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    «Le référendum sur une nouvelle Constitution aura bien lieu», c’est ce qu’a annoncé le 28 juin le ministre de l’Intérieur nigérien,. Le président Mamadou Tandja s’appuie sur cette consultation pour briguer un troisième mandat, en dépit des accusations qui font feu de toutes parts. Le 26 juin, le chef de l’Etat s’est d’ailleurs accordé « des pouvoirs exceptionnels » pour pouvoir rester à la tête de son pays et contrer ainsi les desseins de l’opposition qui souhaite sa démission. Si l’Union africaine craint des «dérapages», les pays voisins du Niger condamnent la décision de Mamadou Tandja.

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  • Contributor | Gouvernance

    Dans la crise politique que connaît le Niger, les forces armées ont tenu à clarifier leur position. Dans un communiqué, l'état-major déclare : "Suite aux récentes déclarations incitant les forces de défense et de sécurité à la désobéissance (...), les forces armées réaffirment leur caractère républicain et leur entière disponibilité à assurer leur devoir de préservation de l'intégrité du territoire, de protection des personnes et des biens et de sauvegarde des institutions de la République". Les forces armées demandent aux acteurs politiques de les exclure des jeux politiques et les invitent à privilégier la voie du dialogue et de concertation en vue d'un apaisement de la situation.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le principal opposant au régime nigérien, Mamadou Issoufou, a été brièvement interpellé le 30 juin par les gendarmes qui l'ont relâché après environ une heure d'interrogatoire,. L'opposition, regroupée dans le Front de défense de la démocratie (FDD), a dénoncé le 27 juin un "coup d'Etat" du président Tandja qui venait de prendre des "pouvoirs exceptionnels". Le FDD avait alors appelé les forces de sécurité à "refuser d'obéir aux ordres d'un homme qui a pris l'option délibérée de violer la Constitution et qui a perdu toute légitimité politique et morale".

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  • Contributor | Gouvernance

    Le président Tandja renonce pour l'instant à son projet de référendum. Il a signé le 20 juin un décret qui convoque le corps électoral pour des élections législatives anticipées le 20 août prochain. Ce scrutin anticipé découle de la dissolution de l'Assemblée nationale par le chef de l'Etat, fin mai. La date du 20 août a été fixée par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). La campagne électorale commencera le 29 juillet et sera close le 18 août. Mamadou Tandja a donc finalement capitulé devant l'hostilité des institutions du pays.

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  • Contributor | Gouvernance

    La réunion du Conseil de la République, qui se tenait le 19 juin à Niamey, sous la présidence du présidetn Tanja, pour trouver des solutions à la crise politique que traverse le pays depuis la dissolution de l'Assemblée nationale, s'est achevée sur un constat d'échec, a déclaré le chef de file de l'opposition, Mahamadou Issoufou. Selon lui, le président Tanja a levé la séance en constatant l'impasse et a annoncé un message à la Nation pour entretenir les Nigériens de ce que le pays est bloqué du fait de la Constitution. Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale, le fonctionnement des institutions a pris un coup, les accords de prêts ne pouvant plus être ratifiés, privant ainsi le pays de ressources précieuses provenant de l'aide à la coopération.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le président nigérien, Mamadou Tandja, en plus d’être d’une obstination à toute épreuve, a la rancune tenace. Et ceux qui sont en passe de faire les frais de son ire du moment, ce sont bien les députés nigériens. Ou plutôt, les anciens députés. Car, non seulement ils auront assisté, impuissants, à la dissolution de l’Assemblée nationale par le chef de l’Etat, mais en plus ils ont obligation à présent, de se présenter devant la gendarmerie pour justifier les "trop perçus" et autres avantages financiers dont ils sont désormais soupçonnés d’avoir indûment bénéficié. Et cela, dans le cadre d’une opération "mains propres" dont la visée finale serait l’assainissement de la moralité publique. Le ridicule ne tue pas.

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  • La Coalition de la Société Civile du Delta du Niger Delta (NDCSC) a été choquée, au-delà de tout ce qu’on peut dire, en apprenant le massacre et l’éradication des communautés du Delta du Niger par le régime « démocratique » du président Yar’ Adua. Un gouvernement fou, impotent et illégitime, qui n’a pas fait progresser le Nigeria d’un iota en terme de développement humain visible, mais a démontré, en autorisant ce dernier massacre qui a rendu orphelins des milliers d’enfants dans la région du royaume de Gbaranmat, ce nouveau brasier, qu’il y a un plan et une stratégie pour les régimes nigérians qui ne reculent devant rien – même pas un génocide- pour se débarrasser des communautés de la région, effacer leur moyens de survie, afin de permettre que le pétrole coule sans obstacle, pour qu’eux-même puissent s’enrichir.

