Le Congrès pour la renaissance ivoirienne (CRI) n'est pas satisfait du verdict rendu par le tribunal d'Abidjan sur l'affaire du déversement des déchets toxiques. Pour lui, les vrais coupables sont le président Laurent Gbagbo et la société Trafigura. Pour le CRI, le verdict de ce «simulacre» de procès laisse les Ivoiriens sur leur faim. Pour le leader de ce parti a relevé que la procédure a été viciée dès le départ dans la mesure où le chef de l'Etat n'a pas respecté la convention de Bâle.
Tagged under GouvernanceLe Congrès pour la renaissance ivoirienne (CRI) n'est pas satisfait du verdict rendu par le tribunal d'Abidjan sur l'affaire du déversement des déchets toxiques. Pour lui, les vrais coupables sont le président Laurent Gbagbo et la société Trafigura. Pour le CRI, le verdict de ce «simulacre» de procès laisse les Ivoiriens sur leur faim. Pour le leader de ce parti a relevé que la procédure a été viciée dès le départ dans la mesure où le chef de l'Etat n'a pas respecté la convention de Bâle.
Tagged under GouvernanceLe président de la Tanzanie, président en exercice de l'Union Africaine (UA) a reçu en audience, le 26 octobre, une délégation mauritanienne conduite par le ministre mauritanien des Affaires étrangères et de la Coopération. Pendant cet entretien, une conversation téléphonique a eu lieu entre le président de l'UA et le chef de l’Etat mauritanien, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, au cours de laquelle ce dernier s'est engagé à libérer Ould Cheikh Abdallahi très prochainement.
Tagged under GouvernanceUn ex-ministre mauritanien a été inculpé d'"entreprise de démoralisation de l'armée" et écroué à Nouakchott pour des propos tenus lors d'un débat télévisé, près de trois mois après le coup d'État militaire. M. Ould Abdel Kader était visé par une plainte du ministère de la Défense. Il est inculpé d'"entreprise de démoralisation de l'armée ayant pour objet de nuire à la défense nationale et outrage public à la pudeur et aux mœurs islamiques", selon la même source…
Tagged under GouvernanceTrois navires de guerre de l'OTAN ont été dépêchés au large des côtes somaliennes et dans le golfe d'Aden où des bandes de pirates multiplient les attaques contre les bateaux de marchandises. Les trois bâtiments appelés en renfort ont pour mission d'escorter les navires du Programme alimentaire mondial (PAM) qui croisent au large de la Somalie, mais aussi de dissuader et de pourchasser les bandes armées qui y sévissent..
Tagged under Gouvernance MaliDans un jugement historique, la cour de justice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a estimé que l'État du Niger était "responsable" dans une affaire d'esclavage, n'ayant pas été en mesure de protéger une jeune femme contre cette pratique qui perdure dans le pays malgré son interdiction. La plaignante, Adidjatou Mani Koraou (24 ans), a été vendue à l'âge de 12 ans pour 240.000 francs CFA (366 euros) par un esclavagiste touareg et était devenue la cinquième épouse d'un habitant de la région de Birni N'Konni (centre-sud nigérien), pendant neuf ans.
Tagged under Gouvernance NigerDes chefs d'État d'Afrique australe ont échoué à rapprocher les parties en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale au Zimbabwe et tenter ainsi de sauver l'accord sur un partage du pouvoir qui butte depuis six semaines sur la répartition des ministères-clés. Le président Robert Mugabe et le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai se sont séparés, à l'issue de 13 heures de discussions, avec seulement un accord pour demander la réunion d'un sommet plus large. Selon un communiqué publié à l'issue de la réunion, les deux parties s'opposent toujours sur l'attribution du portefeuille de l'Intérieur, qui a l'autorité sur la police.
Tagged under GouvernanceLe président Joseph Kabila a formé un nouveau gouvernement en République démocratique du Congo (RDC) pour tenter notamment de pacifier l'est du pays, où près de 20.000 civils ont fui hier les combats entre la rébellion de Laurent Nkunda et l'armée congolaise. Attendu depuis près d'un mois, à la suite de la démission du Premier ministre Antoine Gizenga, ce nouveau gouvernement "de combat et de reconstruction" dirigé par Adolphe Muzito, compte 54 membres avec trois vice-Premiers ministres, 37 ministres et 13 vice-ministres.
Tagged under GouvernanceNous, hommes et femmes, sommes les gens de la terre, ceux et celles qui produisent l’alimentation du monde. Nous avons le droit de continuer à être paysannes et paysans et la responsabilité de continuer à nourrir nos peuples. Nous, hommes et femmes, prenons soin des semences, qui sont la vie et pour nous, l’acte de produire est un acte d’amour. L’humanité a besoin de nous, et nous refusons de disparaître.
Nous, La Via Campesina, mouvement mondial d’organisations de femmes rurales, de paysans, de paysannes de petits agriculteurs et agricultrices, travailleurs et travailleuses des campagnes, peuples indigènes, afro-descendants, d’Asie, d’Europe, d’Amérique et d’Afrique, sommes réunis à Maputo, Mozambique, du 19 au 22 octobre 2008 pour notre Ve Conférence Internationale. Nous avons été reçus de manière chaleureuse, fraternelle par nos hôtes, la União Nacional de Camponeses (UNAC) du Mozambique.
Nous sommes réunis pour réaffirmer notre détermination à défendre l’agriculture paysanne, nos cultures et notre droit à continuer d’exister en tant que peuples avec une identité propre. Nous sommes plus 550 personnes, dont 325 délégués et déléguées venant de 57 pays, représentant des centaines de millions de familles paysannes. Les femmes constituent plus de la moitié des personnes qui produisent des aliments dans le monde et nous célébrons ici notre Troisième Assemblée des Femmes.
Nous célébrons également notre Seconde Assemblée des Jeunes de la Via Campesina, car la participation décisive de le jeunesse garantit le présent comme le futur du monde rural. Au cours de cette Ve Conférence Internationale, nous avons ratifié également l’adhésion de 41 nouvelles organisations de La Via Campesina et nous avons compté avec la participation de nombreuses organisations et mouvements alliés du monde entier, au cours de notre première Assemblée avec les alliés de La Via Campesina.?
?Quatre années de lutte et de victoire??
Au cours de la Ve Conférence Internationale, nous sommes revenus sur les principales luttes, actions et activités depuis la IVe Conférence Internationale qui a eu lieu à Itaici au Brésil en juin 2004. Parmi elles, il faut souligner les mobilisations massives contre l’OMC, contre les Accords de Libre Echange (ALE) dans différentes régions du monde et contre le G8 à Rostock et Hokkaido. En 2005, La Vía Campesina a été très présente lors de la journée de lutte devant le sommet de l’OMC à Hong Kong, participant ainsi à la plus récente des actions continues qui ont permis aux mouvements sociaux de maintenir paralysées les négociations lors des sommets de l’OMC, depuis Seattle en 1999.
Nous jouons également un rôle central dans d’autres mobilisations contre l’OMC, de Genève jusqu’en Inde.??En 2007, nous avons organisé, avec nos principaux alliés, le Forum International sur la Souveraineté Alimentaire à Nyeleni au Mali. Ce fut un moment crucial de la construction d’un grand mouvement mondial pour la souveraineté alimentaire. Environ 500 délégués des plus importants mouvements sociaux au monde ont participé à cet évènement et un agenda stratégique et d’action pour les prochaines années a été défini. Avant mais aussi après Nyeleni, nous avons organisé de nombreuses réunions nationales et régionales sur la souveraineté alimentaire.
