Le chef de la junte militaire qui dirige la Mauritanie a annoncé mercredi qu’il démissionnerait avant le 22 avril. Le général Mohamed Ould Abdelaziz a précisé que la date de l’élection présidentielle, à laquelle il pourrait se présenter, restait fixée au 6 juin. Quelque 90% des Mauritaniens veulent ces élections, c'est le choix du peuple", a-t-il ajouté, démentant ainsi des rumeurs sur le report de ce scrutin. Selon son entourage, le général Ould Abdelaziz devrait démissionner, dans les prochaines semaines, de l'armée et de la présidence du Haut Conseil d'Etat (junte), pour se porter candidat à la présidence.
Tagged under Gouvernance MauritaniaEn Côte d’Ivoire, le stock d’arriérés intérieurs arrêtés à fin 2008, à 272,2 milliards de francs Cfa, va être substantiellement réduit pour le ramener à 60 milliards à fin 2009. Et ce grâce à l’apurement de ces restes à payer par le ministère de l’Economie et des Finances. Cet apurement se fera grâce aux appuis budgétaires du Fmi et de la Banque mondiale, mais également à partir des ressources propres de l’Etat. « L’objectif visé, en ce qui concerne le paiement des dépenses publiques, est de faire en sorte que les flux de ressources injectées dans l’économie permettent d’amorcer la reprise économique, en reconstituant les fonds de roulement des entreprises », indiquent les autorités.
Tagged under GouvernanceLes autorités suisses ont bloqué des comptes bancaires à Genève dans le cadre d'une enquête internationale sur une affaire de corruption au Kenya portant sur plusieurs centaines de millions d'euros. L'affaire, connue au Kenya comme le scandale Anglo Leasing, porte sur des contrats d'achats par l'Etat kényan, notamment d'armes et d'hélicoptères pour la police, portant sur un montant total d'environ un milliard de francs suisses (655 millions d'euros). Environ la moitié de cette somme a été détournée vers un réseau de sociétés écrans offshore tandis que quelque 170 millions de francs suisses (111 millions d'euros) ont atterri sur des comptes bancaires à Genève.
Tagged under Gouvernance KenyaLe Darfour est sur le point de sombrer dans une crise encore plus grave que celle qu’il a déjà traversée. C’est ce qu’a estimé, le 2 avril, l’émissaire spécial des États-Unis pour cette région de l’Est du Soudan, Scott Gration. Il est essentiel que l’aide humanitaire puisse entrer dans le pays, et être livrée aux nécessiteux, a-t-il ajouté, un mois après l’expulsion des Ong internationales actives au Darfour. Parmi les besoins les plus pressants: l’eau et les soins de santé.
Tagged under GouvernanceAvec 80 pour cent de l’eau de la capitale bissau-guinéenne contaminée par des bactéries nocives, les habitants sont habitués aux épidémies de choléra et autres maladies diarrhéiques mortelles, mais les bailleurs ne pourront financer d’importants projets de construction d’infrastructures que si la stabilité du pays peut être garantie, disent-ils. La dernière épidémie de choléra, dont le gouvernement a déclaré la fin au début du mois de février 2009, a fait 225 morts et touché quelque 14 000 personnes, la plupart à Bissau, la capitale. L’instabilité politique, marquée par les coups et contre-coups d’Etat, et les assassinats politiques, contribue à empêcher l’Etat de pouvoir assurer les services les plus essentiels, dans l’ensemble du pays.
Tagged under Gouvernance Guinea BissauLe gouvernement inclusif du Zimbabwe commence aujourd’hui à prendre conscience d’une réalité difficile : ceux qui peuvent accorder des fonds pour financer la reconstruction du pays ne sont pas disposés à le faire, et ceux qui souhaitent en accorder n’en ont tout simplement pas. Si la SADC a salué l’accord entre Morgan Tsvangirai et le président Robert Mugabe comme un nouveau départ, les principaux bailleurs du Zimbabwe – Etats-Unis et Union européenne - ont pour leur part adopté une approche attentiste, refusant, dans l’immédiat, de débloquer les fonds nécessaires à la reconstruction économique du pays.
