• Contributor | Gouvernance

    Le chronogramme du projet d' exploitation de la bauxite, du nickel et du manganèse dans l'est du Cameroun sera perturbé de 9 à 12 mois à cause de la crise financière qui a aussi touche d'autres secteurs comme le bois, le coton, le caoutchouc naturel, l'aluminium et le pétrole. L’exploitation proprement dite de ces minerais devait commencer en 2012 pour une durée de 25 ans. Les investissements préliminaires commencés en 2006 ont déjà coûté la somme de 50 millions de dollars.

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  • Contributor | Gouvernance

    Blaise Compaoré est étrangement silencieux depuis quelque temps sur des questions touchant au processus de paix en Côte d’Ivoire. Des Délégués départementaux des Forces nouvelles (Fn) ont demandé à Soro Guillaume de démissionner de son poste de Premier ministre. Ils exigent que le secrétaire général des Forces nouvelles regagne la base de Bouaké “ pour se mettre à l’avant garde de la lutte du peuple ivoirien pour l’amélioration de son vécu ”. Une sortie qui n’a pas manqué de susciter des réactions de désapprobation,. Mais, aussi curieux que cela puisse paraître, le Facilitateur, Blaise Compaoré, lui, a gardé le silence.

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  • Contributor | Gouvernance

    La République démocratique du Congo vient d’annoncer qu’elle ferait appel auprès du Tribunal pénal fédéral suisse (TPF) de la décision du Ministère public international (MPC) de ne pas donner suite à sa plainte visant à récupérer les fonds bloqués de l'ancien dictateur Mobutu. Après l’échéance du gel des comptes de Mobutu le 30 avril prochain, ce sont près de 7 millions de francs suisses (près de 5,4 millions d’euros), qui reviendraient aux héritiers du dictateur qui avait pillé la RDC pendant ses 32 années pouvoir.

  • Contributor | Gouvernance

    Le vice-président du Parlement somalien a annoncé le 18 avril que le Parlement avait approuvé à l’unanimité, à Mogadiscio, le projet de loi instaurant la loi coranique. Le 28 février dernier, le président nouvellement élu, Sharif Cheikh Ahmed, chef des islamistes modérés, avait annoncé avoir accepté le principe de l’application de la charia et d’un “cessez-le-feu”. Ces déclarations faisaient suite aux efforts de médiation de six dirigeants religieux d’Arabie saoudite, dans le conflit qui oppose le gouvernement et les groupes islamistes radicaux.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le tribunal de grande instance de Rubavu, siégeant à Gisenyi (ouest), s'est déclaré le 20 avril incompétent pour juger une plainte pour détention arbitraire déposée par l'épouse du chef rebelle congolais Laurent Nkunda. Laurent Nkunda est en résidence surveillée au Rwanda depuis son arrestation le 22 janvier. "Tout ce que je sais, c'est qu'il est détenu ici à Gisenyi sous la garde de militaires rwandais et que le président du Congo (Joseph Kabila) réclame son extradition sans dire pourquoi et sur quelle base", a déclaré l'épouse du chef rebelle Tutsi congolais, Elysée Maheshe Nkunda.

    Tagged under Gouvernance Rwanda

  • Contributor | Gouvernance

    Le Togo vit un feuilleton digne des scénaristes hollywoodiens. L’arrestation du demi-frère de président Faure Gnassingbé embarrasse et divise. Les populations vivent cette affaire, partagées entre la peur, la résignation, voire l’indifférence. Autant dire un imbroglio politico-familial dont on ne connaît pas encore les conséquences sur la stabilité du pays. Ancien ministre de la Défense, Kpacha Gnassingbé a été arrêté pour “atteinte à la sureté de l’Etat”. Des tiraillements dans le bastion familial ne sont pas à écarter, avec de graves effets collatéraux

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  • Contributor | Gouvernance

    Une vingtaine de partis politiques de l'opposition bissau-guinéenne ont exprimé le 17 avril leur désapprobation vis-à- vis de la proposition de la CEDEAO d'envoyer des troupes de maintien de la paix en Guinée-Bissau. Le porte-parole de l'opposition, au sortir d'une réunion avec les responsables militaires à Bissau, a précisé que les partis politiques politiques vont rencontrer dès la semaine prochaine le Premier minsitre Carlos Gomes Junior pour lui exprimer leur désaccord et lui signifier "qu'il faut demander l'avis de toutes les forces vives de la nation avant toute décision".

