Le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Robert Mambé Beugré, s’est dit favorable au report des élections présidentielles, en Côte d’ivoire, alors qu’il est jusque là convenu que les consultations auraient lieu au plus tard, à la fin de juin 2008, suivant les termes de l’accord complémentaire de Ouagadougou, du 29 novembre. Le président de la CEI a fait cette déclaration le 18 février, au sortir d’une séance de travail avec le premier ministre Guillaume Soro.
Tagged under Gouvernance Cote d’IvoireLes députés de l’Assemblée nationale camerounaise non membres du bureau de l’institution devraient bénéficier d’une indemnité de session (un mois) d’un million de francs (2200 dollars) par personne dès les prochaines assises sur décision du président Paul Biya. Une dotation de 8 millions FCFA (17.613 dollars) sera également allouée par an à chaque député au titre de l’achat de véhicules de fonction.
Tagged under GouvernanceLe gouvernement namibien envisage de construire une centrale nucléaire dans une décennie afin d'assurer l'approvisionnement du pays en électricité, a annoncé, le 18 février à Windhoek, le Secrétaire général du ministère de l'Energie et des Mines. Il a indiqué que ce projet sera financé, entre autres, par des investisseurs sud-africains, américains et français.
Tagged under GouvernanceDans les quartiers de Kigali difficilement accessibles à la police, les habitants ont mis en place des groupes de veilleurs de nuit qu'ils payent pour assurer leur sécurité. Mais ces sentinelles interviennent en lien avec la police et ne sont armées que de bâtons. L’idée est venue de la population et donne des résultats louables. Elle va inspirer la politique de Community policing en projet qui vise à impliquer la population pour assurer sa sécurité, révèle un officier de police de Kigali.
Tagged under Gouvernance RwandaLe gouvernement sud-africain a publié le 13 février le serment que les élèves devront désormais réciter lors des réunions matinales dans les établissements scolaires. Selon la ministre de l’Education, l’objectif de ce serment, fondé sur le préambule de la Constitution sud-africaine «est d’inculquer aux élèves ces valeurs que nous, Sud-Africains, estimons importantes». Selon la ministre, la question sera soumise à l’opinion publique « afin de voir si nous pouvons l’appliquer » et selon les avis recueillis, tous les élèves pourraient commencer à réciter le serment d’ici mi-mars.
Tagged under GouvernanceLe sujet auquel nous nous intéressons dans cet article porte sur la discrimination positive. Pourquoi l’expression « discrimination positive » fait-elle tant peur ? Pourquoi même les fervents défenseurs de ce principe dans un contexte comme celui du Burkina Faso ne s’empressent-ils pas d’en parler quand il le faut. Comment expliquer qu’en dépit des incompréhensions et des malentendus qui caractérisent la pratique de ce principe, l’on n’en fasse pas assez pour annihiler les appréhensions, pour rassurer les personnes qui ont peur parce qu’elles ne comprennent pas ? Jetons le pavé dans la mare et invitons nos lecteurs au partage !
Qu’est-ce que la discrimination positive ? A partir de ce que nous avons pu retenir de ce qu’en disent les spécialistes, nous proposerons trois définitions qui vont constituer le fondement de notre analyse :
1- la discrimination positive est une politique affectant un avantage social à une catégorie sociale qui, statistiquement, n’est pas à parité dans un domaine. C’est une approche qui peut être vue comme un exemple du "politiquement correct" ;
2- la discrimination positive est un principe : il s’agit d’instituer des inégalités pour promouvoir l’égalité, en accordant à certains un traitement préférentiel et différencié ;
3- Action affirmative aux Etats-Unis d’Amérique, la discrimination positive (Royaume-Uni) est une politique ou un programme qui accorde des avantages aux groupes minoritaires qui, traditionnellement, souffrent de la ségrégation [de la discrimination, de la marginalisation] et ce, dans l’optique de créer une société plus égalitaire. Cela consiste à assurer un accès préférentiel à l’éducation, à l’emploi, à la santé, à la protection, aux œuvres sociales, etc.Il nous apparaît important de signaler que toute politique, tout principe ou toute stratégie qui consiste à identifier une catégorie sociale qui a souffert de discrimination, en vue de corriger ou de remédier aux préjudices subis par cette catégorie sociale, a l’aval des Nations unies à condition d’être temporaire, provisoire, transitoire.
C’est du reste la caractéristique principale de toute politique de discrimination positive, si l’on ne veut pas transformer les appréhensions de départ en une résistance ouverte et féroce contre son application. Pour mieux cerner l’esprit et le souci qui animent toute politique de discrimination positive, nous nous proposons de faire un tour rapide dans l’histoire pour voir les origines de la discrimination positive. Peut-être cette approche aura-t-elle le mérite de nous permettre d’aller au-delà de l’alliage des mots, pour désigner quelque chose (le contenant), à ce qui est effectivement désigné (le contenu).
Nous avons constaté que nous passons plus de notre temps à des débats sur le contenant, en reléguant au second plan le plus important, c’est-à-dire le contenu. Si nous sommes d’accord avec le contenu, mais avons peur du contenant, pourquoi ne nous mettrons-nous pas d’accord pour changer de contenant et avancer ?
Des origines de la discrimination positive
Nous situons les origines de l’Action affirmative ou discrimination positive à une date pas très lointaine dans l’histoire de l’humanité. Les Etats-Unis d’avant les années 60 ont vu se développer une idiologie de ségrégation, de discrimination fondée sur la couleur de la peau. Cette idéologie a fait subir aux minorités ethniques aux USA, tels que les Noirs et les Indiens, toutes formes de traitement inhumaines. C’est dans les années 60, avec l’ampleur que prenaient les luttes des peuples pour leur libération et leur émancipation, que le principe de la discrimination positive verra le jour aux Etats-Unis.
Ce principe s’étendra par la suite partout où les droits des peuples ont été bafoués, où des catégories sociales ont été maintenues pendant des décennies, voire des siècles, en état de marginalisées, de défavorisées, de maltraitées. Ce fut les cas de l’Inde, libérée du joug britannique, et de l’Afrique du Sud des années 90, par exemple.Ce qui est commun à toutes les situations où la discrimination positive a été appliquée est qu’elle a toujours visé à compenser des discriminations réelles subies par des minorités ou des groupes marginalisés, dans une « nouvelle société marquée par le fossé qu’y ont creusé des décennies ou siècles d’inégalité statutaire ». A ses origines donc, la discrimination positive désignait « une politique d’intégration prioritaire adoptée dans un contexte de transition entre un régime d’oppression institutionnelle et la proclamation du principe d’égalité des droits et des chances ».
De toute évidence, depuis ses origines, la discrimination positive a eu pour but ultime de corriger des injustices, des inégalités, des disparités de toutes formes. Comment une telle politique, qui, de notre avis, devrait être accueillie avec enthousiasme par toutes et tous sans discrimination, peut-elle rencontrer des résistances et même des contempteurs de par le monde et particulièrement dans les pays africains ?
