Un Kenyan a affirmé que la grève du sexe prônée par le G10 a eu des conséquences sur sa santé et demande réparation... Selon lui, il n’a pas pu toucher son épouse du 29 avril au 6 mai parce qu’elle suivait la grève lancée par un collectif d’associations de femmes kenyanes pour pousser les hommes politiques du pays à sortir le pays de la crise. Pendant la semaine de jeûne, il a répertorié les conséquences de l’abstinence sur sa santé et affirme avoir souffert d’angoisse, de stress, de douleurs dorsales, de problèmes de concentration au travail, de colère et de manque de sommeil...
Tagged under Gouvernance KenyaLe président malgache Andry Rajoelina a annoncé qu'il négociait un accord avec les partis politiques du pays pour que les anciens chefs de l'Etat ne puissent pas se présenter à la prochaine élection présidentielle. L'information, donnée de source diplomatique française, a été démentie dans la capitale de la Grande Ile de l'océan Indien où l'on affirme que le jeune dirigeant, qui s'est emparé du pouvoir avec l'aide de l'armée, n'avait fait aucun commentaire dans un sens comme dans l'autre. Andry Rajoelina, qui a pris le pouvoir en mars dans des conditions controversées, avait annoncé le 12 mai qu'il ne serait pas candidat au futur scrutin présidentiel.
Tagged under Gouvernance MadagascarLa rumeur enfle toujours sur une probable dévaluation du franc Cfa. Toutefois, pour le président du Groupe de la Banque africaine de développement, «l’ajustement monétaire ne peut pas régler la crise économique internationale. Il faut plutôt procéder à un ajustement des équilibres au lieu de penser à une deuxième dévaluation du franc Cfa». Durant les années trente ou quarante, rappelle-t-il, pendant la récession qui a suivi le clash, des pays se sont engagés dans une dévaluation compétitive, pensant que c’était la solution pour faire face à la situation. Ce qui a conduit à la création des institutions de Bretton Woods.
Tagged under GouvernanceLe Conseil des ministres au Sénégal a examiné et adopté, le 30 avril dernier, le projet de loi constitutionnel instituant un poste de vice-président de la République au Sénégal. La loi devrait être examinée en procédure d’urgence, le 15 mai, par les députés en séance plénière, avant d’être validée par le Sénat. Dans une déclaration, le Parti socialiste, principal parti d’opposition, relève que ‘’ la vice-présidence est une institution inutile qui renforce la perception largement répandue dans l’opinion d’une troublante perte par le pouvoir en place du sens des priorités des populations, éprouvées par une crise endémique’’.
Tagged under Gouvernance SenegalLe président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, un des trois chefs d'Etat africains accusés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné, n'a qu'un pavillon dans ce pays. Le président Obiang "ne possède en France qu'un seul actif immobilier, à savoir un pavillon, comme le possèdent sans doute quelques millions d'Européens", déclare le ministère de l'Information équato-guinéen dans un communiqué. M. Obiang a "acquis" ce bien "en 1986, donc bien avant la découverte dans notre pays de gisements pétroliers. Il n'y dispose d'aucun autre avoir et n'y est titulaire d'aucun compte bancaire", précise-t-il. Le 6 mai, une juge française a estimé recevable une plainte visant M. Obiang Nguema ainsi que ses homologues Omar Bongo Ondimba (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo). Le parquet a fait appel de sa décision.
Tagged under GouvernanceLe président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, un des trois chefs d'Etat africains accusés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné, n'a qu'un pavillon dans ce pays. Le président Obiang "ne possède en France qu'un seul actif immobilier, à savoir un pavillon, comme le possèdent sans doute quelques millions d'Européens", déclare le ministère de l'Information équato-guinéen dans un communiqué. M. Obiang a "acquis" ce bien "en 1986, donc bien avant la découverte dans notre pays de gisements pétroliers. Il n'y dispose d'aucun autre avoir et n'y est titulaire d'aucun compte bancaire", précise-t-il. Le 6 mai, une juge française a estimé recevable une plainte visant M. Obiang Nguema ainsi que ses homologues Omar Bongo Ondimba (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo). Le parquet a fait appel de sa décision.
Tagged under GouvernanceLe chef de la junte au pouvoir depuis le 23 décembre en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, a confirmé le 10 mai que lui et son équipe avaient bien renoncé à se présenter aux élections générales prévues en fin d'année. «Nous allons aux élections. Je ne vais pas me présenter et les membres du CNDD (Conseil national pour la défense de la démocratie, junte) également ne vont pas se présenter», a déclaré Moussa Dadis Camara, lors d'une rencontre avec la presse. C'est la première fois que le leader guinéen affirme explicitement renoncer à se présenter devant les électeurs en décembre. Le 15 avril, il avait menacé d'«ôter la tenue» militaire pour pouvoir le faire.
