• Contributor | Gouvernance

    Selon une étude menée en Côte d’Ivoire, sur les violences basées sur le genre (VBG) par le ministère de Famille, de la femme et des affaires sociales, dans 8 localités des zones CNO, 846 cas de violences sexuelles ont été enregistrés dans les structures sanitaires, entre 2000 et 2007. Sans comptabiliser les cas qui n’ont pu bénéficier de prise en charge dans les structures sanitaires du fait de la honte. Des chiffres qui indiquent que la violence basée sur le genre est un vrai problème en Côte d’ivoire. Les autorités ont ainsi décidé de lancer un un système de référence et contre référence, pour mieux lutter contre les violences basées sur le genre

  • Contributor | Gouvernance

    Robert Mugabe a fêté son 85ème anniversaire ce week-end dans une opulence insolente, alors que le Zimbabwe, qu’il dirige d’une main de fer depuis 28 ans, est en train de sombrer dans une crise économique, sanitaire et alimentaire sans précédent. La fête a eu lieu dans son village natal, à Chinhoyi (150 kilomètres au nord-ouest de Harare). Des réjouissances somptueuse estimées à 250 000 dollars US (200 000 Euros), somme rassemblée pas les partisans du président, indique le quotidien d’Etat The Herald. Au menu du banquet : 80 vaches, 70 chèvres, 12 porcs et un gâteau géant de 85 kilos.

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  • Contributor | Gouvernance

    A l’heure où le désert s’avance à grand pas, quel est le rôle de la femme dans la dégradation de l’environnement ? Quel peut-être son rôle dans la protection de son cadre de vie ? Ces questions se posent aujourd’hui avec acuité surtout si l’on sait qu’en matière de sensibilisation, le retard est énorme. Dépendant de leur lieu d’installation, les femmes ont des rapports variés avec la nature. En milieu urbain, ce que les femmes peuvent faire pour protéger l’environnement est énorme, surtout dans le cadre de l’assainissement.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le Sénégal entre pour la première fois dans l’ère de la production industrielle de l’or. Sabodala Gold Opérations (SGO) démarrera officiellement ses activités le 15 mars prochain. C’est une usine ayant nécessité un investissement d’une cinquantaine de milliards de francs. Filiale de l’australienne Mineral Deposit Limited, détentrice de la concession minière, elle produira en moyenne 6 tonnes d’or métal par an. Or, il faut une tonne de roche pour seulement 3 g d’or.

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  • Contributor | Gouvernance

    L’Union africaine (UA) vient de lancer un signal d’alarme face à la « dégradation de la situation » entre le Soudan et le Tchad, tous deux confrontés à des rébellions armées internes et en conflit larvé depuis des années, en dépit de plusieurs tentatives de médiation et « accords de paix ». ?Khartoum et Ndjamena s’accusent mutuellement de « soutenir » les rébellions qui essaient de déstabiliser leurs régimes respectifs.

    Tagged under Gouvernance Chad

  • Contributor | Gouvernance

    Un ancien enfant soldat a témoigné devant les procureurs de la Cour Pénale Internationale (CPI) cette semaine, pour affirmer que les commandants dans la milice de Thomas Lubanga, jugé par la CPI, avaient ordonné à leurs recrues de procéder à des viols. Le témoin est le troisième ancien enfant soldat à témoigner dans le procès contre l’ ancien président de l'UPC. accusé du recrutement, de la conscription et de l'utilisation d'enfants soldats définis comme combattants de moins de quinze ans, dans les conflits ethniques qui ont fait rage dans la région de l'Ituri, en République démocratique du Congo, en 2002 et 2003.

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  • Contributor | Gouvernance

    Les organisations humanitaires ont actuellement de « grosses difficultés », selon les termes d’un responsable des Nations Unies, à se rendre auprès des quelque 6 000 Centrafricains réfugiés dans le sud du Tchad, à un kilomètre à peine de la frontière qu’ils ont traversée pour échapper aux attaques menées dans leurs villages. Un grand nombre de ces réfugiés ont indiqué qu’ils souhaitaient rester près de la frontière, bien que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ait fait savoir qu’il devrait à terme déplacer son opération de secours plus à l’intérieur du territoire tchadien.

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  • Contributor | Gouvernance

    Un an après les « émeutes de la faim », la vie reste chère au Cameroun. Du 23 au 29 février 2008, le pays s’embrasait. Des promesses ont été faites par les dirigeants pour améliorer les conditions de vie des Camerounais. Mais un an après les émeutes de la faim de février 2008, rien n’a véritablement changé. Le prix des produits de consommation va d’ailleurs croissant. Une flambée des prix fait rage dans l’ensemble des marchés du pays.

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  • Contributor | Gouvernance

    La junte au pouvoir en Guinée a annoncé, le 28 février, la levée de l'interdiction qui frappait toutes les activités des partis politiques et des syndicats depuis le coup d'Etat du 23 décembre. Un décret signé par le président autoproclamé de la Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, a été lu à la radio et à la télévision d'Etat, annonçant la fin de cette interdiction. Si cette levée de suspension qui frappait les partis politiques et les syndicats est un début de solution aux multiples problèmes issus du coup d’Etat du 23 décembre, les partis, les leaders d’opinion et les syndicats attendent du chef de la junte et du CNDD un signal plus fort.

