• Le mouvement international paysan s’est retrouvé à Djakarta (Indonésie) du 20 au 24 juin 2008. à l’occasion de la Conférence internationale sur les Droits Paysans. Venus de 26 pays à travers le monde, ses membres ont posé le diagnostic d’un monde où la crise alimentaire s’est exacerbée pour rendre pires encore les violations massives et systématiques des droits des paysans. Profitant de l’opportunité offerte par le 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, petits paysans et paysannes du mouvement international la Via Campesina ont proposé l’instauration d'une Convention des Nations Unies sur les Droits Paysans. Il s’agira de poser, à travers ce texte, la pierre angulaire d’un mode de vie durable pour l’ensemble des habitants de la planète. La conférence de Djakarta s’est terminée par cette déclaration finale que vous propose Pambazuka News.

    Déclaration finale de la Conférence internationale sur les Droits Paysans

    Nous, délégués représentant les petits paysans et paysannes du mouvement international La Via Campesina, venus de vingt-six pays, nous sommes réunis à Djakarta, en Indonésie, du 20 au 24 juin 2008, à l’occasion de la Conférence internationale sur les Droits Paysans. Après sept années de discussion soutenue tant sur le contenu que sur les stratégies, c’est avec sérénité et confiance que nous augurons la réalisation prochaine d’une Convention des Nations Unies sur les Droits Paysans. Cette Convention sera la pierre angulaire d’un mode de vie durable pour l’ensemble des habitants de la planète.

    Nous, paysans et paysannes, sans-terre, travailleurs agricoles, agriculteurs de petite et moyenne échelle, peuples indigènes et jeunes ruraux, représentons près de la moitié de la population mondiale et sommes la colonne vertébrale des systèmes alimentaires. La crise alimentaire a mis en évidence les violations massives et systématiques des droits des paysans.

    Nous sommes expulsés violemment, et de plus en plus fréquemment, de nos terres et dépossédés de nos moyens d’existence. Les « méga » projets de développement tels les grandes plantations destinées à la production d’agro-carburants, les grands barrages, les infrastructures, le développement industriel, celui de l’industrie extractive et du tourisme ont déplacé de force nos communautés et détruit nos vies. Plusieurs conflits armés et guerres se déroulent au cœur des zones rurales. La saisie des terres et la destruction des récoltes sont souvent utilisées comme une arme à l’encontre de la population civile rurale.

    Nous n’arrivons plus à avoir un revenu qui nous permette de vivre dignement. Politiques nationales et conditions imposées dans le cadre international nous mènent à l’extinction. Sont particulièrement notables parmi ces politiques : les processus de privatisation des terres, qui ont conduit à une re-concentration de la propriété foncière ; le démantèlement des services publics en milieu rural et de ceux venant soutenir la production et la commercialisation par des petits et moyens producteurs ; l’incitation des productions destinées à l’agro-exportation exigeantes en capitaux et en intrants ; la poursuite de la libéralisation du commerce agricole et de politiques de sécurité alimentaire basées sur le commerce international.

    Dans nombre de pays, la dépossession de nos semences s’accélère, notre savoir agricole disparaît et nous sommes forcés d’acheter des semences aux sociétés transnationales pour qu’elles augmentent leurs profits. Ces entreprises créent des OGM et des semences destinées aux monocultures, conduisant à la perte de nombreuses espèces et à la diminution de la biodiversité en général.

    Par ailleurs, nous, paysannes, souffrons d’une double marginalisation : en tant que productrices et en tant que femmes. La responsabilité de s’occuper de la famille nous incombe ; le manque et la précarité des services de soins et d’éducation pour les enfants nous conduisent à travailler de longues heures pour de faibles salaires. Les femmes qui travaillent comme manœuvres dans les champs sont forcées d’utiliser des engrais chimiques et sont par conséquent exposées à un risque élevé pour leur santé.

    Qui plus est, nous expérimentons quotidiennement de violentes formes d’oppression. Des centaines de leaders paysans sont arbitrairement arrêtés, détenus, terrorisés, torturés, tués et criminalisés parce qu’ils luttent pour leurs droits. Nous, paysannes, subissons également la violence de nos maris, compagnons ou employeurs. Cette violence peut être tant physique que psychologique et menace parfois nos vies.

    Nous sommes les héritiers d’une longue histoire de luttes paysannes pour la défense de nos droits. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et les principaux traités relatifs aux droits humains sont des instruments majeurs de nos luttes contemporaines. Néanmoins, nous ressentons, à l’image d’autres groupes oppressés comme les peuples indigènes et les femmes, que le temps est venu d’expliciter clairement quels sont nos droits tant individuels que collectifs. Le temps de la souveraineté alimentaires est arrivé.

