L'Afrique a été atteinte de plein fouet par la crise et aura plus de peine que les autres régions à en sortir, a affirmé, le 26 avril, à Washington, le président de la Banque africaine de développement (BAD). Selon lui, la plupart des experts s'attendaient à ce que l'Afrique ne soit touchée par la crise que dix-huit mois après les autres régions en raison de sa plus faible intégration avec le reste de l'économie mondiale. Mais les effets se sont fait sentir beaucoup plus vite que prévu. Selon M. Kaberuka, l'Afrique était pourtant parvenue a réaliser d'importants progrès économiques sur les dix dernières années et "commençait à réussir".
Tagged under GouvernanceLe chef de l'Opération hybride Union africaine-ONU au Darfour (MINUAD) a estimé, le 27 avril, devant le Conseil de sécurité, qu'une détérioration sérieuse de la situation dans cette région du Soudan ne pouvait pas être écartée et a encouragé le Conseil a envoyé un signal clair aux parties au conflit. Il a également qualifié de « préoccupant » l'état des relations entre le Tchad et le Soudan. Selon lui, e processus politique au Soudan a «semblé se geler », en particulier depuis la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d'émettre un mandat d'arrêt contre le président Omar Al-Bachir.
Tagged under Gouvernance MaliLe régime de transition se trouve à un tournant de son histoire, avec un point marqué dans k’intense activité diplomatique menée au moment où la Haute autorité de la transition (HAT) s'active pour une reconnaissance internationale. Ainsi, le président de la HAT est convié à assister et à participer à la Conférence des NU sur la crise économique et financière mondiale qui se tient à New-York, du 1er au 3 juin prochain, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Ce n'est pas la première fois que les Nations unies ont invité Andry Rajoelina. Ban Ki-Moon l'avait sollicité lors d'une conférence interministérielle concernant la Somalie, à Bruxellesmais l'intéressé n'y avait pas donné suite. Cette fois-ci, Andry Rajoelina est sollicité en tant que «président de la Haute autorité de la transition».
Tagged under Gouvernance MadagascarUn nouveau programme développé au Kenya aide les femmes contraintes au travail du sexe en raison de la sécheresse, de la pauvreté et du conflit à abandonner la rue et à mener des activités moins risquées. L’initiative menée dans l’est du Kenya par Arid Lands Office et plusieurs ONG a débuté il n’y a qu’un mois, mais elle a déjà aidé une trentaine de professionnelles du sexe à acquérir des compétences, afin de vivre en toute sécurité et légalité. ??Les autorités espèrent que les subventions aideront également à réduire le nombre de jeunes qui se livrent au brigandage et au vol sur autoroute afin de gagner leur vie. ?
Tagged under Gouvernance KenyaTrois sénateurs américains viennent d’initier un projet de loi visant à réguler l’achat des métaux en provenance des régions en guerre de la République démocratique du Congo (RDC) dont les recettes servent à financer les groupes armés qui entretiennent les conflits à répétition dans le pays. Cette initiative s’inscrit dans la lignée de celle initiée par Amnesty International pour s’attaquer aux causes profondes des conflits armés en RDC à travers le renforcement de la traçabilité des métaux achetés par les multinationales. Amnesty avait recommandé le démantèlement des réseaux maffieux qui sous-tendent ces guerres et entretiennent des groupes armés, indiquant que la fin de la guerre était tributaire de la fin de l’exploitation illégale et de la vente frauduleuse des richesses du pays.
Tagged under GouvernanceLa classe politique béninoise est jugée malade, avec des hommes politiques qui se sont discrédités devant le peuple béninois. Les partis politiques sont inexistants sur la scène et n’arrivent même plus à respecter les prescriptions réglementaires de leurs statuts et règlement intérieur. Le jeu politique de ce fait, faute d’être alimentés par des partis politiques dignes de ce nom, se réduit à des gesticulations ubuesques à l’Hémicycle. Le fiel des discours contre le régime n’exprime pas une réelle opposition aux idées et aux actes du pouvoir en place, mais traduit une sourde hargne due à des frustrations d’intérêts avant tout personnels.
Tagged under Gouvernance BeninUne bataille judiciaire engagée en France sur les logements fastueux, les voitures de luxe et les centaines de comptes bancaires de trois présidents africains et de leurs proches va bientôt se dénouer dans un climat tendu. Ce trésor français, minutieusement inventorié par la police financière parisienne en 2007 dans une enquête sans précédent, est aux mains des chefs de trois Etats producteurs de pétrole, Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) et de leurs parents proches. La juge d'instruction Françoise Desset va trancher dans les semaines qui viennent, dans un climat de peur en Afrique.??
Tagged under GouvernanceUne tentative de coup d'Etat déjouée en Guinée dans la nuit du 23 avril ? Cette phrase interrogative peut vraisemblablement être transformée à la forme affirmative au vu de ce qui se passe depuis jeudi dans le pays. D'abord l'annulation à la dernière minute d'un voyage présidentiel. Ensuite le renforcement de la sécurité aux abords de la RTG Koloma par des véhicules blindés et l'érection d'un barrage "commando" à l'entrée de la presqu'île de Kaloum, abritant le Palais Présidentiel, entre autres, Sans oublier la patrouille nocturne qui aurait suivi et pilotée par le ministre de la défense et accompagné par le Président dans ses déplacements à Kaloum. Sur l'identité des auteurs de ce coup de force avorté, rien n'a filtré
Tagged under GouvernanceUne société civile saine requiert aussi bien des liens que des ponts solides, des associations qui satisfassent aux besoins de la population et des liens qui s’enracinent dans le passé pour maintenir une continuité avec le présent tout en progressant vers un nouveau Soi. En Ouganda, au Ghana et au Nigeria, l’appartenance ethnique a fourni un point de ralliement pour une mobilisation populaire dans des contextes où la répartition actuelle du pouvoir a fermé la voie à une participation à une gouvernance démocratique. Ce qui apparaît comme des conflits ethniques est le plus souvent une lutte pour l’accès aux ressources et au pouvoir politique qui sont manipulés à partir des différences tribales ou de clans.
Néanmoins, la durabilité de ces liens pose la question de la relation entre la société civile, la gouvernance démocratique et l’avènement de la paix et autres objectifs de développement en Afrique. (…)
L’infiltration ou même le contrôle direct d’associations de la société civile par le gouvernement est monnaie courante au Cameroun, au Bénin, en Ethiopie, au Soudan et dans d’autres contextes africains. Dans les milieux académiques, la bataille fait rage entre ceux qui estiment que la société africaine est trop fragmentée par ses particularités pour pouvoir souscrire à la notion de bien public, et ceux qui argumentent que la vie associative traditionnelle porte en elle les graines d’une authentique société civile. Mais sur le terrain, au Kenya, au Sénégal, en Afrique du Sud et ailleurs, ces arguments sont contrés par des sociétés qui ont développés des tissus associatifs plus riches, y ayant intégré des fils de deux traditions. Si ces fils peuvent être tissés ensemble, produire des gains politiques et sociaux va dépendre de nombre de facteurs, les uns internes à la société civile, les autres extérieurs.
Le plus important de ces facteurs extérieurs est constitué par la nature des régimes politiques qui, dans la plupart des pays africains, continue de restreindre la possibilité pour quelqu’un appartenant à la société civile d’influencer les affaires publiques, peu importe le type d’association auquel il appartient. Comme le formulait David Sogge, «là où les Africains ont réussi à s’organiser pour transformer l’ordre politique, les droits et l’estime collective de soi ont progressé. Cependant, là où l’interaction entre des intérêts globaux et la vulnérabilité nationale ont prévalu, les avancées de la citoyenneté ont été bloquées ou ont reculé. Les leaders africains ont dilapidé les biens publics et la confiance du public. La compétition politique et l’espace pour une citoyenneté active ont été marginalisés ou poussés dans la clandestinité. Dans de telles situations, les associations de la société civile doivent constamment lutter pour leur survie. Mais là où la vie est moins rude, elles peuvent se développer en des mouvements sociaux fructueux. Le Treatment Action Campaign en Afrique du Sud en est un bon exemple.
