• Les autorités “compétentes” de l’administration dirigée par le gouvernement de José Eduardo dos Santos ont autorisé la démolition du Marché de Kinaxixe. En autorisant un tel fait, ce gouvernement a détruit un patrimoine africain hérité de la colonisation qui nous a co-engendré en tant que nation. Il a détruit et jeté à la poubelle une partie de la mémoire collective de la ville de Luanda et du pays. Un centre commercial moderne va être érigé à la place du Marché de Kinaxixe, par des personnes qui détiennent le pouvoir et/ou en sont clients.

    Avant le Marché de Kinaxixe, le Palais de D. Ana Joaquina avait déjà subi le même sort. Réagissant à ce délit, Lúcio Lara, député du MPLA, a apporté à l’Assemblée nationale un morceau des décombres de cet édifice. En protestant, il a pleuré comme les millions de victimes de cet acte. Un geste osé avec lequel [selon mon entendement] il a remis en cause le chef de son parti [le MPLA], du gouvernement et de l’État angolais, José Eduardo dos Santos.

    Si l’on tient compte de la grande concentration du pouvoir qui caractérise son mandat, ainsi que de l’énormité de cet agissement de la part de ses agents et de l’impunité totale dont ceux-ci ont bénéficié, cet acte ne peut pas lui être étranger.

    En outre, dans plusieurs bidonvilles, les maisons des pauvres ont été démolies. Leurs habitants ont été abandonnés dans les décombres de leurs maisons ou, sous la menace des armes de l’Etat, ont été jetés dans des dépotoirs de pauvreté comme ceux implantés par le gouvernement du MPLA à Calemba, Zango et Panguila, ces emblématiques quartiers endo-coloniaux pour « indigènes », paradoxalement construits en Angola après la « décolonisation ». Le chansonnier populaire auquel le MPLA a eu recours lors de la mobilisation populaire chantait : Nous avons été envoyés à l’étable comme si nous étions des bœufs>, alors que l’administration coloniale portugaise inaugurait cette façon d’agir à Luanda. Aujourd’hui, objectivement, le gouvernement du MPLA reproduit les agissement du colonialisme portugais. ?

    Ces dépotoirs – “post coloniaux” – de pauvreté sont la matérialisation du paradigme d’urbanisation des banlieues de notre capitale adopté par le gouvernement du MPLA. Ce sont des réceptacles de personnes issues de la majorité pauvre et exclue de la population de Luanda, expulsées de la ville, de l’État [des services et des revenus] pour que le gouvernement et des particuliers réalisent, dans les lieux qu’elles occupaient, des projets, y compris des « projets sociaux » où ces victimes d’une exclusion extrême n’ont pas de place. Ces quartiers pour « indigènes », construits après le colonialisme portugais, donnent corps à la phase planifiée de l’apartheid social, [économique, politique et culturel], avec lequel José Eduardo dos Santos engendre un régime endo-colonialiste en se servant de sa fonction de président du MPLA et de président de la République. ?

    L’intention manifestée publiquement, liée à des actes administratifs en phase d’exécution, indiquent que d’autres “espaces du peuple” et beaucoup de nos maisons seront démolies pour que d’autres particuliers se servent de nos espaces. Il y a suffisamment d’indices, tout particulièrement au niveau des revenus qui seront générés, pour faire croire que ceux qui seront servis sont ceux que la guerre n’a pas empêché d’accumuler des richesses pharaoniques, alors qu’elle a empêché de faire ce qu’il fallait pour le bien-être général.

    Nos espaces publics et privés sont en train d’être spoliés et utilisés, ou de devenir propriété privée pour la réalisation de projets dits à des « fins également publiques ». Nous savons tous, évidemment, que toute entreprise commerciale sert toujours le public, vend au public, etc. Mais est-ce que le « service public » de particuliers doit nécessairement être obtenu par la destruction du patrimoine collectif et par l’expulsion de tous les autres ?

    C’est publiquement connu qu’en Angola les entreprises d’État étant déjà privatisées, des lieux de la ville et d’autres patrimoines publiques ont été, ou sont objet de gestion ou d’appropriation par des particuliers après avoir subi les effets d’une « administration gouvernementale » négligente aux effets désastreux. Ceci au nom d’un prétendu « redressement » et de « l’intérêt de l’État », comme il a été souvent dit.

    Ainsi, les souhaits et les droits des membres de toute une société sont en train d’être annulés au bénéfice de la constitution du patrimoine et du remplissage de coffres de particuliers qui, de cette façon, s’imposent aux autres comme s’ils étaient les « propriétaires » de notre pays. Cette façon d’agir, vu la dimension qu’elle prend, place José Eduardo dos Santos, les agents et les clients du pouvoir, dans la condition de co-propriétaires d’un pays transformé en une immense « Ferme Angola ». Mais ce qui est étonnant c’est que la « Ferme Angola » continue à être référée par ses prédateurs comme étant un pays et un État de droit démocratique, avec l’approbation de la Communauté internationale.

    La Communauté internationale – pour qui les Droits de l’homme, l’État de droit et la démocratie sont essentiels au développement humain – reste muette face au fait endo-colonial qui s’agrandit en Angola chaque jour. Elle est devenue complice pour ne pas mettre en péril ses affaires avec la « Ferme Angola ». Elle n’a pas honte de cet agissement qui ne peut plus être dissimulé, comme le dévoilent les éloges faits à la gouvernance dont le chef du gouvernement du MPLA est destinataire. Tel a été le cas avec le Premier ministre portugais, José Socrates, à l’occasion de la Foire internationale de Luanda, la FILDA 2008. Mais pour ces représentants de la Communauté internationale «démocrate», au regard de la considération qu’ils ont réellement pour les questions humaines, tout est ou reste une question d’économie et de « développement ». Les justifications présentées par leur partenaire endo-colonialiste son alors « bien » comprises et dûment accueillies.

    Le développement local, construit avec et pour ceux qui vivent dans ces espaces, allié à la conservation des symboles de l’histoire du développement de la ville, de la configuration de son espace urbain, de son mobilier et de sa culture ancestraux, en tant que fondements de la culture angolaise, ne donnent pas de garanties ni ne génère des recettes pour la caisse des « chefes-de-posto1 » de la « démocratique économie de marché » angolaise en construction, en pleine réfection selon le modèle colonialiste. Au contraire, tel que l’indique sa destruction, il constitue une menace ou un frein aux facteurs du développement endo-colonialiste.