    Il y a des manquements majeurs dans l’interprétation et la mise en œuvre des principaux traités relatifs aux droits humains lorsqu’ils sont appliqués aux paysans. De plus, nous faisons face à des exemples spécifiques de violations de nos droits, par les crimes commis par les sociétés transnationales et pour les accords de libre-échange. Afin de répondre à ces types de violation, nous avons besoin de dispositions et de mécanismes spécifiques nous permettant de protéger effectivement nos droits.

    Une future Convention sur les Droits Paysans comportera les valeurs spécifiques aux droits paysans – et devrait particulièrement renforcer les droits des paysannes – qui devront être respectés, protégés et réalisés par les gouvernements et les institutions internationales.

    A cet effet, nous nous sommes impliqués pour développer une stratégie à plusieurs échelles, travaillant simultanément aux niveaux national, régional et international, afin d’accentuer la prise de conscience, de mobiliser les soutiens et de créer des alliances non seulement avec les paysans mais aussi avec les travailleurs ruraux, les travailleurs migrants, les pasteurs, les peuples indigènes, les pêcheurs, les environnementalistes, les femmes, les experts juridiques, les experts en matière de droits humains, les jeunes, les organisations religieuses, urbaines et de consommateurs…

    Nous chercherons également l’appui de gouvernements, de parlements, d’institutions de défense des droits humains pour développer cette Convention sur les Droits Paysans. Nous appelons la FAO et le FIDA à conserver leurs mandats en contribuant à la protection des droits paysans. Nous demandons au département des affaires juridiques de la FAO de recenser tous les instruments de la FAO utiles à la protection des droits paysans, comme premier pas allant en ce sens. Nous porterons notre Déclaration sur les Droits Paysans auprès du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.

    A la lumière des menaces que font peser les attaques actuelles du modèle néo-libéral et capitaliste sur les paysans et les systèmes alimentaires locaux, nous appelons tous les peuples à se rassembler pour l’avenir de l’humanité.

    Nous appelons tous nos membres et nos alliés à rejoindre notre Convention sur les Droits Paysans, le 10 décembre prochain, à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

    Globalisons la lutte, globalisons l’espoir !

    * Via Campesina est un mouvement international de paysans, de petits et moyens producteurs, de sans terre, de femmes et de jeunes du milieu rural, de peuples indigènes et de travailleurs agricoles. Ses membres viennent de 56 pays d'Asie, d'Afrique, d'Europe et des Amériques.

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    Une épidémie se développe en Afrique avec la tentation dynastique, cette propension des chefs d'Etat du continent à échafauder une succession héréditaire. L'alternance, soit, mais au sein du clan... Pour l'heure, seuls deux « fils de » ont empoigné, sur fond de chaos, d'ailleurs, le sceptre paternel : Joseph Kabila en République démocratique du Congo (RDC), et Faure Gnassingbé au Togo. Les dauphins supposés, eux, sont légion : Karim Wade au Sénégal, Ali Ben Bongo au Gabon, Teodorin Nguema Obiang en Guinée équatoriale, et pourquoi pas Franck Biya au Cameroun ou Francis Bozizé en République centrafricaine ? Plus au nord, le Libyen Seïf al-Islam Kadhafi et l'Egyptien Gamal Moubarak méritent une place d'honneur au sein du club.

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    La Fondation des médias pour l'Afrique de l'ouest (MFWA), a dénoncé le 7 juillet la détention prolongée du journaliste gambien, Ebrimah Manneh, qui a passé 730 jours en détention dans un endroit inconnu en Gambie. M. Manneh a disparu le 7 juillet 2006 et des organisations de défense des droits de l'homme pensent que le journaliste était détenu par le personnel de sécurité gambien. n juin 2007, MFWA avait déposé plainte auprès de la Cour de justice de la CEDEAO, en demandant au président Yahya Jammeh et à son administration de présenter M. Manneh et de rendre compte pour son arrestation et sa disparition.

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    Des individus armés non-identifiés ont abattu le responsable du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Mogadiscio, le 6 juillet. Trois individus armés l’attendaient devant la mosquée de Kashka, à Bulo Hubey [sud de Mogadiscio] et l’ont abattu à bout portant. L’assassinat de M. Ahmed est le dernier incident d’une série de meurtres et d’enlèvements de travailleurs humanitaires et de représentants de la société civile à Mogadiscio.

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    Depuis le 5 juillet 2008 Pointe-Noire est en proie à une fronde généralisée à cause des obsèques du Président Jean Pierre Thystère Tchicaya, ancien président de l’Assemblée nationale. Il est à noter les décès successifs des plus hautes personnalités Congolaises depuis le début de cette année suscitent plusieurs interrogations et interprétations. Le pouvoir du président Denis Sassou Nguesso se confond avec des pratiques fétichistes, ésotériques et des empoisonnements.

