• Contributor | Gouvernance

    Le gouvernement canadien a refusé d’accorder un visa d’entrée à Winnie Madikizela-Mandela, célèbre activiste de la lutte contre l’apartheid et ancienne épouse du premier président noir de l’Afrique du Sud, à cause de son « casier judiciaire ». En 1991, Madikizela-Mandela avait été condamnée à 6 ans de prison pour son rôle dans l’enlèvement et le meurtre d’un jeune garçon de 14 ans, accusé d’être un informateur de la police.

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  • Contributor | Gouvernance

    Adjoa Nyenyanu avait sept ans lorsque sa mère l’a vendue, avec ses trois jeunes frères et sœurs, à environ 60 dollars, pour qu’ils travaillent avec des étrangers dans des villages de pêcheurs situés le long du lac Volta, au Ghana. « Ma mère m’a appelée un soir pour me dire qu’elle voulait m’inscrire à l’école mais qu’elle n’avait pas les moyens de me payer les frais de scolarité », s’est souvenue Adjoa.

    Tagged under Gouvernance Ghana

  • Contributor | Gouvernance

    Outre les fuites des canalisations et les fréquentes coupures de courant, les citadins zimbabwéens se voient en plus contraints de graisser la patte à certains fonctionnaires pour s’assurer l’accès à ces services qui fonctionnent mal. « En tant que résidents, nous sommes confrontés à un double problème: d’une part, un système de service public qui ne cesse de se détériorer, d’autre part, des fonctionnaires corrompus...»

    Tagged under Gouvernance Zimbabwe

  • Contributor | Gouvernance

    Souvent rejetées par leur époux, les mères séropositives au Gabon se battent seules pour élever leur enfant et suivre leur traitement, tout en gérant les difficultés financières et le sentiment de culpabilité qu’elles éprouvent parfois vis-à-vis de leur enfant. Il y a à peine deux ans, Marie (un nom d’emprunt) n’aurait jamais imaginé qu’elle partagerait bientôt sa vie avec un petit garçon.

    Tagged under Gouvernance Gabon

  • Contributor | Gouvernance

    Arrivés tôt le matin, munis de pioches et de pelles, Habou Kadri et ses deux coéquipiers délimitent d'abord un périmètre sur le site d'une ancienne décharge publique d'ordures ménagères, à la périphérie de Niamey, la capitale du Niger. Puis ils se mettent à creuser après s'être enturbannés, pour chercher des pièces métalliques jetées, a constaté IPS sur place.

    Tagged under Gouvernance Niger

  • Contributor | Gouvernance

    Malgré un tapage médiatique sans précédent pour accorder plus de place aux femmes lors des dernières élections législatives au Burkina Faso, la moisson est faible pour elles qui n'ont obtenu que 13 députés sur les 111, soit 11,71 pour cent. Elles étaient 14 femmes dans le parlement sortant. "Les résultats sont en deçà de nos attentes", déclare déçue à IPS, Mariam Sirima, la coordonnatrice de la Coalition burkinabé des droits de la femme (CBDF).

  • Contributor | Gouvernance

    Le tribunal populaire qui a condamné François-Xavier Byuma, un militant rwandais des droits humains, à 19 ans de prison suite à des accusations liées au génocide a violé tant le droit rwandais que le principe fondamental en vertu duquel les accusés doivent bénéficier d’un procès équitable devant un tribunal impartial, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

    Tagged under Gouvernance Rwanda

  • Contributor | Gouvernance

    Pour les quatre gouverneurs concernés la fin de leur mandat a entraîné l'arrêt automatique de leur immunité. C'est pour ne prendre aucun risque qu'ils ont préféré ne pas assister mardi aux cérémonies de passation de pouvoirs organisées dans les Etats où une nouvelle administration a pris ses fonctions. Le président de la commission anti-corruption reconnaît qu'il sera difficile de poursuivre en justice les présumés suspects.

    Tagged under Gouvernance Nigeria

  • Contributor | Gouvernance

    L’augmentation de l’aide et de libération des échanges s’effectuent à un rythme très lent du fait des engagements pris par les bailleurs, a annoncé mardi la Banque mondiale à la veille de l’ouverture du sommet du G-8 à Heiligendamm, en Allemagne du 6 au 8 juin. Les bailleurs de fonds ne vont pas vite et malgré leurs promesses faites il y a deux ans, ils traînent toujours les pieds, regrette la Banque mondiale.

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  • Contributor | Gouvernance

    Tertius Zongo a été nommé nouveau Premier ministre du Burkina Faso, en remplacement de Ernest Paramanga Yonli, a appris APA, mardi de sources officielles à Ouagadougou. Il succède à M. Yonli qui a présenté dimanche soir la démission de son gouvernement, à la suite des élections législatives du 6 mai dernier.

  • Contributor | Gouvernance

    Quelque 41 partis politiques sur les 270 que compte le Cameroun prendront part aux élections législatives et municipales prévues le 22 juillet prochain dans ce pays, annonce-t-on de source officielle à Yaoundé, la capitale. Selon le ministère de l'Administration territoriale et de la décentralisation, 1.274 candidats brigueront les 180 sièges de l'Assemblée nationale.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le président Bouteflika a confirmé hier Abdelaziz Belkhadem dans son poste de chef de gouvernement et nommé un nouvel Exécutif. M. Belkhadem était à la tête du gouvernement depuis mai 2006. Cette décision du chef de l’Etat, annoncée par la présidence de la République intervient quatre jours à peine après la nomination d’un gouvernement d’intérimaires dont la mission a été limitée à la gestion des affaires courantes.

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  • Contributor | Gouvernance

    1400 candidats repartis sur 535 listes, 125 listes communes entre partis politiques partageant les mêmes affinités ou même faisant ce qu'on appelle des alliances contre nature, 278 listes propres et 132 listes indépendantes, voilà planté le décor en termes de candidatures aux élections législatives des 1er et 22 juillet prochains.

    Tagged under Gouvernance Mali

  • Sanou Mbaye | Gouvernance

    Au lendemain de la seconde guerre mondiale, deux écoles de pensées dominaient les débats chez les militants des indépendances africaines. Il y avait, d’un côté, les «modérés», alliés des occidentaux, qui étaient partisans du maintien des frontières artificielles héritées du colonialisme, et de l’autre, les «progressistes» qui militaient pour des indépendances devant conduire à la mise sur pied d’un gouvernement continental devant présider aux destinées des Etats-Unis d’Afrique. Les premiers l’ayant remporté sur les seconds, l’Afrique s’est ipso facto dotée d’un environnement économique impropre au développement, comme cela s’est vérifié depuis les indépendances.

