• Contributor | Gouvernance

    Un journaliste érythréen très populaire, Paulos Kidane, est décédé en tentant de fuir son pays, a annoncé mercredi le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé à New York. M. Kidane, présentateur à la télévision publique, Eri-TV et à la radio d'Etat, Dimtsi Hafash (la voix des masses), faisait partie d'un groupe de sept Erythréens qui tentaient, le 10 juin dernier, de fuir à pied vers le Soudan.

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  • Contributor | Gouvernance

    Selon un rapport choc rédigé conjointement par 10 organisations non gouvernementales (ONG) et publié mercredi à Londres, l’inadéquation des politiques pour le développement est en partie responsable de la persistance de la pauvreté dans la région du Sahel. Le rapport, intitulé « Derrière la sécheresse » rompt avec l’image généralement positive du travail des organisations humanitaires.

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  • Contributor | Gouvernance

    La dévaluation du CFA fait débat. Depuis 2004, la valeur de l’euro s’est appréciée de 63 % face au dollar. Pour les argentiers européens, il n’y a pas lieu de s'inquiéter. Par contre, l’on apprécie autrement ce bras de fer du côté des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre dont la monnaie est liée à l'euro par une parité fixe. Dévaluer ou pas ? Les positions divergent en fonction des intérêts des uns et des autres.

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  • Contributor | Gouvernance

    La bande dessinée "Tintin au Congo", réalisée à la fin des années 20 par le célèbre dessinateur belge Georges Prosper Remi alias Hergé, a été reléguée au rayon "pour adultes" par le groupe américain Borders qui la vend dans ses librairies en Grande-Bretagne. La commission pour l'égalité raciale juge la BD dépassée, raciste et bonne pour le musée

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  • Contributor | Gouvernance

    À moins de 6 mois de l’échéance du 1er janvier 2008, les fameux APE (Accords dits de partenariat économique), à conclure entre l’Union européenne et les pays ACP, suscitent toujours l’inquiétude et la polémique. Beaucoup y voient une consécration de la primauté du commerce sur le développement. On en parle depuis 2000, et pourtant, cela fait à peine quelques mois que le débat public fait rage.

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  • Hawa Ba | Gouvernance

    Les Etats-Unis d’Afrique ! Cela a déjà fait rêver il y a plus d’un siècle. Marcus Garvey, William E.B. Dubois, etc., ils ont été nombreux dans la diaspora africaine à nourrir ce rêve de l’Etat-continent. Le rêve a aussi habité les pères des indépendances africaines, quand le Pan Africanisme renaissait à travers les Kwame N’Krumah, Gamal Abdel Nasser, et learders de l’époque. Pour une bonne frange des filles et fils d’Afrique vivant sur le continent et dans la diaspora, il est temps de passer d’un rêve longtemps entretenu à la réalité. L’Afrique ne peut plus se payer le luxe d’attendre ! On a perdu trop de temps, on a trop tergiversé.

    L’unification de l’Afrique doit se faire ici et maintenant ! Ces déclamations ont encore une fois retenti à l’occasion du 9e Sommet de chefs d’Etat de l’Union africaine, dont le Gouvernement continental était le principal sujet de débat. Mais l’unanimité est loin de se faire sur la question. Une utopie pour certains. Un réalisme sociologique, économique et politique pour d’autres !

    Du Gouvernement de l’Union aux Etats-Unis d’Afrique : en théorie...

    Tel que libellé dans le projet de document de l’Union Africaine intitulé « Etude sur un Gouvernement de l’Union Africaine : vers les Etats-Unis d’Afrique », le Gouvernement de l’Union, en tant que processus politique en vue de la création des Etats-Unis d’Afrique, «comprendrait un Conférence plus concentrée, et un Conseil Exécutif soutenu efficacement par un Comité de Représentants Permanents, et, en cas de besoin, par des Comités Techniques Spécialisés orientés vers l’obtention de résultats. De plus, le Gouvernement de l’Union disposera d’une Commission jouissant d’un pouvoir exécutif sur les questions déléguées totalement ou partiellement par les membres de l’Union. Enfin, il sera soutenu par des systèmes parlementaire et judiciaire plus efficaces, ainsi que des institutions financières continentales efficientes, et par un cadre approprié pour la participation des acteurs non étatiques».

    L’étude identifie seize domaines d’intervention stratégiques du Gouvernement : l’intégration continentale : l’éducation, la formation, le développement des compétences , les sciences et la technologie ; l’énergie, l’environnement ; les relations extérieures ; l’alimentation, l’agriculture et les ressources hydrauliques ; le genre et la jeunesse ; la gouvernance et les droits de l’homme ; la santé ; l’industrie et les ressources minérales ; la monnaie et les finances ; les affaires sociales et la solidarité ; le sport et la culture ; le commerce, l’union douanière, la libre circulation des personnes, les droits de résidence et d’établissement ; l’infrastructure, les nouvelles technologies de l’information et de la communication et la biotechnologie.

    Sur le plan économique, il est prévu la promotion de politiques en vue de l’intégration monétaire. L’harmonisation des politiques macroéconomiques est cependant un préalable à cette étape. Un autre volet de l’intégration économique sera la création des Institutions Financières Africaines : il s’agit d’abord de la Banque Centrale Africaine (BCA) qui aura initialement une fonction limitée de supervision des banques centrales nationales et régionales. Cela, pour une période de 7 à 10 ans. L’objectif reste cependant, dès qu’un marché commun aura été créé et que la mobilité monétaire sera pleinement réalisée, de transformer le BCA en une banque centrale en bonne et due forme, chargée des autres fonctions de banque centrale, y compris l’émission de la monnaie. La monnaie unique africaine devrait alors être appelée AFRIC.

    Parallèlement à la BCA, la création du Fonds Monétaire Africain est prévue : «sa fonction principale sera de coordonner les paiements et règlements des échanges commerciaux entre les banques centrales nationales et / ou multinationales». Enfin, une Banque Africaine d’Investissement complètera l’arsenal institutionnel sur les plans financier et monétaire. Son but principal sera de satisfaire les besoins inhérents au processus d’intégration économique de l’Afrique.

    L’étude a aussi esquissé une feuille de route provisoire du Gouvernement de l’Union qui se subdivise en trois phases d’égale durée. Il est précisé que «la phase initiale sera consacrée à la mise en place du Gouvernement de l’Union (c’est-à-dire les étapes du processus nécessaires pour que le Gouvernement de l’Union puisse fonctionner immédiatement). La seconde phase se consacrera à rendre pleinement opérationnel le Gouvernement de l’Union entièrement dans toutes ses composantes, et à la mise en place des fondements constitutionnels des Etats-Unis d’Afrique. La troisième et dernière phase visera à mettre en place tous les attributs nécessaires des Etats-Unis d’Afrique au niveau national, régional et continental».

