• L’ancien chef du renseignement ougandais, devenu un critique virulent du président Yoweri Museveni, s’est vu refuser une demande de mise en liberté sous caution et assistera au scrutin présidentiel du 18 février derrière les barreaux. Le général David Sejusa, 61 ans, poursuivi pour s’être livré à des activités politiques, en contradiction avec les règlements de l’armée, a une nouvelle fois contesté ces accusations lors d’une audience devant un tribunal militaire placé sous haute surveillance. Le général Levi Karuhanga, a justifié sa décision par le risque de fuite à l’étranger du prévenu. Une nouvelle audience a été fixée au 23 février.

  • Il aura fallu que plusieurs milliers de Mozambicains franchissent la frontière malawite pour que l’on mesure l’ampleur de la crise politico-militaire qui traverse le Mozambique depuis plusieurs mois. Affrontements, assassinats, crise de réfugiés, exactions perpétrées par des forces gouvernementales : aux prises avec la branche armée du principal parti d’opposition, le gouvernement mozambicain mène une campagne militaire qui a tous les traits d’un conflit non déclaré, qu’il semble bien décidé à masquer.

  • Deux Casques bleus de l’Onu au Mali ont été tués et trente autres blessés vendredi 12 février à Kidal (nord-est) par des jihadistes présumés, une semaine après l’attaque visant des policiers nigérians de la force de l’Onu à Tombouctou, revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Un militaire guinéen de la Minusma a précisé que les Casques bleus tués appartenaient à ce contingent, soulignant que parmi les trente blessés, «sept sont dans un état grave». Deux soldats guinéens de l’Onu avaient déjà été tués fin novembre à Kidal dans une attaque à la roquette contre le camp de la Minusma, revendiquée par le groupe jihadiste Ansar Dine.

  • Uhuru Kenyatta sait tout ce qu'il a à gagner en s'attaquant à la Cpi. Poursuivi pour crimes contre l’humanité à la suite des violences postélectorales de 2007-2008 (plus de 1 000 morts), le président kényan s’est posé en victime du racisme supposé de la Cour – une posture qui a facilité son élection en 2013, en tandem avec son vieil ennemi et néanmoins coaccusé William Ruto. Un an plus tard, la CPI a abandonné le dossier Kenyatta (mais pas celui de Ruto), Nairobi bloquant toute enquête sur le terrain. Tacticien soucieux de son électorat, Kenyatta est depuis lors à la pointe du combat contre la Cour, à qui il reproche notamment de ne s’attaquer qu’aux Africains. Fin janvier, lors du dernier sommet de l’Ua, il a franchi une étape supplémentaire en proposant à ses pairs de préparer pour juillet une feuille de route censée aboutir au désengagement des pays africains du statut de Rome, fondateur de la Cpi.

  • Le Rwanda a fait part de son intention de renvoyer les réfugiés burundais qui sont sur son sol vers d'autres pays. Kigali est accusé d'ingérence dans les affaires du Burundi. Cette annonce survient quelques jours après les accusations portées par l’Onu et les États-Unis. Des experts des Nations unies avaient accusé le Rwanda de recruter et d’entraîner des réfugiés du Burundi voisin. Objectif de Kigali, selon ces experts de l’Onu : renverser le président burundais, Pierre Nkurunziza. La décision de Kigali est lourde de conséquences : depuis le début de la crise burundaise, en avril 2015, quelque 75 000 Burundais ont trouvé refuge au Rwanda. Parmi eux, 25 000 sont établis à Kigali, où se concentrent notamment hommes politiques, militants associatifs ou journalistes. Autant de personnalités menacées dans leur pays.

  • C’est la prison à perpétuité qui a été requise contre Hissène Habré. En effet, au terme d’un réquisitoire de presque sept heures, le procureur du tribunal spécial africain a réclamé le mercredi 10 février, sa condamnation à perpétuité pour «crimes contre l’humanité et crimes de guerre». Selon lui, «Hissène Habré mérite une condamnation à la hauteur des crimes dont il est déclaré coupable», considérant comme une «circonstance aggravante le silence de l’accusé pendant tout le procès, y voyant une lâcheté envers les victimes plutôt qu’une stratégie de défense». Toujours d’après le procureur, «quelle que soit la peine qui sera prononcée à son encontre, M. Habré aura meilleure fortune que ses victimes».

