• L’annonce, le lundi 10 mars dernier, de la libération de 25 otages capturés entre juin 2007 et janvier 2008 par le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), avait donné l’espoir à nombre de Nigériens de voir enfin nouer les fils du dialogue entre les belligérants. Pourtant, les lendemains ne semblent guère enchanteurs. Six jours plus tard (dans la nuit du 16 au 17 mars 2008) et comme pour justifier cette positon , une colonne de rebelles attaque le poste militaire de Banibangou, une localité située dans le Nord ouest du pays, à 230 Km de Niamey.

    Le mouvement rebelle a annoncé sur son blog que le bilan du raid est de 3 morts parmi les forces de défense et de sécurité et un gendarme fait prisonnier ; le reste, dit-il , aurait pris la fuite. Le gouvernement qui a confirmé mardi dernier cette attaque a reconnu la mort de deux soldats mais aussi de nombreux morts et blessés dans les rangs des " malfrats " qui auraient pris la fuite vers un pays voisin et promet de les mettre hors d’état de nuire. Des communiqués de guerre par lesquels chaque partie manipule l’information à sa guise mais qui attestent au moins d’une chose : pour l’Etat du Niger, le défi sécuritaire reste à relever.

    En octobre 2007, lors d’une conférence de presse à Paris, le ministre de la Communication, porte parole du gouvernement, soutenait avec vigueur que " l’Etat du Niger ne négociera pas avec des bandits armés. Le gouvernement prendra toutes les dispositions pour les anéantir disait il… ". Cette fermeté de ton qui marque l’option guerrière du pouvoir en place ne s’est pas jusque là accompagnée d’une action militaire de large envergure qui mettrait fin au conflit armé. Aujourd’hui, la moitié du pays (la région d’Agadez couvre une superficie de 900000 km2 sur les 1267000 Km2) qui est le théâtre du conflit et se trouve placée depuis août 2007 sous une mesure gouvernementale de mise en garde, est en train de connaître une situation sociale et économique désastreuse. Le tourisme, l’élevage et les cultures maraîchères qui apportaient naguère des milliards de francs à l’économie de la région et du pays sont quasi inexistants. Rien que la filière de l’oignon rapportait habituellement 7 milliards de francs CFA aux populations.

    A ce désastre s’ajoute le déplacement massif des populations civiles qui fuient la zone du conflit. De sources concordantes, plus de 3000 personnes ont quitté les communes d’Iférouane et Gougaram, pour se réfugier loin dans le massif de l’Air pour certains, à Timia, Arlit et Agadez pour d’autres. Ces personnes qui ont abandonné leurs maisons et leurs biens se trouvent dans une situation alimentaire et sanitaire préoccupante aggravée par l’accès difficile de l’acheminement de l’aide humanitaire mobilisée par certaines associations, Ong et organismes.

    Malgré ces difficultés, le Programme alimentaire mondial (PAM) a pu planifier, de concert avec le gouvernement, à travers la Cellule de prévention et de gestion de crise alimentaire, une distribution gratuite de 568 tonnes de vivres à Agadez ainsi qu’une ration journalière complète pendant 90 jours pour les réfugiés venus d Ingall, d’Iférouane, d’Aderbissinat, Dabaga, Gougaram, Tchirozérine, Tabelot et Timia.

    La situation des autres réfugiés qui sont restés dans des zones reculées est critique. Elle fait planer le risque d’une crise humanitaire. Or, dans sa tentative de minimiser l’impact du conflit, le gouvernement refuse toute médiatisation de cette aide aux populations éprouvées et encore moins le qualificatif de « réfugiés » ou de « personnes déplacées », alors même que dans pareilles circonstances ces termes sont les plus appropriés.

    Le sort de ces populations civiles prises en otage depuis plus d’un an, par un conflit dont elles ne sont pas les architectes, n’a pas été véritablement au centre des préoccupations de la classe politique nigérienne. Le Conseil de dialogue politique qui est un cadre consensuel, n’a pu récemment dégager une position commune en faveur d’un règlement négocié du conflit. Pour toute " solution ", il a envisagé, à moyen terme, un forum national sur la paix à l’issue duquel on pourrait faire le choix de l’alternative : faire la paix ou poursuivre la guerre. S’il s’était agi d’aller chercher des voix, ces partis auraient, bien entendu, la langue mielleuse pour promettre monts et merveilles à ces pauvres hères. A présent que, dans leur détresse, ils appellent au secours, on les laisse à eux-mêmes, rares étant les figures politiques à évoquer leur sort et à s’y impliquer.

