers (CRF) pour la lutte contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'ouest, a été organisé la semaine dernière à Cotonou. Le Sénégal a été le premier pays de la CEDEAO à mettre en place sa cellule depuis 2005 et qui continue de travailler dans le cadre du blanchiment. Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme (GIABA) en Afrique de l’ouest comprend tous les pays membres de la CEDEAO. D’après son Rapport 2007, le crime organisé transnational est l’une des principales menaces à la paix et à la sécurité internationales. Et le blanchiment d’argent ainsi que le financement du terrorisme font partie des manifestations de cette menace.
Tagged under Gouvernance BeninSauver un million 300 mille personnes du Sida, faire en sorte que 70 millions de femmes aient accès aux préventions de la transmission de la mère à l'enfant et éviter deux millions 600 mille nouvelles infections et surtout permettre l'accès aux traitements aux six millions de personnes qui n'en ont pas. C'est le défi que veut relever l'Onusida. Pour cela, le nouveau directeur exécutif de l’ONUSIDA a un cheval de bataille : l'accès universel aux traitements contre la pandémie, en attendant l'avènement du vaccin qui seul pourra éradiquer le Sida.
Tagged under GouvernanceL’accès à l’eau sera de plus en plus difficile en Afrique dans les prochaines décennies. Quelque 75 à 250 millions de personnes auront du mal à satisfaire leur besoin d’ici 2020, selon les dernières prévisions. Principale raison : la forte croissance démographique du continent. Dans l’ouest du Cameroun, le cas de la petite ville de Mbouda dont les autorités ont récemment tiré la sonnette d’alarme, illustre bien le problème. Le système d’alimentation a été conçu pour répondre aux besoins de 50 000 habitants. La ville compte aujourd’hui près du double. A cela s’ajoute le gaspillage des ressources en eau de cette petite ville.
Tagged under GouvernanceLe président malien Amadou Toumani Touré a été porté par ses pairs à la tête de l'Union économique et monétaire oeust-africaine (UEMOA), le 17 mars à Ouagadougou, à l'issue du 13e sommet de l'organisation sous- régionale. Le sommet, qui a regroupé six chefs d'Etat, le Premier ministre du Niger et un représentant au rang de ministre du Sénégal, a été l'occasion pour les huit pays membres d'évaluer les acquis qui se résument en la mise sur pied de toutes les institutions et tous les textes communautaires. La libre circulation des personnes et des biens est une réalité au sein de l'espace UEMOA parce que les populations sont libres de s'installer dans le pays de leur choix pour exercer leur métier.
Tagged under Gouvernance MaliL’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) vient de rendre public un « programme global de développement » de 100 milliards de francs CFA, au profit de la Guinée Bissau. Ce soutien est intervenu à l’issue du 13è sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union. Selon le président de la Commission, ce programme prévoit un financement d’urgence de 25 milliards de francs CFA, dont 5 milliards, pour combler le déficit budgétaire de ce pays. Ce plan devrait permettre à la Guinée-Bissau de sortir de la zone d’incertitude après l’assassinat, en début mars, du président Joao Bernardo Vieira et de son chef d’Etat major des armées Tagme Na Wai.
Tagged under Gouvernance Guinea BissauLe président de transition à Madagascar, Andry Rajoelina, officiellement reconnu dans ses fonctions le 18 mars, a déclaré toujours vouloir arrêter l'ex-chef de l'Etat, Marc Ravalomanana, qui selon lui aurait trouvé refuge "dans une résidence d'ambassade" à Antananarivo. "Si vous êtes dans une résidence d'ambassade surveillée, on ne peut pas y pénétrer", a-t-il ajouté. Mais interrogé sur le point de savoir s'il ferait exécuter le mandat d'arrêt lancé contre Marc Ravalomanana à sa sortie de la résidence, il a répondu : "Bien sûr", tout en précisant que ce serait à sa ministre de la Justice de s'occuper du dossier.
