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    n réaménagement du gouvernement est intervenu le 1er avril, après les manifestations contre la vie chère que Dakar a connues. Il est marqué par le départ de Me Ousmane Ngom de la tête du ministère de l’Intérieur. Un nouveau ministre du Commerce a été aussi nommé en la personne de Mamadou Diop «Decroix», qui retrouve ce poste qu’il avait naguère occupé.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le 25 mars 2008, Buya Jammeh, journaliste du "Daily Observer", journal progouvernemental, a été licencié par la Direction du journal après qu'il a été élu membre du bureau exécutif du Syndicat des Journalistes Gambiens (GPU). La décision est tombée après que son directeur lui a demandé au préalable de démissionner de ses fonctions.

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  • Contributor | Gouvernance

    La Mauritanie vient d'octroyer pour un an, 300 licences de pêche aux Sénégalais évoluant dans la pêche artisanale et 10 licences pour la pêche industrielle. Mais obligation est faite aux pêcheurs sénégalais de décharger 10 % de leurs prises en Mauritanie. Tels sont les nouveaux accords de pêche paraphés le 26 mars, à Nouakchott, par le ministre mauritanien des Pêches

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    L'Afrique a enregistré une croissance économique légèrement en progrès en 2007, mais le continent est encore loin d'être entré dans une dynamique susceptible de lui permettre de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) d'ici l'année 2015, selon le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), Abdoulie Janneh. Il a indiqué qu'en 2007 l'Afrique avait obtenu un taux de croissance économique de 5,8%, contre 5,7% l'année précédente.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le parti Action Congress du Nigeria (AC, opposition), a réclamé des sanctions contre les députés fédéraux impliqués dans un scandale de partage de 300 millions de nairas au ministère de la Santé (117 nairas = 1 dollar US). Cette demande, contenue dans un communiqué transmis à Lagos, le 26 mars, est formulée un jour après la démission du gouvernement fédéral du ministre de la Santé et de son délégué et la suspension de dizaines de hauts responsables de ce ministère.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le Nigeria envisage de baisser ses tarifs douaniers de 50 à 30%, a déclaré son ministre des Finances. Cette baisse envisagée entre dans le cadre de la politique des tarifs communs au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui regroupe quinze de pays.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le gouvernement nigérien a accordé une enveloppe de 1,5 milliard FCFA pour les communes de la région d’Agadez, théâtre depuis plus d’un an d’une rébellion conduite par le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ. Cette somme a été octroyée en vertu de la nouvelle loi minière du Niger qui exige du gouvernement de rétrocéder une part de 15 pour cent au profit des budgets des communes des régions concernées par l’extraction minière.

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  • Contributor | Gouvernance

    La communauté des personnes handicapées du Kenya a dénoncé, le 28 mars, la marginalisation dont ses membres ont été victimes de la part des gouvernement successifs du pays, déclarant espérer que le prochain gouvernement de grande coalition sera à même de s’occuper des problèmes de cette frange de la population. Les handicapés du Kenya n’ont pas réussi a obtenir un siège de représentant au Parlement à l’issue des élections de décembre dernier.

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  • Contributor | Gouvernance

    CHRONIQUE : Le phénomène Obama, un grand tournant pour une grande nation ?
    COMMENTAIRES ET ANALYSES : Barak Obama : Le sens de l’espoir
    ARTS ET LIVRES : Tout sur les hommages à Sembène Ousmane
    ZIMBABWE : Mugabe assure qu’il restera au pouvoir.
    FEMMES ET GENRE : Afrique : Les femmes parlementaires d’Afrique centrale se concertent.
    DROITS HUMAINS : Ouganda : Un atelier des travailleurs du sexe interdit.
    REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Ghana : Protestation du HCR après l’expulsion des réfugiés libériens.
    MOUVEMENTS SOCIAUX : Bénin : Reconduction du moratoire sur l’importation des OGM.
    ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Comores : L’armée de l’UA dans la capitale d’Anjouan.
    CORRUPTION : Angola : Enquête en Suisse sur un détournement de revenus pétroliers.
    AFRIQUE ET CHINE : Aide au Sénégal pour réaliser l’autosuffisance alimentaire.
    CORRUTION : Côte d’Ivoire : La corruption continue malgré le processus de réunification.
    DEVELOPPEMENT : Afrique : Le Mozambique pourrait fournir de l’électricité au Swaziland.
    SANTE ET VIH/SIDA : Afrique : 62 % des populations n’ont pas accès à une installation sanitaire améliorée.
    EDUCATION : Bénin : Création d’une école de formation en foresterie.
    ENVIRONNEMENT : Afrique : Seuls 4% des ressources en eau sont utlisés
    MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Afrique : La BAD accueille le 3e sommet des médias africains.
    CONFLITS ET URGENCES : Angola : L’Irlande s’investit dans les opérations de déminage
    INTERNET ET TECHNOLOGIES : Afrique : Lancement d’un site de recrutement dédié aux emplois.
    BIEN-ETRE SOCIAL : Bénin : Les jeunes agriculteurs préfèrent la vente des CD en ville à l’agriculture.

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  • Il y a deux cent vingt et un ans, un groupe d'hommes s’est rassemblé dans une salle qui existe toujours de l'autre côté de la rue, et avec ces simples mots, lança l'aventure inouïe de la démocratie américaine. Agriculteurs et savants, hommes politiques et patriotes qui avaient traversé l’océan pour fuir la tyrannie et les persécutions, donnèrent enfin forme à leur déclaration d’indépendance lors d’une convention qui siégea à Philadelphie jusqu’au printemps 1787. Ils finirent par signer le document rédigé, non encore achevé. Ce document portait le stigmate du péché originel de l’esclavage, un problème qui divisait les colonies et faillit faire échouer les travaux de la convention jusqu’à ce que les pères fondateurs décident de permettre le trafic des esclaves pendant encore au moins vingt ans, et de laisser aux générations futures le soin de l’achever.

    Bien sur, la réponse à la question de l’esclavage était déjà en germe dans notre constitution, une constitution dont l’idéal de l’égalité des citoyens devant la loi est le cœur, une constitution qui promettait à son peuple la liberté et la justice, et une union qui pouvait et devait être perfectionnée au fil du temps.

    Et pourtant des mots sur un parchemin ne suffirent ni à libérer les esclaves de leurs chaînes, ni à donner aux hommes et aux femmes de toute couleur et de toute croyance leurs pleins droits et devoirs de citoyens des Etats-Unis

    Il fallait encore que, de génération en génération, les Américains s’engagent —en luttant et protestant, dans la rue et dans les tribunaux, et en menant une guerre civile et une campagne de désobéissance civile, toujours en prenant de grands risques—, pour réduire l'écart entre la promesse de nos idéaux et la réalité de leur temps.

    C’est l’une des tâches que nous nous sommes fixées au début de cette campagne —continuer la longue marche de ceux qui nous ont précédé, une marche pour une Amérique plus juste, plus égale, plus libre, plus généreuse et plus prospère.

    J’ai choisi de me présenter aux élections présidentielles à ce moment de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pourrons résoudre les problèmes de notre temps que si nous les résolvons ensemble, que nous ne pourrons parfaire l’union que si nous comprenons que nous avons tous une histoire différente mais que nous partageons de mêmes espoirs, que nous ne sommes pas tous pareils et que nous ne venons pas du même endroit mais que nous voulons aller dans la même direction, vers un avenir meilleur pour nos enfants et petits-enfants.

