Entamée le mardi 18 novembre dernier, l'opération d'enrôlement pour l'identification et le recensement électoral se poursuit à Bouaké. Et les responsables locaux du Rassemblement des Républicains sont aux anges. Près d'un mois après le début de l'opération, aucun fraudeur n'est véritablement épinglé alors que Bouaké est le centre d'expérimentation de graves fraudes sur l'identité, selon le journal pro-gouvernemental Notre Voie.
Tagged under GouvernanceLe choléra a fait près de 1.000 morts et continue de se propager au Zimbabwe, un pays frappé par une crise humanitaire, économique et politique sans précédent, selon un bilan établi par l'ONU, dont le Conseil de sécurité se réunissait le 14 décembre au grand dam de Harare. Face à cette situation catastrophique, le Conseil de sécurité pourraient mettre à l'ordre du jour le Zimbabwe sous la pression les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui ont réclamé la semaine dernière la démission du président Robert Mugabe.
Tagged under GouvernanceQuinze mille Mauritaniens réfugiés au Sénégal vont regagner leur pays d'ici le 30 juin 2009 et bénéficier d'habitats décents, a annoncé, le 13 décembre, le commissaire mauritanien aux Droits de l'homme, à l'Action humanitaire et aux Relations avec la société civile. Il a insisté sur la volonté de son pays à mettre fin à la situation des réfugiés et à améliorer leurs conditions de retour. Parmi ces améliorations, le commissaire a noté l'attribution de parcelles d'habitation pour chaque famille, la mise en oeuvre des programmes sociaux de base (eau, école, centres de santé, etc.), le financement des activités génératrices de revenu et la remise des actes d'état-civil.
Tagged under Gouvernance Senegal"La maîtrise de l'eau est un élément clé de la sécurité alimentaire", a déclaré le directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Jacques Diouf, à l'ouverture de la conférence de haut niveau sur "L'eau pour l'agriculture et l'énergie en Afrique : les défis du changement climatique" qui se tient jusqu'au 17 décembre 2008 à Syrte (Libye). Au cours de leurs travaux, les ministres et hauts fonctionnaires de 53 pays africains doivent examiner un programme pour une "Révolution bleue" utilisant au mieux les ressources en eau inexploitées de l'Afrique.
Tagged under GouvernanceLe Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est montré pessimiste sur une amélioration rapide de la situation politique et humanitaire au Zimbabwe, lors d'un exposé devant le Conseil de sécurité fait le 15 décembre. « Malgré les efforts des Nations Unies, je suis arrivé malheureusement à la conclusion que ni le gouvernement ni le médiateur ne souhaitent un rôle politique des Nations Unies, et il y a un espace limité pour mes bons offices. Cela restreint clairement notre capacité à aider à trouver des remèdes immédiats à cette crise », a estimé le Secrétaire général.
Tagged under GouvernanceL'opposition sénégalaise, réunie au sein du Front Siggil Sénégal, va présenter une liste unique aux prochaines élections locales. Les 19 partis concernés soulignent que leur initiative est ouverte à la Société civile, aux formations de l’opposition non-membres du Front et aux responsables locaux, qui pourraient être investis sur la liste. Les élections locales sont prévues en mars prochain.
Tagged under Gouvernance SenegalRésiliation en cascade des commandes, effondrement des exportations, des dizaines de milliers d'emplois perdus en perspective… Depuis quelques mois, les effets de la crise financière internationale s'abattent sur le bois africain. Pour les professionnels camerounais du bois, les effets dévastateurs de la crise financière internationale ne datent pas d'hier. Ils ont commencé à se faire sentir dès le premier semestre 2008 par des annulations de commandes. En quelques mois, ils ont gangrené toute la filière bois.
Tagged under GouvernanceA quelque trois mois des élections locales de mars 2009, les pouvoirs publics prennent des mesures draconiennes, pour assurer la sécurité tant à l’intérieur du Sénégal qu’au niveau de ses frontières. A l’origine de cette décision du gouvernement, des notes des renseignements généraux de Dakar qui affirment que le premier trimestre de l’année qui s’annonce est potentiellement dangereux pour le pays.