Tagged under GouvernanceLe HCR a annoncé le 7 mai l'aménagement, en cours, d'un 4ème camp pouvant accueillir jusqu'à 5.000 nouveaux demandeurs d'asile en provenance de la RD Congo voisine, à Ruyigi, une province du Sud-Est du Burundi. Le flot de réfugiés congolais fuyant l'insécurité dans l'Est de leur pays ne tarit pas depuis 2003 et on estime actuellement à 27.000 le nombre de personnes réparties dans trois camps d'accueil à Ngozi et Muyinga, dans le Nord du Burundi et Mwaro, plus au centre du pays. "Des tractations sont en cours et visent à mettre sur pied une commission tripartite entre le Burundi, la RDC et la HCR pour voir comment rapatrier les milliers de réfugiés congolais, une fois que les conditions de sécurité internes au pays d'origine seront réunies", a fait savoir a fait savoir le représentant du HCR au Burundi.
Tagged under Gouvernance BurundiL’Afrique est frappée de plein fouet par la crise financière internationale. Ce qui, selon les Perspectives économiques africaines (Pea), une publication présentée le 10 mai à Dakar, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), a grandement affecté les économies africaines avec une croissance du PIB chutant de moitié, soit d’un taux prévu de 5,7% à 2,8% en 2009.?? Publié conjointement par la BAD, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), cet ouvrage mentionne que la crise a diminué de manière sensible la croissance soutenue de plusieurs pays africains depuis les cinq dernières années. Cependant, les auteurs voient la croissance revenir de 4,5% en 2010.
Tagged under GouvernanceLe président sénégalais Abdoulaye Wade a annoncé le 7 mai avoir décidé de la création d’une ‘’banque verte’’ dédiée aux paysans, pêcheurs et pasteurs, dans l’espoir d’impulser ’’une révolution’’ dans le monde rural qui gagnerait en autonomie. ’’Cela permettra aux paysans d’acheter directement les intrants sans intermédiaires, ce qui leur permettra de gagner une bonne marge et de vendre leurs graines au bon moment’’, a expliqué le chef de l’Etat. Cette ‘’révolution rurale’’ se fera notamment par le biais de l’organisation des paysans en syndicat national des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs, l’adoption d’une loi-cadre qui définit les grands axes consacrant le passage du statut de paysan à celui d’agriculteur, souligne Wade.
Tagged under Gouvernance SenegalBa Mamadou M’Baré est devenu, pour soixante jours, le premier chef de l’État noir depuis l’indépendance de la Mauritanie. Un événement historique, tempéré par les circonstances de sa désignation. Un symbole. En prenant la relève, le 15 avril, du général Mohamed Ould Abdelaziz, qui venait de démissionner, Ba Mamadou M’Baré, jusqu’alors président du Sénat, est entré dans l’histoire à la faveur d’un scénario contesté. Chef de l’État autoproclamé depuis son coup d’État du 6 août dernier, le général Ould Abdelaziz a renoncé à ses fonctions militaires pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, fixée au 6 juin par son administration.
Tagged under GouvernanceDix associations de femmes avaient appelé les Kényanes à l’abstinence le 29 avril pour mettre un terme aux disputes entre le président Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga. Un processus indispensable pour entamer les réformes et éviter que le pays ne se déchire, comme lors de l’élection présidentielle de décembre 2007. D’après le collectif, appelé G10, le bilan de la semaine sans sexe est satisfaisant. «Ça a marché ! Même si nous arrêtons, le message a été entendu. L’idée était de mettre la pression. Nous avons confirmation que les deux responsables travaillent ensemble et que nous aurons des réformes », s’est réjouit la présidente de Maendeleo Ya Wanawake Organisation (MYWO), la plus ancienne association de femmes du Kenya.
Tagged under Gouvernance KenyaUn parti de la coalition au pouvoir au Niger, dirigé par le président de la Haute Cour de justice de la République, a mis en garde le 11 mai contre une "scission du pays" du fait de la volonté du président Mamadou Tandja d'organiser un référendum pour se maintenir au pouvoir fin 2009 après deux quinquennats. "Si on n'y prend pas garde, le pays sera divisé en deux: d'un côté les républicains et de l'autre ceux qui veulent que M. Tandja reste au pouvoir", a prévenu le président de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ANDP), Moumouni Djermakoye Adamou.
Tagged under Gouvernance NigerL’imbroglio malgache commence à préoccuper l’Élysée et le Quai d’Orsay. L’analyse des autorités françaises est la suivante?: l’ex-président Marc Ravalomanana, aujourd’hui en exil au Swaziland, ne doit pas – même s’il est toujours considéré comme légitime – rentrer à Antananarivo, où sa présence ne pourrait être que facteur de troubles graves, voire de guerre civile. Mais son tombeur Andry Rajoelina ne doit pas pour autant être autorisé à se présenter à l’élection présidentielle, qui sera organisée à l’issue d’une période de transition aussi courte que possible.
Tagged under Gouvernance MadagascarLe président de la Haute autorité de la transition, Andry Rajoelina, réitère sa promesse. Il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2010. Une décision qui pourrait être déterminante pour l'avenir de la transition. De sources concordantes, il a tenu à en informer en premier lieu les diplomates en poste à Antananarivo. Le choix d'annoncer la nouvelle aux ambassadeurs n'est pas fortuit. Le président de la HAT semble vouloir rassurer la communauté internationale au moment où d'intenses activités diplomatiques sont en cours pour trouver un accord qui assainira la situation actuelle.