    Cette conviction me vient de ma foi inébranlable en la générosité et la dignité du peuple Américain. Elle me vient aussi de ma propre histoire d'Américain. Je suis le fils d'un noir du Kenya et d'une blanche du Kansas. J’ai été élevé par un grand-père qui a survécu à la Dépression et qui s'est engagé dans l'armée de Patton pendant la deuxième Guerre Mondiale, et une grand-mère blanche qui était ouvrière à la chaîne dans une usine de bombardiers quand son mari était en Europe.

    J’ai fréquenté les meilleures écoles d'Amérique et vécu dans un des pays les plus pauvres du monde. J’ai épousé une noire américaine qui porte en elle le sang des esclaves et de leurs maîtres, un héritage que nous avons transmis à nos deux chères filles.

    J’ai des frères, des sœurs, des nièces, des neveux des oncles et des cousins, de toute race et de toute teinte, dispersés sur trois continents, et tant que je serai en vie, je n'oublierai jamais que mon histoire est inconcevable dans aucun autre pays.

    C’est une histoire qui ne fait pas de moi le candidat le plus plausible. Mais c’est une histoire qui a gravé au plus profond de moi l’idée que cette nation est plus que la somme de ses parties, que de plusieurs nous ne faisons qu’un.

    Tout au long de cette première année de campagne, envers et contre tous les pronostics, nous avons constaté à quel point les Américains avaient faim de ce message d'unité.

    Bien que l’on soit tenté de juger ma candidature sur des critères purement raciaux, nous avons remporté des victoires impressionnantes dans les états les plus blancs du pays. En Caroline du Sud, où flotte encore le drapeau des Confédérés, nous avons construit une coalition puissante entre Afro-Américains et Américains blancs.

    Cela ne veut pas dire que l'appartenance raciale n'a joué aucun rôle dans la campagne. A plusieurs reprises au cours de la campagne, des commentateurs m’ont trouvé ou « trop noir » ou « pas assez noir ».

    Nous avons vu surgir des tensions raciales dans la semaine qui a précédé les primaires de la Caroline du Sud. Les médias ont épluché chaque résultat partiel, à la recherche de tout indice de polarisation raciale, pas seulement entre noirs et blancs mais aussi entre noirs et bruns.

    Et pourtant ce n’est que ces deux dernières semaines que la question raciale est devenue un facteur de division.

    D’un côté on a laissé entendre que ma candidature était en quelque sorte un exercice de discrimination positive, basé seulement sur le désir de libéraux [Ndt : gens de gauche] candides d’acheter à bon marché la réconciliation raciale.

    D’un autre côté on a entendu mon ancien pasteur, le Rev. Jeremiah Wright, exprimer dans un langage incendiaire des opinions qui risquent non seulement de creuser le fossé entre les races mais aussi de porter atteinte à ce qu’il y a de grand et de bon dans notre pays. Voilà qui, à juste titre choque blancs et noirs confondus.

    J’ai déjà condamné sans équivoque aucune les déclarations si controversées du Rev. Wright. Il reste des points qui en dérangent encore certains.

    Est-ce que je savais qu’il pouvait à l’occasion dénoncer avec violence la politique américaine intérieure et étrangère ? Bien sûr. M’est-il arrivé de l’entendre dire des choses contestables quand j’étais dans son église ? Oui. Est-ce que je partage toutes ses opinions politiques ? Non, bien au contraire ! Tout comme j’en suis sûr beaucoup d’entre vous entendent vos pasteurs, prêtres ou rabbins proférer des opinions que vous êtes loin de partager.

    Mais les déclarations à l’origine de ce récent tollé ne relevaient pas seulement de la polémique. Elles n’étaient pas que l’indignation d’un leader spirituel dénonçant les injustices ressenties.

    Elles reflétaient plutôt une vue profondément erronée de ce pays —une vue qui voit du racisme blanc partout, une vue qui met l'accent sur ce qui va mal en Amérique plutôt que sur ce qui va bien. Une vue qui voit les racines des conflits du Moyen-Orient essentiellement dans les actions de solides alliés comme Israël, au lieu de les chercher dans les idéologies perverses et haineuses de l'Islam radical.

    Le Rev. Jeremiah Wright ne fait pas que se tromper, ses propos sèment la discorde à un moment où nous devons trouver ensemble des solutions à nos énormes problèmes : deux guerres, une menace terroriste, une économie défaillante, une crise chronique du système de santé, un changement climatique aux conséquences désastreuses. Ces problèmes ne sont ni noirs ni blancs, ni hispaniques ni asiatiques mais ce sont des problèmes qui nous concernent tous.

    Au vu de mon parcours, de mes choix politiques et des valeurs et idéaux auxquels j’adhère, on dira que je ne suis pas allé assez loin dans ma condamnation. Et d’abord pourquoi m’être associé avec le Rev. Jeremiah Wright, me demandera-t-on ? Pourquoi ne pas avoir changé d’église ?

    J’avoue que si tout ce que je savais du Rev. Wright se résumait aux bribes de sermons qui passent en boucle à la télévision et sur YouTube, ou si la Trinity United Church of Christ ressemblait aux caricatures colportées par certains commentateurs, j’aurais réagi de même.

    Mais le fait est que ce n’est pas tout ce que je sais de cet homme. L’homme que j’ai rencontré il y a plus de vingt ans est l’homme qui m’a éveillé à ma foi. Un homme pour qui aimer son prochain, prendre soin des malades et venir en aide aux miséreux est un devoir.

    Voilà un homme qui a servi dans les Marines, qui a étudié et enseigné dans les meilleures universités et séminaires et qui pendant plus de trente ans a été à la tête d’une église, qui en se mettant au service de sa communauté accomplit l’œuvre de Dieu sur terre : loger les sans-abris, assister les nécessiteux, ouvrir des crèches, attribuer des bourses d’études, rendre visite aux prisonniers, réconforter les séropositifs et les malades atteints du sida.

    Dans mon livre, Les Rêves de mon père, je décris mes premières impressions de l’église de la Trinity:

    « L'assistance se mit à crier, à se lever, à taper des mains, et le vent puissant de son souffle emportait la voix du révérend jusqu'aux chevrons (...). Et dans ces simples notes — espoir ! — j’entendis autre chose. Au pied de cette croix, à l'intérieur des milliers d'églises réparties dans cette ville, je vis l'histoire de noirs ordinaires se fondre avec celles de David et Goliath, de Moïse et Pharaon, des chrétiens jetés dans la fosse aux lions, du champ d’os desséchés d’Ezékiel.

    Ces histoires —de survie, de liberté, d’espoir— devenaient notre histoire, mon histoire ; le sang qui avait été versé était notre sang, les larmes étaient nos larmes. Cette église noire, en cette belle journée, était redevenue un navire qui transportait l’histoire d’un peuple jusqu'aux générations futures et jusque dans un monde plus grand.

    Nos luttes et nos triomphes devenaient soudain uniques et universels, noirs et plus que noirs. En faisant la chronique de notre voyage, les histoires et les chants nous donnaient un moyen de revendiquer des souvenirs dont nous n'avions pas à avoir honte (…), des souvenirs que tout le monde pouvait étudier et chérir - et avec lesquels nous pouvions commencer à reconstruire. »

    Telle a été ma première expérience à Trinity. Comme beaucoup d’églises majoritairement noires, Trinity est un microcosme de la communauté noire : on y voit le médecin et la mère assistée, l’étudiant modèle et le voyou repenti.