  • Contributor | Gouvernance

    Le secrétaire général de l'ONU met en garde contre les conséquences néfastes qu'auraient un essoufflement du processus de paix et un nouveau report des élections en Côte d'Ivoire, dans un rapport publié le 20 avril. Malgré des "progrès considérables" réalisés dans les opérations d'identification et d'inscription sur les listes électorales, qui ont permis de recenser 5,9 millions de personnes, M. Ban estime "qu'il faut redonner un nouvel élan au processus électoral". Il appelle la Commission électorale indépendante à publier "sans plus tarder un calendrier réaliste et détaillé pour les élections, assortis d'objectifs d'étape clairement définis", afin de permettre la tenue des élections "avant la fin de cette année".

  • Contributor | Gouvernance

    Le parquet de Paris s’est opposé officiellement à l’ouverture d’une enquête sur le patrimoine immobilier en France de plusieurs chefs d’Etat africains, dont les présidents gabonais Omar Bongo et congolais Denis Sassou Nguesso. Dans un réquisitoire écrit versé au dossier et demandant un «refus d’informer», le procureur estime que les plaignants, les associations Transparence International France et Sherpa, ainsi que le citoyen gabonais Grégory Gbwa Mintsa, n’ont pas juridiquement qualité à agir. La plainte avec constitution de partie civile a été déposée en décembre dernier pour «recel de détournement de fonds publics».

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  • Contributor | Gouvernance

    Arrestations, interpellations, fouilles, vol de la mallette du chef de l'Etat, rumeurs sur la mise en place d’un nouveau gouvernement etc. Après 27 ans d’une gestion assez contestable des affaires de la cité, Paul Biya se retrouve maintenant dos au mur. Difficile en effet de se séparer des habitudes d’hier. L’opération dite Epervier qui vise à lutter contre la corruption et le détournement des fonds publics au Cameroun fait des victimes chaque semaine au Cameroun mais, ne comble pas toujours les attentes d’une partie de l’opinion public national qui pense nécessaire d’enquêter également sur les dépenses et recettes de la présidence de la République.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le gouvernement burkinabé s’est retrouvé avec la société civile, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers (PTF), le 20 avril pour faire une fois de plus le point des avancements et des difficultés et des ajustements à faire pour permettre d’endiguer le phénomène de la pauvreté. Les bons points pour le gouvernement proviennent des efforts fournis dans le cadre du pilotage stratégique de l’économie en 2008 dans un contexte de crise . Mais au niveau de l’accès aux services sociaux de base, la dégradation de la situation a attiré l’attention des bailleurs de fonds, entre autres points soulevés.

  • Contributor | Gouvernance

    Après des mois de grève larvée ayant perturbé les enseignements dans les lycées et collèges du Sénégal, les enseignants affiliés au CUSEMS, un des principaux syndicats du pays, ont sifflé le 22 avril la fin de leur mouvement de grève. Le gouvernement ayant respecté l’essentiel de ses engagements concernant la satisfaction de la plate-forme revendicative du cartel syndical, les leurs responsables ont suspendu leur mot d’ordre et décidé de remettre les notes d’évaluation des élèves, retenues alors en guise de moyen de rétorsion dans leur stratégie de lutte revendicative.

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  • Contributor | Gouvernance

    Refus de dialogue, saisie des médias de l’« opposition », répression violente des manifestants. Les événements qui secouent Madagascar depuis qu’Andry Rajoelina la dirige rappellent ceux qui avaient poussé le président déchu Marc Ravalomanana à quitter le pouvoir et fuir le pays… Le 20 avril, deux morts et une dizaine de blessés ont été relevés après des manifestations en faveur de ce dernier. Depuis plusieurs semaines, ses partisans battaient le pavé pour exiger son retour.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le Fonds monétaire international (FMI) a révisé, dans son rapport sur "Les perspectives de l’économie mondiale" publié le 22 avril, ses prévisions pour l’économie mondiale. Elles sont très pessimistes. Le monde devrait rentrer en 2009 dans une récession profonde avec un recul de son PIB de 1,3% cette année. L’Afrique ne sera pas épargnée. A plus de 5% en 2008, sa croissance économique devrait descendre à 2%. Une reprise est attendue en 2010, mais elle sera lente.

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  • Contributor | Gouvernance

    Les premiers résultats partiels donnent Jacob Zuma gagnant avec plus de 62% des voix pour son parti, l'ANC. L'homme a su user de son charme pour surmonter un passé trouble. Premier Zoulou à la tête du pays, il va désormais être jugé sur ses actes. Celui dont tous soupçonnent déjà qu'il sera le prochain président sud-africain doit faire oublier de nombreuses facettes de sa personnalité et de son passé.