Tagged under Gouvernance MadagascarLa campagne pour la présidentielle en Algérie, où Abdelaziz Bouteflika est assuré d'être réélu, s'est ouverte le 19 mars. Les adversaires du chef de l'Etat dénoncent un combat inégal mais tentent malgré tout de mobiliser l'électorat. La campagne doit se poursuivre jusqu'au 7 avril mais certains candidats n'ont pas attendu cette date pour commencer leur campagne, organisant meetings, conférence-débats ou de presse dès début mars. Abdelaziz Bouteflika, 71 ans, brigue un 3e quinquennat en se présentant comme "indépendant". Il a recueilli, pour poser sa candidature, quelque 4 millions de signatures, soit près de 25% du corps électoral, selon ses partisans.
Tagged under GouvernanceLes partis politiques, syndicats et société civile étaient en conclave le 11 mars 2009. Au sortir de cette rencontre, ils ont proposé un calendrier électoral à la junte au pouvoir, avec la tenue des législatives en novembre et de la présidentielle en décembre prochains. Les «forces vives» proposent également que le Conseil national de la transition soit l’organe législatif et consultatif qui aura la charge, entre autres, la révision de la loi fondamentale.
Tagged under GouvernanceSi les victimes des violences sexuelles se comptent parmi toutes les catégories d’âge et sans distinction de sexe en Algérie, il n’en demeure pas moins que les mineurs restent les cibles les plus privilégiées des agresseurs. Attentat à la pudeur, viol, acte indécent, inceste... sont autant de maux qui continuent bel et bien d’exister dans une société qui, souvent, refuse de regarder en face ces phénomènes. Si l’on se fie aux décomptes des différents services de lutte contre ce phénomène, c’est près d’un millier de cas qui a été recensé durant l’année 2008. Mais la réalité est tout autre.
Tagged under GouvernanceLe dirigeant libyen Mouammar Kadhafi s'est déclaré contre la limitation des mandats présidentiels en Afrique, lors d'une visite à Niamey, où des partisans du président nigérien Mamadou Tandja espèrent un changement constitutionnel pour qu'il reste au pouvoir. "Je prends parti pour les amendements des Constitutions africaines. Je suis pour la liberté de la volonté populaire, il faut que le peuple choisisse celui qui doit le gouverner, même pour l'éternité", a déclaré M. Kadhafi lors d'un banquet à la présidence nigérienne, le 14 mars.
Tagged under Gouvernance NigerLe Soudan remplacera, d'ici un an, toutes les ONG internationales actives au Darfour, théâtre de la plus importante mission d'aide au monde, par des organisations locales, a déclaré le 16 marsle président Omar el-Béchir, franchissant ainsi un nouveau pas dans son défi à l'Occident. Après que la Cour pénale internationale (CPI) a émis, le 4 mars, un mandat d'arrêt contre le dirigeant soudanais, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, l’Etat a réagi en expulsant 13 des plus importantes ONG internationales actives au Darfour dont la britannique Oxfam, l'américaine Care et les sections française et néerlandaise de Médecins sans Frontières (MSF).
Tagged under GouvernanceLe Cadre unitaire des enseignants du moyen secondaire (Cusems), un des syndicats du Sénégal, a rendu public son dixième plan d’action. Mis en œuvre depuis le16 mars, le nouveau plan est articulé autour de plusieurs actions dont des débrayages, des assemblées générales, des rencontres avec les parents d’élèves de chaque établissement, des marches «pour la défense de l’école et des libertés syndicales ainsi qu’une grève totale qui étaient prévue les 17 et18 mars.
Tagged under Gouvernance SenegalCe soir (Ndlr : 5 mars), deux défenseurs des droits humains, M. Oscar Kamau King'ara et M. Jean-Paul Oulu (également connu sous le nom de GPO), tous les deux membres de la Fondation, ont été exécutés de sang-froid par un groupe d'hommes qui étaient dans deux véhicules. Ils étaient en route pour rencontrer M. Kamanda Mucheke, membre de la Commission Nationale Kenyane des Droits de l'Homme à son bureau.