    Les valeurs et les espaces identitaires d’une société dominée représentent toujours une menace pour toute dictature. Ils gardent vivante la mémoire collective des communautés, ils maintiennent leur cohésion et ils préservent leur capacité de résistance. Dans le cas angolais, ces valeurs sont en train d’être effacées pour que nous soyons effacés en tant que citoyens et devenions un zéro dans le calcul général d’une économie politique qui nous réserve, à l’avenir, la place consolidée de serviteurs dociles d’une dictature endo-coloniale. Objectivement, le projet de société endo-coloniale reproduit en chacun de nous le monangabê2 colonial dont, de nos jours, aucun Jacinto – poète irrévérent – ne se satisfait, ni n’incite à la rébellion devant ce que cet état de choses est en passe de générer.

    A ce rythme, à l’avenir, notre mémoire ne retiendra que l’œuvre du chefe-de-posto José Eduardo dos Santos et du MPLA, « son » parti. Le MPLA est le premier et le principal otage de l’hégémonie personnelle que dos Santos exerce sur l’Etat et sur le pays. Nous courrons le risque d’arriver à une situation où les registres diront qu’avant lui il n’existait rien. Tout ce que nous serons en tant qu’êtres humains et en tant que pays, nous le devrons à la saga prédatrice des biens matériels et culturels de la communauté angolaise perpétrée par l’endo-colonialisme. Cette dernière n’est qu’une réédition du colonialisme qui l’a précédé. Nous aurons alors la perception que l’Angola est une invention de José Eduardo dos Santos. L’histoire l’enregistrera comme étant le démolisseur du patrimoine et de la mémoire collective de l’Angola et le bâtisseur des plus grandes fortunes du capitalisme angolais le plus réactionnaire, dont bénéficie une minuscule minorité de personnes.

    Le nom d’une certaine Isabel [comme celui de la sainte portugaise qui a fait le Miracle des roses, en transformant les pains en roses] survolera, indifférent à la souffrance « générale », le « paradis » capitaliste réactionnaire angolais. Tout près, à côté et/ou en dessous, dans l’enfer de la pauvreté angolaise, les enfants ont de moins en mois de pain ! Ils meurent massivement avant l’âge de cinq ans ; leurs parents ne vivent pas au-delà de quarante ans. C’est connu, n’est-ce pas ? Après une existence sans avoir été reconnu par l’Etat [sans même avoir eu une carte d’identité], ils sont enterrés dans des cimetières clandestins qui seront ensuite enfouis par des propriétés privées qui, dans certains cas, ne laissent même pas les morts reposer en paix. Par conséquent on peut conclure que ni pendant ni après leur vie ils n’ont eu une existence humaine. N’est-ce pas ?

    Tout indique que si nous laissons cette stratégie se mener jusqu’à ses dernières conséquences, une fois que notre mémoire collective nous aura été totalement arrachée, il ne restera de notre citoyenneté que son « écorce ». Nous ne serons alors, en tant que citoyens, que de simples enveloppes. Nous aurons été ainsi transformés par notre réduction, du point de vue politique, au statut de « citoyens en apparence », ce qu’en fait la majorité d’entre nous est déjà, dans le contexte politique actuel.

    Dans cet avenir sombre que laisse prévoir l’endo-colonialisme de José Eduardo dos Santos, notre essence citoyenne - qui de nos jours pose déjà problème – sera ce que pourra produire notre abandon dans des entrepôts de pauvreté et de décombres matériels et culturels, où [dans l’apartheid eduardin] notre citoyenneté s’affaiblira sous la surveillance des chimbas et autres sipaios3 qui utilisent contre nous les armes de « l’État » de la « Ferme Angola », devenue pays spolié à «des inutiles sauvages », devenue aussi otage sous la garde de la bande des collaborateurs de ce dictateur.

    Répondant à l’appel endo-colonialiste pour la réalisation de ce projet, des partenariats ont déjà été créés entre de compétents prédateurs étrangers et des prédateurs angolais, via la création de sociétés prétendument « nationalistes », avec des critères de co-propriété selon lesquels les agents économiques angolais détiennent plus de 50% du capital de la société. Citant un Angolais surnommé « le poète majeur », on peut dire que nous sommes effectivement devant le becqueter du corps africain inerte qu’il a dénoncé. La seule différence c’est que cette fois-ci la becquée a été autorisée et réalisée les yeux secs, sous la direction de José Eduardo dos Santos, l’héritier du sceptre du pouvoir du poète-médecin qui a été le premier président de l’Angola, Dr. Agostinho Neto.

    Si nous tous nous nous résignons, si nous nous laissons anesthésier par les miettes qui tombent de la table du palais du chefe-de-posto endo-colonial ou par la peur de lutter pour la liberté, ce pervers projet économique, politique et culturel endo-colonial qui est en train de structurer l’existence de l’Angola sera concrétisé comme une violation réussie, extrême et élaborée, de notre condition naturelle d’êtres [humains], libres et pourvus de droits, à peine formellement « respectés » dans la « démocratie » eduardine.

    Et alors, comme l’a dénoncé le chanteur angolais Dog Murras, l’Angola sera toujours un bon pays pour tout le monde sauf pour les Angolais. Comme je l’ai déjà dit et il n’est pas de trop de le répéter comme le démontre la complicité de la Communauté internationale [de toute façon, silencieuse, absente et/ou déjà complice aussi par agissement], la situation de l’homme angolais n’est pas la principale préoccupation des « démocrates humanistes » occidentaux. En effet, on ne voit pas une préoccupation se manifester sur ce sujet, de la part des États du Nord occidental « plus développé » représentés en Angola.

    Cependant, au niveau du discours et des normes nationales et internationales, avec des répercussions sur leurs dispositifs juridiques, ces États sont les champions mondiaux des Droits de l’homme. Comment comprendre cette incongruité entre la pratique et la norme juridico-politique à laquelle ils doivent se soumettre ?