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  • Contributor | Gouvernance

    L’accord signé en juillet 2008 entre la ZANU Front patriotique (ZANU-PF) et les deux factions du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a offert la première lueur d'espoir dans la résolution de la longue crise au Zimbabwe. Avec la signature du protocole d'accord, les parties ont commencé à négocier un règlement de la crise dans le cadre de la médiation engagée par Thabo Mbeki, alors président de l'Afrique du Sud. Toutefois, il est peu probable que les négociations en cours aboutissent à une transition politique au Zimbabwe. Le régime actuel restera au pouvoir et cherchera à bloquer les efforts entreprise pour établir les responsabilités dans les violations passées. Bien que la transition politique reste très peu probable dans un proche avenir, il est important d'examiner la forme que pourrait prendre la justice de transition au Zimbabwe, si les partisans de la ZANU-PF étaient amenés à perdre le pouvoir. Ce texte se penche sur cette question, tout en reconnaissant les immenses défis qui se posent dans ce sens

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  • Contributor | Gouvernance

    Robert Mugabe a indiqué le 26 février qu'il prévoyait de nouvelles élections générales dans environ deux ans. Selon lui, le gouvernement d'union formé il y a quinze jours avec Morgan Tsvangirai n'était qu'"un arrangement intérimaire". "Tout un processus constitutionnel nous attend", a-t-il ajouté dans un entretien accordé au quotidien d'Etat The Herald à l'occasion de son 85e anniversaire. Il a ajouté que les partis se sont déjà entendus sur une ébauche de texte fondamental. "Nous devons l'examiner et quand nous serons tous satisfaits, nous organiserons un référendum (...) d'ici 18 à 24 mois."

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  • Alors que les médiateurs nationaux et internationaux (Nations Unies, Union Africaine, SADC, Coopération Française, etc.) continuent leurs efforts en vue de la résolution de la crise à Madagascar, certains officiers généraux des forces armées ont laissé entendre : "Si la recherche d'une solution au conflit entre les deux protagonistes échoue, nous prendrons nos responsabilités en tant que dernier rempart de la République et de l'unité nationale" (« L’Express de Madagascar »). Quelles que soient les motivations de l’Armée, cet avertissement souligne la nécessité de prendre du recul par rapport à l’actualité immédiate, et de se rendre à l’évidence que la recherche de solutions alternatives et durables doit aller au-delà d’une analyse conjoncturelle, pour prendre en compte les causes structurelles qui sous-tendent la crise actuelle.

    Depuis plusieurs semaines, Madagascar est confronté à une grave crise politique dont l’issue reste incertaine. L’attention des médias et des milieux diplomatiques reste focalisée sur la confrontation ouverte entre Marc Ravalomanana, le président élu, et Andry Rajoelina, le jeune maire destitué de la capitale, qui s’est autoproclamé « responsable suprême» du pays. Cette confrontation a mené à un déchaînement de violence qui a entraîné la destruction de nombreux outils de production et de nombreux biens, notamment des magasins appartenant à la société MAGRO de Marc Ravalomanana. En outre, la répression sanglante de la marche des partisans d’Andry Rajoelina sur le palais présidentiel dans la journée du 7 février 2009 a causé la perte de nombreuses vies humaines.

    Parmi les causes structurelles se trouve la question des inégalités et des injustices sociales. Malgré un taux de croissance qui s’est maintenu à près de 6% en 2007, 70% de la population malgache vivent avec moins d’un dollar par jour, et plus de 59% souffrent de malnutrition chronique (ADB 2007), ce qui indique clairement l’exclusion croissante de la grande majorité de la population des bénéfices de cette croissance. Alors que les zones rurales étaient les plus touchées par la pauvreté auparavant, le phénomène a augmenté en milieu urbain, passant de 43.9% en 2001 à 52 % en 2005 (FMI 2007).

    De surcroît, l’empressement du gouvernement de Marc Ravalomanana à suivre les prescriptions néo-libérales a mené à la marchandisation des services sociaux de base, les mettant ainsi hors de portée de la grande masse de ceux qui en ont le plus besoin. Le mécontentement populaire envers le régime en place est dû, pour une large part, à cette dégradation continue des conditions de vie, dans un contexte économique marqué par la hausse des prix du pétrole et des produits de base, et à la baisse de l’activité dans les zones franches d’exportation, importantes pourvoyeuses d’emplois, à la fin de l’Accord Multifibres.

    La déception et la frustration à l’égard du pouvoir présidentiel ont été exacerbées par ses dérives dictatoriales - qui ont été dénoncées non seulement par ses opposants politiques mais aussi par des organisations de la société civile et des intellectuels -, et les graves erreurs qu’il a commises en matière de gouvernance économique. L’achat de l’avion présidentiel « Force One » pour 60 millions de dollars, et la location pour un bail de 99 ans de plus de la moitié des terres arables du pays à la compagnie Daewoo, sont les exemples les plus cités par les divers commentateurs. Cependant, le gel d’une aide de trente cinq millions de dollars par la Banque Mondiale et le FMI semble indiquer l’existence d’un problème récurrent, que l’Ambassadeur des Etats-Unis à Madagascar a résumé ainsi : « Le moment est propice pour écouter ce que dit la population... Il faut réagir avec une meilleure gouvernance... Le choix des magasins brûlés était un message assez fort, il ne faut pas mélanger affaires privées et affaires d'Etat. » (RFI, 06/02/09)

    Compte tenu de l’affaiblissement des partis politiques d’opposition, et du verrouillage des mécanismes institutionnels par le pouvoir, on peut penser qu’Andry Rajoelina a pu canaliser le mécontentement populaire et s’affirmer comme étant le porte-parole de l’opposition au régime en place. Les divers commentateurs ont aussi relevé la similitude entre son propre parcours et celui de son adversaire : tous deux ont réussi dans les affaires ; ont été maires et ont investi le pouvoir en s’appuyant sur un mouvement populaire. Dans un pays où la jeunesse constitue la majorité de la population, mais où l’ordre social continue dans une large mesure à maintenir la subordination des cadets sociaux, notamment les jeunes et les femmes, Andry Rajoelina symbolise l’espoir d’une ascension sociale et la réussite pour beaucoup de jeunes, tout comme l’actuel président au moment de son arrivée au pouvoir.