    Pourtant, l’urgence de la nécessité d’un retour rapide du Niger à la paix s’impose. Il est bien connu qu’il ne peut y avoir de développement économique ni politique sans cette paix. L’on ne peut donc, par exemple, organiser dans les délais les élections présidentielles et législatives de 2009. Ni initier et poursuivre des programmes porteurs pour les populations. Ce conflit dans le Nord doit interpeller la conscience de toutes les bonnes volontés, où qu’elles soient, afin que reverdisse enfin le désert.

    Le président Tandja dont le deuxième et dernier mandat expire en décembre 2009 doit impérativement prendre la mesure de tous ces défis. Cela pour éviter avant de partir de faire comme ce valet de chambre qui, voyant le château de sa patronne en flammes, appelle celle-ci pour lui dire " A part votre château qui brûle, tout va bien, Madame la Marquise !".

    * Albert Chaibou est directeur de publication de l'hebdomadaire privé 'Le Démocrate',

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  • Depuis plusieurs mois, une rébellion, composée essentiellement de Touaregs du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), a démarré dans le nord du Niger, en réaction à un gigantesque projet minier conduit, notamment, par le groupe français Areva. Cette vaste région détient d’importantes mines d’uranium, dont deux sont exploitées, depuis quarante ans, par Areva. La rébellion d’aujourd’hui a démarré suite à l’octroi de 122 permis de recherche et d’exploitation de l’uranium dans une zone de transit crucial pour les Touaregs.

    Cette zone est maintenant défendue par l’armée nigérienne qui protège les intérêts d’Areva, principal bénéficiaire des permis d’exploitation. Elle recouvre une immense nappe aquifère souterraine fossile, donc non renouvelable, et des zones humides écologiquement très fragiles, indispensables à la survie des populations agro-pastorales autochtones.?

    Avec l’assentiment tacite de la France, le président du Niger, Mamadou Tandja, refuse de négocier avec le MJN et a donné les pleins pouvoirs à l’armée nigérienne sur la région d’Agadez. L’état d’exception y a été décrété, avec son cortège d’exécutions sommaires ciblées, d’arrestations arbitraires, de destruction des moyens de subsistance des nomades (cheptel abattu, activités agricoles rendues impossibles, approvisionnements restreints…), de déplacements de populations, d’interdiction d’ONG, de contrôle des radios et de la presse.

    L’ampleur de la répression laisse, en réalité, peu de choix aux populations, essentiellement touaregs dans cette partie du Niger. Même les plus modérés sont amenés à prendre les armes pour assurer la survie de leur communauté de plus de 400 000 membres. Ainsi, le ralliement d’Issouf Ag Maha, maire d’une commune dans laquelle il a initié des projets d’agriculture biologique, intellectuel reconnu et réputé jusqu’ici comme pacifiste, est un coup dur pour le pouvoir, car il montre que les rebelles sont bien autre chose que des « bandits armés » ou une « bande de trafiquants » comme le prétend le pouvoir.

    La situation des droits humains est extrêmement préoccupante au nord du Niger, et il faut qu’une mobilisation?la plus large possible se mette en place pour faire cesser la répression féroce, en particulier les exécutions sommaires et les nombreuses arrestations arbitraires attestées par Amnesty International et Human Rights Watch. L’épisode de l’arrestation de deux journalistes français, qui ont cherché à entrer en contact avec le MNJ, en dit long sur la volonté d’opacité du gouvernement qui cherche à camoufler ses exactions. Moins médiatisé, l’emprisonnement du journaliste correspondant de Radio France internationale, Moussa Kaka, en prison au Niger (Ndlr : depuis huit mois) pour avoir eu, dans le cadre de son travail, des contacts avec la rébellion touareg, a fait l’objet d’un nouvel appel de Reporters sans frontières.

    Le gouvernement français, s’il souhaitait réellement rompre avec le système de la « Françafrique », aurait ?déjà dû interrompre son aide logistique au gouvernement nigérien. Une convention avec le Niger lui permet, en effet, l’envoi de matériel et de « conseillers ».

    Force est de constater, une nouvelle fois, que le lobby international du nucléaire s’accommode mal de la démocratie. Tous les projets nucléaires récents se développent dans des pays qui bafouent autant les droits de l’homme que l’environnement : la Chine, la Libye (avec les ventes d’EPR), et maintenant ce projet minier pharaonique au nord du Niger qui risque de transformer une fragile et précieuse région en une vaste poubelle nucléaire.

    Naissance d’un collectif

    Un collectif « Areva ne fera pas la loi au Niger » a été créé. Il est déjà soutenu par Attac, le Cedetim, le Collectif Tchinaghen [1], la LCR, les Verts, le réseau Sortir du nucléaire, Sud-énergie, Survie, Via campesina. Ses revendications s’articulent autour de deux axes. D’abord, l’arrêt de la répression, le respect des droits humains et une action en?faveur?d’un?retour rapide à?la?paix. Ensuite, un moratoire sur tous les nouveaux projets miniers, tant que tous les problèmes liés à ce type d’exploitation n’auront pas été résolus (expertises et contrôles sanitaires, études d’impact sur l’eau, dépollution? des?sites? déjà? ex ploités, gestion de l’après-mine, etc.).