Tagged under GouvernanceL'ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté et désormais Président du Parti de l'Espoir pour le Développement National (PEDN) a déclaré le 2 avril que ''les élections sont techniquement impossibles cette année en Guinée''. Pour lui, il ne faut pas se précipiter à aller aux élections. La meilleure façon, a t-il dit, de réussir la transition, c'est d'aller lentement. Car, à l'en croire, beaucoup de pays qui avaient bâclé leurs transitions se sont retrouvés finalement avec des difficultés.
Tagged under GouvernanceLe gisement d’or de Massawa, dans l’est du Sénégal, pourrait devenir l’une des plus importantes mines d’or en Afrique de l’Ouest selon les premières études qui confirment un «immense potentiel». Massawa est détenue par la firme minière Randgold Resources, qui y mène des recherches depuis près d’une décennie et exploite déjà des mines au Mali et en Côte d’Ivoire et qui prospecte aussi d’autres pays de la sous région. Les recherches à Massawa qui ne sont encore que dans une phase préliminaire révèlent un « immense potentiel » estimé à environ 100 tonnes d’or, selon la société minière.
Tagged under Gouvernance SenegalLe Nigeria et le Tchad projettent de renforcer leur offre énergétique intérieure en se ravitaillant à partir du Cameroun, qui dispose d’un énorme potentiel. Abudja et Ndjaména ont dépêché il y a quelques jours, à Yaoundé, des délégations officielles de haut niveau pour prendre langue avec les autorités camerounaise, sur la possibilité de se ravitailler en énergie, non seulement pour les villes frontalières du Cameroun, mais également pour celles de l’intérieur. Ces pays souffrent périodiquement de longues coupures d’électricité, sans oublier une baisse de tension quasi permanente, ce qui constitue une sérieuse entrave au fonctionnement des activités.
Tagged under Gouvernance NigeriaPour contrebalancer le régime transitoire dirigé par Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de Transition à Madagascar, les « pro-légalistes » envisagent de former un contre-gouvernement. Le « président » Ravalomanana va lui-même procéder à la nomination de son nouveau Premier ministre avant la fin de cette semaine. Une nouvelle manœuvre qui engagera l'évolution de la situation politique à Madagascar dans une nouvelle tournure.
Tagged under Gouvernance MadagascarDes femmes venues des trois provinces du Cap, en Afrique du Sud, ont marché sur le parlement au Cap pour dénoncer le "lent et inéquitable" programme de redistribution des terres du pays. Ces manifestantes ont déclaré que si on ne leur donne pas un accès plus grand à la terre, elles ne voteront pas dans les élections générales du pays le 22 avril. Des femmes brandissant des pancartes, lors des manifestations du 26 mars, ont critiqué le ministre des Affaires foncières.
Tagged under GouvernanceLa ministre kényane de la Justice et des affaires constitutionnelles Martha Karua, un des poids-lourds du gouvernement de coalition au Kenya, a annoncé le 6 avril avoir présenté sa démission lors d'une adresse à ses partisans en présence de la presse. ??"J'ai décidé de démissionner en raison des frustrations dont je vous ai parlées. J'ai réalisé que je ne pouvais mettre en place des réformes dans mon ministère car on sape mon autorité. Des juges sont nommés sans que j'en sois informée et bien plus encore", a déclaré Mme Karua.