Persistance des préjugés sur le rôle et la place des femmes dans certaines sociétés africaines
Dans les sociétés patriarcales comme c’est le cas de beaucoup de groupes sociaux au Burkina Faso, l’on pense que la femme est déjà bien dans le statut qu’elle occupe, puisque la société ne conçoit pas qu’elle soit autre chose que ce qu’elle est déjà : être épouse et mère, s’occuper des enfants dans le sens de les élever, être toujours dépendante de l’homme sur tous les plans (socioculturel, économique, politique,…). Elle a rarement son avis à donner dans les grandes décisions touchant la vie de la communauté et sa position est toujours subordonnée à la décision de son mari, y compris dans le domaine de l’éducation et de l’avenir des enfants.
C’est aussi dans ces milieux que la conviction selon laquelle « la femme doit toujours être moins instruite que son époux » est faite. L’on comprend donc qu’avec une telle mentalité, et dans un contexte où discrimination positive rime avec « faveurs accordées exclusivement aux femmes au détriment des hommes », les résistances et les appréhensions soient très fortes. En effet, certaines déclarations publiques tendant à soutenir le principe de discrimination positive ne dépassent pas le bout des lèvres, et certains comportements et attitudes qui semblent être favorables à ce principe ne sont pas en réalité différents d’un jeu de rôles dans une scène de théâtre.
Il faut donc faire une analyse approfondie pour identifier avec certitude ce qui fait peur aux contempteurs de ce principe, trouver la stratégie et la diplomatie idoines pour s’attaquer aux causes, surtout pour rassurer les un(e)s et les autres et lever les appréhensions.
Un vrai problème souvent mal introduit
Il est aussi un fait indéniable que pour une question aussi cruciale, une question à controverse comme la discrimination positive, les personnes chargées de l’introduire et la façon de le faire sont tributaires de l’accueil qui en sera réservé. En général, pour cette question, tout comme pour d’autres, similaires, dont le traitement sérieux pourrait engendrer des bouleversements de croyances séculaires et une réorganisation des rapports sociaux, l’on n’a pas toujours su user du tact et de la diplomatie nécessaires. Il en résulte que les échanges auxquels l’on assiste sur ce sujet finissent par s’apparenter à une guerre de tranchées où les un(e)s défendent leur chapelle pendant que les autres leur expédient des flèches empoisonnées. Nous assistons plus à des invectives qu’à des échanges en vue de convaincre, encore moins de comprendre.
La conclusion logique à laquelle on aboutit dans une discussion pareille est la théorie de la division manichéenne du monde : d’un côté, les femmes, éternelles victimes accusatrices, et, de l’autre, les hommes, éternels mauvais, qui ne veulent faire aucune concession aux femmes. On débat alors pendant des heures pour se rendre compte qu’à défaut d’avoir réussi à exacerber les incompréhensions et à donner fondement à certaines appréhensions, l’on n’a pas fait de progrès dans le sens de mieux cerner les véritables enjeux de la question.
Il est plus facile de convaincre par des preuves, des exemples et données fiables que tout simplement par l’expression d’une intime conviction souvent présentée et accueillie avec passion par les acteurs ou actrices en présence. La discrimination positive n’est pas un ensemble de faveurs faites exclusivement à un sexe ou à l’autre ; c’est un principe qui s’applique au sexe ou au groupe social en position de marginalisé, victime de discrimination ou d’inégalités préjudiciables à son épanouissement et partant, à celui de la société toute entière. Selon le contexte, le temps et les domaines concernés, ce groupe pourrait être composé en majorité de femmes ou d’hommes. Il se trouve qu’aujourd’hui, quel que soit le domaine concerné, ce sont les filles et les femmes qui occupent majoritairement cette position.Primauté plus au signifiant qu’au signifié
Pour certaines personnes, leur refus du principe de la discrimination positive s’explique tout simplement par le fait que toute discrimination est d’essence négative. Il ne saurait donc y avoir, pour elles, de discrimination qualifiée de positive. A notre sens, le problème est simple avec ces personnes. Si nous sommes d’accord qu’il y a eu des discriminations qui ont engendré des inégalités de tous genres ayant causé de graves préjudices à une catégorie sociale donnée (ce qui peut être démontré par des faits et des chiffres), et si nous convenons qu’il faut corriger ou mettre fin à ces préjudices, il ne restera qu’à demander à ces personnes-là de proposer autre chose en lieu et place de la "discrimination positive" pour désigner l’ensembles des mesures ou actions à mener dans le sens d’établir l’équilibre social.
Peut-être pourrions-nous recourir à l’« Affirmative action » (Action affirmative) des Américains en lieu et place de la « Positive discrimination » du Royaume-Uni. Pourquoi ne penserait-on pas un autre alliage comme « Actions correctives de discriminations subies », ou encore « Action remèdes de préjudices subis" ?
Une position de principe/un principe idéologique
Aujourd’hui, le principe de l’« Affirmative Action » est remis en cause par les conservateurs aux USA. Pour ces adeptes de l’idéologie libertaire ou néolibérale, « cette mesure rend imparfaite la concurrence des individus sur le marché. Cette mesure ne prend pas en compte les critères de compétence et est une remise en cause du principe de méritocratie ». Ils voient en la discrimination positive une "discrimination inversée" ou "discrimination à rebours". Les arguments avancés par les conservateurs sont, entre autres, que :
- la discrimination positive exacerbe le problème qu’elle est censée résoudre, en rendant les gens davantage conscients des différences et en accentuant les ressentiments entre groupes sociaux ;
- c’est une politique de charité et d’assistance qui, à terme, pousse à ne plus faire d’effort et conduit à une stigmatisation des personnes assistées ; les bénéficiaires accepteront-ils jamais avoir atteint l’égalité recherchée et renoncer à leurs avantages ?
Tout projet de suppression de ces avantages ne risque-t-il pas d’être dénoncé comme atteinte à des droits acquis ? » C’est ainsi qu’en 1996 en Californie, la California Civil Rights Initiative a réussi à entériner le démantèlement de l’Affirmative action par un vote de 56% contre 44.Sans vouloir balayer du revers de la main les arguments ci-dessus évoqués par les conservateurs, il importe de rappeler que le principe qui a présidé à l’approbation de toute politique de discrimination positive par les Nations unies est « son caractère temporaire et sa fonction de rééquilibrage social ». En réaction aux arguments des conservateurs, un dirigeant américain disait ceci : « A suivre le développement des conservateurs, il y a risque de confusion entre égalité formelle et égalité réelle. On ne peut pas rendre sa liberté à un être humain qui, pendant des années, a été entravé par des chaînes, en l’amenant simplement sur la ligne de départ d’une course et croire qu’on est ainsi parfaitement juste ».
Et le président Lyndon B. Johnson de renchérir : « Des mesures de rattrapage accéléré s’imposent, à titre transitoire, lorsqu’il s’agit de combler une différence de positions initiales dont l’ampleur est telle qu’elle frappe d’absurdité l’idée même de compétition entre hommes libres et égaux. Il faut aménager au profit des groupes traditionnellement opprimés un accès préférentiel aux ressources qui sont la clé de leur développement socio-économique : emploi, capitaux, enseignement supérieur… ».