    Ce collectif espère s’élargir à de nombreux autres soutiens, dans une perspective de solidarité internationale pour le respect des droits des peuples autochtones et des travailleurs. Un appel spécifique en direction des confédérations syndicales est prévu, à l’initiative des militants du syndicat Sud-énergie. Les différentes actions prévues (expositions photo, tournées dans les sites français d’extraction, brochures et affiches, projections…) s’inscrivent dans une logique de mise en cause d’Areva par un procès citoyen.

    (…) La question du partage des richesses se pose de façon criante au Niger : « Dans cette zone, les populations ne sont que des victimes, exclues des bénéfices des richesses exploitées », a estimé Rhissa Feltou, conseiller municipal d’Agadez, lors de la conférence du 25 mars à l’Assemblée nationale française. Après quarante ans d’exploitation de l’uranium par Areva, payé à un prix très inférieur à celui du cours mondial, les Nigériens sont toujours aussi pauvres. Le pays est parmi les plus pauvres du monde, alors qu’Areva distribue ses milliards d’euros de profit à ses actionnaires. Payer quarante ans l’uranium à un prix nettement inférieur au prix du marché est un vol manifeste, même selon les critères capitalistes. Areva – et donc l’État français qui en est l’actionnaire majoritaire – a véritablement spolié le peuple nigérien.

    «Et ce n’est pas la légère revalorisation, intervenue en 2007, qui améliorera les choses, car un véritable système de récupération de la manne de l’uranium semble s’être mis en place, dans l’entourage du président nigérien. À la dette écologique, liée aux dégâts de l’extraction, s’ajoute donc une dette financière d’Areva envers le peuple nigérien. Au-delà du nécessaire partage immédiat des richesses, il est aussi important de souligner,?pour répondre à Areva qui prétend apporter le « progrès » au Niger, qu’un autre développement serait possible.

    «Les trois milliards d’euros qu’Areva compte investir pour éventrer le Niger et souiller ses nappes phréatiques pourraient, par exemple, servir à lancer une véritable industrie de production de panneaux solaires, laquelle permettrait de concilier développement économique, environnement et accès à l’énergie. À titre d’exemple, le projet alternatif à l’EPR en France, présenté par le réseau Sortir du nucléaire, montrait qu’avec un somme à peu près équivalente (un peu plus de trois milliards d’euros), il était possible de créer plus de dix mille emplois pérennes, soit six fois plus que ce qui est prévu par Areva.

    Il s’agit donc de la sauvegarde d’un peuple dont les fragiles conditions de survie sont mises en péril par Areva, symbole du pillage impérialiste à la française. Imposons l’arrêt de ce pillage, en commençant par exiger le paiement de l’uranium à un prix correspondant au prix du cours mondial et en demandant la création d’un fonds de dédommagement des préjudices causés. Il faut, de plus et surtout, s’opposer à ce qu’Areva commence un nouveau projet avant d’avoir réparé les immenses dégâts qu’elle a créés, notamment dans la région?d’Arlit (…).

    * Laurent Grouet est membre de la Ligue communiste révolutionnaire, une organisation politique française.

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    Dans le cadre programme sur la lutte contre la désertification à soumettre le 23 mai 2008, le Réseau de Développement d'Agriculture Durable(REDAD) au Bénin (Afrique de l'ouest) recherche une ONG partenaire au Bhoutan. Le programme concerne le Bénin, le Bhoutan et le Costa Rica. L'ONG doit être du domaine de l'agriculture et avoir une expérience dans la foresterie. Pour tout renseignement complémentaire, bien vouloir contacter le REDAD avec pour Email : [email][email protected] ou l'Ong GRAPAD avec pour Email : [email][email protected] ou [email][email protected]

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  • Contributor | Gouvernance

    Le Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, nommé en février 2007, a été limogé le 20 mai par décret présidentiel. Ahmed Tidiane Souaré a été nommé pour le remplacer. M. Kouyaté, 58 ans, avait été nommé sur proposition des syndicats et sous la pression de la communauté internationale au terme d'une série de grèves générales accompagnées d'une vague de contestation de plusieurs semaines contre le régime de M. Conté, alors accusé de mauvaise gestion et de corruption.

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  • Contributor | Gouvernance

    L'Alliance des Touaregs du Nord du Mali (ATNM) a posé 5 conditions à l'offre de paix proposée par le président malien, Amadou Toumani Touré, dans le cadre de la médiation entreprise par une délégation de la Ligue populaire et sociale des tribus du "Grand Sahara". Cette délégation avait été dépêchée au Mali sur initiative du colonel Mouammar Kadhafi en vue d'une réconciliation entre les Touaregs et les autorités de ce pays.