Tagged under Gouvernance KenyaLe patron de la junte militaire au pouvoir à Conakry a donné le profil de son successeur au soir de la transition guinéenne. La phrase fétiche : «le monde est tel qu’un régime militaire ne peut pas durer au pouvoir, l’armée ne va pas s’éterniser au pouvoir, mais ce pouvoir, que nous allons donner aux civils, ce sera un civil qui a été propre. Un civil qui ne s’est pas impliqué dans les affaires de l’Etat, qui n’a pas détourné !» Seulement, voilà : nombre de prétendants au fauteuil présidentiel sont des anciens Premiers ministres de feu Lansana Conté, donc tous comptables de leurs gestions respectives qui se trouvent au centre de l'audit en cours.
Tagged under GouvernanceLe ministre de l’Economie et des Finances a procédé hier le 7 avril 2009 au lancement officiel de l’Enquête intégrale sur les conditions de vie des ménages (EICVM) au Burkina Faso. Il s’agit d’une enquête que le gouvernement a entrepris en vue "d’évaluer l’état de pauvreté monétaire dans le pays". L’objectif étant de permettre d’assurer le suivi et l’évaluation du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) et des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). L’enquête va se dérouler sur deux ans (avril 2009 à mars 2010).
Tagged under Gouvernance Burkina FasoAvec le retour des bailleurs de fonds et des investisseurs étrangers, le Togo relance sa machine économique dans un contexte difficile, mais le pays se porte mieux. Et veut le faire savoir. Avec une progression du PIB de 3 % en 2009 (1,5 % en 2007?; 0,8 % en 2008), la croissance attendue pour cette année sera certes inférieure aux prévisions (3,8 %). Il reste que les signaux positifs se multiplient dans un pays qui sort à peine de la suspension de l’aide internationale, en vigueur depuis 1992. Selon les autorités, de nombreux investisseurs frappent à la porte.
Tagged under Gouvernance TogoLe Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit préoccupé par les conditions anticonstitutionnelles dans lesquelles le pouvoir a changé de mains récemment à Madagascar et a demandé un retour rapide à la normale par la voie d'élections, a indiqué un responsable onusien le 7 avril . Selon le sous-secrétaire général de l'ONU aux affaires politiques, chargé de l'Afrique, le souhait a été exprimé pour « un retour rapide à l'ordre constitutionnel par un processus de transition basé sur un consensus de tous les acteurs et parties intéressées de Madagascar".
Tagged under Gouvernance MadagascarLe parti d’opposition Alliance démocratique a saisi le 7 avril la Haute Cour de justice de Pretoria pour obtenir la réactivation des poursuites visant Jacob Zuma. Tous les partis rivaux de l’ANC ont dénoncé la décision du parquet général d’abandonner les poursuites contre le favori dans la course à la présidence. Jacob Zuma était visé par 16 chefs d’inculpation (dont corruption, blanchiment d’argent, racket…) dans une affaire de ventes d’armes impliquant le groupe français Thalès. Son parti, l’ANC, devrait emporter haut la main les élections générales dans deux semaines.
Tagged under Gouvernance South AfricaLe Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), qualifiant d’anticonstitutionnel le processus qui a conduit le leader de l’opposition malgache, Andry Rajoelina, au pouvoir en remplacement du président élu Marc Ravalomanana contraint de démissionner, a réitéré son rejet total de tout changement illégal de gouvernement et a décidé de suspendre le Madagascar de l’organisation panafricaine. Auparavant, le CPS avait demandé à toutes les parties concernées de suivre les dispositions de la constitution malgache relatives à l’intérim en cas de démission du président Ravalomanana et de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité et celle de sa famille. Les dirigeants des pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe, à l’ouverture de leur sommet au Swaziland, ont également qualifié d’inacceptable ce changement de régime à Madagascar et devraient réfléchir à d’éventuelles sanctions contre les autorités de transition malgaches. Par ailleurs, la France, annonçant qu’elle allait maintenir son aide publique à Madagascar, a déclaré qu’elle allait travailler étroitement avec l’UA et les autres acteurs de la communauté internationale pour aider le pays à retrouver une vie constitutionnelle normale. Dans d’autres nouvelles, le CPS a décidé de maintenir ses sanctions contre les putschistes en Mauritanie qui prévoient notamment l’interdiction de voyager et le gel des avoirs de principales personnalités actuellement au pouvoir - une décision qui semble opposer le CPS et le président en exercice de l’UA.