  • L’Onu a décidé d’envoyer au Burundi des experts indépendants pour prêter main forte aux autorités qui afin d’enquêter sur des charniers présumés découverts dans le pays, selon un haut responsable de l’institution. Selon de nombreux témoins, au moins 100 cadavres seraient enfouis dans des fosses communes. Toutes ces personnes seraient tuées à la suite d’attaques lancées le 11 décembre contre trois camps militaires. Pas plus tard que janvier dernier, le Haut commissariat de l’Onu aux Droits de l’homme avait déjà réclamé une enquête sur «l’existence possible d’au moins neuf charniers» à Bujumbura et dans ses environs, y compris dans un camp militaire. Depuis le début de la crise au Burundi, qui a poussé 230 000 personnes à l’exil, plus de 400 personnes ont été tuées. De nombreux experts craignent qu’une nouvelle guerre civile éclate dans le pays.

  • Pretoria a invoqué vendredi 12 février, devant la justice sud-africaine l'immunité diplomatique du président soudanais Omar el-Béchir, inculpé par la Cour pénale internationale (Cpi), pour justifier son refus de ne pas l'avoir arrêté en 2015, une affaire qui avait provoqué une vive polémique. L'État sud-africain avait néanmoins fait appel de la décision de justice qui lui avait ordonné d'arrêter Omar el-Béchir. Un appel, rejeté en septembre par la justice. Mécontent, le ministère sud-africain de la Justice avait alors saisi la Cour suprême d'appel. Selon l'avocat, un dirigeant en exercice ne peut pas profiter de sa fonction pour échapper à la Cpi.

  • Une nouvelle semaine d’audience s’est achevée vendredi 12 février à la Cour pénale internationale dans le procès de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et de son ex-bras droit Charles Blé Goudé pour crimes contre l’humanité. Un témoin qui s’emporte. Des avocats qui reviennent sans cesse sur les mêmes questions. Un président de tribunal qui demande aux parties d’accélérer le rythme. Le climat a été tendu à La Haye. «Si ça continue comme ça, on va finir ce procès en 2050», avait même lâché le juge Tarfusser visiblement excédé.

  • Voilà plusieurs semaines que Bujumbura accuse Kigali, où se sont réfugiés un grand nombre d'opposants, d'acteurs de la société civile et de journalistes burundais, de «vendre la chanson du risque de génocide» et de soutenir les rébellions armées en gestation aux frontières. Certains témoins ont raconté avoir été entraînés sur le territoire rwandais «par des personnes parlant le kinyarwanda et portant des uniformes militaires». Début janvier, la police burundaise a par ailleurs annoncé avoir déjoué une tentative de déstabilisation après avoir arrêté une trentaine d’hommes «venus du Rwanda dans le but de lancer des grenades dans les quartiers contestataires» afin de «semer le trouble avant le sommet de l’Union africaine et de démontrer que le pays est en guerre», déclare une source policière. Kigali rejette ces accusations.

  • Les juges qui instruisent le dossier du putsch manqué de septembre au Burkina Faso n'ont subi "aucune pression" en vue de lever le mandat d'arrêt international lancé début janvier contre le président de l'Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, a assuré le procureur militaire burkinabè. De nombreuses rumeurs relayées dans les réseaux sociaux font état de pressions du pouvoir politique sur le juge d'instruction afin de lever le mandat d'arrêt. En marge du sommet de l'Union africaine fin janvier, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré avait indiqué que "ce dossier", qui empoisonne les relations entre Abidjan et Ouagadougou, serait traité par "voie diplomatique".

  • Le chef de l'Etat sud-africain, embourbé dans un scandale d'utilisation de fonds public à des fins privées pour sa résidence de Nkandla, a proposé de rembourser une partie des 15 millions d’euros utilisés. Mais le leader de la gauche radicale Julius Malema, qui a porté plainte auprès de la Cour constitutionnelle, refuse toute solution négociée. Pour le chef de l'Etat, il s'agit d'éviter que la Cour constitutionnelle ne se saisisse de l'affaire. Mais Julius Malema veut que l'affaire aille jusqu'au bout et que le chef de l'Etat reconnaisse qu'il y a eu abus de fonds publics.

  • De report en report, la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Lomé a prévu encore une fois rendre son verdict le 3 février prochain dans l’affaire Pascal Bodjona. L'autre rendez-vous dans cette affaire se fera devant la Cour de justice de la Cedeao le 10 février, suite à une requête des Conseils de Pascal Bodjona. Le 24 avril 2015, la Cour de justice de la Cedeao avait ordonné à l'Etat togolais la tenue d’un procès ou la libération de l’ancien ministre de l’Administration territoriale s'il manque de preuves. Pour sa part, le ministre de la Justice et des Droits de l’homme a promis la tenue d’un procès équitable mais estime que les conditions ne sont pas encore réunies pour le faire. Des arguments balayés du revers de la main par les conseils de l’ex ministre qui parlent de détention arbitraire.

