• Plusieurs firmes pharmaceutiques se sont engagées à fournir au Burkina Faso des lots de médicaments d’une valeur de quelque 450 millions de dollars américains pour lutter contre certaines maladies « négligées », responsables de la cécité ou d’autres formes d’infirmité chez des millions de personnes dans le pays, a révélé le ministre de la Santé. Ce programme national vise cinq des maladies que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle des « maladies tropicales négligées » ou MTN : la filariose lymphatique, l’onchocercose, la schistosomiase, le trachome et les vers intestinaux.

  • Contributor | Gouvernance

    La vie des orpailleurs d’une mine burkinabé, c’est le sujet du premier long métrage du cinéaste Laurent Salgues. Rêves de poussière est le résultat d’une histoire d’amitié entre le cinéaste et les orpailleurs d’Essakane, ville minière du Burkina Faso. Le réalisateur explique qu'il voulait montrer la dignité et la fierté de ces hommes chez qui l’on perçoit un mélange d’espoir et de désespoir.

  • Chaque année au Burkina Faso, près de 500 filles tombent enceintes contre leur gré et bon nombre d’entre elles abandonnent leur nouveau-né dans des toilettes, des poubelles ou derrière des immeubles. Ce phénomène choquant devient particulièrement fréquent à Ouagadougou, la capitale, à mesure que de plus en plus de personnes quittent les campagnes pour venir s’y installer. Pas instruites, ces filles ne comprennent même pas pourquoi elles ont leurs règles, et ne savent pas vers qui se tourner.

  • Contributor | Ressources

    Elysée Koné (un nom d'emprunt), né séropositif, et aujourd'hui âgé de 17 ans, n'a pas de souci de santé. Dans la ville de Bobo-Dioulasso (sud-ouest du Burkina Faso) où il vit, il est plutôt tourmenté par un manque de moyens financiers qui pourrait le forcer à rester à la maison cette année scolaire. Elysée fait partie des 140 enfants nés séropositifs et pris en charge par l'Association de lutte contre le SIDA R+ (Rêve plus) basée à Bobo-Dioulasso pour les aider à poursuivre une scolarité normale.

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  • Contributor | Arts

    'Repères pour l'Afrique'', la première oeuvre posthume de Joseph Ki Zerbo, disparu le 4 décembre 2006, a été présenté le 15 décembre à Ouagadougou. Le livre est surtout un vibrant appel à la jeunesse. L’auteur exhorte cette frange de la population à séparer le bon grain de l’ivraie pour un développement harmonieux du continent. A travers ses 216 pages, Ki Zerbo présente cinq problématiques d’intérêt majeur qui sont : historicité de l’Afrique, identité africaine, développement endogène, unité africaine et mondialisation.

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  • Le Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (Collectif), a appelé à une nouvelle mobilisation susceptible d'aboutir à la réouverture du dossier Norbert Zongo, journaliste burkinabé assassiné en 1998, et a lancé, le 13 décembre, une vaste campagne de dénonciation à l'occasion de la célébration de l'anniversaire de son assassinat. L'instruction du dossier a été frappée d'un non lieu depuis juillet 2006. Le juge d'instruction attend de nouveaux éléments pour poursuivre l'instruction de l'Affaire.

  • http://www.pambazuka.org/images/articles/323/43671-Sankara-3.jpg
    Il y a quarante ans, Ernesto «Che» Guevara était assassiné en Bolivie par des mercenaires au service de la Cia des Etats-Unis. Il y a trente ans, Steve Biko, dirigeant du mouvement de la Conscience noire, était assassiné par le régime d’apartheid en Afrique du Sud. Il y a vingt ans, le 15 octobre 1987, la terrible nouvelle de l’assassinat de Thomas Sankara faisait le tour du monde. Le leader charismatique de la Révolution burkinabé était tombé sous les balles d’une bande de tueurs envoyés par Blaise Compaoré et ses complices de la Françafrique. Si le hasard a uni le destin de ces trois héros légendaires, c’est parce qu’ils ont incarné des valeurs universelles et défendu des causes communes à tous les peuples : la liberté, la dignité, le droit de décider de sa propre vie.

    Un révolutionnaire sincère et charismatique

    En tuant Thomas Sankara, Blaise Compaoré et la Françafrique croyaient détruire l’exemple que Sankara a incarné pour la jeunesse africaine et pour toutes les forces progressistes du continent. Grossière erreur ! Une semaine avant son assassinat, dans un discours à l’occasion du 20e anniversaire de l’assassinat du «Che», Thomas Sankara disait : «On ne peut pas tuer les idées, les idées ne meurent pas». En effet, l’histoire de l’Humanité est jalonnée de martyrs et de héros dont les idées et les actions ont traversé le temps pour inspirer les générations venues longtemps après la disparition de ces grands personnages historiques.

    Grands de par leurs idées, leur courage, grands de par leur sacrifice au service d’un idéal immortel : la liberté et la dignité de leurs peuples. Thomas Isidore Sankara s’inscrit dans la lignée de valeureux fils et filles d’Afrique dont les idées et les actions ont laissé une marque indélébile dans l’histoire de leur continent. C’est pourquoi vingt ans après sa disparition, Sankara continue d’être ce magnifique flambeau qui illumine de toute sa clarté la voie pour toutes les forces qui cherchent à mettre fin à la domination de leur continent et à la servitude de leurs peuples.

