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    Le parti au pouvoir au Zimbabwe a formellement endossé, le 13 décembre, la candidature du président Robert Mugabe, qui compte briguer un sixième mandat à la tête de l'Etat lors de l'élection de mars 2008. L'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zanu-PF) a unanimement affiché son soutien à sa candidature à l'occasion de son congrès extraordinaire à Harare. Mugabe (83 ans), qui dirige l'ancienne colonie britannique depuis son indépendance en 1980, avait laissé entendre en 2004 qu'il pourrait quitter le pouvoir à l'issue de son mandat actuel

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    CHRONIQUES : Le problème noir en Mauritanie et les relations avec le Sénégal
    COMMENTAIRES ET ANALYSES : Me faire disparaître en douceur : Lettre ouverte à Sandra M. Gilbert et Susan Gubar
    ARTS ET LIVRES : Global : Les responsabilités belges dans l’assassinat de Lumumba
    ZIMBABWE : Mugabe rejette la proposition de sortie de crise de Wade
    MONITORING DE L’UNION AFRICAINE : Les députés africains invités à participer à la protection de l’environnement
    FEMMES ET GENRE : Congo : 40% des victimes des violences sexuelles ont moins de 18 ans
    CONFLITS ET URGENCES : Afrique : Le différend frontalier entre le Burkina et le Niger devant la Cour de justice
    DROITS HUMAINS: Mauritanie : Par souci d’unité, le pays se réconcilie avec son passé
    MOUVEMENTS SOCIAUX : Afrique : Flambée des prix et succession de soulèvements
    REFUGIES ET MIGRATION FORCÉE: Cameroun : les réfugiés centrafricains craignent de rentrer chez eux
    ELECTIONS ET GOUVERNANCE: Afrique du Sud : Mbeki reste dans la course à la président de l’Anc
    AFRIQUE ET CHINE : Chinois et Brésiliens vont offrir des images satellites de la terre à l’Afrique
    CORRUPTION : Gabon : Bongo fête ses 40 ans de pouvoirs en dénonçant la corruption
    DÉVELOPPEMENT : Global : L’Afrique à la recherche de lignes frontalières transfrontalières
    SANTÉ ET VIH/SIDA : Afrique du Sud : Action en justice pour des préservatifs défectueux
    ÉDUCATION : Centrafrique : Projet de création d’une école de pharmacie
    MÉDIA ET LIBERTÉ D'EXPRESSION : Global : A bientôt 40 ans, Jeune Afrique fait une cure de jouvence
    NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : La Banque mondiale collabore avec l’UA sur le fonds des transferts de la Diaspora
    PLAIDOYERS ET CAMPAGNE : Global : Journée d’action des médias pour «Un autre monde possible»

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  • Pius Adesanmi met en cause l'omission des érudits féministes africaines dans l'ouvrage "Norton Anthology"** et il lance un défi aux rédactrices en demandant "pourquoi un continent entier donne l'impression de n'avoir rien produit de la théorie sur le féminisme. "Je m'intéresse aux processus du conscient et du subconscient qui vous ont fait aboutir à la conclusion que l'Afrique, un continent entier de cinquante-quatre pays et de plus d'un milliard de gens, n'a donné rien, absolument rien, comme contribution aux cinq siècles de théories sur le féminisme. Après tout, en tant que chercheurs chevronnées aux Etats-Unis, vous connaissez toutes deux que les exclusions parlent plus fort que les inclusions.”

    Chères Sandra et Susan, je vous salue toutes deux au nom du féminisme, de la libération de la femme, de l'égalité des genres, et, plus important, de la solidarité féminine mondiale. La publication de votre ouvrage très attendu sous le titre "Feminist Literary Theory and Criticism : A Norton Reader" (Théorie et critique littéraires féministes: Recueil Norton), constitue un événement tellement historique que je dois interrompre le sommeil merveilleux et bien mérité qui me fut finalement accordé lorsque les gens et le gouvernement de la France, qui agissent plus que jamais en pères et en mères quand il est question de prendre soin de la pauvre Afrique, ont de bonne grâce retourné mon cerveau et mon derrière au gouvernement sud-africain pour enterrement dans ma terre natale il y a quelques années.