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    La crise énergétique au Togo se poursuivra jusqu'en 2010. C'est ce qu'a indiqué vendredi la direction de la compagnie locale d’électricité. C'est seulement à cette échéance que le pays pourra disposer d'une capacité suffisante pour alimenter particuliers et entreprises de façon régulière et sans délestages. C'est à dire lorsqu’une société privée concessionnaire aura achevé l'installation de deux turbines à gaz d'une capacité de 100 Mégawatts.

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    Le ministre kényan des Finances a annoncé le 7 aoû avoir présenté sa démission après avoir été mis en cause dans la vente douteuse d'un hôtel de luxe de Nairobi à un groupe libyen. Le ministre a affirmé quitter le gouvernement pour faciliter les investigations sur son rôle présumé dans la vente de l'hôtel Grand Regency, l'un des plus luxueux de la capitale kényane.

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    Quatorze immigrés clandestins ont été portés disparus le 7 juillet après le naufrage de leur embarcation au large de Motril, sur la Costa del Sol (sud de l'Espagne). Une opération de recherche a été déclenchée avec deux navires et un avion, a précisé le porte-parole. L'embarcation transportant des immigrés d'origine nigériane qui cherchaient à gagner l'Espagne, s'est retournée alors qu'elle était secourue par un navire de secours espagnol et 23 clandestins ont alors pu être sauvés.

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    Le représentant du gouvernement burundais au Mécanisme de vérification et de suivi (MCVS) d'un accord de cessez-le-feu, a signifié, le 7 juillet, au Parti pour la libération du peuple hutu/Front national de libération (PALIPEHUTU-FNL) qu'il devra, coûte que coûte, changer d'appellation pour recevoir l'agrément en tant que parti politique. Dans ce bras de fer, le pouvoir de Bujumbura a pour alliée de taille la Constitution qui n'autorise, en aucune façon, la reconnaissance de partis politiques à connotation ethnique, religieuse ou régionale.

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    Le tribunal du gouvernement local de l'Etat de Bauchi, dans le nord du Nigeria, régi par la sharia islamique, a condamné la chanteuse Talatu Mai-Gurmi, âgée de 33 ans, à deux mois d'emprisonnement assortis d'une amende de 5.000 nairas (45 dollars américains), pour avoir organisé un concert de musique traditionnelle dans la zone.

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    L'agence de lutte contre la corruption du Nigeria a inculpé deux ex-ministres de l'Aviation et un ancien directeur de l'Agence nationale de gestion de l'espace aérien (NAMA) pour leur rôle présumé dans le décaissement de 19,5 milliards de nairas du fonds d'intervention de l'aviation pour la rénovation de quatre aéoroports internationaux. Les ex-ministres, Femi Fani-Kayode et Babalola Borishade et l'ex-directeur de la NAMA, Roland Iyayu, ont été traduits devant le tribunal d'instance d'Abuja mercredi 2 juillet.

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    Le Premier ministre équato-guinéen a présenté le 4 juillet la démission de son gouvernement au président Teodoro Obiang Nguema qui l'a acceptée en qualifiant ce gouvernement d'un "des pires jamais formés. Le président Obiang a rappelé que parmi les membres du gouvernement certains ont été mêlés à des affaires de corruption, d'autres à des tentatives de déstabilisation du pays, évoquant ainsi l'implication d'un ministre dans la tentative de coup d'Etat du mercenaire britannique Simon Mann en mars 2004.

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    Les Etats-Unis ont déposé formellement jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU leur projet de résolution de sanctions visant le Zimbabwe et douze de ses ressortissants, dont le président Robert Mugabe. ?L'ambassadeur américain, Zalmay Khalilzad, a déclaré à la presse qu'il espérait une adoption dès la semaine prochaine de ce texte, qui imposerait un embargo sur les armes à destination du Zimbabwe, ainsi que des sanctions individuelles contre douze personnalités du régime Mugabe

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    Le président zimbabwéen Robert Mugabe a posé le 4 juillet comme préalable à toute négociation la reconnaissance de sa réélection à la tête de l'Etat. Si l'opposition est "d'accord" avec ce préalable, "alors nous pourrons engager un dialogue et écouter leurs idées", a-t-il ajouté devant 3.000 à 4.000 partisans venus l'attendre à l'aéroport de Harare. "C'est une condition préalable irréaliste et nous n'allons pas l'accepter", a réagi le porte-parole du principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Nelson Chamisa.

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    Le président Yahya Jammeh a estimé "valide", le deuxième tour de l'élection présidentielle au Zimbabwe, qualifiant le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, de "chouchou" et de "marionnette" de l'Occident. Le chef de l'Etat gambien, dans une déclaration faite après son retour du 11ème Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, en Egypte, a invité les Africains à soutenir Robert Mugabe, soutenant que les souffrances et les problèmes du peuple zimbabwéen ne lui sont pas imputables.