    La grande popularité de Sankara est en partie le reflet de la désillusion à l’égard de dirigeants corrompus et incapables de faire face aux besoins élémentaires de leurs peuples et qui prennent leurs ordres des capitales occidentales et d’institutions, comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi). La popularité de Sankara provient également de la profonde sincérité de son engagement au service de son peuple, de son dévouement à la cause de l’émancipation du peuple burkinabé et des peuples africains. Son charisme, son honnêteté, sa probité et son intégrité ont fait de lui un héros pour « les damnés de la terre » sur notre continent, pour parler comme Frantz Fanon, à qui il vouait une grande admiration.

    Un grand visionnaire

    Mais, Thomas Sankara doit surtout sa popularité aux idées et valeurs qu’il a incarnées pendant la période où le destin l’a propulsé sur la scène africaine et mondiale. En effet, si Sankara suscite tant de ferveur vingt ans après son assassinat, c’est parce qu’il a incarné des idées et défendu des causes qui ont une résonance profonde auprès de milliers d’opprimés en Afrique et dans le reste du monde. Sankara était un révolutionnaire sincère doublé d’un grand visionnaire, qui avait le courage de relever les défis les plus difficiles et qui avait une grande ambition pour son pays et l’Afrique.

    La plupart des grandes idées ou causes qu’il a défendues il y a plus de vingt ans sont aujourd’hui au cœur des luttes pour l’émancipation économique, sociale et politique des peuples, partout dans le monde. C’était un écologiste avant l’heure, dans un pays dit « pauvre » qui devait avoir des priorités autrement plus pressantes que la défense de l’environnement !

    Il fut parmi les premiers chefs d’Etat, peut-être le seul de son époque, à condamner l’excision des filles, une position qui était le reflet de son engagement sans faille en faveur de l’émancipation des femmes et de la lutte contre toutes les formes de discriminations à leur égard.

    Il était un défenseur acharné de l’égalité entre les sexes et de la reconnaissance du rôle des femmes dans tous les domaines de la vie économique et sociale. Dans son fameux discours d’orientation du 2 octobre 1983, il disait : «On ne peut pas transformer la société en maintenant la domination et les discriminations à l’égard des femmes qui constituent plus de la moitié de la société. »

    Sa lutte implacable contre la corruption, longtemps avant que la Banque mondiale et le Fmi ne la découvrent, avait fait de Sankara un ennemi pour tous les présidents corrompus du continent et pour la mafia capitaliste internationale dont la corruption est un des instruments de conquête de marchés et de pillage des ressources des pays du Sud.

    Refusant la fatalité de la « pauvreté », Sankara était un des précurseurs du principe de la souveraineté alimentaire, réussissant la prouesse de rendre son pays auto-suffisant en quatre ans, grâce à des politiques agricoles judicieuses et surtout à la mobilisation des paysans burkinabés. Il avait compris qu’un pays qui ne pouvait pas se nourrir lui-même risquait d’aliéner son indépendance et de perdre sa souveraineté.

    C’était encore lui, le second chef d’Etat au monde, après le président Fidel Castro en 1985, qui avait appelé en juillet 1987 les pays africains à former un puissant Front contre la dette illégitime et immorale de leur continent et à refuser collectivement de la payer.

    Il avait encore compris, avant les autres, que la dette était une forme moderne d’asservissement de l’Afrique, une cause majeure de pauvreté et de souffrances inouïes pour les populations africaines. Ne disait-il pas que « la dette ne peut pas être remboursée, parce que d’abord, si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas… Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir… » ?

    Sur le plan international, il était le premier Chef d’Etat africain, voire du monde, à dénoncer le droit de veto au Conseil de sécurité et à fustiger le déficit démocratique du système des Nations unies et la grande hypocrisie qui caractérisait les relations internationales. Toutes ces idées sont devenues aujourd’hui des vérités d’évidence et sont au cœur des luttes et des résistances des peuples dont le Forum social mondial (Fsm) constitue l’un des plus puissants points de ralliement.

    Soutien à la lutte des peuples contre l’oppression

    Parmi les grandes causes que Thomas Sankara a défendues avec passion, il y a son soutien sans faille à toutes les luttes révolutionnaires des peuples pour leur émancipation et à toutes les résistances contre la domination impérialiste et l’oppression coloniale. Dans son discours mémorable devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 4 octobre 1984, il disait : « Notre révolution, au Burkina Faso, est ouverte aux malheurs de tous les peuples. Elle s’inspire aussi de toutes les expériences des hommes depuis le premier souffle de l’Humanité. Nous voulons être les héritiers de toutes les révolutions du monde, de toutes les luttes de libération des peuples du tiers-monde. ».

    Ces révolutions et luttes ont inspiré Sankara dans sa vision et son désir de transformer en profondeur les structures économiques et sociales de son pays ainsi que les mentalités forgées pendant des siècles de domination étrangère et d’oppression par les classes dominantes et exploiteuses internes et externes. Cela explique sa profonde solidarité avec les luttes menées par tous les peuples opprimés contre les forces de domination.

    Cette solidarité s’est manifestée partout avec détermination, dans toutes les enceintes internationales. Que ce soit aux Nations unies, à l’ex-Organisation de l’unité africaine (Oua), ou au sein du mouvement des pays non-alignés. Il était parmi les premiers chefs d’Etat à soutenir la lutte du peuple sahraoui contre les ambitions annexionnistes du Maroc. Il exprima la solidarité du peuple burkinabé à la lutte du peuple kanak contre le colonialisme français. Lors de son passage à New York, il se rendit à Harlem pour apporter son soutien à la lutte des Africains-Américains contre le racisme et les discriminations. Mais surtout, la Révolution Burkinabé sous Sankara avait manifesté un soutien et une solidarité sans faille à l’égard de tous les peuples qui résistaient contre les politiques d’agression de l’impérialisme yankee.