    Le bombardement indiscriminé et le massacre des femmes, des enfants et des vieillards impuissants de la communauté par des mercenaires de l’armée fédérale a sans doute fini de déconsidérer l’exercice de relation publique dérisoire dans lequel le président s’est lancé une entreprise d’amnistie et de rétablissement de la paix dans la région.

    La stratégie de nettoyage adoptée lors de la dévastation des localités d’Odi, d’Odioma, d’Agge, d’Umuechem a été répété au royaume de Gbaranmatu, les militaires s’assurant que le nombre de ceux qui ont été violés, massacrés, mutilés et maltraités ne soit jamais connu afin de ne pas heurter la conscience du monde. Le degré de violations des Droits de l’Homme dans la région, par le gouvernement et les militaires, a atteint de telles proportions qu’il mérite d’être porté à l’attention du monde afin que des mesures soient prises et que ce régime autoritaire soit mis sous pression pour l’amener à réagir de façon humaine aux requêtes légitimes des peuples de la région.

    Pour le NDCSC, et nous le disons avec force, le conflit du delta du Niger est le résultat de violations graves et attestées des droits culturels, sociaux, économiques, politiques et environnementaux de citoyens minoritaires et l’accaparement du pétrole. Elle n’a donc rien à voire avec une criminalité orchestrée, argument utilisé pour nier la lutte que mène la communauté pour plus de justice sociale. La théorie de la criminalité orchestrée et de la cupidité, qui passe sous silence les membres du régime qui entretiennent la prolifération des armes et poussent le complexe industriel ayant fait main basse sur le pétrole à punir, permet au gouvernement fédéral et aux multinationales de faire bonne figure au milieu de la dévastation humaine qui frappe la région.

    N’oublions pas que le cycle actuel de violence a commencé suite à la violence structurelle de l’Etat. Une violence à laquelle il faut ajouter les procédures opérationnelles inhumaines des multinationales. La réponse criminelle de l’Etat, à ce qui était une manifestation pacifique emmenée par feu Ken Saro-Wiwa, a entraîné un changement de stratégie chez une population qui croit véritablement qu’un gouvernement imposé n’offre aucune sécurité quant à leurs moyens de subsistance. Ceci a inévitablement conduit à la multiplication des prises d’otages et des actes de destruction des installations pétrolières.

    Le NDCSC souhaite attirer l’attention de la communauté internationale et des mouvements démocratiques frères sur le fait que les aspirations humaines fondamentales sont continuellement frustrées à grande échelle par un gouvernement illégitime et les régimes étatiques dans le delta du Niger. L’expérience de ces dernières décennies montre que l’arbitraire règne en maître dans la région pour éviter que débordent les manifestations liées à l’impuissance et à la frustration qui tendent à s’exprimer face aux richesse et à une gouvernance infernale. Nous craignons que le massacre par les militaires ne fassent pas taire les revendications pour plus de justice sociale, mais plutôt que de cette humiliation et de ces pertes additionnelles jaillissent des manifestations extrêmes afin que le monde, qui continue de tolérer le régime autocratique du Nigeria, prenne conscience que ce régime a des caractéristiques incompatibles avec la justice et la dignité humaine, inacceptable pour les peuples et qui méritent qu’on meurt en les combattant.

    Par conséquent, le NDCSC réitère sa requête auprès des peuples de la région afin qu’ils l’aident à trouver une paix juste au travers d’un développement durable qui leur a été refusé jusqu’ici. Il demande que les pauvres et les vulnérables soient au centre du processus de développement de leur communauté, ainsi que la protection des ressources vitales, pour les générations futures et les systèmes naturels dont toute vie dépend.

    Une fois encore le NDCSC en appelle à tout le monde civilisé et aux mouvements démocratiques, afin qu’ils prennent leurs responsabilités dans la protection d’êtres humains n’importe où dans le monde et qu’ils prennent les principes démocratiques au sérieux, en sommant le régime autocratique du Nigeria - en passe de détruire l’énorme investissement dans la construction de la démocratie - de donner suite de toute urgence aux demandes justes des peuples du delta du Niger, en particulier parce que la répression va certainement mener à la catastrophe déjà en préparation dans cette partie du monde et qui est pourtant évitable.

    * Anyakwee Nsirimovu est le président de la Coalition de la Société Civile du Delta du Niger

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  • Ce n’est pas l’histoire qui se répète dans les rébellions touarègues, ce sont plutôt les troubles qui se perpétuent à travers les mêmes causes contemporaines. Ainsi, ce ne sont ni les mêmes acteurs ni les mêmes données qui prévalent dans les premier et deuxième conflits armés apparus dans la région d’Agadez. Malheureusement, on n’a pas assez réfléchi sur la question au Niger. Sinon, on aurait vu que cette nouvelle rébellion qui a éclaté en février 2007 se distingue de celle des années 1990. On aurait aussi prévu, à l’époque, que le mode de règlement de la première rébellion entraînerait inévitablement une deuxième rébellion.

