• Contributor | Gouvernance

    Là où le Kenya peine à faire des progrès en matière d’augmentation du nombre des femmes dans des positions clé de leadership, l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie voisins ont fait de pas géants dans ce domaine. En 2007, un amendement constitutionnel, qui aurait créé 50 sièges spéciaux pour les femmes au parlement kenyan, avait été rejet faute de quorum pour le mettre au vote. Par contre, la constitution de l’Ouganda a sauvegardé une mesure de discrimination positive pour accroître la représentation des femmes au sein du gouvernement et dans le service public, depuis 1995. Une initiative similaire a été prouvée en Tanzanie par le Parlement en 2000. Le cas du Rwanda a été le plus spectaculaire, qui présente actuellement le taux le plus élevé de femmes au parlement – 56 % – dans le monde.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le sommet de l’Union africaine (UA) s’est alarmé le 3 février, au dernier jour de ses travaux, des répercussions - humaines, sociales, économiques - de la crise économique mondiale sur le continent le plus pauvre de la planète. Dès avant le début du sommet le 1er février, dont le thème officiel est le développement des infrastructures du continent, le président de la Commission de l’UA, avait déjà insisté sur la gravité de la situation. Si l’Afrique a conservé une croissance globale robuste de 5,4% en 2008, elle est néanmoins en baisse de 1,5 point par rapport à l’année précédente et 2009 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, selon la Banque mondiale (BM).

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  • Contributor | Gouvernance

    Un tribunal sud-africain a fixé au mercredi au 25 août 2009 la date du procès pour corruption du chef du parti au pouvoir Jacob Zuma, donné favori pour accéder à la présidence du pays à l'issue des élections générales du second trimestre 2009. Jacob Zuma se présentait "pour la 38e fois devant la justice sur une période de 7 ans et demi", a relevé un porte-parole de l'ANC, estimant "peu probable qu'il ait un procès juste et équitable."

  • Contributor | Gouvernance

    Le leader de l’opposition Morgan Tsvangirai a accepté le 30 janvier d’être le Premier ministre d’un gouvernement d’union nationale au Zimbabwe. Ce dernier entrera en fonction le 13 février prochain. Après plusieurs mois de tractations qui avaient achoppé sur la répartition des postes-clés du gouvernement, notamment celui du ministère de l’Intérieur, le MDC a finalement consenti à entrer au gouvernement après avoir obtenu « des assurances de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) sur la prise en compte de (ses) problèmes ». Un comité commun de surveillance et d’application (Jomic), composé de douze membres issus du parti au pouvoir, la ZANU-PF, et du MDC suivra « les avancées, les plaintes, les inquiétudes et les interrogations » relatives à cet accord.

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  • Contributor | Gouvernance

    La cacophonie générale règne dans la confection des listes en direction des élections locales de mars 2009. Le Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) est accusé de violeer les dispositions du Code électoral en imposant des listes forcloses, en sus de substitutions de listes. Tirant les conséquences de cette situation, la Commission Nationale Electorale Autonomie a décidé «de saisir la Cour d’Appel de Dakar aux fins d’annulation de ces listes et de toute autre liste irrégulièrement déposée». Et qui plus est, elle «saisira les juridictions compétentes de tout autre manquement constaté sur les listes publiées sur toute l’étendue du territoire national» et «se réserve le droit de proposer des sanctions».

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  • Contributor | Gouvernance

    Le chef des islamistes modérés somaliens, cheikh Sharif Cheikh Ahmed, a été élu le 31 janvier président de la Somalie par le Parlement somalien réuni à Djibouti, avec pour tâche de ramener la paix dans un pays en guerre civile depuis 1991. L'élection a eu lieu à Djibouti, en raison des violences en Somalie. Elle marque une nouvelle étape d'un long processus qui a jusqu'à présent échoué à ramener la paix dans ce pays de la Corne de l'Afrique. Aussitôt élu, le chef religieux a appelé à un gouvernement de large union et invité tous les groupes armés en conflit en Somalie à rejoindre le processus de paix soutenu par l'ONU.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), tenu à huis clos le 30 janvier à Libreville, a demandé aux Etats membres de prendre des mesures pour contrer les conséquences de la crise financière. Mais selon le communiqué final de la rencontre, le sommet a aussi recommandé la tenue d’un audit de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique Centrale. Cet audit a été sollicité suite aux informations selon lesquelles les dirigeants de cette banque commune à six pays d’Afrique centrale auraient effectué des placements de fonds. Ces opérations, effectuées en violation des statuts de la banque, auraient occasionné d’énormes pertes estimées à 300 milliards de francs Cfa (526 millions d’euros)