    Devant l’Assemblée générale des Nations unies, dans le ventre même de la bête immonde, il condamna avec force le blocus illégal et l’agression permanente des Etats-Unis contre le peuple cubain. Toujours à la tribune des Nations unies, il fustigea leur soutien inconditionnel aux politiques d’annexion territoriale et d’extermination menées par l’Etat sioniste contre le peuple palestinien

    Les acquis de la révolution burkinabé

    Bien qu’issue d’un coup d’Etat militaire, la révolution burkinabé n’en était pas moins une révolution profondément populaire. Pour Sankara, la prise du pouvoir politique devait servir d’instrument pour libérer son pays de la domination étrangère, mais surtout libérer son peuple de multiples formes de domination, économique, sociale, politique et culturelle.

    Dans le fameux discours d’orientation politique prononcé le 2 octobre 1983, il expliquait que cela passait par la destruction de l’Etat néocolonial et la transformation de toutes les structures socio-économiques et des institutions héritées de la colonisation, y compris l’Armée. Et ces transformations devaient aboutir à transférer le pouvoir au peuple, car, comme il affirmait dans le même discours, « le but de cette révolution est l’exercice du pouvoir par le peuple ». Cet objectif fondamental ne pouvait s’accomplir qu’en faisant confiance au peuple et en le mobilisant pour qu’il prenne conscience des enjeux et des sacrifices à consentir.

    C’est que, pour Sankara, il serait vain de parler au nom du peuple si on n’est pas capable de le mobiliser pour qu’il s’imprègne de la lutte et forge sa conscience dans le feu de l’action. Ne disait-il pas : «Le plus important, je crois, c’est d’avoir amené le peuple à avoir confiance en lui-même, à comprendre que finalement…il peut s’asseoir et écrire son bonheur… Et en même temps, sentir quel est le prix à payer pour ce bonheur » ? Dans une large mesure, la Révolution Burkinabé était une expérience assez originale de profondes transformations sociales, économiques, politiques et idéologiques. C’était une tentative audacieuse de développement endogène basé sur la mobilisation du peuple.

    La poursuite de cet objectif explique l’extraordinaire effort d’émancipation des mentalités, de conscientisation et de mobilisation des masses dans les Comités de défense de la révolution (Cdr) et dans d’autres structures révolutionnaires. En dépit des excès commis par les Cdr et les autres structures révolutionnaires, il n’y a aucun doute que l’un des objectifs majeurs de la Révolution sous Sankara était de libérer la parole pour permettre au peuple de s’exprimer et renforcer la confiance en lui-même. En cela, la Révolution Burkinabé était profondément démocratique et populaire. N’avait-il pas un jour lancé cet avertissement : «Malheur à ceux qui bâillonnent leurs peuples » ? Cet avertissement reflétait l’importance que Sankara attachait à la liberté d’expression, condition indispensable pour encourager toutes les couches de la population à prendre la parole.

    Les faiblesses et erreurs de la Révolution

    Comme toute œuvre humaine, la Révolution Burkinabé avait ses hauts et ses bas. Ainsi, malgré ses acquis incontestables, elle avait des faiblesses qui devaient finir par miner la cohésion du leadership et même de la rendre impopulaire auprès de certains segments de la population qui l’avaient soutenue au départ, comme la petite bourgeoisie intellectuelle.

    L’une de ses faiblesses est liée au fait que les forces sociales qui avaient intérêt au succès de la Révolution - paysans, ouvriers, travailleurs manuels et intellectuels - n’avaient peut-être pas le niveau idéologique requis qui leur aurait permis de mieux comprendre et de soutenir le rythme des transformations révolutionnaires.

    Une autre faiblesse est la difficulté de bâtir une coalition solide et durable entre Sankara et ses camarades d’une part, et les partis politiques représentant la petite bourgeoisie intellectuelle, d’autre part. Cela explique sans doute certaines erreurs commises par la direction de la Révolution et qui ont contribué à aliéner une partie de la population et à exacerber les contradictions au sein du leadership quand les difficultés ont commencé à s’accumuler.

    Peut-être aussi qu’une action volontariste a pris le pas sur le travail patient d’éducation des masses pour atténuer ou vaincre les pesanteurs sociales et idéologiques qui sont autant de freins dans la mobilisation du peuple. Enfin, le sabotage d’ennemis tapis dans l’ombre et l’isolement relatif dans la sous-région, à l’instar de ce qui s’était passé en Guinée et au Ghana dans les années 1960 et 70, ont fait le reste.

    Les leçons de la Révolution burkinabé

    Cette révolution était sans aucun doute la dernière grande tentative d’émancipation populaire et démocratique sur le continent. Ni la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, ni la victoire de la Swapo en Namibie n’ont débouché sur des bouleversements économiques et sociaux significatifs. Donc, la Révolution burkinabé peut être considérée comme une expérience presque inédite de profondes transformations économiques, sociales et politiques.

    C’était une expérience audacieuse de développement endogène, comme en témoigne la construction d’infrastructures (barrages, rails, écoles, routes, etc.) grâce à une intense mobilisation des masses et en faisant appel au principe de compter sur ses propres forces.