    Chacune de ces phases nécessite une durée de trois ans à partir de 2006, date à laquelle l’étude a été réalisée. Celles-ci se déclinent ainsi : -2006-2009 : mise en place du Gouvernement de l’Union -2009-2012 : consolidation du Gouvernement de l’Union -2012-2015 : mise en place des Etats-Unis d’Afrique

    Au cours de ces étapes, des actions spécifiques doivent être menées aux niveaux national, régional et continental pour adapter les cadres politique, social, économique et juridique, entres autres. La marche vers l’unification complète devrait donc se faire en trois étapes, dont le point culminant en 2015 consacrera l’édification des Etats-Unis d’Afrique avec des institutions entièrement fonctionnelles, surtout celles financières.

    D’après ce document, les Etats-Unis d’Afrique doivent être fondés sur les valeurs partagées et intérêts communs des Etats (voire des peuples) d’Afrique. Ses principes moraux, ou plutôt ses bases de fonctionnement, seront l’adhésion à l’état de droit, la participation populaire à la gouvernance, le respect des droits humains et des libertés fondamentales et la transparence en matière de politique publique.

    Deux camps : deux conceptions de l’Afrique ?

    Une bonne frange de la société civile africaine qui a sonné le ralliement à l’occasion du 9e Sommet de l’Union africaine à Accra, s’est appesantie sur cette étude aux prémisses plutôt optimistes. Si une quasi unanimité s’est dégagée quant à la question centrale qui est ‘l’impérative nécessité d’aller vers un gouvernement central africain’, il reste que les avis des experts divergent quant au timing et aux contours que revêtirait ce gouvernement. Deux écoles de pensées s’opposent : les partisans du ‘slow track’ et ceux du ‘fast track’.

    Pour les premiers, qui prônent le ‘gradualisme’ (oui pour l’unification de l’Afrique, mais il faut y aller étape par étape), Il s’agit de renforcer les mécanismes existants de l’Union Africaine ainsi que les commissions économiques régionales. Au niveau étatique, les pays de l’Afrique australe sont massivement logés dans ce camp dont le chef de file n’est autre que le Président Sud Africain Thabo Mbéki. Il a réuni autour de lui un bloc assez déterminé à faire ‘capoter’ l’élan ‘expansionniste’ d’un Khadafi. Il est aidé en cela par toux ceux qui prônent le renforcement des communautés économiques régionales d’abord et d’en faire le socle de l’intégration continentale.

    Pour les seconds, l’unification de l’Afrique devait se faire ici et maintenant : autrement dit, au sortir du sommet d’Accra, les chefs d’Etat Africains devaient s’accorder sur la décision historique de mettre sur pied les Etats-Unis d’Afrique. Pour ceux la non efficacité de l’Union Africaine et des autres institutions parallèles démontrent qu’il faut un outil plus efficient, doté de plus de pouvoirs et de moyens, et qui fera parler l’Afrique d’une seule voix.

    Le président la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré, s’inscrit dans la mouvance des Etats qui veulent la création d’un gouvernement de l’Union. Les deux plus grands défenseurs de cette position sont le Guide de la Jamahariya Libyenne, le Colonel Momar Khadafi et le président Sénégalais, Abdoulaye Wade. Ces derniers «défendent le primat de la politique sur l’économie et estiment que la création des Communautés économiques régionale n’a pas permis d’atteindre les objectifs fixés en matière de liberté de circulation des biens et des personnes, de développement des échanges entre les pays africains et d’harmonisation des politiques commerciales, douanières et autres». Cette dernière tendance est de loin la plus populaire parmi les organisations de la société civile africaine.

    D’aucuns évoquent la possibilité de mener une démarche plurielle tant au niveau du timing que de l’adhésion aux différentes composantes de l’Union par les Etats. Anticipant sur le fait que tous les Africains et tous les pays ne peuvent pas être au même niveau de préparation, ils estiment qu’il est possible qu’un petit noyau de pays démarre le projet des Etats-Unis d’Afrique et que les autres prennent le train en marche au fur et à mesure.

    Ils donnent ainsi comme illustration le fait que tous les Sud-Africains n’étaient pas d’accord pour la fin de l’apartheid. A-t-on pour autant estimé qu’il fallait attendre qu’il y ait un accord accepté à l’unanimité par tout le pays ? A un moment de l’histoire de tout peuple, il y a un besoin de visionnaires, affirment-ils avec force.

    Dans cette optique, le ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio, confiait dans une interview, en marge du Sommet à Accra qu’ «il faudra bien arriver à une situation de compromis pour garder la volonté d’unité continentale. On peut mettre en place un mécanisme pour continuer le débat, mais ceux qui sont prêts à signer tout de suite et qui ont déjà leur plume trempée, qu’on leur permette de signer un Acte constitutif d’un Etat fédéral ou d’un gouvernement d’union et que par l’exemple, ils montrent la valeur ajoutée sur le terrain et par la pratique».

    Certaines voix se sont inquiétées du fait que la plupart des Etats ne semblent pas prêts à renoncer à certaines prérogatives nationales. Les notions de souveraineté et de sécurité étatique ont presque spolié toute tentative d’intégration régionale. L’affirmation du président sénégalais Abdoulaye Wade, selon laquelle les ministères qui seront créés «ne suppriment les ministres des Etats, ils apportent un plus», désireux de rassurer les sceptiques, ne semble pas assez convaincante vu l’intransigeance du camp des ‘pessimistes’. Par ailleurs, il semble manifeste que le principal obstacle qui jalonne le chemin de l’intégration est celui du manque de volonté politique de la part des Etats et des leaders africains. Les bilans en demi-teinte du Nouveau Partenariat pour le Développement Economique de l’Afrique (Nepad) et du Mécanisme Africain d’Evaluation par les pairs (Maerp) sont assez illustrateurs de ce fait.

    Des thèmes aussi cruciaux que ceux des modalités de financement du futur gouvernement de l’Union et de ses structures, ainsi l’effectivité et l’efficacité réelles de ces derniers, ont aussi été évoqués lors des nombreuses rencontres lors de ce pré-sommet.