    La situation des Droits de l’homme en Angola n’est pas une préoccupation des États européens et de la Commission européenne [représentée en Angola par sa Délégation], dont les agents et les investisseurs dans l’économie endo-coloniale eduardine [tels que des « mendiants aveugles de la rue », pliés par le besoin d’obtenir la générosité du chefe-de-posto Dos Santos] ne prennent position qu’en fonction de leur appétit pour le pétrole, l’expansion de leurs marchés et l’exploitation d’autres ressources naturelles de notre pays, tels que le diamant et autres minerais, qui, après la guerre, sont redevenus accessibles comme au temps de la colonisation.

    Ils ne voient l’Angola que comme un el dorado, où ils peuvent facilement réaliser des richesses, au lieu de, et avant tout, la percevoir comme un espace d’êtres humains semblables à eux. Ils ne nous voient pas comme des êtres qui leur ressemblent, dotés d’une sensibilité et de ce fait capables de souffrir et d’avoir du plaisir à vivre, possédant des faiblesses qui les font faillir, mais aussi des potentialités pour se développer.

    Face au regard silencieux de la Communauté internationale, nous sommes en train de subir l’assaut pour la conquête du marché par des agents ou des clients d’un pouvoir qui est exercé dans une promiscuité avec des affaires privées. C’est inauguration d’un conflit en Angola qui peut évoluer vers une nouvelle guerre civile, indésirable à tous points de vue. Par conséquent, ceci n’est pas un souhait. Ce n’est qu’une lecture de la réalité des faits, que nous présentons ici en guise d’alerte. Parler de guerre sera certainement considéré par beaucoup comme une exagération, car jusqu’à présent ce conflit est perçu, de façon erronnée comme étant pacifique. Cependant, dans ce conflit, des armes ont déjà été utilisées.

    Cette guerre a déjà des morts et des blessés. Seul celui qui n’a pas encore compris ce conflit dans sa forme réelle et la menace potentielle qu’il constitue pour la paix, peut minimiser cette alerte. Tout particulièrement, minimisera ce conflit celui qui est désinformé et/ou perturbé par les registres de la galopante croissance économique angolaise et par la méconnaissance des rituels de la « démocratie » [pratiqués (ndt)], qui définissent le contexte angolais comme étant une farce de démocratie. Cependant, à plusieurs reprises, la conquête du marché a déjà été tachée par la privation abusive de liberté, par des coups de bâton et même par le sang de beaucoup de citoyennes et de citoyens. Jusqu’à présent nous n’avons enregistré que le sang versé par des victimes de l’assaut sur la terre urbaine et sub-urbaine de Luanda.

    La Guerre de la Terre, initiée en Angola par la spoliation des terres, est dénoncée par des organisations de la société civile, elles-mêmes ignorées et poursuivies par les institutions nationales, celles-ci étant soutenues par une attitude minimaliste de la Communauté internationale. C’est ce que je pense sur ce qui est en train d’arriver. Car, jusqu’à présent, dans cette guerre, seuls ceux qui détiennent le pouvoir, leurs agents et leurs clients, utilisent la violence. Ils utilisent l’autorité, les armes de l’Etat et les entreprises de sécurité privées contre le peuple qu’ils expulsent de ses espaces. D’ailleurs, des membres du personnel des Nations Unies et d’ONG européennes ont déjà été témoins de ces faits et les ont rendus publiques. Que veut-on obliger le peuple à faire pour que son cri de secours soit entendu et suscite une action adéquate pour garantir le respect de ses droits ?

    Heureusement que jusqu’à présent, en défense des victimes, on n’a eu recours qu’à la dénonciation de l’accaparement des terres. Une dénonciation qui reste pacifique et publique, menée en accord avec les dispositions de la Loi angolaise et des normes internationales et adressée aux entités nationales et internationales. Malgré cette dénonciation, les agents qui accaparent les terres bénéficient d’une totale impunité en Angola et à l’étranger, où beaucoup de violeurs (des Droits de l’homme, ndt) se promènent en toute dignité, comme si un mérité était attaché à cela. Par contre, l’accès à la justice est interdit aux victimes, alors qu’elles en ont besoin.

    Ce sont là les faits qui caractérisent l’accaparement de la terre en Angola. Quels que soient les jugements qui en découlent, ces faits ne changent pas et ne peuvent être traités que par des organes judiciaires autonomes et impartiaux pour que les victimes puissent bénéficier de la justice qui leur fait défaut.

    Ce conflit qui se développe est, à grande échelle, une conséquence des résultats de la guerre civile précédente entre les « mouvements de libération », inaugurée dans les années soixante pour l’emprise sur l’État et menée alors essentiellement par le MPLA et le FNLA. C’est le MPLA qui a réussi à s’emparer du pouvoir en 1975, dont la violence [interrompue à l’occasion de plusieurs trêves après la fin de la guerre froide] ne s’est arrêtée qu’en 2002, avec la victoire militaire du MPLA sur l’UNITA. Le FNLA s’était retiré de la guerre dans les années quatre-vingt, quand l’UNITA est devenue le principal opposant politico-militaire du MPLA. En effet, depuis la fin de cette guerre (mais aussi pendant sa phase finale), tant le pouvoir politique que les biens publiques sont utilisés comme des butins de guerre aux mains des vainqueurs pour la création de richesse privée. Ce qui est en train d’engendrer le conflit généré par l’assaut vers le marché et vers la terre.

    Il est important et pertinent de rappeler ici que la guerre civile entre Angolais a été initiée et poursuivie au nom de la « légitimité » idéologique d’une « révolution » générée par le MPLA. Une «révolution » qui appelait la fin du capitalisme en Angola et l’éradication de la domination impérialiste occidentale en Afrique.

    Cependant, compte tenu de l’actuelle insertion économique et politique des dirigeants du MPLA, aux antipodes des postulats de ce processus révolutionnaire, cette « révolution » n’a pratiquement servi qu’à la création d’un parti-État super puissant, garant de l’absolutisme conquis. Et seule, dans une certaine mesure, la nécessité de fabriquer une farce « démocratique » pour sa préservation arrive à le mitiger.

    Cette « révolution » a été aussi jetée à la poubelle de notre histoire, trahie par les ex « révolutionnaires » qui, eux mêmes, l’avaient imposée et continuent à imposer l’hégémonie du MPLA sur l’Administration de l’Etat. Cette hégémonie, héritage de la dictature du monopartisme constitutionnel du MPLA, est l’élément clé du maintien au pouvoir, dont les ex « révolutionnaires » [maintenant des capitalistes réactionnaires – « opprobre » que le MPLA utilisait pour désigner les capitalistes] auraient déjà du s’être débarrassés en la jetant à la poubelle de l’histoire, comme il l’ont fait avec la « révolution » qui l’a installée. Mais le parti-État n’est plus constitutionnel depuis 1991. Où en sommes-nous alors ?