Quant à l’argument relatif à la « discrimination à rebours ou discrimination inversée », nous disons que ce sont les mêmes critères qui ont servi de base hier à la victimisation de certaines catégories sociales, qui permettront aujourd’hui d’identifier ces catégories sociales en vue de mettre en œuvre, à leur profit, des mesures remèdes de préjudices subis. Que ce soit aux USA de l’ère de la ségrégation raciale, en Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid ou ailleurs où des groupes ont été ou sont victimes d’inégalités, ces critères ont généralement été la race, le poids numérique dans la société, la religion, le sexe, la caste, les origines sociales, etc.
Faut-il que l’arbre cache la forêt ?
Lorsque l’on s’engage à justifier le bien-fondé du principe de la discrimination positive au Burkina Faso, il n’est pas rare de voir des interlocuteurs ou interlocutrices recourir à des exemples isolés pour attribuer au principe un caractère injuste, partisan, au détriment des garçons et des hommes. Dans le domaine de l’éducation par exemple, l’on a souvent pris des exemples isolés de garçons en difficulté qui, parce qu’ils ne bénéficient pas des mesures de discrimination positive accordées aux filles (aides diverses, dons de fournitures scolaires, non-paiement des frais de cotisation des parents d’élèves au CP1, etc.), ne peuvent poursuivre et réussir leurs études.
La situation est généralement présentée à travers l’image de cet Américain blanc de famille pauvre qui, en compétition avec une Noire américaine de famille aisée, perd l’unique place restante au profit de la dernière, parce que les décideurs ont appliqué les mesures de discrimination positive.
Et les personnes qui donnent ces exemples crient à l’injustice. Sans perdre de vue le caractère délicat de certains cas, devons-nous laisser l’arbre cacher la forêt ? Nous comprenons cependant ces réactions, car lorsque nous avons nos intérêts en jeu et devons être juge à la fois, nous avons très souvent tendance à limiter le monde à nous, avec cette tendance de prendre les cas isolés pour la règle générale. Cette façon de réagir appelle trois observations :
1. le principe de la discrimination positive n’est pas un principe taillé sur mesure, juste pour faire éternellement du bien à un groupe donné. Il est un principe qui s’applique, de façon temporaire et transitoire, à tout groupe qui a souffert ou qui souffre de discrimination, d’injustice dans un domaine donné. Des garçons et des hommes seraient en situation de défaveur dans un domaine donné que ce principe s’appliquerait à eux, au détriment des filles et des femmes bien sûr.
Dès que le problème pour lequel la mesure de discrimination positive a été instituée cesse d’exister, de même la mesure cesse d’avoir effet. Il s’agira pour nous d’exercer un suivi avec des indicateurs précis pour prévoir à quel moment commencer à ralentir et à quel moment arrêter. Il ne s’agit pas d’inverser les tendances pour se voir un jour obligé de mettre en œuvre, dans les mêmes domaines, des mesures de discrimination positive en faveur des garçons et des hommes ;
2. si nous prenons le cas du Burkina Faso par exemple, le récent recensement de la population et de l’habitation de 2006 estime la population à 13 730 258 habitants dont 7 094 940 femmes, soit 51,7%. Aujourd’hui, avec cette importante proportion qu’elles occupent, voici quelques exemples de leur représentativité dans les hautes instances du Burkina Faso, pour que chacun(e) puisse apprécier :
- 05 femmes ministres sur 36, soit 14,70% ;
- 13 femmes sur 111 députés, soit 11,71% ;
- 20 femmes sur 359 maires de commune et d’arrondissement, soit 05,57% ;
- 03 femmes gouverneurs sur 13, soit 23,07%
- 03 femmes hauts-commissaires sur 45, soit 06,66% ;
- 04 femmes sur 45 secrétaires généraux de province, soit 11,11% ;
- 6400 femmes sur 17877 conseillers municipaux, soit 35, 80%.
Nous ne saurons être exhaustif dans la présente analyse, mais nous ne saurons non plus passer sous silence le secteur de l’éducation, notre secteur d’action. Tout en saluant les efforts faits par les premiers responsables des départements en charge de l’éducation dans le sens de la nomination des femmes à des postes de responsabilité dans les services centraux ou rattachés, nous constatons que sur 13 régions que compte le Burkina Faso, il n’y a pas encore de directrice régionale.
Rappelons que la communauté internationale estime à 30% au moins la masse critique des femmes nécessaire pour que celles-ci puissent influencer les décisions dans les hautes sphères sociale, politique et économique ;3. Si l’on peut admettre que certaines pratiques de l’ère coloniale, alliées à certaines pesanteurs socioculturelles, ne sont pas de nature à favoriser l’épanouissement des filles et des femmes, nous nous posons aujourd’hui la question de savoir s’il est juridiquement normal et moralement acceptable que les femmes, qui constituent près de 52% de la population du Burkina Faso, n’occupent que ces portions congrues dans les instances de décision.
C’est à cette question qu’il faut apporter aujourd’hui une réponse franche et décisive, car les exemples individuels concernant les hommes et les garçons, que nous considérons, du reste, comme des cas isolés, constituent toujours le lot quotidien de nos mères, épouses, sœurs et filles. Nous nous sommes contenté pour l’instant d’exemples proches de nous, mais la situation des filles et des femmes en Afrique, particulièrement dans les pays de l’Afrique subsaharienne, n’est pas différente de celle au Burkina Faso.(1) La convention des Nations unies sur la discrimination raciale n’approuve les programmes de discrimination positive que dans les seuls cas où ils peuvent revêtir un caractère temporaire et remplissent une fonction de rééquilibrage.
Mamadou Sawadogo est Conseiller pédagogique de l’Enseignement Secondaire au Burkina Faso
[email][email protected]* Ce texte est paru dans le quotidien burkinabé L'Observateur.
* Veuillez envoyer vos commentaires à [email protected] ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org
Tagged under Gouvernance(…) Le mal qui ronge le Togo est pire qu’un cancer, car il ne s’arrête pas à la classe politique dirigeante ; il s’étend aussi à l’opposition politique, voire à une partie de la population qui vit en « parasite » pour se greffer sur le système actuel. C’est une maladie si grave que les soins qui lui sont donnés, à savoir "accords politiques en catimini", "élections frauduleuses", ou "oxygène monétaire" insufflé par l’Union Européenne n’y feront rien. Tous les traitements administrés à ce jour ne visaient pas vraiment à crever l’abcès. (…) Le Togo reste encore un grand malade. Ce pays souffre d’un héritage trop lourd à porter qui peut se résumer à l’histoire de deux familles : les Gnassingbé et les Olympio. D’aucuns diront que c’est une manière trop simpliste, voire absurde d’analyser les choses, mais essayons d’expliquer pour nous faire comprendre.