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  • Il faut « éviter les « experts » étrangers. Si vous rencontrez des « consultants » ou des « conseillers » officiels du Fmi et de la Banque Mondiale , de l'OMC, de l'OCDE, dans les ministères de vos gouvernements ou dans les Banques centrales communautés régionales, cachez-vous, ou mieux, fuyez ». Pr Yash Tadon (1)

    Les économistes socialisants ne se font pas prier pour réciter les leçons et slogans éculés de la Banque mondiale et du Fmi, du genre : « La crise est un phénomène mondial, elle n'épargne aucun pays». Relayant les entreprises de désinformation mondiales, les « médiamensonges », pour reprendre les termes et le titre du livre de Michel Collon, ils n'ont cessé d'être des caisses de résonance des « thèses » creuses de ces institutions financières, dans le contexte de nos pays pauvres très endettés (PPTE). La thèse des « avantages comparatifs » : ( importez du riz à bon marché au lieu de le cultiver », en faisait partie. Nous avons vu ce que nous a coûté le fait d'appliquer sans «discussion ni murmure » ces bêtises économiques. Actuellement les conséquences sont là. Nous dépendons de l'extérieur pour nourrir les populations. Alors que nous avons l'expérience et disposons Des mêmes facteurs de productions que ces pays qui cultivent le riz.

    La crise est mondiale, certes. Mais il ne suffit pas de s'arrêter au constat. Ne faudrait-il pas en chercher les causes, les tenants et les aboutissants ? Sur ce plan, nos ministres, nos statisticiens économistes, cafouillent, balbutient lorsqu'ils communiquent sur la question.

    Le prix du baril de pétrole flambe, mais qui est responsable de ce phénomène ? Depuis la découverte du pétrole en Arabie Saoudite vers les années 1930 , c'est le gouvernement des Etats-Unis, à travers la Société pétolière Aramco, qui, pour l'essentiel, régente la production dans le Royaume. Qui en parle ?

    Le cours du baril flambe ? Mais que le gouvernement des Etats-Unis arrête les guerres qu'il mène ou fomente à travers le monde (Irak, Afghanistan, menaces sur l'Iran, la Syrie , la Corée etc.) dans le but de faire main basse sur les richesses des autres pays pauvres. Sans doute que les cours des prix du pétrole ne vont plus monter, l'indice de la misère et de la pauvreté ne vont plus chuter d'un cran. Voila les véritables questions que nos grands économistes se gardent de souligner.

    Cela dit, pourquoi le président de l'Oci, ne cherche t-il pas à demander à l'Emir du Koweït, au Roi d'Arabie Saoudite, d'user de leur influence auprès de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et de l'OPAEP (Organisation des Pays arabes exportateurs de pétrole), pour obtenir des prix préférentiels en faveur des PPTE, comme l'a fait le Venezuela pour Cuba et Haïti.

    C’est ainsi qu'en 2004 le prix du baril a été cédé à Cuba à 27 dollars. C'est dans cette optique qu'au Venezuela, dès que le prix du baril dépasse 70 dollars sur le marché mondial, le surplus est affecté à un fonds pour les investissements sociaux. La position du Président Chavez, lors de la récente conférence de l'OPEP, allait dans le sens de cette forme de solidarité envers les pays pauvres, se conformant à la pratique dans le cadre de l'Accord Bolivarienne des Amériques (ALBA).

    Quand les « experts », de la BM et du FMI s'érigent en donneurs de leçons de bonne gouvernance, on peut se demander où est-ce qu'ils étaient, ainsi que leurs chefs, quand les décisions folles induisant des dépenses folles, de la part des chefs d’Etat africains, se multipliaient. Où est ce qu'ils étaient, lorsque l'ex-président Abacha, volait les 40 millions de livres sterling sur le point d'être rapatriés par le gouvernement britannique ?

    Aujourd’hui, les discours sur la pauvreté et les « soins économiques palliatifs » de « ces grands illuminés » ne manqueront pas de faire retourner dans leurs tombe Cheikh Anta Diop et Thomas Sankara, et faire sourire nos amis Samir Amin, Casonava, Demba Moussa Dembélé, Makhtar Diouf , Chomsky , Eric Toussaint, Casanova, Amady Aly Dieng, Stieglitz, Michel Chossudovsky, Yash Tandon, Fidel Castro et autres économistes d'Europe, d'Asie, d'Amérique Latine qui, depuis plusieurs décennies, n'ont cessé de tirer la sonnette d'alarme, refusant d'être des complices de ces exploiteurs mondiaux, et montrant que le capitalisme, dans les excroissances de ses euphémismes que sont « mondialisation » et « néolibéralisme », ne peut mener le monde qu'à la catastrophe.