    Ce serait cependant une erreur de penser que la population de la capitale est divisée entre les partisans d’Andry Rajoelina et de Marc Ravalomanana, quelles que soient les démonstrations de force des deux parties. Ainsi, malgré les appels à la grève d’Andry Rajoelina, dans les entreprises des zones franches qui emploient une proportion très importante des travailleurs non qualifiés - ou du « prolétariat urbain », selon l’expression de l’historien Jean Fremigacci - les employés des zones franches défendent eux-mêmes leurs usines et demandent à poursuivre le travail, en dépit des menaces et des pressions exercées par les partisans de la grève. La plupart le font parce qu’ils ne peuvent pas se permettre de perdre leur salaire, si maigre soit-il, et non parce qu’ils soutiennent le président élu.

    Dans une perspective historique, l’affrontement entre ces deux hommes ne constitue qu’un épisode d’une crise chronique qui dure depuis plusieurs décennies, et que les régimes politiques qui se sont succédés au pouvoir - qu’ils soient ‘révolutionnaires socialistes’ ou d’obédience néo-libérale - n’ont pas réussi à enrayer, ni même cherché à comprendre. Pour la quatrième fois dans l’histoire contemporaine du pays, un soulèvement populaire contre le régime au pouvoir a eu lieu à Antananarivo. Des crises similaires se sont produites en 1972, 1991 et 2002 et, d’après certains universitaires, « il faut noter que ces « révoltes » sont cycliques : en moyenne tous les 10 ans, mais apparemment la capacité d’endurance tend à se réduire actuellement à 7 ans. A chaque fois, ces mouvements de contestation sont réprimés par le pouvoir en place arguant de sa légalité tirée des urnes. » 2

    Le fait que les événements ont eu lieu à Antananarivo, c’est-à-dire à l’épicentre du système politique, n’est pas innocent. Au-delà du fait que l’effet d’entraînement du soulèvement populaire sur les autres régions reste encore à voir – mis à part les pillages et des manifestations isolées -, la concentration de la crise dans la capitale révèle une fois de plus la fracture entre l’épicentre et la périphérie du système politique. Cette fracture, qui est restée ouverte depuis l’avènement de la Première République, devait être résorbée par le processus de décentralisation qui a été entamé sous les régimes successifs, et qu’il importe de rendre effectif aujourd’hui.

    La fracture qui traverse le champ politique, entre les cercles du pouvoir réservés aux élites, qui monopolisent le discours et l’action politique, et ceux qui en sont exclus, pose la question de la nature des contre-pouvoirs à Madagascar. Il conviendrait notamment d’effectuer une analyse critique du rôle des Eglises et de la société civile dans cette crise, ainsi que de leur capacité à apporter des solutions alternatives et à impulser un changement véritablement démocratique.

    La crise traversée par Madagascar offre une opportunité historique de redresser les injustices et de redonner tout leur sens aux notions de démocratie, de citoyenneté et de droits humains dans le pays. Les organisations de femmes l’ont bien compris, et ont pris des initiatives dans ce sens, en réclamant la tenue des Etats Généraux de la société Malagasy et d’un référendum constitutionnel, ainsi que la participation égale des femmes et des hommes à tous les processus politiques3 Ce sont des signes d’espoir, qui indiquent que les femmes sont déterminées à agir en vue de la résolution de la crise, et à ne pas se contenter d’une démocratie négociée. Et qui sait, à l’instar du Rwanda dans la période qui a suivi le génocide, le nombre de femmes dans les instances de prise de décision politique pourrait dépasser toutes les espérances.

    NOTES
    (1) L’accord multifibres permettait aux grands producteurs africains de textile d’exporter un certain quota de leur production vers les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest
    (2) Voir les Déclarations du Centre d’Observation et de Promotion du Genre, et du VMLF
    (3) Déclaration du 18 Février 2009 du Collège des Enseignants Chercheurs de la Faculté de Droit, d’Economie de Gestion et de Sociologie.

    * Zo Randriamaro est une sociologue malgache, activiste sur les questions relatives au genre et aux Droits humains.

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  • Protagonistes de la crise malgache, le président malgache Marc Ravalomanana et le maire destitué d'Antananarivo, Andry Rajoelina, ont franchi le Rubicond pour se rencontrer. Ainsi une crise politique, dont les débordements de violence ont causé une centaine de morts depuis le 26 janvier, tend vers une solution de dialogue. Mais pour l’écrivain malgache Jean-Luc Raharimanana, qui passe en revue cet épisode de violence, Madagascar ne fait que vivre une répétition de l’histoire. Son souci, par contre, est que tout cela n’aboutisse pas à une nouvelle période faite de compromis, de jeu politique et de trahison. Mais que la «Grande Ile» tourne enfin la page des dérives observées depuis l’indépendance.