    En effet, pris individuellement, les pays concernés, à l’exception d’une petite minorité, n’étaient pas viables économiquement, ce qui explique que l’Occident ait pu perpétuer sa mainmise exclusive sur l’Afrique sub-saharienne, en dépit des longues luttes entreprises pour mettre fin au colonialisme et à l'apartheid. Même indépendants, les pays de la région sont demeurés otages des occidentaux à travers une combinaison d’accords qui se sont révélés spécieux à l’application et des artifices de tous ordres (restrictions d’accès à leurs marchés, manipulations politiques, interventions militaires, interdiction de lever des fonds sur les marchés financiers internationaux, accoutumance à l’ « aide » d’où accumulation gigantesque de dettes relatives à des projets et programmes qui n’étaient ni économiquement viables, ni financièrement justifiés.

    Parallèlement et par le bais de leurs agences d’exécution que sont les institutions de Bretton Woods (FMI & Banque mondiale), les occidentaux n’ont eu de cesse d’élaborer des stratégies de développement inadaptées en direction de l’Afrique sub-saharienne, et qui ont fait l’objet de ce qu’il est convenu d’appeler le «Consensus de Washington».

    Celui-ci se définit par :
    • la minimalisation du rôle des gouvernements dans l’élaboration des politiques de développement et la vente des actifs publics au secteur privé;
    • la libéralisation du commerce et celle du marché des capitaux, i.e., la levée des barrières douanières et des contrôles des mouvements de capitaux ;
    • la dérégulation de toutes les entraves à la conduite des affaires, i.e., réduction des dépenses publiques et augmentions des taxes et taux d’intérêts.

    A cet égard et paradoxalement, il est particulièrement navrant de constater que les pays occidentaux sont ceux-là mêmes qui ont battu en brèche les principes dictés par le «Consensus de Washington», en prônant et en imposant aux autres un libéralisme économique tous azimuts. En effet :

    • ils bafouent les règles du commerce mondial en subventionnant massivement leurs exportations et en recourant au protectionnisme pour barrer l’entrée sur leurs territoires des exportations en provenance des pays pauvres. Aussi, l’ouverture et la libéralisation des marchés africains sans réciprocité ont-elles conduit à la faillite les agriculteurs et les entrepreneurs africains. Les privatisations quant à elles, ont été, dans la plupart des cas, synonymes de liquidations pures et simples. Cela fut notamment le cas dans les pays de la zone franc où la dévaluation de 100 pour cent du franc CFA en janvier 1994 avait réduit à la portion congrue le prix d'achat des actifs publics des Etats concernés (1).

    • Sur le plan financier, les occidentaux sont les tenants de la politique du déficit budgétaire, de la réduction des taxes et des taux d’intérêts.
    L’Afrique peut, cependant, se donner les moyens de mettre fin à l’exploitation institutionnalisée à laquelle elle est ainsi soumise depuis des temps immémoriaux.

    Pour cela, il lui faut :
    • S’engager résolument dans un processus révolutionnaire de renouveau identitaire et idéologique ;
    • adopter une conception révisée de l’exercice du pouvoir ;
    • formuler une nouvelle stratégie de développement;
    • impliquer la société civile et résoudre les litiges en suspens, comme ceux relatifs à la dette.

    Renouveau identitaire et idéologique

    Des siècles d’esclavage et de colonialisme ont fortement et durablement affecté l’identité des Noirs. A cet égard, le cas de Simón Bolívar, le libérateur et l’unificateur des pays d’Amérique latine, est assez révélateur : il est, en effet, représenté sous les traits d’un blanc, alors qu’il était, comme on le sait, notoirement métissé. Témoins également ces brésiliens qui, exilés aux Etats-Unis, subissent le traumatisme de leur vie lorsqu’ils se voient assimilés aux Noirs. Le phénomène de la décoloration de la peau pratiquée en Afrique est aussi très révélateur d’un complexe forgé par l’histoire ainsi que l’est la propension des élites à se considérer comme étant des francophones, des anglophones ou des lusophones.

    De même, l’antagonisme entre les Noirs d’Afrique subsaharienne et les ressortissants d’Afrique du Nord demeure toujours une réalité. Il est la résultante d’un séparatisme voulu et d’un racisme affiché à l’égard du Sud. Les exemples foisonnent qui illustrent cette situation. En déclarant que l’Egypte était une république arabe, le président Gamal Abdel Nasser falsifiait délibérément l’histoire, en effaçant 3.000 ans d’une culture incontestablement liée à l’Afrique noire. Encore plus significatif : les Egyptiens ont refusé que les Américains produisent un film sur la vie d’Anouar el- Sadate, sous prétexte que l’acteur choisi pour interpréter le rôle du président était Noir.

    C’est aussi le lieu de rappeler qu’en quittant l’OUA en 1984, le Maroc aspirait rien moins qu’à devenir membre de l’Union européenne.

    La classe dirigeante soudanaise, descendante d’esclaves arabes, n’hésite pas, avec la caution de la Ligue arabe, à commettre les atrocités que l’on sait à l’encontre de millions de concitoyens noirs au Darfour.

    De même, lorsque le dirigeant libyen Kadhafi, déçu par le panarabisme qu’il prônait, s’est érigé en champion du panafricanisme, ses compatriotes ne se sont pas faits faute de chasser de leur pays les immigrants noirs.

    Enfin et pour clore ces tristes évocations, la Mauritanie a quitté la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest pour rallier l’Union du Maghreb Arabe (UMA).

    Comme on le voit, le problème de l’identité risque de constituer l’obstacle majeur à la réalisation d’un Etat fédéral. Il faut donc, pour conjurer ce mal pernicieux, revisiter l’idéologie du panafricanisme qui devra être le vecteur de l’identification et de l’unification du continent. Cette idéologie devra notamment définir un programme d’éducation des masses devant conduire à l’émergence d’une culture d’autosuffisance, de renaissance culturelle, d’une transformation radicale des mentalités et d’un recouvrement de la dignité et du respect des Noirs. C’est à cette condition que les Noirs assumeront pleinement et fièrement leur négritude et la revendiqueront au lieu de la rejeter.

    Une conception révisée de l’exercice du pouvoir

    Parmi les autres maux qui gangrènent nos sociétés, une conception viciée de l’exercice du pouvoir n’est pas le moindre. Sur ce point, il semble que les seuls « termes de référence » de la grande majorité des dirigeants africains, outre l’incompétence, soient l’enrichissement personnel au détriment des intérêts de leurs administrés, le népotisme, la corruption, la gabegie et la courtisanerie pour ne citer que ces turpitudes.

