Le Guide Kadhafi à la tête de l’Union africaine
Le colonel Mouammar al-Kadhafi, Guide de la révolution libyenne et militant de la mise en place d’un gouvernement continental, a été élu par les chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine (UA) lors de leur douzième session ordinaire pour succéder au président tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete à la tête de l’organisation panafricaine. Ce sommet qui devrait officiellement être centré sur le développement des infrastructures en Afrique, a été dominé par la situation politique à Madagascar et les divisions des Etats membres sur l’avenir de l’organisation. Aussi, contrairement aux habitudes de l’UA, ce sommet a directement débuté par une session à huis clos sans cérémonie formelle d’ouverture. Le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, exprimant la solidarité de l’organisation au Kenya suite à l’incendie et l’explosion qui ont coûté la vie à plusieurs personnes, a dressé le bilan des douze mois passés tout en rappelant les nombreuses difficultés notamment la récession mondiale, crises énergétique et alimentaire, résurgence des coups de force et la persistance des conflits auxquelles le continent est confronté. Ping avait déclaré, en marge de la quatorzième session ordinaire des ministres des Affaires étrangères, que «les gouvernements africains s’étaient ralliés derrière le président soudanais Omar Al-Bashir en rejetant un éventuel mandat d’arrêt international par la Cour pénale internationale pour génocide dans la région instable du Darfour».
Par ailleurs, après une longue discussion sur le gouvernement fédéral africain qui a fait l’objet d’une session spéciale, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA ont décidé de transformer la Commission de l’UA en une Autorité qui comportera neuf portefeuilles répartis sur les neuf domaines de compétence du futur gouvernement de l’Union déjà décidés par les dirigeants africains. De plus, l’UA a appelé les pays membres à intensifier leur coopération en vue d’harmoniser leurs politiques fiscales et macroéconomiques pour faire face à la crise économique mondiale et à considérer les recommandations du conseil exécutif sur la recherche de ressources financières alternatives pour le compte de l’organisation panafricaine. Les dirigeants africains étaient aussi préoccupés par des besoins accrus en infrastructures de base, notamment l’eau, l’électricité et services connexes pour satisfaire les besoins de la population africaine qui migre en millions vers des milieux urbains d’où la nécessité de planification concertée et intégrée avec de nouveaux investissements. Les autorités de l’UA ont annoncé que seulement deux pays, à savoir l’Ethiopie et la Mauritanie, ont ratifié la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance alors que 26 autres n’ont ni signé, ni ratifié ce document d’une importance significative, en raison de la disposition des problèmes liés à la démocratie, aux élections et à la gouvernance en général. De plus, l’UA, après avoir finalisé une nouvelle politique sur le Genre qui a été approuvée par le comité des 51 ministres des Affaires étrangères, prépare un programme de formation pour les 53 Etats africains en vue de promouvoir une meilleure vulgarisation des progrès réalisés dans le cadre de la lutte pour l’égalité entre hommes et femmes en Afrique.
Dans d’autres nouvelles, la rencontre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs qui devrait initialement être consacrée aux pourparlers de paix entre le gouvernement de Kinshasa et la rébellion de Laurent Nkunda, a changé de priorité pour examiner les progrès réalisés dans la recherche des solutions à la situation sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) suite à l’arrestation de ce dernier par le Rwanda. Le président sortant de l’UA, le chef de l’Etat tanzanien, Jakaya Kikwete, qui participait a cette conférence a soutenu l’appel à une opération pour éliminer tous les groupes rebelles toujours actifs dans la région de l’Est du pays comme une deuxième étape dans le processus de paix en RDC.