    Les acteurs de la société civile africaine ont diagnostiqué les différents maux qui ont émaillé le fonctionnement des institutions existantes. Fondamentalement, estiment-ils, si on en est toujours à ce stade, c’est parce que jusqu’à présent ce projet d’intégration et les débats y afférant ont été menés sous la coupole des Etats et du politique. Raison pour laquelle on a assiste à la mobilisation des organisations de la société civile africaine, prônant une implication des populations à la base. Impliquer les populations africaines à tous les stades par le biais de larges consultations est le seul garant de la réunification de l’Afrique qui doit être avant tout une intégration sociale, et après seulement politique et économique.

    Entre autres avancées à réaliser, il s’agit de faire du Parlement Africain un corps législatif qui vote des lois valables à l’échelle continentale et qui veille à leur pleine application. Pour ce, il faut que les modalités même de constitution de ce Parlement soient revues afin que le mode de désignation des membres se fasse désormais au suffrage universel direct. Ainsi, ils demandent aux chefs d’Etats et de Gouvernements d’initier et d’assurer une pleine implication de leurs populations à des débats publics sur les modalités légales, financières, politiques de réaliser de larges élections continentales à partir de 2009.

    La société civile africaine a aussi insisté sur la nécessité d’impliquer des segments des sociétés africaines comme le corps éducatif (enseignement du panafricanisme et des autres cultures et pays africains dans les établissements scolaires, recherche et dissémination de publications sur réalités africaines dans différents pays du continent, etc.), les organisations religieuses, etc. Une stratégie média appropriée sera cruciale pour accélérer l’intégration africaine

    Par ailleurs, la société civile, au cours de ces assises, a estimé que la diaspora doit jouer un rôle stratégique dans le Grand débat sur la marche vers une Union des Etats Africains et la réalisation effective de ce projet. La principale recommandation étant de faire de la diaspora la « 6ème région de l’Afrique », du moins politiquement. Cela voudra dire que des représentants de la diaspora doivent dès à présent siéger dans les institutions de l’Union Africaine et dans le futur Gouvernement de l’Union. Parallèlement, déjà au niveau de l’Union Africaine, il doit y avoir une personne qui s’occupe exclusivement des besoins de la diaspora, avec un Département diaspora –par exemple un commissaire pour la diaspora.

    Pour la création des Etats-Unis d’Afrique, d’aucuns insistent sur la nécessité d’assurer au niveau du continent certains préalables tels : «opérationnaliser la clause des sanctions de l’Union Africaine, rendre le processus du Nepad obligatoire, résoudre le problème de la dépendance extérieure du continent».

    L’espoir est-il permis ?

    Malgré toute cette bonne volonté, les Chefs d’Etats ont parlé un autre langage. Les partisans de la formation immédiate du Gouvernement de l’Union n’ont pas réussi à convaincre le camp adverse. Le ‘fantôme’ de Nkrumah, selon l’expression de Tajudeen Abdul Raheem, qui continue fortement de les hanter, ne semble pas, encore une fois, avoir assez pesé sur leurs consciences au point de les amener à prendre la Grande décision. Celle de mettre fin aux tergiversations et d’amorcer la première étape vers la création des Etats-Unis d’Afrique.

    A l’issue de trois jours de ballets diplomatiques et de longues délibérations, la Déclaration d’Accra a été douloureusement « couchée » dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juillet. La conclusion est pour le moins un aveu d’échec car les Chefs d’états préconisent de constituer une commission ministérielle chargée de mener une réflexion approfondie sur la création du Gouvernement de l’Union.

    Au sortir du sommet d’Accra, certains analystes n’hésitent pas à carrément estampiller le sceau « ECHEC » sur ces interminables huis-clos. D’autres estiment que «les Chefs de l’Etat ont pédalé dans le néant». Le temps de la réflexion continue : fuite en avant ou prudence réaliste ? John Kuffor, hôte de la rencontre et en bon arbitre (même si il était plutôt logé dans le clan des sceptiques) rassure qu’il n’y a ni ‘gagnants’ ni ‘perdants’.

    Le président Abdoulaye Wade, fort remonté contre les ‘gradualistes’, assène : «le premier camp dit qu'il faut y aller étape par étape. Mais ce sont des arguments fallacieux, parce que l'intégration politique peut aider l'intégration économique». Il révèle que son camp a même consenti beaucoup de concessions : «nous avons proposé une solution transitoire qui intègre tous les domaines, nous avons proposé que chaque pays conserve son ministère des Affaires étrangères». Et de constater qu’«il n’y a pas de salut pour l'Afrique en dehors de son unité politique», d’autant plus que «la rationalité économique nous impose à avoir un seul marché».

    Le projet fédéral africain reste donc dans les limbes. Etats-Unis d’Afrique ou Union des Gouvernements d’Afrique ? ’appellation la plus appropriée reste aussi à trouver. En attendant, il faudra d’abord s’accorder sur le contenu et la forme d’une telle entité. Les optimistes qui ont déferlé sur Accra et se sont époumonés à longueur de débats par-ci, de table-ronde par là, vous diront que l’acquis majeur reste qu’on ne se pose plus la question de savoir s’il faut le faire ou non, mais COMMENT s’unir ! Mieux, il ne s’agit même pas de débattre sur le fait de savoir s’il faut aller lentement ou vite, mais de choisir entre ‘‘aller vite’’ et ‘‘aller plus vite’’ !

    * Hawa Ba est la rédactrice en Chef de l'édition française de Pambazuka News.

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  • Contributor | Gouvernance

    La mise sur pied prochaine ou non du Gouvernement de l’Union Africaine a été au centre des débats lors du forum organisé 19 au 21 juin 2007 à Accra par Africa Governance Monitoring and Advocacy Project (AfriMAP) et l’Institut pour la Gouvernance Démocratique (IDEG) et la coalition de la société civile ghanéenne sur le sommet de l’Union Africaine en prélude au sommet de l’Union Africaine du 1er au 3 juillet prochain à Accra.

    S’appuyant sur le projet de document de l’Union Africaine intitulé « Etude sur un Gouvernement de l’Union Africaine : vers les Etats-Unis d’Afrique », Doudou Sarr, Consultant de l’Union Africaine sur le Gouvernement de l’Union a expliqué que le présent carnet de route trace la marche vers la mise sur pied complète de l’unification complète en trois étapes dont le point culminant en 2015 sera l’édification d’une union qui sera pleinement opérationnelle.