    Après le rugissement des affamés, des «damnés de la terre », ces messieurs ont commencé à s'agiter pour donner l'impression que personne n'a eu à chercher à prévenir la tragédie que le monde est en train de vivre. En tout cas en Afrique, Cheikh Anta Diop, avait déjà, très tôt, sonné le tocsin dans « Les fondements économiques et culturels d'un Etat Fédéral d'Afrique noire » (2), avant que Sankara ne dise : « L'impérialisme est dans notre bol de riz ». Récemment, au Sommet présidentiel sur la « Souveraineté et sécurité alimentaire. Aliments pour la vie », tenu à Managua (Nicaragua), le 7 mai dernier, Esteban Lazo Hernandez, vice-président du Conseil d'Etat de la République de Cuba, rappelait : « Dès 1996, au Sommet mondial de l'alimentation, Fidel avait lancé un cri d'alerte : « La faim, compagne inséparable des pauvres, est la fille de la distribution inégale des richesses et des injustices dans le monde. Les riches ne connaissent pas la faim. […] Des millions de personnes sont mortes dans le monde en luttant contre la faim et l'injustice.».

    Nous considérons que le directeur de la FAO, Jacques Diouf, se prononçant sur la crise mondiale lors de la dernière conférence de cette organisation, n'a fait que marcher sur les pas de ces devanciers lorsqu'il soulignait : « En fait, le problème de l'insécurité alimentaire est de nature politique (…) les déchets alimentaires annuels atteignent 100 milliards de dollars auxquels il convient d'ajouter 100 milliards de coûts indirects, résultats de morts prématurés et de maladie dérivées (…) enfin, en 2006, 1204 milliards de dollars ont été dépensées en armement. Est-il possible dans ces conditions, d'expliquer aux personnes de bons sens et de bonne foi, que l'on ne peut pas trouver 30 milliards de dollars par an pour permettre à 862 millions d'affamés de bénéficier du droit humain le plus fondamental, celui à la nourriture, donc à vie. »

    En réalité les riches s'enrichissent de la pauvreté des peuples qu'ils continuent d'exploiter depuis des siècles. Dans tous les sommets, colloques, séminaires et symposiums, il est question de développement avec un grand « D ». Mais on constate, dans le même temps, le manque de volonté politique d'aller dans ce sens du vrai développement. Par exemple, depuis nos indépendances, dans la zone de l'Afrique de l'ouest, il n'a été implanté ni en Mauritanie, ou se trouve la MIFERMA (Mines des Fers de la Mauritanie) ni au Sénégal avec la MIFERSO (Mines des Fers du Sénégal Oriental), des industries lourdes industrialisantes de la métallurgie et la sidérurgie. Or, sans industries lourdes comment peut-on parler d'emplois pérennes ?

    Il n'est pas exagéré de dire qu’en Afrique tout se fait contre la recherche du bien-être des populations qui deviennent de plus en plus pauvres. Au lieu de s'élever contre, et faire pièces des thèses saugrenues de compétitivité de l'Occident qui subventionne son agriculture, l’UEMOA, la CEDEAO et même l’UA acceptent son diktat. A y regarder de près, on se rend compte que c'est la même logique qui a prévalu au moment de la conférence de Berlin sur le partage de l'Afrique qui se perpétue, par rapport aux visées sur les richesses de l'Afrique. Chacun des pays occidentaux ne se veut l’ami et « l'avocat » de l'Afrique que pour l'exploiter. Au lieu de s'unir, s'organiser à l'instar de ce qui se dessine en Amérique latine, l'élite africaine préfère continuer à « piailler et ricaner dans les salons de la condescendance ». (3)
    Tant qu'existera le système des « 20/80 »% (20% d'individus qui accaparent 80% des richesses), le monde connaîtra toujours des crises. C'est ce système, qu'est le capitalisme, qui génère les guerres, charrie le marasme économique (chômage, misère, pauvreté) et les anti-valeurs (banditisme, corruption, trafic en tout genre), qu’on appelle de nos jours ; néolibéralisme, mondialisation.

    (1) Economiste ougandais, membre dirigeant du Réseau International des Groupes du Sud
    (2) Ed. Présence africaine
    (3) David Diop, Coup de pilon, Ed. Présence africaine

    * Ababacar Fall-Barros est membre du Groupe de Recherche et d’Initiative pour la Libération de l’Afrique

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  • C’était le 30 juin 1960, il y a de cela quarante-huit ans. Patrice Lumumba prononçait ce discours à l’occasion de l’accession du Congo à l’indépendance. Au moment où l’Union africaine vient de terminer son 11e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, en Egypte, sans parvenir à asseoir ce panafricanisme achevé qui était le combat du héros national congolais, pendant que les dirigeants africains se vautrent dans une «dictature démocratique» et parasitent l’avenir du continent, alors que le sous-développement a atteint des niveaux tels que le quotidien de l’Africain est une lutte pour la survie, la voix de Lumumba sonne comme un cri d’aujourd’hui. Pour la dignité africaine et l’indépendance enfin.