Tagged under Gouvernance SenegalUn approvisionnement en électricité adéquat est essentiel pour que l’Afrique poursuive sa croissance économique, mais il reste insuffisant en Afrique. En dépit des politiques de bas tarifs des gouvernements africains, environ 550 millions de personnes, presque 75 % de la population de l’Afrique subsaharienne, n’ont toujours pas l’électricité. En Afrique de l’Est en 2004, moins de 3 % des populations rurales et 32 % des citadins étaient raccordés à leur réseau national. Selon la Banque mondiale, seuls la Côte d’Ivoire et le Zimbabwe bénéficiaient d’une couverture supérieure à 70 %.
Tagged under GouvernanceVitres brisés, toits qui ont perdu toute étanchéité, des murs dégradés, des espaces uniquement verts de leurs herbes sauvages, entre autres signes d'un abandon qui ne dit pas son nom, pour une capitale politique et administrative d'un pays comme la Côte d'Ivoire, Yamoussoukro ne paie plus de mine. Village jadis destiné à devenir une ville futuriste, par la volonté de son Président de fils, Yamoussoukro semble aujourd'hui irrémédiablement condamné à connaître le sort des cités anciennes.
Tagged under Gouvernance Cote d’IvoireLe Front national pour la défense de la démocratie (FNDD), opposé au putsch du 6 août 2008 en Mauritanie, a réitéré le 14 décembre, par la voix de son président en exercice, son refus de participer aux états généraux sur la démocratie, prévus pour le 27 décembre. Pour celui-ci, toute participation à ces journées serait une « reconnaissance du coup d’Etat comme étant un fait accompli ». Il s’est dit confiant que les militaires au pouvoir sont « incapables de prendre des mesures sérieuses dans le sens du rétablissement de l’ordre constitutionnel ».
Tagged under GouvernanceLa Cour suprême du Nigeria a confirmé, le 12 décembre, l'élection du président Umaru Yar'Adua, rejetant les plaintes de ses deux principaux adversaires qui dénonçaient une fraude massive. L'élection s'est déroulée au mois d'avril 2007 et des observateurs locaux et étrangers ont eux aussi fait état de fraudes. Le jugement, largement attendu, met fin à plus d'un an et demi de procédures légales qui ont empêché Yar'Adua de remplir totalement ses fonctions et ont déconcerté les investisseurs étrangers.
Tagged under Gouvernance NigeriaLe gouvernement libyen prépare un projet de Constitution pour mettre de l'ordre dans les institutions de l'Etat, guidées depuis une quarantaine d'années par les seules théories socialistes du colonel Mouammar Kadhafi. Le gouvernement a formé un "comité juridique" pour l'examen d'un texte rédigé à l'initiative de la Fondation Kadhafi, présidée par le fils de Mouammar Kadhafi, Seif Al-Islam, en collaboration avec des experts européens et américains. Après le renversement en 1969 de la monarchie senoussite, le colonel Kadhafi avait aboli la Constitution de 1951 qui faisait de la Libye une monarchie constitutionnelle.
Tagged under GouvernanceNous, intellectuels africains sous-signés, sommes vivement préoccupés par les menaces d’une intervention militaire au Zimbabwe, en apparence au nom des Droits de l'homme et pour des buts humanitaires.
Nous reconnaissons entièrement l'impasse politique au Zimbabwe et la douleur prolongée qui en résulte pour ses populations. Pour cette profonde raison, nous apprécions l'initiative régionale prise par la Communauté des Etats d’Afrique australe (SADC) pour aider à faire sortir de cette impasse par des moyens politiques.
Nous sommes d'avis que le processus politique doit bénéficier d’un espace et d’une opportunité permettant d’arriver à une solution, de manière paisible et démocratique. Le processus politique est la seule manière de permettre au peuple du Zimbabwe d'arriver à une solution durable.
Nous condamnons l'utilisation de la violence pour court-circuiter le processus politique.
Nous invitons les acteurs politiques au Zimbabwe à chercher une solution qui ne soumette pas les populations aux souffrances qui peuvent découler de la violence.
Le devoir des Africains et des Etats est de faciliter ce processus dans l'esprit du panafricanisme comme acte de solidarité avec le peuple zimbabwéen.
