• C'était le 1er mai dernier au Nigeria. Un oléoduc hors d'âge se rompait. En une semaine 4 millions de litres de brut se répandaient, souillant des kilomètres carrés de marais. Mais le drame n'a pas eu le moindre écho. Au Nigeria, la chose est trop commune. Le delta du Niger, l'une des plus vastes zones humides du monde, est aussi la capitale des marées noires. Les Nigérians de cette région n'ont presque rien vu des 600 milliards de dollars qu'a rapporté le brut au cours du demi-siècle. Ils n'ont vu que la pollution qui les ronge….

  • Présenté il y a 10 par la Banque Mondiale comme un projet pouvant significativement réduire la pauvreté au Cameroun, le pipeline reliant au Tchad n'a pas apporté toutes les satisfactions. D'après un rapport rendu par trois ONG, le Centre pour l'environnement et le développement (CED), la Fondation camerounaise d'actions rationalisées et de formation sur l'environnement (Focarfe) et le Réseau de lutte contre la faim (Relufa), le projet n'a pas apporté au Cameroun le développement escompté. Loin d'avoir atteint son but, l'oléoduc aurait d'après le rapport des ONG apporté de nombreuses maladies qui ont touché les populations locales.

  • Dix milliards de dollars, c’est le « chiffre d’affaires » global annuel de la pêche illicite à l’échelle mondiale, dévoilé par un récent rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF). Selon la FAO, près de 30% des produits de la mer extraits des océans ne figurent dans aucune déclaration de capture. Et s’il est vrai qu’aucune zone du globe n’est épargnée, il n’en demeure pas moins que le fléau touche particulièrement les pays du Sud qui ne disposent pas des moyens techniques et financiers pour contrôler efficacement leurs vastes espaces maritimes. L’Afrique est ainsi devenue, ces dernières années, une cible privilégiée des braconniers des mers.

  • Seize fermiers blancs ont été attaqués depuis le début du mois par des squatteurs voulant récupérer leurs terres alors que plusieurs d'entre ont été autorisés par décision de justice de rester sur leur exploitation, a déclaré le 9 juin un syndicat d'agriculteurs du Zimbabwe. Parmi les fermiers visés figurent cinq Sud-Africains et le gérant d'une exploitation propriété d'investisseurs malaisiens, théoriquement protégés par des accords bilatéraux, selon le Commercial Farmers' Union (CFU), syndicat regroupant essentiellement des agricultures blancs.

  • A l’occasion des conférences de Paris et d'Oslo, les principaux pays forestiers et les instances internationales se sont réunis à nouveau pour relancer les négociations sur le mécanisme REDD (Réduction d’émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts) défendu par l’Afrique à Copenhague. Objectif : rémunérer, grâce à un fonds international alimenté par les pays riches, les pays en développement qui réussissent à préserver leurs forêts. Quatre milliards de dollars sont déjà mis sur la table. Une bonne nouvelle pour les pays d’Afrique centrale qui oeuvrent à la préservation des forêts du bassin du Congo.

  • Les agriculteurs à travers l’Afrique de l'est et du sud auront bientôt un nouvel insecticide biologique suffisamment efficace pour tuer un de leurs ennemis les plus mortels – la chenille légionnaire ou Spodoptera frugiperda. Il a été mis au point par une équipe conjointe kenyane et britannique. En janvier, les chenilles légionnaires ont détruit 35.000 hectares de cultures, et ont menacé la sécurité alimentaire de plus de 120.000 familles au Malawi. L’attaque la plus meurtrière est survenue au Liberia en 2009 où les chenilles légionnaires ont attaqué environ 100 villages et détruit des cultures, y compris des plantations de café et des pâturages. Plus de 500.000 personnes ont été touchées.

  • Areva, le géant du nucléaire français, qui exploite les mines d’uranium du Niger depuis près de quarante ans, se fait sérieusement épingler par Greenpeace. L’ONG écologiste l’accuse, au bas mot, de négligence sanitaire à l’égard des populations locales et demande à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de mener une étude épidémiologique indépendante. Dans un rapport publié début mai, elle dénonce l’irresponsabilité de la compagnie française dans sa gestion du processus d’extraction du minerai radioactif.

  • Un rapport accablant, produit par un centre de recherche américain a accusé la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale) de faciliter « l’accaparement des terres » en Afrique par des groupes privés étrangers. Le rapport passe en revue les réformes foncières dans près d’une trentaine de pays, dont près d’une vingtaine en Afrique et une demi-douzaine en Afrique de l’Ouest, dénonce l’action de la Banque mondiale à travers sa composante privée, la SFI. En Afrique de l’ouest, le texte cite les cas de la Sierra Leone, du Liberia et du Mali.

  • Les populations du département du Pool, dans le sud du Congo, abattent les arbres des forêts pour survivre. Elles fournissent sans cesse du charbon et du bois de chauffe à la capitale Brazzaville, sous l’œil impuissant de l’Etat. Elles courent cependant de gros risques de famine. Selon le Conseil départemental du Pool, cette région, avec ses 44.000 hectares de terres arables, fournissait, avant les guerres, 30 pour cent de la production agricole nationale.