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  • Contributor | Gouvernance

    Les Conseils d`Administration de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International ont pris les décisions d’annuler la dette extérieure du Burundi qui s’élevait à 1400 millions de dollars. Dans son discours à la nation à l’occasion du nouvel an 2009, le président de la République avait promis qu`une fois cette remise de dette accordée, le gouvernement allait "organiser des séances de débat sur la problématique des salaires des fonctionnaires pour réduire les écarts qui existent et viser leur harmonisation, sans oublier l`exploration des ressources sur base des recettes nationales".

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  • Contributor | Gouvernance

    «Chasser la chefferie coutumière des institutions de la République, elle revient au galop.» C’est la principale leçon qui transparaît des résultats du dernier sondage d’opinion réalisé par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD). A la faveur d’une enquête sur la compréhension que les Burkinabè ont des institutions démocratiques, nombre de personnes enquêtées disent faire plutôt confiance à ces institutions coutumières considérées à tort ou à raison comme «informelles», alors qu’elles influent de près ou de loin sur le jeu politique au Faso.

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    Le gouvernement du Nigeria a annoncé qu'il va consacrer 756 milliards de nairas (soit 2 588 milliards de francs CFA) à la mise en œuvre du Programme d'Action du Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs (MAEP), un volet du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD). Le MAEP est un mécanisme lancé à l’échelle continentale et qui cherche à promouvoir la bonne gouvernance économique et politique sur le continent. Le MAEP cherche en outre à encourager l'adoption de normes en vue de promouvoir la bonne gouvernance sur le continent. En Afrique de l'ouest, outre le Nigéria, le Ghana, le Bénin et le Burkina Faso se sont soumis à cet exercice.

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    Le leader islamiste Abdallah Djaballah a déclaré qu’il ne participera pas à la présidentielle de 2009. En estimant que les prochaines élections seront «à sens unique», il soutient que «dans un climat normal, comme cela est le cas dans les pays démocratiques, la participation aurait été nécessaire, mais, en Algérie, des élites ont démontré qu’elles ne veulent pas de la démocratie, que le triumvirat de partis qui compose l’Alliance présidentielle n’est intéressé que par ses propres intérêts».

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  • Contributor | Gouvernance

    Le principale parti de l'opposition camerounaise, le Social Democratic Front (SDF), a annoncé le 1er février qu'il n'y aura plus d'élections au Cameroun tant que l’ELECAM, le nouvel organe chargé des élections, ne sera pas dissout. Nommés le 30 décembre 2008 par le président Paul Biya, les 12 membres de l’ELECAM avaient provoqué un tollé de protestations dans les rangs de l’opposition camerounaise avec pour tête de file le SDF qui avait introduit, auprès de la Cour suprême, une demande d’annulation desdits membres, du fait de leur appartenance antérieure au parti au pouvoir.

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  • Contributor | Gouvernance

    Douze députés ont déposé le 29 janvier une motion de censure visant à renverser le gouvernement du Premier ministre Seïni Oumarou, accusé d'inertie face au coût élevé de la vie et d'encourager "la rupture de l'égalité" des Nigériens devant la justice. Parmi les signataires figurent plusieurs députés du Mouvement national pour la société de développement (MNSD, au pouvoir) et proches de l'ex-Premier ministre Hama Amadou, incarcéré depuis plus de six mois. La motion de censure devait être soumise au débat et au vote des députés deux jours après son dépôt, selon le règlement du parlement.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le président sénégalais Abdoulaye Wade, a fait part de sa volonté de se faire remplacer à «l’issue d’un vote populaire» en organisant des «élections libres et démocratiques». L’entrée de son fils sur la scène politiques et ses charges de plus en plus importantes dans les affaires de l’Etat font croire que son père le prépare pour assurer sa succession. Me Wade a précisé : «Lorsque je quitterais le pouvoir, je ne sais pas quand, il m’appartient d’organiser la transmission du pouvoir. Ce sera fait par des élections libres et démocratiques, tout le monde pourra se présenter. Et j’espère que le prochain président du Sénégal qui me remplacera, sera issu d’un vote populaire, sans absolument aucune contestation…».