Il est clair qu’à l’interne la société civile n’est pas toujours une source de soutien à la paix et à la démocratie. Certaines associations se sont explicitement engagées en faveur du renforcement du droit des citoyens, cependant que d’autres ont peu d’ambitions générales et préfèrent défendre les intérêts sociaux, économiques et culturels de leurs membres. Ceux engagés dans la promotion de la démocratie n’ont souvent pas d’enracinement dans la communauté, au-delà de l’élite urbaine. Ce qui limite leur influence. Par conséquent, des actions incluant les sphères publiques et la société civile sont rares, n’ayant lieu qu’au moment des crises et sont difficiles à maintenir au-delà des premières vagues d’élections démocratiques - même en Afrique du Sud où les ONG et les organisations communautaires ont exercé une grande influence avant et après la fin de l’Apartheid et ont maintenant plus de 50 000 membres, ou au Kenya qui trois fois plus d’associations civiles. La dépendance aux bailleurs de fonds étrangers est élevée, ce qui rend les groupements de la société civile vulnérables aux attaques les accusant de représenter des agendas extérieurs.
La question qui reste à poser n’est pas de savoir si l’Afrique a des sociétés civiles - clairement elle en a - mais bien comment est-ce que ces sociétés évoluent sur le terrain, et comment est-ce qu’on peut les aider à progresser de façon à ce qu’elles soient adaptées et effectives dans des contextes différents. Un des aspects des plus importants dans le débat contemporain concernant la société civile, aussi bien en Afrique que dans le monde musulman, est le rejet délibéré des modèles occidentaux et de la thèse «du clash des civilisations» qui, parfois, les accompagne, au profit d’une exploration nuancée du développement de la vie associative dans des contextes différents.
Le débat sur l’incompatibilité supposée entre les cultures africaines ou islamique et la société civile (ou démocratie) est bien plus fréquent en Occident que dans le monde musulman où l’attention est focalisée sur l’actualisation des formes de comportements civiques et démocratique, dans des dictatures ou semi dictatures. Comme l’observe Anwar Ibrahim, « on ne parle par du christianisme et de la démocratie ou de l’hindouisme et de la démocratie», mais « islam et démocratie» est le discours géopolitique du jour. « La compatibilité ou l’incompatibilité de l’Islam et de la démocratie n’est pas un sujet de spéculations philosophiques, mais bien de lutte politique», a conlu Asef Bayat. La faiblesse de la société civile est le résultat d’un conflit entre les oppresseurs et les opprimés et non un conflit religieux entre l’Islam et l’Occident, discours qui a actuellement une résonance considérable à travers toute l’Afrique.
Lorsque nous considérons les sociétés civiles africaines sous cet angle, nous trouvons des résultats surprenants. Prenons l’Egypte, par exemple, où, malgré une répression politique continue, la vie associative a produit un cocktail fascinant de composantes islamiques et séculaires qui sont parfois en conflit et se recombinent afin de produire de nouvelles ouvertures à la démocratie et au développement, même si aucune d’entres elles n’a encore obtenu de résultats importants.
Ces associations incluent les éléments pro démocratiques des Frères musulmans, des musulmans modérés, des Jihadistes repentis, Kefaya, le mouvement pro démocratique pour le changement qui a commencé en 2004 par une manifestation devant les cours de justice au Caire, des grèves parmi les travailleurs du textile qui ont permis d’écarter la hiérarchie du syndicat contrôlé par l’Etat, la rencontre des militants du blog qui ont créé un « agrégateur» afin de renforcer les liens entre eux dans l’espace virtuel (plus de 10 000 et dont le nombre double tous les 6 mois selon une estimation récente), le mouvement du 9 mars pour regagner l’indépendance des universités, les Ecrivains et les Artistes pour le changement, les militantes féministes, le réseau des écrivains et des intellectuels et les Egyptiens contre la Torture (organisés pour contrer les abus des services de la sécurité d’Etat).
Donc il y a toujours une énergie sociale et civique et par conséquent il y a toujours de l’espoir et un potentiel, même lorsque les circonstances semblent peu prometteuses. La question, dès lors, se pose de savoir ce que nous pouvons faire afin de protéger et de promouvoir la société civile en Afrique et ce que nous pouvons apprendre des efforts déployés ailleurs. La première question concerne les différences sociales. Est-ce que la société civile peut forger de nouvelles connexions par-dessus les anciennes frontières afin de cimenter une circonscription large en faveur des réformes et des responsabilités. La deuxième concerne les relations à l’Etat où il s’agit de trouver l’équilibre juste entre soutien et indépendance.
Sous-jacents à ces thèmes, il y les questions ordinaires concernant la légitimité, la responsabilité, la capacité et les ressources pour une action civique authentique et durable que j’aborderai dans mes conclusions. Parce que le contexte est réellement important, il est impératif de résister à la tentation de donner trop rapidement la priorité à certaines organisations, réseaux ou cadres légaux, comme étant la réponse à ces questions. Plutôt, nous devons concentrer notre attention sur les conditions dans lesquelles les sociétés civiles peuvent se façonner elles-mêmes et considérer leur relation avec l’Etat et le marché, en fournissant plus de sécurité, d’opportunités et de soutien.
Ceci signifie qu’il faut s’attaquer à toutes les formes d’inégalité et de discrimination, donner aux gens les moyens d’être des citoyens actifs, de procéder à des réformes politiques afin d’encourager la participation, de garantir l’indépendance des associations et de construire des fondations solides pour des partenariats institutionnels sous forme d’alliances ou de coalitions.
Considérant d’abord la question des différences sociales, il est important de reconnaître que l’ethnie et autres identités ne peuvent ni ne doivent être éradiquées parce qu’elles font partie de nous-mêmes. Par conséquent, elles doivent être gérées. Ce qui est impossible aussi longtemps que l’asymétrie économique et politique est aussi importante et que leur représentation est aussi inégale. Si la société civile reproduit cette asymétrie, elle devient partie du problème et non de la solution. C’est seulement lorsque les gens se sentent en sécurité qu’ils iront à la rencontre et établiront des liens avec l’autre et forgeront de nouvelles alliances avec ceux qu’ils ont traditionnellement considérés comme des rivaux ou des ennemis.
Dans ce sens, l’inégalité et l’insécurité sont du poison pour la société civile. Il s’en suit que le soutien pour une économie équitable et inclusive, des soins de santé et la scolarisation pour tous, une représentation juste dans les fora politiques et gouvernementaux - ce qui n’est pas généralement considéré comme étant des terrains d’intervention lors de la construction de la société civile - sont les éléments les plus importants. Garder un lien explicite entre l’équité sociale et économique et l’approfondissement de la démocratie est la clé pour éviter les listes anémiques habituelles par lesquelles on sollicite les interventions de renforcement des capacités des ONG.
Deuxièmement, la société civile requiert des liens et des ponts solides, des associations qui se construisent sur des identités premières et d’autres qui les traversent. Cependant, un lignage excessif risque de permettre aux conflits potentiels de s’enraciner dans les structures de la vie civique, tout comme trop de ponts risque de laisser pour compte les plus faibles et les plus vulnérables aussi longtemps qu’ils ne sont pas prêts à être des partenaires égaux.
Nous avons appris, des recherches conduites en Inde, en Indonésie, au Rwanda et ailleurs, que les associations qui réunissent les intérêts de différents groupes en une cause commune peuvent se révéler particulièrement efficaces lorsqu‘il s’agit d’atténuer le risque de conflit ou de gérer celui-ci s’il devait éclater. Lorsque les gens sont conjointement ou mutuellement responsables pour des résultats qui ont de l’importance à leurs yeux, de nouvelles relations peuvent voire le jour, par-delà les anciennes divisions.
Comme des rocs dans un cours d’eau, les angles aigus de nos différences peuvent se trouver arrondis par le temps au cours duquel ils frottent l’un contre l’autre. Il est donc crucial de mettre l’accent sur le dialogue et la délibération entre les groupes d’intérêts.
Si nous nous tournons vers les relations avec l’Etat, nous savons que le renforcement des liens avec la vie politique est essentiel pour une gouvernance démocratique qui produit la paix et la justice sociale. L’expérience montre que ce sont les groupes de la société civile, avec des réseaux et des connexions forts, avec des acteurs politiques institutionnels comme les partis ou les parlements, qui sont les plus à même d’aménager des espaces et des institutions pour la participation des citoyens. Ceci étant dit, nous savons aussi que c’est un travail difficile et hasardeux, comportant la menace de la co-optation et de la manipulation.