    C’est au nom de ce principe que Sankara fustigeait la prétendue « aide » étrangère dont il disait qu’elle «… n’a produit rien d’autre que la désorganisation et l’asservissement…». Il refusait d’écouter les « charlatans de toutes sortes qui ont cherché à vendre des modèles de développement qui ont tous échoué ». Allusion ne pouvait être plus claire aux prétendus « experts » de la Banque mondiale et du Fmi qui ont pris contrôle des politiques économiques dans nombre de pays africains avec les résultats désastreux que l’on sait.

    L’attitude de Sankara contraste de manière frappante avec celle de plusieurs dirigeants africains devenus de véritables mendiants qui n’osent plus élever la voix devant les injonctions et interférences de leurs « partenaires au développement ». Sankara avait montré que « pauvreté » ne rimait pas avec absence de dignité et abdication de souveraineté.

    Mais la révolution burkinabé comporte aussi des leçons négatives qui méritent une sérieuse réflexion. L’une de ces leçons est liée à la difficulté de nouer une alliance durable et victorieuse entre des militaires et intellectuels progressistes. Une autre leçon liée à celle-ci est le destin de tout coup d’Etat militaire. Peut-il réellement être une source de transformations révolutionnaires durables ou est-il condamné à n’être qu’un feu de paille ? Cette question en appelle certainement d’autres. En tous les cas, les forces révolutionnaires africaines doivent étudier les leçons fondamentales tirées cette expérience pour les luttes présentes et futures.

    Conclusion

    Nous pouvons affirmer avec force que les idées et principes qui ont guidé la Révolution Burkinabé n’ont pas disparu avec Thomas Sankara. Ils continueront toujours à guider les luttes et résistances des peuples africains aussi longtemps qu’ils n’auront pas mis fin à la domination étrangère et recouvré leur souveraineté. Mais la meilleure façon d’honorer la mémoire de Thomas Sankara est de poursuivre son combat et promouvoir les valeurs qu’il a incarnées.

    En vérité, les révolutionnaires africains ont un devoir de mémoire non seulement à l’égard de la Révolution Burkinabé, mais également à l’égard de toutes les révolutions africaines qui l’ont inspirée.

    Car n’oublions pas que Sankara était un panafricaniste ardent qui ne faisait pas mystère de sa filiation idéologique et politique avec Nkrumah, Lumumba et Cabral, entre autres. Nous avons le devoir d’étudier la pensée et l’œuvre de Sankara et des autres penseurs et dirigeants révolutionnaires africains afin de pouvoir les enseigner aux jeunes générations. C’est en préservant et développant les valeurs et les idées fondamentales de la Révolution sankariste et des autres révolutions africaines que nous arriverons à forger les armes idéologiques et politiques qui nous permettront de déconstruire les valeurs et concepts du système dominant et à construire nos propres concepts basés sur notre propre vision du monde et nos réalités.

    De même que le sang du "Che" a irrigué le sol sacré des Amériques qui est en train de produire de dignes successeurs du légendaire révolutionnaire argentin, en vue de réaliser le rêve de Simon Bolivar et des autres héros de ce continent, de même le sacrifice de Sankara et celui de ses illustres devanciers produiront d’autres Sankara, qui un jour inévitablement réaliseront le rêve de Nkrumah et des autres héros et martyrs de la Révolution Africaine : édifier une Afrique indépendante, unie, prospère et maîtresse de son destin.

    * Demba Moussa DEMBELE est Membre du Comité sénégalais pour la Commémoration du 20e anniversaire de l’Assassinat de Thomas Sankara

  • Au nom de mes enfants de toute la famille Sankara et de toutes les familles éplorées du 15 octobre 1987, je vous remercie d’être venus si nombreux à l ’occasion de la commémoration du vingtième anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara et de ceux qui sont tombés avec lui.

  • Le destin tragique de Thomas Sankara est lié au combat pour l’avènement d’une démocratie sociale. Ce combat ne pouvait plaire à la "Mafiafrique" composée des groupes d’affairistes et leurs collaborateurs qui gouvernent l’Afrique. Alors, il fallut l’exterminer. On trouva le bras armé dans les relais locaux et la machine se mit en branle. Retour sur les causes d’un jeudi macabre.

    « A la faveur des méandres de l'histoire, cet autocrate s'est hissé à la tête de notre Révolution pour mieux l'étouffer de l'intérieur. Cette haute trahison s'est illustrée par le bafouement de tous les principes organisationnels, les reniements divers des nobles objectifs de la RDP (Révolution démocratique et populaire), la personnalisation du pouvoir, la vision mystique, quant aux solutions à apporter aux problèmes concrets des masses, toutes choses qui ont engendré la démobilisation au sein du peuple militant.”. Extrait de la Proclamation du 15 Octobre 1987.

    “Peuple du Burkina Faso, l'accélération de l'histoire fait souvent défiler les événements à une allure telle que la maîtrise par l'homme des faits devient impossible, rendant celui-ci artisan de situations non désirées. Les instants tragiques que nous avons vécu le 15 octobre courant font partie de ce type d'événements exceptionnels que nous fournit souvent l'histoire des peuples. En tant que révolutionnaires, nous devions avec courage assumer nos responsabilités. Nous l'avons fait à travers la proclamation du front populaire. Nous continuerons à le faire sans faille et avec détermination pour le triomphe des objectifs de la Révolution d'août. Ce dénouement brutal nous choque tous en tant qu'êtres humains et moi plus que quiconque pour avoir été son compagnon d'armes, mieux, son ami. Aussi, pour nous, il reste un camarade révolutionnaire qui s'est trompé. »
    In Message à la nation du président du front populaire, le camarade capitaine Blaise Compaoré le 19 octobre 1987.