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  • Contributor | Gouvernance

    Ils sont jeunes, les enfants qui « terrorisent » les routes et ruelles de Dakar. Par dizaines, ils vagabondent dans les rues, à la recherche de quelque chose à manger, un peu d'argent, ou un endroit pour dormir. Parfois ils ne font rien spécialement, ils s'assoient sur un trottoir en discutant avec les vendeurs de la rue. Depuis quelques années, un premier cadre d'accueil avant le retour en famille a été ouvert pour les encadrer. L'Empire des enfants est une maison de protection et de réhabilitation pour les ex-enfants mendiants, orienté par la police vers le centre.

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  • Contributor | Gouvernance

    L’année 2008 a commencé avec l'assassinat de la démocratie pour les Kenyans. Elle s'est terminée par l’élection du fils d'un émigré kenyan à la présidence des Etats Unis. Dans l'édition de ce numéro spécial de Pambazuka News, «Kenya - un an après», notre rédactrice invitée, Shailja Patel, soulèvent les questions qui permettent de faire un lien entre ces deux événements historiques.

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  • Contributor | Gouvernance

    La session amazonienne du Forum social mondial ouverte, Belém paraît commencer réellement maintenant à prendre conscience de la dimension de cette rencontre internationale. Les mouvements sociaux brésiliens, pour leur part, ne cachent pas leurs attente sur le possible apport du rendez-vous altermondialiste. « C’est un moment historique pour nous », souligne Carmen Helena Foro, dirigeante nationale du syndicat des travailleurs ruraux du Brésil et vice-présidente de la Centrale unique des travailleurs (CUT).

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  • Contributor | Gouvernance

    La crise humanitaire ne cesse d'empirer au Zimbabwe, où sept millions de personnes - plus de la moitié de la population - dépendent d'une aide alimentaire pour survivre, alors que le taux de chômage a atteint un nouveau pic à 94%, ont indiqué, le 30 janvier, des agences des Nations unies. Seules 480.000 personnes disposaient fin 2008 d'un emploi formel contre 3,6 millions en 2003, et le produit intérieur brut (PIB) du pays a chuté de 45% au cours des cinq dernières années, selon un rapport d'OCHA publié le 30 janvier à Harare.

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  • On nous dit qu’en 2009, la promotion de la «diversité» sera à l’ordre du jour. La « diversité » ! Moins les mots ont de sens, plus ils ont de chances, s’ils touchent à des sujets générant une forte charge émotionnelle, d’être des formules magiques qu’on répétera sans comprendre. Après les «minorités visibles», la «diversité», donc. Au fait, qu’entend-on par «diversité» ? Initialement, c’est de diversité culturelle qu’il s’agissait. Là, rien à dire. L’existence de différentes cultures ne fait guère problème. Mais ce mot de « diversité » tout court, tel qu’il est employé aujourd’hui, semble bien plus ambigu.

    Car cette fois, n’est-ce pas une formule qui se voudrait polie pour exprimer les idées qu’on n’ose dire qu’en privé, entre personnes «sûres» et de bon ton, quand on se lâche entre gens « décomplexés » dans les salons feutrés des VIe, VIIe, VIIIe et XVIe arrondissements de Paris ?

    Ce qu’est la « diversité » ? Je vais vous le dire : c’est ce que les politiques verraient si, congédiant exceptionnellement chauffeur et gardes armés, ils descendaient une fois, une fois seulement, de leurs Velsatis aux vitres fumées et prenaient tout simplement les transports en commun. Je leur recommande le métro parisien entre les stations gare de l’Est et Bobigny ou le RER D. Aux heures de pointe, de préférence.

    (…) La « diversité » ! Ne sont-ce pas ces « mauvais » Français dont les gens dits « de bien » traitaient naguère les parents de « bougnoules » ou de «négros» ? Oui, les rejetons des nègres d’Afrique, des Arabes, des musulmans à qui la République n’a jamais voulu donner une vraie carte d’identité nationale, et auxquels elle a préféré laisser l’indépendance plutôt que de voir le sanctuaire hexagonal envahi par les « boubous » et les « burnous ». Sans compter les Antillais du Bumidom, pourtant théoriquement français de souche à leur arrivée, mais toujours considérés, quarante ans après, comme des étrangers suspects à qui l'on impose des gougnafiers censés parler en leur nom.