    Comme un air de « déjà vu… » Un jeune entrepreneur, riche, beau, populaire, maire de la capitale. Une foule qui remplit toute la place du 13 Mai. Des revendications et un espoir immense pour une vraie démocratie. Des manifestations voulues pacifiques et une marche vers la présidence pour occuper les lieux symboliques du pouvoir. Un cordon militaire, des négociations sommaires et la tuerie. Les armes parlent et un peuple pleure encore ses morts…

    Cela s’est passé ainsi en 1972. Le 13 mai de cette année, la foule dénonce le caractère néocolonial du régime Tsiranana et les militaires ouvrent le feu sur les manifestants. Cela s’est passé en 1991. Le 10 août, la marche s’ébranle vers le palais présidentiel de Lavoloha et le président Ratsiraka ordonne de tirer sur la foule. Cela s’est passé en 2002. Six mois de manifestations ‘pacifiques’ suivent des élections interrompues au premier tour et finalement un appel au ‘hazalambo’, à la chasse au sanglier ou hallali, et à l’extermination, est lancé par Ravalomanana, président autoproclamé. Cela se passe aujourd’hui, en 2009. Le 7 février, une marche s’ébranle vers Ambohitsirohitra, autre palais présidentiel. Une foule et des tirs à balle réelle comme dernière réponse.

    Ravalomanana - Rajoelina, les faux jumeaux

    Avant de continuer, précisons juste qu’avant d’accéder au pouvoir, Ravalomanana s’était enrichi sous la dictature de Ratsiraka. Condamné pour corruption en 1988, il est libéré par le même Ratsiraka et remporte dans la foulée l’appel d’offre de privatisation de l’entreprise pour laquelle il a été condamné… Là réside la base de l’empire Tiko. Financé par la Banque mondiale, protégé par Ratsiraka, Tiko bénéficiera de tous les passe-droits, ne paiera jamais d’impôts, faveur accordée par le gouvernement qui s’en rendra compte trop tard.

    Ratsiraka pensait tenir en Ravalomanana un homme de paille, ce dernier visait toute la botte de foin, en l’occurrence le pouvoir, qu’il organisa au bénéfice net de son entreprise : exonération d’impôts, détaxation sauvage sur les intrants nécessaires à ses usines (taxes maximums pour ses concurrents), contrôle absolu des appels d’offres, paiements différés des paysans producteurs, achat à prix dérisoire des terrains domaniaux, confiscations de terres, monopole sur tous les secteurs de l’économie, contrôle des médias, emprisonnement des intellectuels et des opposants. Ajoutons à cela la complaisance des bailleurs de fonds et des puissances étrangères. Toute la panoplie du parfait dictateur…

    (…) Les règnes de Ratsiraka et de Ravalomanana ont obligé les jeunes Malgaches à une culture de survie et de débrouille. L’Etat ne pouvant garantir un salaire décent. Beaucoup de ces jeunes se sont lancés dans l’entreprise privée, touchant à tout et à n’importe quoi, échouant dans telle branche et reprenant dans telle autre. Ainsi, des agronomes sont-ils devenus des informaticiens, des médecins des éleveurs de cochons. Ainsi Andry Rajoelina fut Disc Jokey et organisateur de spectacles, avant de monter sa boîte de publicité et de communications.

    Contrairement à Ravalomanana sous Ratsiraka, Rajoelina n’a pas bénéficié des faveurs coupables du gouvernement. Au contraire, Ravalomanana n’a cessé de lui mettre des bâtons dans les roues : l’affaire des panneaux publicitaires en 2004 est à l’origine de sa popularité actuelle. Ravalomanana, furieux de voir ses propres panneaux moins beaux que celui du jeune entrepreneur, les fit enlever. Rebelote lors des derniers jeux de l’Océan Indien. A chaque fois, Rajoelina se rebiffe.

    Cette rébellion, les Tananariviens, particulièrement les jeunes et les entrepreneurs subissant la prédation de l’empire Tiko, l’ont suivie de très près. Ce n’est pas étonnant qu’ils ont adhéré en masse à sa candidature à la mairie d’Antananarivo. La mairie acquise (janvier 2008), l’on pourrait faire le parallèle avec Ravalomanana, maire de la capitale aussi en son temps. Si Ravalomanana a eu les coudées franches en sa mairie, ce ne fut pas le cas de Rajoelina. A peine élu maire, il subit les foudres de l’Etat : coupure de l’électricité dans les locaux administratifs de tous les arrondissements de la capitale, nomination officieuse d’une autre ville (Toamasina) comme capitale administrative de Madagascar, enlèvement de la gestion de la voirie à la commune, impossibilité pour le maire de nommer les chefs « fokontany » (administrateurs des petites communes, des cités, des villages). La situation actuelle découle de ce refus de Ravalomanana de partager le pouvoir, la fermeture de la radio Viva étant la goutte de trop.

    Andry Rajoelina avait le choix : se soumettre ou se révolter, entrer dans le cercle de la corruption du système Ravalomanana ou réveiller la révolte latente de la population malgache. On sait aujourd’hui quel a été son choix ! Bilan provisoire : une centaine de morts depuis le 26 janvier. Tentative de putsch d’un jeune loup financier assoiffé de pouvoir ou révolte populaire incarnée par une figure héroïque de résistance ? Ou les deux à la fois ?