    «Congolais et Congolaises,

    Combattants de l’Indépendance aujourd’hui victorieux, Je vous salue au nom du gouvernement congolais. A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960, une date illustre que vous garderez ineffablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.

    Car, cette Indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant, que c’est par la lutte qu’elle a été conquise (applaudissements), une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.

    Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions le chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers.

    Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu’à un Noir on disait «tu», non certes comme à un ami, mais parce que le «vous» honorable était réservé aux seuls Blancs ? Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres.

    Nous avons connu les souffrances atroces de relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même. Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les Blancs et des paillotes croulantes pour les Noirs; qu’un Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du Blanc dans sa cabine de luxe. Qui oubliera enfin les fusillades dont périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation?

    Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini.

    La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la Justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté, et nous allons faire du Congo, le centre de rayonnement de l’Afrique tout entière.

    Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles. Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens puissent jouir pleinement des libertés fondamentales prévues dans la déclaration des Droits de l’Homme. Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudra sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner, non pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cœurs et des bonnes volontés.

    Et pour tout cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter, non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque jour qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique, quelle qu’elle soit. Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l’histoire, n’a pas essayé de s’opposer à notre indépendance, est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants.

    Cette coopération, j’en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis. Ainsi, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, le Congo nouveau, notre chère République que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m’aider de toutes vos forces.

    Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger.

    Je demande à la minorité parlementaire d’aider mon gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays. L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent Africain.

    Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j’ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre indépendance complète et souveraine Notre gouvernement, fort, national, populaire sera le salut de ce pays. J’invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants, à se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique.

    Hommage aux combattants de la liberté nationale!

    Vive l’indépendance de l’Unité Africaine!

    Vive le Congo indépendant et souverain !»

    * Patrice Émery Lumumba, assassiné le 17 janvier 1961 au Katanga est le premier Premier ministre du Congo (de nos jours République démocratique du Congo) de juin à septembre 1960. Il est une des principales figures de l'indépendance du Congo ; le premier « héros national ».

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  • Mary Ndlovu | Gouvernance

    Comme dans un remake de la solution kenyane, l’Union africaine a proposé un gouvernement d’union nationale au Zimbabwe, avec Mugabe comme président et Tsvangiraï comme Premier ministre. Le leader du MDC a rejeté la proposition, soulignant qu’il pouvait s’accommoder du maintien du chef de la ZANU PF au pouvoir dans la seule perspective de préparer une autre élection libre et démocratique. Dans cette logique, il est certain qu’avec la terreur qui règne depuis plusieurs mois au Zimbabwe, l’avenir de ce pays ne peut s’écrire sur la base d’un compromis bancal. Dans cet article, Mary Ndlovu rappelle le contexte qui avait poussé Tsvangiraï a renoncer à se présenter au second tour, le 27 juin dernier, et montre que le Zimbabwe a plutôt besoin d’un nouveau départ, au risque d'une descente aux enfers.

    Un soupir de soulagement collectif et audible pouvait être entendu partout au Zimbabwe, au soir du dimanche 22 juin, lorsque la nouvelle du retrait de Morgan Tsvangirai du deuxième tour de l'élection présidentielle s'est répandue. Mais il y a eu, à coup sûr, des signes de consternation et de colère devant le fait que nous serons privés de la possibilité de parler grâce à nos bulletins de vote et de parachever l'oeuvre de libération. Les deux réactions se fondaient sur de fausses hypothèses : d'abord que la violence peut prendre fin si les deux candidats ne sont pas en lice, ensuite que le deuxième tour allait inéluctablement déboucher sur une défaite de la ZANU PF.

    Les raisons avancées par Tsvangirai pour expliquer son retrait étaient clairement affirmées et incontestables : dans des circonstances marquées par la torture, la mise à feu des maisons, le viol, la destruction systématique des structures du MDC, les tueries et arrestations, on ne pouvait organiser des élections dignes de ce nom. Mais ce qui l’a surtout poussé à se retirer, c'est le changement de position de la majorité des gouvernements des pays membres de la SADC.

    Le MDC et la plupart des Zimbabwéens pensent que Tsvangirai est arrivé en tête au terme du premier tour. Il a gagné la bataille malgré que tout, à toutes les étapes du processus, a été fait pour le désavantager. Depuis le parti pris de la Commission Electorale Nationale, l'inscription sur les listes électorales, la délimitation des circonscriptions électorales, l'emplacement des bureaux de vote, jusqu'au décompte des voix et l'annonce des résultats.