    La « diversité » ! En un mot, tous ceux que les enfants de Pétain ne voudraient vraiment pas avoir pour gendre, tous ceux dont les fils et les filles de Déroulède redoutent qu’ils ne corrompent le « sang français », tous ceux que les héritiers de Vacher de Lapouge ou d’Abel Hovelacque rêveraient d’expulser, de fouetter, d’enchaîner, d’asservir, d’anéantir, d’exterminer - et en attendant de comptabiliser - mais qu’ils sont bien obligés de supporter, la rage au ventre. La « diversité » ! Les damnés de la France, en somme.

    Or voici que le nouveau grand patron mondial, celui devant lequel les chefs d’état d’Europe vont devoir s’aplatir, ressemble à s’y méprendre, en apparence, aux gens de la « diversité » d’ici. Et sa famille aussi. Vu la situation de la France, très en deçà, sur ce point, de la période révolutionnaire (c'est-à-dire de la fin du XVIIIe siècle) voilà de quoi préoccuper nos «élites» et intriguer nos journalistes.

    « Cela vous fait quoi d’être noir et président ? » Non, il ne faudrait pas que ce boss-là pense qu’on ne l’aime pas à cause de sa couleur, qu’ici il n’aurait aucune chance d’être seulement conseiller municipal de Sarcelles (Ndlr : banlieue parisienne). Il ne faudrait pas qu’il fasse des réflexions publiques du genre : « Un pays dont un citoyen sur trois se déclare raciste n’a de leçon à donner à personne ! » Quelle horreur !

    Comme si ce président problématique ne suffisait pas à lui seul, voici qu’il a excité, comme il n’est pas possible, les gens de la «diversité» qui se sont tout à coup demandé pourquoi eux n’ont aucune chance, mais alors vraiment aucune, de jamais devenir des Obama. Ont-ils seulement un espoir de sortir de l’ignorance où on les a confinés, de trouver un jour du travail, en attendant de n’être pas arrêtés par la police dès qu’ils viennent avec quelques copains à Paris, sous prétexte qu’ils formeraient des «bandes ethniques» reconnaissables à la couleur?

    Mille cent quarante sept voitures ont brûlé en France la nuit de la Saint-Sylvestre 2008-2009, contre 878 l’an passé à la même date. Mille cent quarante-sept voitures incendiées en une nuit dans un pays où aucune guerre civile n’a pourtant été signalée dans la presse, c’est tout de même inquiétant. Surtout quand on sait que 35 000 policiers étaient mobilisés pour que ça n'arrive pas. Trente policiers impuissants par voiture brûlée !

    Voilà qui rappelle fâcheusement les mauvais souvenirs d’il y a trois ans. Faut-il rappeler qu’au plus fort des émeutes de 2005, on n’avait jamais dépassé le record de 1400 véhicules brûlés par nuit ? Ces incendies, a qui la faute ? Au nombre des vrais responsables, ne faut-il pas compter les journalistes qui font prospérer le racisme à la télévision ? Les aigris autoproclamés philosophes, dont les propos scandaleux valent parfois la Légion d’Honneur ? Bien sûr, l’élection d’Obama ne changera rien au sort de tous ces jeunes pyromanes. Mais cette élection leur a peut-être rendu le racisme quotidien de leur pays plus insupportable encore. Et, comme on ne tolère aucun héros auquel ils pourraient s’identifier, ils pensent sans doute n’avoir meilleur moyen de manifester de leur frustration extrême que de faire parler de leur quartier à la télévision. En y mettant le feu.

    (…) Et l’on comprend que lesdites hautes sphères veuillent mettre de toute urgence un peu de «diversité» dans l’uniformité ambiante. Tant mieux ! S’il s’agit de lutter contre la monotonie des épidermes que l’on peut constater chez les décideurs politiques, culturels, économiques et sociaux des pays européens ayant un passé esclavagiste et colonial, la promotion de la «diversité» est un combat antiraciste classique et je suis d’accord. Alors pourquoi ne pas déclarer tout simplement la guerre au racisme, et vite ? Pourquoi ne pas mettre en place un plan antiraciste pour éduquer les Français de tous âges, ceux qui ne font pas partie de la « diversité » ? Tant qu’un Français sur trois, comme c’est le cas aujourd’hui, se déclarera ouvertement raciste ; tant que 72 % des Français, comme c’est le cas aujourd’hui, déclareront croire aux « races humaines », les voitures brûleront, c’est certain.