    Une histoire qui bégaie…

    (…) Les violences observées à Madagascar résident dans la nature même des Etats qui y ont été mis en place. Si on peut résumer un Etat démocratique à la symbiose d’une terre, d’un peuple et d’un pouvoir, alors, depuis l’indépendance, Madagascar n’a jamais eu d’Etat… Une terre pour un peuple, un pouvoir pour un peuple et un peuple qui reconnaît la légitimité d’un pouvoir. Oui, ça a l’air d’un slogan, oui, ça a l’air d’un propos simpliste, mais cela semble être le problème majeur de la nation malgache depuis longtemps.

    Comme le souligne Ndimby (Madagascar Tribune, 2 février 2009), « Il est effarant de constater qu’après presque 50 ans de retour à l’indépendance, l’alternance politique cherche encore, et une fois de plus, des voies non prévues par la Constitution en vigueur. Le mode d’accès au pouvoir a rarement été par la voie des urnes, même si une fois arrivés au pouvoir, certains ont par la suite fait confirmer leur poste par une ou plusieurs élections (…)

    « Aucun Malgache n’est devenu chef d’Etat en se présentant à une élection dans des conditions plus ou moins normales, à l’exception peut-être de la première élection de Philibert Tsiranana (1959), mais elle ne s’est pas faite au suffrage universel, et a eu lieu dans le contexte particulier de la décolonisation. On constate également que l’histoire de Madagascar, à ce jour, a permis de tester la plupart des modes existants de départ du pouvoir : un assassinat (Ratsimandrava), une démission (Ramanantsoa), un empêchement (Zafy), une transmission (Andriamahazo) et deux départs suite à une crise politique majeure : Tsiranana en 1972 et Ratsiraka en 1991 et en 2002.

    « Seul le départ de Norbert Lala Ratsirahonana, parti démocratiquement suite à une défaite à des élections qu’il avait pourtant organisées (1996), peut être considéré comme démocratique. Didier Ratsiraka (1993) et Zafy Albert (1997) furent vaincus en tentant de récupérer le poste qu’ils venaient de perdre. »

    Terre/peuple/pouvoir, les bases d’un Etat démocratique

    Ainsi dans leur histoire, les Malgaches n’ont jamais réussi l’équation Terre/Peuple/pouvoir… Avant la période coloniale, les rivalités territoriales et les luttes politiques entre les royaumes étaient bien connues, nous n’y reviendrons pas. La période coloniale voulut bien nous faire croire à cette équation : l’Etat français (…) décréta que ces terres incultes et vacantes revenaient de plein droit à celui qui l’exploitait : le colon ! Mais, évidemment, la supercherie était trop grossière : rébellion en 1947, avec l’un des plus effroyables massacres de la France coloniale : 89 000 morts selon l’armée française et des polémiques mémorielles infinies. L’Etat colonial n’a pas eu pour objectif de consacrer son pouvoir aux bienfaits du peuple indigène, ce fut un Etat pour la seule exploitation des terres.

    L’indépendance aurait pu faire croire que ces questions étaient réglées, la terre revenant aux Malgaches désormais. Malheureusement, le déséquilibre de développement entre les provinces, ainsi que la mainmise de la France sur les grandes décisions économiques et diplomatiques amenèrent à la révolution de 1972 : chute du régime Tsiranana, instabilité du pouvoir jusqu’en 1975 où, parvenu au pouvoir, Didier Ratsiraka installa les «fivondronana », les « firaisana » et les « fokontany ». Ces découpages territoriaux se transformèrent très vite en découpages régionaux (ethniques ?), chaque « fivondronana », « firaisana » ou « fokontany » refusant de fait à un non originaire de leurs territoires un exercice réel de pouvoir.

    Les terres morcelées, l’enclavement pouvait alors s’installer. Les « fivondronana » qui se trouvaient hors du champ d’influence du pouvoir s’enfonçaient alors dans une misère de plus en plus profonde. De plus, en créant un Front national de la révolution où les partis politiques se partageaient territoires, ministères et fonctions publiques, sur un équilibre ethnique fragile, Didier Ratsiraka avait accentué cette faiblesse de l’Etat, chaque branche du pouvoir étant désormais sous la coupe d’une oligarchie ethniquement marquée. L’enclavement est là, dans le système étatique, et non dans l’absence ou pas des infrastructures routières.

    Avec un Etat ne fonctionnant plus comme tel, une Fonction publique inefficace, le respect de l’Etat inexistant, un sentiment déficient d’appartenance à un Etat, la terreur devint la seule possibilité de maintien au pouvoir. La dictature prit le pas sur le rêve révolutionnaire. Ratsiraka tint ainsi pendant deux septennats, avant que le peuple ne se réveille en 1991. Son pouvoir centralisé vola en éclats, malgré le massacre du 10 août où il ordonna de tirer sur la foule.

    De février à avril 1992, mille quatre cents représentants des forces politiques et de la société civile élaborent une nouvelle Constitution dans des forums régionaux, puis un forum national. La nouvelle Constitution est adoptée par référendum. Dans la foulée, Zafy Albert est élu président de la République. Ayant chassé un dictateur, élu un président, élaboré une nouvelle Constitution pour un régime dit d’Assemblée, donné une place primordiale à la décentralisation, on peut penser que le peuple malgache allait enfin s’en sortir. Mais c’était sans compter sur l’immaturité des politiques : un exercice de pouvoir se limitant à des courses aux portefeuilles ministériels, une mentalité à considérer les postes politiques et administratifs comme sources d’enrichissement personnel. Une motion de censure est déposée contre Zafy Albert qui refuse de faire le jeu des parlementaires. Il fait l’objet d’un « empêchement » et doit quitter le pouvoir (1996).