Les malheurs du Togo ont commencé avec le premier coup d’Etat que le continent avait connu le 13 Janvier 1963, lorsque le père de l’indépendance togolaise s’était fait assassiné par un jeune sergent du nom d’Eyadéma Gnassingbé. Beaucoup cherchent encore aujourd’hui à connaître les motifs réels de ce coup d’Etat, mais nous croyons qu’il s’agissait avant tout de protéger les intérêts de la France en Afrique. Les Togolais voulaient, sous Sylvanus Olympio, continuer de faire allégeance à l’ancien colonisateur qu’était l’Allemagne (qui avait perdu sa "Colonie Modèle", le Togo, à la suite de la seconde guerre mondiale) qu’ils préféraient à la France. Ils cherchaient donc, dès l’indépendance du pays, à frapper par exemple leur propre monnaie en prenant le Mark Allemand comme devise de référence plutôt que le Franc français.
C’était déjà trop d’affront pour une France qui venait d’accorder, malgré elle, son indépendance au Togo. Eyadéma n’était donc intervenu que pour faire le sale boulot aux Français, en éliminant le dissident de l’époque, par qui venaient les réformes émancipatrices du Togo. Raison pour laquelle le soutien de la France ne lui avait jamais fait défaut durant tout son règne de dictateur à la tête du Togo. La vérité sur cette affaire sera probablement révélée un jour, puisqu’aucune enquête claire, à notre connaissance, n’a vraiment encore été menée sur ce dossier.
Eyadéma a su ensuite mettre rapidement en place une armée tribale entraînée par la France pour assurer ses arrières et échapper à la vengeance de la famille Olympio et de ses partisans. Mais toute sa vie on le sait, le Général avait été hanté par l’assassinat du père de l’indépendance togolaise. Aujourd’hui il n’est plus de ce monde, mais tant que ses enfants resteront au pouvoir et qu’un seul Olympio sera dans la course politique, le Togo restera malade de son héritage historique. Le semblant de démocratie qu’on voit poindre aujourd’hui dans ce pays n’est qu’artificiel, car les Gnassingbé ne quitteront jamais de leur propre gré le pouvoir, de peur de se laisser rattraper par le passé. La présidentielle 2010 à venir est par anticipation déjà gagnée par le parti politique qu’ils incarnent : le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT).
L’alternance que les Togolais attendent ne se jouera qu’entre les fils Gnassingbé et les querelles familiales n’apporteront aucun changement dans la vie quotidienne du pauvre citoyen togolais. Quand, récemment, Kpatcha, le frère du chef de l’Etat actuel a été éloigné du pouvoir, ce n’était pas pour faire de la démocratie, mais pour "former un roc" ("Faure"-"Mey" un "Rock" [2]), sur lequel sera bâti le règne de la dynastie Gnassingbé. On fera, au même moment, croire au monde qu’il y a du changement dans l’air dans notre pays. Mais les enfants d’Eyadéma savent bien qu’ils n’auront bientôt plus à avoir peur de leur rival principal, puisque Gilchrist Olympio est en train de prendre de l’âge et ne semble à ce jour pas avoir de successeur, son parti, l’Union des Forces du Changement (l’UFC), n’étant déjà plus que l’ombre de lui-même, ayant perdu le soutien des autres partis de l’opposition et celui de la rue après les récentes élections législatives.
La stratégie du clan Gnassingbé consiste tout simplement maintenant à garantir l’héritage paternel en jouant la montre et en plaçant des pions gagnants, c’est-à-dire en mettant à tous les postes politiques du pays des hommes acquis à leur cause. Les fougueux de la famille comme Kpatcha, trop impatients de faire la fête ne sont éloignés que pour ne pas trop éveiller les soupçons, mais reviendront se régaler de leur proie dès que la mort « naturelle » du dernier Olympio leur sera annoncée.
Il est donc évident que la démocratie tant souhaitée par le peuple togolais n’est pas encore pour demain. Actuellement, la bonne gouvernance ne consiste qu’à continuer de « faire la poche » à l’Union Européenne, et à enfoncer les générations togolaises à venir dans la dette en empruntant auprès des banques éparpillées dans le monde. L’alternance politique réelle n’est donc pas pour demain, car ce serait, pour la famille Gnassingbé, un sabordage qu’à leur place même un fou n’oserait se faire.
Nous sommes bien en face d’une maladie silencieuse qui ne dit pas son nom : un cancer qui doucement ronge le Togo et bientôt s’étendra à toute l’Afrique si on laisse faire. Les autres chefs d’Etats africains n’ont-ils pas déjà calqué leur politique sur l’exemple togolais, en formant leurs enfants pour leur succéder ? Gouverner en Afrique ne consiste-t-il pas, aujourd’hui, à "retourner l’ascenseur" à des pays comme la France avec toutes les conséquences que cela représente pour nos populations (allusion ici à la grâce accordée par le président Deby aux responsables de l’"Arche de Zoé" après la récente attaque des rebelles et le soutien français au régime Tchadien) ? Le Togo est un mauvais exemple de démocratie qui continue de s’exporter à toute l’Afrique, et les violences électorales en cours au Kenya peuvent aujourd’hui en témoigner.
Pour finir avec ce lourd héritage qui nous maintient dans le sous-développement, il n’y a qu’une seule solution : couper les membres atteints par la gangrène. De nouveaux hommes doivent prendre la tête du Togo et rompre avec le cercle vicieux de la magouille. Nous avons besoin d’un leader à la tête de notre pays qui ne vienne pas jouer la carte tribale, ni celle de l’armée ou même al carte intellectuelle. Il nous faut juste un homme sérieux, un rassembleur capable de mettre l’intérêt national au-dessus de celui de sa famille (entendez : tribale, politique, religieuse, financière…). Nous avons besoin d’une nouvelle génération d’hommes intègres et d’un changement de mentalité de la population pour faire repartir le Togo. C’est alors seulement que nous pourrions parler de convalescence, et enfin réfléchir à un développement durable de notre pays, pour finalement rêver à en faire la vraie "Suisse de l’Afrique".
Pour l’instant, tant que les miliciens du parti au pouvoir bénéficieront d’impunité, que des mains inconnues cachées dans l’ombre continueront de diriger notre pays, ou que l’ensemble des partis de l’opposition ne sauront se regrouper en un bloc solide et crédible pour présenter un seul candidat aux prochaines élections présidentielles, le Togo restera un grand malade et cette maladie continuera d’affecter l’Afrique voire le monde entier : les réfugiés togolais ne sont-ils pas déjà en train d’envahir l’Europe, les Etats-Unis et le Canada ? Bientôt ce serait au tour de l’Asie de nous accueillir, le chômage et la violence étant en train de gagner toute l’Afrique, avec bien sûr la bénédiction de nos hommes au pouvoir.
N.B : [1] Faure, Mey, Rock = nom de trois fils d’Eyadéma occupant actuellement des postes stratégiques au Togo.
