• Devant ses partisans mobilisés samedi 2 juin à Conakry, Alpha Condé a haussé le ton et averti : « J’ai patienté quinze mois, j’ai observé ! Au début, les gens disaient : faites attention il va frapper ! Maintenant ils disent : oh, il ne fera rien jusqu’aux élections législatives. Alors ils vont être surpris ! Je vous garantis que la semaine prochaine je vais balayer beaucoup de cadres aux Finances, au Budget, à la Banque, à la Fonction publique ! ». Des fonctionnaires sont soupçonnés de détournement ou de tentative de détournement d’une importante somme d’argent du Trésor public, en imitant la signature du ministre de l’Economie et des Finances.

  • Pour l'avenir, les principales préoccupations des jeunes Marocains âgés de 18 à 44 ans sont la cherté de la vie (84%), le chômage (78%) et la baisse des ressources (78%), selon une enquête du Haut commissariat au plan présentée vendredi 1 juin à Rabat. Cette enquête, qui porte sur 5.000 jeunes marocains âgés de 18 à 44 ans (dont 60% citadins et 52% des femmes), indique également que 67% de ces jeunes estiment que "l'évolution du niveau de vie s'accompagne d'une augmentation des inégalités sociales" au Maroc. Le problème de l'emploi est l'un des grands défis du gouvernement dirigé depuis janvier dernier par l'islamiste Abdelilah Benkirane, du Parti justice et développement (PJD), grand vainqueur des législatives de novembre 2011.

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  • Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo a estimé samedi 2 juin à Abidjan que les crimes les plus graves commis durant la crise post-électorale ivoirienne de 2010-2011 avaient été perpétrés par "les forces" de l'ex-président Laurent Gbagbo. L'ex-président ivoirien est toutefois toujours considéré comme "innocent" jusqu'à son éventuel procès et lors de la prochaine audience il sera assisté de ses avocats et aura "le droit de présenter ses propres arguments", a souligné le procureur.

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  • Le président égyptien déchu Hosni Moubarak, 84 ans, a été condamné samedi 2 juin à la prison à vie pour la mort de manifestants durant la révolte contre son régime l'an dernier, au terme de dix mois d'un procès historique. L'un des avocats de M. Moubarak a aussitôt annoncé que son client allait faire appel. Peu après, l'ancien président, qui était jusqu'ici placé en détention préventive dans un hôpital militaire près du Caire, a été transféré selon une source de sécurité vers la prison de Tora, au sud de la capitale.

  • L’ancien ministre rwandais de la Jeunesse, Callixte Nzabonimana, a été condamné à la prison à vie par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), jeudi 31 mai. Il était accusé d’avoir joué un rôle majeur dans le génocide de 1994. L’ex-ministre a été notamment condamné pour avoir participé à une réunion où étaient présents d’autres membres du gouvernement de l’époque, le 18 avril 1994 à Murambi, dans la préfecture de Gitarama. Or, c’est lors de cette rencontre qu’aurait été conclu un accord visant à « encourager les meurtres de Tutsis » dans « l'intention spécifique de détruire en tout ou en partie la population tutsi comme telle, dans la préfecture de Gitarama », a indiqué le tribunal.

  • Le dossier rwandais rebondit une fois encore. Les investigations sur le mystère entourant l'assassinat du président rwandais Juvénal Habyarimana en 1994, considéré comme le déclencheur du génocide, s'est enrichi d'une nouvelle pièce : un document de l'ONU, datant de 1994, indiquant que l'armée rwandaise était en possession de 15 Mistral, des missiles sol-air de fabrication française, et de missiles soviétiques de type SA-7, avant l'attentat. Pour leur défense devant les accusatios, les militaires des Forces armées rwandaises avançaient notamment qu'ils ne possédaient pas à l'époque de missiles sol-air dans leurs arsenaux. Le document de l'ONU semble démontrer le contraire.

  • Officiellement, les dirigeants africains ont passé sous silence la condamnation de leur ex-homologue, Charles Taylor, reconnu comme le bourreau de nombreux Sierra-leonais, tués durant la longue et atroce guerre civile. Aucun d’eux n’a pipé mot, à l’exception de Boni Yayi du Benin qui a lâché cette formule laconique très connue en Afrique : « la justice a fait son travail, je n’ai rien à redire… ». Leur attitude envers la CPI a été clairement affichée quand celle-ci avait lancé un mandat d’arrêt contre cet autre bourreau africain, Omar El Béchir. On les entendait alors, à travers leur instance corporative appelée Union africaine, proférer des imprécations contre une CPI qui se présente pourtant comme une alternative aux institutions judiciaires africaines acquises aux ordres des princes.