  • Jusqu’à présent nous ne sommes pas encore assez informés sur la révolution verte et sur AGRA (Alliance for Green Revolution in Africa). . En tant que techniciens et producteurs, ces politiques internationales ne nous rassurent guère. Ce sont souvent des formes d’expérimentation qu’on développe et dont les échecs nous retombent dessus. Et tout cela me fait penser aux OGM. Aucune politique agricole ne peut faire le bonheur des Africains si elle ne repose pas sur une protection de l’environnement, si elle ne se développe pas en osmose avec celle-ci.

    Tout ce qui se dit autour de la révolution verte, alors que nous souffrons d’un déficit d’information doit pousser les organisations paysannes à se mobiliser davantage, à s’unir et à s’épauler pour agir ensemble de manière concertée et structuré. Au Burkina, par exemple, existent plus de dix organisations paysannes. C’est trop. Il faut des synergies plus efficaces pour renforcer les capacités, aller dans le sens de la professionnalisation, aider les paysans à mieux planifier, à savoir mettre l’accent sur des spéculations qui peuvent leur rapporter.

    Mais rien ne se fera de positif sans l’Etat. Les organisations paysannes ont besoin d’intrants, d’équipements, de facilités d’accès au crédit, etc. Faute de toute cela, nous serons toujours dans l’insécurité alimentaire. Faute de circuits de commercialisation efficaces et de prix incitatifs sur les marchés locaux, la situation ne changera pas non plus.

    * Sanou Issouf est coordonnateur des programmes Fédération nationale des organisations paysannes du Burkina Faso (FENOP)

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  • Le défi de la sécurité et de la souveraineté alimentaire n’est pas une utopie. Il y a un engagement paysan fort pour y parvenir. Reste à assurer l’accompagnement efficace qu’il faut cela passe, entre autres, par la réalisation de grands aménagements permettant une bonne maîtrise de l’eau, par l’utilisation d’engins adaptés l’exploitation de superficies importantes, par la mise à disposition de semences et d’intrants de qualité.

    Le monde paysan a aussi besoin de structures pour la transformation des produits à travers une chaîne de valeurs. Le développement agricole doit se faire par un passage à l’échelle. Il faut des circuits de stockage, de transformation et de commercialisation qui permettent l’écoulement de la production d’amont en aval, vers des marchés porteurs dont les paysans ne se limiteront plus à subir les tendances. Il s’agit donc de réfléchir en termes de jonction avec l’agro-industrie et l’agroalimentaire.

    Mais tout cela découle d’une planification qui dépasse la dimension nationale. Comme l’Europe a eu son Plan Marshall au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Afrique doit aussi penser à mettre en place un plan d’intervention globale, avec des passerelles qui garantissent des politiques durables et fiables. Au niveau de la sous-région ouest-africaine, par exemple, une politique agricole globale est en train de se mettre en place, pour marché de 250 millions à 300 millions de personnes. Si on applique les conventions de libre circulation des personnes et des biens et qu’on organise ce marché commun, on va se retrouver avec un important espace de développement.

    Cette approche endogène du développement agricole me paraît plus pertinente que d’avoir à se lancer dans ces initiatives comme la Révolution verte dont nous ne connaissons ni les tenants les aboutissants. Sauf qu’on a déjà vécu ces politiques qui ne sont que des éléphants blancs et imposent une nouvelle forme d’exploitation. Ce qui les intéresse les multinationales et les organisations qui cherchent à promouvoir cette approche, c’est le marché mais pas notre souveraineté alimentaire nationale et la sécurité alimentaire pour le paysan. Le paquet technologique et les OGM avec lesquels ils débarquent ne servent qu’à nous aliéner, à nous faire perdre le contrôle de nos systèmes et de nos moyens de production, finalement à nous asservir.

    L’avenir de la production agricole pour le développement est d’abord dans la disponibilité de semences locales en qualité et en quantité, mais aussi dans la promotion de l’exploitation familiale pour la souveraineté et la sécurité alimentaire.

    * Samba Guèye est président du Conseil national de concertation des ruraux (Cncr) du Sénégal

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  • Samba Mbaye | Gouvernance

    La souveraineté alimentaire ne découle pas de slogans. Il y a nombre de préalables à assurer. Une de ces priorités me paraît importante : c’est la recherche. Mais une recherche qui associe les paysans. Nous avons un savoir faire, nous connaissons notre environnement et nous avons une meilleure idée de nos contraintes et de nos besoins. Avec un monde paysan tenu à l’écart du travail que mènent les chercheurs faute d’articulations, certains résultats dorment dans les tiroirs. Or les innovations et les inventions n’ont aucune utilité tant que l’expérimentation n’a pas fait ses preuves au niveau des champs. On peut dire la même chose du transfert de technologie, faute de mécanismes articulés.