Au cours des dernières années, nous sommes parvenus à ce que plusieurs pays, dont l’Equateur, la Bolivie, le Népal, le Mali, le Nicaragua et le Venezuela incorporent le concept de souveraineté alimentaire dans leur Constitution et/ou leurs lois nationales. ??Au travers de notre Campagne Mondiale pour la Réforme Agraire, expression de nos luttes pour la terre et en défense du territoire, nous avons co-organisé le Forum Mondial de la Réforme Agraire à Valence, en Espagne en 2004 et en 2006, nous avons organisé la Rencontre Internationale des Sans Terre à Porto Alegre, Brésil, avant la Conférence Internationale sur la Réforme Agraire et le Développement Rural (CIRADR) de la FAO.
Nous avons participé aux mobilisations des femmes du Brésil contre le désert vert de l’eucalyptus de la multinationale Aracruz le 8 mars, et lors du forum parallèle, nous avons obtenu de grandes avancées sur les positions des gouvernements. En 2007, nous avons organisé au Népal la Conférence Internationale sur la Souveraineté Alimentaire, la Réforme Agraire et les Droits Paysans. ??En 2004, nous avons une fête mondiale d’échange de semences paysannes au cours de notre Ive Conférence.
En 2005, nous avons organisé le Séminaire International sur les semences « Libérons la diversité », comme un volet de notre lutte globale en faveur des semences paysannes et contre les OGM et la technologie Terminator. La Vía Campesina du Brésil a organisé des mobilisations durant la Conférence Internationale de la Convention sur la Diversité Biologique (COP-8) en Mars 2006 à Curitiba, Brésil.
Sur ces mêmes thèmes, nous avons tenu des activités importantes à Mysore en Inde la même année et en 2008 à Bonn, en Allemagne et aussi en France, où une grève de la faim a fortement contribué à l’interdiction du maïs génétiquement modifié de Monsanto. En 2007 au Brésil, Keno, un grand combattant du MST a été assassiné par un homme armé à la solde de Syngenta mais au bout d’un an, nous avons réussi à obliger Syngenta à rendre au gouvernement les terres utilisées illégalement pour des expérimentations transgéniques.
La Vía Campesina, en compagnie d’autres mouvements sociaux, a organisé la « Village de la solidarité » en parallèle à la Conférence sur le Changement Climatique que l’ONU a organisée à Bali, Indonésie en 2007, où nous avons avancé l’argument que l’agriculture paysanne refroidit la planète. ??En 2008, nous avons organisé à Djakarta, Indonésie, une conférence internationale centrée sur notre proposition de Déclaration Internationale des Droits des Paysans. Avant la conférence internationale, a eu lieu l’Assemblée des Femmes sur les Droits des Paysans et des Paysannes. ??
L’engagement solidaire de la Via Campesina a été mis en évidence en 2004 lors de notre effort mondial pour canaliser l’aide alternative aux victimes du tsunami ; en 2007 avec la participation de trois délégations à des rencontres avec les Zapatistes au Mexique et chaque année lors d’actions importantes de solidarité avec les combattants et combattantes victimes de la criminalisation des manifestations sociales sur tous les continents. ??Le déplacement de populations rurales consécutif au modèle néolibéral provoque le déplacement massif de personnes, devenant un thème critique pour La Via Campesina.
Depuis 2004, nous élaborons nos stratégies et nos actions sur ces thèmes au sein de notre nouvelle Commission de Travail sur les Migrations et les Travailleurs Ruraux. Nous avons mené diverses actions contre le mur de la honte qu’élèvent les EU. ??D’un peuple à un autre, d’un pays à un autre, nous avons mené à bien les luttes de La Vía Campesina. Notre mouvement est présent dans toutes les régions du monde où le néolibéralisme est imposé aux paysans, aux paysannes et aux populations rurales. ??
La lutte de La Vía Campesina inspire, stimule et génère la résistance des mouvements sociaux contre les politiques néolibérales. Le nombre de pays où des gouvernements progressistes atteignent le pouvoir après des années de mobilisation va augmenter. Et un grand nombre de gouvernements locaux et nationaux ont accentué leur résistance et leur intérêt pour le programme de la souveraineté alimentaire suite à la mobilisation populaire et en réponse à la crise mondiale des prix des produits alimentaires??
L’offensive du capitalisme dans les campagnes, les crises multiples et le dépouillement des peuples paysans et indigènes??
Dans le contexte mondial actuel, nous sommes confrontés à une convergence de plusieurs crises : alimentaire, climatique, énergétique et financière. Ces crises trouvent leurs origines communes dans le système capitaliste et plus récemment dans la dérégulation effrénée de ses domaines d’activité respectifs d’activité économique, qui donnent la priorité au commerce et au profit.
Dans les régions rurales du monde entier, nous avons vu une offensive féroce du capital et des entreprises multinationales sur l’agriculture et les biens naturels (eau, forêts, minerais, biodiversité, terre, etc.) qui se traduit par une guerre d’expulsion contre les populations paysannes et les peuples indigènes, en utilisant des prétextes fallacieux comme les arguments erronés qui soutiennent que les agrocarburants sont une solution à la crise climatique et énergétique alors que la vérité montre le contraire.
Quand les peuples exercent leurs droits et résistent à cette expulsion généralisée ou quand ils sont obligés de grossir les flux migratoires, la réponse est toujours plus de criminalisation, plus de répression, plus de prisonniers politiques, plus d’assassinats, plus de murs de la honte et plus de bases militaires. ??
Déclaration des Droits des Paysannes et des Paysans??
Nous voyons la future Déclaration des Droits des Paysannes et des Paysans de l’ONU comme un outil essentiel dans le système légal international pour renforcer notre position et nos droits en tant que paysans et paysannes. C’est pourquoi nous lançons également la Campagne Mondiale pour une Déclaration des Droits des Paysannes et des Paysans.
Souveraineté Alimentaire : la solution aux crises et la vie des peuples??
Cependant, la situation actuelle de crise est également une opportunité parce que la souveraineté alimentaire offre la seule alternative réelle tant pour la vie des peuples que pour inverser les crises. La souveraineté alimentaire répond à la crise alimentaire, en se basant sur une production paysanne locale et aux crises climatique et énergétique en s’attaquant aux deux principales sources de gaz à effet de serre, le transport des aliments sur de grandes distances et l’agriculture industrialisée. Enfin, elle interdit la spéculation sur les produits alimentaires afin de réduire la crise financière.
Le modèle dominant signifie la crise et la mort ; la souveraineté alimentaire est la vie et l’espoir pour les populations rurales et aussi pour la population consommatrice. La souveraineté alimentaire requiert la protection et la re-nationalisation des marchés nationaux d’aliments, la promotion de circuits locaux de production et de consommation et la lutte pour la terre, la défense des territoires des peuples indigènes et la réforme agraire intégral. Elle se fonde également sur le changement de modèle productif vers une production agro-écologique et durable, sans pesticides et sans OGM et fondée sur les connaissances paysannes et indigènes.
Comme principe général, la souveraineté alimentaire se construit à partir de nos expériences concrètes au plan local, c’est-à-dire du local au national. ??La crise provoque des souffrances incalculables parmi nos peuples et met à mal la légitimité du modèle néolibéral du « libre échange » et quelques gouvernements locaux et nationaux plus progressistes ont commencé à chercher des solutions alternatives.
Au sein de La Via Campesina, nous devons être capables de profiter de ces opportunités.??Nous devons développer une méthodologie de travail incluant un dialogue critique et constructif pour parvenir à des réussites de la mise en œuvre de la souveraineté alimentaire avec ces gouvernements. Nous devons également profiter des espaces internationaux « d’intégration alternative » comme l’ALBA et Petrocaribe pour avancer sur ce terrain. Mais nous ne devons pas seulement parier sur les gouvernements : nous devons construire la souveraineté alimentaire depuis la base, sur les territoires et les autres espaces contrôlés par les mouvements populaires, les peuples indigènes, etc.