    Toutefois, ces temps de grande détresse et d’injustices sociales à très grande échelle devraient constituer un terreau favorable à l’émergence de grands visionnaires et meneurs d’hommes qui, à l’instar de Simon Bolivar, Martin Luther King Jr., Georges Padmore, W.E.B. Dubois, Kwame Nkrumah et Cheikh Anta Diop ont refusé l’ordre établi et l’ont combattu au nom de la justice et de l’équité. De tels hommes auraient à tache de privilégier une politique de régionalisation devant mener, par touches successives, à la constitution d’une fédération des Etats d’Afrique noire, seule garante de leur indépendance et de leur capacité à peser sur les affaires du monde.

    Une nouvelle stratégie de développement

    Les africains se doivent d’élaborer leurs propres stratégies de développement.
    Cela nécessite :

    • une volonté réelle d’intégration économique et politique. Une priorité absolue doit être donnée à la création d’une zone de libre-échange et d’un marché commun pour faire du commerce intra-régional le premier levier de croissance économique pour le développement de la région. Les pays d’une même région dont les échanges internes sont supérieurs aux échanges externes disposent d’économies plus performantes. C’est le cas des pays d’Europe, d’Asie et de plus en plus d’Amérique latine, particulièrement au sein du Mercosur (2), contrairement aux pays du Moyen-Orient et de l’Afrique où les échanges externes sont disproportionnellement plus importants que leurs échanges internes (cf. graphique en Annexe);

    • Une re-nationalisation des actifs publics bradés au secteur privé et une réglementation des investissements étrangers qui doivent être au service exclusif des économies et non des spéculateurs ;

    • L’adoption de la même stratégie de développement à laquelle ont eu recours tous les pays avancés. Selon une étude publiée en 2003 durant toute la phase préliminaire de leur développement, les Etats-Unis, les Etats membres de l'Union Européenne et les pays d'Asie de l'Est ont tous réglementé les investissements étrangers pour garder le contrôle de leurs actifs stratégiques, et mis en place des systèmes de contrôle des mouvements des capitaux. Les partenariats avec les entreprises étrangères ont été élaborés pour favoriser les transferts de technologies et la formation afin d’ajouter de la valeur à la production locale et créer au bénéfice des producteurs locaux les conditions requises pour faire face à la concurrence. Ils ont mis en place des politiques de subventions et de soutien pour les secteurs clefs de l’éducation, de la santé, de la production vivrière, de l’industrie, de l’habitat et de la recherche scientifique (3) ;

    • Un appui au commerce régional, à l’exportation et aux petites et moyennes entreprises pour créer une classe moyenne locale, vecteur essentiel de tout processus de développement;

    • une allocation massive de crédits à bon marché aux opérateurs du secteur informel pour les faire passer de l’informel au formel ;

    • Une politique d’industrialisation basée sur la durabilité et la justice sociale. Dans cette optique, la politique énergétique au niveau régional est d’une importance cruciale. L’Afrique noire est riche en énergie hydraulique. Ses réserves estimées à des milliers de milliards de kilowatts-heure représentent environ la moitié des réserves mondiales.

    Le Congo, second fleuve du monde en terme de débit (30 000 à 60 000 mètres cubes par seconde) détient à lui seul plus de 600 milliards de kilowatts-heure de réserve annuelle.

    La Sanaga au Cameroun et l’Ogooué au Gabon en possèdent la moitié. Les pertes importantes qui étaient liées au transport de l’électricité sur un réseau de courant alternatif sont désormais maîtrisées grâce aux percées technologiques réalisées en matière de courant continu à haute tension, moyennant quoi les pertes dues à l’acheminement de l’électricité sur de longues distances ne représentent plus que de 3% tous les 1000 kilomètres.

    Les problèmes liés au transport de l’électricité étant techniquement résolus, l’exploitation de l’énergie hydro-électrique du seul fleuve Congo avec l’aménagement des barrages d’Inga et de Kisangani pourrait suffire à satisfaire les besoins en électricité du continent noir pour un programme d’industrialisation rationnelle devant conduire à un processus de développement respectueux de l’environnement.

    Mieux encore, quelle que soit l’ampleur des ressources hydro-électriques que recèle l’Afrique, elle semble négligeable comparée à celle qu’offre l’énergie solaire. Le soleil déverse sur la terre tous les ans l’équivalent de 1,5 millions de barils d’énergie pétrolière au kilomètre-carré. Grâce à une technologie appelée «Energie solaire concentrée», deux scientifiques allemands, les docteurs Gerhard Knies et Franz Trieb, ont calculé qu’il suffirait de concentrer l’énergie solaire sur une superficie équivalente à 0,5% des déserts chauds, en l’occurrence celui du Sahara pour couvrir les besoins du monde en énergie sans compter les bénéfices additionnels que représenterait la possibilité de freiner l’avancée du désert et de fournir de l’eau dessalée à ces régions désertiques.

    Mobilisation de ressources internes et externes

    Comme déjà évoqué, les pays africains, empêchés de lever des fonds sur les marchés financiers internationaux n’ont eu d’autre choix que de sous-traiter leur développement auprès des pays occidentaux et des institutions de Bretton Woods, avec les résultats désastreux que l’on connaît. On en veut pour preuve le pourcentage de leurs populations qui vivent dans la pauvreté. Il s’est accru de 41,6 pour cent en 1981 à 46,9 pour cent en 2001 passant de 164 millions à 316 millions d’âmes (4).

    L’on constate que ce rapport de force jusqu’ici favorable aux occidentaux est maintenant en train d’être mis à mal par l’entrée tonitruante de la Chine dans l’arène africaine. La stratégie chinoise de pénétration du marché africain s’appuie sur deux piliers : la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats et une action tous azimuts dans les domaines clés : politique, diplomatie, investissements, accords commerciaux, énergie, aide, annulation de la dette, assistance militaire, santé, éducation et tourisme.

    Ainsi, en l’espace d’une décennie, la Chine a modifié l'équilibre des forces en Afrique, menaçant du coup la première place détenue par la France en tant que principal partenaire économique et commercial du continent, et reléguant les USA et le Royaume-Uni respectivement à la troisième et quatrième place.

    Il faut dire qu’une histoire commune de résistance à l’occupation étrangère et une complicité historique durant les périodes de lutte de libération ont donné un contour différent à la coopération entre les pays d’Afrique subsaharienne et la Chine. Celle-ci est basée, non sur une exploitation institutionnalisée comme c’est le cas avec les pays occidentaux, mais sur un respect mutuel. Dans ses rapports avec l’Afrique, la Chine poursuit trois objectifs: sécuriser son approvisionnement en pétrole et en ressources minières, amoindrir l'influence de Taiwan (six des 26 pays qui entretiennent des relations diplomatiques avec Taiwan sont africains) et accroître son influence sur la scène internationale.