    Pour un développement agricole en Afrique, il est important de trouver des passerelles qui permettent d’exploiter le savoir-faire paysan et le coupler aux découvertes de la science moderne. Cette synergie doit reposer sur une volonté politique qui dépasse les simples programmes, surtout décrétés par l’Etat sans l’avis des producteurs. Depuis des années c’est ce à quoi on assiste au Sénégal, à la place des stratégies définies à long terme. Or, la sécurité alimentaire doit reposer sur une démarche sérieuse et concertée. Elle part de l’exploitation familiale qui est la cellule de base, le niveau de planification le plus bas. De là on peut réfléchir au niveau du village, puis des collectivités locales, de la région, avant d’atteindre la dimension pays.

    A chaque niveau d’élaboration de cette politique, des accompagnements sont nécessaires. Aussi bien dans la technicité que dans la technologie à mettre en place, en encore dans le conseil et le suivi. Aujourd’hui, le monde rural manque de conseils agricoles. Le Sénégal dispose d’une Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural. Mais que peut faire une seule structure quand elle est chargée de suivre une communauté rurale de plus de 100 villages ? Au regard de ces limites, notre Union des groupements paysans cherche à se prendre en charge. Cependant, une telle entreprise va au-delà de nos capacités. Rien que de poser de bons diagnostiques pour comprendre et accompagner la logique et les mécanismes de l’économie familiale prend du temps.

    L’Etat doit se pencher sur cet encadrement paysan pour le rendre efficient et efficace. Mais surtout le faire d’une manière qui tienne compte de nos intérêts et de nos réalités. A ce propos, une prise de conscience se développe dans le monde paysan. Nous devons attentifs et prudents par rapport à toutes ces initiatives qui tendent à nous replonger dans une forme nouvelle de recolonisation. Car c’est ainsi que nous percevons la révolution verte et l’intervention de toutes ces multinationales qui nous viennent avec leurs semences, leurs intrants et leurs Ogm. Nous comprenons les mécanismes de dépendance qu’elles veulent mettre en place.

    Aux semences venues d’ailleurs nous préférons les nôtres. Elles peuvent être performantes si leurs conditions d’exploitation sont améliorées. Nous sommes également pour une fertilisation basée sur l’organique. De même, nous souscrivons à des techniques de production qui n’épuisent pas nos ressources. Il est aussi important de noter que le développement du monde paysan repose aussi sur l’affermissement de la dynamique ville-campagne en matière de production. Il faut promouvoir les petites exploitations familiales dans une perspective qui leur permet de nourrir les centres urbains. Mais cela suppose un changement des comportements alimentaires. Dans les conditions actuelles de colonisation alimentaire qui font que nous mangeons du pain français au petit déjeuner alors que nous ne produisons pas du blé, et laissons de côté le couscous ou la bouille matinale, on ne peut parler de politique de développement agricole.

    * Samba Mbaye est animateur rural de l’Union des groupements paysans de Mékhé (UGPM), au Sénégal

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  • Les politiques agricoles que nous menons dans nos pays restent les mêmes que ceux héritées de la colonisation. Il nous faut créer une rupture. Il est temps de rompre avec la logique de pays fournisseurs de matières premières pour les industries des pays du Nord. Il est temps de produire pour se nourrir, dégager des surplus et être concurrentiel dans nos marchés. A défaut d’une telle réorientation des politiques agricoles, la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaires resteront un leurre en Afrique.

    Une politique agricole cohérente doit tenir compte de notre environnement. Elle doit reposer sur nos capacités à infiltrer les marchés intérieurs et les marchés sous régionaux. Mais elle doit aussi s’accompagner d’une politique d’éducation nutritionnelle de nos enfants, pour qu’ils reviennent à des valeurs de consommation que nous avons a perdues. Redonner sa place au mil, au sorgho, etc., dans l’alimentation permettrait de créer des marchés sur lesquels nous serons dominateurs, des marchés où nos producteurs pourront entrer en compétition avec leurs propres moyens et gagner le pari de la sécurité alimentaire.