    Si le peuple malgache est bien parvenu à un consensus pour une véritable Constitution, les politiques, eux, n’auront pas adopté la même attitude. Les élections qui s’ensuivirent (1997) verront le retour du nouveau Ratsiraka avec son fameux programme « Humanisme écologique », salué par le Grand Prix européen Umberto Blancamano, et financé comme il se doit par la Banque mondiale même. Ratsiraka s’empresse d’effacer de la Constitution le régime dit d’Assemblée et revient à un régime présidentiel qui empêche l’empêchement… Pour la forme, il cède sur l’autonomie des provinces, revendication très forte d’une grande partie de la population, mais tout le long de son nouveau mandat, il n’ira jamais effectuer les transferts de pouvoir prévus. Avec la préservation de la terre comme programme politique, l’humanisme du peuple malgache comme source de démocratie, un pouvoir respectueux de la terre et du peuple, Ratsiraka a compris l’équation, mais il camoufle par son discours son pouvoir oligarchique.

    L’entrée de Ravalomanana en politique coïncidera au retour des revendications nées en 1991. La population, soutenue par la société civile et les Eglises, va trouver en lui l’homme idéal pour exposer à nouveau ses aspirations démocratiques. Un mandat plus tard, elle se rend compte que leur champion était entré en politique, non pour un idéal de développement, mais pour étendre son empire. Ravalomanana n’a pas révisé, comme promis, le régime présidentiel, mais l’a au contraire renforcé, supprimant les régions autonomes, s’arrogeant le droit de nommer et de révoquer à loisir des Pds (Président délégué spécial) ou des chefs région.

    Le territoire est désormais divisé en 22 régions - ce qui n’est pas loin des réalités malgaches et de ce souhait tant cherché de décentralisation et de désenclavement, mais la dotation en budget, malgré les textes, dépend entièrement de l’humeur de la présidence. Des villes tombées dans l’opposition (Toamasina sous Roland Ratsiraka, Fianarantsoa sous Pety Rakotoniaina, Antananarivo sous Andry Rajoelina) perdent soit leurs budgets de fonctionnement soit leurs prérogatives.

    Jamais un président malgache n’aura tourné à son avantage personnel l’équation Terres/peuple/pouvoir, pas même Ratsiraka… Lors des élections législatives de 2007, le rapport de l’Assemblée nationale souligne que « le Tim a remporté 105 des 125 sièges. Dix-neuf sièges sont allés à de petits partis et à des candidats indépendants pro-Tim. Le siège restant a été obtenu par M. Prezaly, du Leader fanilo, qui est donc devenu le seul membre de l’opposition de la nouvelle Assemblée nationale ». Décidant de tout, l’homme d’affaires Ravalomanana a le monopole de tous les secteurs économiques de l’île.

    Reformant la propriété foncière, il met en porte-à-faux les milliers de propriétaires analphabètes de l’île. Ces derniers, ne connaissant ni cadastres ni propriétés privées, fonctionnent toujours selon le code traditionnel : une notion de propriété excluant l’administration, basée sur l’entente villageoise et familiale. Sans que lesdits « propriétaires traditionnels » soient au courant, ces terres déclarées domaniaux sont bradées aux entreprises gravitant autour du président ou aux grandes multinationales exploitant le sous-sol, les richesses de la terre ne revenant plus alors à la population. (…)

    Quelle transition ?

    Alors, Rajoelina a-t-il eu raison de se soulever ? Probablement oui. S’est-il bien pris en lançant le peuple à l’assaut d’un pouvoir aveugle ? Probablement non. La centaine de morts est là pour témoigner de son action. L’ordre donné par Ravalomanana de faire tirer sur la foule est criminel, mais Andry Rajoelina a-t-il bien appréhendé la situation avant de marcher vers le palais présidentiel ? Mettre les deux personnalités sur le même plan serait injuste. Ravalomanana a endossé depuis longtemps le costume du dictateur, Rajoelina, pour l’instant, n’a fait qu’incarner une légitime aspiration à la liberté. Peut-on lui imputer la responsabilité de ce carnage du samedi 7 février ? Ravalomanana se dit respectueux de la légalité et de la démocratie, mais est-ce légal ou démocrate de tirer à balle réelle sur une manifestation ?