Le guide libyen Mouammar Kadhafi, président en exercice de l’UA, s’est réuni avec les responsables de la Commission de l’Union africaine pour discuter des questions importantes du continent notamment la paix et la sécurité, le suivi de l’exécution des décisions du 12ème sommet de l’UA ainsi que les préparatifs du prochain sommet de l’organisation. Entre-temps, l’île Maurice a informé les autorités de l’UA qu’elle souhaitait accueillir le 13ème sommet ordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA initialement prévu à Madagascar étant donné que le sommet devrait être organisé dans un pays de la région de l’Océan indien. Après son entrevue avec la Commission, le président de l’UA a une nouvelle fois ridiculisé la Cour Pénale Internationale en la qualifiant de «nouveau terrorisme mondial» et en appelant à ses juges d’arrêter aussi ceux qui ont tué « des centaines, des millions d’enfants en Irak et à Gaza».
Les négociateurs des pays membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est se rencontrent pour finaliser un projet de protocole destiné à la création d’un marché commun, prévu d’entrer en vigueur le 1er janvier 2010, qu’ils présenteront aux chefs d’Etat de la communauté pour adoption. Finalement, les ministres africains du commerce se réunissent pour discuter des dernières difficultés économiques du continent causées par la crise financière mondiale ainsi que les négociations sur les accords de partenariat économique avec l’Union européenne parmi d’autres.
Tagged under Gouvernance MadagascarLa civilisation occidentale s’est enfoncée dans une crise de plus en plus grave au cours des 120 dernières années, écrit Yash Tandon. Une crise plus profonde que ce que la plupart des gens pensent ou sont prêts à le reconnaître. En mettant l'accent sur la crise systémique actuelle - dont les plus récentes manifestations sont la crise financière mondiale et la crise écologique - Tandon décrit comment les forces progressistes dans le Nord et le Sud pourrait répondre à l'ensemble des défis auxquels le monde doit actuellement faire face. Le moment est venu, dit-il, pour les populations, de reprendre le droit de penser et de planifier leur avenir confisqué par des institutions qui ont, en partie, été les auteurs de la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Tagged under GouvernanceAu début des années 1980, le système financier des pays de l’UMOA, en Afrique de l’Ouest, plonge dans une crise grave. Pour les institutions financières internationales et les «partenaires au développement», une solution radicale s’impose. Suivant l’orthodoxie libérale, la politique d’assainissement conduit à des liquidation de banques, à des gels d’avoirs, etc. Vingt-cinq après, la crise financière actuel prend les mêmes contours. En réaction, note Diagna Ndiaye ce qui se passe actuellement aux Etats Unis et en Europe est loin de toute orthodoxie et dépasse l’imagination. Au nom du dogme libéral, nos partenaires ne l’avaient jamais (ne l’auraient) jamais accepté pour nos Etats et nos Banques Centrales. Sinon, que de banques auraient pu être sauvées et de dépôts remboursés lors de la crise des années 1980 !
Il convient de se souvenir d’abord que la crise du système bancaire intervenue dans les années 80 dans la zone UMOA (Union Monétaire Ouest Africaine) avait essentiellement été imputée à une politique de crédit laxiste sans rapport avec les ressources disponibles. Cette politique qui avait généré une importante accumulation de créances gelées, avait, en définitive, conduit à une crise financière généralisée de liquidités et de solvabilité des banques de la zone. Nos Etats étaient alors pointés du doigt en raison de leur forte implication dans la gestion des institutions bancaires.
La politique monétaire de la BCEAO fondée sur des règles dites « administratives » ou dirigistes n’avait pas été, non plus, épargnée.