    Lorsqu’un groupe armé se soulève dans un pays, au nom d’une région ou d’une entité, il y a toujours des revendications. Lesquelles revendications portent généralement sur les intérêts de la région. Or, qu’a-t-on fait à la fin de la première rébellion ? A-t-on pris en charge les problèmes des régions concernés? Non ! On a simplement satisfait un certain nombre d’individus, en l’occurrence les animateurs des factions armées de l’époque. On ne peut jamais satisfaire tout le monde, surtout dans un pays qui figure parmi les trois derniers de la planète sur l’Indice de développement humain. Mais le fait, ici, c’est qu’on a plutôt cherché à contenter des individus peut-être venus à la rébellion rien que pour des postes.

    Quelques années après, d’autres personnes frustrées devaient fatalement prendre la relève pour procéder de la même façon, en vue de trouver des emplois dans l’armée, les corps paramilitaires et l’administration. Ou, à défaut, accéder à des fonds d’investissement pour monter des projets.

    On dit souvent que ce sont les Touaregs qui sont entrés en rébellion. C’est en partie vrai, parce que les éléments qui ont pris les armes déclarent le faire au nom de cette population. Il y a aussi toute la presse étrangère, surtout française - en général favorable aux rebelles - qui véhicule cette idée. Et le gouvernement n’a jamais fait un effort pour rétablir la vérité. Car si des Touaregs sont à la tête des mouvements, il reste que 80% de la population touarègue que compte le Niger ne sont pas dans leur dynamique ni dans leur logique.

    Combien de foyers de rébellion touarègue y a-t-il dans la région de Tillabéri ? Aucun ! Combien de foyers de rébellion touarègue dans le Damergou et le Damagaram ? Combien dans l’Ader ou dans le Gobir Toudou ? Or il s’agit de régions qui renferment 70 à 80% des Touaregs du Niger ! Il est donc abusif de dire que les Touaregs du Niger sont en rébellion. Il s’agit plutôt d’un mouvement qui concerne une région précise du pays.

    Isoler le problème ne signifie cependant pas l’ignorer. Mais quand on se penche sur la question, on constate que le soulèvement concerne les Touaregs des régions pastorales. Les autorités soutiennent que beaucoup de choses ont été faites pour ces populations, avec des statistiques à l’appui. Cela n’a pas été pour permettre une réelle prise en charge des problèmes qui se posent.

    Aujourd’hui, le pastoralisme ne marche plus dans une région restée dans une situation de précarité permanente depuis la période coloniale. Cette situation a poussé les communautés à se replier sur elles-mêmes. Lorsque les autorités pensent apporter des solutions en construisant par exemple des infrastructures sanitaires, elles passent à côté. On oublie qu’on a affaire à une communauté éparpillée et mobile. Certains bénéficiaires supposés sont souvent à des dizaines de kilomètres du dispensaire construit. Pour y accéder, il leur faut plusieurs jours de marche. En somme, on réfléchit à des solutions adaptées à des populations sédentaires, pour des communautés qui vivent dans un nomadisme traditionnel. Il faut que les autorités nigériennes acceptent de traiter les problèmes en fonction du contexte.

    Il n’est pas certain que les éléments qui ont pris les armes dans le cadre de la première comme de la deuxième rébellion l’ont fait pour réellement chercher le règlement des préoccupations des populations. Leur satisfaction, ici ou là, a pu se suffire de l’attribution de postes et de privilèges. Le gouvernement joue leur jeu et le problème reste entier. Demain, une autre génération viendra brandir le même flambeau de la révolte.

    Parler de rébellion touarègue peut paraître abusif, poser le problème sous l’angle d’une «question touarègue» est dangereux. En fait, il s’agit d’une question nationale. Agadez n’est pas une ville frontalière. Elle est en plein centre du Niger, à égale distance de la Libye et du Burkina Faso, à égale distance aussi de l’Algérie et du Nigeria. Agadez n’est pas l’extrême nord, ce n’est pas le nord non plus ; c’est le centre du pays.

    Il y a quatre siècles, quand une rébellion a éclaté dans le nord du Niger, le sultan du Bornou, Idrissa Alaouma, était venu s’installer à Bilma pour gérer la crise. Askia Mohamed aussi avait quitté Gao pour passer un an à Alaoucès, à 7 km au nord d’Agadez, pour gérer un conflit qui avait éclaté dans la région. C’est dire que les problèmes des populations des régions périphériques comme Agadez ou Diffa relèvent d’une «question nationale». Ce n’est pas parce qu’il s’agit de régions riches uranium ou en pétrole qu’il faut en faire des entités particulières.