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  • Hawa Ba | Gouvernance

    « Accélérer l’Intégration Africaine et son Développement en ce XXIème Siècle : Perspectives et Défis du Gouvernement de l’Union », a été le thème autour duquel un réseau d’une centaine d’organisations de la société civile africaine de près de trente pays, de même que des Africains de la diaspora (Europe et Amérique du Nord) a débattu du 22 au 23 juin à Accra.

    Au terme des deux jours de délibération, les participants ont convenu de la nécessité de mettre sur pied une union démocratique et participative. Entre autres avancées à réaliser, faire du Parlement Africain un corps législatif qui vote des lois valables à l’échelle continentale et qui veille à leurs pleine application est un préalable.

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  • Hawa Ba | Gouvernance

    Il est vert, comporte un logo africain et appelle les gouvernements africains à permettre à son détenteur de « librement passer, commercer, travailler et résider dans toutes les parties de l’Afrique avec pleins droits, devoirs et responsabilités de citoyenneté : c’est le Passeport des Citoyens Africains !

    Plusieurs organisations de la société civile africaine ont ensemble élaboré un Passeport des citoyens Africains et ont procédé à son lancement ce vendredi 22 juin à accra, Ghana.

    Un exemplaire du Passeport a été symboliquement confectionné pour le Ministre ghanéen des Affaires Etrangères Honorable Nana Akuffo Addo lors de la Conférence du pré sommet continental organisée le mouvement des citoyens africains pour la levée des restrictions en matière de voyage à l’intérieur de l’Afrique par les gouvernements africains comme une condition préalable pour la citoyenneté africaine.

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  • Hawa Ba | Gouvernance

    L’Institut d’Etudes de Sécurité (IES), base à Pretoria, Afrique du Sud, a contribué à sa manière au ‘Grand Débat sur le Gouvernement de l’Union’ en procédant au lancement de sept publications sur les Etats-Unis d’Afrique, ce mercredi 27 juin a Accra. Les cinq sont en Anglais et les deux restants en Français.

    Ces documents qui sont une contribution au débat sur les Etats-Unis d’Afrique couvrent les domaines suivants : les préalables et perspectives d’avenir, les défis a relever, les moyens de traduire les valeurs et principes de l’Union Africaine en politique et pratique, la question de la souveraineté, le positionnement du Parlement Panafricaine et de la Cour Africaine de Justice dans le débat politique sur l’Union.

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  • Hawa Ba | Gouvernance

    Un Sénégalais qui veut se rendre au Kenya doit aller chercher son visa auprès de l’ambassade de Grande Bretagne à Dakar. De même, un Kenyan désirant aller au Sénégal verra sa demande de visa traitée par l’ambassade de France à Nairobi. «Une aberration» pour la coalition d’organisations de la société civile africaine, dont ActionAid, Fahamu, Oxfam, etc., qui a procédé, le 28 juin, au lancement officiel du Passeport du Citoyen Africain. Un événement qui a eu lieu à Accra, après la cérémonie d’ouverture du Conseil des ministres africains des Affaires étrangères.

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  • Basil Okafor propose que l'on décale d’au moins cinq ans le sommet de l’Union Africaine sur la question des Etats-Unis d'Afrique, le temps que le peuple en débatte. Il importe selon lui que nous, les Africains Noirs, donnions nos instructions aux présidents de l’Union Africaine sur comment voter, examinons les mobiles, les objectifs, les commanditaires – apparents et dissimulés – les modalités et la faisabilité de ce USAfrica. Sondage à l'appui, il démontre que l'Afrique n'est pas encore prête pour ce grand saut.

    Au cours des pratiquement cinq décennies qui se sont écoulées depuis la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), nombre d’Africains ont constamment appelé à la constitution de liens plus étroits entre les États du continent. Après 38 ans et le sentiment d’avoir atteint son but premier, à savoir la libération africaine le 15 octobre 2001, l’OUA qui regroupe 53 États s’est transformée en une Union Africaine afin de conférer ostensiblement à l’organisation davantage de poids politique et économique, premier pas vers davantage d’intégration et d’unité continentales.

    Dans la poursuite de cet idéal, certains suggèrent d’employer le prochain sommet de l’Union Africaine de juillet 2007, pour placer la barre encore plus haut. Les partisans de la nouvelle entreprise continentale entendent promouvoir les «États-Unis d’Afrique» lors de la rencontre d’Accra. Si les pourvoyeurs de ce concept ont les mains libres, avec cette ré-organisation, le continent entier se fondrait en une seule nation, avec une armée, une monnaie (sur le mode de l’Union européenne) et la libre circulation des personnes et des biens, sans plus de frontières, telles qu’elles existent aujourd’hui.

    Il est clair que l’idée d’«États-Unis d’Afrique» fait écho aux aspirations des Africains de partout (sur le continent comme dans la diaspora) qui veulent une Afrique meilleure. Et comme on pouvait s’y attendre la décision de promouvoir les États-Unis d’Afrique au sommet de juillet a suscité des réponses enthousiastes du public panafricain.

    Mais il n’est pas sans intérêt de noter les différences de tons parmi les réponses. Notamment, au cours des dix premiers jours de février qui ont fait suite à l’annonce le 31 janvier 2007 de la décision de l’Union Africaine, les Africains se sont exprimés dans le Forum de la BBC sur le sujet : «Est-ce que l’Unité africaine est un rêve qui mérite d’être poursuivi ?»

    En fait, sur les 32 contributeurs, aucun n’était opposé en soi à l’unification. Néanmoins, ils se répartissaient dans trois catégories par leurs attitudes et leurs attentes, à savoir :

    (A) Les fervents (12), qui aspirent tellement à l’unification, qu’ils semblent aveugles, ou indifférents aux mines posées sur le chemin qui y mène;
    (B) Les sceptiques (5), qui pour diverses raisons ne pensent pas que l’unification peut se concrétiser, et l’écartent comme un mirage ;
    (C) Les prudents (16), qui veulent l’unification, mais pointent les problèmes sérieux qui doivent être réglés pour que l’unification puisse réussir l’indépendances pour tous les pays du continent et la chute de l’apartheid en Afrique du Sud.

    Les 32 participants au forum écrivaient : des USA 8 ; du Soudan 6 ; du Royaume-Uni 4 ; de l’Ouganda 2 ; du Ghana 2, de la Tanzanie 2 ; et 1 de chacun des pays suivants, Côte d’Ivoire, Canada, Cameroun, Liberia, Maroc, Niger, Nigeria et Seychelles.