L’heure de la souveraineté alimentaire est venue et nous devons prendre l’initiative pour avancer sur ce terrain dans tous les pays. Nous, paysans et paysannes du monde entier, pouvons et voulons nourrir le monde, nos familles et nos peuples, avec des aliments sains et accessibles. ??
Les entreprises multinationales et le libre échange??
Notre réflexion nous a éclairés sur le fait que les entreprises multinationales et financières constituent parmi nos ennemis communs les plus importants et qu’en tant que tels, nous devons lutter de manière toujours plus directe contre elles. D’ailleurs, ce sont elles qui sont derrière les autres ennemis du monde paysan, comme la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC, les ALE et les APE, les gouvernements néolibéraux ainsi que l’expansionnisme économique agressif, l’impérialisme et le militarisme. Nous sommes actuellement dans une période où nous devons redoubler d’efforts dans notre lutte contre les ALE et les APE, contre l’OMC mais en tenant compte du rôle central des multinationales. ??
L’avancée des femmes est l’avancée de La Via Campesina??
Un thème qui reste bien clair lors de notre Ve Conférence est que toutes les formes de violence envers les femmes dans nos sociétés – notamment la violences physique, économique, sociale, machiste, celle de la différence de pouvoir et celle culturelle – sont également présentes dans les communautés rurales et ainsi dans nos organisations. En plus d’être une énorme source d’injustice, elle limite la portée de nos actions.
Nous reconnaissons la relation intime entre le capitalisme, le patriarcat, le machisme et le néolibéralisme au détriment des paysannes du monde entier. Nous tous, hommes et femmes de La Via Campesina, nous engageons de manière responsable à construire des relations humaines nouvelles et meilleures entre nous, en tant que composante essentielle de la construction des nouvelles sociétés auxquelles nous aspirons. C’est pourquoi, au cours de cette Ve Conférence, nous décidons de rompre le silence et nous lançons la Campagne Mondiale « Pour la Fin de la Violence Envers les Femmes ».
Nous nous engageons de nouveau et avec une force encore plus grande à atteindre la complexe mais nécessaire parité réelle dans tous les espaces et instances de participation, d’analyse, de débat et de décisions dans la Via Campesina et nous renforcerons l’échange, la coordination et la solidarité entre les femmes de nos régions. Nous reconnaissons le rôle central de la femme dans l’agriculture d’autosuffisance alimentaire et la relation spéciale des femmes avec la terre, la vie et les semences.
De plus, les femmes sont et ont été déterminantes dans la construction de La Via Campesina depuis ses débuts. Si nous ne vainquons pas la violence envers les femmes dans notre mouvement, nous n’avancerons pas dans nos luttes ; et si nous ne construisons pas de nouvelles relations de genre, nous ne pouvons pas construire une nouvelle société. ??
Nous ne sommes pas seuls : la construction d’alliances??
Nous, paysans et paysannes, ne pouvons pas gagner seuls nos luttes pour la dignité, pour un système alimentaire et agraire plus juste et rendre possible un autre monde meilleur. Nous devons construire et renforcer nos alliances naturelles et stratégiques avec les mouvements et organisations qui partagent notre vision ; cela est l’un des engagements spécifiques de cette Ve Conférence. ??
La jeunesse nous donne l’espoir pour le futur??
Le modèle dominant dans les campagnes n’offre aucune alternative pour les jeunes et c’est une raison importante pour changer cela. Les jeunes, hommes et femmes, sont notre base pour le futur et ainsi, nous nous engageons à leur pleine insertion et participation créative à tous les niveaux de nos luttes. ??
La formation pour renforcer nos luttes??
Pour parvenir à de plus grands succès et victoires dans nos luttes, nous devons nous consacrer au renforcement interne de notre mouvement. C’est pourquoi la formation politique, le renforcement des capacités et l’amélioration de la communication et l’organisation entre nous et nos alliés sont nécessaires pour renforcer notre capacité collective d’analyse et de transformation de nos réalités. ??
Diversité et unité en défense de l’agriculture paysanne??
En tant que mouvement transnational, nous pouvons affirmer que l’une de nos plus grandes forces est notre capacité à réunir différentes cultures et modes de pensée autour d’une même lutte. La Via Campesina constitue un engagement commun de résister et lutter pour la vie et l’agriculture paysanne??Nous, participants à la Ve Conférence de Via Campesina, nous nous engageons tous à défendre l’agriculture paysanne, la dignité et la vie et gagner le droit à la souveraineté alimentaire. Ainsi sont les paysans du monde et nous refusons de disparaître.
Globalisons la lutte! Globalisons l’espoir!* Via Campesina est un mouvement international qui coordonne des organisations de petits et moyens paysans, de travailleurs agricoles, de femmes rurales, de communautés indigènes d'Asie, des Amériques, d'Europe et d'Afrique. Ce réseau a vu le jour en 1993 - Cette déclaration a été faite lors de la Ve Conférence Internationale du mouvement
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Tagged under GouvernanceLa Guinée a célébré le cinquantenaire de son indépendance acquise le 28 septembre 1958. A cette occasion, Hadja André Touré, veuve du président Sékou Touré s’est confiée pour revenir sur les premières heures de la jeune République et sur les combats menés par son mari pour défendre son pays contre les agressions impérialistes. Mais aussi sur ce qui devrait rester de l’héritage de Sékou Touré, près de vingt-cinq ans près sa mort, en 1984.
La célébration de l’An 50 de l’indépendance de la Guinée, le 28 septembre 1958, a une grande signification. Malheureusement, beaucoup de ceux qui se sont battus pour que l’acquisition de cette indépendance soit une réalité, dont mon défunt mari, ne sont pas parmi nous (…) Cette indépendance a été acquise de haute lutte par nos dirigeants d’alors ; parce qu’il fallait d’abord préparer et motiver le peuple qui était prêt à aller à l’indépendance.
Le président Sékou Touré a déclaré, à l’époque : « L’histoire ne retiendra pas un jour que la France généreuse a offert l’indépendance sur un plateau d’argent et tous les pays colonisés ont dit : ‘’non, nous préférons être des colonies françaises au lieu d’être indépendants’’. Moi, je prends l’indépendance au nom de la Guinée et de l’Afrique ». C’est ainsi que nous sommes allés à l’indépendance.
(…) Cela a été très amèrement ressenti par l’impérialisme français. Le général Charles De Gaulle aurait dit : « Sékou Touré, je le veux à plat ventre. Et il faut tout faire pour dévaliser ce jeune Etat ». On a commencé par M. Messmer. Il était un Haut commissaire de la France à Dakar. Il a fait parvenir un bateau et des parachutistes français par avion pour, le jour du référendum pour l’indépendance, le 28 septembre 1958, pendant que le peuple allait voter dans l’ordre et la discipline (car l’ordre leur avait été donné d’éviter tout débordement, donc chacun devait voter et rentrer chez soi), ivider les caisses de la Banque centrale de Guinée, les mettre dans le bateau et les faire rapatrier sur Dakar.
Voyez un État qui débute avec zéro franc.
Ainsi les complots ont commencé le jour même du référendum. Cette lutte, nous l’avons vécue tous les temps. Et même jusqu’aujourd’hui, elle continue sous une autre forme. (…) Messmer a écrit que le premier complot ourdi a permis à Jacques Focart de s’appuyer sur l’ethnie peulh, dont certains ont toujours été en désaccord avec le président Sékou Touré. Mais ce dernier en a eu vent et le complot n’a pas marché.
