• Contributor | Gouvernance

    Les vétérans de la guerre de libération du Zimbabwe ont juré de faire main basse sur les dernières fermes commerciales encore aux mains des exploitants blancs si le président Robert Mugabe perdait le deuxième tour prévu du scrutin présidentiel. Les partis d’opposition ont pris le contrôle du Parlement pour la première fois depuis que le Zimbabwe a obtenu son indépendance, mais les résultats des élections présidentielles du 29 mars n’ont pas encore été officiellement communiqués par la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC).

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Le Fonds international pour le développement agricole (IFAD) a exprimé le 2 mars sa vive préoccupation face à l’augmentation des prix des produits en Afrique et prévient que le problème va se répandre aux autres pays africains. Selon le vice-président du Fonds, Kanayo F.Nwanze, la demande mondiale en céréales a augmenté de 8 % en même temps que les prix des céréales d’environ 50 %, entre 2000 et 2006, et au début de l’année 2008, les prix avaient dépassé le double des chiffres de l’année 2000.

    Tagged under Gouvernance

  • (…) M. Bill Gates semble croire que la solution au problème du développement est de persuader les entrepreneurs de répondre aux besoins des pauvres en promouvant la philanthropie d’entreprise. Cette dernière est fondée sur une motivation liée à la reconnaissance. Historiquement, on remarque malheureusement que cet argument n’est pas valable. D’abord, la motivation fondée sur la reconnaissance a démontré qu’elle pesait très peu en comparaison avec la motivation du profit.

    Sinon, il y aurait beaucoup plus que les 5,1 milliards de dollars donnés chaque année par la philanthropie d’entreprise américaine au Tiers Monde (chiffres de 2005). Ce chiffre représente en effet seulement 0.0004 % des 12400 milliards de dollars de la production américaine sur le marché. Le fait que l’entreprise GAP donne quelques centimes par T-shirt vendu à la lutte contre le sida en Afrique est-il vraiment le seul espoir des pauvres ?

    Par contraste, la recherche du profit dans le système de libre entreprise a considérablement amélioré le sort des travailleurs pauvres. En effet, les entrepreneurs investissent, ce qui permet d’accroître la production et donc les profits. Ils cherchent les progrès technologiques qui permettent de produire plus. Grâce à l’aide de machines plus performantes, les travailleurs génèrent plus de richesses. Avec un marché du travail concurrentiel, la demande des entreprises en travailleurs plus productifs s’accroît, élevant ainsi leurs salaires. La croissance régulière des salaires tire ainsi de la pauvreté les travailleurs non qualifiés.

    Le nombre de gens incapables d’acheter de la nourriture pour leurs enfants est bien plus faible que ce qu’il a été par le passé– grâce au système de libre entreprise. Ce dernier n’a pas créé la malnutrition, il l’a réduite. La mondialisation depuis les années 1950 jusqu’à aujourd’hui a accru le revenu annuel moyen mondial de 2000 dollars à l’époque à 7000 dollars aujourd’hui. Contrairement à une légende populaire, les pays plus pauvres ayant choisi au départ la libre entreprise, ont alors connu des taux de croissance similaires à ceux des riches. Cette croissance a donné la plus impressionnante sortie de la pauvreté de l’histoire de l’humanité.

    Les régions du monde qui sont toujours pauvres souffrent d’un manque de liberté d’entreprise. L’investissement direct étranger en Afrique, bien qu’en hausse, ne représente que 1% des flux mondiaux aujourd’hui. La raison en est que l’environnement de l’investissement privé en Afrique est toujours hostile. Même s’il existe en Afrique des success stories de pays et d’entreprises, cela est loin d’être suffisant.

    M. Gates a aussi annoncé que sa fondation a entamé un "partenariat qui donne aux paysans africains un accès au marché du café de première qualité, avec l’objectif de doubler leurs revenus grâce à leurs cultures". Cela suffit sans doute pour aider quelques paysans producteurs de café rwandais et kenyans, mais cela ne permettra pas d’initier la dynamique de développement, fondée sur la libre entreprise. Les obstacles majeurs aux exportations dans les pays pauvres sont intérieurs : corruption ou conflits politiques. Ce n’est pas parce que les pays riches n’achètent pas assez de café de première qualité.