    Comme toutes les autres églises noires, les services religieux de Trinity résonnent de rires tapageurs et de plaisanteries truculentes. Et ça danse, ça tape des mains, ça crie et ça hurle, ce qui peut paraître incongru à un nouveau venu

    L'église contient toute la tendresse et la cruauté, l’intelligence l’extrême et l’ignorance crasse, les combats et les réussites, tout l'amour et, oui, l'amertume et les préjugés qui sont la somme de l’expérience noire en Amérique.

    Et cela explique sans doute mes rapports avec le Rev. Wright. Si imparfait soit-il, je le considère comme un membre de ma famille. Il a raffermi ma foi, célébré mon mariage et baptisé mes enfants.

    Jamais dans mes conversations avec lui ne l’ai-je entendu parler d’un groupe ethnique en termes péjoratifs, ou manquer de respect ou de courtoisie envers les blancs avec qui il a affaire. Il porte en lui les contradictions — le bon et le mauvais— de la communauté qu’il sert sans se ménager depuis tant d’années.

    Je ne peux pas plus le renier que je ne peux renier la communauté noire, je ne peux pas plus le renier que je ne peux renier ma grand-mère blanche, une femme qui a fait tant de sacrifices pour moi, une femme qui m'aime plus que tout au monde, mais aussi une femme qui m’avouait sa peur des noirs qu’elle croisait dans la rue et que, plus d'une fois, j’ai entendu faire des remarques racistes qui m'ont répugné.

    Ces personnes sont une partie de moi. Et elles font partie de l’Amérique, ce pays que j’aime.

    D'aucuns verront ici une tentative de justifier ou d’excuser des propos tout à fait inexcusables. Je peux vous assurer qu’il n’en est rien. Je suppose qu’il serait plus prudent, politiquement, de continuer comme si de rien n'était, en espérant que toute l’affaire sera vite oubliée.

    Nous pourrions faire peu de cas du Rev. Wright, et ne voir en lui qu’un excentrique ou un démagogue, tout comme certains l’ont fait dans le cas de Geraldine Ferraro, l’accusant, à la suite de ses récentes déclarations, de préjugé racial.

    Mais je crois que ce pays, aujourd'hui, ne peut pas se permettre d'ignorer la problématique de race. Nous commettrions la même erreur que le Rev. Wright dans ses sermons offensants sur l'Amérique —en simplifiant, en recourant à des stéréotypes et en accentuant les côtés négatifs au point de déformer la réalité.

    Le fait est que les propos qui ont été tenus et les problèmes qui ont été soulevés ces dernières semaines reflètent les aspects complexes du problème racial que n’avons jamais vraiment explorés — une partie de notre union qui nous reste encore à parfaire.

    Et si nous abandonnons maintenant pour revenir tout simplement à nos positions respectives, nous n'arriverons jamais à nous unir pour surmonter ensemble les défis que sont l'assurance maladie, l'éducation ou la création d'emplois pour chaque Américain.

    Pour comprendre cet état de choses, il faut se rappeler comment on en est arrivé là. Comme l’a écrit William Faulkner : « Le passé n’est pas mort et enterré. En fait il n’est même pas passé. » Nul besoin ici de réciter l’histoire des injustices raciales dans ce pays

    Mais devons nous rappeler que si tant de disparités existent dans la communauté afro-américaine d’aujourd’hui, c’est qu’elles proviennent en droite ligne des inégalités transmises par la génération précédente qui a souffert de l'héritage brutal de l'esclavage et de Jim Crow.

    La ségrégation à l’école a produit et produit encore des écoles inférieures. Cinquante ans après Brown vs. The Board of Education, rien n’a changé et la qualité inférieure de l’éducation que dispensent ces écoles aide à expliquer les écarts de réussite entre les étudiants blancs et noirs d’aujourd’hui.

    La légalisation de la discrimination —des noirs qu’on empêchait, souvent par des méthodes violentes, d'accéder a la propriété, des crédits que l’on accordait pas aux entrepreneurs afro-américains, des propriétaires noirs qui n'avaient pas droit aux prêts du FHA [Ndt : Federal Housing Administration, l’administration fédérale en charge du logement], des noirs exclus des syndicats, des forces de police ou des casernes de pompiers, a fait que les familles noires n’ont jamais pu accumuler un capital conséquent à transmettre aux générations futures.

    Cette histoire explique l’écart de fortune et de revenus entre noirs et blancs et la concentration des poches de pauvreté qui persistent dans tant de communautés urbaines et rurales d’aujourd’hui.

    Le manque de débouchés parmi les noirs, la honte et la frustration de ne pouvoir subvenir aux besoins de sa famille ont contribué a la désintégration des familles noires —un problème que la politique d’aide sociale, pendant des années, a peut-être aggravée. Le manque de service publics de base dans un si grand nombre de quartiers noirs —des aires de jeux pour les enfants, des patrouilles de police, le ramassage régulier des ordures et l'application des codes d'urbanisme, tout cela a crée un cycle de violence, de gâchis et de négligences qui continue de nous hanter.

    C'est la réalité dans laquelle le Rev. Wright et d’autres Afro-Américains de sa génération ont grandi. Ils sont devenus adultes à la fin des années 50 et au début des années 60, époque ou la ségrégation était encore en vigueur et les perspectives d'avenir systématiquement réduites.

    Ce qui est extraordinaire, ce n’est pas de voir combien ont renoncé devant la discrimination, mais plutôt combien ont réussi à surmonter les obstacles et combien ont su ouvrir la voie à ceux qui, comme moi, allaient les suivre.

    Mais pour tous ceux qui ont bataillé dur pour se tailler une part du Rêve Américain, il y en a beaucoup qui n'y sont pas arrivés – ceux qui ont été vaincus, d’une façon ou d’une autre, par la discrimination.

    L’expérience de l'échec a été léguée aux générations futures : ces jeunes hommes et, de plus en plus, ces jeunes femmes que l'on voit aux coins des rues ou au fond des prisons, sans espoir ni perspective d'avenir. Même pour les noirs qui s'en sont sortis, les questions de race et de racisme continuent de définir fondamentalement leur vision du monde.

    Pour les hommes et les femmes de la génération du Rev. Wright, la mémoire de l’humiliation de la précarité et de la peur n’a pas disparu, pas plus que la colère et l’amertume de ces années.

    Cette colère ne s’exprime peut-être pas en public, devant des collègues blancs ou des amis blancs. Mais elle trouve une voix chez le coiffeur ou autour de la table familiale. Parfois cette colère est exploitée par les hommes politiques pour gagner des voix en jouant la carte raciale, ou pour compenser leur propre incompétence.

    Et il lui arrive aussi de trouver une voix, le dimanche matin à l’église, du haut de la chaire ou sur les bancs des fidèles. Le fait que tant de gens soient surpris d’entendre cette colère dans certains sermons du Rev. Wright nous rappelle le vieux truisme, à savoir que c’est à l’office du dimanche matin que la ségrégation est la plus évidente.

    Cette colère n’est pas toujours une arme efficace. En effet, bien trop souvent, elle nous détourne de nos vrais problèmes, elle nous empêche de confronter notre part de responsabilité dans notre condition, et elle empêche la communauté afro-américaine de nouer les alliances indispensables à un changement véritable.