Il faut reconnaître que ce n’est pas toute l’ethnie peulh qui était contre Sékou Touré. Le meilleur ami de mon mari, Saïfoulaye Diallo, était un Peulh. Ils se sont connus très tôt lorsqu’ils travaillaient ensemble au Trésor. Ils avaient le même idéal. Saïfoulaye était un homme extraordinaire, plein de convictions, fidèle à son idéal. Ils ont passé toute leur vie ensemble. Saïfoulaye était un militant sincère du PDG-RDA (Ndlr : le parti qui a mené la Guinée à l’indépendance) depuis sa création. Il était tellement engagé qu’il fut muté au Niger où on affectait tous les fonctionnaires engagés de l’époque. Arrivé là-bas, il a intégré la section locale du PDG-RDA qui était un parti panafricain. Il y a milité également. Il fut encore muté en Haute-Volta (l’actuel Burkina Faso), mais il est resté sur ses positions et a encore milité pour le parti dans ce pays. Quelques années après, il est rentré en Guinée à cause de problèmes de santé. C’est lui Saïfoulaye, mon mari, et Lansana Béavogui, qui ont été présentés par le PDG-RDA pour être les trois députés guinéens à l’Assemblée nationale française.
Nous avons toujours vécu avec ces complots. Mais ils disaient : « Oh ! Sékou Touré est devenu fou. Il invente des complots dès qu’il y a des difficultés. Il ne veut pas de cadres, de directeurs, il est contre tout le monde. Il assassine tous ceux qui peuvent nuire son prestige ». Mais la réalité est que nous avons vécu dans le complot permanant. Et je vous dirai même que quelque temps avant sa mort, en 1984, pendant qu’on préparait le sommet de l’OUA (Ndlr : le sommet n’a finalement pas eu lieu en Guinée), il y a eu des mercenaires qui ont été introduits en Guinée. Certains sont passés par la Haute Guinée, d’autres par Boké. Certains ont été arrêtés et emprisonnés. C’est à l’avènement des militaires (Ndlr : après la mort de Sékou Touré) qu’ils ont été libérés.
En définitive, l’impérialisme français qui voulait coûte que coûte abattre Sékou Touré et échouait toujours, a eu le projet d’assassiner un chef d’Etat africain pendant le sommet et accuser Sékou Touré. Ce dernier en était conscient et c’est pourquoi la Cité des Nations a été construite pour recevoir les chefs d’Etat. En plus, il a fait construire quelques villas où certains chefs d’Etat qui étaient visés devaient habiter avec une sécurité renforcée.
C’est cela que nous avons vécu durant la Première République. Le peuple en était toujours informé, car on ne vivait pas dans l’opacité. A chaque fois qu’il yse passait quelque chose, et comme le parti était bien structuré, le président convoquait des meetings pour expliquer à tout le monde depuis la base jusqu’au sommet.
(…) Le 22 novembre 1970, une nuit du mois de ramadan, à 2 heures du matin, des mercenaires avaient débarqué. Il y a eu plus de 360 tués à Conakry. On ne parle jamais de ceux-là. Des cadavres sont restés (dans les rues) pendant deux jours, qu’on ne pouvait pas ramasser à cause de la lutte. Le camp Boiro qui, a été pris par les mercenaires, a été délivré par la milice de l'université de Conakry qui s'est mobilisée, les armes à la main, pour délivrer ce camp de la Garde républicaine. Le jeune soldat qui était à la porte ce jour là, les mercenaires l’ont éventré. Ils étaient composés d’Européens, d’autres Africains et de Guinéens. Certains ont été arrêtés et ont fait des dépositions.
On est allé jusqu’à dire que l’agression n’a pas eu lieu ; que c’était de l’imaginaire. Mais le président Sékou Touré a dit : « Le mensonge a beau être grand, il finira par se détruire et la vérité finira toujours par triompher un jour ». Alors, il est très important que les jeunes qui n’ont pas vécu ces temps sachent ce qui s’est réellement passé.
L’association des enfants victimes du camp Boiro (Ndlr : où on enfermait les adversaires au régime de Sékou Touré) a raison de réclamer la vérité et la justice. Même nous, nous souhaitons que la vérité soit entièrement dite ; parce qu'il s'est passé des choses très graves dans ce pays. Ceux qui se disent victimes doivent savoir qu'un enfant n'est pas responsable des actes de son père. On subit, on n’en est pas responsable. Il y a eu beaucoup de victimes dans ce pays. Pendant l'agression de 1970, il y a eu plus de 360 morts qui sont restés deux jours dans la rue parce qu'on ne pouvait pas les ramasser à cause des mercenaires. Ce sont des victimes dont les enfants sont vivants. Mais on ne parle jamais de ça. On parle de ceux dont les parents ont eu une certaine participation à tous ces événements. Les faits ont été reconnus par leurs parents et les sanctions ont été prises.
Je pense que les enfants doivent comprendre qu'ils ne sont pas responsables des actes de leurs pères. C'est douloureux d'avoir une telle charge à supporter. Je comprends cela. S'ils veulent la justice, c’est tout à fait normal. Mais la vérité se dira et tout va éclater. Peut-être qu'il y a des choses qu'ils ignorent et qu’ils pourront apprendre ce jour. Et cela est très souhaitable pour le peuple de Guinée.
Je pense que c'est ce peuple de Guinée qui a été victime à cause du choix historique qu'elle a eu à faire en prenant l'indépendance. (…) Je respecte la douleur des uns et des autres. Nous aussi, nous avons subi beaucoup de pertes sur tous les plans. Mais il faut que nous soyons tous réalistes. Il s'est passé des choses tragiques dans ce pays, et il fallait vraiment que les autorités prennent leurs responsabilités pour éviter le chaos. S'il y avait eu ce chaos souhaité par des ennemis, il n'y aurait pas eu d'indépendance ; notre indépendance n'aurait même pas été reconnue.
Après le décès de mon mari, nous avions été mis en prison à Kindia. Mon fils Mohamed et moi avons fait quatre ans ; ma fille Aminata n’a fait qu’une année. Ce qui m’a fait beaucoup de peine, c'est de m'emprisonner après le décès du président Sékou Touré. Mon mari est décédé un vendredi, le vendredi suivant, il a été enterré. La semaine suivante, le samedi précisément, toute la famille a été emprisonnée, c’est-à-dire mes belles-sœurs, mes beaux-frères, mes frères, mes enfants et moi, sans oublier les membres du gouvernement, nous avions été arrêtés et emprisonnés. Donc, je n’ai pas eu le temps d’aller voir la tombe de mon mari. Je suis restée quatre ans en prison à Kindia. Mais quand nous sommes sortis de la prison, nous étions en résidence surveillée.
Moi, j’étais assignée à Macenta dans ma famille maternelle. Je n’avais pas le droit de me déplacer sans autorisation. Mon fils Mohamed était assigné à Faranah dans sa famille paternelle. Il n’avait pas non plus le droit de se mouvoir sans autorisation. Donc, nous n’avions même pas de contact entre nous, parce qu’à l’époque il n’y avait pas de téléphone portable comme aujourd’hui. Lorsque ma fille Aminata a appris cela, elle a vu le roi Hassan II pour lui dire ma mère est sortie de la prison, mais elle est toujours en résidence surveillée avec mon frère. C’est ainsi que le roi a fait des démarches pour nous faire sortir de la Guinée. On nous a libérés le 1er janvier 1988. Le 14 mars de la même année, nous avons pris l’avion pour le Maroc où j’ai été invitée par le roi Hassan II pour me faire soigner. Avant notre voyage, je n’ai eu la chance de voir la tombe de mon mari qu’une seule fois.