    En outre, comment les philanthropes choisissent-ils le produit qui va devenir le moteur de croissance d’un pays ? Les recherches concluent pour la plupart que la stratégie de "sélection de projets gagnants" à travers la politique industrielle de l’Etat s’est avérée être un échec. Les projets "gagnants" sont trop imprévisibles pour être découverts par des bureaucrates, et encore moins par des philanthropes extérieurs. Pourquoi l’Egypte s’est-t-elle accaparé 94% des importations italiennes en céramiques de salle de bain ? Pourquoi l’Inde, une économie avec très peu de travail qualifié, est-elle devenue un géant en technologies de l’information et en délocalisations de services qui requièrent du travail qualifié ?

    Pourquoi le Kenya a-t-il gagné 39% des parts du marché européen de la fleur coupée ? Pourquoi le petit Lesotho est-il devenu un exportateur majeur de textiles vers les Etats-Unis ? Pourquoi les Philippines se sont emparées de 72% du marché mondial des circuits intégrés ? Parce que des entrepreneurs motivés par le profit ont cherché le succès, et ce, sans planification publique.

    Bien sûr, il faut laisser ceux que la libre entreprise a enrichi essayer de faire le bien pour ceux qui sont encore pauvres, comme a admirablement choisi de le faire M. Gates. Mais ce mélange « New-Age » d’entreprise, de philanthropie et de besoin de reconnaissance ne mettra certainement pas fin à la pauvreté. L’histoire a montré que le système de libre entreprise motivé par le profit est le meilleur espoir pour les pauvres.

    * William Easterly est Professeur d’économie à l’Université de New York (cet article est paru dans Grioo.com)

    * Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    La croissance de la population africaine, au taux deux fois plus élevé que d'autres régions, constitue une menace majeure au développement du continent, a averti John F. May, démographe de la Banque mondiale. Dans un communiqué de presse publié par la Banque mondiale, M. May a indiqué que la population subsaharienne croît à un taux de 2, 5% par an, contre 1,2% en Amérique latine et en Asie, et que la population africaine sera doublée dans les 28 prochaines années si celle-ci est maintenue au même rythme.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Des investissements supérieurs aux sommes injectées par la Banque Mondiale, 800 000 Chinois installés sur place… La croissance et même la survie économique de la Chine dépendent, paradoxalement et pour une part croissante, du continent le moins développé, l’Afrique. Pékin absorbe désormais 25 % de tout le cuivre consommé à travers le monde, 40 % du charbon, 35 % de l’acier, 10 % du pétrole et sa demande ne cesse de croître, et 90 % de tout l’aluminium. Une économie dévoreuse d’énergie, boulimique en matières premières qui s’est tout naturellement tournée vers la région qui en est le mieux pourvu.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Le parti du président zimbabwéen Robert Mugabe a rejeté dimanche la main tendue la veille par l'opposition en refusant de former un gouvernement d'union nationale, tout en demandant à la commission électorale de recompter les suffrages de la présidentielle du 29 mars. Malgré son revers aux législatives, la Zanu-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique, au pouvoir) a manifesté, par l'intermédiaire de l'hebdomadaire d'Etat the Sunday Mail, une combativité intacte.

    Tagged under Gouvernance Zimbabwe

  • Contributor | Gouvernance

    Le lundi 3 mars dernier, le monde entier découvrait un reportage sur le patrimoine immobilier de deux chefs d’Etats africains : Denis Sassou-Nguesso et son gendre Albert Bernard Bongo Ondimba. Cette diffusion a ému plus d’un au regard de l’énormité des biens et la situation respective de leurs pays. La colère et l’émotion tombées, une analyse s’impose afin d’en tirer toutes les conséquences tant pour les africains que pour la France qui abrite ces biens. ?