    Le jeudi 15 octobre 1987, le processus de la Révolution démocratique et populaire qui avait cours au Burkina était brutalement arrêté sur le coup de 16 heures. Dans l'après midi de ce jeudi là, plus d'un militant de la RDP a été atteint d'une stupeur indicible. Après la pétarade des kalachnikov qui a duré toute la soirée, la proclamation signée d'un front populaire est tombée drue comme une pluie mêlée de grêle, surprenant de la même façon certains militants de la RDP tout comme ceux qui ne trouvaient pas d’intérêt à la Révolution et se tenaient à distance d'elle.

    Depuis un certain temps, on savait qu'une crise grave minait le Conseil national de la révolution (CNR). Ses principaux dirigeants, jadis unis, n'arrivaient plus à s'entendre sur l'orientation et la stratégie d'action. Les quatres chefs historiques (Thomas Sankara, Blaise Compaoré, Boukary Lingani, Henri Zongo) de la RDP paraissaient de plus en plus « trop nombreux » pour diriger le mouvement révolutionnaire.

    Mais la grave crise qui secouait les dirigeants de la RDP restera en grande partie cachée aux militants de base, à tel point qu'ils seront surpris par l'ampleur et la brutalité du dénouement du 15 octobre. Aussi, beaucoup de militants sincères regrettent-t-ils encore aujourd'hui, le dénouement du 15 octobre tel qu'il s'est présenté, se disant que les instances où des débats d'idées auraient dû se tenir ne manquaient pas pour que l'on en arrive là. Mais ceux qui ont fait le coup couraient un risque important en laissant la parole à Thomas Sankara dans quelque cadre de concertation que ce fût, car il avait une telle force d'argumentation qu'il en serait sorti peut-être « victorieux ».

    C'est cette même capacité de persuasion qui aboutissait à certaines décisions, jugées à posteriori « spontanéistes, volontaristes » alors qu'en son temps, il n'y eut pas de critiques conséquentes. Et c'est ce même trait de personnalité du défunt président qui sauva la tête de plus d'une personne que de proches collaborateurs voulaient une fois de plus sacrifier sur l'autel de la contre- révolution.

    En fait, il faut convenir d'une chose : le 15 octobre et la rectification sont intervenus précisément parce que les camarades qui avaient commencé la RDP avec Thomas Sankara, étaient essoufflés (déjà) et qu'ils ne se sentaient ni la force ni l'âme de continuer. Et comme les adversaires du processus existaient et étaient influents, tant en dehors que dans les rangs même des révolutionnaires, ils n'ont pas eu de la peine à rallier à eux tout un monde pour contrebalancer la RDP. La raison toute trouvée de la « trahison de la voie initiale » a été vite évoquée.

    Or le capitaine Thomas Sankara a été le premier à se rendre compte de la nécessaire démocratisation du processus, lui qui professait en août 1987 à Bobo Dioulasso qu’il « fallait au Burkina, un peuple de convaincus et non un peuple de vaincus, de soumis qui subissent leur destin ». Il avait commencé ainsi la véritable " rectification " de la RDP marquée du reste par l'élargissement de plusieurs détenus politiques et de droit commun. Les sanctionnés à tort retrouvaient la possibilité de reprendre leur carrière.

    Mais cette politique initiée par Thomas Sankara a vite été « court-circuitée » par le 15 octobre et revendiquée par le front populaire. Il fallait laisser l'image d'un Sankara fermé et hostile aux ouvertures. Aussi, les choses s'accélérèrent très vite après le discours de «réconciliation » d'août 87 à Bobo Dioulasso où Sankara disait notamment : « Dans le proche passé, nous avons parfois commis des erreurs. Cela ne devra plus se produire sur la terre sacrée du Faso. Il doit y avoir de la place dans le cœur de chacun de nous pour ceux qui ne sont pas encore parfaitement en harmonie avec le discours d'orientation politique et les objectifs de notre plan quinquennal. Ce sera à nous d'aller à eux et de les gagner à la cause révolutionnaire du peuple… Nous devons préférer un pas ensemble avec le peuple plutôt que de faire dix pas sans le peuple ». (In Thomas Sankara, oser inventer l'avenir p.264 Ed Pathfinder et l'harmattan 1991).

    Après ce discours, il fallait se dépêcher d'arriver au pouvoir, car laisser le temps à Thomas Sankara d'amorcer réellement la démocratisation de la RDP, ce serait se priver de prétexte justificatif d'un coup d'Etat. La commémoration du discours du 2 octobre à Tenkodogo sera l'occasion pour les comploteurs d'accélérer leurs manœuvres de liquidation de la révolution et d'entreprendre ce faisant, le 15 octobre 1987.

    La crise qui prévalait depuis un certain temps sur le terrain politique a gagné, comme à l'accoutumée le terrain militaire, et il fallait dès lors que les armes parlent pour la dénouer. Telle a toujours été la tactique des hommes politiques au Burkina Faso. Ils créent une pourriture qui oblige les militaires à intervenir. Dans le cas du CNR, il faut y ajouter le fait que la rigueur prônée n'était pas du goût de tout le monde, notamment de certains commandos, artisans du coup d'Etat révolutionnaire du 4 Août 1983 . Ceux-ci revendiquaient avec insistance une bonne part du gâteau. Chose à laquelle Thomas Sankara aurait opposé une constante fin de non recevoir, arguant que le militaire doit « vivre avec les masses » et prônant « un quart de poulet par jour et par militaire ». C'était mal connaître ceux-là qui revendiquaient qui une villa, qui un galon afin de jouir du fruit du risque encouru dans la nuit du 4 Août.
    Il nous revient à cet effet que ces derniers lors des réunions régulières avec leur chef posaient constamment cette doléance. Ce à quoi le chef en question répondait qu'il n'y voyait pas d'inconvénient mais que « c'est Sankara qui s'oppose ». Les miliaires répliquaient : « pourquoi ne l'enlève-t-on pas ? ». A force de se répéter tous les jours, on finit par « enlever » Thom’ Sank le 15 octobre 1987.