Des témoins oculaires ont déclaré que les assassins étaient des policiers. En fait, le conducteur du minibus portait un uniforme de la police. Un témoin sur les lieux, également blessé à la jambe, a été ensuite évacué de la scène par des policiers. Nous demandons à la police de révéler l'endroit où se trouverait cet homme, dans la mesure où il pourrait être le seul qui puisse identifier les assassins et leurs véhicules. Par conséquent, nous craignons pour sa vie.
Oscar était un avocat et un défenseur des Droits de l'Homme, directeur de la Fondation Oscar. Il était membre de la Law Society of Kenya. M. GPO Oulu est un ancien leader du mouvement étudiant, et un éducateur qui a travaillé pour de nombreuses organisations des Droits de l'Homme, y compris le Youth Agenda. Il a récemment quitté, Youth Agenda pour rejoindre la Fondation Oscar où il était chargé de la Communication et des activités de plaidoyer.
La Fondation Oscar est un organisme de bienfaisance régulièrement enregistré, qui offre des services juridiques gratuits pour les pauvres. Certains de ses grands projets porte notamment sur l'organisation de caravanes pour offrir une aide juridique gratuite aux pauvres à travers le pays. La Fondation a une longue expérience en matière de recherches sur la corruption dans les forces de police, dans les prisons et sur les brutalités policières contre les populations urbaines pauvres. La dernière activité qu’elle a menée a été la recherche et la documentation des cas de disparitions forcées et d'exécutions extrajudiciaires.
La Fondation Oscar a été une source majeure d'information pour Parlement sur la lecture des atrocités commises contre les pauvres dans le pays. Le 18 février, 2009, avant que le Parlement ne débatte de la motion sur les exécutions extrajudiciaires, les conclusions de la Fondation Oscar sur les exécutions extrajudiciaires en cours avaient été présentées à l'honorable Peter Mwathi, porteur de la motion.
Leur dernier engagement avec le Parlement a été, il y a quelques jours, une présentation faite à la commission d'enquête Kioni qui fait des investigations sur les bandes organisées. Nous croyons qu'ils ont été tués à cause de la sensibilité des informations qu'ils ont partagé avec le professeur Philip Alston, rapporteur spécial des Nations Unies sur les Droits de l'homme, et avec les députés.
Là où nous en sommes aujourd'hui au Kenya, est pareil à la situation dans laquelle se trouvaient les Juifs étaient dans l'Allemagne nazie, peu avant l'Holocauste. Les nazis avaient mené une campagne de dénigrement pour pousser les populations à nourrir une haine des Juifs et permettre leur extermination. Au cours de l'état d’urgence sous le gouvernement colonial, des collaborateurs étaient recrutés pour commettre des atrocités dont les responsabilités étaient rejetées sur les Mau Mau pour les diaboliser et pouvoir les exterminer.
Nous tenons le porte-parole du gouvernement, Alfred Mutua, pour complice dans les deux meurtres sauvages, suite aux allégations qu’il a faites, selon lesquelles la Fondation Oscar était un front de la société civile pour Mungiki et qu'ils allaient y faire face.
Que sait-il de l'assassinat ? Est-ce ce qu'il voulait dire en parlant de la Fondation Oscar ? En présentant nos condoléances aux familles des défunts, nous leur assurons, ainsi qu’à la nation, que leur mort ne sera pas vaine.
* Signé par la Commission nationale des droits de l'homme du Kenya et d'autres organisations de la société civile
* La version originale du texte peut être consultée sur ce lien :
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Tagged under Gouvernance KenyaL’activiste des Droits de l'homme Mary Ndlovu passe en revue les résultats possibles après quatre semaines d’alliance contre nature entre la ZANU-PF et le MDC, dans un Gouvernement d'unité nationale (GUN) au Zimbabwe. Déjà, le GUN a survécu à l'arrestation et l'incarcération de hauts dirigeants du MDC, aux manquements persistants de la Zanu PF à la mise en œuvre des clauses principales de l'accord de partage du pouvoir sur lequel le gouvernement est fondé, et à un accident de voiture, largement perçu comme une tentative d'assassinat du Premier ministre Morgan Tsvangirai, mais qui a tué sa femme.
Tagged under Gouvernance Zimbabwe
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