    Mais cette colère est réelle, et elle est puissante, et de souhaiter qu’elle disparaisse, de la condamner sans en comprendre les racines ne sert qu’à creuser le fossé d’incompréhension qui existe entre les deux races.

    Et de fait, il existe une colère similaire dans certaines parties de la communauté blanche. La plupart des Américains de la classe ouvrière et de la classe moyenne blanche n'ont pas l’impression d’avoir été spécialement favorisés par leur appartenance raciale.

    Leur expérience est l’expérience de l’immigrant —dans leur cas, ils n’ont hérité de personne, ils sont partis de rien. Ils ont travaillé dur toute leur vie, souvent pour voir leurs emplois délocalisés et leurs retraites partir en fumée.

    Ils sont inquiets pour leur avenir, ils voient leurs rêves s’évanouir; à une époque de stagnation des salaires et de concurrence mondiale, les chances de s’en sortir deviennent comme un jeu de somme nulle où vos rêves se réalisent au dépens des miens.

    Alors, quand on leur dit que leurs enfants sont affectés à une école à l’autre bout de la ville, quand on leur dit qu’un Afro-Américain qui décroche un bon job ou une place dans une bonne faculté est favorisé à cause d’une injustice qu’ils n’ont pas commise, quand on leur dit que leur peur de la délinquance dans les quartiers est une forme de préjugé, la rancœur s'accumule au fil du temps.

    Comme la colère au sein de la communauté noire qui ne s’exprime pas en public, ces choses qui fâchent ne se disent pas non plus. Mais elles affectent le paysage politique depuis au moins une génération.

    C’est la colère envers la politique d’assistance de l’Etat-Providence et la politique de discrimination positive qui ont donné naissance à la Coalition Reagan. Les hommes politiques ont systématiquement exploité la peur de l’insécurité à des fins électorales. Les présentateurs des talk-shows et les analystes conservateurs se sont bâti des carrières en débusquant des accusations de racisme bidon, tout en assimilant les débats légitimes sur les injustices et les inégalités raciales à du politiquement correct ou du racisme a rebours.

    Tout comme la colère noire s’est souvent avérée contre-productive, la rancœur des blancs nous a aveuglés sur les véritables responsables de l’étranglement de la classe moyenne —une culture d’entreprise où les délits d'initiés, les pratiques comptables douteuses et la course aux gains rapides sont monnaie courante ; une capitale sous l'emprise des lobbies et des groupes de pression, une politique économique au service d'une minorité de privilégiés.

    Et pourtant, souhaiter la disparition de cette rancœur des blancs, la qualifier d’inappropriée, voire de raciste, sans reconnaître qu’elle peut avoir des causes légitimes —voila aussi qui contribue à élargir la fracture raciale et faire en sorte que l’on n'arrive pas à se comprendre.

    Voilà où nous en sommes actuellement : incapables depuis des années de nous extirper de l'impasse raciale. Contrairement aux dires de certains de mes critiques, blancs ou noirs, je n'ai jamais eu la naïveté de croire que nous pourrions régler nos différends raciaux en l'espace de quatre ans ou avec une seule candidature, qui plus est une candidature aussi imparfaite que la mienne.

    Mais j’ai affirmé ma conviction profonde—une conviction ancrée dans ma foi en Dieu et ma foi dans le peuple américain—qu’en travaillant ensemble nous arriverons à panser nos vieilles blessures raciales et qu’en fait nous n’avons plus le choix si nous voulons continuer d’avancer dans la voie d’une union plus parfaite.

    Pour la communauté afro-américaine, cela veut dire accepter le fardeau de notre passé sans en devenir les victimes, cela veut dire continuer d’exiger une vraie justice dans tous les aspects de la vie américaine. Mais cela veut aussi dire associer nos propres revendications –meilleure assurance maladie, meilleures écoles, meilleurs emplois—aux aspirations de tous les Américains, qu’il s’agisse de la blanche qui a du mal à briser le plafond de verre dans l’échelle hiérarchique, du blanc qui a été licencié ou de l'immigrant qui s’efforce de nourrir sa famille.

    Cela veut dire aussi assumer pleinement nos responsabilités dans la vie — en exigeant davantage de nos pères, en passant plus de temps avec nos enfants, en leur faisant la lecture, en leur apprenant que même s'ils sont en butte aux difficultés et à la discrimination, ils ne doivent jamais succomber au désespoir et au cynisme : ils doivent toujours croire qu’ils peuvent être maîtres de leur destinée.

    L’ironie, c’est que cette notion si fondamentalement américaine –et, oui, conservatrice—de l’effort personnel, on la retrouve souvent dans les sermons du Rev. Wright. Mais ce que mon ancien pasteur n’a pas compris, c’est qu’on ne peut pas chercher à s’aider soi-même sans aussi croire que la société peut changer.

    L’erreur profonde du Rev. Wright n’est pas d’avoir parlé du racisme dans notre société. C’est d’en avoir parlé comme si rien n'avait changé, comme si nous n'avions pas accompli de progrès, comme si ce pays —un pays ou un noir peut être candidat au poste suprême et construire une coalition de blancs et de noirs, d'hispaniques et d'asiatiques, de riches et de pauvres, de jeunes et de vieux—était encore prisonnier de son passé tragique. Mais ce que nous savons – ce que nous avons vu—c’est que l’Amérique peut changer. C’est là le vrai génie de cette nation. Ce que nous avons déjà accompli nous donne de l’espoir —l’audace d’espérer —pour ce que nous pouvons et devons accomplir demain.

    Pour ce qui est de la communauté blanche, la voie vers une union plus parfaite suppose de reconnaître que ce qui fait souffrir la communauté afro-américaine n’est pas le produit de l’imagination des noirs ; que l’héritage de la discrimination —et les épisodes actuels de discrimination, quoique moins manifestes que par le passé- sont bien réels et doivent être combattus.

    Non seulement par les mots, mais par les actes —en investissant dans nos écoles et nos communautés ; en faisant respecter les droits civils et en garantissant une justice pénale plus équitable ; en donnant à cette génération les moyens de s'en sortir, ce qui faisait défaut aux générations précédentes.

    Il faut que tous les Américains comprennent que vos rêves ne se réalisent pas forcément au détriment des miens ; qu'investir dans la santé, les programmes sociaux et l'éducation des enfants noirs, bruns et blancs contribuera à la prospérité de tous les Américains.

    En fin de compte, ce que l’on attend de nous, ce n’est ni plus ni moins ce que toutes les grandes religions du monde exigent —que nous nous conduisions envers les autres comme nous aimerions qu’ils se conduisent envers nous. Soyons le gardien de notre frère, nous disent les Ecritures. Soyons le gardien de notre sœur. Trouvons ensemble cet enjeu commun qui nous soude les uns aux autres, et que notre politique reflète aussi l'esprit de ce projet.

    Car nous avons un choix à faire dans ce pays. Nous pouvons accepter une politique qui engendre les divisions intercommunautaires, les conflits et le cynisme. Nous pouvons aborder le problème racial en voyeurs —comme pendant le procès d’O.J. Simpson —, sous un angle tragique – comme nous l’avons fait après Katrina – ou encore comme nourriture pour les journaux télévisés du soir. Nous pouvons exploiter la moindre bavure dans le camp d’Hillary comme preuve qu’elle joue la carte raciale, ou nous pouvons nous demander si les électeurs blancs voteront en masse pour John McCain en novembre, quel que soit son programme politique.

    Oui, nous pouvons faire cela.