    Mais c’est la responsabilité de l’Etat nigérien de parfaire l’intégration de ces populations en mettant leurs besoins parmi les priorités du développement, avec des choix pertinents. Aujourd’hui, 90 % de la population nigérienne vit dans le quart sud du pays. L’avenir impose des migrations vers le Nord et il faut s’y préparer. Il faut que ces régions deviennent des pôles d’attraction. Les 127 milliards de bonus dans signature de la convention pétrolière avec la Chine devaient servir à la création du cadre attractif qu’il faut dans cette région d’avenir.

    Malheureusement, les orientations prises ne font qu’isoler encore plus ces régions pour faire le lit des soulèvements. La zone est d’autant plus fragile chaque fois qu’un conflit armé éclate à Agadez, la zone nord malienne, habitée elle aussi par des Touaregs, s’embrase. De là à faire le lien entre les conflits nigérien et malien, certains observateurs n’hésitent pas. Or les différences sont réelles.

    D’abord le conflit au nord Mali date de plus longteps. Au Niger, les brassages de populations qui remontent à plus de 1000 ans font qu’il est difficile de distinguer une communauté des autres. Tous les grands groupes ethniques du Niger ont vécu dans l’Aïr. Et les vestiges de leur séjour dans cette région existent encore. Si des liens existent entre les Touaregs du nord Niger et ceux du nord Mali - ce qui est naturel pour des populations nomades - il ne s’agit pas pour autant du même groupe.

    Les Touaregs de l’Azawak ne sont pas les mêmes que ceux de Ménaka au Mali. Si des liens de parenté se sont bâtis à travers l’histoire, ils n’ont pas été une même entité politique. C’est à la faveur des rébellions qu’une telle jonction a pu se faire. Et si les autorités nigériennes et maliennes n’insistent pas dessus, la vérité demeure que ce sont les Français qui sont à l’origine de cette situation en créant l’Organisation commune des régions sahariennes (O.C.R.S) (1). Celle-ci devait regrouper toutes les régions touarègues en une seule entité détachée des autres, pour permettre à la France de rester maîtresse des ressources du Sahara. Et si le degré d’implication de la France dans cette actuelle deuxième rébellion reste à préciser, elle était évidente dans la première.

    Toute une histoire a été bâtie sur l’image du Touareg rebelle. Elle est fausse. Les soulèvements armés que connaît cette région peuvent trouver leur solution dans une politique de développement plus inclusive pour ces communautés. Plus adaptée à leurs besoins, mais surtout à leurs réalités.

    NOTE :
    1 – La France avait créé, le 10 janvier 1957, une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS), avec l’objectif, «la mise en valeur, l’expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l’Algérie, la Mauritanie, le Soudan, le Niger et le Tchad»

    * Djibo Hamani est historien, enseignant-chercheur à l’université Abdou Moumouni de Niamey. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et figure parmi les spécialistes des questions touarègues

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  • Le Niger est souvent affecté par de mauvaises récoltes. Malgré des subventions de l’État garantissant une certaine stabilité des prix des denrées céréalières, le pays est fragilisé par la hausse du prix du riz. Les grands projets de développement agricole, soutenus par des bailleurs de fonds comme la Banque mondiale, orientent de nouveaux systèmes de production basés sur une agriculture extensive à haut rendement comprenant biotechnologies et intrants agricoles. Ces projets ont toutefois récemment révélé plusieurs faiblesses : épuisement du sol, grand apport en eau, destruction des petites exploitations et du tissu social, pour n’en nommer que quelques-unes…

  • II aura, jusqu’au bout, donné sa vie pour la légalité républicaine. Ancien compagnon et ami de Mamadou Tandja, Moumouni Djermakoye a préféré la légalité républicaine au compagnonnage et à l’amitié. Ces derniers temps, il avait pris ses distances vis-à-vis du président Tandja qui, contre vents et marées, tient à réviser la Loi fondamentale pour continuer à rester au pouvoir. C’est en pleine manifestation contre cette mesure, le 14 juin, qu’il est décédé.

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  • Le scénario, très africain, en rappelle un autre : après avoir longtemps laissé entendre qu’il pourrait répondre “à l’appel du peuple” en révisant la Constitution qui limite les mandats présidentiels à deux, le président Tandja a dû déchanter : le Conseil constitutionnel lui a opposé un avis défavorable. Il sort alors la carte de rechange et projette un référendum pour une prolongation de mandat de trois ans. Le Conseil constitutionnel lui signifie une opposition, sans appel en droit nigérien. Entre-temps, l’opposition politique et la société civile se sont mobilisées et la protestation a commencé par une grande manifestation, le 14 juin, à Niamey. Mais dans sa fuite en avant, Tandja a dissous l’Assemblée nationale qui, au Niger, élit en son sein le Conseil constitutionnel. Ce qui veut dire qu’un autre coup de force prorogatif en Afrique débute.