  • La pêche illégale endémique est en train de toucher plus durement certains des pays les plus pauvres d'Afrique. La pratique sévit dans les eaux territoriales d’environ 15 pays, du Maroc au nord à l’Angola au sud. Dans un de ses rapport, le ministère britannique pour le Développement international (DFID) a estimé par exemple, en 2009, que la perte annuelle due à la pêche illégale pour la Guinée est évaluée à 110 millions de dollars. Ce pays perd plus de 34.000 tonnes de poissons chaque année du fait de la pêche illégale, y compris environ 10.000 tonnes de "prises accessoires".

  • LChoisir entre rester prostituées et devenir balayeuses, des femmes, réunies en association à Muhanga, dans le sud du Rwanda, n'hésitent pas à quitter le plus vieux métier du monde où elles risquent leur vie, n'ont pas de revenus fixes et perdent le respect d'elles-mêmes. Car en plus des tracasseries et des violences qu’elles subissent, la prostitution ne leur rapporte guère.

  • Selon une étude de la Banque africaine de développement (BAD), l'Afrique subsaharienne est la région du continent la plus exposée aux effets néfastes des changements climatiques à cause de sa vulnérabilité écologique. L'étude, basée sur les plus récents rapports en la matière de la Banque mondiale (BM) et du Panel intergouvernemental sur les changements climatiques, relève que les terres arides et semi-arides pourraient augmenter de 60 à 90 millions d'hectares d'ici 2020.

  • Depuis la fin de la guerre civile, en 2003, le retour des réfugiés, la croissance démographique et les conflits fonciers vieux de 25 ans se sont combinés et ont fait au moins 250 victimes au Liberia, selon des ONG. Les principaux réformistes s’inquiètent du fait que les mécanismes appropriés pour gérer les droits de propriété ne sont pas encore en place. Les derniers affrontements importants ont eu lieu en 2008, entraînant la mort de 15 personnes. Depuis, des conflits fonciers à plus petite échelle ont fait d’autres victimes.

  • Une alerte aux inondations a été publiée par le gouvernement kenyan enjoignant les populations vivant dans certaines zones le long du fleuve Tana, dans le nord-est du pays, d’évacuer immédiatement. En cause, les trois principaux barrages alimentant le pays en électricité qui ont atteint des niveaux plus qu’inquiétants. Il ne reste plus qu’un mètre avant le débordement du barrage de Masinga qui avait dû être fermé en août dernier en raison de la sécheresse. Son débordement serait une catastrophe majeure dans la zone, l’eau pouvant balayer les maisons mais aussi provoquer des épidémies, notamment de choléra.

  • Quatre gorilles des montagnes, une femelle et trois bébés, sont morts, vraisemblablement de froid, dans le nord-ouest du Rwanda, dans la région des volcans, frontalière avec la République démocratique du Congo (RDC). Il n'y avait aucun indice de violences ou de présence de poison laissant penser à une mort non-naturelle, selon le WWF, qui précise que les cadavres des quatre primates seront autopsiés. Près de 700 gorilles des montagnes, une espèce menacée d'extinction, vivent dans cette région des volcans, à cheval entre le Rwanda, l'Ouganda et la RDC.

  • Le chef du Projet de l'expédition scientifique sur le Fleuve Congo a déclaré que cette expédition composée de scientifiques congolais et belges a permis d'identifier plusieurs espèces rares de la faune et de la flore. "Au total 150 individus d'animaux, parmi une vingtaine d'espèces, 875 gros poissons, une vingtaine d'espèces des petites poissons, 62 végétaux supérieurs, dont une vingtaine d'espèces ont été déjà identifiés. L’expédition est partie de Kisangani depuis le mois d'avril 2010.

  • Aire protégée, le parc national de l'Akanda, au nord de Libreville, doit composer avec une dizaine de villages de pêcheurs nigérians vivant dans une grande pauvreté, qui utilisent sa célèbre mangrove pour faire la cuisine et fumer le poisson. Des ONG tentent de permettre aux Nigérians, installés depuis la fin des années 1970, surnommés "Calabars" comme la péninsule du même nom, de survivre tout en préservant la mangrove et ses oiseaux.

  • Greenpeace a alerté l’OMS sur la "dispersion des déchets radioactifs" causée par les activités d'extraction minière du groupe français Areva dans le nord du Niger. L’organisation souhaite que l'OMS réalise sa propre enquête et demande à la multinationale de prendre des mesures. En collaboration avec la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD, France) et le Réseau des Organisations pour la Transparence et l'Analyse Budgétaire (ROTAB, Niger), Greenpeace a réalisé une étude scientifique après avoir effectué des prélèvements et des mesures à Arlit et à Akokan en novembre 2009.

  • La firme chinoise Addax Petroleum a été jugée responsable de la pollution de la rivière Obangué, à Mandji (Sud-Ouest), dans le département de Ndolou. Le directeur de l’environnement a sommé, le 30 avril dernier, les responsables de cette société pétrolière de réparer le préjudice causé à la nature et aux populations de cette localité du pays. Selon des informations vérifiées, plusieurs espèces végétales et animales touchées par ces produits hautement toxiques seraient en voie d’extinction dans la contrée.

  • Avec le décès, le 5 mai, du président Umaru Yar'Adua, la réforme tant attendue du secteur pétrolier du Nigeria, qu'il avait initiée mais qui ne fait pas l'unanimité, semble encore plus menacée. M. Yar'Adua avait transmis, mi-2009, au Parlement, une loi prévoyant d'importants changements dans la gestion, réputée opaque et inefficace, de la très lucrative industrie pétrolière.