    Pour ce faire, elle a investi des milliards de dollars en Afrique dans les secteurs du pétrole, des mines, des transports, de l'électricité et des télécommunications, ainsi que dans différentes infrastructures.

    Les données concernant les échanges commerciaux traduisent également l’influence croissante de la Chine en Afrique. Les échanges sino-africains ont approché les 40 milliards de dollars en 2005 et ont été de l’ordre de 60 milliards de dollars en 2006. Les échanges commerciaux et les investissements chinois ont favorisé la croissance économique du continent qui a atteint le taux record de 5,2% en 2005.

    A ce sujet, si les dirigeants Chinois ont bien défini les termes de leur coopération avec l’Afrique, il n’en est pas de même des Africains. En effet, quelque 46 chefs d'Etat africains se sont réunis avec les dirigeants chinois à Pékin en Novembre 2006 lors du Forum de coopération Chine-Afrique. On peut regretter que pour discuter d’échanges commerciaux et d’investissements, les responsables africains ne se soient pas présentés sous le front uni de l’Union africaine, mais en ordre dispersé comme ce fut le cas, chacun ne se préoccupant que de ses propres intérêts. Une stratégie d’union aurait permis aux africains d’exiger de la Chine, en contrepartie des innombrables bénéfices qu’elle tire de sa coopération avec l’Afrique, un appui politique, diplomatique et économique pour une intégration devant mener, à terme, à une fédération des pays de la région.

    Cependant, les investissements conséquents de la Chine en Afrique ne doivent pas être considérés autrement que comme un appoint qui ne doit pas empêcher les pays africains de mobiliser leurs ressources internes pour financer leur unité. Pour ce faire, ils doivent impérativement s’approprier leurs ressources. Selon le département américain de l'Energie, au cours de cette décennie, les importations américaines de pétrole d'Afrique atteindront 770 millions de barils/an pour des revenus estimés à plus de 600 milliards de dollars.

    A cette manne, il faut ajouter les recettes d’exportation provenant des autres acheteurs du pétrole africain et celles engrangées à partir des autres transactions relatives à d’autres matières premières telles que le cobalt, le nickel et le cuivre dont les cours ne cessent de grimper. Il est probable que cette embellie ait un caractère durable en raison de la forte demande provenant du Japon, de la Chine et de l’Inde, mais aussi des incertitudes qui pèsent sur le Moyen Orient.

    D’où l’intérêt de la mise sur pied d’une confédération panafricaine pour la gestion des matières premières, un cartel dont le pétrole constituerait la principale composante. La Chine, sous réserve d’un contrat d’approvisionnement sans limite pour toutes les ressources du continent africain dont elle aura besoin et à des prix garantis d’avance sur une longue période, aurait tout intérêt à être partie prenante d’un tel projet.

    Rôle de la société civile

    Le désir d'une union politique, économique et monétaire des peuples d'Afrique est né au 19ème siècle aux Etats-Unis, au sein des membres de la diaspora noire. Il est à l’origine du mouvement panafricain. Il s'est à ce point ancré dans la conscience collective que tous les dirigeants du continent l'ont placé, par conviction ou par opportunisme, en tête de leur agenda politique. Il est, de fait, la parade appropriée aux humiliations subies depuis des lustres. Malheureusement, les résultats enregistrés jusqu'ici dans la voie de l'unité ne sont pas encore à la hauteur des espoirs suscités par le projet.

    La cause en est qu’une réelle union africaine n’est pas dans l’intérêt des dirigeants africains. Leurs pouvoirs sont issus de la fragmentation du continent et l’on ne peut attendre qu’ils renoncent à leurs positions au profit des masses. Le processus devra être initié conjointement par les peuples, la diaspora, et les institutions idoines de la société civile.

    L’on se souvient en effet, que l’union d’États la plus pérenne de l’histoire, celle des Etats-Unis, a été mise sur pied par les militants politiques, et non par les chefs des États de l’union. Le rôle mobilisateur des différents mouvements qui composent la société civile (associations professionnelles, syndicats, ONG, intellectuels, étudiants, mouvements de jeunesse, etc.) et leur implication dans la formulation des politiques et des stratégies est indispensable au processus devant conduire à la création d’une fédération des états d’Afrique noire.

    Il serait indiqué, à cet égard, de mettre sur pied des «Clubs d'Union Panafricaine» tant au niveau du continent que dans les diasporas africaines. Ils seraient reliés, non seulement entre eux, mais aussi avec les organisations sous-régionales et le siège de l'Union Africaine grâce à un usage intensif de l’Internet et ils favoriseraient ainsi la naissance d’un esprit et d’une identité communautaires.

    Résolution des litiges en suspens

    C’est Alexander Nahum Sack, ancien ministre de Nicolas II et professeur de droit à Paris, qui en 1927 a formulé la doctrine de la dette odieuse, qui postule ce qui suit : «si un pouvoir despotique contracte une dette non pas pour les besoins et dans les intérêts de l’Etat, mais pour fortifier son régime despotique, pour réprimer la population qui le combat, etc., cette dette est odieuse pour la population de l’Etat entier. Cette dette n’est pas obligatoire pour la nation ; c’est une dette de régime, dette personnelle du pouvoir qui l’a contractée. Par conséquent elle tombe avec la chute de ce pouvoir».

    Partant de ce principe et s’agissant de la dette africaine, un audit et un avis juridique doivent être réclamés auprès de cabinets internationaux sur les montants réels et le bien-fondé des dettes contractées auprès du FMI et de la Banque mondiale. La question serait inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée générale des Nations Unies pour obtenir, dans un premier temps, le gel des remboursements pendant le déroulement des procédures d'arbitrage.

    L’octroi de crédits obéit à des règles internationales. Les institutions financières qui les outrepassent doivent assumer leurs responsabilités. Ainsi, le refus d’honorer des dettes qui n’étaient ni économiquement justifiées ni financièrement viables serait conforme à la logique économique et à la loi internationale.