L'expérience prouve que la conséquence inévitable d’une intervention militaire pour résoudre des conflits sociaux et politiques est d’aller vers des guerres sans fin, comme le démontre clairement la situation en République Démocratique du Congo et en Somalie.
Du fait de toutes ces interventions militaires, des millions de personnes ont souffert. Les femmes et les enfants sont les plus affectés. Les interventions militaires aggravent les crises politiques et socio-économiques et les antagonismes internes, avec des implications régionales profondément nuisibles et destructives.
Nous savons que les menaces d'intervention militaire viennent des puissances impérialistes et de leurs préposés africains. Leur conséquence sera une domination continue du continent africain, avec une déshumanisation de ses peuples. L'intervention militaire au Zimbabwe militarisera la totalité de l'Afrique australe.
En protestant contre les menaces d’une intervention militaire en Afrique, nous confirmons le droit des peuples africains à une vie paisible, à la justice sociale et à l'autodétermination, y compris le droit de résoudre nos propres problèmes par des moyens pacifiques.
* La pétition est signée par Professeurr Issa Shivji, Professeurr Samir Amin, Professeur Mahmood Mandani, Professeur sSam Moyo et plus de deux cents membres du CODESRIA
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Tagged under Gouvernance ZimbabweLes jeunes lieutenants Sarr Amadou, Sy Saïdou Daouda et Ba Seydi Amadou : exécutés le 6 décembre 1987 par le régime d’Ould Taya.?Disparus mais pas oubliés, assommés mais pas réfutés.?L´histoire retiendra les noms de ces premiers martyrs de la lutte de libération des noirs en Mauritanie.
Je veux dire ce chant dont la Mauritanie
Saura faire un drapeau contre son oppression.
Car refusant la peur et les compromissions,
Vous vous êtes dressés contre la tyrannie,
Et vous avez crié "Noire est la dignité"
Ils vous ont arrêtés, vous et vos compagnons,
Ils vous ont enchaînés, torturés sans remords.
Mais c'est à Oualata qu'est née notre espérance:
En vos jours et vos nuits qui n'étaient que souffrance,
En ces heures sans fin vous menant à la mort,
S'est forgée notre lutte et scellée notre union...
"Guèye Tene Youssouf", chantre du sol natal,
Et "Djigo Tapsirou", "Ba Alassane Oumar"
Et "Ba Abdoul Ghoudouss", vous reconnaissant Frères,
Fils d'une seule lutte et d'une même terre,
Ouolofs ou Soninkés, Maures ou Halpular,
Vous nous gardez unis: Keefo, Diappo, Dental...
Vous n'aviez pour linceul que douleur et torture,
Ils vous ont refusé deuil et cérémonie,
Vous n'avez pas de tombe où reposer vos coeurs.
Mais vous, fils du Tekrour, vous êtes les vainqueurs.
Car votre immense tombe est la Mauritanie
Et chacun de nos coeurs est votre sépulture.
Non, vous n'êtes pas morts, et votre heure est venue.
Non vous n'êtes pas morts, car de vos meurtrissures
Est né un arbre vert, une flamme a jailli.
Très peu -ayez pitié- parmi nous ont failli
Voulant l'argent pourri pour panser leurs blessures.
Tous les autres sont là, la lutte continue.
Frères, nous gagnerons: forts de nous souvenir,
Nous saurons maintenir la détermination
Qui fait les hommes libres, et qui les gardes sages.
Au delà du racisme, ils verront nos visages:
Au delà de leurs peurs, la réconciliation:
Justice et Paix pour tous, c'est là notre avenir.
Nous tous Mauritaniens, reconnaissons nous frères
Ils nous faudra bâtir un Monde plus humain
Où nous pardonnerons, sans jamais oublier,
Où nous partagerons mais sans jamais plier.
Un jour tous nos enfants se tiendront par la main,
Fils d'une seule lutte et d'une même terre.
La lutte continue !Kaaw Touré est chargé de la communication des Forces de libération africaine de Mauritanie
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Tagged under GouvernanceLa levée de boucliers en Occident, au sujet de la situation au Zimbabwe, qui a tout l'air tout l'air d'une "ronde des hyènes autour des cimetières", comme disait, le poète sénégalais David Diop, est analysée différemment par les journaux africains: «Le Potentiel» en RD Congo, "Le Pays du Burkina" et "Notre Voie" de la Côte d'Ivoire. Voici les passages significatifs dans une revue de presse de Radio France International du 10 décembre 2009. Les effets, et non les causes, servent sont souvent utilisés comme éléments d'analyse par beaucoup de nos "observateurs". Et c'est dommage !