Kouassi Klousse est un Togolais vivant aux Etats-Unis - Contact : [email][email protected]?; Blog : http://togoenquarantaine.blogspot.com
Tagged under Gouvernance TogoMonsieur le Président,
J’ai été très étonné de voir la France solliciter et obtenir du Conseil de sécurité des Nations unies une condamnation des récents événements au Tchad. Puis d’apprendre que vous aviez un moment envisagé de la mettre à profit pour venir au secours du président Idriss Déby, acculé en sa capitale par une rébellion venue de l’Est du pays, avant d’affirmer sans ambiguïté le soutien de la France à ce régime au lendemain des combats. Je crains que vous n’ayez été mal informé sur la situation au Tchad. Autrement, vous n’auriez pas pris une position aussi erronée, tant au regard de l’opinion du peuple tchadien que des intérêts de la France dans cette partie du monde, ou encore du point de vue de cette rupture avec certaines pratiques du passé à laquelle vous êtes si attaché.Le soutien de la France au régime d’Idriss Déby ne se justifie aujourd’hui que par des pesanteurs historiques de plus en plus incompréhensibles et par des arguments juridiques dont on sait très bien, en Afrique plus qu’ailleurs, qu’ils servent de bouclier à l’injustice et au déni de la démocratie. En effet, Idriss Déby porte une responsabilité écrasante dans la situation actuelle de son pays, qui est dramatique. Sa popularité est plus basse que jamais, alors que les bases de son pouvoir n’ont cessé de se réduire pour se limiter à certains membres de son clan et à quelques opportunistes. Il n’a jamais réussi, en presque deux décennies, à se construire une légitimité.
Je ne parle pas ici de la légalité conférée par la reconnaissance internationale de trois élections présidentielles lourdement entachées de fraudes. La dernière, autorisée par une de ces modifications de Constitution qui portent en elles le blocage de tout espoir d’alternance, a constitué la provocation sans laquelle l’actuel recours à la violence aurait été sans objet. Car, vous le savez, l’élection, fût-elle transparente, ne fait pas la démocratie. En Afrique, et notamment au Tchad, les contre-pouvoirs issus des institutions ou de la société civile ne fonctionnent guère. Si l’appareil administratif de l’Etat est entièrement mis au service du pouvoir, que les leaders de l’opposition sont achetés – par des postes ministériels ou de prestige –, ou menacés (physiquement ou juridiquement), ou encore privés de possibilité d’existence économique, au point de rendre leur activité politique inaudible dans un continent où l’argent, plus qu’ailleurs, est le levier de la mobilisation, vous comprendrez bien qu’aucune vie démocratique digne de ce nom ne peut fonctionner.
La liberté vitupérante d’une presse d’opposition exprimant le ressentiment des fonctionnaires de la capitale ne fait évidemment pas illusion. Dans ces conditions, faire réélire indéfiniment le président est une formalité, et cette perspective reste la cause directe des événements actuels.
La légitimité d’un Etat telle que nous la concevons consiste à remplir d’autres fonctions que la répression : fournir aux citoyens un minimum de biens publics, une sécurité physique, matérielle et juridique, des services sociaux de base, un projet économique, les conditions de l’espoir d’un avenir commun. Il est peu de dire qu’au Tchad cet espoir n’existe plus. Depuis la guerre et les sécheresses des années 1980, un tacite partage des tâches s’est effectué entre le gouvernement du Tchad et le monde de la coopération internationale (agences d’aide, coopérations, ONG). L’Etat s’est contenté d’exercer la contrainte, laissant les fonctions médiatrices aux partenaires extérieurs. Il n’a pas utilisé l’opportunité que représentent les ressources pétrolières pour reprendre la main.
Ainsi, s’il est un pays d’Afrique qui, au cours des deux dernières décennies, n’a progressé ni sur le plan de la construction de l’Etat et de la nation, ni sur le plan économique et social, c’est bien le Tchad. Cinq ans après le début de l’ère pétrolière, en 2003, il est toujours au 170e rang (sur 177) du classement mondial du PNUD sur le développement humain. L’évocation des héritages de la guerre civile de 1979-1982 a bon dos. Ce ne sont pas eux qui expliquent l’installation, à un niveau caricatural et notoirement connu, de la corruption comme système de gouvernement – l’allégeance d’un ministre se mesurant à sa capacité à s’y plonger aussitôt nommé, se liant ainsi au destin du prince.
Où des combattants dépenaillés circulent-ils dans la capitale, potentiellement armés, à toute heure et en tous lieux, menaçant les populations d’une violence gratuite ? Dans quel autre pays des jeunes de vingt ans au volant de grosses cylindrées sont-ils au-dessus des lois ? Comment la médiocrité peut-elle être durablement le meilleur gage de promotion dans la haute administration, et toute forme de compétence découragée ? Comment laisser diffuser, auprès d’une grande partie de la population, le sentiment d’être totalement marginalisé ? Le poids de la jalousie et la tentation du nivellement par le bas, latents dans la société tchadienne pour des raisons anthropologiques sur lesquelles nous ne reviendrons pas, ont été encouragés parce que ses ferments servaient le dessein d’un système qui divisait pour mieux régner.
Finalement, la faillite du régime Déby s’illustre autant dans l’immoralité de l’enrichissement rapide des proches du pouvoir, dans un des pays les plus pauvres du monde, que dans sa totale inefficacité politique et économique. Le cycle des rébellions n’a jamais cessé, au point d’apparaître comme partie prenante d’un système qui se nourrissait de leur répression – en justifiant notamment l’entretien, loin de la capitale, d’hommes en armes remuants, et la distribution de prébendes afférant à la guerre.
La filière cotonnière, parmi les premières d’Afrique dans les années 1960, subsiste à peine, appauvrissant les paysans et fragilisant l’Etat. Or, dans d’autres pays tout aussi enclavés, également soumis aux pressions du marché mondial, comme le Mali ou le Burkina, elle s’est développée au point de porter l’appareil administratif et le monde paysan à bout de bras. De même, le projet pétrolier ne s’est traduit ni par une amélioration de la situation économique du pays ni par celle des finances de l’Etat : inefficacité, détournements et dépenses militaires ont consommé l’essentiel d’une rente d’autant plus maigre qu’elle avait été mal négociée. La part restée au Tchad s’est stérilisée dans l’immobilier, les grosses voitures et les dépenses somptuaires.
Le système éducatif, dont des niches d’excellence avaient pu être préservées du naufrage de 1979, a accompagné le délitement de l’Etat et de la société. Violence et corruption y ont élu demeure comme dans les autres parties du corps de l’Etat. Grâce au talent militaire et à l’habileté politicienne d’Idriss Déby, le système a finalement développé une redoutable et exclusive capacité à se reproduire.
De quels espoirs les rebelles qui convoitent le pouvoir de N’Djaména sont-ils alors porteurs ? Ils forment une coalition hétéroclite, dont les dirigeants ont été longtemps étroitement associés aux régimes d’Hissein Habré puis d’Idriss Déby. Du combattant de base au chef, l’appât du gain promis par le contrôle de l’Etat n’est pas étranger à nombre d’engagements. Ce n’est pas sous l’angle de la moralité qu’il faut les comparer aux hommes du président qu’ils combattent – ils sont issus du même système.