Ma fille Aminata est sortie de la prison avant nous parce qu’elle n’y a fait qu’une année avant qu’on ne la libère. Après, elle est allée au Maroc où le roi Hassan II l’a reçue dans sa famille. Elle y vit toujours. Lorsque mon fils Mohamed et moi sommes sortis de prison, nous avons été reçus par sa majesté. Après, le président Houphouët Boigny nous a invités en Côte-d’ivoire où j’ai vécu longtemps. Un jour, je lui ai dit que ma préoccupation était que mon fils aille faire son troisième cycle si c’était possible. Car mon souci était d’éloigner Mohamed de ce contexte. C’est ainsi qu’il lui a donné une bourse d’étude pour les Etats-Unis où il vit toujours avec sa famille qu’il a fondée là-bas. De temps en temps, ils viennent tous en Guinée. Donc, le pont n’est pas du tout coupé entre nous. Même l’année dernière, deux de mes petits-enfants étaient venus passer leurs vacances auprès de moi. Je vous affirme qu’ils ont aimé la Guinée, car ils se sont beaucoup plu ici.
(…) Aujourd’hui, j'écoute la radio et je vois tellement de contestations, de passion et de haine, mais Dieu merci, le président Sékou Touré a beaucoup parlé et il a fait également beaucoup d'écrits. Son héritage politique, c'est ce qu'il a laissé à ce peuple. Nous savions qu'il ne laissait rien, parce qu'il n'a rien voulu pour lui ni pour sa famille. Mais cela ne nous dérange pas du tout. Je crois que , comme on le dit, le temps est le juge de l'histoire. Tout sera éclairci un jour. Et le peuple de Guinée fera la part des choses.
(…) Parfois, quand j’entends certaines choses, je me demande si je ne suis pas en train de rêver. L’histoire de l’indépendance est tellement falsifiée qu’on se retrouve dans une situation terrible. C’est vraiment dommage ! Car c’est la nouvelle génération qu’on est en train de tromper. Parmi ceux qui ont participé à cette histoire, beaucoup vivent encore. Qu’ils racontent à leurs enfants ce qui s’est réellement passé. Les jeunes veulent savoir et comprendre leur histoire. Je reçois pas mal de jeunes qui viennent me demander beaucoup de choses. Quand on leur raconte certaines histoires, ils n’en reviennent pas. Cela retarde un pays. Assumons notre histoire, car nous avons une histoire glorieuse parce qu’étant les pionniers de l’indépendance africaine.
(…) Nous avons eu notre héroïne, M’Balia Camara (tuée en 1955 durant les affrontements politiques d’avant l’indépendance), qui a été assassinée par un chef-tyran qui lui a donné un coup de poignard pendant qu’elle était en grossesse avancée de huit mois. Même l’enfant a reçu le coup de poignard dans le ventre de sa mère. Et il est mort-né à cause de la blessure. C’est ainsi que la Première République avait retenu cette date de sa mort comme Fête nationale des femmes pour rendre hommage à M’Balia Camara. On se réunissait chaque année pour faire le bilan de toutes les activités de l’année et entreprendre d’autres projets. Aujourd’hui, M’Balia est complètement ignorée. Elle a des descendants qui viennent souvent me voir à la maison.
Ne falsifions pas notre histoire ; il y va de notre intérêt. Je salue la création du Club Ahmed Sékou Touré, car il est en train de faire un travail scientifique. Je trouve cela très important pour la compréhension de l’histoire guinéenne par la nouvelle génération. Nous, nous racontons parce que nous avions vécu ; eux ils disposent de documents scientifiques. Bientôt ce club va encore organiser des conférences-débats à partir du mois d’octobre jusqu’au mois de novembre.
Le président Sékou Touré se disait être devant le peuple, au milieu du peuple et derrière le peuple. Ceux qui ont vécu cette époque savent comment le peuple était traité. Quand on lui demandait s’il avait peur, il répondait ainsi : « J’ai peur de deux choses : Dieu et mon peuple. » Il a eu à dire aussi quand il y avait des manifestations : « Le peuple est là joyeux, les gens dansent, chantent, rient, mais moi j’ai peur ».
Donc, je voudrais que ce peuple connaisse la joie dans la liberté. Que ce pays qui est immensément riche, que les richesses reviennent à ceux qui en ont droit, c’est-à-dire le peuple de Guinée, car c’est notre propriété. Mais nous assistons aujourd’hui au pillage systématique de ces richesses. Je souhaite que cela cesse pour que le peuple connaisse maintenant la paix et la liberté.
* Hadja Andrée Touré est la veuve du premier président de la Guinée, feu Ahmed Sékou Touré. Ce texte est tiré d’une nterview réalisée par Boua Kouyaté, pour Guineenews
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Tagged under GouvernanceDe tous les pays ayant pratiqué l’esclavage des Africains et disposé de colonies, la France semble être la seule grande démocratie occidentale à traîner lourdement les pas dans l’engagement au processus de pardon et réconciliation, comme le témoignent les propos récurrents du président Sarkozy. Mais pour le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Mamadou Koulibaly, qui évoque la grandeur de certains pays à faire face à leurs responsabilités dans certains drames qui ont frappé des peuples, l’attitude de la France ne saurait surprendre. Pour lui, si la France est si gênée et frileuse à s’engager dans l’initiative de la repentance, c’est parce qu’elle n’a pas encore véritablement rompu avec toutes les formes des faits qui nécessitent des excuses.
Je ne suis pas venu effacer le passé, car le passé ne s’efface pas.
Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes, car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.
Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, un crime contre l’humanité,
(…) Cette souffrance de l’homme noir c’est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l’âme de l’homme noir est une blessure ouverte dans l’âme de tous les hommes.
Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.
Jeunesse d’Afrique, je ne suis pas venu te parler de repentance. Je suis venu te dire que je ressens la traite et l’esclavage comme des crimes envers l’humanité. Je suis venu te dire que ta déchirure et ta souffrance sont miennes. Je suis venu te proposer de regarder ensemble, Africains et Français, au-delà de cette déchirure et de cette souffrance.
Je suis venu te proposer, jeunesse d’Afrique, non d’oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser.
Je suis venu te proposer, jeunesse d’Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons et de regarder ensemble vers l’avenir.
Nicolas Sarkozy
Dakar, le 26 juillet 2007Alors qu’aujourd’hui, les grandes démocraties affrontent courageusement leur passé, en reconnaissant les torts causés aux peuples, en leur présentant des excuses, et même en allant plus loin parfois.
A travers l’histoire des hommes, des peuples ont assujetti d’autres. L’expression de cet avilissement prend diverses formes parmi lesquelles, l’envahissement, l’occupation, l’esclavage, le colonialisme, l’assimilation ou la guerre, le génocide. Lorsque le peuple victime finit par retrouver des forces, par lui-même ou avec le concours d’autres, il organise un procès pour se faire justice et exige réparation, comme la France a pu le faire avec l’Allemagne de la seconde guerre mondiale.
Mais, lorsque le peuple victime est encore trop faible par rapport à son bourreau, pour être en mesure d’exiger la reconnaissance des faits qui peut conduire au mea culpa et réparation, le processus de réconciliation peut émaner du peuple bourreau sur lequel le temps aura fait son œuvre et permis la prise de conscience collective qui engendre le devoir de mémoire. C’est dans ce cheminement intrinsèque que certaines grandes Nations s’engagent aujourd’hui pour se réconcilier avec la face peu reluisante de leur histoire. L’exemple de l’Italie est là. Dernier d’une liste qui commence à s’allonger, timidement mais significativement, l’Italie vient de faire son entrée dans le club des États qui, dans le passé, ont partagé une histoire tumultueuse avec d’autres peuples, et qui ont décidé d’affronter la face peu glorieuse de cette histoire.
Tout a commencé par une petite, au regard d’autres, trentaine d’années de colonialisme en Libye, qui s’est étalée de 1911 à 1942. La petitesse de la durée n’a rien enlevé à la profondeur de la tragédie vécue par le peuple libyen, si l’on rappelle que dans l’histoire de l’humanité, la Libye a été le premier pays victime d’un bombardement aérien.