    Dans un absolutisme « révolutionnaire » mitigé par une « démocratie », ou dans une démocratie avec un Etat de droit de fait, formellement institué ? Qui peut décider de la mise en place de cet Etat de droit et comment ?

    A ce rythme [tant au niveau national qu’au niveau international], il me paraît qu’une réorientation de la politique angolaise vers une situation qui freine vraiment l’évolution de l’endo-colonialisme en Angola ne peut avoir lieu que quand un autre février inscrira les noms de nouveaux héros dans l’histoire de la libération de l’Angola. Malheureusement, sur cela j’ai des doutes.

    Sincèrement, je manifeste ce doute parce que, jusqu’à présent, l’impression que j’ai c’est que les protestations honnêtes et pacifiques des communautés lésées, associées à nos protestations ainsi qu’à celles d’entités non gouvernementales internationales, n’ont pas servi à grand chose. Par ailleurs, l’expérience – de ceux à qui le pouvoir de José Eduardo dos Santos accorde plus importance qu’à nous – nous a appris qu’il nous servira moins encore, après chaque nouveau coup, de continuer à apporter à l’Assemblée nationale, de façon angélique [comme l’a fait le député du MPLA, Lúcio Lara] « des morceaux de nous mêmes démolis et de les mouiller avec nos larmes » dans cette cathédrale de production d’apparences qui créent la fantaisie de la « démocratie angolaise pour montrer et plaire aux autres ».

    M. dos Santos, lui même, a contribué directement à la fin de nos illusions quand [ tout en étant au moins honnête envers sa personne, même s’il montre qu’il ne se soumet pas à la loi] il a dit aux Angolaises, aux Angolais et au reste du monde que la démocratie et les droits de l’homme ne nourrissent pas quiconque. Cependant, il faut reconnaître que le régime endo-colonial, que dos Santos est en train de mettre en place, non seulement n’est pas une vue de l’esprit, mais ses incidences et revenus révèlent la cohérence de la pensée de José Eduardo dos Santos avec la pratique de ce régime.

    A ce stade de l’oppression endo-coloniale, il ne nous reste qu’à rappeler à M. dos Santos – chefe-de-posto de la « Ferme Angola » - et à tous ses serviteurs et clients, que celui qui sème le vent récolte la tempête. Cependant, c’est aussi avec ma plus profonde conviction que j’exprime ici mon souhait que cette récolte ait lieu dans un septembre d’électeurs plutôt que dans un février de héros. Toutefois il me paraît que c’est la deuxième hypothèse que la gouvernance prédatrice de M. dos Santos semble semer. Après les élections législatives du 5 septembre 2008, il n’y a plus d’indicateurs sur l’avenir qui nous est réservé. Il nous faut de la patience, de la lucidité dans la perception de l’évolution du contexte, de l’intelligence et de la fermeté dans la prise de positions pour que nous puissions effectivement nous libérer avec l’urgence qui s’impose. ?

    * Luiz Araujo est le Directeur SOS Habitat, une ONG angolaise. ? ?

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  • Tim Wise | Gouvernance

    Le 5 novembre, au lendemain de la victoire historique de Barack Obama à l’élection présidentielle américaine, Tim Wise s’élève contre ceux qui, de manière cynique, tentent de réduire la valeur significative de cette victoire. Soutenant qu’il est vain et erroné de ne pas reconnaître la signification de l'élection d’Obama et les différences entre les candidats démocrates et républicains, Wise argue du fait que l'élan produit par sa victoire devrait servir de moteur puissant derrière un mouvement véritable pour accroître l'égalité raciale et sociale aux Etats Unis.

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  • S'il y a une intervention qui a marqué et suscité beaucoup de commentaires des participants, lors de la 5e conférence Internationale de la Via Campesina, organisée à Maputo du 19 au 23 Octobre 2008 c'est bien celle du président d'honneur du Réseau d'Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles de l'Afrique de l'Ouest (ROPPA), M. Mamadou Sissoko, l'un des pères fondateurs de la Via Campesina-Afrique . Contrairement aux autres intervenants qui pensent que les seuls ennemis des paysans sont les multinationales, le président du ROPPA a, dans son exposé sur le thème "Agriculture et luttes paysannes en Afrique", pointé un doigt accusateur sur les dirigeants africains qui selon lui, sont les principaux fossoyeurs de l'agriculture et des luttes paysannes en Afrique.

    A l'avènement des indépendances en Afrique, 90% des cadres qui ont pris le pouvoir étaient des fils de paysans ; mais ils ont trahi leurs peuples pour construire une bourgeoisie, a rappelé le président du ROPPA. "C'est pourquoi on ne doit pas être surpris de voir ce qui se passe aujourd'hui, et ce qui va se passer encore dans le temps", a-t-il ajouté. Comment comprendre que la Guinée de Sékou Touré, qui était une référence en Afrique, ait donné, comme résultat, un pouvoir dictatorial qui a bloqué et exploité le peuple ? Comment comprendre que le Zimbabwe, qui a été un levier des luttes d’indépendance, soit aujourd'hui plongé dans une crise sans précédent ? Telles sont, entre autres, les questions que le Président du ROPPA s'est posées, avant de fustiger l'administration politique des activités rurales.