Tagged under Gouvernance MadagascarLa plupart des Congolais autant que les observateurs étrangers, sont d'avis que la RDC recule sous tous les rapports. Le système politique issu du processus électoral, sur lequel on avait fondé de grands espoirs pour le redressement du pays, n'arrive pas à répondre aux attentes de la population. Ce constat général sous-entend que le pays est confronté à un problème d'hommes politiques conscients, compétents et responsables pour assumer son destin.
Ces hommes ne peuvent se trouver que dans un corps qu'on appelle la classe politique. La majorité et l'opposition dans le système actuel représentent la configuration de cette classe politique congolaise active. Les hommes et les femmes qui la composent sont les mêmes, et ne sont pas mentalement différents les uns des autres. La majorité et l'opposition sont des étiquettes conventionnelles qui ne reflètent pas la réalité de ce qu'elles doivent être normalement en démocratie. Le Président Joseph Kabila lui-même n'en disconvient pas, dans son interview accordée dernièrement à un journal américain. Répondant à une question, il a avoué que dans son entourage, les collaborateurs ayant la même vision politique que lui peuvent être comptés sur les doigts de la main. Il a même fait allusion à la continuité de la mentalité politique héritée du régime de Mobutu.
Il ne croyait pas si bien dire. Il n'y a pas, dans le système actuel, de majorité et d'opposition pures. En d'autres termes, il n'y a pas de kabilistes bon teint et d'opposants constants. Les uns et les autres sont l'émanation d'une même classe politique versatile de la vieille école. De part et d'autre, c'est un mélange de mobutistes et transfuges de l'UDPS. Ils sont habitués à manger à tous les râteliers, et à adorer tout soleil levant. Ils sont nombreux dans l'Alliance pour la majorité présidentielle et dans l'opposition institutionnelle. Les oiseaux du même plumage, mais qui varient et adaptent leur ramage au gré des régimes qui se succèdent au gouvernail.
Ils ont été avec Mobutu et le vénéraient quand il était l'homme fort, et l'ont lâché après avoir compris qu'il ne faisait plus le poids. Ils s'étaient rapprochés de Tshisekedi lorsqu'il s'était révélé l'adversaire le plus redoutable de Mobutu et la coqueluche du peuple, mais l'ont trahi après s'être aperçus qu'il tardait à conquérir le pouvoir. Outre ceux qui sont dans la majorité et dans l'opposition, il y a aussi des francs-tireurs de cette classe politique, composés d'intellectuels dont certains professeurs d'université, qui galvaudent et monnayent leur savoir par l'apologie des thèses boiteuses et intéressées en faveur des autocraties.
Les uns et les autres se disposent à flatter bassement les dictatures naissantes et à les servir jusqu'à leur trébuchement. Ils tournent casaque aussitôt qu'ils sentent le vent changer de direction. Ils sont sans idéal ni principes auxquels ils peuvent demeurer constamment attachés. L'idéal patriotique et nationaliste de Lumumba a été trahi ; le mobutisme jeté dans les oubliettes. S'il y en a encore qui évoquent leurs noms ou qui se réclament d'eux, c'est sans aucune conviction sinon pour se faire remarquer sur la scène.
Début février 2002, juste au moment où les préparatifs du dialogue intercongolais étaient déjà très avancés, on avait vu nos politiciens s'aligner à l'ambassade de Belgique pour se faire remorquer de Kinshasa à Bruxelles comme des élèves partant en colonie des vacances, pour participer à une réunion politique dont ils ne maîtrisaient pas les tenants et les aboutissants. Le sens de l'honneur et de la dignité faisaient vraiment défaut. Pendant la transition, on voyait Louis Michel (Ndlr : alors commissaire européen) s'amener fréquemment à Kinshasa et réunir les politiciens à qui il s'adressait sur un ton condescendant et méprisant sans qu'ils bronchent le moins du monde.
Une classe politique mouvante
Plus de 200 partis politiques ont été enregistrés au ministère de l'Intérieur. Où sont les leaders de tous ces partis et que font-ils, car on entend parler seulement de l'AMP et de l'Opposition comme des comptoirs anonymes? En dehors des plénières du Parlement, le champ politique est pratiquement désert. Il n'y a pas de leaders politiques qui prennent des risques et montent au créneau pour réchauffer et animer la scène politique. Et pourtant, ce ne sont pas des événements qui manquent dans un pays classé lanterne rouge sur 178 les plus pauvres de la planète, et dont la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale sont toujours menacées par des groupes armés et des voisins déterminés à élargir leur espace vital.
S'il y avait des hommes politiques dignes de ce nom et vigilants, ayant des assises populaires avérées, ils auraient été les premiers à faire du bruit autour de l'arrivée des troupes rwandaises au Nord-Kivu, tant et si bien que les hautes sphères officielles en auraient été embarrassées. L'intervention de Vital Kamerhe (Ndlr : président de l’Assemblée nationale, il a démissionné le ) n'aurait pas eu d'impact dramatique, car le pouvoir se serait vu en difficulté avec une classe politique dynamique, sourcilleuse et ombrageuse.