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  • Contributor | Gouvernance

    Alors qu’une obligation de quitter le territoire français pesait sur lui, un jeune Tunisien s’est vu accorder un titre de séjour pour une durée de trois mois lui a été accordé le 19 mai, pour acte de bravoure. Le 21 avril 2008, il avait sauvé une nonagénaire handicapée, prisonnière dans son appartement en feu, en appelant les secours.

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  • Contributor | Gouvernance

    «Le Journal de l'Afrique en France», c'est la thèse que l'image de l’Afrique projetée à l’extérieur du continent est trop souvent négative et réductrice. Dans cette « anti-négrologie » retentissante, tout le monde en prend pour son grade. Page après page, l’auteur, Damel Maïssa Fall, condamne sans appel et s'applique à déconstruire, au moyen de 500 documents de presse, ce qu'il considère comme un système de représentation étriqué.

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  • Contributor | Gouvernance

    Pour empêcher les partisans de Morgan Tsvangirai, le chef de l'opposition, de voter lors du second tour des élections, les miliciens de Robert Mugabe, le président du Zimbabwe, les tabassent et brûlent leurs maisons. Et ils achètent les chefs locaux avec les vivres de l'aide internationale. Les témoins se cachent pour parler.

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  • Contributor | Gouvernance

    Des organisations de la société civile nigérienne constituées en un « Mouvement citoyen » ont appelé à une manifestation le 21 mai pour dénoncer une nouvelle loi accordant des indemnités «faramineuses aux députés ». Selon le président du Mouvement citoyen, Nouhou Arzika, « cette marche tend à dénoncer la violation grave des droits humains perpétrés par les députés nationaux à travers ce nouveau statut dont ils se sont dotés au mépris des citoyens ».

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  • Contributor | Gouvernance

    Le parti au pouvoir au Zimbabwe a rejeté le mardi 20 mai les accusations de l'opposition selon lesquelles les services de renseignement militaire du régime de Harare comploteraient pour assassiner ses dirigeants. M. Tsvangirai a repoussé son retour prévu le week-end dernier au Zimbabwe, qu'il avait quitté peu après les élections générales du 29 mars, en invoquant un projet d'assassinat contre sa personne. Le numéro deux du MDC Tendai Biti a affirmé lundi que "les services de renseignement militaire de Mugabe ont établi une liste de 36 à 40 personnes à assassiner", dont M. Tsvangirai, lui-même et le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa.

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    Le président nigérian Umaru Yar'Adua dont l'élection en 2007 est sous le coup d'une procédure d'annulation lancée par l'opposition, a annoncé qu'il quittera le pouvoir en cas d'invalidation du résultat électoral par la Cour suprême. Plusieurs gouverneurs d'Etat ont vu leur élection annulée par la justice et Umaru Yar'Adua, dont le principe de base est le respect de la loi, a demandé à chaque fois à ces gouverneurs de quitter leur fonctions conformément à cette décision. Deux opposants ont déposé des recours contre une décision d'un tribunal ayant validé l'élection d'Umaru Yar'Adua.

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  • Contributor | Gouvernance

    La fille de l’ancien président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, accusée de corruption, a été arrêtée par la police le 19 mai sur ordre du juge de la Haute cour d’Abuja. Le juge de la Haute cour de justice d’Abuja a ordonné l’arrestation de la sénatrice, Iyabo Obasanjo-Bello, a qui il a été refusé une liberté sous caution. Mme Iyabo a plaidé non coupable au sujet des accusations portant sur un pot-de-vin de 10 millions de naira (85.470 USD) versé au ministre de la Santé.

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  • Contributor | Gouvernance

    Une nouvelle campagne de prévention du VIH ciblant les chauffeurs de véhicules commerciaux et leurs passagers a été lancée au Burundi et a provoqué des réactions, certains la considérant comme nécessaire dans la lutte contre le sida, d'autres la trouvant brutale et contraire à la culture du pays, en raison du «langage cru» utilisé. Il reste que ce «permis» commence à connaître un réel succès.

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    Depuis le lancement de l'opération Epervier contre la corruption, un haut responsable est démis de ses fonctions chaque jour. C'est au tour cette fois du chef de la police des frontières d'être limogé pour corruption. Ce dernier aurait eu tendance à monnayer la délivrance des passeports et des visas. Il n’est pas le seul policier à être mis en cause ; plusieurs hauts responsables ont dû quitter leur fonction.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a invité le Tchad et le Soudan à faire preuve de plus de retenue et de recourir au dialogue pour résoudre leur différend, après la rupture de leurs relations diplomatiques en début de semaine. Les deux pays ont également fermé leur frontière commune à la suite d’une attaque des rebelles sur Khartoum le 10 mai 2008, que le Soudan impute au Tchad. Le CPS a condamné le 15 mai, dans une déclaration, les attaques armées perpétrées par le Mouvement pour la Justice et l’Egalité (JEM), un acte qu’il a qualifié d’inacceptable.