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  • La Coalition nigérienne des ONG et associations en faveur de l’enfance au Niger (CONAFE-Niger) a invité, le 16 juin, les pouvoirs publics à prendre des mesures « idoines » pour juguler la « léthargie » qui caractérise le comité national sur la survie de l’enfant et le manque « crucial » de moyens mis à sa disposition. Des progrès sectoriels sont cependant notés. Plusieurs plans et programmes ont été élaborés pour garantir la survie de l’enfant nigérien comme la couverture sanitaire, dont le taux passe de 42 % en 2004 à 62 % en 2008, ainsi que la proportion des enfants vaccinés jadis de 60 % en 1998 et passée à 83, 5 % en 2006.

  • Officiellement l’esclavage a été aboli au Niger depuis 1960. Mais la pratique persiste aujourd’hui encore. Il s’observe dans toutes les régions du pays sous la forme active ou passive. Le cas de Hadijatou Koraou Mani, une jeune dame de 24 ans détenue dans des conditions d’esclavage pendant neuf ans, avant de recouvrer définitivement sa liberté grâce à la Cour de justice de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), est emblématique à ce sujet.

    Hadijatou Koraou Mani est native de Louhoudou, un petit village dans le centre est du Niger. Elle a été vendue en 1996, à l’âge de neuf ans, par un chef de tribu esclavagiste, à un homme de 46 ans. Le prix de la transaction : 240.000 francs. Quand elle intègre le domicile de son nouveau maître, celui fait d’elle une «Wahaya» (1), une sorte d’esclave sexuelle. Koraou Mani était soumise à des violences sexuelle, s’occupe des travaux champêtres et des corvées domestiques. Elle est aussi à la disposition des quatre femmes «légales» de son maître.

    A travers les « relations sexuelles forcées» auxquelles elle est soumise, la jeune esclave se retrouve avec trois enfants de son maître. Le 18 août 2005, celui-ci décide de l’affranchir. Munie de son papier d’affranchissement, elle regagne dans son village natal où elle convole en justes noces avec un homme de son choix.

    Lorsque l’ancien maître apprend la nouvelle du mariage, il décide d’intenter un procès contre Hadijatou Koraou Mani pour bigamie, prétextant ne l’avoir pas divorcé. Et en dépit des preuves qu’elle fournit pour expliquer qu’elle était dans une situation d’esclavage chez le plaignant, le tribunal la condamne, en même temps que son frère, à des peines d’emprisonnement ferme.

    Timidria, une association nigérienne luttant contre les pratiques esclavagistes dans le pays, s’empare alors du dossier et saisit la Cour de justice de la CEDEAO basée au Nigeria. La Cour s’est déplacée à Niamey pour le besoin du procès, en vue d’épargner à la plaignante des déplacements incessants et coûteux entre le Niger et le Nigeria. Elle a rendu finalement rendu son verdict le 27 octobre 2008.

    La sentence prononcée est qu’Hadijatou Koraou Mani a effectivement été victime d’esclavage et l’Etat du Niger n’a rien fait pour la tirer de cette situation, en dépit de l’existence d’une loi nationale réprimant sévèrement cette pratique. La cour a condamné l’Etat à lui verser une indemnité forfaitaire de 10 millions de francs CFA.

    Cette affaire, qui a été fortement médiatisée, a jeté une lumière crue sur une pratique en cours aujourd’hui encore dans le pays mais dont l’existence a toujours été niée par les autorités. Ce comportement des autorités n’est guère surprenant. «Malgré la loi criminalisant l’esclavage, le phénomène est là ; il est présent, on peut même le toucher des doigts sur le terrain puisqu’il existe actuellement de nombreuses personnes victimes d’esclavage. L’Etat continue de fermer les yeux sur le pratiques esclavagistes parce qu’il n’a pas le courage d’aller à l’encontre des maîtres. Et pour cause, ce sont des gros bonnets. Si vous en parlez ouvertement, vous risquez d’être interpellé au motif que vous cherchez à tenir l’image du pays», confie Moustapha Kadi.

    Timidria a déjà fait les frais de cette attitude des autorités. En 2005, cette association a voulu en effet organiser une cérémonie de libération de quelque 7000 présumés esclaves à Inatès, une localité dans l’ouest du Niger, avec le soutien financier d’Anti-Slavery, une ONG britannique luttant contre les survivances esclavagistes. Les autorités ont interdit la cérémonie, niant l’existence des esclaves annoncé. Ils ont ensuite interpellé et emprisonné le président de Timidria, accusé de chercher à ternir l’image du Niger pour s’enrichir sur le dos des populations.