    Il faut rappeler à ce propos deux précédents historiques et jurisprudentiels:

    1. en 2001, l’Argentine s’est déclarée en état d’incapacité de payer le service et l’amortissement de 100 milliards de dollars de dettes et a refusé de mettre en place les recettes de sortie de crise imposées par le FMI (augmentation des taux d’intérêt et des prix des services publics, austérité budgétaire et maintien destructeur de l’ancrage du peso argentin au dollar). Mieux, en 2003, l’Argentine a bravé tous les interdits en refusant tout bonnement d’honorer ses dettes vis-à-vis du FMI. Une sortie massive de capitaux en guise de représailles par les bailleurs de fonds aggrava la crise que connaissait déjà le pays. Mais, le président argentin, Nestor Kirchner, pur produit de l’aile gauche du parti péroniste, tint bon. Le FMI finit par céder. L’argentine n’eut à payer que vingt cinq cents pour chaque dollar dû.
    Elle parvint ainsi, non seulement à redresser rapidement son économie mais à lui imprimer une vigueur nouvelle.

    2. à la fin du 19ème siècle, suite à la guerre hispano-américaine qui a débouché sur la saisie de l’île de Cuba par les Etats-Unis, ces derniers ont cru devoir s’affranchir des dettes alors dues par Cuba à l’Espagne, au motif que celles-ci, loin d’avoir été contractées dans l’intérêt du peuple cubain, n’ont, en réalité, servi qu’à financer son oppression par le gouvernement colonial espagnol.

    Conclusion

    L’Afrique ne peut continuer à laisser l’Occident piller de façon éhontée et quasi gratuitement ses ressources, fomenter chez elle des troubles et s’en prévaloir pour justifier le déploiement de forces militaires propres à perpétuer, en toute impunité, une politique d’occupation pratiquée depuis des siècles.

    Les pays du continent doivent donc s’affranchir du diktat des marchés pour rejoindre le camp de la résistance aux tenants du capitalisme sauvage qu’est la mondialisation, au nombre desquels figurent au premier rang les Etats-Unis.

    C’est seulement au sein de l’Union Africaine, que les pays d’Afrique, groupés et solidaires au sein de leurs propres groupements sous-régionaux, peuvent relever le défi en privilégiant, cela a été dit, une politique de régionalisation devant mener à l’unification du continent et à la naissance d’une fédération des Etats subsahariens.

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  • Issa Shivji poursuit le débat sur la création des « Etats-Unis d’Afrique ». S’inspirant de l’expérience du passé et des initiatives actuelles de coopération régionale en Afrique de l’Est, il suggère que l’accent économique devrait être placé au niveau de la production – le capital et la main d’œuvre, plutôt que sur le commerce. Politiquement, elle devrait être centrée sur les gens plutôt qu’orientée vers l’Etat.

    L’Union Africaine s’apprête à un débat critique sur l’unité panafricaine. Ceci se rapproche profondément des lutes nationalistes qui ont produit l’indépendance de l’Afrique. A l’époque, le thème de définition et le cri de ralliement des nationalistes – de Nkrumah, Nyerere, Banda jusqu’à Babu – était le panafricanisme. Le nationalisme africain par définition, soutenaient-ils, ne pouvait être autre chose que le panafricanisme.

    L’actuel débat sur le panafricanisme présente une moment propice pour que le continent affronte certains des défis clés auxquels il fait face, parmi lesquels figure l’impérialisme. Le nationalisme africain est né au milieu de la lutte contre l’impérialisme. Il ne pouvait durer qu’aussi longtemps qu’il resterait anti-impérialiste.

    Aujourd’hui, un petit nombre de nos pays peuvent prétendre être vraiment indépendant. Nous n’avons pas le pouvoir de prendre les plus élémentaires de nos propres décisions. Notre souveraineté est vendue au plus offrant. Notre politique extérieure est alignée sur la super puissance. Nos lois – fabriquées au sein du FMI – sont imposées sur nos parlementaires. Les sociétés multinationales tordent chez nous des concessions atroces dans des accords, qui sont des ‘top secrets’, même pour les représentants élus par les gens.

    L’actuelle recherche d’unité panafricaine doit reconnaître la menace, et non pas craindre le défi pose par l’impérialisme. Au moment où la mondialisation, une forme même plus vicieuse d’impérialisme, nous engouffre, nous devons retourner aux racines de nos indépendance: le grand mouvement nationaliste post-guerre qui a mené à l’indépendance de plus de 50 pays africains..

    Aujourd’hui, alors que nous nous enfonçons davantage dans des contextes inexplorés de la mondialisation, et que nous laissons les usuriers et les requins du marché mondial dévorer nos ressources tout en nous dictant nos politiques, nos sociétés sont en train d’être mises en pièces sur base de diverses divergences insignifiantes d’ethnie, de race, de région et de clan. Si jamais il y a eu une époque où il faut raviver le rêve et la vision de panafricanisme, alors c’est bien maintenant.

    Même pendant que l’Afrique place lentement son accent sur l’unité panafricaine, on voit une raison d’espérer et des promesses dans les efforts qui se poursuivent vers l’intégration régionale. Il y de sérieuses bases historiques derrière la quête d’unité régionale. Les visionnaires panafricanistes tels que Nkrumah et Nyerere ont anticipé et vu les dangers de devenir indépendant seul.

    Mwalimu par exemple était prêt à retarder l’indépendance du Tanganyika si les quatre pas de l’Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Tanganyika et Zanzibar) pouvaient le faire en tant qu’une unité fédérale. Les efforts en cours vers l’intégration régionale doivent donc être pesés dans le cadre du panafricanisme.

    En Afrique de l’Est, les chefs d’Etats ont déjà décidé de re dynamiser la Coopération Est-Africaine et un traité a été déjà conclu. Des consultations ont été désormais initiées pour la recherche des avis des gens sur la création d’une fédération Est- Africaine.

    La Communauté de l’Afrique de l’Est, qui a précédé à la Coopération Est-Africaine, s’est écroulée dans les années 1970 sous les difficultés dues aux différences entre les Etats et une rivalité acerbe en ce qui concerne leurs intérêts matériels.

    Cette fois-ci, on espère que les leçons ont été apprises et que les erreurs du passé ne vont pas se répéter. L’objectif doit être de placer la coopération sur une base plus solide en adoptant des approches meilleures et durables à la question de l’unité.

    Au moment où l’Afrique marche vers la consolidation de l’unité panafricaine, il y a des leçons qui peuvent être tirées aussi bien des expériences passées que des initiatives actuelles vers la consolidation de la coopération régionale en Afrique de l’Est.

    L’ancienne coopération était caractérisée par deux grands moteurs. Sur le plan économique, elle était centrée sur le commerce. Tandis que sur le plan politique, c’était l’Etat qui se trouvait au centre. Son approche générale était économique plutôt que politique.

    Une leçon utile à la vision panafricaine est que l’unité économique doit être basée sur la complémentarité des structures. Les pays ne peuvent coopérer que quand la question d’unité économique est traitée sous une approche politique. Par exemple, une approche commune en ce qui concerne la fixation des prix des exportations agricoles ou le remboursement des dettes peut être une base réelle de coopération. Ceci exige des décisions politiques.