    Mais si l’on sous-entend par « diversité » qu’à chaque couleur correspondrait un peuple, donc une manière d’être biologiquement repérable, je comprends, dans ce cas, qu’on ne déclare pas la guerre au racisme. Alors là, on peut préparer les extincteurs. Certes, le gouvernement a été obligé de bannir, grâce à un rapport providentiel, la prise en compte de tout critère de couleur pour lutter contre les inégalités. Je dis pourtant depuis longtemps que ce prétendu remède serait bien pire que le mal.

    Il y a trois ans, à grands renforts de tintamarre médiatique, un de ces laboratoires secrets (mais repérés) où s’élabore la pensée néo-raciste et négrophobe nous a vomi l’idée de désigner des représentants de la «communauté noire» de France. D’abord pour faire passer en force l’idée d’une communauté « noire». Pour former une communauté, ne faut-il pas une histoire commune ? Les Afro-Américains, tous issus de l’esclavage et de la ségrégation, ont une histoire commune. Les Haïtiens qui ont aboli l’esclavage et gagné la première guerre coloniale de tous les temps ont une histoire commune. Les Antillo-Guyanais, de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane ou de la région parisienne, issus de l’esclavage, ont une histoire commune. Les Afro-Français, les Maghrébins-Français issus de la colonisation, ont une histoire commune. Mais si on cherche à amalgamer les Afro-Français avec les Antillais sous le seul prétexte de la couleur, on ne peut aboutir qu’à un renforcement des divisions et des guerres intestines.

    Si des Antillais ghettoïsés dans la banlieue parisienne sont souvent dans les mêmes groupes que des Afro-Français, c’est évidemment de groupes sociaux qu’il s’agit. Pas d'un ensemble cohérent fondé sur la couleur, puisque dans les mêmes quartiers, dans les mêmes blocs d’immeubles, on trouvera aussi des personnes qu’on ne peut pas désigner comme «noirs». Cette tentative, appuyée par des moyens considérables, de faire croire aux Afro-Français et aux Antillais qu’ils faisaient partie de la même « communauté noire» était habile. Si elle avait réussi, si ceux qui sont vus comme « noirs » par les négrophobes primaires n’avaient eu aucun intellectuel capable de démonter et de dénoncer une manipulation aussi grossière, on se serait empressé de taxer cette communauté artificiellement créée de communautarisme.

    On aurait ainsi disqualifié d’avance toute personne supposée appartenir à cette prétendue communauté et dont le discours aurait été déplaisant, c’est à dire tout Afro-descendant capable de pensée construite et assez courageux pour l’exprimer. En clair, nous nous serions retrouvés cinquante ans en arrière.

    La question la plus redoutée reste le passé esclavagiste français. On craint qu’à la place des schizophrénies coloniales entretenues par l’ignorance, l’abrutissement et le clientélisme, naisse une conscience d’être les descendants des victimes d’un crime, puisque ce statut de victime est apparu dans la seconde moitié du XXe siècle, lorsque l’Occident dut, enfin, admettre jusqu'où le préjugé raciste pouvait conduire. On tente donc de transformer la question de l’esclavage en une « question noire » et, en mettant l’accent sur les dérives de quelques « noirs » fort opportunément racistes, de faire de tous les «noirs» des racistes plus ou moins déclarés. Des criminels en puissance, jamais des victimes.

    Dans le pire des cas, les prétendus « noirs » vont se battre entre eux. Il suffit de leur désigner un collaborateur notoire de la pensée raciste comme chef et l’empoignade est garantie. D’un côté, des gens prêts à tout pour parvenir et bien contents d’endosser cette livrée de nègre raciste du moment que cela leur rapporte. De l’autre, quelques résistants qu’on essaie de rentre fous. En donnant aux premiers tous les moyens d’exhiber leur bêtise et en faisant comme si les autres n’existaient pas, on pense avoir une chance d’y arriver.
    C’est ainsi qu’on a pu voir, ces dernières années, un retour aux obsessions des colons de Saint-Domingue dont la hantise profonde était le métissage et l'idéal, la «race» pure.

    Au nom de ce fantasme d’une prétendue « race » blanche immaculée, l’idéologie maîtresse faisait de tout Afro-descendant, eût-il trois grands-parents «blancs» sur quatre, que cela lui convienne ou pas, un «noir». Cette idée est encore majoritairement répandue, puisque Barack Obama, avec deux aïeux « blancs » et deux aïeux « noirs », est devenu un « noir » aux grands applaudissements de toute la presse européenne.