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  • Le Tribunal spécial sur la Sierra Leone (TSSL) a décidé, mercredi 30 mai 2012, de condamner l'ex-chef d'Etat libérien à cinquante ans de prison. Charles Taylor avait été reconnu coupable, le 26 avril dernier, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. A 64 ans, il est clair que le condamné passera la fin de ses jours en détention. L'audience publique avait lieu à La Haye aux Pays-Bas. Les juges rappellent qu'ils ont déclaré Charles Taylor coupable d'avoir « aidé et encouragé » les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) de Sierra Leone à commettre de terribles crimes. Les avocats de l'ancien président libérien ont avaient 2 semaines pour faire appel.

  • Le nombre de personnes déplacées, soit comme réfugiés ou personnes déplacées à l'intérieur (PDI) dans dix pays d'Afrique orientale a augmenté de plus de 290.000 depuis septembre 2011 à 5,72 millions à la fin de mars, a déclaré mardi 29 mai l'agence humanitaire de l'ONU. Le nombre de réfugiés dans la région d'Afrique de l'Est a augmenté de 3,5% à environ 1,59 millions de personnes entre septembre 2001 et mars 2012, tandis que le nombre des personnes déplacées a augmenté de 6,1% s'élevant à 4,12 millions de personnes pendant cette période. L'agence des Nations Unies a déclaré que le Kenya, l'Ethiopie et la Tanzanie continuent d'accueillir les plus grand nombre de réfugiés dont plus de 250.000 chacun.

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  • La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a dénoncé la tentative de création d'un Etat islamique dans le nord du Mali et s'est engagée à ne ménager aucun effort pour le rétablissement de l'intégrité territoriale de ce pays membre de l'organisation. Le Protocole de la CEDEAO sur la prévention et la gestion des crises sert de guide pour résoudre les crises au Mali et en Guinée-Bissau.

  • Le Soudan et le Soudan du Sud ont repris mardi 28 mai à Addis Abeba les négociations sur leurs différends en suspens depuis l'accès à l'indépendance de Juba. Voici les principaux points de contentieux. Le Soudan du Sud a hérité des trois quarts des ressources pétrolières du Soudan d'avant partition. Mais Juba reste entièrement dépendant des infrastructures du Nord pour acheminer son brut jusqu'à la mer Rouge, et les deux parties ne parviennent pas à s'entendre sur les frais de passage. Au moins un cinquième de la frontière Nord-Sud, longue de quelque 1.800 km, reste contesté. Les zones concernées sont souvent riches en pétrole, minerais ou en terres propices au pâturage. Juba et Khartoum s'accusent de soutenir des groupes rebelles chacune sur le sol de l'autre. Chacune des deux parties nie de tels soutiens. Cette question est considérée comme essentielle pour faire avancer les négociations.

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  • Le ministère tunisien de la Justice a annoncé samedi 26 mai la révocation de 81 magistrats soupçonnés de corruption et ayant été "compromis" avec l'ancien régime de Ben Ali. Le ministre de la Justice Nourredine Bhiri, a précisé que les juges visés représentaient une "minorité" et que la majorité des quelque 2.000 magistrats du pays étaient "intègres". Leur révocation fait suite à une "enquête approfondie", précise le communiqué, ajoutant que certains dossiers seront "si nécessaire" transmis à la justice. Le syndicat et l'association des magistrats tunisiens se sont déclarés "étonnés" et "surpris" par cette décision.

  • Après l’agression physique contre la personne du président de la République par un groupe de manifestants que ce dernier avait bien voulu recevoir dans son bureau pour apaiser leur colère, la réaction de la classe politique ne s’est pas faite attendre. Le PACP souhaite que tous les enseignements nécessaires soient tirés de ces actes de déshonneur pour le peuple malien. Il faudra aussi remettre en question les dispositifs sécuritaires de la présidence et des autres institutions de la République, qui doivent être rapidement, renforcés. Pour le président de ce parti, cette manifestation montre les limites de la médiation de la CEDEAO dans cette crise.

  • Des dizaines de milliers de manifestants ont sillonné les grandes artères de Casablanca, en scandant des slogans hostiles au gouvernement. Dans la plus grande ville du Maroc, les tensions sociales sont exacerbées par la sécheresse et par un chômage en hausse. Cette manifestation, qui a surpris par son ampleur, est la plus importante contre le gouvernement dirigé depuis janvier dernier par un islamiste, Abdelilah Benkirane. Elle a été organisée à l'appel de deux syndicats de l'opposition parlementaire : la Confédération démocratique du travail et la Fédération démocratique du travail.