    Dans le cas de l’Afrique de l’Est, les structures de production dans les trois pays étaient en compétition au lieu d’être complémentaires. Etant des économies orientées vers l’exportation, les trois entités exportaient Presque les mêmes cultures agricoles. Elles faisaient la compétition en courtisant les mêmes investisseurs. Les trois pays étaient donc en rivalité au marché international au lieu d’être en coopération, ce qui rendait leur unité fragile.

    L’entreprise panafricaine peut tirer trois leçons vitales de l’expérience de l’Afrique de l’Est. Premièrement, l’approche devrait être explicitement politique. Deuxièmement, sur le plan économique, la fondation de l’unité devrait se situer au niveau de la production – le capital et la main d’œuvre; plutôt que le commerce. Troisièmement, sur le plan politique, elle doit être centré sur les gens plutôt qu’orientée vers l’Etat.

    Une autre région où la création d’une véritable coopération peut grandement soutenir la vision panafricaine est la région des Grands Lacs. Au sein d’un plus grand regroupement politique, il est peut-être plus facile et plus faisable de contrôler les guerres civiles qui ont débordé et devenues des guerres frontalières entre les pays de cette région. Un projet qui aboutirait à la paix dans cette région relancerait de façon dramatique le véritable panafricanisme rendrait plus proche la réalisation du rêve de l’unité africaine.

    L’unité panafricaine peut fournir un espace pour l’interaction accrue spécialement dans les domaines tels que le développement des ressources humaines au profit des pays qui en ont besoin. Les pays en phase de réorientation tel que le Rwanda par exemple pourraient profiter des réserves de talents se trouvant dans d’autres pays exactement comme cela s’est passé dans les années 1960 lorsque le Nigeria a envoyé beaucoup de ses magistrats pour soutenir le secteur judiciaire de la Tanzanie.

    La même chose pourrait s’appliquer au niveau de l’enseignement supérieur. Le Rwanda est dans le processus de reconstruire son université. Des universités britanniques sont rapidement en train de s’offrir pour les fonds des bailleurs en vue d’envoyer leurs équipes d’experts, des conseillers, professeurs etc. De telles opportunités devraient être consciencieusement utilisées pour créer des voies pratiques de coopération au lieu de s’adonner à la manipulation par de grandes puissances. Une telle coopération et l’assistance entre nous-mêmes seraient mutuellement bénéfiques et dans l’intérêt de l’idéal d’unité africaine.

    La coopération à chaque niveau – régional ou continental – doit procurer un cadre propice d’implication de la société civile et des autres intervenants. Le raisonnement est simple. La coopération à tous ces niveaux est trop importante pour être laissée aux seuls chefs d’Etats. Le domaine direct que les chefs d’Etats identifient pour la coopération c’est la défense et la sécurité, surtout leur propre sécurité bien sûr.

    Si on les laisse s’occuper comme bon leur semble, les Etats peuvent briser l’unité soit suite à la pression de la part des puissances internationales ou à des visions étroites suscitées par des intérêts matériels locaux. Les Africains doivent par conséquent ne pas abandonner la poursuite de l’unité panafricaine à leurs Etats et aux politiciens. C’est seulement lorsque les Africains seront unis que l’unité panafricaine peut être durable. Ils doivent élargir leurs horizons afin de tenir compte des nouvelles conditions et possibilités.

    Alors qu’effectivement nous devons avoir la volonté suffisante et le sentiment de promouvoir l’unité africaine, nous devons en même temps être prudents en vue de protéger et renforcer nos intérêts nationaux. Cependant, ces deux éléments – le panafricanisme et le nationalisme – devraient être places dans des intérêts plus vastes de la majorité, et non succomber aux motifs étroits de certaines factions, ou à la cupidité des groupes et des classes. L’intérêt de la grande majorité – les classes populaires – devraient être test décisif.

    L’unité africaine en tant qu’expression du panafricanisme est non seulement une vision souhaitable pour l’Afrique à ce stade de notre développement, mais une nécessité. C’est une nécessité parce que si nous sommes laissés à nous-mêmes, nous risquons de devenir – et nous devenons de plus en plus – des pions sur l’échiquier des puissances géopolitiques et militaires, sous l’hégémonie de la puissance la plus militarisée et la plus impitoyable de l’histoire de l’humanité.

    * Issa G. Shivji était, jusqu’à sa retraite récemment, Professeur de Droit à l’Université de Dar es Salaam où il a enseigné depuis 1970. Il est auteur de plus d’une douzaine de livres et de nombreux articles. Parmi ses livres figurent Class Struggles in Tanzania (1976)- Les Luttes de Classes en Tanzanie), The Concept of Human Rights in Africa (1989)- Le Concept des Droits Humains en Afrique) Not Yet Democracy: Reforming Land Tenure in Tanzania (1998)- Pas Encore de Démocratie : Réforme de la Loi sur la Propriété Foncière en Tanzanie).

    * Cet article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News numéro 299. Voir :

    * Veuillez envoyer vos commentaires à [email protected]

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  • « Vos enfants ne sont pas vos enfants,
    Ce sont les fils et les filles de la Volonté de « Vie » pour elle-même.
    Ils viennent à travers vous mais ils ne sont pas de vous vous.
    Et bien qu’ils soient avec vous, pourtant ils n’appartiennent pas à vous. »
    [ Khalil Gibran, Le Prophète]. Dikpak Naker s’exprime sur les raisons pour lesquelles il ne convient pas de frapper vos enfants.

    L’autre jour je parlais avec un collègue qui est activiste pour la prévention de la violence contre la femme. Quand je lui ai demandé si elle frappe son enfant, elle m’a répondu , « je ne tape pas sur lui mais s’il perd la ligne, je n’hésiterai pas à utiliser la gifle. » Sa réponse m’a étonnée et m’a amenée à commencer ma propre expérience de poser aux amis et collègues la même question. Le même genre de réponse a continué. La plupart d’adultes ont répondu en disant que si on le fait avec modération, frapper les enfants est un moyen utile d’orienter leur comportement. Certains ont ajouté des qualificatifs tels que « ça doit faire partie d’une approche disciplinaire plus vaste ou intervenir comme le tout dernier recours.

    Néanmoins, beaucoup d’adultes croyaient avoir raison de recourir à la violence contre les enfants sous la couverture de contrôler leur conduite. Même ceux qui avaient vu l’effet corrosif de la dynamique qui mène à la violence d’un homme envers une femme ont répondu à la question par leur propre question : qu’est-ce qu’il y a de mal à frapper les enfants pour leur apprendre comment se comporter ? Certains posaient la question avec un étonnement réel, tandis que d’autres la posaient tout simplement parce qu’ils comprenaient pas d’interaction avec les enfants qui n’implique pas l’affirmation de la force sur les enfants.