Même plus tard, la classe politique n'a pas récupéré cette affaire pour en amortir le contrecoup sur Kamerhe. Certains disaient de façon irréfléchie que c'était une affaire entre quelqu'un et sa famille politique. Or le fond de l'affaire est l'intégrité territoriale que les politiciens ont l'obligation de défendre à tout prix. On est aujourd'hui vite rattrapé et confondu par l'évolution des événements liés à cette même affaire. Les maquisards des FDLR et de LRA, soi-disant réduits à néant par les opérations combinées RDC-Rwanda et RDC-Ouganda, ont rebondi de plus belle, déterminés à se venger sur la population. La Monuc en donne le bilan macabre chaque mercredi au cours de sa rencontre hebdomadaire avec la presse. Aucune réaction énergique de la part des partis politiques et leurs leaders, alors que c'est un problème très grave et d'actualité touchant à la sécurité de la population et à l'intégrité territoriale.
N'était pas excessif celui qui les a traités de partis alimentaires, de partis de mallettes. Ils pensent uniquement à leur tube digestif et au confort matériel. Il est vrai que si le pays recule au lieu d'avancer, la responsabilité en incombe avant tout aux dirigeants qui le gouvernent et gèrent les ressources. Mais comment peuvent-ils être réveillés et comprendre qu'ils sont en train de se fourvoyer quand ils ont devant eux une classe politique molle, timorée, versatile, incapable de servir de contrepoids ?
Partout en démocratie, ce sont les partis et leurs leaders qui animent la vie politique, suivent de près l'évolution de la situation du pays sous tous les rapports et crient haro sur le pouvoir lorsque surgissent les événements qui prennent une mauvaise tournure, susceptibles de compromettre la sécurité des personnes et des biens, ainsi que l'intégrité territoriale. Ce sont eux qui conscientisent le peuple et se manifestent régulièrement sur le terrain. En RDC, leur champ d'activité se limite aux communiqués diffusés dans les médias et aux débats folkloriques sur les chaînes de télévision. Le développement du pays n'incombe pas exclusivement au gouvernement, mais il dépend aussi du concours d'une classe politique dynamique et active, ce qui n'est pas le cas en RDC aujourd'hui.
* Jean N'Saka wa N'Saka, est journaliste indépendant. Cette analyse est parue dans le quotidien de Kinshasa « Le Phare », dans son édition du 27 avril 2009.
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Tagged under GouvernanceLe 12 mai 2009, Sam Nujuma aura 80 ans. Durant 50 ans, il a été le leader namibien le plus éminent et personnifie - comme personne d’autre- le patriarche, le chef de famille, dans l’histoire contemporaine du pays. Cette analogie correspond non seulement au titre de père fondateur que lui a conféré le Parlement lorsqu’il quitté ses fonctions à la tête de l’Etat, mais fait aussi référence à cette notion particulière de famille propre aux mouvements de libération.
Raymond Suttner, le militant clandestin de l’ANC qui a passé la plus longue période de détention cellulaire dans l’histoire de l’Afrique du Sud, traite de ce thème dans son livre ‘’ The ANC underground in South Africa’’, publié en 2008. L’organisation de libération représentait une notion particulière de la famille. Il y avait une suppression du personnel au profit du collectif. Au jugement individuel (et donc l’autonomie) se substituait la décision collective des dirigeants. Selon Suttner cette ‘’ culture guerrière, cette tradition militariste n’est pas faite que d’héroïsme mais comportait souvent des abus de pouvoir, particulièrement à l’encontre des femmes’’.
Suttner a basé son étude sur des entretiens avec des militants, chez eux ou en exil. Il conclut : ‘’ L’implication dans une révolution a un impact sur la conception de ce qui est personnel. La demande prépondérante de sacrifice et de loyauté à quelque chose de plus grand que soi a pour corollaire la négation de l’intimité ‘’. Pour dire les choses différemment, l’intimité de la famille était remplacée par le chef suprême qui se substituait à l’alter ego.
Il n’est donc pas surprenant que Sam Nujoma, le père politique de l’indépendance de la Namibie (les mères sont évidemment absentes) incarne ce modèle de façon si prononcée. Il préfère se présenter comme une figure de proue militaire (plutôt que diplomatique) et afficher les vertus d’un homme sans compromis, avec l’accent mis fermement sur l’homme plutôt que sur l’humain. Pour preuve, il a été édifié dans les faubourgs de Windhoek, dix ans après l’indépendance, au Heroes Acre, un monument commémoratif en pierre et en métal, similaire à celui d’Harare et fabriqué par la même compagnie Nord Coréenne. La persistance du gospel militaire de la libération est révélatrice. La taille excessive de la statue du ‘’soldat inconnu’’ et la physiognomonie du leader dans le relief ne laissent guère de doute quant à l’intention. La subtilité n’a jamais été une vertu de la culture politique namibienne.