La société civile doit marcher sur le fil du rasoir de «l’amitié critique», démontrant tantôt loyauté tantôt indépendance, selon les circonstances, de façon à soutenir des représentants du gouvernement qui se font les champions de réformes de l’intérieur ou, à leur demander des comptes si les résultats ne sont pas à la hauteur de son attente. Créer la demande et fournir une gouvernance effective et démocratique sont d’une importance égale. Ils ne sont pas le substitut l’un de l’autre. Nous devons trouver et soutenir le cercle vertueux qui connecte les efforts de renforcement de la capacité des gouvernements à protéger leurs citoyens, avec les efforts de la société civile à mettre la pression sur les gouvernements afin qu’ils satisfassent à leur obligations sociales. Une quelconque forme de convention entre l’Etat et la société civile est sans doute la meilleure façon de progresser (selon le schéma même imparfait de l’Afrique du Sud ) à la différence des législations répressives prônées par certains gouvernements.
Malheureusement ceci ne sera jamais facile. Nous ne pouvons promouvoir la sécurité de la société civile sur de seules bases rationnelles. L’histoire récente démontre clairement la contribution que la société civile fait à l’avènement de la démocratie et du développement («vous avez besoin de nous et nous avons besoin de vous»). Mais les politiciens tendent à aimer la société civile jusque à ce qu’ils soient élus. Une leçon enseignée par à peu près tous les épisodes de démocratisation, de la Pologne au Brésil. Il n’y a donc pas moyen d’échapper à la tension continuelle, inhérente à une saine relation Etat/société civile et pas plus qu’il y a moyen d’échapper aux risques implicites des actions de la société civile et de ceux encourus, lorsque la vérité est énoncée pour le bénéfice de toutes les formes de pouvoir.
Construire une coalition continentale pour défendre la société civile africaine peut être un atout surtout si parallèlement il y a un plaidoyer en faveur de lois et de conventions supranationales. Ce que le Trust Africa a déjà entrepris de faire en renforçant les organisations régionales et des systèmes de traités pour la démocratie et les Droits de l’Homme. Mais l’effort le plus important qui reste à consentir se trouve au niveau national, en raison de la centralité obstinée de la politique des Etats en Afrique et ailleurs.
Sous-jacent à toutes les actions effectives de la société civile dans ces domaines, il y a quelques aspects familiers et fondamentaux tel l’indépendance, l’authenticité, la capacité et les ressources, et le besoin de stimuler une discussion continuelle avec le public concernant la société civile et son rôle, afin de générer de la confiance et du soutien et de réduire les doutes et suspicions qui imprègnent les relations avec l’Etat et nombre de ses citoyens ou sujets.
Si l’on considère l’assistance de la société civile de par le monde, on trouve que le soutien le plus efficace n’a fait que renforcer les infrastructures de base menant à la participation des citoyens dans la gouvernance démocratique - la capacité et l’opportunité dont les gens ont besoin pour exercer leurs droits et prendre leurs responsabilités comme agents du changement social. Des questions importantes demeurent en qui concerne l’influence de ces infrastructures sur la transformation de la société, peut-être en raison d’une trop grande orientation vers la recherche de fonds qui a diverti l’attention sur les élites civiles nationales, au détriment de la base, avec une attention particulière pour la démocratie, la diversité et la responsabilité dans la société civile elle-même.
Au-delà de la rhétorique des donateurs concernant la durabilité, peu d’argent a été investi dans les différents programmes mobilisant les ressources autochtones qui permettraient d’enraciner des groupes civiques dans leurs propres sociétés, augmenteraient leur légitimité sociale et politique et réduiraient leur vulnérabilité et leur dépendance à l’égard du financement étranger.
Ceci est un élément crucial pour une société civile saine et indépendante en Afrique. Par conséquent le modèle de Trust Africa, et son travail en général pour encourager la philanthropie africaine, sont de la plus grande importance. Je ne peux mieux dire à l’égard des donateurs d’investir davantage dans de telles organisations similaires afin qu’il y ait de nombreux bailleurs de fond africains qui ne voient pas la société civile seulement en termes d’instruments de réception, en d’autre terme, de récipient de l’aide internationale qui veut contourner des gouvernements africains peu fiables.
En conclusion, dans toutes ses expressions et déguisements, en particulier si on la considère d’un œil ouvert et créatif et holistique, la société civile peut fournir un cadre de valeur pour comprendre et changer des éléments clés de notre monde. Le débat de la société civile ne sera jamais clos parce que son essence est actions collectives, négociations et luttes. Je pense que dans les années à venir, la société civile sera confrontée à nombre de difficultés provenant de «la manipulation des structures sociales et de la mainmise de l’Etat», « d’une renaissance du capitalisme et de l’individualisme forcené», en plus des anciens forces familières du nationalisme et du fondamentalisme dont on peut être sûr qu’elles vont réapparaître sur la scène sous un nouveau déguisement et avec de nouveaux accents.
Ces pressions vont mettre à l’épreuve et refaçonner la pratique de l’action citoyenne au service de la promotion d’une société meilleure, de façon positive et négative, et chacun de nous qui luttons afin de protéger et d’améliorer la société civile doit comprendre et répondre avec subtilité, à travers son travail, à ces changements.
Dans la précipitation qui préside à l’accueil de la nouveauté nous oublions souvent la valeur de notre propre héritage, confondant innovation et efficacité, en occultant la particularité qui a donné une telle valeur aux groupements de la société civile qui est celle ni du monde des affaires ni de l’Etat, ni le résultat de défaillances du gouvernement ou du marché, mais bien le fruit du pouvoir de l’action collective. La société civile existe afin de préserver et d’étendre des valeurs de solidarité et de partage. Son projet n’est pas de soutenir un pouvoir coercitif ou de rechercher le profit, mais bien de cultiver une indépendance de l’esprit (sinon toujours des finances) qui lui permet d’être responsable et d’exiger des comptes d’autres institutions et de faire entendre des idées alternatives, et de faire des propositions politiques en faveur de l’intérêt public au détriment d’intérêts particuliers
La société civile, au mieux de sa forme, contient en son cœur l’appel et la vision d’un monde transformé et infusé d’amour et de justice. « La communauté bien aimée» de Martin Luther King, Tikkun Olam, Umnah et « Ubuntu», la tradition africaine d’une humanité commune caractérisée par la diversité dans l’unité, une ligne de pensée qui nous éloigne de la construction d’ONG et autres groupes civiques comme finalité en soi, afin de refocaliser le débat sur la nature de la société que nous nous efforçons de construire ensemble. La société civile n’est pas simplement un assemblage d’institutions ou de pratiques comme la philanthropie, mais représente une façon différente de vivre et d’être au monde, un chemin crucial pour notre survie future et la prospérité de l’humanité dans son entier. Défendre et promouvoir la société civile est par conséquent le travail de nous tous pour de nombreuses années à venir.
* Michael Edwards est un chercheur et écrivain réputé sur la société civile et les questions de développement.
* La première partie de cette contribution est parue dans Pambazuka News n° 96 (http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/55692)
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur
Tagged under GouvernanceLe 28 avril 2009, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne et de l'Union africaine se réuniront à Bruxelles pour évaluer les progrès de la Stratégie conjointe UE-Afrique (JAES), adoptée à Lisbonne en décembre 2007. Les dirigeants européens et africains se sont engagés à assurer la participation de la société civile à ces processus mais, à ce jour, ces engagements restent en grande partie lettre morte, dans la mesure où les informations sont difficiles à obtenir et où leur accès reste contesté. Néanmoins, les acteurs de la société civile en Afrique et en Europe doivent être prêts à s'engager dans ces débats alors que des questions importantes seront en effet sur la table de discussion de nos dirigeants.
Cet article expose le contexte de la JAES et du Dialogue sur les droits de l’homme, le rôle potentiel de la société civile dans leur mise en œuvre, et il formule des recommandations sur les mesures à prendre.