    Beaucoup d’entre nous ont eu des années d’expérience au cours desquelles nous avons appris que les adultes devraient contrôler les enfants autour d’eux et que dans cette entreprise, les frapper est une nécessité. La plupart d’entre nous avons été témoins de scènes où les enfants ont été giflés, où on leur a crié dessus et où ils ont été humiliés au nom de la « discipline ». Peut-être que vous avez survécu à une enfance où être frappé, recevoir l’ordre de se taire ou être intimidé était vu comme un fait normal et acceptable suivant le système de valeurs qui prévalait.

    Si cela est la réalité dans laquelle vous avez grandi, pourquoi devriez-vous en arriver à penser autrement? Pourquoi devriez-vous abandonner tout ce que vous avez connu, pour apprendre une nouvelle sorte d’interaction avec les enfants? Pourquoi ne demanderiez-vous pas, en cherchant réellement à comprendre, ce qu’il y a de mal à frapper les enfants afin de leur apprendre à bien se comporter?

    Si vous êtes en train de lire ceci, il se pourrait que vous ayez un certain intérêt personnel ou professionnel pour la question. Peut-être que vous travaillez pour une agence qui s’occupe essentiellement des enfants et où toute la littérature ou la culture qui prévaut déclare que battre les enfants est faux. Vous pourriez avoir lu les conclusions d’une Etude Mondiale de l’ONU sur la Violence contre les Enfants ou beaucoup d’autres documents semblables qui tirent la même conclusion: que battre les enfants, peu importe le nom que vous donnez à l’acte, est faux.

    Si vous n’êtes pas convaincu par la rhétorique que vous pourriez avoir rencontré dans les documents habituels ou la littérature produite par les organisations de la société civile, vous n’êtes probablement pas la seule personne. Peut-être que vous ne voulez pas risquer votre boulot ou apparaître comme grossier en articulant un point de vue qui diverge de celui de certains cercles. Le présent morceau vous est adressé. Si des gens qui vivent dans votre communauté vous ont demandé ce qu’il y a de mal à frapper les enfants, et que vous avez été incertain au sujet de ce qu’il fallait penser, le présent morceau vous est destiné.

    Ce que je vais soutenir n’est pas nouveau. Cependant, ce que je crois être imposant est que cela est sorti des enfants eux-mêmes. Enfin si vous êtes intéressé par la création d’un monde meilleur pour les enfants, à qui faudrait-il mieux demander ce qu’il faut faire, si pas les enfants eux-mêmes et les adultes qui prennent soin d’eux?

    C’est exactement ce que nous avons fait en Ouganda. Nous sommes allés dans cinq districts différents, de l’est en ouest, du nord au sud. Nous avons demandé à 1.400 enfants et à 1.100 adultes, sous diverses formulations à propos de ce qu’ils pensent, leurs sentiments et leur expérience en ce qui concerne la violence contre les enfants. Nous avons posé des questions aux garçons et aux filles, aux enfants jeunes et aux plus âgés, à ceux qui étaient scolarisés et à ceux qui ne l’étaient pas.

    Nous avons cherché des enfants qui vivaient en milieu rural et ceux du milieu urbain, aux orphelins de même qu’à ceux vivants avec leurs parents. Ils ont dit beaucoup de choses au sujet de la violence contre les enfants (voir mais sommes toutes, ils ont unanimement dit deux choses; il y avait trop de violence contre les enfants, et elle n’enseigne rien aux enfants sauf la peur et la honte.

    Quatre-vingt dix pour cent des enfants ont dit avoir eu l’expérience de la violence physique, un tiers de ces enfants ont indiqué qu’ils en avaient l’expérience au moins une fois par semaine. Approximativement un sur huit ont dit qu’ils font face à la violence régulièrement de la part des gens qui sont supposés prendre soin d’eux; leurs parents, enseignants, voisins, frères ou sœurs plus âgés, les gens de la famille et les membres de la communauté. Quand on a demandé aux enfants comment ils se sentent face à cette violence, la réponse est allée de la rage à la résignation. Dans cet espace confidentiel, loin des yeux contrôleurs des adultes dont ils devaient avoir l’approbation, pas un seul enfant ne nous a dit qu’être frappé le remplissait de fierté ou d’un sens d’être aimé ou de sentir qu’on s’occupait de lui.

    Cela pourrait vous surprendre. Après tout, n’avons-nous pas formé nos enfants suffisamment pour qu’ils avalent ce qu’Alice Miller, la fameuse psychologue pro-enfant appelle « pédagogie empoisonnante »; qu’être frappé c’est pour son propre bien? Ce n’était pas anormal que certains enfants aient commencé par cette défense au cours des groupes de discussions ciblées et tantôt l’abandonnèrent lorsqu’ils se sont rendus compte que nous n’étions pas là pour leur faire changer d’avis. Nous étions là tout simplement pour écouter et apprendre auprès d’eux à partir de leurs avis. Dès que la « défense fut jugée non-nécessaire, des sentiments et des idées authentiques sont survenus.

    Nous avons appris beaucoup de choses au sujet de la violence contre les enfants à travers cette étude. La première chose que nous avons apprise est que les enfants ont différentes idées sur la violence exercée contre eux. Les adultes mettent l’accent sur l’acte alors que les enfants le mettent sur l’expérience. La signification de ceci est que lorsqu’un adulte est en train de frapper un enfant, il y pense comme s ;il s’agit d’un incident isolé qui se termine dès que l’acte physique prend fin.

    Mais les enfants apprennent la peur et la honte de l’incident et le sentiment que l’acte leur inspire à propos de la personne qui le commet contre eux. Ils apprennent que les personnes plus grandes qu’eux peuvent les traiter injustement sans qu’il y ait des conséquences pour l’auteur de l’abus. De manière significative, ils apprennent à propos de la nature du pouvoir dans des relations intimes et que quiconque en a plus a plus de valeur. Les enfants apprennent que la meilleure façon de se protéger contre les abus est d’avoir plus de force par rapport aux gens. Nous connaissons tous très bien les conséquences de cette leçon lorsque ces enfants deviennent des adultes et acquièrent le pouvoir.