    Mais dans ce cas, je vous garantis qu’aux prochaines élections nous trouverons un autre sujet de distraction. Et puis un autre. Et puis encore un autre. Et rien ne changera.

    C’est une possibilité. Ou bien, maintenant, dans cette campagne, nous pouvons dire ensemble : « Cette fois, non ». Cette fois nous voulons parler des écoles délabrées qui dérobent leur avenir à nos enfants, les enfants noirs, les enfants blancs, les enfants asiatiques, les enfants hispaniques et les enfants amérindiens.

    Cette fois nous ne voulons plus du cynisme qui nous répète que ces gosses sont incapables d'apprendre, que ces gosses qui nous ne ressemblent pas sont les problèmes de quelqu'un d'autre. Les enfants de l’Amérique ne sont pas ces gosses-là, mais ces gosses-là sont pourtant bien nos enfants, et nous ne tolérerons pas qu’ils soient laissés pour compte dans la société du vingt-et-unième siècle. Pas cette fois.

    Cette fois nous voulons parler des files d’attente aux urgences peuplées de blancs, de noirs et d’hispaniques qui n’ont pas d’assurance santé, qui ne peuvent seuls s’attaquer aux groupes de pression mais qui pourront le faire si nous nous y mettons tous.

    Cette fois nous voulons parler des usines qui ont fermé leurs portes et qui ont longtemps fait vivre honnêtement des hommes et des femmes de toute race, nous voulons parler de ces maisons qui sont maintenant à vendre et qui autrefois étaient les foyers d'Américains de toute religion, de toute région et de toute profession.

    Cette fois nous voulons parler du fait que le vrai problème n’est pas que quelqu’un qui ne vous ressemble pas puisse vous prendre votre boulot, c’est que l’entreprise pour laquelle vous travaillez va délocaliser dans le seul but de faire du profit.

    Cette fois, nous voulons parler des hommes et des femmes de toute couleur et de toute croyance qui servent ensemble, qui combattent ensemble et qui versent ensemble leur sang sous le même fier drapeau. Nous voulons parler du moyen de les ramener à la maison, venant d’une guerre qui n’aurait jamais dû être autorisée et qui n’aurait jamais dû avoir lieu, et nous voulons parler de la façon de montrer notre patriotisme en prenant soin d’eux et de leurs familles et en leur versant les allocations auxquelles ils ont droit.

    Je ne me présenterais pas à l’élection présidentielle si je ne croyais pas du fond du cœur que c'est ce que veut l'immense majorité des Américains pour ce pays. Cette union ne sera peut-être jamais parfaite mais, génération après génération, elle a montré qu’elle pouvait se parfaire.

    Et aujourd'hui, chaque fois que je me sens sceptique ou cynique quant à cette possibilité, ce qui me redonne le plus d’espoir est la génération à venir —ces jeunes dont les attitudes, les croyances et le sincère désir de changement sont déjà, dans cette élection, rentrés dans l’Histoire.

    Il y a une histoire que j’aimerais partager avec vous aujourd’hui, une histoire que j’ai eu l’honneur de raconter lors de la commémoration de la naissance de Martin Luther King, dans sa paroisse, Ebenezer Baptist, à Atlanta.

    Il y a une jeune blanche de 23 ans, du nom d’Ashley Baia, qui travaillait pour notre campagne à Florence, en Caroline du Sud. Depuis le début, elle a été chargée de mobiliser une communauté à majorité afro-américaine. Et un jour elle s’est trouvée à une table ronde où chacun, tour à tour, racontait son histoire et disait pourquoi il était là.

    Et Ashley a dit que quand elle avait 9 ans sa maman a eu un cancer, et parce qu’elle avait manqué plusieurs jours de travail elle a été licenciée et a perdu son assurance maladie. Elle a dû se mettre en faillite personnelle et c’est là qu’Ashley s’est décidée à faire quelque chose pour aider sa maman.

    Elle savait que ce qui coûtait le plus cher c’était d’acheter à manger, et donc Ashley a convaincu sa mère ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était des sandwichs moutarde-cornichons. Parce que c'était ce qu’il y avait de moins cher.

    C'est ce qu’elle a mangé pendant un an, jusqu'à ce que sa maman aille mieux. Et elle a dit à tout le monde, à la table ronde, qu’elle s’était engagée dans la campagne pour aider les milliers d’autres enfants du pays qui eux aussi veulent et doivent aider leurs parents.

    Ashley aurait pu agir différemment. Quelqu’un lui a peut être dit a un moment donné que la cause des ennuis de sa mère c’était soit les noirs qui, trop paresseux pour travailler, vivaient des allocations sociales, soit les hispaniques qui entraient clandestinement dans le pays. Mais ce n’est pas ce qu’elle a fait. Elle a cherché des alliés avec qui combattre l’injustice.

    Bref, Ashley termine son histoire et demande a chacun pourquoi il s'est engagé dans la campagne. Ils ont tous des histoires et des raisons différentes. Il y en a beaucoup qui soulèvent un problème précis. Et pour finir, c’est le tour de ce vieillard noir qui n’a encore rien dit.

    Et Ashley lui demande pourquoi il est là. Il ne soulève aucun point en particulier. Il ne parle ni de l’assurance maladie ni de l’économie. Il ne parle ni d’éducation ni de guerre. Il ne dit pas qu’il est venu à cause de Barack Obama. Il dit simplement : « Je suis ici à cause d’Ashley. »

    « Je suis ici à cause d’Ashley ». A lui seul, ce déclic entre la jeune fille blanche et le vieillard noir ne suffit pas. Il ne suffit pas pour donner une assurance santé aux malades, du travail à ceux qui n’en n’ont pas et une éducation à nos enfants.

    Mais c’est par là que nous démarrons. Par là que notre union se renforce. Et comme tant de générations l’ont compris tout au long des deux cent vingt et une années écoulées depuis que des patriotes ont signé ce document a Philadelphie, c’est par là que commence le travail de perfection. »

    * Barak Obama a prononcé ce discours le 17 mars 2008 à Philadelphie - Traduction de Didier Rousseau et de Françoise Simon Ammon & Rousseau Translations, New York

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  • Que s’est-il passé depuis ce 9 janvier ? Et bien la suprématie originelle des Clinton a été pulvérisée par un Obama qui monte sans cesse en puissance - 11 victoires successives sur Hillary depuis début février et plus de délégués que sa rivale en ce moment. Et Bill de se faire désormais plus discret dans la campagne de son épouse.

    J’ai parlé de provision, mais cette provision à elle toute seule ne pouvait suffire non plus pour créer le phénomène Obama auquel on assiste à l’heure actuelle ; il a fallu la catalyser. Le catalyseur a été la rencontre entre l’homme et un double besoin qui semble profondément ressenti dans la société américaine : un besoin profond de changement et un besoin de réponses à des questions essentielles restées trop longtemps béates.

    En voici quelques-unes : Quels ont été les processus qui ont pu secréter ces ennemis de l’Amérique qui ont détruit les tours jumelles au cœur de Manhattan le 11 septembre 2001 ? Comment cela a-t-il été possible pour une aussi grande puissance jusque là considérée comme invulnérable sur son territoire ? Pourquoi, dans beaucoup de pays et chez beaucoup de peuples de toutes origines, de toutes races et de toutes ethnies, la politique américaine ne passe pas en dépit d’efforts de communication inouïs ? Pourquoi on a mené la guerre en Irak sur des bases qui se sont révélées fausses par la suite ? Pourquoi n’a-t-on pas toujours retrouvé Oussama Ben Laden considéré comme l’ennemi public n°1 des Etats-Unis et officiellement recherché depuis 2001 ? Pourquoi, dans un pays aussi riche, y a-t-il autant de misère avec son lot de crimes de toutes sortes et d’insécurité ?