    Tagged under Gouvernance Chad

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    Le ministre ivoirien de la Communication a invité les représentants de la presse internationale à jouer leur partition dans le processus de sortie de crise et de veiller à être en sécurité pendant la prochaine élection présidentielle, prévue le 30 novembre 2008. « Je ne peux pas donner de garantie. Le gouvernement fait tout pour que chacun d’entre nous soit en sécurité. Même si je ne peux pas garantir votre sécurité, votre insécurité me concerne», a déclaré le ministre ivoirien.

  • Contributor | Gouvernance

    Un étudiant a été tué, défenestré du 4ème étage d'un bâtiment de la cité universitaire de Marrakech, plusieurs autres ont été blessés et des centaines ont été arrêtés le 15 mai, au cours d'une émeute estudiantine violemment réprimée par les forces de l'ordre. Selon la presse, les affrontements entre policiers et étudiants ont commencé lorsque ces derniers ont entamé une marche allant de la cité universitaire vers l'université, pour présenter leurs revendications.

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  • Contributor | Gouvernance

    L'opposition zimbabwéenne a lancé le 18 mai sa campagne pour le second tour de la présidentielle du 27 juin, avec la volonté affichée "d'enterrer" le régime du président Robert Mugabe. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC-opposition) a tenu son premier meeting à Bulawayo, sa grande place forte, en l'absence de son chef Morgan Tsvangirai, qui avait reporté son retour le 17 mai, par crainte d'être "assassiné", et qui est resté en Afrique du sud.

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  • Contributor | Gouvernance

    CHRONIQUE : Paix et développement : Les voies et moyens pour «plumer l’œuf».
    COMMENTAIRES ET ANALYSES : Césaire, Bien aimé de l’Humanité, mal aimé des dirigeants politiques africains.
    ARTS ET LIVRES : Bénin : «Africa Paris» ou l’immigration en sens inverse.
    ZIMBABWE : La violence proche du «niveau critique» selon l’ONU.
    FEMMES & GENRE : Djibouti : Lancement d’une campagne pour éliminer la mutilation génitale féminine.
    DROITS HUMAINS : Afrique du Sud : Face à un apartheid des salaires.
    REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Algérie : Vingt candidats à l’émigration clandestine arrêtés au large.
    ELECTIONS & GOUVERNANCE : Sénégal : Enième révision constitutionnelle.
    DEVELOPPEMENT : Afrique : Le co-développement actuel est de la poudre aux yeux.
    SANTE ET VIH/SIDA : Bénin : La «cécité des rivières» vaincue.
    EDUCATION : Rwanda : Les enfants de la rue en formation de métier.
    LGBTI : Sénégal : Les homosexuels dans un environnement hostile.
    RACISME ET XENOPHOBIE : Global : les Services secrets américains devant la justice pour racisme.
    ENVIRONNEMENT : Afrique du Sud : Le braconnage suscite des inquiétude.
    MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Burundi : une employée de la télé publique assassinée.
    BIEN-ETRE SOCIAL : Afrique : Lancement d’un projet de Handicap International dans six pays.
    CONFLITS ET URGENCES : Afrique : Le Tchad ferme sa frontière avec le Soudan.
    INTERNET & TECHNOLOGIES : Afrique : La clientèle des mobiles a bondit 33% en 2007.

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  • Il n’est pas certain que l’extrême personnalisation du conflit et la diabolisation de l’un des principaux protagonistes - Robert Mugabe en l’occurrence - aient aidé en quoi que ce soit à clarifier les enjeux de la lutte sociale et politique en cours au Zimbabwe. D’une part, en faisant de cet autocrate un monstre absolu et le parangon de l’irrationalité, on se prive des moyens d’expliquer comment, pendant les quinze premières années de son règne, il est parvenu à bâtir un pays relativement moderne, doté d’infrastructures viables et d’une économie sans doute insuffisamment diversifiée, mais à plusieurs égards productive.

    On fait également l’impasse sur le fait qu’au cours de cette période, il a assuré à une bonne partie de ses citoyens un minimum de sécurité sociale. Au passage, le Zimbabwe a enregistré d’importants progrès en matière de scolarisation et de santé, fructifiant ainsi son capital humain et portant celui-ci à des niveaux que n’avait jamais atteint le régime colonial.