I. La Stratégie conjointe UE-Afrique, de quoi s’agit-il ?
La Stratégie conjointe UE-Afrique fournit un cadre à long terme pour les relations entre l'UA et l'UE, fondé sur une égalité et des intérêts communs. La Stratégie est conçue comme un cadre pour accueillir les initiatives de coopération existantes et à venir entre les deux organisations, et elle dispose d'un Plan d'action avec des priorités et des résultats précis qui doivent être atteint d’ici à 2010. Ces derniers sont structurés en huit domaines de coopération (appelés « partenariats ») qui couvrent des thématiques importantes pour la société civile des deux continents, allant de la paix et la sécurité à la gouvernance, en passant par les droits de l'homme, le commerce, les migrations et les changements climatiques (voir l’Annexe sur les informations clés).Bien qu'il existe des écarts entre les partenariats, leur travail a généralement connu une progression assez lente. Par exemple, le partenariat sur la gouvernance démocratique et les droits de l'homme a enregistré des progrès dans ses domaines prioritaires (dialogue au sein des instances internationales, appui aux mécanismes de gouvernance en Afrique et coopération concernant les biens culturels), mais n'a pas encore réussi à convenir d’un concept commun ou d’une marche à suivre pour traiter ces priorités vastes et ambitieuses. Les projets de mise en œuvre concrète sont définis par les Groupes d’experts conjoints (JEG) créés pour chacun de ces partenariats. Ces derniers rassemblent des représentants de niveau opérationnel et disposent de pays « chefs de file » à la fois européens et africains, pour faire avancer leur programme. Par exemple, l'Égypte, le Portugal et l'Allemagne dirigent le JEG sur la gouvernance démocratique et les droits de l'homme (voir l'Annexe pour la liste de tous les pays chefs de file).
La nomination d'un Envoyé spécial de l'UE auprès de l'Union africaine et le renforcement de la délégation de l'UA à Bruxelles, figurent parmi les rares résultats directs et immédiats de la Stratégie. Ces deux délégations sont chargées d’une grande partie des contacts quotidiens entre l'UE et l'UA et de la préparation des réunions officielles qui ont lieu régulièrement dans les deux continents (voir Annexe).
II. Le Dialogue sur les droits de l’homme
L'UE et l'UA ont mis en place un Dialogue régulier sur les Droits de l'homme, un instrument de politique étrangère utilisé par l'Union européenne dans ses relations avec plusieurs pays non européens (1). Ce Dialogue a été lancé officiellement en 2008, et est censé se tenir deux fois par an, alternativement en Europe et en Afrique. Les organisations de Droits de l'homme ont souvent critiqué les dialogues de l’Union européenne sur les Droits de l'homme en raison de la participation limitée de la société civile et de l’absence d'évaluation indépendante de leur impact sur des situations concrètes. Cependant, la mise en place de ce mécanisme institutionnel supplémentaire pour discuter des problèmes de Droits de l'homme à la fois en Europe et en Afrique constitue une avancée positive. Bien que ce Dialogue sur les Droits de l'homme soit distinct de la Stratégie conjointe UE-Afrique, il y aura des recoupements et une collaboration entre les deux processus, ce qui rend d'autant plus importante l’implication des organisations non gouvernementales (ONG).III. À quel niveau la société civile peut-elle intervenir dans tout cela ?
La Stratégie conjointe UE-Afrique est destinée à être un « partenariat centré sur les peuples » et elle stipule clairement que l'UA et l'UE « vont donner des moyens d’agir aux acteurs non étatiques ». Les deux parties s'engagent à faire de la stratégie conjointe « une plate-forme permanente pour l'information, la participation et la mobilisation d'un large éventail d'acteurs de la société civile » et affirment que les objectifs de la stratégie ne peuvent être atteints que « si ce partenariat stratégique est approprié par toutes les parties prenantes, y compris les acteurs de la société et les autorités locales, et si elles contribuent activement à sa mise en oeuvre. » (2) Les termes de référence utilisés dans le Dialogue sur les Droits de l'homme ouvrent également la possibilité d'associer la société civile, qui « pourrait participer dans le cadre le plus adapté à l'évaluation préliminaire de la situation des droits de l’homme, à la conduite du dialogue lui-même [...] et au suivi et à l'évaluation du dialogue ». (3)Malgré ces bonnes intentions, la participation des acteurs de la société civile à ce jour a été lente et limitée. Il n'existe pas de procédures convenues pour la participation de la société civile à la mise en œuvre globale de la JAES. L’accès aux réunions de travail se fait le plus souvent de manière ad hoc, et chaque groupe d'experts conjoint établit les méthodes qu’il considère comme appropriées pour faire participer les organisations de la société civile. Le premier événement conjoint UE-UA qui devait faire intervenir la société civile avant une réunion ministérielle (le 28 avril) a été reporté après que les organisateurs européens se soient retirés, en raison de contraintes de temps et des difficultés soulevées par l'UA sur la participation des ONG africaines.
La première session du Forum de la société civile prévue dans le cadre du Dialogue sur les Droits de l'homme les 16 et 17 avril, à Bruxelles, constitue une avancée positive. Le projet d'ordre du jour, bien que diffusé de façon assez tardive, est axé sur des questions importantes à la fois en Europe et en Afrique : les cadres juridiques pour la société civile, l'impact de la législation anti-terroriste et la lutte contre la torture. Le Forum rendra compte des résultats de ses discussions lors de la rencontre officielle du 20 avril. (4) On ne peut qu’espérer que des dispositions financières adéquates seront prises pour garantir la tenue des prochaines sessions du Forum.
L'Union africaine a maintenu que l'engagement de la société civile africaine dans la JAES ne devrait se faire qu’au travers du Conseil économique, social et culturel de l’UA (ECOSOCC de l’UA). Une réunion de consultation de la Commission de l'UA avec des ONG (Nairobi, du 3 au 5 mars 2009) a décidé de créer un Comité de pilotage de la société civile composé de 21 représentants chargés d’assurer le suivi de la mise en œuvre de la Stratégie. Ce groupe comprend des organisations qui ne sont pas membres de l’ECOSOCC de l’UA, mais il devrait être présidé par un membre de l’ECOSOCC et ses contributions devraient apparemment être transmises par l’intermédiaire de l'ECOSOCC. La Commission de l'UA (Direction des citoyens et de la diaspora-CIDO) est également membre du Comité de pilotage. De façon générale, il est difficile de trouver des informations sur les consultations menées avec la société civile africaine concernant les huit partenariats.
La participation de la société civile européenne dans la JAES a été également assurée par le biais d'un Comité de pilotage de la société civile (CSSG), composé de la plupart des organisations les plus intéressées ou les plus actives dans la mise en œuvre de la Stratégie. Ce groupe coopté s’est réuni de façon assez informelle, suite à une demande des institutions européennes appelant les organisations de la société civile à structurer leurs contributions. Un point de contact CSSG a été établi pour chacun des partenariats (voir Annexe). Le CSSG ne fait pas partie du Comité économique et social européen (ECOSOC de l’UE), qui est un organe officiel de l'Union européenne composé d’acteurs non étatiques issus du secteur social et économique (5). L'ECOSOC de l’UE a été assez peu impliquée dans la mise en œuvre de la JAES et elle est loin d’être le seul vecteur de participation de la société civile dans le cadre des institutions de l'UE. Les ONG européennes, tout comme leurs homologues africains, ne constituent pas un organe cohérent et solidaire. À Bruxelles, elles fonctionnent de façon très fluide, à la fois seules et en partenariats, dans le cadre de réseaux ou plates-formes qui interagissent avec les institutions européennes de façon formelle et informelle. (6)
Le degré d'implication des organisations de la société civile est assez variable. Les pays européens « chefs de file » dans le cadre du Partenariat sur la gouvernance démocratique et des droits de l'homme, par exemple, se sont efforcés de diffuser les informations relatives à leurs discussions à leurs homologues africains. Toutefois, ces échanges ont principalement porté sur les méthodes et les procédures associées au travail du partenariat, plutôt que sur les questions de fond. Récemment, les États impliqués dans ce partenariat ont invité deux représentants de la société civile à participer à la deuxième réunion du JEG de ce partenariat (les 30-31 mars derniers à Lisbonne). Même si cela a constitué une étape très positive, les intervenants ont été prévenus tardivement, et deux semaines avant la rencontre, aucun ordre du jour ou document de travail n’avait encore été transmis.