En revanche, vous savez comme moi que la dénonciation de leurs liens avec le Soudan est de peu de portée. Le président Déby a beau jeu de se poser aujourd’hui en victime, après avoir aidé les rebelles soudanais contre Khartoum. Certains auraient d’ailleurs combattu à ses côtés contre les « mercenaires soudanais » qu’il dénonce. Ces liens avec le Soudan ne représentent à terme aucun danger de perte de contrôle par la France ou la communauté internationale, ni de risque par rapport aux enjeux du Darfour : toute l’histoire récente de l’Afrique montre que les rebelles arrivés au pouvoir avec l’aide d’un voisin s’immergent rapidement dans les enjeux de pouvoir nationaux, et prennent très vite leurs distances avec leur encombrant mentor. Les rebelles auraient très vite besoin d’aide et de reconnaissance extérieure. Leur soutien par le Soudan ne saurait justifier leur diabolisation : le président que la France défend aujourd’hui est arrivé au pouvoir dans des conditions exactement identiques.
Ainsi, contrairement à l’aphorisme si souvent utilisé par des diplomates aussi brillants que dénués d’imagination, le futur du Tchad ne se dessinera pas nécessairement entre « Déby ou le chaos ». Il pourrait être « Déby et le chaos », si la rébellion conservait sa capacité militaire sans parvenir à l’emporter. Plus probablement, la victoire à la Pyrrhus du président, qui semble se dessiner, verrait la poursuite d’un long pourrissement des structures de la société et de l’Etat, qui peut être plus grave qu’un de ces brefs épisodes de crise où se forge l’histoire des peuples. Un premier geste de rupture dans la politique africaine de la France pourrait être, justement, de laisser ces pages d’histoire s’écrire sans autre intervention que celle qui en abrégerait l’issue – en offrant, par exemple, une sortie honorable à l’actuel président.
La question qui se pose aujourd’hui au Tchad n’est pas de savoir qui va l’emporter entre Idriss Déby et les mouvements rebelles qui lui disputent le pouvoir. Elle est de savoir comment sortir par le haut du cercle vicieux où ce pays est enlisé depuis près de trois décennies, où des mouvements armés animent de manière cyclique des rébellions à partir des périphéries du territoire. Les pays voisins (Libye, Soudan) qui les appuient exploitent des faiblesses récurrentes qui sont avant tout internes. Quel que soit le vainqueur d’aujourd’hui, les mêmes causes produiront demain les mêmes effets.
Plutôt que d’afficher un soutien impudique à un président miraculé, qui profite du tumulte des armes pour arrêter et menacer les responsables de l’opposition politique et ceux de la société civile , la France devrait plutôt explorer les marges de manœuvre nées de la crise pour sortir d’un système qui ne se régule que par la catastrophe. Un scénario à la mauritanienne verrait la communauté internationale accompagner sur le moyen terme une (re)construction de l’Etat sur des bases démocratiques. La clé de sa réussite reposerait sur l’engagement de celui qui organiserait de nouvelles élections présidentielles et législatives – le président Déby ? Un gouvernement provisoire investi des pleins pouvoirs ? Un sage respecté retiré de la scène politique, comme l’ancien président Goukouni Oueddeye ? – à ne pas se présenter et à garantir la neutralité de l’administration. Cela impliquerait de maintenir l’équilibre entre les forces, le temps d’initier cette dynamique, et donc de ne pas renforcer davantage la position du président Déby.
Les forces françaises d’Epervier, si elles devaient rester au Tchad, trouveraient dans l’appui explicite à un tel processus une légitimité neuve. Européanisées sur le modèle de l’Eufor, elles pourraient avoir mandat d’empêcher une déstabilisation du gouvernement issu de ce processus démocratique par de nouveaux mouvements armés venant des pays voisins. On n’empêchera pas leur reconstitution sans un programme ambitieux de DDR (démobilisation, désarmement, réinsertion) tirant les leçons des échecs du passé (car, au Tchad, on a beaucoup dépensé en pure perte dans ce domaine). Faut-il s’inspirer des modèles du Liberia ? De la Sierra Leone ? Quoi qu’il en soit, on ne sortira du cercle vicieux où le Tchad est enlisé sans résorber l’abcès que constituent les « combattants », ce groupe flottant à la composition hétéroclite toujours prêt à s’embarquer dans une aventure armée sous l’influence d’un chef charismatique et de quelques subsides libyens ou soudanais.
La constitution devrait évidemment être revue, pour interdire tout nouveau blocage absolu aboutissant à l’enkystement d’un homme au pouvoir (pas plus de deux mandats consécutifs). La décentralisation, prévue par la Constitution de 1996, serait mise en place avec les moyens nécessaires, pour décentraliser aussi les enjeux de captation de la rente étatique et faire baisser la pression qui s’exerce à ce niveau sur le pouvoir central. La réorganisation de l’administration devrait permettre un changement de génération au profit de jeunes diplômés désormais relativement nombreux, parfois formés à l’étranger, dont on peut espérer qu’ils sont moins conditionnés par les rivalités interpersonnelles et les rancoeurs « géopolitiques » que leurs aînés. La société civile, mûrie par les débats autour du dossier pétrolier, serait mise à contribution.
Certes, ces options n’écarteront pas les difficultés, tant les méfiances entre groupes et individus ont été creusées au cours de ces dernières décennies, et tant la confiance en un avenir commun, portée par un Etat impartial, a été sacrifiée par la stratégie de gouvernement ayant conduit à l’impasse actuelle. Ce n’est pas dans l’absence d’imagination en faveur des autocrates africains que la France aidera la construction d’Etats apaisés susceptibles de fournir à leur jeunesse nombreuse un cadre d’épanouissement à court et moyen terme. La rupture en Afrique peut passer par l’appui à l’émergence démocratique. La crise au Tchad fournit l’occasion de créer un espoir. Il serait dommage de le sacrifier à un conformisme sans perspective.
En espérant que votre ambition de changement aura trouvé dans ces lignes des pistes à explorer, je vous prie de croire en mon dévouement au service d’un renouveau des relations franco-africaines,
* Simon Tulipe
Le texte est signé par un pseudonyme – L’auteur vit en France mais séjourne régulièrement au Tchad* Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org
Tagged under Gouvernance ChadLe Syndicat national des magistrats du Congo ( Synamag) a lancé un mot d'ordre de grève d'une semaine pour faire pression sur le président Joseph Kabila et l'amener à reconsidérer ses ordonnances. Il exigent l'ouverture des pourparlers avec ce dernier, pour lui expliquer les entorses qu'il a commises en signant ses ordonnances, lui demander de respecter l'indépendance de la magistrature et lui dire jusqu'à quelle limite l'exécutif ne devait pas s'immiscer dans l'appareil judiciaire.