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Un nouveau champignon virulent s’attaquant au blé s’est propagé d’Afrique de l’Est et du Yémen vers les principales régions céréalières d’Iran. On estime que jusqu’à 80 pour cent de toutes les variétés de blé semées en Asie et en Afrique sont susceptibles d’être victimes de la rouille des tiges du blé. Selon la FAO, le champignon peut causer de lourdes pertes en détruisant des champs entiers.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Les pensionnaires de Marchoux (près d'Abidjan), derniers "survivants" du premier village de lépreux en Côte d'Ivoire crient à l'abandon, oubliés selon eux, par leurs familles et les autorités publiques. "Nous sommes les derniers survivants, livrés à nous-mêmes, les familles nous ayant abandonnés", explique l'un des vingt lépreux vivant encore à "Gnankanassi"-Marchoux ("Dieu merci" en langue locale Ebrié).

  • Contributor | Gouvernance

    Après l'incertitude électorale, le Zimbabwe plonge dans l'imbroglio procédurier. L'opposition exige de la justice la publication des résultats de l'élection présidentielle, tandis que le parti au pouvoir appelle la commission électorale à recompter les votes La bataille électorale au Zimbabwe est ainsi entrée lundi dans une phase procédurière, l'opposition exigeant en justice la publication des résultats de la présidentielle du 29 mars, le parti du président Robert Mugabe réclamant un nouveau décompte des suffrages.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    CHRONIQUE : Le génocide rwandais, 14 ans après : hommage à des hommes d’honneur.
    COMMENTAIRES ET ANALYSES : Elections au Zimbabwe : Une page est tournée.
    ARTS ET LIVRES : Centrafrique : Barthélémy Boganda raconté par Abel Goumba.
    ZIMBABWE : Le monde rural a tourné le dos à Mugabe.
    FEMMES ET GENRE : Afrique : Les femmes parlementaires d’Afrique centrale se concertent.
    DROITS HUMAINS : Angola : Rien pour s’opposer au trafic des êtres humains.
    REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Ghana : Le président Kufuor justifie les mesures contre les réfugiés libériens.
    MOUVEMENTS SOCIAUX : Afrique : Les solutions pour arrêter les hausses des prix.
    ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Global : Gronde des Comoriens contre la «France ennemie».
    CORRUPTION : Angola : Enquête en Suisse sur un détournement de revenus pétroliers.
    AFRIQUE ET CHINE : Maroc : L’Institut Conficius s’installe.
    CORRUTION : Nigeria : L’opposition veut la tête des députés corrompus.
    DEVELOPPEMENT : Afrique : Les économies dans la tourmente des cours du pétrole.
    SANTE ET VIH/SIDA : Kenya : Le choléra tue 39 personnes.
    EDUCATION : Gabon : Reprise des cours après sept semaines de grève à l’USTM.
    RACISME ET XENOPHOBIE : Afrique du Sud : Montée de la violence xénophobe.
    ENVIRONNEMENT : Sénégal : La dégradation du parc des oiseaux du Djoudj inquiète les parlementaires.
    MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Une voix pour tous les journalistes du continent.
    PLAIDOYER ET CAMPAGNES : RD Congo : La société civile appelle à des renégociation équitables des contrats miniers.
    CONFLITS ET URGENCES : Somalie : Les Ong tirent la sonnette d’alarme devant la crise humanitaire.
    INTERNET ET TECHNOLOGIES : Afrique : Microsoft va aider les micro-entreprises.

    Tagged under Gouvernance

  • Depuis quatre années, la Côte d'Ivoire souffre terriblement de son Etat. La Côte d'Ivoire est comparable à une organisation ou, du moins, un groupe qui a atteint des résultats remarquables (croissance économique et rayonnement international) par la seule volonté de son leader, en l'occurrence le président Félix Houphouet-Boigny, sans avoir atteint la maturité. Alors, et si le problème ivoirien était principalement la difficile entrée du pays dans la modernité politique et sociale, par la maturité? La question fondamentale pourrait-être : comment construire une société ivoirienne moderne fondée sur la citoyenneté, au-delà des multiples sociétés traditionnelles ou holistes, sociétés de base, pour finalement intégrer, avec des atouts réels, la Communauté internationale ?

    Par ailleurs, la Côte d'Ivoire connaît aujourd'hui des difficultés d'adaptation à l'évolution du monde parce qu'elle a malencontreusement procédé à un regrettable saut de génération. En effet, toute une génération, constituée de quinquagénaires, qui assure aujourd'hui la production nationale, a fait l'objet d'un "zapping politique". Le rétablissement de cette nécessaire évolution harmonieuse, pour l'équilibre de notre société, s'impose vivement, dans l'intérêt du pays et surtout de la jeunesse qui a besoin d'être préparée pour l'avenir.