Il ne s’agit pas ici de retracer les horreurs que charrie toute colonisation, tout le monde sait de quoi c’est fait, mais de souligner la démarche que l’État italien a menée, et qui a conduit son Premier ministre, Silvio Berlusconi, à reconnaître publiquement et solennellement, tous les torts causés par l’administration coloniale au peuple libyen, et à s’engager à un dédommagement à hauteur de 5 milliards de dollars, pour «tourner définitivement la page du passé», a-t-il déclaré.
D’une part, il est évident que la quantification des dommages et leurs conséquences qui persistent à ce jour, est une tâche difficile, voire impossible ; par conséquent, aussi considérable que puisse paraître l’évaluation du montant du dédommagement, il ne peut revêtir qu’un caractère forfaitaire et surtout symbolique. D’autre part, «tourner définitivement la page du passé», comme indiqué par Berlusconi, ne peut signifier, au mieux, que la fin de toute nouvelle revendication financière de compensation, et non l’effacement de la mémoire qui doit d’ailleurs être préservée et commémorée.
Si l’on peut supputer sur l’opportunisme dont fait preuve l’État italien en alliant son devoir de mémoire aux contraintes économiques qu’impose la mondialisation, il n’en demeure pas moins que l’acte est posé, et que pour le peuple victime, cela représente une libération psychologique majeure qui ouvre la porte sur le deuil qui peut enfin être consommé. Reconnaître le statut de victime à un peuple, surtout par le bourreau d’hier, c’est le défaire du poids de l’influence négative de l’histoire, et le dévêtir de son complexe de peuple infériorisé. Son génie créateur peut alors se libérer. C’est aussi cela, le droit des peuples.
Dans notre société moderne, la reconnaissance des faits est le minimum que l’on demande à l’auteur d’un crime, ne fût-ce que pour que la famille puisse faire son deuil.
Personne ne peut reprocher à l’Italie d’avoir franchi le pas, trop tard. Il n’y a jamais prescription pour des douleurs de cette nature. En revanche, ce qu’il faut souligner, c’est le courage politique de l’État italien d’aujourd’hui qui assume, au nom du peuple italien, les actes que les gouvernements passés ont posés. C’est aussi cela, la continuité de l’État, et l’expression de la grandeur d’un peuple, comme l’ont précédemment montré les Allemands.
Le franc-parler de l’Allemagne
Toujours en Europe. Cette fois, c’est l’Allemagne. Chaque pays trouve la formule appropriée pour préparer sa réconciliation avec les peuples qu’il a agressés dans le passé. Pour sa part, l’Allemagne s’est focalisée sur un événement précis pour amorcer le processus. Le massacre de milliers de Hereros, des populations de l’actuelle Namibie, par les troupes allemandes commandées par le général Lothar Von Trotha en août 1904.
Les excuses ont été exprimées en août 2004, au nom du gouvernement et du peuple allemands, par la ministre allemande du Développement, Heidemarie Wieczorek-Zeul, lors de la commémoration en Namibie de ce massacre, en des termes très clairs : «Les atrocités commises à cette époque seraient appelées aujourd'hui génocide et le général Von Trotha serait traduit en justice et condamné»; «Nous Allemands, acceptons notre responsabilité morale et historique et la culpabilité des Allemands à cette époque»; «J'ai un grand respect pour vos ancêtres qui sont morts pendant le soulèvement. Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont aveugles face au présent. L'Allemagne a appris les amères leçons du passé»; «Au nom de Dieu, je vous demande de nous pardonner»; «Chaque chose que j'ai dite est une excuse et je veux que cela soit clair pour qu'il n'y ait pas de malentendus», a-t-elle déclaré.
En posant un tel geste, l’Allemagne renforce la position de ses ressortissants installés par milliers en Namibie, et ouvre la voie d’une réconciliation sérieuse avec ce peuple, ce qui profitera aux intérêts des deux parties. C’est ce que les Canadiens aussi ont compris.
Le réalisme du Canada
Autre lieu, autre continent, autre pays. Le Canada. Mais démarche similaire. Le Premier ministre Stephen Harper a présenté le 11 juin 2008, au nom du gouvernement de son pays, les excuses officielles aux populations indiennes et Inuites. «Il n'y a pas de place au Canada pour les attitudes qui ont pu inspirer les pensionnats indiens. Le gouvernement s'excuse et demande pardon», a déclaré Harper. En effet, dès le 19e siècle, le gouvernement canadien, au plus fort de la politique d’assimilation en vogue, a enrôlé de force dans des pensionnats, des milliers de petits indiens, arrachés à leurs parents. Ils y ont subi les pires sévices.
Très multiracial aujourd’hui, le peuple canadien a affronté son histoire, fait son examen de conscience et jugé inacceptables les actes posés par les gouvernements d’alors. Une fois cette étape de devoir de mémoire passée, le reste est pure procédure. Le Canada l’a fait ; il s’est excusé et il a dédommagé. On parle de 3 milliards d’euros environ.
Même s’il s’agit d’une action de repentance menée à l’intérieur de son propre territoire et de sa propre nation d’aujourd’hui, cela n’enlève rien à la grandeur du geste canadien. Peu importe s’il s’agit de faire preuve de réalisme dicté par un contexte économique et social. Ce qu’il faut retenir, c’est cette volonté de réparation à l’endroit d’un peuple abusé, qu’il soit étranger ou de la même Nation que le coupable ; c’est ce que les Australiens aussi ont fait.
Le grand symbole de l’Australie
Un autre continent encore, et un autre pays. L’Australie. Mais la même politique d’assimilation et la même nécessité de se repentir. Durant une période à cheval sur les 19e et 20e siècle, tous les gouvernements australiens ont mené une politique raciste dont les Aborigènes ont été victimes, caractérisée par l’assimilation des enfants soustraits à leurs parents et remis à des familles blanches supposées les civiliser, au mépris de leurs droits fondamentaux.
Après l’indispensable devoir de conscience, suivi du travail de mémoire sur les populations, fondée sur de multiples études, le gouvernement du Premier ministre Kevin Rudd décide de passer à l’acte fondateur d’une nouvelle relation entre les différentes communautés composant la Nation australienne.
Le 13 février 2008, Kevin Rudd déclare à la tribune du Parlement, «Nous présentons nos excuses pour les lois et les politiques des parlements et gouvernements successifs qui ont infligé une peine, une douleur et une perte profondes à nos compatriotes. Pour la douleur et les souffrances subies par ces générations volées, leurs descendants et leurs familles, nous demandons pardon. Et pour l’atteinte à la dignité et l’humiliation infligée à un peuple fier de lui-même et de sa culture». Pour cette promesse électorale à laquelle il souscrivait trois mois après son élection, Kevin Rudd multiplie les symboles, allant jusqu’à poser un genou à terre devant une aborigène qui lui offrait un cadeau lors de cette cérémonie de repentance officielle.
Sans évoquer les drames et crimes commis pendant les deux siècles, citons un seul élément qui illustre à lui tout seul les conséquences actuelles de cette politique. Alors qu’ils vivent dans le même pays, dans les mêmes villes et soumis aux mêmes lois, la communauté blanche jouit d’une espérance de vie de 75 ans, contre seulement 53 pour les aborigènes.
Avant le Premier ministre Kevin Rudd, son prédécesseur John Howard, comme d’autres le font aujourd’hui ailleurs, s’était toujours refusé à engager le processus de réconciliation fortement recommandé par les études. Ce type de verrou a aussi existé chez les Américains.
Le pas décisif des États-Unis d’Amérique
Retour sur un autre continent, et un autre grand pays qui affronte la douloureuse partie de son histoire. Les États-Unis d’Amérique. Leur grande blessure historique, c’est l’esclavage.