    La mascarade d'un deuxième tour a été mise en scène dans une atmosphère de plus en plus surréaliste, non en vertu de la loi ni pour la démocratie ou pour le peuple zimbabwéen, mais surtout pour les chefs d'Etat de la région dont le manque de sympathie pour le MDC, auquel ils tentent par tous les moyens de faire accepter les manœuvres d'un régime qui a perdu le soutien du peuple tout en continuant de contrôler les leviers du pouvoirs, ne fait l'objet d'aucun doute.

    Robert Mugabe et la ZANU PF avaient perdu la légitimité de gouverner le Zimbabwe avant le 1er avril. Le premier tour de l'élection a eu lieu le 29 mars, et à la fin de la journée du 30 mars au plus tard, tous les résultats auraient dû être annoncés. Au contraire, la Commission Electorale Nationale, sous la houlette de la ZANU PF, a tergiversé et retardé les choses tout en ouvrant la voie à une longue tragi-comédie, feignant de re-conter les voix, de valider le vote, et s'est engagée dans toutes sortes de manœuvres souterraines pour évider d'admettre que le pouvoir avait été battu par la voie des urnes, tant aux élections législatives qu'à l'élection présidentielle.

    Ils ont fait fi de toutes les dispositions pertinentes de la loi électorale, et sont même allés jusqu'à réécrire la loi par texte réglementaire. Ceci leur a donné le temps de retarder le second tour jusqu'à ce qu'ils puissent dérouler leur plan macabre destiné à terroriser les populations pour les obliger à se soumettre à leur volonté de s'accrocher au pouvoir. Mugabe, de façon éhontée, a convoqué de nouveau le gouvernement qui a été dissous avant l'élection; et sans même un simulacre de légitimité, ils ont repris leurs postes et continué à percevoir leurs salaires et autres avantages liés à la fonction, malgré le fait que plusieurs d'entre eux ont été battus dans leur propre circonscription du fait d'un électorat qui ne demandait qu'un changement de régime.

    Depuis le mois de mars, le Zimbabwe ne dispose plus ni d'un parlement ni de conseils ruraux, ou encore d'un Exécutif légitime. La ZANU PF a gouverné le pays par décret, sous les ordres de la JOC, sigle désignant la junte militaire qui contrôle actuellement les destinées de la nation, aux côtés de M. Mugabe et du Gouverneur de la Banque centrale, M. Gono dont on a besoin pour émettre de la monnaie.

    Les gouvernements des pays membres de la SADC ont permis la poursuite de la mascarade, en entretenant des relations avec le gouvernement illégitime comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Bien que les raisons de ce retard orchestré soient maintenant bien connues, il n'en est pas de même de celles qui expliqueraient pourquoi les présidents de la région l'ont soutenu.

    Au cours des deux derniers mois, la guerre que Mugabe menace de déclencher s'il est battu par les urnes était déjà en train de battre son plein. La tactique utilisée pour terroriser les militants de l'opposition était la même que celle utilisée pendant la guerre de libération nationale. Les bases des milices ont recréé les bases des guérilléros des années 70, ainsi que les réunions qui duraient toute la nuit, appelées “pungwes” en langue locale, prétendant rééduquer la population. Ces « pungwes » ont été dans le passé et demeurent aujourd'hui des réunions auxquelles les populations sont obligées de prendre part, entonnant des chansons et scandant des slogans, pendant que ceux qui ne soutiennent pas ouvertement la ZANU PF sont battus, torturés et même tués.

    Aux mois d'avril et de mai, la milice de la ZANU PF et les anciens combattants se sont mobilisés dans les circonscriptions électorales rurales pour éliminer les partisans connus du MDC. Des maisons ont été brûlées et plusieurs personnes torturées ou tuées en raison de leur allégeance politique, mais aussi pour celle de leurs enfants, grands enfants, parents et voisins. Au mois de juin, la terreur s'est étendue aux zones urbaines, surtout à Harare mais aussi aux petites villes. Les nervis de la ZANU PF avaient comme cibles non seulement les responsables politiques de l'opposition, mais aussi quiconque n'arbore pas leurs insignes. Les forces de police ont également été ciblées. Elles ne doivent pas intervenir dans des situations "politiques". De sorte qu’aucun des auteurs de cette violence n'a été arrêté ni accusé, tandis que les victimes ont fréquemment été mises sous les verrous et accusés d'incitation à la violence.

    Organiser une élection dans de telles circonstances était déraisonnable. Dans cette parodie d'un processus par lequel la volonté du peuple doit s'exprimer clairement, les voix du peuple devaient être réduites au silence et remplacées par des refrains reprenant les slogans de la ZANU PF. On les informe qu'ils avaient "mal" voté et usage sera fait de la force pour s'assurer qu'ils voteront là où il faut à la prochaine occasion.