La partie de bras de fer se poursuit entre les autorités zimbabwéennes et les pays occidentaux. Invité fermement à quitter le pouvoir par les Etats-Unis et l'Union européenne, Robert Mugabe a répliqué le 9 décembre, par la voix de son porte-parole. Comme le souligne Le Potentiel au Congo démocratique, «Mugabe a accusé les Etats-Unis et le Royaume-Uni de prévoir une invasion du Zimbabwe, rejetant avec véhémence les appels de la communauté internationale pour son départ. Par cette résistance, poursuit le quotidien congolais, Robert Mugabe adresse tacitement un message à la communauté internationale, prouvant qu'il est incontournable pour la recherche d'une paix durable au Zimbabwe.»
Pas la bonne méthode !
«Tous contre Mugabe », titre Le Pays au Burkina Faso. Le Pays qui s'interroge sur l'efficacité d'une telle mobilisation : «le bonheur du peuple zimbabwéen passe-t-il par la démission du président Mugabe ? Pour les Occidentaux et certains dirigeants africains, il n'y a pas de doute, c'est Mugabe qui est la cause de tous les malheurs du pays. (…)
L'Europe et les Etats-Unis ont durci le ton en renforçant les sanctions contre certains dignitaires du régime et en réclamant le départ immédiat de Mugabe. Mais est-ce la meilleure méthode pour régler à la fois la catastrophe sanitaire et la crise structurelle qui mine le pays ? », se demande le quotidien burkinabé.
Réponse : « on peut en douter parce que Robert Mugabe reste soutenu par une grande partie du peuple, il semble garder la confiance de l'armée et surtout il a la bénédiction des anciens combattants de la guerre d'indépendance. »
Et Le Pays d'enfoncer le clou : « Toute cette agitation a quelque chose de dangereux. Elle peut dans le meilleur des cas, amener Mugabe à se replier sur lui-même et, au pire, entraîner un affrontement généralisé, c'est-à-dire une guerre civile. Alors que veut-on finalement pour le Zimbabwe : le bien du pays dans la négociation ou la peau de Mugabe au prix d'un bain de sang ? », s'interroge encore le quotidien burkinabé.
Notre Voie, en Côte d'Ivoire, est beaucoup plus radical. Notre Voie qui qualifie la pression occidentale « d'appel au meurtre ». Pour le quotidien ivoirien, « il y a fort à parier que le départ de Mugabe dans les conditions envisagées par les Occidentaux entraînera le Zimbabwe dans une instabilité qui pourrait faire regretter les années.
Mugabe. Le cas de l'Irak est encore sous nos yeux, poursuit Notre Voie, et devrait incliner l'Occident à plus de prudence dans la démonstration de sa force destructrice. » Et le quotidien ivoirien d'ironiser : « mais malgré tout, si les Occidentaux veulent bien faire la preuve qu'ils aiment les Africains, plus que les dirigeants de ce continent, il leur est loisible d'installer par la force un Etat en Somalie (…). Ou encore de lever une armée pour aller mettre de l'ordre dans l'Est de la RDC. »
Ababacar Fall-Barros est membre du Groupe de Recherche et d’Initiative pour la Libération de l’Afrique
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Tagged under Gouvernance Zimbabwe« Depuis 20 ans, des gourous qui sont à la science ce que les sorciers sont à la médecine nous assènent des « vérités » dont les fondements empiriques sont quasi inexistants … » Christian Gomez, directeur de banque à Zurich, le Temps (31/10/2008).
« La crise actuelle … sonne le glas de l’ultralibéralisme, cette école de pensée criminelle fondée par Milton Friedman. » Michel Rocard, ancien premier ministre français, Le Monde (3/11/2008).
Chaque jour la crise financière nous apporte son lot de mauvaises nouvelles et aussi de bonnes analyses. Depuis quelques semaines, nous avons le privilège d’avoir accès à des commentaires et des réflexions d’une lucidité surprenante et rare sur les vraies raisons de la débâcle économique et sociale que vivent les pays développés actuellement.