    Il est significatif que les deux-tiers des contributeurs aient attiré l’attention sur les obstacles à la réussite de l’unification. Et encore plus significatif que chacun des Soudanais ait mis l’accent sur certains obstacles à vaincre. …Le Soudan est le pays où la tentative d’unir Arabes et Noirs dans un État a causé une guerre raciale âpre de plus de cinquante ans.

    Peut-être que le reste de l’Afrique noire a beaucoup à apprendre du Soudan. Le Soudan est une expérimentation de l’unification afro-arabe : et son expérience laisse mal augurer du projet USAfrica.

    Une question-clef soulevée par les deux-tiers de la majorité des contributeurs sceptiques et/ou prudents, est celle de l’IDENTITE.

    Les questions qu’ils veulent voir traitées sont les suivantes :
    - Qui est un Africain ?
    - Les Arabes dans le nord de l’Afrique s’identifient-ils avec les Africains Noirs ou avec leurs amis et parents en Arabie et au Moyen-Orient ?

    Les autres obstacles qui ont été soulevés par rapport à cette idée d’USAfrica ont trait :
    - au déterminisme de la couleur : ce mépris arabe bien ancré pour les Noirs ;
    - au conflit entre Pan-Arabisme et Pan-Africanisme et aux ambitions arabes d’imposer
    l’Islam aux Africains et d’arabiser l’Afrique noire.

    Quels seront les principes que ces USAfrica suivront ? Seront-ils chrétiens, musulmans, ou autres ?
    Est-ce que les Musulmans accepteront d’être gouvernés par des Non-musulmans dans les USAfrica ?
    Comment seront levés les obstacles à l’unification, parmi lesquels la tyrannie, le tribalisme, la méfiance réciproque et la corruption ?

    Clement Kuol Biong écrit de Mahe aux Seychelles : «Un Soudanais vétéran de la politique a comparé le gouvernement de l’Union Socialiste Soudanaise de Jafaar Numeiri à l’ombre d’un arbre où se retrouvent ceux venus juste partager l’ombrage, mais où ce que chacun pense n’est pas forcément identique. Dans ces conditions, comment l’Afrique peut-elle être unie quand nous sommes encore divisés par le tribalisme et qu’aucun leader africain n’est même intéressé à unir son propre peuple ? Comment le rêve de l’unité africaine peut-il devenir réalité quand divers groupes à l’intérieur de l’union Africaine ont des agendas cachés ? Le rêve des Arabes se poursuit, d’imposer de force la culture islamique aux masses africaines, une pratique en ce moment-même en vigueur au Soudan».

    Atina Ndindeng, de Manchester en Angleterre, résume: «L’unité africaine n’est qu’un mirage du fait de l’avidité, de la malhonnêteté et de la corruption qui règne parmi les dirigeants que nous tenions en haute estime et qui devaient montrer l’exemple, mais ce sont tous des ratés et des démagogues politiques. Honte à la plupart des chefs d’État africains.»

    De leur côté, les fervents qui constituent un tiers des contributeurs, font reposer leur espoir sur le rêve que, «l’Afrique Unie sera une superpuissance verte opposée à la superpuissance militaire et sera finalement un joueur-clef à la table des affaires du monde plutôt qu’un mendiant.»

    Et ainsi que l’indique Mark Wood, le co-fondateur de USA4USAfrica, de Greenwood
    California, «Un États-Unis d’Afrique peut empêcher l’apocalypse qui s’annonce à l’horizon si l’unification ne se fait pas MAINENANT !»

    Mais que peut apporter de bon une quelconque Superpuissance Verte (si une telle utopie est possible pour une Afrique unie) sans une force militaire, ne serait-ce que pour défendre ses terres arables des envahisseurs voleurs que le continent a connu depuis que les Arabes ont conquis et colonisé l’Afrique du Nord entre 640 ET 14OO AD ?

    Certains des instigateurs de USAfrica voient leur projet comme s l’affaire était déjà faite. Ils insistent sur le fait que malgré les avis contraires, «l’Afrique va s’unir, en tant que nation. Et qu’en fait, ça se fera en juillet au prochain sommet de l’Union Africaine au Ghana.»

    Ils maintiennent que «le cours de l’histoire» ne peut plus être infléchi, que l’unification de l’Afrique est indéniablement en mouvement… que tous les arguments qui s’opposent à une Afrique unie sont désactivés à ce stade, car les Africains ont décidé qu’ils allaient s’unir et établir les détails d’une position pour l’union par opposition à une position de division.

    Ces promoteurs ont déjà dessiné un drapeau pour USAfrica et choisi pour nous sont premier président : «Notre mandat c’est qu’en 2007 l’Union Africaine forme officiellement un États-Unis d’Afrique, avec pour premier président le Secrétaire général sortant des Nations Unies Kofi Annan (dont le mandat a expiré le 31 décembre 2006), installé à la manière dont le fut le premier président des États-Unis d’Amérique George Washington, par la volonté de Dieu». Les instigateurs de ce projet voient ça comme si tout ce qui leur incombait, c’était de faire la propagande et de nous manipuler comme des moutons pour que nous marchions.

    Comment ? Selon eux :
    1. «En organisant des meetings dans les Mairies pour obtenir le soutien public pour la
    Fédération et collecter des idées sur comment la créer. Les meetings avec les mairies devraient rapidement démarrer en Afrique et hors d’Afrique. Des suggestions sur comment implanter le Gouvernement de l’Union continental (États-Unis d’Afrique) doivent en ressortir. Il ne s’agit pas de discuter sur le projet de fédération, mais sur les modalités de sa mise en place.»
    2. «Recrutement de célébrités pour rallier la cause, et soutenir et parler des États-Unis
    d’Afrique. Aux USA, recruter Oprah, Obama, Angelina Jolie, Danny Glover.»
    3. Contacter «les super-stars du hip-hop pour mobiliser pour les États-Unis d’Afrique.»

    En procédant sans un mandat connu et public des peuples d’Afrique et, en particulier, en n’attirant l’attention que sur ce qu’ils considèrent naïvement comme les bénéfices potentiels de USAfrica, et en essayant de restreindre leurs discussions de mairies uniquement aux modalités de mise en place, ces promoteurs agissent comme des vendeurs de voitures rôdés, qui ne veulent pas que le client pose des questions embarrassantes sur les défauts de la voiture.

    Mais quoi qu’il en soit, les questions soulevées par les sceptiques et les prudents qui constituent une majorité des deux-tiers des intervenants du forum de la BBC, suggèrent que le temps est venu pour les Africains noirs d’ouvrir les yeux et de faire l’effort de penser et de après s’interroger –en répondant honnêtement – sur les questions difficiles que nous avons évitées pendant 50 ans sur le bon sens qu’il peut ou non y avoir, à unifier Africains noirs et Arabes dans un gouvernement continental.