    D’autre part, en faisant comme si Mugabe était à lui tout seul la cause de tous les malheurs du Zimbabwe, on oublie que jusqu’à la fin des années 1990, son pouvoir reposait sur une base sociale relativement élargie. Il bénéficiait en effet du soutien actif de groupes d’intérêt et d’une caste passablement bien organisée, bien représentée au sein de l’appareil d’État, de l’armée, de la bureaucratie et dans les entreprises en particulier, et profondément enracinée dans la société.

    Contrôlé par le parti dominant (ZANU-PF), l’État décidait des avantages et des exemptions, accordait des faveurs, distribuait des subsides et garantissait la transmission des avantages acquis. En contrepartie des possibilités d’ascension sociale, de mobilité professionnelle et d’accumulation des richesses, cette constellation d’intérêts toléra plus ou moins, au cours de la même période, un modèle d’assujettissement fait de répression policière, de paternalisme et d’accommodement négocié.

    Auréolé de la légitimité forgée au cours de la lutte contre le régime raciste et minoritaire de Ian Smith, Mugabe était parvenu par ailleurs à instiller au sein de la population zimbabwéenne une sensibilité et une fierté patriotique, nationaliste et anticolonialiste. Les affiliations partisanes nonobstant, cette sensibilité fait désormais partie intégrante de la culture politique de ce pays et contribue à en façonner l’identité sur la longue durée.

    Par assentiment, par peur ou par habitude, la contrainte avait été peu à peu internalisée même si la dissidence en tant que telle n’avait jamais été totalement étouffée. Dans les zones rurales, l’éthos du pouvoir était plus ou moins partagé par la population, et la répression, virtuelle, occasionnelle ou récurrente, n’explique pas à elle seule les formes d’adhésion culturelle dont bénéficia ce projet de domination.

    Du reste, c’est la combinaison de ces facteurs qui explique qu’après 28 ans au pouvoir et malgré la défection de certains de ses soutiens historiques (syndicats, classes moyennes désormais appauvries, jeunes sans emploi des bidonvilles et cadres frappés par la clochardisation), Mugabe commande encore aujourd’hui près de 43% des suffrages, soit un peu moins de la moitié de la population en âge de voter.

    Le mélange d’hystérie et d’hypocrisie qui, à l’intérieur et hors du continent accompagne la tourmente en cours ne contribue qu’à obscurcir davantage encore ce qui, n’eut été l’ampleur des souffrances inutiles endurées par la population et notamment par les plus démunis, ne serait qu’une banale crise d’une dictature essoufflée, dont la perversité n’a d’égale que la sénilité. Après tout, la manière dont Mugabe aura colonisé la société zimbabwéenne et exercé le pouvoir depuis 1981 est loin d’être unique dans les annales des satrapies africaines.

    Si l’on écarte les massacres perpétrés dans le Matabeleland au début des années 1980 et qui, de l’avis de nombreux observateurs, vaudraient sans doute un passage devant le Tribunal pénal de la Haye, il est responsable de bien moins de morts que de nombreux autres tyrans africains. Après tout, les coresponsables du génocide au Rwanda et les seigneurs des guerres d’Angola, du Mozambique, du Darfour, d’Éthiopie et d’Érythrée, du Burundi, d’Ouganda, de l’Est du Congo Démocratique, de la Sierra Leone ou de la Somalie portent bien sur leurs têtes - calcul macabre s’il en était - au minimum deux ou trois bons millions de victimes directes et indirectes. La plupart jouissent pourtant d’une totale impunité et les chances de les assigner un jour en justice sont quasi-inexistantes.

    Sur un autre plan, Mugabe n’est pas le seul tyran sénile à vouloir, par tous les moyens, rester au pouvoir jusqu’à sa mort. Qu’il s’agisse de Paul Biya (Cameroun), Omar Bongo (Gabon), Idriss Deby (Tchad), Eduardo dos Santos (Angola), Denis Sassou Nguesso (Congo), Lansana Conté (Guinée), Ben Ali (Tunisie), Yahya Jammeh (Gambie), Hosni Mubarak (Égypte), Muammar Gaddaffi (Lybie), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Yoweri Museveni (Ouganda), Meles Zenawi (Éthiopie), Paul Kagame (Rwanda) ou Teodoro Obiang Nguema (Guinée Équatoriale), la durée au pouvoir de nombreux autocrates africains varie entre 20 et 40 ans. La possibilité de renverser par la voie électorale les régimes établis n’existant pratiquement pas, seule la mort du despote sous sa forme naturelle (maladie) ou criminelle (meurtre, assassinat) est susceptible de mettre un terme (et encore) à la tyrannie.