    Deuxièmement, quand nous demandions aux adultes pourquoi ils frappaient les enfants, la majorité a indiqué que c’est pour guider les enfants et leur apprendre comment se comporter. Pourtant les adultes prennent du temps pour causer avec les enfants, discuter avec eux sur ce qu ils ont fait de mauvais ou leur expliquer l’erreur commise. Quand ils le faisaient, il était plus probable qu’ils utilisent l’alternative de les frapper en tant que forme de punition. Quand les enfants sont frappés pour des raisons qui se trouvent au-delà de leur compréhension, ils apprennent rarement ce qui était faux dans leur comportement et ils n’apprennent absolument pas comment mieux se conduire.

    Troisièmement, les adultes sous-estiment gravement la réponse émotionnelle que leur violence provoque chez les enfants. Quand les enfants se sentent humiliés, leur réaction peut aller de la furie à la dépression. Vu que beaucoup d’enfants n’ont pas l’option d’exprimer leurs sentiments, ça finit par se stocker dangereusement en eux. Les enfants brutalisés pendant une longue période de temps peuvent aussi faire leurs propres victimes, ils ont un comportement anti-social ou ils se retirent pour former leur propre identité. Ils pourraient se sentir désespérés et certains pourraient devenir suicidaires. Cela affecte leur performance scolaire et cela affecte leur confiance en eux-mêmes. Cela affecte le genre de personne qu’ils devraient devenir.

    Quatrièmement, bien que le fait de frapper les enfants soit commun, plus de la moitié des adultes n’étaient pas sûrs que ce fait de frapper créait le changement souhaité au niveau du comportement. Beaucoup ont admis que souvent ils frappent les enfants suite à la frustration plutôt que suite à une bonne réflexion sur la stratégie d’apprendre quelque chose aux enfants. Plusieurs fois les enfants sont frappés parce que ce sont des enfants plutôt qu’à cause de leurs actions.

    Enfin, quand la dignité des enfants est insultée sous forme de routine, ils perdent confiance aux adultes qui font qu’ils se sentent ainsi. Ils apprennent de l’extérieur qu’ils faut avoir peur et intérieurement ils haïssent l’adulte qui leur inflige la violence. Ils développent des moyens de s’accommoder à la violence plutôt que de dépenser l’énergie en développant leur intelligence. Ils deviennent des individus plus petits que ceux qu’ils pourraient être devenus.

    En menant une réflexion sur ces choses, il est devenu plus clair pour nous comment différentes sociétés en sont arrivées à légitimer la violence contre les enfants. Le seul moyen par lequel nous pouvons soutenir une telle injustice patente dans nos relations intimes est de refuser d’avoir de l’empathie avec l’enfant. Comment pourrions-nous autrement vivre avec un autre être humain au jour le jour, tandis qu’au plus profond de nos cœurs nous savons que nous sommes régulièrement injustes à leur égard? Après tout, c’est le truc le plus vieux dans l’art de dominer un autre groupe de gens. Nous avons appris d’autres moyens plus flagrants par lesquels les adultes ignorent l’évidence devant leurs eux. Si frapper enseignait quoi que ce soit à quiconque, personne n’aurait besoin d’être frappé deux fois ou du moins à plusieurs reprises, et pourtant c’est ce qui continue de se passer dans le cas des enfants.

    Chose plus importante, nous avons appris auprès des enfants que frapper les enfants n’est pas un vice inoffensif auquel les parents succombent et sur lequel nous pouvons fermer les yeux. La violence a des conséquences fortes à court terme, et des conséquences profondes à long terme, non seulement pour l’enfant mais aussi pour la totalité de la communauté (peut-être même l’ensemble des pays). Pour ces raisons et pour beaucoup d’autres, frapper un enfant est anti-productif. Ça n’arrive pas à réaliser l’objectif de faire changer le comportement. Ça n’aide pas l’enfant à apprendre ce qu’il y avait de mal dans leur comportement. Ce fait réduit leur confiance en eux-mêmes et contribue à mener l’enfant à avoir moins confiance en vous. Si vous vous intéressez à aider les enfants à apprendre, les frapper est la dernière chose qu’il faudrait faire.

    Si vous êtes toujours en train de lire le présent article, je suppose que vous voulez poser des questions plus profondes. Si je peux me permettre de supposer, je voudrais me vous poser la question suivante : Comment vos responsabilités en tant qu’adulte pourraient-elles être différentes, si vous n’aviez pas été frappé et ridiculisé en tant qu’enfant. Je me demande ce que vous auriez été, si vous n ‘aviez pas été humilié en tant qu’enfant.

    Est-ce que vous pourriez persister à croire que cela ne vous a causé rien de mal ou vous seriez assez honnête pour voir la blessure que cela pourrait vous avoir causée? Attendez! Ne répondez pas encore. Laissez la chose circuler dans votre tête et revenez-y quand vous serez sur le point de dormir, la nuit…juste au moment où vous entrez dans cet espace intime et que vous êtes peut-être le plus profondément en contact avec votre cœur, et ensuite, répondez-vous vous-même de la façon la plus honnête possible.

    * Dipak Naker est Co-Directeur de Raising Voices

    Cet article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News numéro 301. Voir : [email protected]

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    Des altercations se sont produites mercredi à el-Geneina, sur une base de la Force africaine (FA), lors d’une visite d’une délégation de plusieurs membres du Conseil de paix et sécurité (PSC) de l’Union africaine. Ils ont été accusés, par des représentants des déplacés de cette région occidentale du Darfour, d’être des «agents de Khartoum».

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  • Contributor | Gouvernance

    Le Prix Nobel de littérature 1986, le Nigérian Wole Soyinka, affirmant parler au nom de 48 lauréats du Prix Nobel, a appellé mardi à Lagos à l'annulation des élections générales d'avril au Nigeria. M. Soyinka a recommandé l'organisation d'une conférence qui réunirait des responsables du gouvernement, des représentants de la société civile, des religieux et des hommes d'affaires pour évoquer la crise actuelle au Nigeria.

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    L'Union africaine a-t-elle une responsabilité dans les violations des droits de l'homme sur le continent noir? Le rapport 2006 d'Amnesty international, publié, hier, répond par l'affirmative. Les défenseurs des droits de l'homme regrettent que 'l'Union africaine soit, dans l'ensemble, loin de respecter ses engagements pris, à travers son Acte constitutif, pour la nécessité absolue de promouvoir et de défendre le droits humains, à travers tout le continent'.

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    500 millions ou 350 millions ? Des informations diffusées estiment que le don du Président de la République, qui oscillerait, selon une certaine presse, entre 350 et 500 millions de Fcfa, aurait été détourné par des individus. Le conseiller spécial du Chef de l'Etat, chargé de la défense, de la sécurité et des équipements militaires qui a conduit la tournée d'évaluation et de sensibilisation préalable à la visite du Président, Bertin Kadet, est même mis en cause.

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