    Que s'est - il passé ce jour là ?

    Gilbert Diendéré déclare, dans « Sankara, Compaoré et la révolution burkinabè » de Ludo Martens, aux pages 65 et 66 : « le 15 octobre donc, à la réunion des officiers, des éléments du palais ont accusé les militaires de Pô d'être venus pour tramer un complot . L'atmosphère a chauffé. Nous nous sommes séparés sans qu'un accord soit réalisé. Il paraît qu'au même moment, une autre réunion se tenait à la présidence, à laquelle Sigué et d'autres chefs de corps assistaient. Mais le registre de la présidence a disparu après le 15.

    Comme les soldats de la garde présidentielle appartiennent à notre bataillon, tous n'étaient pas partisans de l'affrontement. Ainsi le chauffeur de Sankara, le caporal Der et d'autres sont venus nous prévenir que Compaoré, Lingani et Zongo seraient arrêtés ce soir. Pendant la réunion de l'OMR (ndlr : Organisation militaire révolutionnaire), le conseil serait encerclé par les troupes de la FIMATS (ndlr : Forces d'intervention du ministère de l'administration territoriale et de la sécurité) et de l'ETIR (ndlr : Escadron du transport et d'intervention rapide). Un groupe de militaires devrait mettre les trois en état d'arrestation, tandis que le gros des forces devrait se tenir prêt à toute éventualité.

    Bien qu'on ne nous eût pas exactement parlé de liquider les trois, nous étions convaincus qu'une tuerie ne pourrait être évitée. Les trois ne se laisseraient pas prendre sans réagir et des hommes comme Sigué et Koama n'hésiteraient pas une seconde à les descendre. Notre réaction a été qu'il fallait arrêter Sankara avant que l'irréparable ne se produise. La décision a été prise dans un climat général d'inquiétude proche de la panique. Nous n'avions pas vraiment le choix.

    Nous n'avons jamais pu croire que Sankara allait s'en prendre à ses trois compagnons. Blaise était à la maison, malade. Nous n'avons pas voulu le prévenir parce que nous savions qu'il ne serait pas d'accord pour arrêter Sankara. C'était une décision grave, mais il faut s'imaginer la panique qui régnait à ce moment parmi nos soldats.

    Nous savions que Sankara avait une réunion au conseil à seize heures et nous avons décidé d'aller l'arrêter là-bas…

    Peu après seize heures, la Peugeot 205 de Sankara et une voiture de sa garde sont arrivées devant la porte du pavillon ; une deuxième voiture de la garde est allée stationner un peu plus loin. Nous avons encerclé les voitures. Sankara était en tenue de sport. Il tenait comme toujours son arme, un pistolet automatique, à la main. Il a immédiatement tiré et tué un des nôtres. A ce moment, tous les hommes se sont déchaînés, tout le monde a fait feu et la situation a échappé à tout contrôle …
    Après les événements, j'ai téléphoné à la maison de Blaise pour le mettre au courant. Quant il est arrivé, il était fort découragé et mécontent, surtout quand il a constaté qu'il y avait treize morts ».

    Le coup a été donc fait à l'insu de Blaise Compaoré !

    Ce dernier d'ailleurs, déclare dans le livre précité à la page 67 : « lorsque je suis arrivé au Conseil de l'entente après la fusillade et que j'ai vu le corps de Thomas à terre, j'ai failli avoir une réaction très violente contre ses auteurs. Cela aurait sans doute été un carnage monstre dont je ne serais certainement pas sorti vivant. Mais quand les soldats m'ont fourni les détails de l'affaire, j'ai été découragé, dégoûté. Je suis resté prostré pendant au moins vingt-quatre heures …

    Quand j'ai demandé à mes hommes pourquoi ils avaient arrêté Sankara sans me le dire, ils m'ont répondu que s'ils l'avaient fait, j'aurais refusé. Et c'est vrai. Je savais que mon camp politique était fort. Thomas ne contrôlait plus l'Etat. Je n'avais pas besoin de faire un coup d'Etat. Mais, mes hommes ont pris peur quand ils ont appris, l'après- midi, que nous devions être arrêtés à vingt heures ».

    Et pourtant !
    Le « Matin de Paris » en date du 27 octobre 1987, repris dans « Il s'appelait Sankara » de Sennen A. cite le témoignage d'un élément commando qui dit : « Le Lieutenant nous a prévenu le matin seulement de nous préparer pour anéantir le président parce que maintenant, il était insupportable. Blaise le connaît mieux que quiconque : il sait que même si on allait l'enfermer, il allait sortir par un trou de fourmi ».

    Et pourtant !
    En vérité, ce jour-là, Thomas Sankara se trouvait en réunion de travail avec quelques-uns de ses collaborateurs dans une salle au Conseil. A 70 mètres de là, toujours dans le Conseil, une 504 blanche démarra. A son bord, 7 personnes. Le véhicule arrive sur le lieu de la réunion. Les quelques éléments de la garde devant la salle ne s'en inquiètent pas outre mesure, parce que ce sont leurs collègues. Le véhicule se gare, en descendant : K.Y ; O.A.O ; N.N ; N.W ; O.N ; T. ; K.M. Ils ouvrent le feu immédiatement. Un gendarme et deux chauffeurs sont fauchés. Ils s'écroulent.