IV. Conclusion
Les questions débattues lors de ces réunions sont trop importantes pour être ignorées par la société civile, quelles que soient les imperfections du processus de consultation. Si des actions conjointes significatives sont menées dans ces domaines, elles pourraient avoir un impact majeur sur le travail de nombreuses ONG et sur la vie des communautés. La Stratégie peut également être un moyen pour les organisations de la société civile des deux continents d’apprendre à mieux se connaître, de trouver leurs points communs et de reconnaître leurs points de divergence, en comprenant que plus elles en savent et plus elles échangent les unes avec les autres, plus elles ont une chance d’avoir un impact sur les politiques et les actions en jeu dans la stratégie. Surtout, ceci offre une opportunité à la société civile des deux continents d’exprimer leurs préoccupations quant à la politique et aux pratiques de l'UE et d’examiner la cohérence entre l'action interne et externe de l'UE dans des domaines clés tels que les Droits de l'homme et la gouvernance.Cependant, les systèmes de consultation laissent beaucoup à désirer, à la fois au niveau européen et africain, malgré les engagements en faveur d’une approche « centrée sur les peuples ». Nous en arrivons au point où, compte tenu des difficultés pour parvenir à une participation significative, les organisations de la société civile risquent de perdre tout intérêt dans le processus, et où la Stratégie, voire l’ensemble du Dialogue sur les Droits de l’homme, risque de n’être rien de plus qu’un ensemble d’engagements merveilleux amenant des responsables européens et africains à se rencontrer occasionnellement, mais qui n’apporterait aucun changement pour l’avenir et pour les relations entre les deux continents.
Que peut-on faire?
Les organes officiels de l'UE et l'UA doivent s'acquitter de leurs responsabilités. Les gouvernements et les institutions de l’UE et de l’UA doivent diffuser en temps utile les informations sur les réunions et les points inscrits à l'ordre du jour des discussions, et promouvoir plus d'événements dans lesquels la société civile peut intervenir et contribuer aux politiques officielles, tout en favorisant les contacts directs entre les organisations de la société civile de l'Europe et d’Afrique.
Mais les organisations de la société civile ne doivent pas attendre que les responsables officiels prennent l'initiative. Elles doivent prendre contact avec les Commissions de l’UE et de l’UA et les États membres pour manifester leur intérêt pour la Stratégie et des Partenariats spécifiques, s'informer sur les progrès réalisés et leur faire savoir qu’elles suivent attentivement la mise en œuvre du Plan d'action – et faire de même pour le Dialogue sur les droits de l’homme. Elles doivent demander et insister pour obtenir des mécanismes de participation de la société civile à la fois ouverts et participatifs. Tant que ces mécanismes ne sont pas mis en œuvre, les organisations de la société civile doivent développer des contacts informels avec les représentants des institutions de la société civile et du gouvernement, ainsi qu’avec les responsables de la Commission, non seulement avant les grandes réunions mais aussi de façon régulière. Les organisations de la société civile doivent également formuler des recommandations concrètes dans leurs domaines de compétence, et transmettre ces documents aux responsables ou, le cas échéant, au travers de déclarations publiques ou de campagnes de sensibilisation « greffées » sur les réunions officielles. Enfin, elles doivent établir un dialogue et promouvoir les contacts avec les organisations de la société civile de l’« autre » continent. Grâce à ce type d’efforts, les réunions qui risqueraient autrement d’être très conventionnelles pourraient en fait devenir de réels espaces de discussions et de prises de décisions concrètes.
Annexe : La Stratégie conjointe UE-Afrique – informations clés
Contact Dialogue UE-UA sur les droits de l'homme : [email][email protected]
Principales réunions officielles UE-UA
Sommet UE-Afrique : Les chefs d'État et de gouvernement se réunissent tous les trois ans, alternativement en Europe et en Afrique.
Troïka UE-Afrique : Les hauts fonctionnaires et les ministres se réunissent deux fois par an, alternativement en Afrique et en Europe. La troïka comprend les présidences actuelle et future de l'UE, la Commission européenne (CE), le Secrétariat du Conseil de l'UE, les présidences actuelle et sortante de l'Union africaine et la Commission de l'UA (CUA).
Réunions entre Commissions : La CE et la CUA se réunissent plusieurs fois par an au niveau opérationnel dans le cadre d’un groupe de travail. Les orientations politiques sont fournies par les réunions des Collèges des Commissaires de l'UE et l'UA, qui ont lieu une fois par an.
Groupes d'experts conjoints (JEG) : Des experts des deux continents chargés de la mise en œuvre de chaque partenariat se rencontrent de manière informelle plusieurs fois par an pour discuter des projets de mise en œuvre concrète. Leur travail est préparé et suivi par des Équipes de mise en œuvre distinctes de l’UE et de l’UA. Chaque JEG dispose d’une institution nationale chef de file.Points de contact pour les OSC européennes pour chaque partenariat
Paix et sécurité - European Peacebuilding Liaison Office ([email protected])
Gouvernance démocratique et droits de l'homme - Amnesty International ([email protected])
Commerce, intégration régionale et infrastructures - CONCORD ([email protected] / [email][email protected])
OMD - CBM (lars.bosselman @ cbm.org)
Energie - Climate Action Network Europe ([email protected])
Changements climatiques - Climate Action Network Europe ([email protected])
Migrations, mobilité et emploi - CES ([email protected]) et CSI (isabelle.hoferlin @ ITUC-csi.org)
Science, société de l'information et Espace (aucun pour le moment)Partenariat et pays/institutions chefs de file
Paix et sécurité - Secrétariat du Conseil de l'UE et Algérie
Gouvernance démocratique et droits de l'homme - Portugal + Allemagne et Égypte
Commerce, intégration régionale et infrastructures - Commission européenne et Afrique du Sud
OMD - Royaume-Uni et Tunisie
Energie – Allemagne + Autriche et Commission de l'UA
Changements climatiques - France et Maroc
Migrations, Mobilité et Emploi - Espagne et Égypte
Science, Société de l'information et Espace - France + Portugal et TunisieNOTES
(1) Par exemple, l'UE organise des sessions de dialogue sur les droits de l'homme avec la Chine, l'Asie centrale, l’Inde, les Etats-Unis, le Canada et le Japon. Elles peuvent être organisées de façon autonome ou dans le cadre de discussions politiques plus larges, que ce soit au niveau des experts ou des responsables politiques.
(2) The Africa-EU Strategic Partnership - A Joint Africa EU Strategy,
(4) La Commission européenne assure le financement de la réunion, par conséquent les frais de transport et d’hébergement des ONG africaines seront couverts. Veuillez contacter les responsables de la Commission au sein de l'organisation avant d'engager toute dépense car des restrictions peuvent s’appliquer.
(5) Il englobe les syndicats, les associations d'employeurs et les organisations d'intérêt général, comme par exemple des organisations d’agriculteurs ou des groupes de protection de l’environnement.
(6) Juste à titre d'exemple, consulter le site web du Groupe de contact de la société civile de l’UE, qui rassemble certaines des plus grandes plates-formes européennes d’organisations d’intérêt public, provenant de différents secteurs – la culture (FEAP), le développement (CONCORD), l’environnement (Green 10), les droits de l’homme (HRDN), l’éducation et la formation tout au long de la vie (EUCIS-LLL), la santé publique (EPHA), les questions sociales (Plate-forme sociale) et l'égalité entre les hommes et les femmes (LEF): www.act4europe.org* Carmen Silvestre est responsable des questions africaines, de la campagne Publiez Ce Que Vous Payez, du Fonds Global et de la liaison avec le Programme de Santé Publique à Open Society Institute, Bruxelles
* Veuillez envoyer vos commentaires à [email protected] ou commentez en ligne sur
Tagged under GouvernanceAlors que Jacob Zuma et le Congrès National Africain (ANC) sont assurés de remporter la victoire lors des élections qui ont eu lieu le 22 avril en Afrique du Sud, William Gumede examine l’ascension vers le pouvoir de son dirigeant et ses efforts auprès de la majorité noire paupérisée pour se présenter comme étant fondamentalement différent de son ancien rival Thabo Mbeki. En s’autoproclamant «champion» des pauvres, Zuma doit le succès de sa campagne électorale à son habile exploitation de la dichotomie entre riches et pauvres, orientant ainsi les élections à son propre profit, argumente Gumede. Ayant généré des attentes très élevées, pour ne pas dire fiévreuses, auprès des pauvres d’Afrique du Sud, le succès de la présidence de Zuma va dépendre de sa capacité à exploiter les talents des populations à un moment où l’économie n’est guère favorable, conclut l’auteur.