    Au demeurant, sans tirer les leçons du passé, par une sorte de perpétuel retour en arrière, les attitudes et comportements qui alimentent la frustration des faibles sont à la source des violences qui déchirent le pays. Le risque belligène (de guerre), en effet, tient en la trop grande inégalité entre les individus et entre les régions, à une crise d'allocation des ressources, du fait de l'appropriation privée de l'Etat et de la corruption.

    Pour y remédier, il apparaît impérieux de promouvoir un Etat raisonné et régulateur.

    L'Etat raisonné est en Etat serein, stratège, planificateur et évaluateur. L'Etat régulateur est un Etat acteur central de la vie nationale, arbitre juste et impartial pour l'intégrité du jeu (politique, économique et social) par le respect des règles, principes et valeurs.

    L'Etat doit promouvoir la transparence institutionnelle et la nécessite de rendre compte, avec à l'esprit, travailler constamment à la paix civile, pour construire la démocratie.

    La démocratie, ce n'est ni le chaos ni l'anarchie, mais la liberté organisée et encadrée par des institutions porteuses de l'intérêt général. La principale vertu que les Grecs reconnaissaient à la démocratie était celle de la pédagogie. Il y a donc lieu d'apprendre, de s'éduquer, se former utilement.

    Il s'agit donc d'épouser résolument "l'esprit d'Athena", déesse grecque de la sagesse, de la science et des arts.

    En effet, Athéna mit fin au cycle de violences collectives, en son temps, en créant la "polis", la communauté politique, source de justice et de protection. Celle-ci est considérée comme un lieu de vie et d'appartenance où les individus et les groupes ont la possibilité de se réaliser en fonction de leurs talents et de leurs mérites. Cette organisation consiste en une sorte de "foyer civique" qu'il appartient aux responsables publics d'entretenir, en tant que gardiens de l'intérêt commun et en servant de modèles el leurs concitoyens. (Cf. Patrick DOLE, intégrité morale et vie publique, Nouveaux Horizons).

    Les responsables publics, ainsi, doivent apprendre à être sobres dans leur vie personnelle afin de donner à l'Etat les moyens de son efficacité et de sa solennité somme toute nécessaire à l'exercice du pouvoir et de l'autorité. Le général De Gaulle, alors Président de la République française, recevait les hôtes de marque de la France avec faste, sous les lambris dorés des palais nationaux parce que, disait-il, il s'agissait de la grandeur nationale. Cependant, il ne disposait pour lui-même, que d'une modeste résidence, La Boisserie, à Colombey-les-Deux-églises, dans la Haute Marne.

    Manifestement, il importe de faire la démarcation entre la personne et la fonction, au lieu d'entretenir constamment la confusion, source d'altération de la conscience dans le comportement face au bien public, bien commun. En cela, la formation revêt une dimension cruciale. Si les institutions de l'Etat ne sont pas animées, principalement, par des fonctionnaires, ceux et celles qui ont été formés à la gestion de l'Etat, le résultat est connu d'avance: l'échec.

    La désadministration qui se manifeste au cœur de l'Etat constitue réellement un danger pour l'équilibre de la République. Reconnaissons ensemble, et en toute humilité, que l'intrusion intempestive des partis et forces politiques a conduit l'Etat dans un tunnel dont il peine à voir le bout. L'éthique républicaine commande que l'Etat, l'Etat de droit, soit soumis à la loi (légalité), à l'exigence d'efficacité (résultats) et de transparence, (légitimité), avec des agents dûment formés donc qualifiés, imprégnés de l'esprit du service public (neutralité et probité).

    A cet égard, Me Bernard G. Takoré, dans un article publié par Fraternité Matin des 10 et 1l novembre 2007, a écrit avec justesse : " La bataille féroce que se sont livrés les partis politiques ivoiriens pour le contrôle de certaines sociétés d'Etat, démontre bien que le souci de transparence dans les affaires publiques n'était pas le but poursuivi". Triste constat, révélateur d'une nation sans idéal ni repères, qui n'est pas encore parvenue à faire le deuil de la disparition du père! Alors, quand va-t-on enfin comprendre que le service de l'Etat a plus besoin de méritants que de militants?