Le peuple américain a lancé à la tribune de la Chambre des Représentants, par la voix du parlementaire Steve Cohen, une phrase qui incarne au niveau fédéral la volonté de finir avec les crimes contre ceux qui sont devenus citoyens américains. Cohen disait : «Au nom des citoyens des États-Unis, la Chambre des représentants présente ses excuses aux Africains-Américains pour les erreurs commises contre eux et à leurs ancêtres qui ont souffert de l’esclavage et des lois Jim Crow invitant à la ségrégation raciale». Jim Crow étant le père des lois ségrégationnistes dont les Noirs furent largement victimes, lois abolies en 1954 et 1964.
Même si Cohen a utilisé le terme adoucissant ‘Erreur’ pour qualifier les atrocités dont il est question, cela n’enlève rien au geste fort que représente cette volonté au niveau fédéral de briser le mur que l’histoire a dressé entre les communautés.
Cette décision fédérale est la suite logique des actes de repentance similaires que certains États avaient déjà posés. Ce fut le cas de la Virginie, du Maryland, de la Caroline du Nord, de l’Alabama, de la Floride, et même du Sénat américain lorsqu’il a présenté ses excuses aux Indiens en février 2008. Les « regrets» du président Clinton et les propos du président George W. Bush qualifiant l'esclavage de «l'un des plus grands crimes de l'histoire» ont certainement contribué à obtenir ce pardon fédéral.
Ce qu’il y a de véritablement encourageant, c’est l’engagement des parlementaires à œuvrer pour corriger «les conséquences persistantes», selon leurs propos, de ce qu’ils qualifient de «la fondamentale injustice, la cruauté, la brutalité et l'inhumanité». Tout y est dit. Ce qui s’est produit durant des siècles a incontestablement des conséquences sur la vie d’aujourd’hui.
A côté des pays comme l’Italie, le Canada, l’Australie et les États-Unis qui tiennent actuellement le haut de l’affiche dans cette nécessité d’avoir le courage d’engager le processus qui peut conduire à clore définitivement le chapitre douloureux des atrocités infligées à un autre peuple, il y a la position britannique.
La timidité de la Grande Bretagne
En 2005, pendant six mois, la Grande-Bretagne a célébré à grand renfort de couverture médiatique, l’abolition, 200 ans plus tôt, par le Parlement britannique, de l’esclavage subi par les Africains. La société civile a été grandement impliquée dans cette commémoration et les médias ont alors largement mis en lumière le rôle prépondérant joué par la monarchie et l’église, et les bénéfices directs qu’ils en ont tirés.
En ce qui la concerne, l’Eglise anglicane s’est prononcée sur son rôle dans l’esclavage et a présenté des excuses officielles en «reconnaissant les dégâts causés aux héritiers de ceux qui y ont été placés», et en recommandant à la société britannique dans son entièreté la nécessité d’en faire autant. Le Premier ministre britannique d’alors a-t-il entendu cette recommandation ?
Toujours est-il qu’il a exprimé son « profond regret », comme le fit Clinton avant lui. On peut déjà se réjouir de cette première étape timide venant de Londres, en pensant que celle de Clinton en était une qui a contribué au pardon fédéral exprimé par les parlementaires américains quelques années plus tard. Quant à la question de la réparation, l’État britannique n’en est pas encore là, mais l’Archevêque de Canterburry en accepte le principe, tout en reconnaissant la complexité de sa mise en œuvre.
Tout ce frémissement augure d’un avenir prometteur de voir la Grande-Bretagne suivre les pas de pays qui ont déjà franchi le Rubicon. Qu’en est-il alors des français ?
La frilosité de la France
De tous les pays ayant pratiqué l’esclavage des Africains et disposé de colonies, la France semble être la seule grande démocratie occidentale à traîner lourdement les pas dans l’engagement au processus de réconciliation, comme le témoignent les propos récurrents du président Sarkozy, rapportés le 10 mai 2007 par le journal français l’Humanité, comme suit « Au bout du chemin de la repentance et de la détestation de soi il y a, ne nous y trompons pas, le communautarisme et la loi des tribus.» (Paris, discours d’investiture en tant que candidat UMP, 14 janvier 2007).
«Je déteste la repentance qui veut nous interdire d’être fiers d’être Français, qui est la porte ouverte à la concurrence des mémoires, qui dresse les Français les uns contre les autres en fonction de leurs origines et qui est un obstacle à l’intégration parce qu’on a rarement envie de s’intégrer à ce que l’on a appris à détester. » (Lyon, 5 avril).
«Je déteste cette repentance qui est une falsification de l’histoire de la France. Car la France n’a pas à avoir honte de son histoire.» (Metz, 17 avril).
«Pourquoi tant de haine ? Parce que je n’accepte pas la repentance ? Parce que je ne veux pas qu’on demande aux enfants d’expier les fautes supposées de leurs pères ? Parce que je considère que la France n’a pas à avoir honte de son histoire ? Parce que je dis que la France n’a pas inventé la solution finale, ni commis de génocide et qu’elle est le pays au monde qui a le plus fait pour la liberté des hommes ?» (Dijon, 23 avril).
« Il y avait la repentance qui demandait aux fils d’expier les fautes supposées de leurs pères et même de leurs aïeux ou de leurs ancêtres. Il fallait expier l’histoire de la France, il fallait expier les croisades, les révolutions, les guerres, la colonisation. Tout, il fallait tout expier. » (Montpellier, 3 mai.)
On ne peut être plus clair sur le manque de volonté politique d’accorder aux victimes le droit d’entendre le bourreau reconnaître ses crimes, puis participer à gommer les conséquences qui en découlent.
Comment réagirait la famille d’une victime, si elle entendait l’auteur du crime reconnaître son forfait et refuser de présenter les excuses qui s’imposent ? C’est exactement ce comportement que Sarkozy a eu en décembre 2007 à Alger, lorsqu’il déclarait: «Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République: liberté, égalité, fraternité», tout en s’abstenant de présenter les excuses du gouvernement français.
Cet acharnement à repousser toute idée de repentance cache mal l’embarras de Paris, comme l’illustre la valse hésitation des députés français qui d’un côté, votent en mai 2001 la loi Taubira, du nom de la député Christiane Taubira, qui qualifie l’esclavage de crime contre l’humanité, et se précipitent d’autre part, à voter, en février 2005, une autre demandant aux programmes français, au sujet de la colonisation, de «reconnaître le rôle positif de la présence française Outre-Mer», soulevant ainsi un tollé général qui fait échec à l’article incriminé.
Comment comprendre cette position de l’État français, quand on sait qu’il aime à proclamer que la France est le pays des Droits de l’Homme, ce qu’elle sait effectivement être dans certaines circonstances ?
Certaines pistes peuvent permettre de comprendre ce mal-être de la France face aux différentes périodes sombres de son histoire avec l’Afrique. En effet, on peut simplement observer que si la France est si gênée et frileuse à s’engager dans l’initiative de la repentance, c’est parce qu’elle n’a pas encore véritablement rompu avec toutes les formes des faits qui nécessitent des excuses. On ne peut logiquement pas demander pardon pour un acte que l’on continue de poser, ni de tourner la page sur laquelle l’on continue d’écrire. En cela, la France est logique avec elle-même. Elle est encore tellement présente, et pas toujours de manière glorieuse, dans la vie politique et économique de ses anciennes colonies, qu’il lui est quasiment impossible de parler de ses crimes comme si c’était du passé.
Une autre chose qui illustre le paradoxe de la France, c’est la comparaison que l’on peut faire avec les Etats-Unis. La France a environ deux cents ans d’histoire républicaine, tout comme l’Amérique depuis l’établissement de son État fédéral. Autant, en l’espace de deux siècles, les Etats-Unis, en dépit des insuffisances que l’on peut encore déplorer aujourd’hui au sein de la société américaine, ont pu produire un président, potentiel à ce jour, issu de la communauté noire qui est représentée au sein de toutes leurs Institutions, la haute administration civile et militaire, les médias, et dans le sommet des grandes entreprises, autant les gouvernements français successifs refusent la promotion de ses citoyens d’origine immigrée dans les hauteurs de leurs Institutions, la haute administration, et dans la représentation du paysage médiatique.