Une politique de redressement du système bancaire avait été alors courageusement mise en œuvre par nos Etats avec l’appui des partenaires au développement. Sous l’inspiration de ces derniers, l’orientation générale retenue consistait à restaurer le marché et ses vertus. Ainsi diverses mesures furent mises en œuvre dont les plus importantes étaient les suivantes :
- Retrait d’agrément et liquidation des banques en difficulté : à l’échelle de l’Union, cette mesure a concerné au moins une vingtaine de banques. L’actif et le passif des établissements dissous ont été transférés à des sociétés de recouvrement créées pour la circonstance avec l’objectif de recouvrer les créances gelées et de réaliser les actifs afin de rembourser progressivement les dépôts gelés de la clientèle. Ces sociétés de recouvrement sont encore en activité ;
- Consolidation sur une durée de 15 ans à la charge des Etats, des concours monétaires de la BCEAO portés sur les établissements liquidés ;
- Dans les rares cas où une réhabilitation individuelle de banque était possible, l’effort de redressement avait été mis à la charge des actionnaires avec, le cas échéant, le soutien des Etats à travers une titrisation partielle des créances gelées.
Pour accompagner la restructuration des banques ainsi engagées et favoriser une relance optimale de l’activité bancaire, les partenaires au développement avaient recommandé plusieurs mesures d’accompagnement dont les plus importantes concernaient le désengagement des Etats du capital des banques, la libéralisation du cadre d’exercice de l’activité bancaire, la mise en œuvre de nouvelles normes comptables, l’institution de fonds d’assurances dépôts, l’amélioration de l’environnement des affaires et la promotion d’un marché financier régional.
L’objectif déclaré était de hisser les banques de la zone au niveau des meilleures pratiques internationales fondées sur les règles du marché. Le désengagement des Etats du capital des établissements financiers devait favoriser une gestion privée et plus saine des banques. Avec la libéralisation de la politique monétaire, les règles administratives étaient abandonnées au profit des mécanismes de marché, notamment l’utilisation des instruments indirects de régulation de la liquidité pour conforter la stabilité monétaire et contribuer au financement non inflationniste de la croissance tels que les taux directeurs, les opérations d’open market et le dispositif de réserves obligatoires.
La politique de crédit des banques n’était désormais plus soumise à aucune orientation particulière de la Banque Centrale. Les conditions des banques appliquées à leur clientèle étaient libéralisées et seules les règles de concurrence entre banques devraient jouer.
Aujourd’hui une crise financière internationale s’est installée. Point n’est besoin de s’attarder sur ses origines. Pour résumer, il s’agit d’une crise systémique, une crise de confiance partie des Etats Unis. Prises par le vertige d’une innovation financière assise sur un processus de titrisation de plus en plus complexe, les banques ont investi fortement sur des crédits risqués dits « subprimes », issus de la titrisation des prêts consentis aux agents économiques américains présentant un historique de crédit détérioré ou une faible solvabilité.. Cette situation, favorisée par une absence de réglementation et les faiblesses de agences de notation a conduit à une prise de risques inconsidérés. Aussi, dès qu’il est apparu que la qualité des crédits primaires titrisés était fortement dépréciée, pour ne pas dire sans valeur, la panique s’est emparée du système, la crise de confiance s’est installée et a gagné les banques qui dès lors refusent de se faire des prêts entre elles.
Depuis le déclenchement de la crise aux USA en août 2007, les mesures mises en œuvre par les Banques Centrales à travers les injections de liquidité sur le marché monétaire et les réductions successives de taux directeurs n’ont pas convaincu les marchés, qui n’ont cessé de se replier.
Des faillites ont commencé à être enregistrées, la crise est propagée outre-Atlantique. Sur toutes les places boursières, les indices n’ont cessé de chuter. Pour l’instant, la mise en œuvre du plan Paulson concomitamment avec l’initiative européenne a permis de maîtriser l’incendie.