    Aussi apparaît-il urgent et impérieux que les graves soupçons qui pèsent lourdement sur les concours d'entrée à l'ENA (Ecole nationale d'administration), et les autres concours publics nationaux, puissent être levés rapidement. Ce serait un acte de salubrité publique, pour enfin rassurer ces nombreux jeunes dans la détresse, qui commencent à douter et à désespérer sérieusement de notre Etat, pourtant garant de l'égalité des chances et de la sélection par le mérite.

    On peut certes gouverner avec des amis, mais on doit administrer et gérer avec des compétences. La politique est la contingence et l'administration la permanence. L'administration est à la politique ce que le ciel est au nuage: elle demeure tandis que l'autre passe. Les administrateurs sont les gestionnaires du temps long de la nation.

    Un Etat qui méprise ses serviteurs est voué à l'amateurisme, l'affaiblissement et la faillite. La décomposition de l'Etat est à la base de la crise de la nation et de la société, avec un risque potentiel inquiétant de vassalisation du pays, par la faute des partis politiques.

    Les partis politiques ont une grande responsabilité dans la fondation des citoyens, et au-delà, l'équilibre de la nation. C'est pourquoi, la recherche de l'efficacité, pour l'intérêt national, devra conduire à la mise en place d'un Fonds destiné à l'équipement des sièges des partis (renforcement technologique) et à la fondation des responsables et des militants, la participation à des rencontres internationales, la création d'un centre de documentation politique, etc. C'est de la sorte que l'on pourrait rendre un grand service au pays, en créant les conditions de la promotion de partis politiques engagés dans la construction d'une société politique moderne, pour assurer la vitalité démocratique nationale.

    Nous vivons tristement depuis des années dans une société sans débats.

    Peut-on prétendre bâtir sans penser? L'assèchement intellectuel auquel on a abouti, par la recherche effrénée et désordonnée du gain, n'a pu entraîner qu'une désertification morale, source de la vulnérabilité des institutions et de la nation.

    La faible valeur des efforts de réflexion sur l'Etat ne peut qu'être préjudiciable à l'efficacité de l'action publique et conduire à l'infantilisation des populations ainsi qu'a la régression de la société. Aussi est-il urgent de créer un Centre de recherche et d'action pour l'amélioration des performances de l'Etat.

    Finalement, on doit se résoudre à penser qu'il n'y a pas de pays sous-développés, mais des pays non structurés et mal organisés, en raison de la patrimonialisation de l'Etat qui, pourtant, doit être au service de tous. La paix définitive en Côte d'Ivoire ne reviendra que par l'effectivité d'un Etat impartial, au-dessus de tout soupçon, gage de la confiance entre les pouvoirs publics et les citoyens.

    Si nous voulons que la communauté internationale nous considère et nous respecte, il faut commencer par inspirer confiance et être plus crédibles dans nos engagements et nos actes.

    Pour sauver la Côte d'Ivoire, il faudrait marquer une rupture et faire de ce pays un vaste chantier d'éducation nationale, véritablement une formation à la citoyenneté, à la bonne gouvernance et à l'éthique sociale. Programme titanesque ! Utopie? Tout est possible, avec la volonté et la bonne foi. C'est une ardente obligation, un devoir à la fois patriotique, républicain, national et humanitaire.
    Janvier 2008.

    * Pierre Ayoun N’Dah est administrateur civil. Docteur en Droit Auteur de l'ouvrage " Moderniser l'Etat Africain " Editions du CERAP.

    * Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org

    * Dans sa version complète, ce texte est parue dans Fraternité matin du 14 mars 2008

  • Combien sont-ils d’intellectuels africains en exil ? Difficile de répondre. Néanmoins, «l’Ile-de-France compte plus de médecins béninois que le Bénin», observe Habib Ouane, coordinateur du rapport 2007 de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) sur les pays les moins avancés (PMA). Selon le professeur Edward S. Ayensu, président du conseil scientifique et industriel du Ghana, «le continent africain ne se développera jamais en l’absence des intellectuels africains». Dans le journal français "Quotidien" du vendredi 20 juillet 2007, Christian Losson écrit : « …L’exode des cerveaux se poursuit à un rythme effréné. Haïti, Cap-Vert, Samoa, Gambie et Somalie ont vu ces dernières années plus de la moitié de leur élite siphonnée par les pays riches. En 2004, un million de personnes sont parties en quête de meilleures conditions de vie et de travail. Soit 15 % des diplômés du supérieur de ces pays ». Alors qu’est-ce qui fait courir les cerveaux africains au-delà de leur continent ?