Le symbolisme monumental, l’autobiographie de Nujoma ‘’ Where others wavered’’, qui a servi de scénario à des films d’un coût jusque là inégalé pour le contribuable namibien
(pour des professionnels de Hollywood et non pour des figurants locaux) est tout aussi parlant. Egalement significatif, le choix d’une citation des temps de la lutte comme titre de la biographie de Nujoma qui se termine à l’indépendance, bien que le livre n’ait été publié que dix ans plus tard. Le leitmotiv résume la situation : ’’ Le jour où l’histoire d’une Namibie libre et indépendante sera écrite, le SWAPO y figurera comme celui qui a résisté là où d’autres ont vacillé : il s‘est sacrifié pour la cause sacrée de la libération là où d’autres ont cédé aux compromissions’’Un entretien approfondi et exclusif, accordé au magazine ‘’ New Africa’’, en novembre 2003, confirme ce point de vue particulier à propos de la libération. Lorsqu’il lui a été demandé pourquoi il a envoyé ses trois fils dans bataille - comme il le prétend dans sa biographie- , Nujoma a répondu : ‘’ la lutte devait être menée par tous les Namibiens’’. Lorsque le journaliste lui a demandé ce qui aurait été gagné si tous trois avaient péri, Nujoma lui a répondu : ‘’ Que voulez-vous ? La libération de notre pays devait être menée par tous les Namibiens, sans considération de rang’’
La mentalité de combat ne laisse de place ni aux doutes ni au deuil. Le journaliste fait référence au massacre de Cassinga, avec le bombardement par l’armée sud africaine d’un camp de réfugiés dans le Sud de l’Angola à la fin des années 70 et le qualifie ‘’d’évènement très choquant’’. Nujoma, en guise de réponse se lance dans une vive description de l’horrible attaque : ‘’ le 4 mai 1978, les Boers ont envoyé une vague d’avions Buccaneer au-dessus de Cassinga. Les premières bombes qu’ils ont lancées étaient remplies de gaz toxiques, d’armes biologiques qui ont détruit l’oxygène de l’air et ont conduit à l’effondrement de nos gens. Les Boers ont envoyé une deuxième vague de Mirage incendier le camp. Puis ils ont envoyé des hélicoptères qui ont largué des parachutistes dans le camp. Ceux-ci ont tiré ou tué à la baïonnette ceux qui avaient survécu aux bombardements. Comme vous l’avez dit justement, ils ont tué plus de 1000 personnes et fait beaucoup de blessés. Ils ont même emmené quelques-uns de nos gens’’
De nouveau aucune manifestation de sympathie. Mais le journaliste continue : ‘’ Lorsqu’une telle situation se produisait pendant la lutte, comment est-ce que vous le ressentiez. ? Est-ce que vous avez pleuré ? Est-ce qu’une fois vous avez pleuré ?’’ Et Nujoma de répondre :’’ A ce moment j’était à New York pour négocier avec le régime de l’Apartheid et le groupe de contact composé du Canada et de l’Allemagne ( pays non membres du Conseil de Sécurité) et la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis (pays membres). On a quitté la réunion et nous sommes retournés en Afrique. Nous nous sommes réorganisés et nous avons intensifié la lutte’’.
C’était comme si la lutte était une affaire purement technique, juste de la chirurgie, ne concernant aucune personne humaine mais seulement des pantins inanimés. La rhétorique de la libération peut être envahissante. Son cadre est défini par le paradigme de la victoire ou/et la défaite et ne laisse aucune place à l’empathie, bien moins aux larmes et au chagrin. Il est possible- regrettablement- qu’une telle attitude soit nécessaire si on veut avoir une chance de survie et au bout du compte de remporter la lutte contre les Boers. De tels témoignages peuvent aussi offrir un aperçu du processus qui transforme le vainqueur libérateur en un bourreau dès lors qu’il détient le pouvoir. Ils ont donné leur humanité et en échange ils attendent une loyauté inconditionnelle en toutes circonstances, cette loyauté étant comme un acte de patriotisme et de service continuel.
Une telle mentalité ne fait aucune place à la retraite. On peut abandonner ses fonctions mais on reste un chef avec des responsabilités. Il est bien possible que la première génération anti-colonialiste doive être de cette nature même si, ce faisant, elle limite la libération et fait cher payer la souveraineté nationale à beaucoup de gens.
L’autodétermination dans un Etat souverain n’est pas l’équivalent de liberté individuelle
(pour ne pas mentionner l’égalité sociale dans des termes économiques). Mais elle a déplacé la lutte pour une véritable émancipation. Nous sommes redevable à Sam Nujomas et à d’autres comme lui, pour avoir atteint cette phase de violence dans laquelle lutter pour nos droits.Ils ont sacrifié leur humanité pour les autres mais attendaient que les autres fassent de même. L’Histoire va-t-elle les absoudre ?
* Henning Melber est le directeur exécutif de la fondation Dag Hammarskjöld à Uppsala en Suède. Il a rejoint la SWAPO en 1974. Une version abrégée de ce texte a été publiée dans le numéro du mois de mai de ‘’ Insight Namibia’’
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Tagged under GouvernanceDumas n’est pas devenu une personnalité importante de l’histoire de France parce qu’il était issu de l’esclavage, mais bien pour ses états de service rendu à la nation. Rendre hommage à l’esclavage c’est quelque chose, mais rendre hommage au Général Dumas en est une autre.