    Barack Obama parle, analyse, explique sans faux fuyant et esquisse des éléments de réponse avec un culot certain qui fait chavirer l’Amérique tout entière. Avec un slogan bien connu de chez nous : «Change» c'est-à-dire «Sopi». Il présente, devant les ouvriers d’une usine de General Motors, dans le Wisconsin, un programme économique fondé sur la réduction des inégalités de revenus, la protection des citoyens contre les abus des prêteurs dans le domaine de l’immobilier, celui des cartes de crédit, dans les prêts étudiants, etc. Un programme qui prévoit d’investir dans quelques secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation et les énergies alternatives. Il explique que la crise de l’immobilier, la cherté de l’éducation et de la santé, la crainte du chômage et le poids des crédits sont‘le résultat de coûts toujours plus élevés, de salaires qui stagnent et d’aides qui disparaissent qui poussent de plus en plus d’Américains dans une spirale de la dette dont ils ne peuvent s’échapper.

    Tandis que Hillary Clinton lui reprochait de n’avoir que des discours alors qu’elle avait des solutions, Obama a mis sur pied un plan annuel de 140 milliards de dollars qui sera financé en mettant fin aux réductions d’impôts sur les plus-values et les dividendes votées jusqu’en 2011, en réduisant quelques avantages fiscaux consentis aux entreprises et devrait également bénéficier de la fin de la guerre en Irak. Je m’en arrête là concernant les questions domestiques pour m’appesantir sur les réponses au sujet de quelques sujets brûlants de l’actualité internationale.

    Prenons des pays actuellement identifiés comme étant l’axe du mal pour reprendre une expression consacrée par l’actuelle administration américaine : L’Iran, Cuba, la Syrie, etc. Obama a dit clairement et répété sa volonté de rencontrer leurs dirigeants sans aucune condition préalable. Cela est quelque chose de tout à fait nouveau et porteur d’immenses espoirs pour la paix et la stabilité dans le monde. La belle formule selon laquelle il n’y a aucun mérite particulier à parler avec ses amis, mais une certaine grandeur à parler avec ses ennemis, endossée par Obama, a fait le reste. Il fallait y penser.

    Prenant position sur l’Afghanistan, Obama en a profité pour affirmer que s'il était élu, il prêterait une attention accrue à l'opinion des alliés des Etats-Unis sur les questions de politique étrangère, afin de resserrer les liens distendus par la guerre en Irak. «Je pense qu'il est important pour nous d'en demander plus à nos alliés européens», a-t-il estimé. «Il est tout aussi important pour nous de leur signaler que nous les écouterons dès lors qu'il s'agira d'actions qu'ils considèrent discutables, au premier rang desquelles l'engagement en Irak».

    L’Amérique a compris. Barack Obama a levé, pour le seul mois de janvier, 36 millions de dollars (plus de 15 milliards de francs Cfa) de dons, record historique, contre 14 millions pour Hillary Clinton, et 12 millions pour le républicain John McCain. Quand on sait que les montants des donations sont généralement fonction des espoirs placés dans les candidats, ces statistiques se passent de commentaires.

    Oui ! L’Amérique est en travail, à la manière de la femme qui donne vie. Quelque chose de nouveau semble en voie de naître là-bas, dont Obama, en définitive, n’est que le prétexte. C’est pourquoi, à considérer les choses dans leur devenir fondamental, la vague montante qui porte Barack Obama est une déferlante que nul ne peut arrêter. La présence de Barack dans la prochaine étape de cette campagne électorale est certes essentielle pour ses électeurs et pour tous ceux qui l’aiment mais pour moi, ce qui se passe aux Etats-Unis, dépasse désormais de très loin les enjeux d’une simple élection. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre et qui marquera pour une longue période historique les relations entre les nations et influera fortement sur les fondamentaux actuels de la mondialisation.

    Quid de l’Afrique dans tout cela ? Il est vrai que dans les débats aux Etats-Unis, outre l’Europe, l’Asie est présente ainsi que l’Amérique Latine. L’Afrique, quant à elle, n’apparaît sur les écrans radar de cette campagne que sous l’évocation de la malaria ou du Vih. Mais, grosse consolation, Barack Obama est Africain Américain et il est en train de prouver que c’est possible. Pour ceux qui refusent de baisser les bras.

    * Mamadou DIOP «Decroix» est homme politique sénégalais, ancien ministre

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  • Observée à partir du reste du monde, la campagne électorale qui se déroule en ce moment aux Etats-Unis permet de s’interroger sur la politique étrangère américaine, en Afrique noire en ce qui nous concerne. Absents de la conquête coloniale du continent africain et eux-mêmes ancienne colonie, les Etats-Unis n’ont véritablement commencé à s’ouvrir à l’Afrique au Sud du Sahara et à la fréquenter qu’à partir des années 60, au moment où les pays du continent accèdent à l’indépendance. Les premiers contacts des Etats-Unis avec l’Afrique sont dus au président John Fitzgerald Kennedy qui, alors qu’il n’était que sénateur, exprime un intérêt manifeste pour les affaires du reste du monde.

    C’est pourquoi quand il arrive aux affaires en 1960 et qu’au même moment les pays africains se libèrent du joug colonial, le président Kennedy estime que son pays ne peut pas ignorer ces nouveaux pays qui intègrent la communauté des nations. Il opère alors des ruptures symboliques mais significatives, en commençant par nommer un ambassadeur par pays africain, ce qui n’était pas dans la stratégie et dans le budget du Département d’Etat. Cette fenêtre ouverte sur l’Afrique que du reste seul l’Océan Atlantique sépare de l’Amérique se traduit par la création du Corps de la paix dès 1961, ce Corps de jeunes volontaires américains envoyés dans les pays pauvres du Sud, en vue «de promouvoir la paix et l’amitié à travers le monde», mais aussi «la compréhension entre le peuple américain et les peuples du reste du monde».

    Quand en 1960, le Congo belge, devenu aujourd’hui la République démocratique du Congo, accède à l’indépendance et que le pays est déchiré par une horrible guerre civile avec la tentative de sécession du Katanga sous la direction de Moïse Tshombé, les Etats-Unis ne peuvent rester indifférents, car le monde est en pleine guerre froide et l’Afrique est aussi un champ des rivalités Est-Ouest. C’est pourquoi il est question pour les Etats-Unis de chercher à y contenir l’influence communiste, non seulement soviétique mais aussi chinoise. Le Congo belge constitue leur «baptême de feu» sur le continent.

    Quand Patrice Lumumba, leader du Mouvement national congolais qui fut le principal parti du pays devient Premier ministre, son rival Kasavubu est président de la République. Face aux troubles intérieurs causés par la tentative de sécession du Katanga, Lumumba fait appel à l’assistance de Moscou. Il est destitué par le président Kasavubu, arrêté par le colonel Joseph-Désiré Mobutu, ensuite transféré au Katanga où il est tué. Les Etats-Unis favorisent l’accession au pouvoir de Mobutu. Pendant plus de deux décennies, le Congo belge devenu le Zaïre indépendant qui est l’actuelle Rdc reste l’un des principaux points d’ancrage des Etats-Unis en Afrique.