La crise financière a commencé aux Etats-Unis dans les secteurs immobiliers et bancaires et ses conséquences économiques et sociales sont en train de métastaser de l’Amérique et l’Europe vers les autres pays de la planète. Mondialisation oblige.
Même l’ultralibéral américain le Professeur Francis Fukayama (qui jadis a su voir dans la chute du mur de Berlin « la fin même de l’Histoire ») aujourd’hui nous offre un diagnostic d’une brutale franchise. Dans un article paru dans le Newsweek (13/10/2008) intitulé « La Chute de l’Amérique S.A. », il explique : « Le moteur de la croissance mondiale, l’économie américaine, a déraillé et menace d’entraîner le reste du monde avec lui. Pire, le coupable est le modèle américain lui-même : sous le mantra de moins d’Etat, Washington a failli réguler de manière adéquate le secteur financier et par conséquent a causé des dégâts énormes à la société entière ».
Ayant vu ces mêmes mantras « made in Washington » produire les mêmes conséquences néfastes dans les pays d’Afrique dans les années 80, on est envahi par un sentiment du « déjà vu ». Il y a 25 ans, le mantra en vigueur à Washington s'appelait le « reaganisme » dont le symbole était le président Ronald Reagan, les gourous, les Friedman, Laffer et autres monétaristes et le contenu, le « laisser-fairisme » pur et dur. Les experts en développement de la Banque Mondiale et du FMI en tant que fidèles pratiquants du reaganisme se comportaient dès lors comme des missionnaires dévoués en Afrique et ailleurs.
Ainsi, ils concoctèrent sous prétexte de programme d’ajustement structurel, un mélange idéologique de monétarisme, de dérégulation du marché, de conditionnalités et du service de la dette pour l’administrer aux pays africains demandeurs de prêts bancaires. Des réductions massives dans les budgets de l’éducation et de la santé et la suppression de subventions alimentaires et agricoles (complètement dérisoires en comparaison avec les subventions accordées par l’Etat américain à ses agriculteurs), ont été exigées de façon non négociable. Ces mesures ont vite conduit à l’appauvrissement généralisé de l’ensemble des pays africains. ?
Ces réductions budgétaires ont provoqué les émeutes de la faim, les grèves et l’instabilité politique et sociale dans certains pays, à tel point qu’une nouvelle expression était née : « les émeutes FMI » pour décrire la réaction des citoyens de pays comme le Soudan, l’Egypte et le Nigéria qui protestaient contre l’augmentation des prix des denrées alimentaires et la dévaluation dramatique de leurs monnaies.
De multiples missions de soi-disant experts arrivaient de Washington avec des demandes impératives et invariables : la dévaluation immédiate de la monnaie locale, l’augmentation des prix des récoltes, la libéralisation des importations, la privatisation des marchés…etc. Cette même litanie dogmatique et impérative a été imposée à tous les pays africains sans exception et sans tenir compte des contextes spécifiques. Partout, les conséquences de cette pression ont été dramatiques, à savoir des enfants déscolarisés, des systèmes de santé fragilisés, une industrie locale naissante pratiquement paralysée et finalement, des populations encore plus appauvries.Partout où elles ont eu lieu, ces «émeutes FMI » ont connu la même réaction de la part des autorités locales : la répression. Certains chefs d’Etat des pays en voie de développement qui osaient résister aux exigences de Washington ont en subit des conséquences. Dans le cas par exemple de Michael Manley, Premier ministre de la Jamaïque à l’époque, il fut chassé du pouvoir. Le président Julius Nyéréré de la Tanzanie quant à lui, a été traité d’ignorant qui « ne connaissait rien en économie».
Il serait intéressant ici de rappeler l’exemple de la Tanzanie et de ses relations avec le FMI. En effet, dès août 1980, le FMI avait donné son accord pour une ligne de crédit de 200 millions de dollars. Cependant, les tractations ont continué pour plus de cinq ans et n’ont finalement pas abouti au respect de cet accord par le FMI. Pourtant, pendant toute cette période qui a coïncidé avec le dernier mandat présidentiel de Julius Nyéréré (1980-1985), le gouvernement tanzanien avait strictement respecté les exigences du FMI, à savoir deux dévaluations successives, le licenciement de 18 000 fonctionnaires, les réductions des subventions alimentaires, etc.