    Thomas Sankara dans la salle où il se trouve entend la fusillade et se lève, son pistolet à la main et dit à ses collaborateurs : « Restez, restez, c'est moi qu'ils veulent » !". A peine a-t-il franchi la porte qu'il est pris par la mitraille nourrie d'un des "anéantisseurs". Il s'écroule. S'arrête-t-on là ? Non. Les assaillants rentrent dans la salle et exécutent ses collaborateurs.

    Bref, supposons -difficilement- que la thèse qui veut que le capitaine Blaise ait été mis devant le fait accompli soit vraie. Cela le disculperait-il pour autant ? N'aurait-il pas été de façon indirecte à la base des événements tragiques du 15 octobre ? N'en est-il pas le grand bénéficiaire ?
    L'homme, s'il n'a jamais eu vraiment soif du pouvoir comme il le prétend, laisse tout de même sceptique l'observateur de la scène politique burkinabè. En effet, après le 15 octobre, il a prouvé que le pouvoir ne se partage pas. L'apprendra à son dépend toute la cohorte d’intellectuels qui constituait le «comité insurrectionnel» qui a préparé psychologiquement l'avènement du 15 octobre par une série de tracts orduriers et d'intrigues de bas étage. L'apprendront à leur dépend le commandant Boukary Lingani et le capitaine Henri Zongo.

    Aujourd'hui 20 ans après que retenir ?
    Au- delà de toute rhétorique «dialecticienne », Sankara est mort pour avoir été un paquet de convictions patriotiques et progressistes mais aussi pour avoir empêché de par la synergie entre sa théorie et sa praxis, certains de ces camarades civils comme militaires de manger goulûment, de boire frais et pétillant, de roter gras, de dormir mou et de se la couler royalement au détriment de leur peuple.

    L’Homme
    Quand l'Homme est venu, son pays était une "synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l'humanité". Ainsi son pays détenait un triste palmarès :
    - Record mondial de mortalité infantile
    - Balance agricole constamment négative
    - Balance commerciale permanemment déficitaire
    - Dette publique extrêmement élevée

    L'Homme voulut faire de son pays une terre de dignité et de liberté.
    Alors courageusement, il sut redéfinir la somme du possible et du pensable par laquelle le développement d'un pays comptant parmi les plus démunis du monde pouvait être envisagé.
    Partant de l'évidence que le sous-développement et la dépendance ne pourraient trouver d'issue sans l'intégration des habituels exclus du jeu social: les paysans, les femmes et les jeunes, l'Homme s'engagea dans un processus de transformation social progressiste et progressif.

    Sa révolution ?
    Simple : travailler plus, dépenser moins et mieux, et produire plus en se préoccupant des besoins prioritaires de son pays ! Il le dit lui-même : " Notre révolution est et doit être permanente, l'action collective des révolutionnaires pour transformer la réalité et améliorer la situation concrète des masses de notre pays. Notre révolution n'aura de valeur que si en regardant derrière nous, en regardant à nos côtés et en regardant devant nous, nous pouvons dire que les Burkinabé sont, grâce à la révolution, un peu plus heureux, parce qu'ils ont de l'eau saine à boire, parce qu'ils ont une alimentation abondante, suffisante, parce qu'ils ont une santé resplendissante, parce qu'ils ont l'éducation, parce qu'ils ont des logements décents parce qu'ils sont mieux vêtus, parce qu'ils ont droit aux loisirs ; parce qu'ils ont l'occasion de jouir de plus de liberté, de plus de démocratie, de plus de dignité. Notre révolution n'aura de raison d'être que si elle peut répondre concrètement à ces questions. "

    L'Homme, qui faisait ce qu'il dit et disait ce qu'il fait, décida de trouver des solutions adaptées aux questions existentielles précitées. Il s'engagea à la fois sur plusieurs chantiers :
    - L'orientation économique en fonction des nécessités et des besoins réels du peuple et non selon les impératifs et les intérêts de l'économie capitaliste mondiale
    - La réforme agraire par laquelle la terre appartient à celui qui la cultive
    - La réforme administrative pour assurer une bonne gouvernance
    - La libération de la femme par la participation à la vie politique et économique, la lutte contre la prostitution, l'adoption d'un code de la famille, l'interdiction de l'excision…
    - La protection de l'environnement par la lutte contre la désertification
    - Etc.

    En quelques années, l'Homme fit faire à son pays un bond qualitatif. Mais il restait conscient que les questions essentielles de son peuple étaient celle de tout son continent et de tous les peuples exploités et opprimés. Panafricaniste et anti-mondialiste, il su devenir la voix des sans voix.
    Rigueur morale... Intégrité...
    Naïveté… Courage suprême.
    La félonie eût raison de l'Homme.
    Par un après midi, l'Homme fut fauché par des balles assassines.

    L'Homme est tombé, mais il avait eu le temps de semer la graine et l'arroser de son sang ; il avait eu le temps d'enlever un maillon de la chaîne libérant ainsi les opprimés, la jeunesse africaine. Il aura été un précurseur d'une politique alternative à la dépendance et à l'asservissement que les institutions économiques mondiales continuent d'encourager par leur modèle de développement fondé sur l'endettement. Mais plus important, l'Homme aura contribuer à faire comprendre à son peuple et à tous les opprimés qu'il ne peut y avoir d'alternative crédible venant d'ailleurs pour les sauver. C'est en comptant d'abord sur eux-mêmes, sur leurs capacité intrinsèques à " oser inventer l'avenir " qu'ils trouveront les clés de leur développement et de leur liberté.