    Quand la guerre froide se termine, les Etats-Unis se retrouvent dans une position d’hégémonie que nul autre pays n’a jamais connue dans l’histoire. Il semble que, depuis la fin du conflit ouvert Est-Ouest, les Etats-Unis voient le continent sous un nouveau jour avec l’objectif d’en faire l’une de leurs «nouvelles frontières». En quelque sorte, la guerre froide est finie ; le contexte a sans doute changé, mais la nécessité pour l’hyperpuissance américaine de préserver ses intérêts sur le continent (notamment face au regain d’intérêt de la Chine aujourd’hui) demeure. La diplomatie, c’est par définition la mise en avant et la défense des intérêts d’un pays, ce qui veut dire que différents pays ont différents intérêts et donc différentes relations avec les autres Etats du monde. Les intérêts des Etats-Unis sont à retrouver dans leur position d’hyperpuissance. C’est pourquoi les entreprises dont la dynamique s’inscrit dans la logique du marché global, ont un impact sur la politique extérieure du pays, autrement dit dans sa politique extérieure, le pays tient compte de l’intérêt de ses entreprises dans les pays où celles-ci s’implantent.

    A ce sujet, Samuel Huntington observe : «L’intérêt national résulte de l’identité nationale. Il nous faut d’abord savoir qui nous sommes pour savoir ce que sont nos intérêts». L’identité nationale de la Chine par exemple fait qu’à l’heure actuelle, ses intérêts portent en particulier sur la fourniture de matières premières et de céréales en vue de répondre à la demande née de la montée des classes moyennes qui aspirent à mieux vivre. Comme on le voit, étant donné la part de la Chine dans la population mondiale, c’est dans une certaine mesure ce phénomène qui tire vers le haut les prix à la consommation de tous les produits de base à travers le monde.

    Les prix des produits alimentaires flambent en raison de la demande accrue de matières premières et de denrées exprimée par la Chine (mais aussi par l’Inde, ainsi que la Russie avec ses énormes ressources énergétiques et qui profite aussi de la flambée des cours), où les «nouveaux riches» nés de la croissance économique peuvent se permettre davantage de biens et de services. L’intérêt de la Chine est donc de garantir son approvisionnement en hydrocarbures et la sécurité alimentaire du pays (la fourniture de blé en particulier), car comme on le dit simplement, «un sac vide ne peut tenir debout».

    C’est ainsi que la Chine arrivera à réaliser ses ambitions de croissance et de développement ; ce qui lui permettra d’être une nation encore plus écoutée et reconnue sur la scène internationale, une nation qui pourra peser dans l’administration des affaires internationales, autrement dit dans la diplomatie. Dans ce domaine, la Chine a ceci de commun avec les pays du continent qu’elle réclame davantage de démocratie dans les organisations internationales, comme l’Onu et l’Omc, en particulier.

    Plusieurs décennies de politique étrangère des Etats-Unis, de l’avènement des ambassades américaines en Afrique sous John F. Kennedy à la récente visite du président George W. Bush dans un certain nombre de pays, montrent que la motivation des Etats-Unis vis-à-vis du continent africain reste stratégique. Si la part du continent reste faible, sinon insignifiante dans les échanges économiques internationaux, les Etats-Unis ont eu l’initiative d’une loi (l’Agoa, African Growth and Opportunity Act) qui vise la réduction, sinon la suppression des barrières douanières pour un bon nombre de produits en provenance des pays de l’Afrique subsaharienne dans le but de favoriser la croissance dans cette partie du continent.

    Le principe qui sous-tend cette loi est celui d’une «diplomatie commerciale» qui préconise «le commerce et non l’aide», ainsi que résumée par la formule «Trade not aid». Car en dépit de sa situation économique globalement défavorable, le continent représente un marché de plusieurs centaines de millions d’habitants, en expansion, et il renferme un énorme réservoir de richesses naturelles dont l’exploitation peut être un gisement d’emplois considérable pour les entreprises américaines tout en garantissant l’approvisionnement du pays en ressources énergétiques et minières.

    Il convient de noter que dans l’administration des affaires internationales et dans la défense de leurs intérêts nationaux, toutes les grandes puissances ont en commun ce que la pensée populaire considère assez justement comme «le cynisme du commerçant», à savoir que lorsque cela va dans leur intérêt national spécifique, elles ‘ferment les yeux sur les violations des droits de l’homme les plus graves : l’exemple le plus patent et le plus flagrant reste le silence de tous les pays donneurs de leçon sur les droits de l’homme qui ont eu à commercer avec le régime sud-africain du temps de l’Apartheid, et aujourd’hui les relations étroites entre la Chine et le pouvoir soudanais qui perpétue le génocide au Darfour…

    Du point de vue de George Ross qui dirige le Centre d’études européennes de l’Université Harvard, la fin de la guerre froide et l’universalisation progressive de l’idéologie néolibérale qui s’en est suivie font que les affaires du monde ne sont plus seulement traitées au niveau des chancelleries occidentales exclusivement. Ross observe qu’il faut de plus en plus compter avec les grandes institutions financières et commerciales qui incarnent cette idéologie : l’Omc, le Fmi, le Forum de Davos, les réunions du G8, etc. car selon lui, il est clair que les délibérations et opérations de ces institutions multilatérales pèsent sur les affaires du monde au moins autant que les choix des gouvernements des grandes puissances, même si les intérêts des unes sont indissociables de ceux des autres.

    Sans doute que la diplomatie se fait par beaucoup d’autres moyens. Il y a ce que les observateurs ont récemment appelé «la diplomatie du violon», avec la récente sortie de l’Orchestre Philharmonique de New York parti jouer pour la première fois dans l’histoire à Pyongyang, où les hymnes des deux pays ont été exécutées. Il s’agit là d’un contact symbolique, historique entre les Etats-Unis et la Corée du Nord depuis la fin de la Guerre de Corée en 1953. Après «la diplomatie du ping-pong» (où les pays échangent des coups comme dans le tennis de table), cet événement a été un échange culturel sans précédent, peut-être un premier jalon posé pour l’amélioration des relations entre le régime communiste et les Etats-Unis.

    La diplomatie se fait aussi, entre autres, par le carnet de chèques, pour octroyer des «aides au développement» , mais les Etats-Unis comprennent que la diplomatie se fait notamment en occupant le champ culturel et idéologique, plus ou moins «par effraction», sans brutalité, avec l’adhésion souhaitable sinon la complicité des «dominés» : par le contrôle de l’information et des technologies qui véhiculent la culture et l’idéologie, jusqu’au contrôle des symboles, des concepts et du sens, ce qui permet d’avoir un impact sur l’imaginaire des peuples et de créer du rêve, par le biais des industries culturelles notamment, ainsi que par l’association des élites politiques et intellectuelles des pays concernés à des activités où se diffusent les thèses du libéralisme démocratique, afin qu’elles puissent ensuite porter la bonne parole.

    Mais si la Chine dispose de réserves financières importantes et peut ainsi utiliser son carnet de chèques pour défendre ses intérêts à l’étranger dans le but d’arriver à peser dans l’administration des affaires internationales, il faut noter que l’absence de libertés politiques et de débats internes fait qu’elle ne peut diffuser ses valeurs comme un Etat démocratique tels que les Etats-Unis peut arriver à les faire partager le plus largement possible à travers le monde.