    Des préalables sont cependant nécessaires pour mettre le paysan africain dans les conditions de mener le combat de la sécurité et de la souveraineté alimentaire. Le savoir-faire pour produire, nous l’avons. Ce qui nous manque, c’est la formation. Il nous manque aussi un environnement favorable qui reposerait sur une politique d’accès au crédit, aux semences, aux facteurs de productions et à la terre.

    Le monde n’est plus à une époque où le paysan africain doit continuer à utiliser la daba pour cultiver. Cela nous installe dans un cycle continu de forte natalité. Cultiver à la daba nécessite des bras. Dès lors, il faut faire des enfants pour entretenir les champs. La question est alors de savoir à quel moment on pourra arrêter d’en mettre au monde pour pouvoir les nourrir.

    Il faut également comprendre que le travail de la terre n’est pas un pis-aller. Ce n’est pas ce qui reste à faire quand on ne sait plus comment gagner sa vie. Etre paysan, c’est un métier. Le regard qu’on doit poser sur ce paysan est celui qu’on a pour un chef d’entreprise. C’est-à-dire, quelqu’un qui travaille pour améliorer sa production et gagner plus d’argent, dégager des surplus pour tendre vers la dimension industrielle. Cette option politique manque à nos Etats.

    Aujourd’hui, la question agricole, plus que tout autre, est une question de souveraineté. Les options venues d’ailleurs ne rejoignent pas toujours nos intérêts et il faut que nos gouvernants arrêtent de succomber aux effets de mode pour revenir à nos valeurs culturales. Il nous faut produire pour vivre d’abord, avant de penser à des cultures d’exportation. C’est nous qui avons faim, pas les autres.

    La Révolution verte va nous enfermer dans un piège d’où nous ne pourrons jamais nous dégager. Malheureusement, nous sommes déjà dans l’engrenage. Un cartel de producteurs de riz est en train de se former. Qu’est-ce que nous faisons ? Nous allons pour signer des contrats. Aujourd’hui, quand le Vietnam décide de ne plus livrer du riz sur le marché international, chacun de nos Etat se rue pour essayer de signer un contrat de garantie. Oublié le sorgho, oublié le manioc.

    Une des priorités actuelles, pour le monde paysan africain, est de faire une étude nutritionnelle sur le continent africain pour avoir une idée des priorités de consommation dans nos différents pays. Cette carte en main, nos pays pourront produire et échanger sans dépendre d’un marché international qui ne fait que nous enfermer dans la servitude.

    * Kouao Sylvain est Administrateur, chef de projet à l’Association nationale des organisations professionnelles agricoles de cote d’ivoire (ANOPACI)

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  • La 10e édition de la Foire internationale agricole et des ressources animales (FIARA) vient de se tenir à Dakar, du 9 au 19 avril. Ils ont été près de cinq cents participants, agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, guérisseurs traditionnels, venus d’Afrique de l’Ouest, à converger vers ce rendez-vous dont la dimension internationale se confirme de plus en plus. Au-delà de l’aspect commercial et de la mise en valeur des produits locaux, cette 10e FIARA a aussi été l’occasion d’échanges sur les politiques agricoles, avec un thème général portant sur la souveraineté alimentaire. Une question devenue centrale au moment où se met en place une Révolution verte, poussée par des institutions internationales et des multinationales, qui va changer les conditions et les finalités de la production agricole en Afrique.

    Pour plusieurs producteurs interrogés par Pambazuka News au cours de cette FIARA, le miracle paysan ne viendra pas de cette révolution verte, encore moins d’une quelconque autre politique conçue dans l’ignorance du savoir faire paysan et sans la mise en place d’un environnement porteur.

    Pour Kouao Sylvain, administrateur, chef de projet à l’Association nationale des organisations professionnelles agricoles de Côte d’Ivoire (ANOPACI), «La Révolution verte est nouvelle forme de servitude».

    Samba Mbaye, animateur rural de l’Union des groupements paysans de Mékhé (UGPM), au Sénégal, avertit : «La souveraineté alimentaire passe par le savoir-faire paysan»

    Samba Guèye, président du Conseil national de concertation des ruraux (CNCR) du Sénégal, fixe le cadre : «Un marché agricole africain est un début de souveraineté alimentaire».

    Sanou Issouf, coordonnateur des programmes Fédération nationale des organisations paysannes du Burkina Faso (FENOP), énonce un préalable : Les organisations paysannes ont besoin de s’unir

    Lalayssa Niaré, responsable commerciale de la Maison du Karité de Siby, au Mali, dénonce : «Nos Etats se sont beaucoup fourvoyés en matière de politique agricole».

    * Tidiane Kassé est le rédacteur en chef de l'édition française de Pambazuka News

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