Tagged under GouvernanceSelon le ministre tunisien des Technologies de la communication, le nombre des ordinateurs dans le pays, toutes catégories confondues, a atteint les 767.000 unités. Dans ce cadre, le programme présidentiel de l’ordinateur familial a permis de fournir, depuis son démarrage, 62.000 ordinateurs. S’agissant du téléphone portable, il a souligné que le nombre des abonnés a dépassé 7,8 millions en 2007, contre 6,7 millions abonnés en 2006. Le taux de diffusion des GSM est ainsi d’environ 78 abonnés pour 100 habitants.
Tagged under Gouvernance TunisiaUne organisation de la société civile, les Kenyans pour la Paix, la Vérité et la Justice (KPTJ), a lancé un ultimatum de 14 jours au gouvernement par le biais de son principal conseiller juridique, le procureur Amos Wako, pour qu’il ouvre une enquête sur les 22 membres de la Commission électorale du Kenya (ECK) avant de déclencher des poursuites contre les commissaires pour avoir présidé des élections frauduleuses. Les contestations du scrutin de décembre dernier ont plongé le Kenya dans une crise qui a fait un million de morts et plus de 200 000 déplacés.
Tagged under Gouvernance KenyaLa police française a débarqué, le 12 février dans un foyer du XIIIe arrondissement de Paris. Elle a arrêté entre 114 et 150 résidents du foyer considérés comme étant des sans papiers. Tous sont en garde-à-vue. Parmi les arrêtés, il y a des Sénégalais dont certains sont des sans papiers. D'après le président du Collectif des sans papiers du XIXe arrondissement, parmi les arrêtés, il y a des Sénégalais dont certains sont en séjour irrégulier en France.
Tagged under GouvernanceDeux organisations non-gouvernementales mauritaniennes, L'Association mauritanienne des femmes chefs de familles (AMFCF) et SOS Esclavages, ont dénoncé le 16 février, à Nouakchott, une absence de volonté politique d'éradiquer les pratiques esclavagistes dans le pays. Au cours d'une conférence de presse, la présidente de l'AMFCF a également déploré «une alliance et une conspiration du silence» entre l'administration, les élus et les chefs de tribus pour «perpétuer des pratiques attentatoires aux droits humains»…
Tagged under GouvernanceLes moyens de subsistance des pêcheurs locaux sont de plus en plus menacés par les nombreux chalutiers industriels venus d’Europe, de Chine, de Corée et de Russie, qui pêchent souvent illégalement dans les eaux guinéennes, autrefois riches en poissons. ? Plus de 100 millions de dollars de poisson sont pêchés illégalement dans les eaux guinéennes chaque année, selon une étude menée par le Groupe londonien d’évaluation des ressources marines. Les pêcheurs guinéens qui sont les premières victimes de cette pratique, se trouvent confrontés à des problèmes économiques et sociaux devant la rareté des ressources halieutiques.
Tagged under GouvernanceLe chanteur sénégalais Youssou Ndour, ambassadeur de bonne volonté du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), a lancé le 13 février, à Dakar, une société de micro-crédit dotée dans un premier temps de 200 millions de FCFA (plus de 305.000 euros). Les prêts sont destinés à "des personnes exclues du système bancaire", en particulier les pauvres, les petits métiers, les artisans et les artistes.
Tagged under Gouvernance SenegalLe Sénégal a érigé un mausolée à Cheikh Anta Diop pour perpétuer "l'oeuvre et la mémoire" de cet historien et écrivain décédé il y a vingt-deux ans. ??La cérémonie d'inauguration s'est déroulée le 8 février à Thieytou, localité de la région de Diourbel (centre) où repose Cheikh Anta Diop. ?Il a été construit à la demande du président sénégalais pour "corriger une erreur (de l'histoire). Beaucoup de choses ont été cachées sur Cheikh Anta Diop", a déclaré le ministre de la Culture.
Tagged under Gouvernance SenegalLe Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que 70 à 75 pour cent de femmes et d'enfants figurent parmi les quelque 30.000 réfugiés tchadiens recensés à Kousseri, une ville du nord du Cameroun, séparée de N'Djamena par le fleuve N'Guéli, après les combats de début-février dans la capitale tchadienne. Avec 58 cas déjà recensés la semaine dernière, la situation des orphelins est considérée encore comme la plus préoccupante…
Tagged under Gouvernance ChadLe directeur de publication du journal Umuvugizi, un bimensuel paraissant à Kigali, a affirmé, le 14 février, être de nouveau la cible de "harcèlements téléphoniques" de la part de forces occultes qui menacent de le faire bastonner pour avoir posé une question jugée tendancieuse lors d'une conférence de presse tenue en début de semaine par le président rwandais, Paul Kagame. En février 2007, Jean-Bosco Gasasira avait été sévèrement tabassé et a passé plusieurs jours dans le coma à l'Hôpital Royal Faycal de Kigali où il avait été admis.
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BIEN-ETRE SOCIAL : Guinée : De plus en plus d’enfants dorment dans les rues.Tagged under Gouvernancehttp://www.pambazuka.org/images/articles/43fr/46415gay.jpgJamais l’homosexualité n’a constitué un débat aussi vif au Sénégal. Des positions violentes se sont élevées pour appeler à la lapidation, voire au meurtre d’homosexuels, après que la presse a eu à publier les photos d’un mariage présumé célébré dans ce milieu. Ce n’est pas la première fois que l’homophobie se manifeste dans ce pays. Par contre son ampleur est inédite, du fait que pendant une dizaine de jours l’événement a ainsi fait les gros titres des médias. Autre fait inédit : l’implication de plusieurs organisations de défense de Droits de l’homme, généralement en marge d’un tel débat, qui ont assumé des appels au respect des droits et libertés pour les homosexuels, allant jusqu’à exiger la dépénalisation de l’homosexualité.
L’affaire éclate en début février 2008. Suite à la publication, par un magazine sénégalais, de photos d’un mariage entre homosexuels, qui se serait déroulé un an plus tôt, les médias s’emparent de l’histoire. Mais les développements ne se limitent pas aux colonnes des journaux et aux émissions des radios et télé. En effet, la police intervient et procède, dans la nuit du 2 au 3 février, à l’interpellation de cinq personnes présumées coupables de faits «contre nature». Toutes ont été identifiées sur les photos prises lors de la cérémonie de mariage et publiées dans la presse. Le 6 février, la police procède à leur libération après plusieurs jours d’enquête. Mais le dossier n’est pas encore clos.
Les charges qui pèsent sur les homosexuels, et pourraient les amener à en répondre devant la justice, tiennent au fait que l’acte homosexuel constitue un délit puni par le Code pénal sénégalais. Les peines peuvent aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement, en plus de 100 000 F (environ 150 euros) à 1 500 000 F Cfa (environ 2 200 euros) d’amende. Pour l’opinion publique en général, il fallait une application rigoureuse de la loi. Une position dont les médias se sont largement fait les échos, en plus des commentaires indignés des journalistes eux-mêmes. Dans un pays à 95% musulman, pour 5 % de chrétiens, les autorités étaient ainsi invitées à se montrer fermes pour condamner, voire éradiquer l’homosexualité.