L’association de Dumas à la chaîne de l’esclavage ne me parait pas une bonne idée. C’est bien parce que Dumas voulait se libérer des chaînes qu’il est devenu important ; l’associer à des chaînes de l’esclavage c’est comme le rappeler au bon souvenir de ses origines.
L’hommage rendu au général Dumas devrait avoir un lien direct avec sa personnalité et son vécu de militaire hors pair. Pourquoi n’avoir pas choisi une sculpture montrant le général sur son cheval dans ses heures de gloire ? Je ne conteste pas cette sculpture des chaînes brisées, bien au contraire. Mais l’associer au général Dumas est une erreur historique. Cette sculpture doit être un hommage à l’abolition de l’esclavage et à la liberté retrouvé des être humains.
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Tagged under GouvernanceL’armée guinéenne actuelle est perçue par les populations guinéennes comme une force de répression qui a été toujours à la solde du régime de Lansana Conté. Comment, dès lors, le Conseil National pour la Démocratie et le Développement pourra-t-il durablement inverser cette perception du citoyen guinéen. Une réconciliation entre l’armée et le peuple est-elle possible et par quels moyens ? Cette armée est aujourd’hui un véritable facteur d’insécurité.
L’armée actuelle, au lieu d’être un instrument de sécurisation du pays et des citoyens, est devenue au fil des ans un véritable facteur d’insécurité. La dégradation de la situation matérielle et morale des militaires guinéens a abouti à l’anarchie que l’on observe au sein de cette dernière. Partout on relève des manquements graves aux règles de discipline et de l’autorité hiérarchique d’où, un absentéisme généralisé, une négligence dans l’entretien des matériels, un port de la tenue militaire en tout lieu et en tout temps. Le militaire guinéen est devenue une véritable armurerie ambulante.
Une grande majorité des militaires guinéens ne dispose pas d’une formation et d’un déroulement de carrière liés à leurs compétences car le recrutement est fondé sur l’appartenance ethnique. Des pans entiers de cette armée sont laissés à l’abandon au profit des unités chargées de la sécurité présidentielle dont l’équipement et les conditions de rémunération sont nettement meilleures. Les militaires guinéens laissés à l’abandon, sans encadrement efficace se livrent à des opérations de racket de la société civile en se comportant en de véritables unités de prédateurs entraînant ainsi une véritable rupture entre l’armée et les citoyens. Cette armée est perçue par les populations comme une armée de façade et de parade et non une armée censée assurer des missions de défense nationale. L’esprit républicain qui devrait l’aimer est inexistant et le patriotisme, s’il existe, il faut dire qu’il a été plutôt ethnique. Car l’ennemi déclaré n’est pas aux frontières, mais bien à l’intérieur de l’espace national
Une armée privilégiée mais sous surveillance
Durant tout le règne de Lansana Conté, l’armée a été l’un des piliers central du régime. Malgré cette position centrale de l’armée dans la vie politique guinéenne, les relations entre l’armée et le feu général-président ont été très fluctuantes. Ces fluctuations sont essentiellement dues au malaise qui régnait et continue de régner en son sein. Ce malaise est consécutif à la confiscation, par les nombreux clans présidentiels et quelques officiers de l’ethnie du feu général président, des canaux d’enrichissement via l’Etat. Il est également dû à la discrimination envers les officiers formés à l’étranger qui ne sont pas de la mouvance présidentielle et qui voyait leur avancement bloqué de fait.
Ce malaise s’explique aussi par les nombreuses rumeurs de coups d’Etat qui ont ponctué le règne du défunt président. En effet, depuis la mutinerie de février 1996, l’armée était étroitement surveillée de l’intérieur par les officiers et sous-officiers originaires de la Basse-Guinée qui étaient toujours prêts à défendre coûte que coûte un régime dont ils profitaient des largesses. Dès lors, les militaires qui étaient tentés par un coup de force hésitaient à passer à l’acte. Une véritable atmosphère de méfiance et de suspicion régnait parmi les officiers de l’armée guinéenne. Cette méfiance avait conduit le feu général-président à renforcer sa garde par les fameux « bérets rouges » qui, en grande majorité soussou (l’ethnie du président) étaient particulièrement choyés.
Le feu Président Conté veillera durant tout son règne à faire de l’armée le corps le plus privilégié de l’Etat. Alors que les principales infrastructures du pays sont en pleine déliquescence, les forces de sécurité et de défense bénéficiaient, elles, d’efforts soutenus. Il a ainsi fait rénover le matériel militaire et intégré de nouvelles recrues, alors qu’aucun recrutement ne fut effectué dans la Fonction publique. L’armée était le seul corps qui bénéficiait de l’attention bienveillante de l’Etat. Cela n’assura pourtant pas une fidélité sans faille des militaires envers le général-président, mais elle contribua à la longévité du régime Conté.