    A l'en croire, pendant 20 ans, les paysans ont produit de la richesse que les politiques ont détournées pour aller construire des villes qui ne produisent pas. A cela s'ajoute la liberté des marchés aux importations, donc la perte de l'espoir en milieu rural. Qui est alors responsable du retard qu'accusent les paysans africains ? Et Mamadou Sissoko, de répondre : "Certainement pas les multinationales, non ! Les multinationales sont venues après. La première faute, c'est la trahison des dirigeants africains. Après, ce sont les paysans eux-mêmes qui n'ont pas compris que leur survie dépend en grande partie de leur responsabilité, et qu'ils doivent se mobiliser pour dire non. Et les multinationales d'aggraver le reste".
    Tous ces facteurs, joints aux calamités naturelles et aux fameux endettements, ne sont-ils pas à la base de l'organisation des paysans ? En tout cas, le président du ROPPA ne dira pas le contraire, car selon lui, les choses ont beaucoup changé avec la création de nombreuses organisations paysannes. A cet effet, "les paysans doivent s'organiser à partir de ce qu'ils savent et de ce qu'ils peuvent", a-t-il indiqué. Toujours selon lui, il faut que les paysans comprennent que leurs reférences ne viendront pas d'ailleurs, et que les fondements de la lutte en Afrique doivent provenir des valeurs et de l'histoire de leur peuple. C'est avec ce combat de solidarité que l'Afrique aura sa place dans l'histoire du mouvement paysan. "C'est d'ailleurs pourquoi le mouvement paysan africain est parti sur la base de l'exploitation familiale, qui est le coeur de référence de la force", s'est-il réjoui.

    Et le président du ROPPA, de marteler : "Nous sommes en train de créer aujourd'hui le Réseau des Paysans, pour qu'avec d'autres organisations nous puissions mettre l'Europe devant ses responsabilités, dans les accords de Cotonou". Et de conclure : "Nos ennemis ne sont pas les multinationales ; nos ennemis, ce sont nos députés, nos chefs d'Etat qui se sont accaparés d'autant de richesse que les colons... Pour preuve, les dirigeants africains ont des milliards dans les banques en Occident".

    Selon le président de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali (CNOP), M. Ibrahima Coulibaly, la participation africaine dans la Via Campesina a connu une évolution positive, lors de cette 5e conférence à Maputo. Et pour cause : lors de la conférence au Brésil, il y a quatre ans, l'Afrique était représentée par seulement trois organisations membres. Aujourd'hui, elles douze organisations africaines membres de la Via Campesina. C'est ce qui a surtout motivé la répartition de l'Afrique en deux régions : une première dont le siège se trouve à Maputo, et une deuxième dont le siège sera basé au Mali.

    Il est aussi important, c'est que cette 5e conférence Internationale de la Via Campesina au Mozambique ait été l'occasion, pour les participants africains, de renforcer leurs capacités, notamment par rapport à l'analyse de la situation actuelle des crises (alimentaire, financière et énergétique), fera savoir M. Ibrahima Coulibaly.

    * Moussa Touré était l’envoyé spécial du journal Le Soir de Bamako à la 5e conférence de Via Campesina, à Maputo

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  • Depuis l’événement du 30 juin 1960, il y a eu une constante par rapport au Congo : il fallait coûte que coûte en finir avec toute velléité d’indépendance réelle. Patrice Emery Lumumba (Premier ministre) a incarné la fidélité à cet événement. Une fidélité qui ne se lit pas seulement dans ses discours, ses appels à l’unité, sa lettre/testament à son épouse et à ses enfants, mais aussi et jusque dans les derniers jours et moments de sa vie. La force de cette fidélité fut telle que les assassins, après l’avoir enterré, l’ont déterré pour dissoudre ses restes dans un bain d’acide sulfurique.

    La rage d’en finir avec Lumumba et surtout avec ses idées s’est poursuivie sans relâche depuis les premiers projets (qui datent d’avant le 30 juin 1960) de sa mise à l’écart. En observant l’histoire de la RD Congo jusqu’à ces dernières années, il est difficile de ne pas se demander si la rage d’en finir avec Lumumba ne s’est pas transformée en rage d’en finir avec la RDC : dépecer le pays comme cela fut fait avec le corps de Lumumba. Ce n’est pas seulement à cause de ses richesses, cela tient aussi à une dynamique et à une vision de l’humanité et de son histoire qui a pu et qui peut être vérifiée en regardant au-delà des frontières de la RD Congo, de ses voisins.

    En Europe, un des exemples les plus frappant de cette volonté d’en finir avec des histoires qui dérangent s’est vue dans le démantèlement de la Yougoslavie. En outre, là où il y a eu des génocides, certifiés ou non, on observe la même rage d’en finir avec la mémoire de ces moments où l’humanité fut transgressée. A chacun de faire sa liste. Visiblement, l’effet cumulatif des transgressions ne fait qu’accroître la rage d’ « en finir avec ». Que ce soit sur courte ou longue durée, dans l’espace et dans le temps.

    Ce qui se passe en RDC aujourd’hui, en particulier, mais pas seulement dans sa partie orientale, est une continuation d’une histoire qui a commencé, au moins depuis sa « découverte » par les Européens, au 15ème siècle, avec la course aux ressources, en l’occurrence, les esclaves. Cette course aux ressources se poursuit aujourd’hui d’une manière encore plus frénétique : pour une force de travail toujours meilleur marché, corvéable à merci par ceux qui, comme du temps du marché des esclaves, se sont enrichis en servant d’intermédiaires pour ce qui fut un crime contre l’humanité. Serait-ce excessif de se demander s’il y a vraiment eu abolition de l’esclavage, lorsqu’on observe ce qui se déploie aujourd’hui comme une modernisation de la logique inaugurale?

    La logique d’une humanité une et indivisible ne devrait-elle pas amener à poser la question de savoir s’il ne serait pas temps de se défaire de la mentalité accrochée à un système de penser, de vivre qui divise le monde entre l’humanité et ceux qui la dépècent petit à petit et la dissolvent en la lobotomisant. Quitte, ensuite, comme aujourd’hui, à monter des machines humanitaires pour dissimuler l’impact d’un système prédateur qui cherche à gommer ses lointaines origines génocidaires.

    Avant Lumumba, il y a eu la figure héroïque de Kimpa Vita qui fut brûlée sur le bûcher, accusée par des missionnaires capucins d’être une hérétique. Cela s’est passé le 2 juillet 1706. Aux yeux des missionnaires et du Roi du Kongo, le crime de Kimpa Vita fut de dire aux autorités du Bakongo, et aux missionnaires conseillers/consultants du roi, qu’il était inacceptable de laisser la Traite négrière se poursuivre dans l’impunité. Saura-t-on jamais si elle a parlé de crime contre l’humanité ? La recherche de cette reconnaissance du crime et l’opposition farouche se jouent tous les jours, comme on a pu le voir récemment dans Le Monde où l’historien Pierre Nora et Anne Taubira (Loi Taubira reconnaissant l’esclavage comme Crime contre l’Humanité) ont illustré à la fois l’ampleur de l’enjeu et la nécessaire hauteur à prendre si l’histoire de l’Humanité sera contée à partir d’elle comme un tout, et non à partir d’une de ses parties (ou de ses avocats), aussi puissante soit-elle.