    Je rejoins la famille féministe américaine et mondiale pour vous féliciter toutes deux pour la publication de ce volume véritablement merveilleux. Il est évident que le travail intellectuel féministe ne sera plus jamais le même. Succès éclatant, dois-je dire, est devenu synonyme de la longue histoire de collaboration intellectuelle entre vous deux. Après tout, The Mad Woman in the Attic (La femme folle dans l'Atlantique), le premier cadeau de vos efforts de collaboration au profit de l'humanité, est restée la seule bible inévitable, incontournable de la recherche académique féministe depuis sa publication.

    La référence à la magnanimité de la France en remettant mes restes au gouvernement et aux gens de l'Afrique du Sud aurait dû, à présent, faire ressortir mon identité. Cependant, il est toujours plus sûr et plus sage de jurer par l'invisibilité naturelle de l'Afrique et des Africains dans les dossiers d'importance mondiale. Et dans votre contexte immédiat aux Etats-Unis, il est absolument fou de supposer qu'il y ait une personne quelconque qui considère la connaissance de quoi que ce soit sur l'Afrique comme une nécessité. Sauf, évidemment, la famine, la mort par la faim, la pauvreté, les guerres, le Sida, la famine et la charité occidentale ou le "fait de donner" (excuses auprès du président Bill Clinton). Je dois dès lors supposer que vous ignorez totalement mon identité et me présenter. J'espère que vos cœurs pourront me pardonner ma présomption si vous connaissez déjà très bien mon histoire.

    Je m'appelle Sarah Baartman, également bien connue à l'échelle internationale comme "la Hottentot Venus". Je vais vous épargner les détails insolents de mon histoire et me concentrer uniquement sur l'essentiel. Je suis tombée dans le piège et arrivée à Londres en 1810 où je devins aussitôt une prisonnière du voyeurisme rapace et capitaliste de l'Europe. Je suis sûre que je ne suis pas obligée de vous raconter l'histoire de l'Europe au 19e siècle et ses façons de traiter les Autres en Afrique et à d'autres endroits. Sans aucun doute, vous vous souvenez toujours de votre orientalisme- Edward a indiqué qu'il a été un très bon ami depuis mon arrivée ici. L'Europe de cette période était aussi un théâtre formidable de toutes sortes d'expositions. La zoophilie était en vogue. L'Autre de couleur devait être exposé publiquement et régulièrement à Londres, à Paris et à Lisbonne en tant que faune coloniale.

    Comme le sort se débrouille toujours pour arranger ces choses, j'étais ce que les Européens appelaient – et continuent d'appeler- une "femme de tribu africaine" douée d'une partie arrière exceptionnelle. La science de l'Europe tira vite la conclusion que mon derrière avait souffert d'une déformation biologique connue sous le nom de stéatopygie.
    Mes lèvres en tant que femme étaient aussi jugées trop immenses et allongées par rapport aux standards du monde civilisé déterminées par les lèvres de la femme blanche. Et ainsi, de la Bretagne en France, ma partie arrière et mes lèvres en tant que femme devinrent l'objet de consommation visuelle dans les sphères publiques du patriarcat du blanc. Moyennant le paiement de frais supplémentaires, les hommes blancs pouvaient même palper mon derrière pendant que j'étais en exposition.

    Pour finir la mort m'emporta. Vous devez savoir que là d'où je viens en Afrique, la mort n'est pas une finalité. Je fis tout simplement la transition vers le statut d'ancêtre suivant la façon dont mes gens conçoivent le monde, d'où la révérence avec laquelle les Africains traitent les morts. Il n'en est pas tellement ainsi des Européens. Ils prirent leurs couteaux et objets de sculpture, sculpté et enlevé mon cerveau, les lèvres de ma féminité, et mon derrière, ils les ont mis dans des bouteilles, et ils les ont exposés au public au Musée de l'Homme à Paris. Oui, je peux vous voir embarrassées. Vous devriez. Toutes les féministes sensibles devraient. L'idée, juste l'idée ! La tragédie amère des parties les plus vitales d'une femme capturées par des hommes, arrachées par sculpture de son corps mort par des hommes, et stockées au Musée de l'Homme !