Une armée divisée
Malgré les privilèges accordés à l’armée, cette dernière a connu et continue de connaître des divisions internes, car tous les militaires guinéens ne profitèrent point des largesses du pouvoir de Conté. Une véritable stratification existe aujourd’hui au sein de l’institution militaire guinéenne. Quand on observe cette armée, on constate que les officiers se divisaient en trois principaux groupes :
- Le premier groupe comprenait les officiers supérieurs (généraux, colonels et lieutenants-colonels) les plus âgés dont certains ont commencé leur carrière dans l’armée coloniale puis sous l’ère du dictateur Sékou Touré. Si ces officiers appartenaient à la même génération et ont échappé aux purges de la tyrannie de ce dernier, ils étaient en revanche issus de groupes ethniques différents, ce qui, ajouté à leurs rivalités personnelles, empêcha toute unité du commandement militaire en cas de mobilisation.
- Le deuxième groupe était constitué d’officiers subalternes dont la promotion s’est effectuée à l’arrivée du régime de Lansana Conté. En grande majorité membres de l’ethnie du défunt président, ces officiers étaient les piliers du régime à qui ils doivent leur ascension sociale. Ils étaient perçus par les autres militaires et par la population comme « d’injustes bénéficiaires » des largesses du pouvoir Conté, car depuis 1984, l’uniforme et les grades sont en effet en Guinée, un accès privilégié à l’enrichissement personnel d’autant que cette armée est un acteur économique important. Des marchés d’Etat lui sont régulièrement attribués.
Le professionnalisme de ce groupe d’officiers a été mis en doute, pour autant ils ont occupé des postes de sous-préfets, préfets et gouverneurs. Certains ont appartenu à l’entourage direct du défunt président. Cependant, les officiers supérieurs du premier groupe leurs firent obstacle. Ils rencontrèrent une franche hostilité de la part des jeunes officiers, ceux du troisième groupe.
- Le troisième groupe est quant à lui constitué de jeunes officiers qui n’ont pas profité des largesses du pouvoir Conté. Une grande majorité d’entre eux a été formée dans les grandes écoles militaires françaises, américaines, marocaines. Issus des autres ethnies du pays, ils n’ont pas appartenu au deuxième groupe d’officiers. Du fait de la suspicion du pouvoir, ils furent nombreux à être bloqués dans l’avancement en grade. Ils ont cultivé un réel ressentiment à l’égard du régime défunt. Certains parmi eux ont envisagé de renverser le régime Conté. Ce groupe fut l’objet de surveillance étroite de la part de leurs collègues du deuxième groupe. Les vagues d’arrestations de nombre 2003 ont essentiellement concerné cette catégorie.
La longévité du régime de Conté s’explique par ces divisions internes de l’armée guinéenne. La possibilité d’affrontement entre plusieurs groupes au sein de cette armée n’était pas exclue. La question est de savoir aujourd’hui si cette armée au pouvoir saura taire ses différends internes pour une quiétude sociale.
De la nécessaire réorganisation de l’armée guinéenne
C’est au regard de cette situation de l’armée guinéenne et des forces de défense et de sécurité qu’il est temps de dessiner de nouvelles perspectives de défense nationale pour la Guinée de demain. Le prochain pouvoir en Guinée devra envisager une refonte complète du dispositif de défense par la réorganisation des structures des forces armées. Cette réforme de l’armée guinéenne s’imposera pour permettre à cette dernière de remplir ses missions traditionnelles de défense nationale. En effet dans sa phase de reconstruction politique, la Guinée ne pourra point faire l’économie sur la nécessaire réorganisation de son outil de défense. Cette réorganisation est devenue indispensable pour assurer un environnement sécurisé d’autant, que les conflits armés prolifèrent sur le continent.
Cette restructuration de l’outil de défense est essentielle car l’armée actuelle est techniquement faible, pas du tout performante et politiquement dangereuse. Véritable facteur d’insécurité dans son fonctionnement actuel, elle hypothèque toute possibilité de démocratisation du pays. Aucun développement durable n’est envisageable en Guinée sans un environnement politique, économique et social sécurisé.
La réorganisation de l’outil de défense se fera par la redéfinition et la mise en œuvre de nouvelles missions de l’armée. Un accent particulier devra être entrepris pour la formation et un nouveau statut du militaire guinéen devra être mis en place pour éviter toute dérive clanique de l’armée. Il faudra aussi instaurer un environnement institutionnel démocratique qui puisse empêcher l’instrumentalisation de l’ethnicité au profit des intérêts sociaux et politiques d’un clan. Le recrutement au sein de l’armée devra être anonyme et axé sur des critères de diplômes, de qualifications professionnelles. Il devra aussi permettre le pluralisme de l’armée dans toutes ses composantes afin de refléter de manière fiable les diverses couches de la société guinéenne.
Les missions de l’armée guinéenne devront être modifiées dans le sens d’une sécurité effective des populations au sein d’un Etat respectueux de la démocratie et des Droits de l’homme. Cette évolution des missions de l’armée devra se faire dans un cadre où les militaires guinéens auront fait un serment de fidélité non pas à un homme ou à un clan, mais aux institutions et à la Constitution. Une véritable reconversion des mentalités des militaires guinéens orientée vers la défense de l’intérêt général et du bien collectif devra être opérer.