    Les raisons sont nombreuses. Absence de politique efficace de leur maintien en place ; manque ou faible financement de la recherche (moins de 1% du PIB est consacré à la recherche) ; absence ou inexistence d’infrastructures pour conduire les recherches… Ce diagnostic posé à la Conférence sur l’amélioration de la participation de l’Afrique à la science et au développement, organisée du 3 au 7 mars à Addis Abeba par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (UNECA), appelle des conduites à tenir. La première selon M. Luc Gnacadja, Secrétaire exécutif de la Convention sur la lutte contre la désertification, est « la prise de conscience de chaque Etat face aux enjeux que représentent la science et la technologie pour le développement de l’Afrique ». Certains pays en sont conscients, mais d’autres traînent encore les pas.

    Pour contrer la fuite des cerveaux, le gouvernement guinéen expérimente un système de formation post-universitaire et doctorale. Il vise à maintenir les scientifiques et les postulants à la recherche en Guinée pour les deux tiers du temps et le reste auprès d’une institution partenaire à l’étranger. Selon El Hadj Ousmane Souaré, ministre guinéen de l’Education nationale et de la Recherche scientifique, « cette stratégie a l’avantage de faciliter l’insertion du candidat dans son environnement, ensuite elle limite son séjour à l’étranger, ce qui réduit les velléités de rester en dehors de son pays».

    Une autre initiative est celle de l’Algérie, qui se base sur la délocalisation d’un certain nombre d’activités pour arrêter l’exode des compétences vers le Nord. L’Algérie expérimente déjà cette proposition qui a permis de mobiliser 16 000 chercheurs de corps et de rang magistral. Ainsi, plus de 5 000 thèses avec plus de quinze brevets ont été déposés, selon le professeur Souad Bendjaballah, ministre déléguée chargée de la Recherche scientifique en Algérie, lors d’une communication sur le sujet faite à la Conférence d’Addis Abeba. Le partage des expériences guinéenne et algérienne est le témoignage de la prise de conscience de ces deux Etats, et chaque gouvernement africain devrait s’en inspirer. Hélas, certains pays n’y voient peut-être pas encore les enjeux ! C’est le cas du Bénin, absent à la conférence d’Adis Abeba.
    Une équation difficile

    La question de la fuite des cerveaux est une équation difficile à résoudre. Au moment où certains pays africains prennent conscience de la menace que représente l’exode des intellectuels africains et mettent en place des stratégies et politiques pour réduire le phénomène, « les Etats Unis qui ont besoin d’ingénieurs offrent gratuitement des visas et autres conditions alléchantes pour leur faciliter le départ », remarque le Professeur Sospeter Muhongo, directeur du Bureau Régional pour l'Afrique du Conseil International pour la Science (ICSU). Il en est de même pour certains pays d’Europe. La France, depuis l’arrivée au pouvoir du président Nicolas Sarkozy, a peaufiné sa politique de « l’immigration ciblée » qui apparait aux yeux des intellectuels, cadres et chercheurs africains comme une aubaine pour aller travailler en France. Les cerveaux africains sont
    donc dans le dilemme.

    En attendant de trouver une solution à la fuite des cerveaux, celle trouvée est transitoire. Il s’agit de la « Circulation des compétences», une idée pour laquelle milite la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement. Selon le Professeur Muhongo , la « Circulation des compétences» consiste à employer dans les grands projets en Afrique les cadres africains de la diaspora qui ne souhaitent pas rentrer dans leur pays.

    Mais qu’il s’appelle fuite de cerveaux ou circulation de cerveaux, la présence des intellectuels africains est plus que nécessaire pour guérir le continent africain malade de l’absence de ses intellectuels. «Il faut donc mettre en place des programmes de compensations, financiers ou techniques», comme le soutient Habib Ouane. « Sinon, les vagues d’émigration n’en sont qu’à leurs prémices » conclut-il.