    En règle générale, les relations entre les Etats font partie des choses qui changent le moins avec l’arrivée d’une nouvelle administration dans un pays ; les Etats-Unis ne font pas exception à cette règle. Dans la plupart des démocraties occidentales aujourd’hui, les partis de gauche se distinguent des partis de droite davantage sur les choix économiques à faire que sur la politique étrangère globale qui reste la même dans ses principes et dans son fondement, sauf dans des cas rares et particuliers où se pose la question d’une intervention militaire, comme dans le cas de l’Iraq.

    Il ne faut pas attendre du Président américain qui sera élu en novembre que la politique étrangère des Etats-Unis change radicalement. Si c’est John McCain qui est élu, la politique étrangère américaine ne sera pas différente de celle de George W. Bush ; en réalité, elle pourrait même se révéler encore plus intraitable sur certaines questions… Hillary Clinton pourrait être moins intransigeante, à savoir que la méthode peut connaître des modifications, mais l’objectif sera toujours le même : celui de défendre les intérêts des Etats-Unis à travers le monde et de conforter l’identité d’hyperpuissance du pays ; ce qui revient au même et qui renvoie à ce que nous énoncions plus haut, à savoir l’insécable lien entre l’identité d’un pays et ses intérêts, tel que démontré par Huntington.

    La véritable rupture dans la méthode viendrait de Barack Obama qui préconise que dans la défense de leurs intérêts, les Etats-Unis devraient dialoguer non seulement avec leurs alliés traditionnels, mais aussi avec leurs adversaires et leurs ennemis. Sa vision des relations des Etats-Unis avec le reste du monde est inspirée par le principe du Président Kennedy selon lequel «il ne faut jamais négocier sous la peur, mais il ne faut jamais avoir peur de négocier».

    Pour autant, il ne faut pas attendre d’un Barack Obama, président des Etats-Unis qu’il tisse et noue des relations particulières avec l’Afrique, en raison de son héritage africain. Il se pourrait même qu’il soit plus exigeant avec l’Afrique, en particulier compte tenu de la situation politique du pays d’origine de son père, le Kenya, traversé par des troubles sanglants depuis la réélection contestée du président Mwai Kibaki à la fin de l’année dernière.

    L’histoire bouge. Les gouvernements changent et les Etats doivent se renouveler. Et comment donc un jeune président élu le plus démocratiquement du monde pourrait-il faire preuve de complaisance face à de vieux chefs d’Etat inamovibles ? Il n’est pas de leur génération et surtout ils ne partagent pas les mêmes principes démocratiques ; ce qui fait qu’ils n’ont pas la même vision du monde. Il est des changements qui ne sont pas des évolutions pour les peuples. C’est Winston Churchill qui disait : «Il n’y a rien de négatif dans le changement, si c’est dans la bonne direction».

    Si l’avènement d’un jeune président américain en partie d’origine africaine peut insuffler un vent de changement sur le continent en inspirant des pratiques plus démocratiques au Kenya comme ailleurs, il faut vivement le souhaiter. En observant des pratiques plus démocratiques, il ne s’agit pas d’obéir aux Etats-Unis, car les nations sont souveraines, il s’agit plutôt de s’inspirer sans complexe de leur exemple, comme on pourrait le faire de toute autre nation au monde, dans ce qu’elle a de meilleur à offrir, afin d’avancer.

    * Abou Bakr MOREAU est Professeur d’études éméricaines à la Faculté des Lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar

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    Barack Obama. L’espoir d’une politique ? Ou la politique de l’espoir ? L’homme a été espéré par une infime poignée d’hommes, sans doute. Mais par des hommes avertis. «Espéré» paraît exagéré. Disons alors repéré. Déjà, dans son excellent livre American Vertigo (Paris : Grasset 2006), Bernard-Henri Levy écrivait, comme si sa plume avait été trempée dans les encres secrètes des prophètes ou inspirée par les Muses qui ne trompent jamais : «Barack Obama…il faudra se souvenir de ce nom» (p. 85.) Il est vrai, l’écrivain a rencontré le politique. Le philosophe-sociologue qui sait observer l’être et bien prédire le possible, a décelé chez cet homme qui ne peut laisser indifférent, des signes prémonitoires d’un leader qui dérangerait les continuités de l’espace politico-social américain.

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    Au moins huit civils ont été blessés par balles et par éclats d'obus sur l'île comorienne d'Anjouan depuis le début, le 25 mars, de l'opération militaire contre l'homme fort de l'île, Mohamed Bacar, alors que les combats se poursuivaient le 26 mars. L'armée comorienne, soutenue par des troupes tanzaniennes et soudanaises mandatées par l'UA, a lancé une opération militaire baptisée "Démocratie aux Comores" visant à chasser du pouvoir les autorités d'Anjouan, jugées illégales.

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    Les élections législatives en Guinée Bissau auront lieu en novembre prochain. La décision a été prise le 26 mars par le président Joao Bernardo Nino Vieira suite à une série de consultations avec les représentants des partis politiques, de la société civile, de la commission nationale électorale (Cne) et des diplomates étrangers accrédités en Guinée-Bissau.

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    Plus d’un an après la signature d’un accord de paix et la constitution d’un gouvernement d’union avec les rebelles qui, pendant cinq ans, avaient occupé le nord du pays, certains anciens combattants continuent de percevoir des taxes sur le commerce et le transport dans le nord et de vastes régions du pays échappent toujours au contrôle du gouvernement.

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    Le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, s'est réjoui de la publication du rapport de la "Commission de revisitation des contrats miniers" en République démocratique du Congo, saluant un "acte de transparence". Ce rapport a été publié le 20 mars, sur le site internet du ministère congolais des Mines, quatre mois après sa finalisation. La Commission, dirigée par un haut responsable du ministère et assistée par des experts internationaux, a examiné une première série de 61 contrats passés avec des géants mondiaux du secteur et recommandé leur révision, renégociation ou résiliation.

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    Les élections locales congolaises ne pourront pas être organisées avant 2009, a déclaré le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la RD Congo, arguant que l'actualisation des listes électorales ne s'impose pas parce que cela nécessiterait l'organisation d'un nouveau recensement de la population. Estimant qu'un nouveau recensement coûterait excessivement cher, il a indiqué que les bailleurs de fonds ne consentiront pas à financer une telle opération deux ans à peine après avoir financé pour plus de 400 millions de dollars les élections législatives et présidentielle congolaises.

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    Le président du Kenya, Mwai Kibaki, et le Premier ministre désigné, Raila Odinga, n'ont pas réussi à s'entendre sur la composition du gouvernement de coalition, à l'issue de leurs discussions le 25 mars à Nairobi. M. Odinga a expliqué que, même si plusieurs questions restent en suspens, les pourparlers avec le président Kibaki “ont eu large portée”, tandis que la déclaration rendue publique par la suite par le gouvernement indique que si le président n'a pas été en mesure d'annoncer le nouveau gouvernement c'est parce que le camp Odinga “n'est pas encore prêt”.

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    Environ 200 réfugiés togolais vivant à Aflao et Denu, deux villes frontalières du Ghana proches de la capitale togolaise, Lomé, sont rentrés au bercail dans le cadre d'un programme de rapatriement volontaire mené par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Selon le HCR, quelque 203 réfugiés togolais ont été ramenés chez eux dans le cadre de ce programme, ce qui porte à 2.800 le nombre total de personnes rapatriées de la région du Volta au cours des trois derniers mois.

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