    Les pratiques esclavagistes touchent toutes les régions du Niger, mais sous deux formes différentes. Il y a une forme active pratiquée dans les régions de Tahoua, Agadez, et nord Maradi. Et il y a la forme passive qu’on rencontre dans les régions du fleuve et un peu vers Filingué toujours dans l’ouest du pays. Sous la forme passive, les esclaves ne sont plus sous la responsabilité de leurs maîtres qu’ils reconnaissent tout de même comme tels. Ils n’ont pas de champs mais exploitent ceux des maîtres. En contrepartie de leur travail, ils reçoivent une part de la récolte. «Dans l’ouest du pays où elle a cours, les hommes de métiers (tisserands, cordonniers, forgerons, artistes traditionnels) sont considérés comme des esclaves et sont, du fait de leur statut professionnel, victimes de discrimination au sein de la communauté», note M. Kadi.

    Par exemple, illustre-t-il, «un noble ne peut pas se marier dans ces familles. C’est pourquoi, lors des mariages ou des baptêmes, ce sont eux-mêmes qui sortent pour dévoiler leur statut d’esclave qu’ils sont fiers de clamer haut et fort. Même du point de vue de l’occupation de l’espace, il y a des quartiers réservés aux hommes de métiers et aux esclaves». Le plus choquant dans cette forme passive, aux yeux du militant de droit l’homme, c’est que même dans la mort cette discrimination est observée. «A Bonkoukou (NDLR : un village de l’ouest du pays), jusqu’à une date récente, on n’enterrait pas les nobles et les esclaves dans le même cimetière. Comme quoi cette forme passive d’esclavage est parfois plus choquante que la forme active», estime-t-il.

    Sous sa forme active, l’esclavage au Niger s’observe dans l’est, le nord et les zones nomades. L’esclave vit dans la maison du maître qui prend en charge ses besoins alimentaires, vestimentaires et autres. En retour, il s’occupe de tous les travaux domestiques et champêtres du maître. «Dans ces zones, il y a des cas où les esclaves jouissent de certains privilèges. Ils ont des responsabilités. Pour voir un chef traditionnel, par exemple, il faut souvent passer par un esclave et il y a même des chefs coutumiers qui responsabilisent des esclaves par rapport à la gestion de leurs biens». Moustzpha Kadi y voit une avancée.

    «Dans la forme passive, les nobles s’éloignent des esclaves, personne ne veut mélanger son sang à celui d’un esclave, alors que dans la forme active les esclaves sont assimilés. Les chefs se marient avec eux ; c’est ce qu’on appelle le Wahaya où cinquième femme. L’enfant issu de ce mariage peut hériter du trône, alors que dans l’ouest du pays c’est une hypothèse inimaginable ».

    Les débats qui ont eu cours ces dernières années sur l’esclavage au Niger ont beaucoup porté sur les statistiques. En 2002, Timidria avait fait mener une enquête quantitative pour dénombrer le nombre exact d’esclaves dans le pays, avec le concours de son partenaire l’ONG Anti-Slavery. Cette enquête, qui a suscité beaucoup de controverses, a fait état de l’existence de quelque 800.000 personnes dans cette situation, sur une population totale estimée à l’époque à environ 11 millions d’habitants.

    Par la suite, deux autres spécialistes, Ali Chékou Maïna de l’ONG nigérienne Démocratie 2000 et Dr. Souley Adji, sociologue, enseignant chercheur à l’université de Niamey ont effectué une enquête similaire pour le compte du Bureau international du travail, qui a permis de dénombrer environ 180 000 personnes en situation d’esclavage dans le pays.

    Devant ces chiffres jugés exagérés par les activistes des Droits de l’homme et certains universitaires ayant travaillé sur la question, Moustapha Kadi a procédé, dans le cadre de la collecte de données pour l’élaboration de son livre, à une enquête de terrain dans les huit régions du pays. Ce travail lui a permis de recenser un peu plus de 8500 esclaves effectivement en activité dans les huit régions du pays. «J’ai adopté une démarche pragmatique, en listant d’abord toutes les chefferies du Niger et j’y suis allé moi-même. Il m’a été plus facile qu’autres de mener ce genre d’enquête, étant moi-même fils de chef traditionnel », estime-t-il.

    «Partout où je suis passé, les chefs n’ont eu aucune crainte pour me dresser la situation par rapport à l’esclavage dans leurs régions et j’ai pu entrer en contact avec des personnes qui sont effectivement dans cette situation. Les autres esclaves dénombrés par les enquêtes de Timidria et du Bureau international du travail, je ne les ai pas vu et on ne m’a pas parlé d’eux», ajoute-t-il. Mais Moustapha Kadi pense que le nombre d’esclaves importe peu dans le cadre du combat à mener pour éradiquer cette pratique rétrograde. «Le plus important c’est que même s’il y a un seul esclave il faut l’identifier pour le sortir de cette situation», estime-t-il.

    Note
    1) Wahaya : C’est l’appellation d’une femme de condition servile prise comme cinquième femme par un homme qui a déjà quatre épouses « légales ». Cette pratique reconnue par l’islam s’observe surtout dans les régions du Niger où la forme active de l’esclavage a toujours cours.