Face à cette panique générale, les Etats ont désormais pris la résolution de se mettre en première ligne. Que penser de tout ceci ?
A vrai dire une impression générale s’impose : surprises et comme prises dans la tourmente, les autorités politiques et monétaires de l’Occident manifestent un instinct de conservation. Toutes les solutions semblent être portées par la puissance publique et les Banques Centrales. Quel paradoxe pour nos pays où l’engagement des Etats dans les établissements de crédits a été expressément limité à 25% !
Aux Etats Unis, après plusieurs initiatives engagées sans succès, l’intensification de la crise financière vient de conduire le Congrès à adopter le Plan Paulson, un plan de stabilisation économique d’urgence consistant à créer une structure publique chargée de racheter à hauteur de 700 milliards de dollars les actifs toxiques liés aux prêts hypothécaires détenus par les banques et autres institutions financières américaines. Au Benelux, les Etats volent au secours de Fortis. Au Royaume-Uni, un plan de sauvetage du système bancaire vient d’être annoncé. En Allemagne, la Banque Hypo Real Estate vient d’être renflouée. En France, le gouvernement prend l’engagement de garantir la continuité de l’activité bancaire et la création d’une structure de prise de participation de l’Etat dans les banques vient d’être annoncée. Par ailleurs, pour soutenir l’activité des PME, le gouvernement français a décidé d’instituer un fonds de plus de 20 milliards d’euros.
Partout, la volonté de l’Etat est la même. La puissance publique, entièrement solvable par définition, apporte sa garantie au sauvetage des banques. En Europe une garantie de dépôts harmonisée à 50.000 euros est instaurée pour rassurer les déposants. Dans nos pays, la solution préconisée par ces mêmes partenaires avait consisté en la création de sociétés de recouvrement dont les performances sont apparues fort modestes. En d’autres termes, la plupart des déposants de nos anciennes banques dissoutes attendent encore d’être remboursés.
Et comme si cela ne suffisait pas, certaines règles de bonne gestion indispensables pour la gestion de la monnaie commune, l’Euro en l’occurrence, feront l’objet d’aménagements temporaires, en particulier en ce qui concerne la concurrence, le pacte de stabilité et croissance ainsi que les critères de convergence, pour justifier les aides publiques apportées aux Banques et permettre au déficit public d’excéder le seuil de 3%.
Au plan comptable, alors que depuis ces dernières années de fortes pressions sont exercées sur nos entreprises et nos banques pour la mise aux normes IFRS, voilà que l’Europe envisage d’en revenir !
A l’instar des Etats, les Banques Centrales des pays développés se sont inscrites dans la même logique de sauvetage. En effet, confinées au départ dans leur position traditionnelle de prêteur en dernier ressort, elles ont semblé progressivement être emportées par la tourmente. Le cas de la FED est particulièrement révélateur à cet égard. Après avoir procédé à des baisses successives de son taux objectif des FED funds à partir du mois de septembre 2007, pour le ramener à fin avril 2008 jusqu’à 2%, la FED, face à la persistance des tensions sur les marchés financiers, a mis en place, à partir du mois de décembre 2007, un guichet temporaire de refinancement dénommé « Term Auction Facility », destiné aux banques de dépôt et à accroître les injections de liquidité en dollars US et à mettre fin aux tensions sur le marché interbancaire aux Etats-Unis et à l’extérieur.
A cet égard, des sommes ont été dégagées sur le guichet du « TAF » pour satisfaire les besoins en dollars US des banques établies en dehors des Etats-Unis. Ainsi, des lignes de swap de devises ont été octroyées à la Banque Centrale Européenne et la Banque Nationale Suisse contre euro et franc suisse, sous la forme de lignes de refinancement.