Jacob Zuma et l’ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, ont gagné les élections du 22 avril après avoir réussi à transformer ces consultations en une confrontation entre, d’une part les Noirs et les Blancs des classes aisées, d’autre part la majorité noire dépossédée, évitant ainsi que les élections soient le verdict quant à la politique menée par le gouvernement au pouvoir.
En dehors de quelques exceptions, après 15 ans de pouvoir, peu de choses ont changé pour la plupart des Sud Africains noirs qui vivent toujours dans une pauvreté accablante, sans emploi et sans logement. Et pourtant, Zuma aura gagné les élections grâce aux voix de la plupart des Sud Africains pauvres, dont la vie a connu peu de changements depuis que le pays est devenu une démocratie en 1994. Pendant sa campagne électorale, Zuma a réussi à se dépeindre comme étant lui-même pauvre. Suite à son exclusion de l’administration de l’ancien président Thabo Mbeki, dont il a été le vice président et allié jusqu’à son éviction pour des allégations de corruption en 2005, il s’est présenté comme étant aussi un exclus, victime des mêmes discriminations que les pauvres.
Zuma a évincé Mbeki de la direction du parti en 2007, après une lutte féroce dont l’objet était le contrôle du pouvoir plutôt qu’une différence idéologique ou de vision politique. Aux yeux beaucoup de Sud Africains pauvres, Zuma a réussi à se départir des défaillances du gouvernement de l’ANC, qu’il met entièrement à la charge de Mbeki. Tout au long de sa campagne électorale, il a dépeint ses partisans, maintenant responsables de l’ANC, comme un parti complètement différent. Ses stratèges ont présenté Zuma et ses partisans, maintenant à la tête du parti, comme étant notoirement plus favorables aux pauvres, plus démocrates et moins corrompus, qui gouverneront avec plus d’efficacité une fois le pouvoir conquis. En outre, ceux qui ont mené la campagne de Zuma se décrivent comme les héros de batailles épiques contre l’aile corrompue de la classe marchande qui est aussi la classe moyenne et la tendance pro blanche de l’ANC, représentée par Mbeki.
En fait, Zuma a su exploiter le changement d’humeur spectaculaire de la majorité noire sud-africaine qui vit, désespérée, dans des bidonvilles éparpillés à travers tout le pays. Ce groupe, oublié par l’élite, a maintenant perdu patience et exige les dividendes économiques de la démocratie. Il est des Sud Africains pauvres qui blâment la démocratie pour leur exclusion et leurs problèmes, plutôt que l’incompétence du gouvernement, l’indifférence des classes dirigeantes ou les luttes internes de l’ANC
Toutefois, la nouvelle démocratie a octroyé quelque pouvoir à ceux, rares, qui avaient des liens avec les dirigeants de l’ANC et avec la classe moyenne noire ou blanche. Cette réalité a été au cœur des manifestations violentes et spontanées des communautés noires dépossédées, contre l’incurie du gouvernement, au cours de ces dernières années. Zuma a réussi à convaincre beaucoup de Sud Africains noirs et pauvres, qu’il est la victime des machinations de Mbeki et des riches Noirs et Blancs qui ont inventé 16 chefs d’accusation de corruption à la seule fin de barrer le chemin d’un pauvre paysan de l’Inkandla, le hameau rural au KwaZulu Natal où il est né et où il a construit une luxueuse résidence. Tant pis pour le fait qu’il a été un proche de Mbeki jusqu’à son éviction en 2005 et un membre éminent de l’élite noire qui s’est enrichie grâce à ses connexions avec l’ANC.
Lorsqu’il était président, Mbeki -avec l’approbation de Zuma jusqu’à sa chute en 2005- a constamment utilisé les institutions démocratiques dans le but de discréditer des opposants. Au début de ce mois d’avril, le National Prosecuting Authority a abandonné les accusations de corruption formulées à l’égard de Zuma, déclarant qu’il y avait une conspiration politique entre les différents procureurs pour formuler des accusations en ce moment précis, mais a affirmé que les accusations demeurent valides. Ceci bien que dans un jugement précédent le verdict prononcé a été que les accusations restent valides si elles sont fondées, leurs motifs n’ayant rien à voir.
Au cours de sa campagne électorale, Zuma a réussi a convaincre son électorat que l’administration de Mbeki - à laquelle il a participé jusqu’en 2005 - avait fait un usage abusif des institutions démocratiques pour discréditer ses opposants. En particulier, lui, Zuma, un pauvre paysan, le champion des pauvres et ce dans le but de lui barrer le chemin de la présidence. Le«champion» des pauvres dépense 1 million de rands par mois pour sa sécurité personnelle.
Il est évident que l’ascension de Zuma au poste de dirigeant de l’ANC, le premier à ne pas provenir de la classe moyenne, est un modèle du genre. Les déclarations de Zuma, soi-disant qu’il peut voir, à la façon dont un femme est assise, si elle est en quête d’aventures sexuelles, ou ses commentaires selon lesquels une douche après des relations sexuelles non protégées avec une personne infectée par le VIH peut prévenir l’infection ; et que que les criminels bénéficient de beaucoup trop de droits, ont été ignorées.
Lors de la campagne qui visait à obtenir l’abandon des accusations de corruption contre Zuma, les dirigeants de l’ANC ont dissout l’unité d’élite anti-crime qui avait porté les accusations devant les tribunaux, et ce sans référence au parlement dont c’est pourtant le privilège. L’organe dirigeant de l’ANC a aussi attaqué quotidiennement les médias critiques ou les juges qui se sont prononcés contre lui, en déclarant que la plus haute Cour de Justice d’Afrique du Sud, la Cour Constitutionnelle « n’est pas Dieu ». Les partisans de Zuma ont lancé une campagne afin de purger l’ANC, le gouvernement et les entreprises nationales de tous leurs critiques. Les opposants ont reçu l’étiquette de «Coping» en référence au COPE (The Congress of the People) – même s’ils ne le sont pas -, une formation composée de membres de l’ANC opposés à l’élection de Zuma à la tête du parti. Ils en ont été ainsi exclus.
Zuma et certains de ses partisans ont aussi joué subtilement la carte ethnique, en encourageant des orateurs zoulous à se prononcer en leur faveur sur la base de leur appartenance à une même ethnie, plutôt qu’au vu de leur performance. Pendant l’administration de Mbeki, des intellectuels partisans de ce dernier ont dénoncé les critiques de l’ancien président afin de gagner ses faveurs. Fait alarmant, cette situation se répète maintenant avec Zuma et l’on voit des intellectuels noirs et blancs, qui avaient critiqué les atteintes à la démocratie sous Mbeki, avec pour conséquence leur marginalisation, se rallier à Zuma sans poser de question.
Au cours de sa campagne, Zuma a généré une attente fiévreuse parmi les pauvres. Il a promis beaucoup de politiques et d’institutions nouvelles, mais aucun détail quant à leur contenu ou un calendrier, encore moins le coût de ces programmes.
Les dissidents de l’ANC, qui l’an dernier ont créé COPE, ont ouvert un nouvel espace politique sur une scène totalement dominée par l’ANC depuis 1994. Toutefois, le COPE, comme tous les autres partis, ne s’est pas intéressé aux problèmes des pauvres Noirs dans les communes, les zones rurales ou les bidonvilles, population dont le soutien est pourtant indispensable à qui veut gagner les élections. Ses responsables ont été incapables de contrer le message de Zuma et de l’ANC qui les décrit comme les participants à une cabale montée par les Noirs et les Blancs riches pour s’opposer aux pauvres Noirs.