    Par exemple, ?en quoi un USAfrica est-il nécessaire ?

    - Pour l’Afrique noire, quels problèmes va-t-il pouvoir résoudre de plus que l’OUA et l’Union Africaine ?
    - Quels sont les parrains réels du projet USAfrica et quel est leur agenda caché ?

    Les commentaires du forum indiquent que beaucoup d’Africains noirs ordinaires font cet effort de penser. Les présidents de l’Union Africaine feraient bien d’en faire autant, et de le montrer. Ils ne devraient pas se précipiter pour mettre en œuvre ce projet louche avant d’avoir, avec le public, examiner tout ça de la manière la plus détaillée qui soit. Il n’y a pas eu de débat populaire avant la formation de l’Union Africaine et l’adoption du NEPAD par les présidents africains. Y aura-t-il une discussion populaire libre et entière sur ce sujet avant que d’aller plus loin ans ce projet d’USAfrica ?

    Les promoteurs, connus et non-connus, de ce USAfrica, le permettront-ils ?
    Indépendamment des instigateurs du projet, débattons en tous, débattons de chaque aspect du projet, et pas seulement de comment le réaliser. Débattons tous des avantages et inconvénients d’un gouvernement continental, et faisons le au cours des cinq prochaines années, ou jusqu’à ce que nous parvenions à un consensus éclairé. Débattons à la lumière de l’expérience des Noirs au Soudan, en Mauritanie et dans le reste des régions limitrophes afro-arabes. Et également à la lumière des quatre décennies de l’OUA/UA.

    Décalons donc d’au moins cinq ans le sommet de l’Union Africaine sur la question, le temps que le peuple en débatte. Avant que nous, les Africains noirs, donnions nos instructions aux présidents de l’Union Africaine sur comment voter, examinons les mobiles, les objectifs, les commanditaires – apparents et dissimulés – les modalités et la faisabilité de ce USAfrica, et ceci dans l’optique de ce dont l’Afrique noire a besoin pour survivre et prospérer dans ce siècle.

    Ainsi que l’a exprimé succinctement Abednego Majack, un contributeur de Rumbek, au Soudan – la prudence doit être notre maître-mot : « États-Unis d’Afrique », certes l’expression sonne bien mais la question est, est-ce que nous nous percevons comme Africains, indépendamment de nos frontières coloniales, de nos religions, de nos groupements régionaux » ?

    «L’Union Africaine doit prendre les choses très au sérieux pour pouvoir rendre attrayante l’unité africaine, sinon, le continent demeurera coupé en deux, l’Afrique sub-saharienne et l’Afrique du nord et les problèmes se développeront le long de cette ligne de faille. »

    Avant que ce rêve d’union continentale ne tourne au cauchemar pour nous et nos
    descendants, examinons ses conséquences probables pour nous, Africains noirs.

    Comme ils le disent, prévenir vaut mieux que guérir !

    * Basil Okafor est

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  • L'idée des Etats-Unis d’Afrique est le résultat de la vision de l’unité panafricaine. Gichinga Ndirangu présente le cas pour les Etats-Unis d'Afrique et indique certaines pierres d'achoppement majeures qui doivent être surmontées avant que le rêve d'une Afrique unie de Nkrumah ne devienne une réalité.

    Au prochain sommet de l’Union Africaine qui se tiendra à Accra au Ghana, une proposition cherchant à établir un gouvernement d’union continental sera débattue. Accra est symbolique, sinon l'hôte significatif pour ce débat.

    C'était là que le père fondateur du Ghana, Dr Kwame Nkrumah, lança pour la première fois son exhortation célèbre pour l'unité panafricaine et dit que l'indépendance du Ghana signifiait peu tant que le continent entier n’était pas libéré. C'était l'avis de Nkrumah qu'en l’absence d’un front uni commun, l'Afrique resterait enchaînée par le néocolonialisme.

    C'était la période précédant le ré lancement de l’Union Africaine en 2002 qui a été témoin du débat renouvelé sur l'unité panafricaine. L'homme fort de la Libye, Muammar Gaddafi, alors un opposant coriace de l'impérialisme occidental, défia les leaders africains de s'unir d’un commun accord pour planifier leur destin commun sans être enchaînés par l'Occident. Gaddafi a encouragé le commerce accru parmi les Africains, la création d'institutions continentales communes incluant un gouvernement fédéral et la libre circulation des personnes à travers les frontières. Lors de son ré-lancement à Durban, l’Union Africaine prit les rênes des mains de la Libye en réaffirmant son engagement envers la vision pan africaine sans toutefois mettre en place une stratégie spécifique.

    Le leadership de certains dirigeants clefs du continent – Thabo Mbeki d'Afrique du Sud, Olusegun Obasanjo du Nigeria, Bouteflika d'Algérie et Abdoulaye Wade du Sénégal – préféra créer à sa place le Nouveau Partenariat pour le Développement Africain (NEPAD), que l'on a vu comme une tentative de développer une structure de politique vers une vision unifiée sur le développement de l'Afrique et soutenir, en partie, le panafricanisme.

    La vision du NEPAD s’est avérée être limitée se préoccupant plus de la mobilisation de ressources que de la vision de cohésion sociale et politique de l'Afrique. Pourtant l'offre pour cette année d'un gouvernement d’union revisite les tentatives de consolider l'intégration politique, sociale et économique panafricaine et établit des points de référence importants dans la disposition d'une vision renouvelée pour l'unité continentale.

    L'espoir, quoique non assuré, à travers l'Afrique, est que le débat de cette année déplacera la vision panafricaine de Nkrumah au-delà de sa stagnation de cinquante ans. Il n'y a aucun doute que c'est un débat dont le temps est venu, même si ce ne serait pas parce que la proposition d’un gouvernement d’union réaffirme finalement la quête d'unir les peuples de l'Afrique à travers un fil commun de valeurs partagées et un but commun.

    Dans ce débat, il y a beaucoup de voix critiques qui revendiquent l'idée d'une unité africaine, mais avisent que l'heure du fédéralisme panafricain n’est pas encore venue. De plus, l'ardeur des Afro pessimistes dans les rangs de l’Union Africaine est conduite par la volonté de consolider la souveraineté nationale et l'hégémonie régionale plutôt qu'un rejet complet de la vision panafricaine.