    Mes parties sont restées sous la vue du public dans ce musée, preuve ultime de la victoire du patriarcat sur le féminisme, jusqu'en 1974, lorsqu'elles furent retirées et placées dans un sanctuaire privé. Finalement, en 2002, la France retourna sa précieuse conquête aux gens de l'Afrique du Sud.

    Chères sœurs, la signification de mon histoire à la cause féministe et au travail intellectuel féministe dans le monde devrait être dès lors assez évidente. Pendant presque deux siècles, j'étais une célébrité internationale de la cause féministe, l'incarnation même du contrôle patriarcal de la sexualité féminine africaine, la sexualité féminine noire, et, j'ose le dire, la sexualité féminine. Permettez-moi d'être claire : l'histoire de mon corps dans l'économie internationale des significations est l'histoire de vos propres corps, l'histoire du corps de toute femme. La différence réside dans le détail ou dans ce que vos collègues post-modernistes appelleraient particularités locales.

    (…) Il est logique que toute personne raisonnable s'attendrait à ce que je fasse une entrée grandiose, mémorable dans votre volume Norton à travers le travail de l'une ou l'autre des nombreuses femmes africaines, érudits de renom international, qui ont écrit à mon sujet. Sous peine de manquer de modestie, personne ne songerait à retenir une sommation de cinq siècles de travail intellectuel féministe – que votre anthologie Norton représente - et faire chou blanc en ce qui concerne l'histoire de Sarah Baartman. Après tout, j'ai été théorisée, post-colonisée, et post-modernisée dans toutes les versions compliquées du féminisme. Je ne pensais pas qu'il m'était possible d'être réduite au silence dans un décompte historiographique quelconque qui se veut sérieuse en matière de théorie féministe.

    Croyez-moi, mes chères sœurs, je n'ai pas été poussée à vous écrire par une quelconque auto-indulgence narcissiste. Vous conviendrez, à partir de ce que vous savez de mon histoire, que je suis presque habituée à être réduite au silence, à aller aux oubliettes. Je suis en réalité plus préoccupée par les implications idéologiques plus vastes, plus profondes du fait que vous m'ayez fait disparaître doucement de votre volume Norton. Je suis intéressée par les histoires racontées – ou non racontées – par vos choix et options sur le plan de la rédaction, l'instinct d'inclure et l'impulsion d'exclure. Je m'intéresse aux processus conscients et subconscients qui vous ont fait aboutir à la conclusion que l'Afrique, un continent entier de cinquante-quatre pays et plus d'un milliard de gens, n'a donné rien, absolument rien, comme contribution à cinq siècles d'élaboration de théories féministes. Après tout, en tant que chercheurs chevronnées aux Etats-Unis, vous connaissez toutes deux que les exclusions parlent beaucoup plus fort que les inclusions. Je sais que nous sommes à la même page ici.

    Certaines gens pourraient vous faire des éloges pour avoir confectionné ce volume réellement mondial et représentatif en incluant les voix d'horizons diversifiées de l'Autre. Ils auraient raison de faire cela. Après tout, vous avez inclus un si grand nombre de dissertations, par Hortense Spillers, Alice Walker, Toni Morrison et Audre Lorde, preuve de votre connaissance des voix et pratiques féministes africaines ; vous avez inclus des dissertations par Gayatri Spivak et Chandra Mohanty, preuve que vous connaissez le domaine en expansion du Tiers Monde/voix et pratiques féministes post-coloniales/transnationales ; l'entrée par Paula Gunn Allen a fait éviter la honte pour les féminismes des natives de l'Amérique ; Gloria Anzaldua – une autre bonne amie à moi ici – en toute reconnaissance, garantit la présence des féminismes "chicana" dans votre volume. De nature, la présence de ces Autres voix, qui sont introduites de manière stratégique dans le texte, est une preuve louable de ce que vous avez fait attention lorsque Hazel Carby s'est écrié dans un article: "Femmes blanches Ecoutez" ! Vous avez écouté.

    Vous avez convenu avec elle que le féminisme pourrait et ne devrait plus être l'évangile de la femme blanche de l'Occident selon Betty Friedan, Germaine Greer, Gloria Steinem, Kate Millett, Judith Butler, Diana Fuss, Elaine Showalter et les autres trop nombreuses pour être mentionnées. Vous avez convenu avec Carby que les récits de la délégation française – Simone de Beauvoir, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Monique Wittig, et Julia Kristeva – ne devraient plus être considérés comme universels. Vous avez convenu que les femmes chinoises sont probablement mieux placées pour parler à propos d'elles-mêmes et pour elles-mêmes que d'être représentées par le titre de Julia Kristeva "About Chinese Women" (A propos des femmes chinoises").