    Ce qui se passe aujourd’hui dans l’est de la RDC est rapporté et relativement bien connu. Le problème n’est pas dans l’inventaire ou même dans l’analyse (sélectionnée) des faits. Une histoire qui présenterait tous les faits dans la plus grande fidélité, et sans apparence de parti-pris, laisserait encore les gens se demander d’où vient cette dynamique ou mentalité qui, au fil d’une douzaine de guerres depuis l’Indépendance, semble déterminée à en finir avec le pays comme Etat, comme Nation et même comme société. Tout dernièrement, des philosophes congolais cherchaient des explications (voir les échanges dans le journal Le Potentiel). Cependant il semble que quelle que soit la sophistication des argumentaires avancés, ils ne feront pas le poids face aux forces déterminées, coûte que coûte, à en finir avec un pays qui a connu et qui connaît encore des figures fidèles à l’Humanité, fidèles au principe de vie.

    Depuis la « découverte » d’Hispaniola (aujourd’hui divisée entre la République Dominicaine et Haiti) par Christophe Colomb, et la disparition des populations Amérindiennes, s’est installée une logique de conter l’histoire de l’humanité fondée sur le recours à la violence et à la terreur, souvent décrite comme guerre de pacification. Dans la région des Grands Lacs, cette logique de la voix des armes prime sur tout. Depuis 1994, il y a eu refus de régler la question du génocide en dehors du paradigme de la vengeance. Cette difficulté vient en grande partie de la faillite de deux modèles qui, en apparence, n’ont aucun point en commun, mais qui, dans la réalité de l’histoire de l’humanité, sont profondément liés : Le tribunal de Nüremberg (1945) et la Commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud, mise en place à la fin de l’Apartheid et présidée par Desmond Tutu.

    Les décisions prises à Nüremberg ne pouvaient mener à une réconciliation de l’humanité avec elle-même car, avec Hiroshima et Nagasaki, on assista à la modernisation (comme l’avait intimé Dwight McDonald en septembre 1945) de ce qui s’était passé à Auschwitz, Dachau, Treblinka, etc. Si l’on se met à la hauteur de l’histoire de l’Humanité, de sa convocation, de ses exigences, il devrait être possible de distinguer la double trajectoire consciente et inconsciente, ainsi que la trame qui connecte les deux. Les acteurs conscients, qu’il s’agisse des dirigeants des Etats de la Région des Grands Lacs, des dirigeants de groupes armés, des institutions internationales (ONU, EU, UA) sont-ils conscients de la logique unique qui les lie à ceux, par exemple, qui, consciemment, ont voulu en finir avec les femmes en tant que femmes dans le Sud Kivu ? Nommé féminicide par certains, ce crime est difficilement mesurable à l’échelle des transgressions contre l’Humanité. Là aussi il s’agissait, pour les auteurs, d’en finir avec.

    L’illustration la plus atroce de l’échec de la Commission de Vérité et de Réconciliation fut l’explosion des Sud Africains les plus pauvres qui voulaient « en finir avec » les étrangers les plus pauvres (mai 2008). Etrangers, faut-il l’ajouter, qui venaient de pays qui avaient soutenu les Sud-Africains dans la lutte contre l’apartheid. L’histoire de l’Humanité n’est pas différente de la Nature : tout est enregistré et tout se répercute, tôt ou tard. Que ce soient des crimes contre les plus délaissés ou des crimes contre ceux qui se considèrent comme intouchables ou qui estiment que leur souffrance doit compter plus que la souffrance des plus misérables, pygmées, sans-papiers, immigrants, handicapés, etc.

    « En finir avec » vise non seulement à tuer, mais aussi à effacer toute possibilité physique de reconstituer les principes de vie, de liberté, d’égalité et de fraternité. L’ « en finir avec » a eu pour résultat, entre autres, et patent aujourd’hui, la visibilité de la destruction de la Planète, mais aussi la destruction de l’Humanité par, entre autres, l’humanitarisme. Face à ces assauts constants d’en finir avec, chacun cherche à se protéger en se mettant sous la protection humanitaire même s’il faut, en même temps, oublier les appels à la solidarité de l’humanité. L’humanitarisme est le mode charitable d’intervention inventé par les défendeurs à outrance de la liberté économique pour adoucir l’en finir avec ceux et celles dont la présence continuent de déranger leur conscience. Les survivants des génocides certifiés ou non l’ont dit de différentes façons, mais clairement : On a parfois l’impression qu’on nous aurait préféré morts, disparus.

    Ce qui se passe au Kivu n’est pas unique au Kivu, l’ « en finir avec» qui s’y manifeste et qui vise la fin d’un Etat est, au bout du compte, un « en finir avec » l’humanité. Mais pour être conscient de l’envergure du défi et de l’exemplarité de la réponse à donner, il faudrait comprendre que l’histoire d’ « en finir avec » inclut les Africains qui, à Haiti, de 1791 à 1804 ont dit, avec un autre vocabulaire, l’inhumanité de l’esclavage. Cependant, dans la logique des « découvreurs », un Africain enchaîné qui se libère de soi-même, recouvrant sa liberté, devait absolument être écrasé, sans relâche. L’en finir avec Haiti s’est poursuivi pendant plus de deux siècles. Il faut s’attendre que l’en finir avec la RDC se poursuive. L’exigence d’en finir avec ce possible de recouvrement de liberté, de vie, est renforcée par la peur, dans la tête de ceux qui veulent en finir avec la liberté et la vie, de ce qu’un tel exemple pourrait inspirer.

    Malgré le statut de Patrice Lumumba comme héro national, tout fut fait, depuis sa disparition, pour le présenter comme quelqu’un qui fait peur. Nous entendons souvent parler des millions de mort depuis la guerre de 1997. Il le faut. Mais pourquoi oublie-t-on d’autres victimes ? Par exemple, le contage de ceux et celles qui furent les victimes, mortes, torturées, emprisonnées, de la chasse aux lumumbistes durant le régime mobutiste, n’a, à ma connaissance, jamais été fait. A ceux qui douterait de l’ampleur de cet « en finir avec » les lumumbistes, il suffira de lire les ouvrages écrits par des mercenaires comme Mike Hoare ou d’écouter le mercenaire Müller (ancien SS nazi) expliquer, en souriant, comment il ne pouvait pas se rappeler combien de Congolais il avait tué car on lui avait dit d’éliminer tout ce qui bougeait dans les zones où il opérait.