    Rajoelina réclame un régime transitoire, mais si c’est juste une transition pour des chaises musicales au niveau du gouvernement à venir, ce n’est pas la peine… (…) Pour lever toute ambiguïté, Rajoelina doit affirmer haut et fort ce qu’il a déjà dit : « Que la présidence ne l’intéressait pas » et que ce qui l’importait, c’était l’instauration d’une réelle démocratie à Madagascar. Il est impensable que Ravalomanana reste en place, impensable que Rajoelina occupe ce poste. Il est nécessaire de mettre en place un gouvernement neutre de transition et chaque membre de ce gouvernement de transition devra promettre de ne briguer aucun mandat lors des élections anticipées. Ceci pour éviter que la période de transition ne soit qu’une période de jeu et de trahison politiques. La transition serait alors un moment où le peuple malgache reprendrait tout à la base, la notion d’Etat, les limites à l’exercice de pouvoir, la création des outils ne permettant plus ces dérives observées depuis l’indépendance, car l’île ne peut plus faire comme si de rien n’était…

    L’ONU, l’UA, la France et les Etats-Unis prônent le dialogue. C’est bien beau, mais c’est placer les Malgaches devant ce dilemme : dialoguer avec le bourreau… C’est ainsi qu’on grandit, dit-on : regarder le bourreau en face… Et c’est ainsi qu’on respecte la démocratie, dit-on toujours… Aux Etats-Unis, le clan Bush n’avait-il pas déclenché deux guerres (au moins) pour leurs petites entreprises ? En Russie, Poutine n’est-il pas encore le roi du pétrole et du gaz ? En Italie, Berlusconi ne règne-t-il pas sur l’audiovisuel et autres babioles économiques ? En France, Sarkozy ne se prélasse-t-il pas sur un yacht tandis que ses milliardaires d’amis remportent à tour de bras les appels d’offre ?

    * Jean-Luc Raharimanana est écrivain malgache.

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  • Il dit être né esclave en 1976. De parents esclaves. Eux aussi nés de parents esclaves. Yahya Ould Brahim était esclave jusqu’à ce jour de 1999 où la volonté d’être homme libre, le désir de liberté l’obligent à prendre la route pour fuir loin de son maître, regagner la France, «pays des Droits de l’Homme ». Il y arrive un jour de décembre 2003. Le voilà désormais esclave en fuite. Mais aussi immigré sans-papiers, dans un pays qui a aboli l’esclavage depuis des siècles. Mais de liberté, il en rêve toujours. Sa grande crainte est de se voir refoulé chez lui, en Mauritanie. Là où tout indique que son maître le récupérerait et le punirait en guise d’exemple, « pour montrer aux deux millions d’esclaves domestiques ou anciens esclaves qu’ils sont encore dominés. »

    Yahya Ould Brahim semble plus vieux que la trentaine qu’il déclare, sans doute épuisé par plus de vingt ans de servitude. Son regard vide ne se pose sur rien. Vous avez l’impression de croiser ses petits yeux, mais ils scrutent un horizon lointain. Depuis cinq ans que Yahya Ould Brahim vit en France, il est dans l’atroce inquiétude d’un « retour vers l’enfer », comme il le dit lui-même. Son cas est aujourd’hui porté devant l’opinion internationale par la Commission Nationale Mauritanienne des Droits de l’homme (CNDH) et l’Association des Harratines de Mauritanie en Europe (AHME). Ces deux organisations ont animé, début février, une conférence pour prendre à témoin la presse internationale sur le cas de Yahya Ould Brahim. Mais il s’agissait aussi, de manière plus générale, d’évoquer l’esclavage en République Islamique de Mauritanie, un des pays où cette pratique a toujours cours malgré une loi votée en août 2007 par le Parlement, qui la criminalise sur toute l’étendue du territoire national.

    En octobre 2008, Biram Dah Abeid de la CNDH se trouvait devant le groupe chargé des droits humains au Forum humaniste européen de Milan, où il dénonçait la « connivence des pouvoirs publics et judiciaires avec les segments tribaux et claniques ». Une connivence qui se traduit par « la poursuite des pratiques esclavagistes d’une manière massive qui revêt plusieurs formes », dont l’esclavage domestique, l’esclavage agricole et l’esclavage sexuel sont les plus manifestes. L’association, en partenariat avec SOS-Esclaves a recensé une quarantaine de cas avérés qu’elle a présenté aux autorités mauritaniennes depuis la promulgation de la loi d’août 2007. « Jusqu’à ce jour encore, nous attendons que des sanctions soient prononcées contre les auteurs », déclare M. Abeid.

    Déjà, en 1981, une première mesure gouvernementale n’a pas connu le succès attendu. En tout cas par les opposants à l’esclavage et par les organisations de défense des Droits de l’Homme. « Cette loi n’a jamais eu de décret d’application. Et pour cause. Le premier article abolit l’esclavage et le troisième demande que les anciens maîtres qui affranchissent soient dédommagés », souligne M. Mohamed Yahya Ould Ciré. L’ancien diplomate, aujourd’hui président de l’AHME, affirme : « En Mauritanie, les autorités décident de ces dispositions juste pour calmer le jeu. Ils n’ont aucune considération pour l’opinion publique ; nous n’avons pas encore une société civile qui dispose de réels pouvoirs de pression. C’est avec la presse étrangère et les partenaires occidentaux qu’on arrivera à les faire bouger sur la question.»