    Finalement, en matière de « bonne gouvernance », le Zimbabwe n’est pas le seul pays africain à avoir fait l’expérience de fraudes électorales. Dans la plupart des pays francophones par exemple, la corruption électorale et la brutalité politique constituent, depuis l’époque coloniale, des rouages essentiels du maintien au pouvoir. Par ailleurs, en dépit de la confiscation de propriétés redistribuées ensuite aux hommes de main du régime, la fortune personnelle de Mugabe est de très loin inférieure au butin amassé des décennies durant par les kleptocrates du Kenya, du Nigeria, du Gabon, de Guinée ou du Cameroun où la privatisation des ressources publiques, la prédation et la vénalité constituent des modes à part entière de gouvernement.

    Misères du nationalisme anticolonial

    Comment se fait-il donc que dans un continent généralement livré au cynisme et à la perversité, cet ancien héros de l’indépendance, symbole d’une certaine idée de l’émancipation africaine, soit tombé si facilement dans la trappe du mépris et de l’opprobre et ait été si prestement désigné pour servir de bouc émissaire aux turpitudes de tous, Africains et non-Africains, alors que ses agissements relèvent de ce qui, ici, a fini par tenir lieu de norme ?

    Aux yeux de nombreux Africains, l’explication tient en un mot. Mugabe est mis à l’index parce qu’il aurait attenté à la propriété des fermiers blancs. Se serait-il limité à brutaliser ses congénères noirs que ses agissements n’auraient suscité aucun cri de haine de la part de ceux qui, aujourd’hui, veulent sa tête sur le plateau d’argent des droits de l’homme et de la démocratie.

    Mais l’on peut également faire valoir que par-delà l’hypocrisie et le cynisme des nations, la raison principale de son échec tient à la faillite politique et morale d’une certaine idée de l’émancipation africaine héritée des nationalismes anticoloniaux de l’après-guerre.

    La présence de fortes minorités blanches a marqué d’une empreinte singulière l’expression des nationalismes africains en Afrique australe. Dans cette sous-région caractérisée dès le XVIIIe siècle par l’implantation de colonies de peuplement, des États racistes avaient été mis en place dans la foulée de la conquête européenne. Dans la mise en œuvre de cette politique des races, ces États avaient érigé la ségrégation, la cruauté et l’expropriation économique des Africains en autant d’éléments décisifs de leurs modes de gouvernement. Pendant longtemps, l’Afrique du Sud constitua l’emblème paroxystique de cette perversité.

    Or, de l’idéologie coloniale et raciste, les nationalismes africains ont repris, sur un mode mimétique, deux éléments centraux.

    D’une part, ils ont adhéré à l’idée alors répandue au long du XIXe siècle selon laquelle la colonisation fut un processus de conquête, d’asservissement et de « civilisation » d’une race par une autre. Au demeurant, la plupart des mouvements armés luttant pour l’indépendance de l’Afrique ont internalisé la fable selon laquelle l’histoire elle-même se ramènerait à un affrontement des races. Dans cette lutte pour la vie, les conflits de race ne se superposeraient pas seulement aux conflits de classe. La race serait la matrice des rapports de classe et, à ce titre, le moteur de la guerre sociale.

    L’idéologie de la suprématie blanche (dont les nationalismes africains étaient la réponse) partait exactement du même postulat. Au sein des États racistes de l’Afrique australe, les indigènes n’étaient pas des citoyens. Ils étaient des sujets raciaux considérés comme des ennemis tant qu’ils ne se soumettaient pas sans conditions à un ordre politique gouverné par la violence. Politique et violence formaient, dans tous les cas, un seul et même faisceau, une distinction étant cependant établie entre la violence supposée pure des mouvements de résistance et la violence jugée immorale des colonisateurs.

    Dans le même esprit, les mouvements armés anticoloniaux considéraient que l’ennemi était toujours, par principe, d’une autre race. L’émancipation consistait, quant à elle, à purifier constamment la société de cette autre race, de préférence en inversant radicalement les rapports de propriété et en restituant aux Africains tout ce qu’ils perdirent au moment de l’affrontement initial (terres, traditions, dignité).

    Le deuxième élément que les nationalismes africains empruntèrent à l’idéologie coloniale avait trait à l’identification de la politique et de la guerre. Là où cette conflation de la politique et de la guerre fut poussée jusqu’au bout comme ce fut le cas en Angola et dans une moindre mesure au Mozambique, la conséquence fut la défaite militaire des colons blancs, leur départ massif et l’accaparement de leurs biens par les nouveaux régimes, l’instauration d’États nègres, l’avènement d’une nouvelle classe dominante suivi d’une guerre civile prolongée et opposant cette fois-ci les Noirs entre eux.