    Cette tentative de communautarisation ayant échoué, il a bien fallu revenir aux principes de la République. Mais rien ne changera tant qu’on restera dans les ambiguïtés racistes et qu’on persistera à utiliser des mots aussi vagues que celui de « diversité » au lieu d’admettre franchement et clairement que ce qui fait l’unité de cette fameuse «diversité» c’est l’histoire. Oui, le colonialisme, l’esclavagisme déshumanisant auxquels l’Occident doit sa prospérité matérielle. Aimé Césaire n’a rien dit d’autre. Que la France ait le courage d'en convenir : cette histoire peu reluisante, qui s’est terminée dans « la merde et dans le sang» n’a rien de positif et on sera malheureusement bien obligé d’en admettre la réalité si l’on veut en finir un jour avec le racisme contemporain qui en tire son origine.

    Un commissaire à la diversité ? Il a eu le mérite de tirer la sonnette d’alarme. Nous sommes lui et moi des descendants d’indigènes ou d’esclaves, et - argent ou pas, réussite ou pas, diplômes ou pas - le racisme, depuis un demi siècle, nous a certainement empoisonné l'existence.

    Si l’on veut que les enfants des banlieues arrêtent de brûler les voitures, qu’on ne leur fasse pas miroiter que tout ira bien pour eux lorsqu’ils sortiront d’une grande école. Dans le meilleur des cas, ils ne seront que des «normaliens noirs» ou des chefs d’entreprise «issus de l’immigration».

    Tant qu’on persécutera ou qu’on laissera persécuter, par racisme, des intellectuels descendants d’indigènes ou d’esclaves qui pourraient, si on les écoutait, contribuer à faire respecter dans leur pays l’égalité et la fraternité, donc la tranquillité et la prospérité, les voitures brûleront.

    Tant qu’on n’adoptera pas un plan de lutte ferme contre le racisme, les voitures brûleront.

    Tant que certains journaux s’entêteront à écrire un « noir » avec une majuscule, les voitures brûleront.

    Tant qu’on n’admettra pas que la «diversité» a une histoire dont tous les Français peuvent être fiers, les voitures brûleront.

    Tant que le général Dumas ne sera pas réhabilité, les voitures brûleront.

    Tant qu’on ne proposera pas aux jeunes du 9-1, du 9-3, du 9-4 et du 9-5, d’autres héros que des sportifs, des chanteurs en slip moulant, et des présidents d’Amérique, les voitures brûleront.

    Tant que les crèmes anti-taches à blanchir la peau et les lotions à défriser trouveront des acheteurs, les voitures brûleront.

    Tant que l’on réservera des tribunes audiovisuelles et des chaires universitaires aux gens qui déclarent croire aux races et déplorer qu’ils y aient trop de footballeurs « noirs », les voitures brûleront.

    Tant que la politique de «mémoire de l’esclavage» consistera au mieux, par pusillanimité, à tenter d’étouffer l’affaire, au pire, par esprit de provocation, à multiplier les cérémonies coloniales, les voitures brûleront.

    Tant que les titulaires de la Légion d’Honneur seront à 99 % garantis non descendants d’indigènes ou d’esclaves, les voitures brûleront.

    Et le fait de promouvoir à la va vite deux ou trois imbéciles de plus au nom de la «diversité» n’y changera rien. Bien au contraire.

    J’appelle les décideurs à faire enfin preuve d’un peu de lucidité et de courage avant que les banlieues ne s’enflamment de nouveau, suivies peut-être, cette fois, par une partie de l’outre mer. L’aveuglement a rendu la situation explosive. Bien entendu, j’espère me tromper.

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  • Contributor | Gouvernance

    L’ancien Premier ministre puis ancien président de l’Assemblée nationale du Sénégal a été interpellé et interrogé par la police le 27 janvier. M. Macky Sall a fait à des accusations de blanchiment d’argent sale évoquées par le ministre de l’Intérieur. Les enquêteurs de la Sûreté urbaine l’ont aussi interpellé sur ses relations avec le président gabonais Omar Bongo, de qui il aurait reçu des fonds pour ses activités politiques. M. Sall, relâché après son interrogatoire, a réfuté ces accusations. Après son éviction de l’Assemblée nationale, il avait démission du parti au pouvoir et créé sa propre formation politique.

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