    Si le cas de Yahya Ould Brahim, hier esclave agricole, est aujourd’hui mis en épingle, c’est que l’immigré clandestin, se trouve dans une situation ubuesque devant les autorités administratives françaises qui lui ont refusé le droit de réfugié. Seule la solidarité de la communauté mauritanienne lui permet encore de croire en un probable avenir de liberté, alors que la menace pèse de le renvoyer dans l’enfer qu’il a fui. « En Mauritanie, quand on est enfant d’esclave, on est esclave depuis la naissance et on le reste jusqu’à ce que le maître décide de vous affranchir. J’ai ma sœur et mon frère qui sont encore esclaves du frère de mon maître. Mes parents étaient esclaves des parents de mon maître. Pour tout dire, ma famille est esclave de statut depuis toujours, au service la famille de mon maître. »

    « J’ai fui en 1999, lorsque mon maître m’a refusé le droit le plus simple de me rendre au chevet de ma mère malade. A la même période, quelques animaux du troupeau s’étaient égarés pendant que je les amenait au pâturage et il m’avait battu. Et pourtant, depuis plus de vingt ans j’étais à son service. Alors j’ai pris mon courage à deux mains en me disant que je ne pourrais vivre rien de plus indigne et de plus atroce. Quand j’ai fui, j’ai vécu en cachette en Mauritanie. Pendant deux ans j’ai travaillé comme vendeur d’eau. Un jour, je suis tombé sur un groupe de candidats à l’émigration. Je n’ai pas hésité un seul instant pour tenter ma chance. Avec mes économies, j’ai cotisé comme mes vingt-cinq autres compagnons de voyage, pour payer une pirogue. C’est ainsi qu’on a embarqué pour l’Espagne et on a réussi la traversée. En décembre 2003, je suis arrivé en France. »

    « J’ai fui en désaccord total avec ma famille. J’ai fui parce que j’avais peur d’être reconduit chez mon maître. Aujourd’hui cette même peur me tenaille». La peur d’être reconduit à la frontière, livré à lui-même. La honte de rentrer en Mauritanie pour faire face au « déshonneur » que les siens estiment avoir subi du fait de sa fuite. La certitude de faire l’objet d’un mépris, mais surtout de subir la fureur de son maître.

    C’est donc pour briser cette chaîne de la peur que les organisations anti-esclavagistes se battent en Mauritanie et au niveau international pour exiger « une enquête nationale afin d’éclaircir la situation », trouver une solution au profond problème de mentalité et rendre leur dignité et leur fierté aux cinq cent mille esclaves domestiques recensés dans ce pays, et au million six cent mille anciens esclaves. Un défi d’autant plus difficile, souligne M. Abeid, que l’esclavagisme reste lié à la nature féodale de la société mauritanienne, mais surtout au socle islamiste du code judiciaire en vigueur. Pour ce défenseur des Droits de l’Homme, « la religion musulmane qui n’a jamais interdit l’esclavagisme constitue aujourd’hui son terreau fertile et les pays arabes n’aident pas la Mauritanie dans sa lutte contre ce système », le pire, le plus avilissant pour la race humaine.

    * Oussouf Diagola est le Directeur de publication de Farafina magazine, un journal de la diaspora paraissant en France.

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    Le président du Nigeria, Umaru Yar’Adua, a appelé les nations africaines à tendre la main d'urgence au Zimbabwe pour permettre à ce pays d'Afrique australe de sortir de la crise humanitaire qui l'affecte actuellement. S'exprimant ainsi à l'occasion de la présentation des lettres de créance de l'ambassadeur d'Afrique du Sud au Nigeria, à la villa présidentielle à Abuja, la capitale fédérale, le président Yar'Adua a dit que "les nations africaines doivent montrer la voie en apportant du soutien et de l'assistance au peuple du Zimbabwe en cette période critique".

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    La vice-présidente du Zimbabwe, Joyce Mujuru, est impliquée dans une tentative de vente illégale d'or sur le marché international, en dépit des sanctions européennes à son encontre. La fille de Mme Mujuru, Nyasha del Campo, aurait en effet tenté de vendre, en novembre dernier, à la société Firstar Europe, 3,7 tonnes d'or, provenant de la République démocratique du Congo (RDC), d'une valeur estimée à 92,5 millions de dollars (72,6 millions d'euros). Selon le vice-président de Firstar, quand sa compagnie a refusé de se prêter à la transaction, Mme Mujuru l'a appelé pour le menacer.

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    La nouvelle de l'arrestation du fils aîné du défunt président guinéen, Lansana Conté, sonne comme le début d’une grande lessive dans la famille de l’ex-chef d’Etat. De nombreuses suspicions et accusations pèsent sur lui. Allant du trafic ostentatoire de la drogue dure, aux vol et détournement impunis, en passant par le racket et le tournage de films pornographiques. Certains membres de sa famille pourraient suivre.

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    Où va le Congo ? Où va l’Afrique des Grands Lacs ? Interrogations pertinentes au moment où les troupes étrangères, rwandaise et ougandaise, invitées par la RDC, quittent le Congo. Car ce revirement de situation sur le terrain, avec cet apparent retour à la paix, ne peut que découler d’un «plan savamment élaboré» et qui a pris en compte les vrais enjeux de cette région de l’Arique des Grands Lacs. A qui profitera cette nouvelle expérience militaro-politique ???

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    Le président Laurent Gbagbo dit haut et fort à qui veut l’entendre qu’il est pressé d’aller aux élections. Mais les actes et les déclarations intempestives émanant de son propre camp trahissent sa vraie pensée. Le chef de l’Etat et sa coterie n’ont pas l’intention d’en découdre de manière démocratique avec l’opposition. Du moins pas maintenant et dans les circonstances actuelles. Ce constat était nette perceptible dans ses propos au cours de la dernière traditionnelle présentation des vœux de Nouvel An.

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    Les élections locales au Sénégal vont coûter 5 milliards de francs. Un montant que le ministre de l’Intérieur trouve excessif mais qui est lié au nombre de listes et coalitions en compétition à ces élections prévues en mars 2009. En effet, 80 coalitions et listes de partis politiques vont prendre part à ces élections locales municipales et rurales

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