    * Ousseini Issa est journaliste nigérien

    * Moustapha Kadi, militant des Droits de l’homme, expert national en travail forcé, lui a consacré un livre intitulé «Un Tabou Brisé», traitant de l’esclavage en Afrique et au Niger en particulier (Harmattan, en 2005)

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    La Commission de la CEDEAO a envoyé une délégation à Niamey pour inviteer les autorités nigériennes à respecter la Constitution de leur pays ainsi que le protocole additionnel de la Communauté sur la démocratie et la bonne gouvernance, alors que le président envisage d’amender la constitution pour proroger son mandat à la tête de l’Etat. Le président Tandja entend organiser un référendum constitutionnel qui lui permettrait de rester au pouvoir pour trois ans supplémentaires alors que son deuxième et dernier mandat arrive à terme dans deux mois. Une coalition de plus de 200 organisations nigériennes composée d’associations, de parti politiques et d’ONG s’opposent à ce projet.

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    Le président Mamadou Tandja a décidé de créer un « Comité technique » de rédaction d’une nouvelle Constitution qu’il veut soumettre à référendum. Il s’agit de la première décision du chef d’Etat nigérien après la dissolution de l’Assemblée nationale le 26 mai dernier, le lendemain de l’avis défavorable prononcé par la Cour constitutionnelle de Niamey au sujet de ce référendum. Le président Tandja, 71 ans, doit en principe quitter le pouvoir le 22 décembre prochain. Le nouveau texte lui permettrait de se maintenir en fonctions, au-delà d’un deuxième mandat.

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  • Contributor | Gouvernance

    Les sept centrales syndicales regroupant l'ensemble des travailleurs du Niger ont mis en place, le 31 avril, une intersyndicale pour exiger du president Mamadou Tanja l'abandon de son projet d'organiser un référendum en vue de briguer un troisième mandat. A défaut, il le rendent "seul responsable des conséquences qui decouleraient de son intransigeance à violer l'avis de la Cour constitutionnelle". L'intersyndicale des travailleurs du Niger exige également un accès équitable aux médias d'Etat, regrettant que les acteurs politiques et de la société civile opposés au projet référendaire soient systematiquement censurés.

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  • A travers une lettre ouverte adressée au Secrétaire Général des Nations-Unies, la société civile nigérienne invite la communauté internationale à amener le Président de la République du Niger à respecter la Constitution actuelle de son pays. Le Niger fait face depuis un certain temps à des remous politiques liés à la détermination du Chef de l'Etat de modifier la constitution pour briguer un troisième mandat à la tête du pays.
    ?
    Lettre ouverte à Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,

    Monsieur le secrétaire sénéral,

    Nous, acteurs de la Société Civile Nigérienne, signataires de la présente lettre, avons l’honneur de vous interpeller dans votre mandat et votre responsabilité afin de vous faire part des sentiments graves qui nous animent au moment où le Niger s’apprête, selon le calendrier constitutionnel établi, à renouveler par voie électorale les principales institutions de la République qui permettent au peuple, à travers ses élus, de jouir de sa souveraineté nationale et de son indépendance, tout en participant à la vie internationale.

    En effet, en tant que démocrates soucieux de la défense de la paix et de l’unité nationale de notre pays, nous avons ardemment contribué dans les années 90 à sortir ce pays du règne de la dictature et des partis uniques ,comment pouvons-nous demeurer indifférents devant les intentions déclarées du président de la République Tanja Mamadou de violer la Constitution et de troubler l’ordre établi en organisant un référendum pour une nouvelle République qui lui octroierait un mandat « à vie ». Et ce malgré les réprobations des principaux acteurs politiques et de la Société Civile nigériens et, depuis peu, du Conseil des sages de la CEDEAO elle-même.

    Le peu d’empressement manifesté par le gouvernement et la légèreté mise dans la gestion de ces échéances électorales, comme pour donner corps à ce projet anticonstitutionnel, nous fondent malheureusement à croire qu’une menace sérieuse plane sur la République et, par conséquent, à éprouver de profondes inquiétudes quant à la sauvegarde des acquis démocratiques dans notre pays et à l’unité même de notre peuple.

    Il nous a été donné d’observer, au cours des dernières années de ce quinquennat, l’éclosion puis la montée en puissance d’une dérive autoritaire flagrante des pouvoirs publics sur les questions des Droits de l’Homme et qui a atteint son paroxysme avec la mise en état d’alerte de la région nord du pays. Nous avons pourtant tiré la sonnette d’alarme en ces temps-là, mais en vain.
    Demeuré sourd à tous les appels pressants lancés pour l’ouverture d’un dialogue avec les insurgés, y compris par l’organe ad hoc de conciliation et de prévention des conflits, le Comité National de Dialogue Politique (CNDP), le pouvoir a déclenché une répression aveugle sur les populations du nord dont plusieurs ressortissants croupissent encore sans jugement dans les geôles de l’Etat.