    Tandis que les espoirs sont hauts, il faudra du temps et des efforts pour atteindre un consensus sur cette proposition à cause de la disparité des positions aussi bien que des fortes demandes qui seront placées sur chaque État pour réaliser un gouvernement d’union. La proposition AU veut que le gouvernement d’union prenne la forme d’une entente transitoire précédant l'intégration politique complète sous la bannière des « Etats-Unis d'Afrique ».

    Cette entente transitoire implique que la réalisation de la vision panafricaine demandera plus de travail, de consultation et de conviction. Même alors, la vision transitoire est hardie dans son intention et prévoit l'établissement de systèmes parlementaires et juridiques, des institutions financières continentales communes et des politiques monétaires et des procédures standardisées, entre autres. C’est sur ces propositions préliminaires que l'on fera appel aux leaders de l'Afrique à se concentrer et réfléchir au sommet d’Accra en juin.

    Après beaucoup d'années de conflits fratricides intra et inter états, le besoin d’exploiter le potentiel de l'Afrique autour d'une unité de but est un impératif nécessaire. Au cœur de cela, l'offre d'un gouvernement d’union doit être orientée vers la transformation de l'Afrique par la création de stratégies bien pensées qui promeuvent l'intégration et non l'isolement ou la balkanisation de n'importe quel pays ou région.

    La proposition devrait être utilisée pour catalyser une politique de développement et des programmes qui soient centrés sur les peuples et enracinés dans les meilleures traditions, cultures et valeurs africaines. L'idéal d'une Afrique centrée sur le peuple et unie est celui qui doit être le bienvenu et promu. C'est aussi un préalable dans un monde de plus en plus mondialisé qui a démontré la valeur qui réside dans la consolidation des intérêts partagés et que ceux-ci mènent à la formulation des politiques et leur mise en œuvre.

    Non limitée à l’union politique, l'offre d'un gouvernement d’union s’impliquera aussi dans les concepts et les faits d'intégration économique potentielle. Le colonialisme a légué sur la plupart des états africains l'inégalité économique et l'injustice sociale qui ont étouffé l'intégration des économies d'Afrique au marché mondial. Le commerce interafricain a été restreint par une politique inadéquate et l'appui institutionnel aux niveaux nationaux et régionaux ainsi que la limitation structurelle interne qui ont réduit la portée de l’exploitation des opportunités économiques du continent dans toute sa potentialité.

    Tandis que l'intégration économique a été une priorité clef mais élusive pour le leadership de l'Afrique depuis le début des indépendances politiques, ce qui avait manqué c’était le travail de mains pour prendre ce but au-delà de la sphère de la conjecture et l'optimisme. En 1963, l'Organisation de l’Unité Africaine a dévoilé sa proposition d'établir un marché commun africain continental que l’on attendait s'unir dans une communauté panafricaine tirant les sphères économiques, sociales et politiques. Le plan d’action de Lagos et le traité d’Abuja en 1991 qui ont établi ensemble la Communauté Economique Africaine (CEA) avaient parlé de la nécessité d’une telle union économique africaine. Alors que cette ambition n’a pas encore atteint sa pleine maturité, l’Union Africaine continue à prendre soin des diverses Communautés Economiques Régionales (CER) comme des composantes essentielles dans sa quête de l’union économique continental.

    Encore dans l'entente actuelle, il se trouve le souci que l'Afrique s’engage dans des négociations d’agréments commerciaux multiples, qui risquent de saper ses propres priorités de développement. La vue commune est qu'il y a une portée limitée pour exploiter judicieusement le potentiel d'intégration régionale et que de nouvelles concessions sont accordées par les partenaires commerciaux de l'Afrique.

    Les vues de l’Union Africaine approfondissent l’intégration économique régionale comme un pilier important dans la transformation structurelle de l'Afrique. Étant donné la complexité de l’intégration régionale en Afrique, il y a le souci partagé selon lequel un accent excessif sur la libéralisation commerciale aux négociations en cours avec l'Union Européenne (l'UE) et d'autres puissances commerciales pourrait anéantir précipitamment plutôt que consolider l'intégration économique.

    La vérité est que cette libéralisation commerciale et les échanges commerciaux ne sont pas une fin en eux-mêmes, mais un moyen d'aider le continent à répondre à ses défis du développement. Les négociations commerciales en cours entre des pays africains et l'UE ont montré la complexité de consolider les liens économiques parmi les pays africains qui subissent déjà des pressions dans les négociations avec l'UE sous de nouvelles configurations à l'extérieur de leurs groupements économiques naturels et traditionnels.

    Les régions actuellement en pourparlers avec l'UE ont été sévèrement perturbées par leur adhésion à différentes configurations de négociation. En conséquence, il y a un risque de pays entreprenant des engagements commerciaux avec l'UE au détriment de leurs partenaires commerciaux traditionnels avec qui ils peuvent avoir des accords différents au niveau régional.

    Dans la nouvelle dispense économique mondiale d'aujourd'hui, il y a peu d'alternatives à l'intégration économique comme une stratégie dans la promotion du développement socio-économique durable. Il est évident que seulement en serrant les rangs dans les structures d'initiatives de niveau continental comme la Communauté Économique africaine et l’Union Africaine, l'Afrique peut éviter une marginalisation plus prononcée.

    La proposition d’union reconnaît que certains gouvernements africains ont fait des efforts décidés vers la consolidation de blocs économiques régionaux avec l'appui actif de l'UA. Mais l'histoire de consolider l'unité continentale est limitée par beaucoup de facteurs incluant le manque de volonté politique, la prise de conscience limitée parmi un grand segment de la population de l'Afrique et la dépendance accrue à l'aide externe.

    L'Union Africaine doit donc travailler à la fourniture d'une structure appropriée, qui renforce le partenariat entre des gouvernements nationaux, les représentants des peuples, la société civile et d'autres participants vers la promotion du développement économique et social du continent.

    D’une part un gouvernement d’union garantira les intérêts du continent et d’autre part il affirmera son rôle dans les affaires mondiales tout en se fondant sur la capacité collective du continent d’influencer celles-ci depuis une position de force et d'unité. Mais, la proposition actuelle pourrait faire halte dans ses traces si le débat est simplement limité aux halls sanctifiés de l’Union Africaine sans participation active des peuples africains.

    Depuis 2002, l'UA a renouvelé l'élan vers des structures de gouvernance plus efficaces et responsables.

    Le prochain défi auquel il faut faire face dans la consolidation de l'unité continentale, doit impliquer la mise en place d’efforts concertés au niveau national pour développer des institutions et des processus qui puissent promouvoir la nouvelle architecture continentale souhaitée et qui soit enracinée dans la participation des populations.