Certes l’histoire de ces deux pays n’est pas la même, mais les faits sont là. Autant l’Amérique a été très difficile pour les Noirs, autant elle leur a offert certaines chances. En revanche, autant sous la IVe République on trouvait des députés noirs, autant aujourd’hui on les cherche en vain à l’Assemblée.
Après être passée de l’esclavage au colonialisme, puis aux accords de coopération protectionnistes, la France est arrivée au bout d’un chemin où il lui est difficile de trouver une nouvelle formule lui garantissant les mêmes privilèges d’antan, en cette période de mondialisation que d’autres pays comptent bien mettre à profit. L’époque ne s’y prête plus et les Africains ne veulent plus se laisser faire.
Il est indispensable, tant pour le bénéfice de l’Afrique que pour celui de la France, que cette dernière remette en cause ses pratiques actuelles, afin de pouvoir se donner les moyens d’ouvrir les voies d’une réconciliation avec une bonne partie de l’Afrique. Maintenant que la pratique de la repentance semble devenir une approche qui tend à se généraliser, les Africains deviennent de plus en plus impatients. La France ne doit pas commettre l’erreur d’ignorer cette soif plus prenante que la pire des sécheresses. C’est le sens de l’histoire. Chaque jour qui passe est un jour qui éloigne d’autant l’Afrique de la France.
Lorsqu’elle sera prête, il faudra à la France affronter l’esclavage qu’elle a pratiqué quatre siècles durant, la colonisation qu’elle a développée pendant un siècle, et le mode de « coopération » qu’elle a instauré depuis un demi siècle avec les pays africains. Nous reconnaissons que cela fait beaucoup pour la France, mais cela est à l’échelle des tragédies causées par elle, et nous avons confiance. La France, elle est grande, et elle saura absorber le choc, dès lors que la volonté politique s’établira. Elle trouvera alors à ses côtés, une Afrique prête à pardonner et accepter de nouvelles règles, ce qu’elle réclame du moins.
En Italie, en Allemagne, au Canada, en Australie, aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, plusieurs gouvernements se sont opposés à toute repentance, avant qu’un groupe d’hommes politiques courageux prennent à bras-le-corps le sujet et le conduisent à son terme. La France n’y échappera pas. Ce n’est qu’une question de temps, et il joue pour l’Afrique.
(*) Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire
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Tagged under GouvernanceRéfléchissant sur l’impact disproportionné subi par le continent africain, Patrick Bond s’interroge pour savoir si la crise économique actuelle peut offrir une perspective pour que les pays africains renégocient leur place dans l'économie mondiale. Pour ce qui est particulièrement de la grande puissance régionale qu’est l'Afrique du Sud, il soutient que la meilleure ligne de conduite se situe dans les efforts menées par des activistes de la société civile pour inciter à la réimposition des restrictions aux échanges et au contrôle des importations - suivant l'exemple donné ces dernières années par des pays tels que la Malaisie, le Chili et le Venezuela ces dernières années - dans le but d’aller vers une démondialisation.
Tagged under GouvernanceLe 7 octobre 2008, deux policiers camerounais ont kidnappé à Yaoundé l'opposant équato-guinéen Cipriano Nguema Mba, réfugié politique au Cameroun. Ces policiers, qui viennent d'être arrêtés, ont agi pour le compte des services de renseignements de Guinée-équatoriale. Ils auraient perçu 15 millions de francs CFA (près de 23 000 euros) pour cet enlèvement. Cipriano Nguema Mba est incarcéré à la prison centrale de Malabo depuis presque deux semaines. Cet ancien colonel et trésorier de l'armée équato-guinéenne avait été condamné par la justice de son pays à 30 ans de prison, en 2005, pour une tentative de coup d'Etat contre le président Teodoro Obiang Nguema.
Tagged under GouvernanceEiphraim Audu, un journaliste nigérian chevronné du Service de radiodiffusion publique de Nasarawa, a été abattu par six inconnus tandis qu'il rentrait chez lui. On n'a rien dérobé sur lui ni dans sa voiture. Audu est le deuxième journaliste assassiné cette année au Nigéria dans des circonstances inconnues. Le 17 août, des inconnus ont abattu Paul Abayomi Ogundeji, qui était membre du conseil d'administration du quotidien privé « ThisDay », dans une banlieue de Lagos.
Tagged under Gouvernance NigeriaLe prêtre catholique, Révérend Père Jean Ndorimana, a demandé au Vatican d'établir la vérité sur le rôle de l'Église dans le génocide de 1994, au Rwanda et sur l'abus d'autorité de certains évêques. Dans son livre de plus de 100 pages, le prêtre a donné un récit détaillé, et fait des allégations sur la façon, dont le hiérarchie catholique a joué un rôle actif, dans la politique rwandaise depuis la période coloniale, pendant les indépendances et, plus tard, lors du génocide des Tutsi en 1994, où plus d'un million de personnes ont été tuées en 100 jours.
Tagged under Gouvernance RwandaL'économie informelle englobe 72 pour cent des emplois en Afrique subsaharienne, selon le Bureau international du travail (BIT). Pourtant, ce secteur est caractérisé par de graves difficultés de protection sociale, de mauvaises conditions de travail et de précarité de l'emploi. Les causes profondes de l'expansion de l'économie informelle, et les stratégies pour formaliser progressivement le secteur informel en Afrique ont constitué les centres d'intérêt d'un colloque international de quatre jours…
Tagged under GouvernanceLe procureur de la cour militaire du Burundi a requis la peine de mort contre quatre militaires, dont deux officiers, accusés du massacre d'une trentaine de civils en 2006 dans un camp militaire, a-t-on appris le 23 octobre de sources concordantes. Le procès, débuté le 14 octobre devant la cour militaire du Burundi, s'est tenu sur le lieu du massacre, dans un camp militaire de la province de Muyinga (est).
Tagged under Gouvernance BurundiDepuis plusieurs mois, les députés du Pds, parti au pouvoir au Sénégal, ont entrepris une offensive pour destituer le président de l’Assemblée nationale, qui est du même bord politique. Mais cette entreprise, qui bénéficie du soutien du chef de l’Etat, peine à se concrétiser. Les mesures prises dans ce sens, comme le vote d’une loi destinée à réduire son mandat de cinq à un an et précipiter son départ, crée une polémique dans la classe politique et chez les juristes.
Tagged under Gouvernance SenegalVingt-six nations africaines se sont retrouvés à Kampala, en Ouganda, pour un sommet tripartite inédit qui devait réunir pendant deux jours les pays de trois diverses organisations continentales, avec pour objectif de donner vie à une grande zone de libre-échange. La rencontre, convoquée pour affronter une série de questions économiques, devait réunir pour la première fois des pays de la Communauté d’Afrique Orientale (Eac), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadc) et du Marché commun d’Afrique orientale et australe (Comesa). Au moins 14 chefs d’état étaient attendus à Kampala, dont les présidents du Zimbabwe, Robert Mugabe, et d’Afrique du Sud, Kgalema Motlanthe.
Tagged under GouvernanceLe chef de l’Etat sénégalais, Abdoulaye Wade, s’est une nouvelle fois dit en désaccord avec le fait d’imposer des sanctions internationales à la Mauritanie pour obliger les auteurs du putsch du mois d’août à rétablir dans ses fonctions le président élu du pays. La position surprenante de l’ex-opposant sénégalais va à l’encontre des efforts de l’Union africaine, de l’Union européenne et des Etats-Unis visant à défendre les valeurs démocratiques en Mauritanie.
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