    * Hippolyte Djiwan est un journaliste béninois

    * Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Le parti du président zimbabwéen Robert Mugabe a perdu mercredi sa majorité au Parlement à l'issue des élections générales de samedi et, sans attendre l'annonce des résultats officiels, l'opposition a revendiqué la présidence du pays. L'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) ne peut plus atteindre la majorité absolue: l'opposition a obtenu 105 des 210 sièges de députés et un candidat indépendant a été réélu, selon des résultats officiels portant sur 199 circonscriptions.

    Tagged under Gouvernance Zimbabwe

  • Quelle que soit l’issue des pourparlers et des pressions diplomatiques, une page d’histoire se tourne au Zimbabwe : Robert Gabriel Mugabe, héros de la lutte de libération, dirigeant exemplaire durant les premières années de son règne avant de se transformer en dictateur atrabilaire a perdu le pouvoir quasi absolu qu’il exerçait depuis 1980. Même si la Commission électorale tarde à annoncer le résultat définitif des élections, l’évidence s’est déjà imposée : l’opposition, menée par Morvan Tsvangirai, le leader du Mouvement pour un changement démocratique, l’emporte avec une marge telle qu’aucune fraude ne pourrait plus rogner.

    Contrairement aux prévisions, l’entrée en lice d’un troisième homme, Simba Makoni, ancien Ministre des Finances, issu du sérail, n’a pas éparpillé les votes de l’opposition, mais divisé le camp présidentiel lui-même, ce qui explique la marge d’avance considérable dont disposerait Tsvangirai. Cet ancien syndicaliste, maintes fois maltraité, injurié, battu par les nervis du régime a démontré qu’il n’était pas seulement, comme le disait la propagande officielle, le « candidat de l’opinion occidentale » ou le favori de l’ancien colonisateur britannique, mais l’homme qui symbolisait les espoirs de renouveau et de mieux être d’une population épuisée.

    Le raz de marée n’a pas seulement ébranlé Mugabe, il a emporté plusieurs de ses proches : Patrick Chinamasa, le Ministre de la Justice, vaincu dans l’un des bastions du parti présidentiel, la ZANU-PF, ainsi que d’autres piliers du pouvoir, la vice-présidente Joyce Mujuru, le ministre de la sécurité et du territoire Didymus Mutasa, le très puissant ministre de la Défense Sydney Sekeramayi. De telles défaites érodent les appuis dont le président pourrait encore se prévaloir, au sein de l’armée et des forces de sécurité, qui sont demeurés les derniers piliers du pouvoir. Il n’est pas certain qu’une épreuve de force, qui balaierait le verdict des urnes, bénéficierait de l’appui unanime de ceux qui avaient naguère accompagné Mugabe dans son combat contre la minorité blanche.

    Le sort à réserver à Mugabe est cependant un enjeu qui dépasse le cadre du seul Zimbabwe. L’Union européenne, par la voix de la présidence slovène, s’est exprimée clairement, appelant Mugabe à quitter le pouvoir. Auparavant, les Occidentaux s’étaient contentés d’appeler à la publication rapide des résultats des élections législatives et présidentielles. A la veille du scrutin, les Européens peu désireux d’attiser la rhétorique nationaliste de Mugabe et des siens, avaient fait preuve d’une grande retenue, se contentant de plaider en faveur d’élections vraiment démocratiques. On peut supposer que si Mugabe finit par quitter le pouvoir, les mesures d’embargo qui avaient privé de visa les dirigeants du Zimbabwe et durement pénalisé la population elle-même finiront par être levées.