Dans ce contexte d’homophobie quasi généralisée, l’élargissement des cinq personnes interpellées a entraîné un déchaînement de passions plus vives encore. Dans la presse, on pouvait lire : «Cette libération, c’est de la provocation. Ceux qui sont à la base de cette libération sont de connivence avec les homosexuels. Mais il n’y a pas de place dans ce pays pour l’homosexualité». Ou encore : «Dieu a fait tomber la malédiction sur le peuple de Loth qui s’adonnait à cette pratique. Et la colère de Dieu ne se limite pas aux seuls fautifs». Un autre ajoute : «La libération des homosexuels peut avoir des répercussions dangereuses pour la société. L’homosexualité a toujours existé dans notre société, mais avant elle n’avait pas une telle ampleur». D’autres sont allés plus loin dans leurs jugements, pour lancer des appels au meurtre à travers les ondes des radios qui ont organisé des débats sur la question.
Parmi les positions les plus dures, figurent celle d’un leader religieux musulman, député à l’Assemblée nationale et responsable d’un parti politique, M. Mbaye Niang. Le vendredi 15 février, il se propose d’organiser une marche pour dénoncer l’homosexualité et la libération des homosexuels. Ces derniers jours, il a entrepris une tournée auprès de différentes familles religieuses pour les en informer et recueillir leur soutien. Déjà, le vendredi 8 février, recommandation avait été faite aux imams de consacrer leurs sermons pour la prière à l’homosexualité et à la dépravation des mœurs.
Dans sa croisade, M. Niang interpelle les autorités qu’il accuse de laxisme pour avoir libéré les homosexuels, mais aussi pour avoir affiché un silence total sur cette affaire. Il se propose même d’aborder la question au niveau de l’Assemblée nationale. Pour l’heure, le sujet semble gênant pour les autorités qui ne sont jamais prononcées sur cette affaire. Ce sont plutôt des organisations de la société civile qui sont montées au créneau, pour aller à contre-courant de l’opinion publique.
Le premier à s’élever contre l’homophobie généralisée est M. Malick Ndiaye, sociologue, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il dirige aussi le Cercle des intellectuels du Sénégal, une structure qui s’implique dans tous les débats émergeant au sein de la société sénégalaise. Intervenant sur une des principales radios de Dakar, M. Ndiaye s’est élevé, dès le début des interpellations, contre les propos violents et la stigmatisation des homosexuels. Pour lui, au-delà des convictions personnes qu’on peut avoir, il importe de respecter les orientations sexuelles des autres, pour autant que cela relève de leur vie privée. Cette intervention lui a valu des commentaires indignés et des attaques verbales dans les médias.
L’indignation est devenue plus vive, quand des organisations françaises comme Sidaction, Act up et Aides ont publié un communiqué, le 5 février, pour s’élever contre les interpellations des homosexuels et les menaces proférés à leur endroit. Allant plus loin qu’un appel au respect des Droits de l’homme, ces activistes, dénonçaient une hypocrisie de la part du gouvernement sénégalais qui fait de l’homosexualité affichée un délit, alors qu’il finance un programme de lutte contre le sida destiné à ce groupe vulnérable.
Cette sortie des organisations françaises a eu pour effet de braquer l’opinion publique sénégalaise sur une «internationale de l’homosexualité» qui défend ses représentants locaux et par la même occasion renforcer les opinions selon lesquelles les personnes interpellées bénéficient de protection en haut lieu. Mais leur intervention semble avoir servi de déclic au sein la société civile sénégalaise. Le 6 février, au lendemain de la libération des homosexuels, et alors que les appels à la lapidation se faisaient plus forts dans les médias, la Rencontre africaine pour la défense des Droits de l’homme (Raddho) a publié un communiqué pour dire «non à l’homophobie, oui à la tolérance». Elle mettait aussi l’accent sur «une hypocrisie de la société» sénégalaise, violemment braquée contre des orientations sexuelles qu’elle «a toujours tolérées». La Raddho fondait son argumentaire sur la Déclaration de Durban et la Déclaration universelle des Droits de l’homme, et insistait sur le fait, pour le Sénégal, de se conformer aux législations internationales. La Raddho soulignait aussi la responsabilité des journalistes, les appelant à «faire preuve de discernement» et de bannir les «articles suscitant la haine, l’homophobie et l’intorlérance».
Dans la foulée, un communiqué conjoint signé par la Fédération internationale des ligues des Droits de l’homme, la Raddho, l’Union interafricaine des Droits de l’homme, Amnesty International Sénégal, l’Association internationale gay et lesbienne, entre autres, interpellait à nouveau les autorités sénégalaises. La déclaration leur demande «d’assurer le respect de l’intégrité physique et morale des personnes mises en cause dans cette affaire et plus généralement de condamner avec la plus grande fermeté les actes homophobes susceptibles de porter atteinte à l’intégrité physique et morale des personnes homosexuels».
Cet appel s’accompagne d’une exigence pour la dépénalisation de l’homosexualité. Cette requête, un avocat sénégalais l’a renforcée en soutenant que la Constitution du pays s’inscrit dans une telle dynamique, quand elle souligne, dans son article 7, alinéa 2, que «chaque individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, au libre développement de sa personne». Cette référence au «libre développement» de la personne couvre, selon lui, les orientations sexuelles que peut avoir l’individu.
Par contre, l’affaire n’a pas encore fait réagir la communauté anti-sida du Sénégal. Aussi bien le Conseil national de lutte contre le sida que la société civile qui s’active dans la réponse à l’épidémie. Cependant, on apprend que des réunions ont été organisées dans ce milieu pour étudier les voies et moyens de mieux «gérer les impacts possibles» de cette affaire. Car si le Sénégal est cité comme un exemple en matière de lutte contre le Vih et le sida, c’est, entre autres, en raison de la prise en charge qui se développe à l’endroit des groupes vulnérables. Parmi eux, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes. Or si le taux de prévalence affiché au Sénégal est de 0,7%, les chiffres se montent à 21,5 % dans ce milieu, selon une enquête menée en 2004 dans trois régions sur onze. Les études ont aussi montré qu’il s’agit d’un groupe passerelle, à cause de la bisexualité qui fait qu’il ne s’agit pas d’un groupe ferme sur lui même, mais bien en relation avec la communauté.
Or, dans les dénonciations qui ont été faites de l’homosexualité, certains n’ont pas manqué de s’élever contre le fait que le gouvernement finance la prise en charge de ce groupe, dans le cadre de la lutte contre le sida. La crainte, pour les acteurs de la réponse à l’épidémie, est de voir à nouveau s’installer une relation homosexualité = sida. Une telle issue porterait un coup au programme anti-sida du Sénégal, dont l’une des forces est d’avoir pu impliquer les autorités religieuses dans la sensibilisation et la mobilisation pour les changements de comportement.
Au-delà des libertés individuelles et des préceptes religieux qui s’affrontent autour de cette affaire de mariage homosexuel, cet enjeu santé publique lié au sida est important. Mais il passe encore au second plan.
* Tidiane Kassé est rédacteur en chef intérimaire de la version française de Pambazuka News.
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org
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