    Dans les cas où en dépit de la lutte armée, les conditions d’une victoire militaire nette ne furent jamais réunies, les mouvements de libération utilisèrent la violence en tant qu’élément complémentaire d’une stratégie de négociation et de compromis foncièrement politique. Au terme de tels compromis, ces États se sont retrouvés avec de substantielles minorités blanches. Défaites sur le plan politique, ces minorités ont néanmoins conservé l’essentiel de leurs biens après la décolonisation. Dans nombre de cas, ces minorités raciales continuent d’exercer une hégémonie culturelle sur la société. Il en est ainsi de l’Afrique du Sud et, dans une bien moindre mesure, de la Namibie et du Zimbabwe.

    Déracialisation de la propriété

    Déracialiser le pouvoir et la propriété au bénéfice des Africains, tel a donc toujours été le moteur des nationalismes anticoloniaux en Afrique australe. En dépit des compromis passés au moment de la transition des « pouvoir pales » aux « pouvoirs nègres», l’idée d’un renversement radical des rapports coloniaux de pouvoir et des rapports de propriété a continué de hanter l’imaginaire politique de ces pays longtemps après les indépendances.

    C’est ce qui est arrivé au Zimbabwe lorsque, sur fonds de crise économique au début du XXIème siècle, l’ancien mouvement de libération a été obligé de faire face à une opposition interne et structurée.

    Afin d’étouffer cette opposition, le régime au pouvoir a alors fait main basse sur l’extraordinaire gisement symbolique qu’a toujours représenté, dans la société et la culture, le rêve de déracialisation de la propriété. En même temps, il a réactivé la ressource imaginaire que fut, au moment de la mobilisation anticoloniale, la lutte des races. Mais cette fois-ci, la race en question est composée à la fois des fermiers blancs et de l’opposition noire.

    Dans un bouillonnement brouillon qui n’avait rien de révolutionnaire, la lutte pour le maintien au pouvoir a été assimilée à la lutte anticoloniale. Sous le couvert d’une réforme foncière menée dans une brutale improvisation, il a confisqué des fermes appartenant à des zimbabwéens blancs avant de les transférer à ses affidés, à la manière d’un butin de guerre.

    Puis, faute d’armer purement et simplement tous ses partisans, il s’en est pris aux structures de l’économie dans le but d’instrumentaliser le désordre et le chaos. Il en a résulté une dégradation dramatique des conditions matérielles des populations et une paupérisation généralisée que les problèmes de ravitaillement, la dévaluation vertigineuse de la monnaie, le recours aux réquisitions et au contrôle des prix et des salaires n’ont fait qu’accélérer. La quasi-confiscation des élections ne constitue qu’un épisode de plus de ce long processus.

    Sortir de l’indigénisme

    Qu’il s’agisse de la colonisation ou de l’apartheid, l’expérience des « pouvoirs blancs » en Afrique a été désastreuse. Qu’il en ait été ainsi s’explique largement par le fait que ces pouvoirs étaient mus par la logique des races et l’esprit de violence qui en était le corollaire.

    Dans leur forme comme dans leur contenu, les nationalismes africains se sont malheureusement contentés de récupérer à leur profit et dans un geste purement mimétique et cette politique des races, et son esprit de violence. Au lieu d’embrasser la démocratie, ils ont mis cette logique et cet esprit au service d’un projet de perpétuation de leur propre pouvoir. C’est ce projet d’un pouvoir sans autre justification que lui-même qui, aujourd’hui, rencontre ses limites au Zimbabwe et ailleurs sur le Continent.

    Dans la crise au Zimbabwe se jouent par conséquent deux ou trois questions décisives pour l’avenir de l’Afrique. D’une part, si le rêve d’émancipation africaine n’a été que l’envers mimétique de la politique et de la violence de la race mise en branle par la colonisation, alors il est temps d’imaginer une sortie du nationalisme qui ouvre la voie à une conception afropolitaine et post-raciale de la citoyenneté, faute de quoi les Africains d’origine européenne n’ont aucun avenir en Afrique.

    D’autre part, les Africains d’origine européenne n’auront d’avenir en Afrique que si l’on procède effectivement à une déracialisation et une mutualisation de la propriété. Déracialiser la propriété ne signifie pas expropriation pure et simple des blancs, mais investissements multiformes en vue de la fructification de l’ensemble du capital humain disponible. Or, cette fructification de l’ensemble du capital humain disponible n’est guère possible dans un contexte de tyrannie. D’où l’inconditionnelle nécessité d’un véritable passage à la démocratie. Tel étant le cas, Mugabe – et tous les autres - doivent partir. Mais qui peut jurer aujourd’hui que leurs successeurs feront nécessairement mieux ?

    * Achille Mbembe est professeur sénior de recherche en Histoire et Politique à l’Institut de recherche économique et social de l’Université de Witwatersrand (Wits Institute for Social and Economic Research - WISER), à Johannesburg.

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