    Le débat doit inclure les voix et les perspectives d'une vaste gamme de populations africaines à travers la participation d'institutions clefs comme les parlements nationaux et régionaux, des organisations de société civiles et les médias. Cette participation élargira et approfondira le débat qui sera en fin de compte africain.

    * Gichinga Ndirangu est consultant Kenyan.

    * Commentaires à envoyer à ou en ligne en visitant le site www.pambazuka.org

    * Cet article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News n° 298.
    Voir :

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  • La marche vers le gouvernement de l’Union africaine doit être « progressive ». C’est le point de vu exprimé par le Ministre béninois des affaires étrangères Moussa Okanla. C’était le 28 juin 2007, au Centre international de conférence à Accra où se tenait la onzième session des ministres des affaires étrangères. Avec lui nous avons parlé aussi des APE, du passeport africain, du MAEP et de la corruption.

    Le terme central de la 9è réunion des chefs d’Etat est le gouvernement de l’Union pour aller vers les Etats Unis d’Afrique. Quelle est la position du Bénin ?

    Pour le principe, le Bénin pense qu’on doit aller vers ce gouvernement à l’échelle continental. Mais de façon progressive c'est-à-dire qu’il faut des étapes. Quand le problème a été posé, trois opinions se sont dégagées. Celle qui propose le renforcement des institutions actuelles de l’Union Africaine. La seconde est celle proposée par le président Wade. Elle a une approche fédéraliste, chaque pays gardant sa souveraineté. La troisième position est celle du président libyen. Elle indique qu’il faut aller à une union politique, avec un gouvernement à l’échelle continentale et la disparition de la souveraineté nationale.

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  • Dans le processus de mise en place du gouvernement de l’Union africaine, les chefs d’Etat ont voulu rendre l’initiative populaire. Des consultations directes avec des secteurs représentatifs de l’opinion publique étaient prévues au niveau de chaque pays. Il était aussi question de permettre aux populations africains d’entrer dans le débat à travers le site web de l’Union africaine. La première option n’a pas fait recette (voir « La société civile trace un chemin aux Etats»), la seconde a avorté.

    Pour se prononcer sur le Gouvernement de l’Union, toute personne le désirant devait pouvoir poster ses idées à l’adresse [email][email protected] Mais à la veille de l’ouverture du 9e Sommet d’Accr,a où cette idée de gouvernement fédéral demeure la question principale à l’ordre du jour, cet espace réservé sur le site de l’Ua est vide. Impossible d’y accéder. Bien avant que de naître, les «Etats Unis d’Afrique» vivent leur première carence technologique.

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  • Les textes juridiques abondent, les rencontres au sommet se multiplient, mais l’Union africaine (Ua) tarde à traduire le rêve panafricain qui l’a fait naître. Pour nombre de membres de la société civile africaine qui se réunit à Accra depuis une semaine, en prélude au sommet des chefs d’Etat (1er au 3 juillet), et dont l’agenda est essentiellement focalisé sur la mise en place d’un gouvernement de l’Union, un tel processus doit éviter les vices de formes. Et il n’en manquerait pas.

    Pour les représentants de la centaine d’Ong et d’associations qui se sont retrouvées à Accra, il importe de se méfier d’une initiative «imposée du sommet». Arriver à un Etat fédéral, pour nombre d’entre eux, passe par des urgences à prendre en compte aux plans économique, politique, social, etc.

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  • Un nouveau jour devrait se lever le 4 juillet, au lendemain du 9e sommet des chefs d’Etat de l’Union Africaine, sur le continent. Seulement, il n’est pas dit que le gouvernement fédéral attendu à cette échéance verra le jour. Pour la société civile africaine le processus a été mal enclenché. Et au-delà des critiques, elle offre des pistes.

    A quelques jours de l’ouverture du Sommet des chefs d’Etats de l’Union africaine à Accra (1er – 3 juillet), il n’est pas certain que la mise en place d’un Gouvernement de l’Union puisse connaître des avancées notables. Les observateurs s’attendent plutôt, au vu de la manière dont les débats sont posés jusqu’à présent, à ce que l’on aboutisse à une solution hybride. Elle consisterait à accroître les pouvoirs de la Commission de l’Union africaine… en attendant. Une solution transitoire qui colle au vœu de chefs d’Etat qui souhaitent un audit de cette institution après quatre ans de fonctionnement, avant de passer à une phase supérieure.

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  • Le 9è sommet ordinaire des chefs d’Etat de l’Union africaine se tient du 1er au 3 juillet à Accra. Avec pour principal point à l’ordre du jour, la formation d’un gouvernement continental. Engagées depuis le sommet de 2005 à Syrte et poursuivi l’année dernière à Banul, les discussions auraient dû arriver à un consensus pour cette année. Mais la société civile africaine qui diagnostique le processus depuis une semaine, à Accra, en doute.

    La question occupe quasiment tout l’agenda du 9e sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine qui se tient du 1er au 3 juillet 2005. Cinquante ans après le début des indépendances africaines, la marche vers la création des Etats-Unis d’Afrique n’a jamais atteint un point aussi avancé. A ce sommet, il est question de voir comment concrétiser les rêves des pères du panafricanisme.

    Seulement, la perspective n’est pas aussi près d’aboutir. Plus qu’un parachèvement, Accra pourrait n’être qu’une étape de plus. C’est la conviction la plus partagée par les organisations de la société civile africaine, qui ont anticipé sur le sommet depuis une semaine, pour discuter de la mise en place de ce gouvernement de l’Union africaine.

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  • Contributor | Gouvernance

    Les organisations de femmes prenant part à un forum public à Accra au Ghana ont discuté de la proposition de l´Union Africaine sur un gouvernement continental et ont décidé que l´unité nécessitera la participation totale des femmes africaines et une action plus rapide en ce qui concerne le Protocole à la Charte Africaine des Droits des Peuples sur les Droits des Femmes.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le réseau des femmes de la société civile africaine a instamment appelé l'Assemblée Générale des Chefs d'Etat et de Gouvernement dont le Sommet est prévu du 1er au 3 juillet a Accra, a a l'occasion de sa 10ème Réunion Consultative sur l'intégration du genre dans l'Union Africaine, en marge du Sommet de l'UA tenue, à Accra, au Ghana, dans le cadre de la Campagne “Le Genre : Mon agenda” lancée en juin 2006 a Banjul.

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