    Aujourd'hui, en chacun de nos mouvements pour l'épanouissement social, politique et culturel, l'Homme vit en nous. L'Homme restera à jamais gravé dans la conscience collective.
    Et, son exemple servira toujours de bréviaire aux combattants de la libération humaine.

    L'Homme s'appelait Thomas Sankara.

    * Chériff Sy est le directeur de publication de Bendre, un hebdomadaire paraissant au Burkina Faso

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  • Contributor | Activisme

    Des dizaines de militaires en tenue, « ont fait mouvement » dans les rues de Ouagadougou mardi, avant de se retrouver à l’Etat major général des armées pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail, a constaté APA dans la capitale, burkinabe. Certains à la retraite, les autres encore en service, les manifestants ont affirmé qu’ils ne s’empêcheraient pas d’user de la violence pour défendre leurs droits.

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  • Contributor | Gouvernance

    L’ambassadeur de France au Burkina Faso, François Goldblatt, a regretté vendredi à Ouagadougou, la 105e place sur 173 pays du monde occupée par "Le pays des hommes intègres" dans le rapport 2007 sur la corruption établi par l’ONG Transparency International. Le Burkina Faso occupait la 79ème place dans le classment de Transparency International en 2006.

  • Le vingtième anniversaire de la disparition de Thomas Sankara sera célébré dans son pays. Ces célébrations qui vont débuter le 1er octobre par diverses manifestations vont culminer dans la période du 11 au 16 octobre à Ouagadougou, où se tiendront, entre autres, un "Symposium international sur la Pensée et l'Action du Président Thomas Sankara" ainsi qu'un "méga concert".

  • Contributor | Gouvernance

    Au "pays des hommes intègres", la société multiplie les initiatives pour trouver un modèle de développement fondé sur une gestion responsable, constate le quotidien suisse Le Temps.Des feux épars dans la brousse. Lorsqu'on survole de nuit le Burkina Faso, on aperçoit à des kilomètres à la ronde les lumières d'Ouagadougou, la capitale, une multitude de points incandescents : la lumière de foyers isolés.

  • L’accord de paix conclu le 4 mars 2007 à Ouagadougou entre Laurent Gbagbo et Guillaume Soro constitue un tournant majeur dans la résolution du conflit armé en Côte d’Ivoire, mais ne représente qu’un premier pas dans la bonne direction. Tous les Ivoiriens qui souhaitent une paix durable doivent maintenant se mobiliser pour exiger du gouvernement de transition la délivrance effective des titres d’identité prévus, la récupération des armes encore détenues par les milices.

  • Contributor | Gouvernance

    Noufou, âgé aujourd'hui de 16 ans, a été atteint de noma, une affection gangréneuse d'origine bactérienne. Les dents serrées, Noufou a raconté son histoire en bégayant, avec l’aide d’un interprète adulte. Après avoir perdu ses deux parents, le jeune garçon s’est retrouvé à la rue. Un jour, il s’est réveillé avec du sang dans la bouche. En deux semaines, la moitié de son visage s’est désintégrée : à la place, un trou béant exposait désormais sa mâchoire.

  • Contributor | Gouvernance

    Malgré un tapage médiatique sans précédent pour accorder plus de place aux femmes lors des dernières élections législatives au Burkina Faso, la moisson est faible pour elles qui n'ont obtenu que 13 députés sur les 111, soit 11,71 pour cent. Elles étaient 14 femmes dans le parlement sortant. "Les résultats sont en deçà de nos attentes", déclare déçue à IPS, Mariam Sirima, la coordonnatrice de la Coalition burkinabé des droits de la femme (CBDF).

  • Le célèbre livre de l'auteur sénégalais Khady Koita ''Mutilée'' est sorti en librairie au Japon le 19 mai et a été un succès immédiat. Ecrit à l'origine en français, il rappelle l'expérience de l'auteur par rapport à l'horrible coutume de la mutilation génitale de la femme (MGF) et son travail contre la pratique. Le correspondent de IPS, Suvendrini Kakuchi, a rattrapé Khady il y a quelques jours.

  • Contributor | Gouvernance

    Tertius Zongo a été nommé nouveau Premier ministre du Burkina Faso, en remplacement de Ernest Paramanga Yonli, a appris APA, mardi de sources officielles à Ouagadougou. Il succède à M. Yonli qui a présenté dimanche soir la démission de son gouvernement, à la suite des élections législatives du 6 mai dernier.

  • Coups de colère par-ci, grincements de dents par-là. Les producteurs de coton, à l'orée de la campagne cotonnière 2007-2008, ne semblent plus savoir à quel Saint se vouer. Des producteurs du département de Bakata, dans la province du Ziro ont même jeté l'éponge, décidant de ne plus mettre leur énergie dans la production du coton (Cf Sidwaya n°5903 du mardi 22 mai 2007).

  • C’est l’histoire de deux êtres, qui se connaissent sans se connaître, s’aiment sans le savoir, s’attirent sans le vouloir. Elle, Mariam 47 ans, est une belle Burkinabée de l’ethnie des « Djoulas ». Lui, Kader, est Ivoirien de la tribu des « Peul » par sa mère, et « Germa » par son père. Ils se sont connus, il a quatre ans, à Abidjan. Une simple rencontre comme on en fait tous les jours, sans plus.