  • Des disciples mourides ont marché, vendredi 29 janvier, à Touba, pour protester contre la publication d’une caricature de leur guide, Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), par l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique.? Les protestataires ont spontanément pris d’assaut les principales artères de la cité religieuse, pour marquer leur courroux à l’endroit du magazine basé à Paris. La foule scandait des slogans hostiles au magazine, appelant à l’interdiction de vente et de la diffusion de l’hebdomadaire sur toute l’étendue du territoire national.??Evoquant la polémique provoquée par le port d’un de sac de femme par l’artiste-chanteur Waly Seck, Jeune Afrique avait posté sur son site Internet une image caricaturale de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur de la confrérie des mourides. L’image retirée finalement du site Internet du journal était accompagnée d’un commentaire jugé désobligeant.??Dans un communiqué, le gouvernement sénégalais dit condamner "avec fermeté" cette caricature et promet de prendre "les dispositions nécessaires" à la protection de l’image des "figures historiques" du pays et de ses "convictions religieuses".

  • Les experts des Nations unies n’ont pas changé de position concernant la détention du fils de l’ancien président sénégalais et appellent le gouvernement du Sénégal au respect du droit international des Droits de l’homme. Dans une déclaration publique, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention de Karim Wade a réitéré son avis formulé en avril 2015, dans lequel il l’a considérait déjà comme étant «arbitraire». Les experts onusiens appellent le gouvernement sénégalais à «prendre les mesures nécessaires pour remédier à la situation et la rendre conforme aux normes internationales des Droits de l’homme», rejetant au passage tout «conflit d’intérêt supposé» au sein du Groupe de travail.

  • Le roi du Maroc Mohammed VI et la chancelière allemande Angela Merkel ont pris la décision de rapatrier les migrants marocains qui ont été déboutés de leur demande de statut de réfugié en Allemagne, selon un communiqué. Certains migrants clandestins «se réclament fallacieusement de la qualité de réfugiés et ce, comme résultante d’un effet d’appel qui se veut humanitaire mais qui a été détourné de son objet et exploité massivement par des filières de trafic d’êtres humains, actives sur les deux rives de la Méditerranée», poursuit le communiqué.

  • Un tribunal nigérian a refusé vendredi 29 janvier d'accorder la liberté conditionnelle au militant indépendantiste biafrais Nnamdi Kanu et deux autres prévenus accusés de "trahison", décidant qu'ils devaient rester en détention jusqu'à leur procès. M. Kanu, dont l'arrestation en octobre avait provoqué une vague de protestations dans le sud-est du Nigeria, a plaidé non coupable, la semaine dernière, des accusations de trahison pour lesquelles il encourt une peine de prison à vie. Le juge a dit craindre que M. Kanu, qui a la double nationalité nigériane et britannique, ne se présente pas devant le tribunal s'il était libéré sous caution. Le procès a été ajourné au 9 février.

  • Les familles des détenus salafistes ont organisé, le jeudi 27 janvier, devant la prison civile de Nouakchott, une manifestation, appelant à stopper les injustices exercées sur les leurs dans leurs cellules carcérales. Les manifestants ont brandi des slogans critiquant les nouvelles mesures prises par les autorités mauritaniennes, au lendemain de l’évasion du salafiste Salek Ould Cheikh de la prison, exigeant l’autorisation de leur rendre visite.??Les conditions sanitaires de certains prisonniers se sont détériorées au cours des derniers jours, en raison de la grève de la faim observé par quelques détenus affirment les manifestants, selon lesquels des cas d’hypotension ont été enregistrés. L’administration pénitentiaire est aussi accusé de refuser tout transfert des détenus en difficulté à l’hôpital pour bénéficier des soins nécessaires.

  • Depuis la publication dans un journal, le vendredi 29 janvier, d’un email envoyé au bureau du Premier ministre et faisant état de menaces terroristes, la question de la capacité de Maurice de faire face à une attaque terroriste est sur presque toutes les lèvres. Maurice n’est pas préparé, ni militairement, ni psychologiquement, à faire face à de telles menaces. S’il est vrai que la police a su gérer la situation suivant la diffusion de nouvelles faisant état de cet email inquiétant, le pays doit très souvent faire appel à des compétences étrangères pour compenser ses propres lacunes dans le domaine. Sans compter que le population, peu habituée à de telles menaces, ne sait trop comment réagir dans de telles situations.

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  • Jeudi 28 janvier, le ministre malien de la Réconciliation a présidé à Tombouctou une rencontre inter-communautaire organisée par le président de l’Assemblée régionale et le secrétaire général du Mouvement arabe de l’Azawad, l’ex-rébellion arabe de la région. Objectif : trouver des solutions pour ramener la sécurité dans la ville et insister sur l’amélioration du vivre ensemble entre les différentes communautés de Tombouctou. Depuis la signature de l’accord de paix (15 mai et 20 juin 2015), les attaques contre les civils et l’armée malienne se succèdent.