Il faut ajouter que pendant cette même période, les autres institutions et pays donateurs exigeaient l’imprimatur du FMI comme préalable pour libérer leurs propres allocations.
Par contre, un exemple de « deux poids deux mesures » montre comment le Zaïre a bénéficié de prêts importants de la Banque Mondiale pendant la même période. Le Président Mobutu, étant considéré comme un grand ami de Washington, était exonéré des conditions qu’on a imposées à la Tanzanie. En outre, la politique néfaste suivie par les pays donateurs et les institutions de Bretton Woods au sujet du service de la dette contraignait les pays africains à rembourser leurs dettes avant de s’occuper de leurs populations. ?
Les pays africains, au milieu des années 90, ont fini par exporter des centaines de millions de dollar aux pays riches, à la Banque Mondiale et au FMI; ce qui fut une véritable opération hémorragique, ou comme on dit à Washington, «un transfert négatif ». Ainsi, l’absurde lié au tragique faisait qu’en 1997, un pays comme le Mozambique (ruiné par 30 ans de guerre) consacrait 33% de ses revenus total pour le remboursement de la dette et seulement 3% pour l’éducation et la santé des mozambicains.
Aujourd’hui, en 2008, les mêmes mantras ultralibéraux sont venus hanter les travailleurs et les salariés des économies dites réelles. Ces populations se sentent spoliées par les mêmes théories « criminelles » et dépourvues de « fondement empirique » dont ont souffert les africains au cours de ces dernières années. Dans la crise actuelle, les leaders des pays riches ne peuvent pas ignorer que ce « transfert négatif » des ressources vers les riches de la part des pauvres résulte inéluctablement dans la souffrance de ces derniers et dans le rejet des idées fixes.
Devant l’ampleur de la catastrophe, les dirigeants politiques ne semblent pas savoir contrôler la décomposition d’un système de pensée jugé irremplaçable. La seule solution qu’ils offrent est de donner aux banques (par lesquelles le malheur est arrivé) des milliards de dollar provenant des contribuables.
En Tanzanie, nous avons un dicton qui dit : « Quand votre maison brûle et vous faites appel aux secours, faites attention à ne pas prendre les sorciers pour des pompiers ».
* Annar Cassam est ancienne collaboratrice du Président Nyéréré ?ancienne directrice, Bureau de l'UNESCO ?auprès de l'ONU, Genève.)
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Tagged under GouvernanceDirecteur exécutif de FEMNET, Norah Matovu-Winyi analyse les succès qui ont jalonné les vingt dernières années d’existence de l’organisation. Reconnaissant les mutations qui surviennent dans le domaine de la lutte pour les droits des femmes et le nombre croissant de groupes de la société civile qui sont impliqués, elle plaide pour un renforcement des liens à la base. Au-delà de la théorisation et des débats nécessaires sur les questions des droits des femmes, elle souligne le fort besoin qui existe pour plus d'action et d'implication des acteurs employés au niveau des communautés de base.
Tagged under GouvernanceArguant du fait que la crise financière globale courante était inévitable, Samir Amin met à l’index les oligopoles internationaux et le système capitaliste actuel qui a décroché la valeur des transactions financières de leur base de production, comme étant les causes premières de cette situation. Il réitère son idée du désenchaînement du système global et prône une confiscation du contrôle des ressources et des marchés par les oligopoles pour les mettre entre les mains des personnes.
Tagged under GouvernanceLe candidat du parti au pouvoir, Nana Akufo-Addo, est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle ghanéenne avec 49,13% des suffrages, contre 47,92% pour John Atta-Mills. La majorité absolue n’ayant pas été atteinte (il faut 50% des suffrages plus une voix), il y aura un second tour, le 28 décembre prochain. Les médias ghanéens attendaient un troisième homme, Papa Kwesi Nduom, du Parti de la convention du peuple, mais celui-ci n’a recueilli que 1,3 % des suffrages, selon la commission électorale. Il quitte donc la course à la présidence.
Tagged under Gouvernance Ghana
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