    L’histoire d’ « en finir avec » est très longue et loin d’être rectiligne. Outre les contradictions propres qu’elle produit, elle rencontre des résistances passives et actives, de l’intérieur et de l’extérieur de sa propre logique meurtrière. Le défi de comment mettre fin à l’ « en finir avec » appartient à tout le monde. A ceux qui se croiraient mieux doués que d’autres pour y répondre, il faudrait souhaiter qu’ils résistent à cette tentation en se disant que la réponse devrait venir de ceux et de celles qui ont été et qui continuent d’être les objectifs de l’ « en finir avec » à tous les niveaux, local et global.

    * Jacques Depelchin est directeur de Alliance International Ota Benga pour la paix en RD Congo

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    Un sommet international conjointement organisé par l’Union africaine (UA) et les Nations unies (ONU) dans l’objectif d’offrir un espace aux chefs d’Etats africains de la région des Grands Lacs et la communauté internationale pour aider à la résolution de la crise dans l’est de la République Démocratique du Congo s’est tenu à Nairobi avec les présences du Secrétaire général des ONU et le président de l’UA. Par ailleurs, le secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Zimbabwe a souhaité que l’UA prenne la conduite des négociations devant mettre fin au blocage arrivé sur la question du partage du pouvoir entre le MDC et la ZANU-PF du président Robert Mugabe. Il a ajouté qu’un nouveau scrutin serait nécessaire si les négociateurs ne se mettaient pas d’accord sur la formation du gouvernement d’unité nationale. Après avoir échoué à mettre fin à l’impasse dans les discussions pour le partage des portefeuilles ministériels clés au Zimbabwe, les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont décidé qu’un gouvernement de coalition soit formé avec deux ministres de l’Intérieur, l’un de la Zanu PF et l’autre du MDC. Cependant, le leader du MDC, déclarant que la SADC n’était pas le seul organe chargé de la mise en œuvre de l’accord entre sa partie et celle du Président Mugabe, a catégoriquement rejeté cette recommandation de la SADC.

    D’ autre part, le président de Commission de l’UA a condamné l’attaque contre le contingent burundais de la Mission africaine en Somalie (AMISOM) dans laquelle un agent médical a perdu sa jambe. Ajoutant que ces actes n’allaient pas dévier l’UA à promouvoir la réconciliation, le dialogue et la paix durable en Somalie, il a aussi ‘invité les Somaliens épris de paix à se joindre à l’UA pour condamner ces actes barbares et isoler ces éléments opposés à la paix et à la stabilité de la Somalie’. De plus, le président de la Commission de l’UA a convoqué trois réunions sur la situation issue du coup d’Etat en Mauritanie auxquelles faisaient part l’Union européenne, la Ligue arabe, l’ONU, l’Organisation de la conférence islamique, l’Organisation internationale de la Francophonie, la France et les Etats-Unis, partenaires de l’UA dans la crise mauritanienne, et le communiqué final de ces rencontres a réaffirmé la nullité de tous les actes, décisions ou dispositions pris par la junte militaire.

    La présidente du Parlement Panafricain (PAP), Mme Gertrude Mongella, a tenu l’occasion de la fin de la dixième session ordinaire de cette institution pour saluer le travail accompli par ses collègues au sein des commissions permanentes et les a exhortés à redoubler d’efforts afin de préparer la prochaine session ordinaire qui sera consacrée à l’examen et à la consolidation du protocole relatif au pouvoir législatif du PAP. L’Ethiopie accueillera la onzième réunion du Forum pour le Partenariat avec l’Afrique qui réunira plus de 100 représentants de haut niveau d’Afrique, des pays du G8 et de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques pour aborder les problèmes cruciaux auxquels l’Afrique est confrontée au regard du développement, et de désigner des priorités pour le progrès. De plus, la Banque africaine de développement, la Commission de l’UA et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique ont organisé une réunion des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales d’Afrique consacrée à l’examen des effets de la crise financière internationale sur les économies africaines et de proposer une réponse commune et coordonnée.

    Dans d’autres nouvelles, le commissaire aux ressources humaines, science et technologie de l’UA, en introduisant un sous-thème intitulé: "L’enseignement supérieur en Afrique", une priorité pour le plan d’action de la seconde décennie de l’éducation au cours de la conférence régionale sur l’enseignement supérieur en Afrique, a annoncé l’octroi de bourse formation en journalisme scientifique et le lancement de plusieurs prix à divers niveaux sur le continent. L’association des médiateurs des pays membres de l’Union économique monétaire Ouest -africaine (AMP-UEMOA) a été crée pour concrétiser un mécanisme de coopération entre médiateurs des pays membres de l’UEMOA et pour joindre les ‘efforts d’intégration régionale en cours en Afrique et la volonté de promouvoir la culture de la paix et du recours à la médiation institutionnelle comme moyen de règlement des litiges’. Finalement, tout le continent africain a fêté la victoire écrasante de Barack Obama, premier Afro-Américain à entrer à la Maison Blanche.

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  • Avec l’élection sans anicroches de Barack Obama au niveau le plus élevé du pouvoir dans son pays, Jr. de Bill Fletcher analyse le sens des craintes et des perspectives exprimées au fur et à mesure que le résultat des votes commençait à se dessiner. Au moment où la vague de l'excitation post-électorale inspire le monde, l'auteur passe en revue les questions clés qui se sont imposées durant le processus électoral, exigeant l'attention dans un avenir immédiat. Pour lui, la vague d’espoirs autour de la présidence d'Obama ne sera nourrie que par le rôle régénérateur des organisations de bases capables d'instruire et de mobiliser les millions de personnes cherchant une nouvelle direction politique.