    Du côté africain, l’issue de cette épreuve de force est suivie avec crainte et attention. En effet, les voisins du Zimbabwe redoutent un scenario à la kenyane, qui se solderait par des affrontements violents entre partisans des deux rivaux. Si Mugabe lui-même ne craint pas le recours à la violence (il l’a montré en réprimant implacablement une révolte en pays Matabele, au début des années 80) la victoire de l’opposition paraît trop évidente pour pouvoir aisément être confisquée et la volonté de sanctionner le pouvoir sortant semble avoir été partagée par tous les groupes ethniques du pays qui ont été, il faut le dire, également touchés par la misère et la récession…

    Quoique vaincu, le vieux lion n’a cependant perdu ni toutes ses griffes ni toute sa crinière : Mugabe, l’homme qui a osé tenir tête aux Britannique, qui n’a pas hésité à confisquer les terres des fermiers blancs, qui a envoyé son armée au Congo mettre en échec l’invasion rwandaise et ougandaise, garde une popularité certaine en Afrique australe, où l’opinion n’apprécierait pas que le doyen des chefs d’Etat africains soit chassé du pouvoir dans l’humiliation. C’est ce qui explique la prudence du président sud africain Mbeki, le silence attentiste des autres capitales où l’on souhaite une solution négociée qui verrait le vieux chef s’effacer sans perdre la face et son rival triompher sans vengeance ni ostentation.

    * Colette Braeckman est l'envoyée spéciale du quotidien belge Le soir au Zimbabwe, pour couvrir les élections.

    * Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org

    Tagged under Gouvernance Zimbabwe

  • Contributor | Gouvernance

    Les régions rurales du Zimbabwe, autrefois considérées comme le bastion du ZANU-PF, le parti au pouvoir, soutiennent aujourd’hui le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), parti d’opposition, selon les résultats préliminaires du scrutin du 29 mars. Du fait de cette perte de soutien radicale au parti du président Robert Mugabe, un grand nombre de hauts responsables du gouvernement ont perdu leurs sièges de députés dans différentes provinces, telles que le Mashonaland Central, le Mashonaland Ouest – province natale de M. Mugabe - le Mashonaland Est, le Manicaland, Masvingo et la province des Midlands.

    Tagged under Gouvernance Zimbabwe

  • Contributor | Gouvernance

    Il y a peu de prise de conscience sur le problème du trafic des personnes, principalement des femmes et des enfants, en Angola, et aucune loi pour mettre un frein à ce phénomène croissant. Selon le directeur de la Coopération et des échanges au ministère angolais de l'Intérieur, le pays manque de lois pour lutter contre le trafic des êtres humains. Il a reconnu que l'Angola devait mettre à jour sa législation et améliorer ses actions opérationnelles en vue d'obtenir des résultats dans la lutte contre le trafic des personnes, lequel touche presque tous les Etats africains.

    Tagged under Gouvernance Angola

  • Contributor | Gouvernance

    La situation socio-politique au Zimbabwe reste préoccupante après le scrutin de samedi dernier. Trois jours après les élections générales, dont les résultats partiels confirment une légère avance de l’opposition sur l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF au pouvoir), le président zimbabwéen, Robert Mugabe, était, à en croire l’AFP et Reuters, prêt à quitter ses fonctions, à l’issue d’un accord de principe. Selon différentes sources, des responsables proches de Mugabe et ceux du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) avaient entamé, dès lundi, des négociations pour le départ de Mugabe.

    Tagged under Gouvernance Zimbabwe

  • Contributor | Gouvernance

    Environ 4 milliards de dollars US de taxes perçues par des institutions publiques échappent au Trésor public, a déclaré mardi le coordonnateur de la Commission interministérielle d'audit et bonne gouvernance. Selon lui, ces préjudices financiers subis par le Portefeuille de l'Etat au niveau des entreprises publiques et des régies financières, lors d'un point de presse à la Primature à la suite du rapport des experts de la commission.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    « Un tabou brisé », de l’activiste nigérien Moustapha Kadi, un livre sur l’esclavage, a été présenté le 29 mars au public à Niamey. L’auteur de cet ouvrage inédit a décortiqué le contenu de son livre, retranchant l’itinéraire du combat qu’il mène depuis quelques années dans la lutte contre l’esclavage, au sein de l’association « Réagir dans le monde ». Expliquant les raisons qui l’ont conduit à écrire son ouvrage, Moustapha Kadi, également fils de chef traditionnel, a souligné que « ce fut le jour où, jeune collégien à Konni (au sud de Niamey), j’ai rencontré Tiaoula, une esclave de ma famille, en fuite… ».

    Tagged under Gouvernance Niger