Le COPE et le principal parti d’opposition actuel, le Democratic Alliance (DA), ont sévèrement critiqué la morale douteuse de Zuma et ses attaques contre les institutions démocratiques, critiques qui ont été entendues par les Noirs et les Blancs de la classe moyenne, mais auxquels ceux sans emploi, qui vivent dans des taudis, sont restés sourds. Les pauvres se sont accrochés avec l’énergie du désespoir aux promesses de soins de santé gratuits, de scolarisation et de bourses sociales faites par Zuma, toutes choses urgemment requises mais à propos desquels le candidat président n’a fourni aucun détail. Même le Congress of South African Trade Unions (COSATU), allié de Zuma, s’est abstenu de le soutenir à propos de ces objectifs et de ces calendriers clairement définis.
L’Afrique du Sud est sur le point d’encaisser le choc de la crise financière internationale, avec une augmentation du chômage dans tous les secteurs de l’économie. Zuma va hériter d’une économie en déclin, après presque une décennie de croissance économique portant sur une moyenne de 5% au cours de ces 5 dernières années.
Cependant, ni l’ANC ni les partis d’opposition n’ont proposé de remèdes avec des calendriers qui permettent de résoudre les problèmes sociaux du pays. En ce moment, le facteur de cohésion des différents groupes qui composent l’ANC ne consiste pas en une vision politique partagée, ou la direction que le pays devrait prendre ou une idéologie particulière. Seul le désir de voir Zuma élu président tient le mouvement ensemble. Sur le chemin vers le pouvoir et la présidence, Zuma a amassé une coalition disparate d’intérêts et il a fait à chaque groupe les promesses que celui-ci veut entendre, quitte à ce que lesdites promesses soient diamétralement opposées entre elles.
La réalité est que ces groupes à qui il a été promis monts et merveilles vont être perdants. Des attentes déçues, des querelles intestines dans la coalition de Zuma sur la façon de résoudre les problèmes urgents de l’Afrique du Sud sous sa présidence pourrait être la cause d’une nouvelle fracture au sein de l’ANC.
Il est peu probable que Zuma ait le bénéfice d’un état de grâce comme les précédents gouvernements de l’ANC. De même, si Zuma ne tient pas ses promesses, les pauvres vont se retourner contre lui et il connaîtra le même sort que Mbeki. En 2005, dans des scènes rappelant l’Apartheid des années 1980 en Afrique du Sud, lorsque les ressortissants noirs des communes protestaient contre les négligences du gouvernement, les résidents noirs et pauvres d’une commune du nom de Khutsong ont brûlé des bâtiments gouvernementaux et ont physiquement attaqué les politiciens de l’ANC, les accusant de leur avoir fait défaut. Il y aura quantité de Khutsong à travers toute l’Afrique du Sud si Zuma ne tient pas ses promesses immédiatement. La façon dont il réagira à ces pressions dans une économie en récession déterminera le futur de l’Afrique du Sud.
Mbeki n’a pas hésité à utiliser les institutions de l’Etat pour écraser la dissension. Les partisans de Zuma espèrent et prient qu’il ne fera pas la même chose ou pire.
La réaction initiale de Zuma n’est guère encourageante. Bien qu’il ne soit pas encore formellement au pouvoir, il a copié nombre de mauvaises choses de l’ère de Mbeki desquelles il avait précédemment pris ses distances. Mais il peut encore confondre ses détracteurs et réussir, s’il utilise son pouvoir pour conjuguer les talents de tous les Sud Africains - de toutes les races, qu’ils soient critiques ou qu’ils acquiescent - plutôt que de récompenser des sycophantes incompétents, des financiers véreux ou ceux de son groupe ethnique. Il ne lui suffira pas de parler avec éloquence de sa défense de la Constitution du pays, des institutions démocratiques et de ses valeurs. Son vrai défi sera de le prouver dans son comportement de la vie de tous les jours. En assumant la présidence, Zuma ferait bien de se souvenir de la mise en garde d’un ancien pilier de l’ANC, Mac Maharaj : «C’est l’action qui inspire la confiance’’
* Willaim Gumede est l’auteur du bestseller «Mbeki and the battle for the soul of the ANC’’
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur
Tagged under Gouvernance South AfricaLe renchérissement du prix du baril de pétrole a favorisé l’émergence des agro carburants ou biocarburants ou encore carburants verts. La canne à sucre, la betterave, le blé, le maïs, le colza, l’huile de palme et le jatropha entrent actuellement dans la production d’éthanol et de biodiesel. L’utilisation d’agro carburant à l’échelle mondiale est estimée à 5%, avec un objectif à moyen terme de 10 %. En Afrique et spécifiquement en Côte d’Ivoire, la culture de jatropha en vue de la production de biocarburant est désormais une réalité. Tout le monde en parle. Le mot Jatropha est devenu plus célèbre que la plante elle-même. Certains élus locaux et des mutuelles de développement n’ont pas tardé à sauté sur l’occasion pour faire rêver les populations rurales agricoles. Cependant, au moment où la situation alimentaire est devenus extrêmement critique, encourager les producteurs à la production de plantes à biocarburant est–elle opportune ?
La Côte d’Ivoire, pays à fort potentiel agricole, occupe des places honorables au niveau des productions agricoles en Afrique et même à l’échelle mondiale. Ainsi la Côte d’Ivoire a la réputation d’être le 1er producteur mondial de cacao depuis 1979 et l’un des principaux producteurs de café ; premier fournisseur du marché européen en ananas avant 2003 ; premier exportateur africain de caoutchouc naturel, premier exportateur africain d’huile de palme en 1999 ; 4e producteur mondial et premier producteur africain de noix de cajou, Tenant compte de ces performances et vu l’engouement autour de la jatropha-culture, la Côte d’Ivoire pourrait en devenir le premier producteur africain.
Difficultés connues par certains projets agricoles antérieurs
De nombreuses initiatives visant à diversifer les productions agricoles et à accroître les revenus des producteurs ont toujours existé en Côte d’Ivoire. On peut citer le projet de plantes à fleur de Sikensi, le projet vallée Comoé à Daoukro (hévéa-palmier), le projet riz centre Yamoussoukro, la culture de l’amandier… A chaque fois, les producteurs se sont investis pour relever le défi de la production. Cependant ces belles initiatives n’ont toujours pas produit les résultats escomptés. Les problèmes les plus sérieux se situaient en niveau du suivi.
A Daoukro, environ 10 000 tonnes de graines de palme pourrissent chaque année dans les plantations par manque d’acheteurs. Environ 136 ha de palmier à huile ont été plantés dans le département de Daoukro grâce au projet vallée Comoé. A Sikensi, le projet de développement des plantes à huiles essentielles (l’Ylang-l’Ylang) est bloqué depuis 1991 alors que 145 ha ont été mis en place par 250 planteurs. A Yamoussoukro, le projet de production et de commercialisation du riz a été délaissé par les producteurs parce que ceux-ci estiment que les revenus qu’ils en tirent sont dérisoires.
Dans le département de Gagnoa, un cadre avait distribué des semences de papaye solo aux jeunes, leur promettant la construction d’une usine d’extraction de jus de papaye par des partenaires européens. Le résultat de ce projet a été plutôt la surabondance de papaye.
La noix de cajou ou anacarde, présentée il y a quelques années comme la nouvelle richesse de la zone savanicole, connaît aujourd’hui une mévente. Alors qu’elle coûtait 400 F Cfa le kilo à l’époque, elle ne vaut même plus 100 F le kilo dans certaines régions.
Scepticisme à propos du projet Jatropha
Malgré le caractère étatique de certains projets évoqués plus haut, des difficultés liées essentiellement au volet commercialisation ont été enregistrées. Heureusement que le graine de palme à travers son huile est comestible ; le riz et la papaye également. Que dire du l’Ylang-l’Yang (plante à parfum), du ricin et de l’amandier ?