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    La célébration du 21ème anniversaire du Changement en Tunisie, avec l’arrivée de Ben Ali au pouvoir le 7 Novembre 1987, coïncide, cette année, avec l’amorce d’une période riche en échéances marquantes, dont notamment le cinquantenaire de la promulgation de la première Constitution de la République tunisienne et l’organisation des prochaines élections présidentielle et législatives, qui devraient se tenir le 21 novembre 2009. Ces élections représentent un événement mportant, selon Ben Ali qui a annoncé : « nous assurerons à ces élections toutes les conditions requises pour qu’elles se déroulent dans un climat de transparence, de respect de la loi et de comportement civique élevé».

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    L'ordre des avocats de Côte d'Ivoire a réclamé, lors d'une manifestation de rue, la révocation du procureur de la république près du tribunal de première instance d'Abidjan. Les avocats ivoiriens reprochent au Procureur, un abus de pouvoir dans la séquestration d'un de leurs collègues. Les avocats reprochent également au procureur la manière dont il a géré l'affaire du scandale de la filière café cacao et des maisons de placement, suscitant de violentes manifestations dans la capitale économique ivoirienne.

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    Le président soudanais a annoncé le 12 novembre, à Khartoum, devant un panel de personnalités internationales, la décision d’un cessez-le-feu unilatéral. Il venait de présenter « l'initiative pour la paix au Darfour », élaborée par son régime. Elle prévoit entre autres une conférence de réconciliation nationale qui doit avoir lieu au Qatar au cours des prochains mois. L'initiative a été prise par le gouvernement soudanais dans le cadre des rencontres avec les groupes rebelles organisées par l'ONU et l'Union africaine.

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    La Banque mondiale a offert au Niger 4000 tonnes d’engrais d’une valeur de 7 millions de dollars, en vue d’accroître la production rizicole pour l’année 2008-2009 dans ce pays. Selon le ministre Mahamane, ce don va renforcer les actions déjà entreprises par le Niger, en matière de vente à prix modérés de l’engrais aux agriculteurs, pour booster la production des denrées alimentaires et converger vers une indépendance alimentaire.

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    La dette intérieure du Sénégal s'élève à 174 milliards de francs, selon le ministre de l'Economie et des Finances, précisant que son département a choisi de faire cette précision seulement devant le Parlement alors que des voix du secteur privé notamment parlaient de 300 milliards de francs et plus. Le ministre s’exprimait lors de la séance plénière de l'examen de la loi de finances rectificative.

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    Avec un taux de prévalence du VIH de 5,2 pour cent, le riche secteur minier guinéen est particulièrement vulnérable à l’épidémie. Certaines sociétés minières ont commencé à mettre en place leurs propres programmes pour pallier le manque de services VIH/SIDA dans les zones touchées, mais elles plaident pour un partenariat public-privé sans lequel les communautés riveraines restent exclues des services.

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    chute des cours internationaux du cuivre suscite un malaise en Zambie, un des principaux producteurs mondiaux de ce métal, dont la croissance économique impressionnante observée ces dernières années repose sur les exportations de cuivre. Depuis le début de la crise de liquidité aux Etats-Unis, le cours du cuivre a dégringolé d’un prix record de près de 9 000 dollars la tonne entre 2005 et 2007, à environ 5 000 dollars la tonne, tandis que l’on s’inquiétait à l’idée que le ralentissement économique mondial entraîne une diminution de la demande.

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    Le principal négociateur du parti au pouvoir du Zimbabwe, Zanu-PF, Patrick Chinamasa, a affirmé le 10 novembre que le chef d'État Mugabe avait demandé à M. Tsvangirai de présenter la liste des personnalités de son parti appelées à occuper des postes ministériels. Le sommet extraordinaire de la SADC, organisé dans la ville sud-africaine de Sandton au cours du week-end, a recommandé que le gouvernement soit formé dans les plus brefs délais

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    L'Egypte a réclamé de la Cour pénale internationale (CPI) un délai d'un an avant de lancer d'éventuelles poursuites contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre au Darfour, alors que des tentatives de règlement sont en cours. Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a fait cette déclaration au lendemain d'une rare visite du chef de l'État égyptien Hosni Moubarak au Soudan, où il a discuté du conflit au Darfour avec M. Béchir.

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    Le gouvernement ougandais a lancé un ultimatum à Joseph Kony, chef du principal mouvement rebelle local pour qu'il signe un accord de paix avant le 30 novembre. Chef de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), Joseph Kony ne s'est pas présenté à plusieurs réunions organisées dans le sud du Soudan et destinées à entériner un accord de paix décidé en avril et mettant fin à deux décennies de guerre civile.

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    Dix anciens gouverneurs au Nigeria vont être jugés pour corruption, blanchiment d'argent et abus de pouvoir, a indiqué la Commission nationale chargée de la lutte contre la corruption. ?Depuis l'arrivée au pouvoir du président Umaru Yar'Adua, en mai 2007, plusieurs ex-responsables politiques, parmi lesquels l'ancien président Olusegun Obasanjo, ont fait l'objet d'enquêtes et accusés de mauvaise gestion des fonds publics.

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    Les sites pour le projet proposé d'une installation d'énergie nucléaire au Nigeria seront dévoilés d'ici 2010, a déclaré le directeur général de la Commission de l'énergie atomique du Nigeria (NAEC). Selon lui, de nombreux facteurs sociaux, techniques et économiques seront pris en considération avant que les sites ne soient rendus public. Le projet d'énergie nucléaire du Nigeria devrait ajouter 1.000 megawatts au brassage de l'énergie nationale qui sera construit dans une période déterminée. Il a été adopté par le gouvernement fédéral du Nigeria en février 2007.

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    L'Afrique du Sud est "extrêmement préoccupée" par la lenteur de la mise en oeuvre de l'accord de partage du pouvoir intervenu au Zimbabwe entre le président Robert Mugabe et l'opposition. "Cela devient un sujet d'extrême préoccupation pour nous et nous allons assumer une position plus radicale pour nous assurer qu'un accord sera trouvé", a déclaré le porte-parole du gouvernement sud-africain, Themba Maseko.

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    Deux semaines avant la fin d'un ultimatum de l'Union européenne, la junte au pouvoir en Mauritanie depuis le coup d'État du 6 août reste inflexible, refusant toujours de libérer le président renversé, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, en résidence surveillée depuis trois mois. Principal bailleur de fonds de la Mauritanie, l'UE a donné le 20 octobre un mois aux nouvelles autorités militaires pour faire des propositions crédibles de sortie de crise, rétablir "l'ordre constitutionnel" et libérer le président renversé.

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