    Tout média, national ou extérieur, qui tente de lever un pan du voile sur cette question est aussitôt mis en accusation, incarcéré ou expulsé sans autre forme de procès.

    Nous avons également vu le harcèlement judiciaire contre les militants des droits de l’Homme, les hommes politiques, les journalistes et les syndicalistes, érigé en système de censure pour étouffer les libertés d’expression et de pensée. Nous témoignons aussi que la Justice a perdu ses lettres de noblesse et que les cours de justice ont souvent été transformées en tribunes politiques où le pouvoir juge et persécute ses adversaires.

    Ce faisant, le président de la République et le gouvernement du Niger se sont délibérément détournés des voies républicaines balisées par la Loi Fondamentale pour instaurer un pouvoir absolu au sommet de l’Etat et refuser l’alternance démocratique du pouvoir politique consacrée par les textes auxquels ils ont souscrit et qui fondent leur légitimité.

    Et pourtant, vous le savez bien, le Niger a librement souscrit à tous les principes des Nations Unies et même ratifié des conventions et pactes internationaux concernant la bonne gouvernance et les Droits de l’Homme qui font de nous des citoyens à part entière et non des sujets indignes de respect et de reconnaissance.

    Comprenez ainsi, Monsieur le secrétaire général de l’ONU, que nous vivons la violation de notre Constitution, si jamais ce référendum se tenait, comme une atteinte grave à notre dignité et comme la négation pure et simple de notre existence en tant que peuple libre et souverain.

    Par conséquent, nous en appelons à votre devoir et à votre responsabilité en matière de prévention des conflits et en votre qualité de premier défenseur international de l’Etat de droit et de la paix dans le monde, pour user de vos bons offices auprès du président de la République du Niger afin qu’il respecte la Constitution de 1999, qu’il renonce à son projet de référendum et qu’il mette en œuvre, sans délai, le processus électoral tel que prévu par les lois du pays.

    Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies, l’expression de notre très haute considération.
    Fait à Niamey le 19 mai 2009 ?

    Ont signé :
    RODADDHD (Réseau des Ong de Développement et Associations de Défense des Droits de l’Homme et de la Démocratie- 89 structures membres avec huit antennes régionales)
    CDTN (Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger)
    USTN (Union des Syndicats des Travailleurs du Niger)
    USPT (Union Syndicale progressiste des Travailleurs)

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  • Contributor | Gouvernance

    Parfois, les politiques, surtout ceux qui sont au pouvoir, donnent l’impression d’ignorer certains enseignements de l’histoire, qui pourraient éviter, à eux et surtout à leur peuple, de payer un lourd tribut et les sempiternels recommencements. Mamadou Tandja s’est inscrit dans cette catégorie de dirigeants : l’avis de la Cour constitutionnelle ? Il n’en a cure. La phalange déferlante des députés ? Il les renvoie le 26 mai 2009 à leurs mandants ! Le message du président nigérien sortant est loin d’être subliminal : il veut son 3e mandat quitte à gifler la Loi fondamentale. Mais s’il y a un silence coupable à l’égard de ce qui se passe au Niger, c’est bien celui de l’Union africaine (UA).

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    Mamadou Tandja, le président du Niger a dissous par décret, le 26 mai, le Parlement. Cette décision intervient au lendemain d’un avis défavorable de la Cour constitutionnelle, qui s’était prononcée contre l’organisation d’un référendum visant à prolonger le mandat du président. Son dernier quinquennat prend fin en 2009. Ce sont vingt-trois députés de cette Assemblée qui ont saisi, le 8 mai dernier, la Cour constitutionnelle pour avoir son avis sur le projet de référendum annoncé par le président Tandja. L’avis défavorable au chef de l’Etat est tombé le lundi 25 mai. Le président Tandja ne dispose pas d'une majorité à l’Assemblée nationale. Son parti, le MNSD, ne compte que 48 députés sur 113. Dans la situation politique actuelle, le scénario entre le chef de l’Etat et l’Assemblée était à qui va dégainer le premier.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le «Front pour la défense de la démocratie» a été créé le 24 mai pour empêcher un référendum constitutionnel qui pourrait permettre au président Mamadou Tandja de briguer un troisième mandat. Ce large mouvement est composé des sept centrales syndicales du Niger, des partis de l’opposition et de la majorité présidentielle ainsi que des ONG. Il lancera le 30 mai une campagne nationale contre le projet de consultation populaire, qu'il juge illégal. En effet, un autre mouvement s’est constitué pour demander au président Tandja de rempiler, alors même que son dernier mandat présidentiel expire en décembre prochain.

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