Pis, la FED a créé deux guichets de refinancement additionnels, le Term Securites Lending Facility et le Primary Dealer Credit Facility, destinés d’une part, aux banques pour leur permettre d’échanger, contre des obligations d’Etat, des titres de « rating » triple A, devenus peu liquides, en particulier les titres des agences gouvernementales ou issus de titrisations hypothécaires (residential mortgage backed securities) et d’autre part, aux spécialistes en Valeurs du Trésor, pour le refinancement d’une gamme plus étendue de collatéraux dont les obligations municipales, les actifs « corporate » ainsi que les Asset Backed Securities. Par ailleurs, la FED a rallongé les maturités des facilités d’emprunt, en particulier sur le guichet de l’escompte (d’un jour à 30 jours au mois d’août 2007, puis de 30 jours à 90 jours depuis le 16 mars 2008).
Toutefois, les initiatives les plus spectaculaires de la FED, qui semblent être prises loin de toute orthodoxie pour une Banque Centrale, résident cependant dans son implication dans le rachat de Merrill Lynch par Bank of America, l’ouverture d’une ligne de crédit de 30 milliards de dollars US à JP Morgan pour le rachat de la banque d’affaires Bears Stearns, l’aide d’urgence de 85 milliards de dollars octroyée au premier assureur mondial AIG, la mise sous tutelle des banques d’investissement Morgan Stanley et Goldman Sachs et, plus récemment, sa décision de racheter des billets de trésorerie c’est-à-dire de financer directement l’économie en lieu et place des banques commerciales.
Parallélement, l’Etat américain s’est illustré par la mise sous tutelle publique des deux agences de refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac. Ces deux sociétés privées, bénéficiant de la garantie implicite de l’Etat, étaient des acteurs clés du marché immobilier et ont largement contribué à son essor. Elles détiennent 45% de l’encours total de créances hypothécaires, soit 5.300 milliards de dollars.
Comme on peut le constater, pour un observateur averti de la restructuration du système bancaire de l’UMOA, ce qui se passe actuellement aux Etats Unis et en Europe est loin de toute orthodoxie et dépasse l’imagination. Au nom du dogme libéral, nos partenaires ne l’auraient jamais accepté pour nos Etats et nos Banques Centrales. Que de banques auraient pu être sauvées et de dépôts remboursés ! Mais hélas, la main invisible est défaillante et il n’y a plus de principe : la fin justifie les moyens. A vrai dire, l’on ne peut manquer de ressentir une certaine amertume et de se dire : deux poids, deux mesures.
Après le diagnostic, quelle thérapie pour l’avenir ? Comment conjurer pour les temps qui viennent les conséquences dramatiques de ce qui apparaît en vérité comme une triple crise, financière bien sûr mais surtout économique et sociale, avec des effets cumulatifs dans le quotidien des gens ? Il me parait urgent que soient repensés les fondements, j’allais dire, les fondamentaux du libéralisme économique. Par son ampleur et sa soudaineté, cette crise vient à rebours de la thèse de Fukuyama sur la fin de l’histoire et de l’idée que le marché allait supplanter l’Etat dans les mécanismes de l’économie moderne.
Voilà que le dogme sur la nécessité du dépérissement salutaire de l’Etat vole en éclat. Il faut en tirer les leçons. Le sauvetage de l’économie mondiale consacre paradoxalement le retour de l’Etat comme instrument indispensable de solution et de régulation. Lorsque certaines frontières sont franchies, l’économie se venge.
Il n’y a pas de rupture en économie. Tout repose sur des lignes d’équilibre sans lesquelles, il n’y a pas d’issue raisonnable. Il en est de l’économie comme de la vie. Ni certitudes closes, ni illusions de réconfort. Pour durer il faut se prémunir de ces pièges. La seule vérité susceptible de trouver grâce aux yeux de ceux qui ont en charge le destin des peuples tient en trois mots : ni dépendance idéologique, ni culte de l’Etat, mais vision pragmatique de l’économie.
* Diagna Ndiaye est financier, administrateur de banque
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