La formation de l’armée au service de l’Etat de droit devra être accentuée pour permettre au militaire guinéen d’acquérir une mentalité nouvelle, de nouvelles pratiques. C’est au regard d’une telle situation qu’il est nécessaire de renforcer le lien entre l’armée et la nation par la mise en place d’un véritable enseignement sur le respect des organes de l’Etat, sur le droit humanitaire, sur le droit des conflits armés, sur l’éducation civique, sur les droits humains et la place du militaire dans la société.
Des armées coupées des populations, isolées dans leurs quartiers courent le risque de se refermer sur elles-mêmes avec une chance d’inadaptation à la société moderne et à ses enjeux. Il est évident qu’une armée cantonnée dans ses bases aura des tentations extrémistes en se considérant comme la seule gardienne des valeurs républicaines et de l’intérêt national.
De la coopération militaire
Dans le cadre de la réorganisation de l’armée guinéenne, de nouveaux objectifs en matière de coopération militaire devront être posés. Ces objectifs devront permettre :
- de renforcer les capacités de prévention et de gestion des crises de l’armée guinéenne à l’échelon national et régional ;
- d’aider à la restructuration de l’armée par une réduction des effectifs pour une évolution vers la professionnalisation ;
- d’aider l’armée à remplir ses missions de protection de l’Etat et des Institutions.Sur le plan régional, une véritable politique de concertation intra-africaine sur la défense doit être mise en place afin d’harmoniser les politiques de défense et de coopération militaire. Africaniser via l’Union Africaine, l’Onu et les partenaires bilatéraux (Etats Unis, Union Européenne, Russie) la sécurité par l’édification, l’organisation et la mise en œuvre d’une force interafricaine de maintien de la paix et d’interposition, car la défense extérieure s’organisera dans le cadre sous régional par la prise en compte collective des besoins de sécurité des Etats (ONU/UA/CEDEAO).
Je suis conscient que ce travail de restructuration de l’armée guinéenne sera long et difficile. Mais c’est le prix à payer pour l’émergence et la consolidation d’un système politique démocratique en Guinée.
* Mamadou Alou Barry est spécialiste des questions de défense et sécurité en Afrique
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Tagged under GouvernanceLa lecture de l’article plein d’ironie de Venance Konan (http://www.pambazuka.org/fr/category/features/56078) sur le discours insultant de Sarkozy prononcé à Dakar, en juillet 2007, et sur les excuses présentées par Ségolène Royal deux ans après (!), me rappellent un contribution que j’avais faite au débat en septembre 2007, alors que j’étais encore sous le choc des propos tenus par le chef d’Etat français. Le texte avait circulé dans un cadre privé. En réaction à l’article de Venance Konan, je vous le propose
Le Général De Gaulle a écrit jadis : "Vers l'Orient compliqué je suis parti avec des idées simples". Sa leçon n'a pas été suivie par le président Nicolas Sarkozy: il croit sans doute tout savoir. Parti pour l'Afrique avec des notions aussi prétentieuses qu'arriérées, il risque le ridicule.
Selon lui les Africains existent de toute éternité « dans le besoin de croire plutôt que de comprendre, de ressentir plutôt que de raisonner » ; ils habitent un univers « où il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès." Sans doute faut-il n'être que cartésien de pure souche pour apprécier l'univers que Monsieur Sarkozy et les rédacteurs de ses discours habitent et qu'il a décrit dans les propos qu'il a tenus à l'Université de Dakar le 26 juillet 2007.
"Vous qui vivez dans la pré-Histoire!" avait déclaré Charles De Gaulle aux Africains à l'aube de leurs indépendances. Un demi-siècle plus tard, Nicolas Sarkozy nous expose ses théories sur l'homme africain qui «n'est pas assez entré dans l'Histoire et qui jamais ne s'élance vers l'avenir» ! Comme si depuis 50 ans, il ne s'était rien passé dans l'Histoire de l'aventure humaine en Afrique et en France; rien entre Africains et Français, Anglais, Belges, Portuguais, et autres Afrikaners... pour ne citer que cette histoire-la.
En lisant les commentaires des Africains et des Francais sur les propos aberrants du nouveau président français lors de sa premiere visite officielle en Afrique, on remarque la stupéfaction de tous devant tant d'ignorance et d'arrogance :" Sur quel autre continent que l'Afrique un chef d'Etat occidental en visite officielle pourrait-il se permettre de donner pareille leçon… de multiplier des cliches dans une enceinte universitaire...", se demande par exemple Phillipe Bernard dans « Le Monde » du 24 aout 2007.
La reponse se trouve peut-etre dans la préface par laquelle Jean Paul Sartre a présenté le livre de Frantz Fanon intitulé «Les Damnés de la Terre», paru en 1961: "Il n'y a pas si longtemps (Fanon le rappelle) des psychiatres en Congrès s'affligeaient de la criminalité indigène ; ces gens-la s'entretuent, disaient-ils, cela n'est pas normal ; le cortex de l'Algérien doit être sous-développé. En Afrique Centrale d'autres ont établi que "l'Africain utilise très peu ses lobes frontaux." Ces savants auraient intérêt aujourd'hui à poursuivre leur enquête en Europe et particulièrement chez les Français. Car nous aussi, depuis quelques années, nous devons être atteints de paresse frontale..."!
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