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  • Au moins 19 enfants ont été tués dans l'Est de la République démocratique du Congo depuis le début du mois de mai. La représentante de l'Unicef dans le pays a condamné ces "tueries d'enfants". Dans un communiqué, elle a invité "toutes les parties à respecter les droits des femmes et des enfants". Le porte-parole de la société civile du Nord-Kivu a déclaré qu'une centaine de civils a été tués dans des combats entre le 12 et le 14 mai.

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  • Des groupes salafistes menacent les libertés en Tunisie, a estimé vendredi 25 mai le président d'honneur de la Ligue tunisienne de la défense des droits de l'Homme (Ltdh) l'avocat Mokhtar Trifi. La mouvance salafiste se partage entre les piétistes, qui ne se mêlent pas de politique, les politiques et les jihadistes, pour qui la violence est légitime pour imposer la religion. Depuis les élections d'octobre 2011, les islamistes radicaux regroupés dans la nébuleuse salafiste se manifestent à tout bout de champ: dans les universités pour imposer le port du niqab devant les tribunaux pour fustiger une chaîne de télé accusée d'avoir diffusé un film blasphématoire et dans les manifestations.

  • Une audience prévue le 18 juin devra permettre aux juges de déterminer si les preuves rassemblées sont suffisantes pour la tenue d'un procès contre Laurent Gbagbo. La défense demande à la chambre de "déclarer que la CPI n'est pas compétente pour la période et les faits visés dans le mandat d'arrêt délivré à l'encontre de Laurent Gbagbo le 23 novembre 2011", selon l'avocat français de ce dernier. Premier ex-chef d'Etat remis à la CPI, Laurent Gbagbo, 66 ans, est écroué à La Haye depuis le 30 novembre. Il était auparavant détenu dans le nord de la Côte d'Ivoire. Il est soupçonné par la CPI d'être "coauteur indirect" de crimes contre l'humanité commis lors des violences post-électorales de 2010-2011.

  • L'armée somaliennne et les troupes de l'Union africaine ont annoncé, vendredi 25 mai, avoir pris un nouveau bastion aux islamistes chebabs, celui d'Afgoye, une localité à environ 30 km au nord-ouest de Mogadiscio. Afgoye constitue un carrefour-clé ouvrant sur le Nord, l'Ouest et le Sud somaliens. Plus de 400 000 personnes déplacées vivaient encore au début de l'année entre Afgoye et Mogadiscio, après avoir fui les combats, la sécheresse et la famine ailleurs en Somalie. La prise d'Afgoye constitue un nouveau revers pour les Chebab, déjà contraints au départ de Mogadiscio en août dernier, et confrontés à la pression d'une offensive militaire régionale dans le reste du centre et le sud du pays, où les armées éthiopienne et kényane interviennent aussi depuis fin 2011.

  • Au moins 25 Burkinabè ont été tués entre mardi 22 mai et jeudi 24 mai lors d’affrontements intercommunautaires à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. Entre 800 et un millier de Peuls se sont réfugiés dans des villages proches de la commune burkinabè de Banh, à 30 km du village de Sari. Les réfugiés expliquent que leurs domiciles ont été encerclés par les Dogons après que les Peuls ont protesté pour le fait que les agriculteurs dogons ont semé sur des périmètres réservés au passage des troupeaux d’éleveurs peuls. Le conflit au Mali a envenimé les récriminations contre les populations burkinabè ou d’origine burkinabè. En effet, des allégations relayées au Mali sur la présence de ressortissants burkinabè lors d’affrontements récents entre des éléments de l’ex-junte et des fidèles du président Amadou Toumani Touré, renversé le 22 mars par un putsch.

  • Birame Ould Dah Ould Abeid, un militant mauritanien au verbe haut, engagé depuis de longues années dans la lutte contre l'esclavage, s'est-il rendu coupable d'une provocation de trop ? Depuis le 29 avril, le président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) ainsi que dix autres personnes (des proches, de simples militants ou des responsables de l'IRA) sont emprisonnés à Nouakchott, sans inculpation ni visite de leurs avocats. On leur reproche d'avoir "violé les valeurs islamiques du peuple mauritanien" lors d'une manifestation contre l'esclavage, une pratique en cours en Mauritanie mais niée par les autorités.

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