    Deux semaines avant le scrutin, les gouvernements des pays membres de la SADC ont émis, en chœur, le vœu que l'élection soit libre et transparente, essayant de faire semblant que quelque chose qui s'apparente à une élection fournirait une "solution" au problème zimbabwéen. Ce n'est qu'après que Thabo Mbeki a dépêché sa mission militaire voir ce qui se passait sur place, et que les premiers observateurs de la SADC ont commencé à témoigner de l'anéantissement et de l'horreur, que nous avons commencé à entendre des bruits venant des gouvernements des pays d'Afrique australe demandant à Mugabe à faire preuve de retenue.

    L'un après l'autre, ils ont dénoncé la violence, demandant à Mugabe d'y mettre fin, et enfin, au cours des derniers jours, envoyant un message plus clair comme quoi s'il n'arrêtait pas, ils ne reconnaîtraient pas les résultats de l'élection. Ce n'est qu'à ce moment précis que Tsvangirai a décidé de prendre la mesure de se retirer de ce que la plupart des Zimbabwéens avaient perçu comme une punition inutile qui leur a été infligée par les gouvernements des pays de la région. Il était devenu clair que ceux qui avaient insisté pour que la mascarade soit mise en scène avaient compris la vraie nature du régime de la ZANU PF, et sa détermination de ne perdre le pouvoir par la voie des urnes.

    Pourquoi le Zimbabwe s'est-il laissé entraîner par force dans cet enfer ? Pourquoi la SADC ne pouvait-elle pas faire ce qui aurait dû être fait en avril - insister que la ZANU PF respecte la loi électorale, produise des résultats au moment opportun, et accepte sa défaite ? Les Etats étaient-ils trop aveugles pour voir la vérité ? Où était-il trop pénible et difficile pour eux de dire la vérité, trop compliqué pour développer une stratégie de sortie pour Mugabe ? Ils sont les seuls à pouvoir répondre à ces questions, mais les conséquences de leur cécité, hypocrisie ou lâcheté sont nettement perceptibles de tous. Ils ont donné à la ZANU PF une marge de manoeuvre de trois mois pour faire connaître au Zimbabwe le mauvais sort de plusieurs milliers de nouveaux morts, plusieurs milliards de nouveaux billets de banque sans valeur qui ne font que saper une économie mourante, des institutions en ruine et les retombées négatives qui se font sentir partout dans la région.

    Ces trois mois n'ont fait que rendre le problème plus insoluble - comment faire partir Mugabe ? (…) Ce que nous avons obtenu jusqu'ici de la communauté internationale, régionale et mondiale, est un accord selon lequel le résultat du scrutin ne produira pas un gouvernement légitime. Mais outre cela nous n'avons rien.

    (…) Tsvangirai a appelé à la mise en place d'une autorité de transition sous les auspices de l'Union Africaine, et soutenu par les soldats de maintien de la paix. Le mieux que la SADC semble pouvoir faire est d'appeler à de nouvelles négociations entre la ZANU PF et le MDC – des pourparlers en cours depuis plus d'un an et qui ont accouché d'une souris.

    (…) Si la SADC échoue dans la mission de gestion des catastrophes qu'elle s'est assignée, si l'UA est incapable ou peu encline à faire face à ses responsabilités, la faim, la terreur, les déplacements et la mort constituent une sérieuse menace qui plane au-dessus des Zimbabwéens. L'économie ne parvient plus depuis longtemps à assurer une vie stable aux populations; l'état de droit a simplement cessé d'exister depuis longtemps ; le contrôle du pays par l'armée est de rigueur, mais la perspective d'une descente aux enfers de l'anarchie, du règne des chefs de guerre et des foules déchaînées se dessine à l'horizon.

    Même l'écho du soupir de soulagement du dimanche 22 juin s'est estompé, et les Zimbabwéens envisagent l'avenir avec anxiété et crainte.

    *Mary Ndlovu est une militante zimbabwéenne des droits de l'homme.
    Cet article avait été publié dans la version anglaise de Pambazuka News à la veille de l’élection présidentielle au Zimbabwe

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    Initiatives de Gouvernance Citoyenne (IGC) basée au Cameroun organise un cours de 10 jours sur le thème « Constitution et Elections» dans le cadre de son annuelle Académie de droit constitutionnel en Afrique. L’Académie se dÈroulera du 28 juillet au 7 août 2008 à Yaoundé. Des bourses de
    participation peuvent être offertes aux femmes leaders, aux minorités, et aux nationaux des pays dans lesquels des Èlections sont prévues cette année, ainsi qu’aux membres actifs de la Diaspora.

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    Le Réseau Ouest et Centre Africain de Recherche en Education (ROCARE) lance un appel à candidatures pour le poste de Coordonnateur régional, basé à Bamako, en République du Mali. La date limite de réception des candidatures est fixée pour le 14 août 2008. Plus d'informations sont disponibles aux adresses Internet suivantes:
    Description du poste:

    Appel à candidatures (en Français):

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