Le projet jatropha est exclusivement piloté par des structures privées qui mènent des actions dispersées voire concurrentes. L’Etat n’intervient nulle part et aucun cadre réglementaire n’existe. Conscient du désordre qui se profile, le gouvernement a décidé d’anticiper. On peut lire, dans le communiqué du Conseil des ministres du 19 juin 2008 : «…le chef de l’Etat a instruit de Premier ministre des dispositions urgentes à prendre en vue de maîtriser toute mutation dans le secteur agricole, notamment l’apparition anarchique de nouvelles structures…»
Les plantations de jatropha foisonnent dans presque toutes les régions de la Côte d’Ivoire. On cultive sans se soucier du circuit de commercialisation et du prix auquel la production sera payée. Des unités de production d’huile de jatropha sont annoncées incessamment par les promoteurs. En attendant, les plantes sont en pleine croissance, si elles ne produisent déjà.
L’autre sérieux problème qui pourrait faire échouer ce projet se situe au niveau du rendement. La surévaluation du rendement pourrait induire les paysans en erreur et les démotiver à terme. D’une structure de promotion à l’autre, le rendement du jatropha n’est pas le même. Un expert situe le rendement dans la fourchette de 1,5 tonnes à 7 tonnes dans les conditions optimales ; alors d’où vient la productivité de 12 tonnes à l’hectare, véhiculée par certains promoteurs ?
Un promoteur avance une superficie de 400 000 ha à développer dans le nord de la Côte d’Ivoire où la superficie cotonnière ne vaut même pas 300.000 ha. Sur la base de cette superficie, la prévision de récolte attendue est estimée à 6 millions 228 000 tonnes de graines. Le jatropha deviendrait ainsi la première production agricole en Côte d’Ivoire devant l’igname, le manioc, la banane plantain et le cacao.
Par ailleurs, que vaudrait la culture du jatropha si le prix du baril de pétrole revenait à des proportions raisonnables ?
Agro carburant et sécurité alimentaire
Dans un contexte de flambée des prix des denrées alimentaires, n’y a-t-il pas mieux à faire que produire pour alimenter les moteurs ? Conduire ou Manger, il faut absolument choisir.
A l’échelle mondiale, on commence à s’inquiéter de la menace du développement des agro carburants sur la sécurité alimentaire. En France, pour atteindre 7% d’utilisation de biocarburant, 700 000 hectares à vocation alimentaire devront être sacrifiés. On estime que, lorsque l’équivalent de 232 kg de maïs est utilisé pour produire du biocarburant, on prive un enfant de nourriture pendant une année.
Les effets du développement des agro carburants sur la sécurité alimentaire sont déjà perceptibles. Le prix de la farine de blé a augmenté, les cours du maïs ont explosé à la bourse de Chicago, l’huile, le savon et l’aliment de bétail sont devenus plus chers…
Cette analyse n’est nullement de l’intoxication. Elle ne vise pas à dénigrer les promoteurs, encore moins les producteurs. Au-delà de la jatropha-culture, elle vise à soulever le débat sur les projets agricoles non étatiques en Côte d’Ivoire.
Si le jatropha, déjà baptisé “Or vert”, peut améliorer durablement le revenu du producteur, alors gloire à Dieu ; autrement, il faut arrêter de vendre le rêve aux producteurs et se servir d’eux pour expérimenter et promouvoir des cultures opportunistes. Mieux, les promoteurs de la Jatropha-culture peuvent créer eux-mêmes leurs plantations, produire les graines, en extraire l’huile, et vendre leur biocarburant pour profiter des revenues.
Malgré sa finalité louable, la jatropha-culture n’est pas une priorité aujourd’hui pour la Côte d’Ivoire.
* Patrice N’goran est ingénieur des techniques agricoles en Côte d’Ivoire - Ce texte a été publié dans «Le Journal de l'agriculture».
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur
Tagged under GouvernanceLe directeur de La Voix du paysan et président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC), et ses huit « complices » devaient passer devant le tribunal le 24 avril. Ils sont poursuivis pour avoir troublé l’ordre public, le 10 décembre 2008, en organisant un rassemblement interdit par les autorités. À l’origine, le mouvement associatif avait lancé une campagne pour dénoncer la corruption et le clientélisme au ministère de l’Agriculture (Minagri). Selon l’Acdic, en deux ans, entre autres faits, quelque 1,2 milliard de F CFA ont été détournés du Programme national d’appui à la filière maïs.
Tagged under GouvernancePour éradiquer les pirates du golfe d'Aden, il faut oeuvrer sur terre et sur mer en jouant à la fois la carte diplomatique et la carte militaire, ont admis l'ONU, l'Union européenne et l'Union africaine. Elles vont investir 200 millions d'euros pour rétablir les bases de l'Etat de droit en Somalie. Pour atteindre cet objectif dans un pays ravagé par la guerre civile depuis 1991, la communauté internationale doit tout d'abord soutenir le rétablissement de forces de sécurité et de police en Somalie et aider la mission de maintien de la paix de l'Union africaine (Amisom), souligne le secrétaire général des Nations Unies.
Tagged under Gouvernance MaliLa Confédération syndicale internationale se dit préoccupée par des informations selon lesquelles d’éventuels témoins d’une Commission d’enquête de l’Organisation internationale du Travail (OIT) auraient fait l’objet d’intimidations de la part des Services centraux des renseignements zimbabwéens (CIO). La mise en place de cette Commission a été motivée par les antécédents du régime de Mugabe en matière de droits des travailleurs.
Tagged under GouvernanceL'introduction d'un vaccin antipneumococcique va peut-être aider le Rwanda à réduire considérablement les décès d'enfants d'ici 2015 et marque un jalon important dans la prévention des maladies dans le monde en développement. Cette maladie, qui peut entraîner des affections pouvant mettre en danger la vie du sujet, telles que la pneumonie, la méningite et la sepsie, est la cause de mortalité la plus importante pouvant être évitée par la vaccination chez les enfants de moins de cinq ans dans le monde.
Tagged under Gouvernance RwandaSimone Gbagbo, la première dame ivoirienne a été pour la première fois entendue, le 23 avril, dans le cadre de l’enquête sur la disparition de Guy-André Kieffer, un journaliste franco-canadien, enlevé le 16 avril 2004 à Abidjan. Un accord a été finalement trouvé, le 22 avril, sur le lieu de sa déposition, à la Cour suprême ivoirienne. Par ailleurs, l’épouse du disparu a demandé que des personnalités françaises soient interrogées dans le cadre de cette enquête.
Tagged under Gouvernance Cote d’IvoireOmar el Béchir, le président soudanais, a envoyé à Paris deux de ses proches conseillers pour une rencontre diplomatique, les 21 et 22 avril, avec la France et la Grande-Bretagne. La réunion aurait porté sur le conflit Darfour et sur le mandat d’arrêt lancé contre lui. Selon la délégation soudanaise, il s’agissait de chercher à normaliser les relations avec l’occident. Malgré le mandat d’arrêt dont il est l’objet depuis le 4 mars, pour crimes de guerre et crime contre l’humanité, el Béchir a effectué, le 21 avril, un voyage en Ethiopie, son sixième à l’étranger en moins de deux mois.
Tagged under GouvernanceLa récente sortie des délégués des zones commence à livrer ses secrets. Des sources bien introduites expliquent que les interviews dans la presse qui ont précédé cette sortie ne sont pas du tout innocentes. Un vaste complot se prépare contre l’accord de Ouaga et, partant, contre le retour à la paix et à la normalité. Et, surprise, des mains françaises y seraient mêlées. Notre source explique que, depuis le début, les Ivoiriens se sont habitués à voir les forces dites impartiales traverser le pays avec de lourds engins de fouille des sols. Ils se sont livrés à de vastes campagnes de pillage des ressources naturelles de la Côte d’Ivoire.
Tagged under Gouvernance Cote d’IvoireLe Sénat du Burundi a approuvé à une large majorité, le 16 avril, la nomination au poste de chef d'état-major général de l'armée, de l'ex-rebelle et général Godefroid Niyombare, qui devient le premier hutu, l'ethnie majoritaire, à accéder à la tête de l'armée dans l'histoire du pays. Cette nomination, confirmée par plusieurs autres sénateurs, a été approuvée à l'issue d'un vote secret et à huis clos. Le général Niyombare, 40 ans, jusqu'ici chef d'état-major général adjoint de l'armée burundaise, est issu des rangs de l'ex-rébellion des Forces de Défense de la Démocratie (FDD, le parti du président Nkurunziza), aujourd'hui au pouvoir dans ce pays d'Afrique centrale.
Tagged under Gouvernance Burundi
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