    C'est votre connaissance de ces choses qui rend encore plus alarmante votre exclusion des théories et des théoriciennes féministes africaines de votre volume. Serait-ce parce que vous imaginiez que les voix des femmes africaines que vous avez sélectionnées parlent adéquatement pour leurs sœurs du même continent ? C'est possible. Si tel est le cas, je dois vous dire que les femmes africaines américaines ne peuvent pas être interposées et parler au nom des femmes africaines du continent. Selon un proverbe africain, le singe et le gorille pourraient prétendre être les mêmes, mais le singe reste le singe et le gorille le gorille.

    Peut-être que vous imaginiez que les femmes africaines seraient mieux servies si elles trouvaient de l'espace dans le Troisième parapluie féministe mondial/postcolonial/transnational que vous avez représenté avec les voix de Gayatri Spivak et Chandra Mohanty ? C'est possible. Pourrait-ce être que vous ne connaissez tout simplement pas le corps considérable de l'intellection féministe africaine, juste là derrière vous à l'académie américaine ? C'est possible. Pourrait-ce être que vous avez juste choisi de tout simplement les faire disparaître comme vous m'avez faite disparaître ? C'est possible.
    Je suis sûre que vous savez que ce n'est que maintenant en 2007 que Bill O'Reilly, le fameux fondamentaliste de droite, qui est bavard dans Fox News, vient de découvrir que les Africains Américains sont capables de manger convenablement avec la fourchette et le couteau, comme des gens réels, comme des gens normaux. Maintenant, je ne veux pas que vous preniez le même chemin. Je ne voudrais pas que vous découvriez, en 2007, que les femmes africaines continentales ont développé, et continuent de développer, des théories féministes pendant très longtemps dans l'académie américaine et qu'elles ont produit un corps considérable de travail, dont un ou plusieurs devraient avoir mérité de passer par l'aiguille de Norton.

    Puisque vous avez inclus le travail par Alice Walker, je considère que vous connaissez toutes deux comment sa théorie de "womanism" (militantisme féministe) a si bien circulé aux Etats-Unis et à travers les programmes et départements d'études féministes mondiales. Le problème c'est que, en 1985, avant que Walker n'utilisa le terme, Chikwenye Okonjo Ogunyemi, érudit féministe nigériane basée aux Etats-Unis, avait publié une dissertation en Signes sous le titre: "Womanism: The Dynamics of the Contemporary Black Female Novel in English". Maintenant, «Signs» n'est pas une nouvelle que vous deux pourriez avoir ratée. C'est le journal d'études féministes analysé par les pairs le plus prestigieux aux Etats-Unis. Mais supposons que, d'une certaine manière, vous l'avez manqué, Ogunyemi a par la suite publié un livre très important sous le titre "African Wo/Man Palava", avec l'imprimerie de l’Université de Chicago, en 1996.
    Avez-vous également manqué cela ? Nous parlons de la Presse de l’Université de Chicago, pour l'amour de Dieu ! Il y a aussi Obioma Nnaemeka, une formidable théoricienne du féminisme basée à Indiana University. Elle est de réputation mondiale. Certainement. Franchement parlant, sa dissertation titrée "Feminism, Rebellious Women, and Cultural Boundaries" (Le féminisme, la femme rebelle et les barrières culturelles) ne se préoccupe en rien de ne pas faire partie de votre Manuel Norton. Il y a bien sûr son formidable travail sur la circoncision féminine en Afrique. A propos, n'est-ce pas que la circoncision féminine en Afrique – mutilation génitale en langage occidental – est supposée constituer un sujet de prédilection sensationnelle pour les féministes et ONG occidentales ? Si ce n'est pas le cas, un seul extrait du volume édité d'Obioma Nnaemeka, sous le titre "Female Circumcision and the Politics of Knowledge: African Women in Imperialist Discourses," (La circoncision déminine et la politique du savoir: la femme africaine dans les discours Impérialistes) a réussi à entrer dans votre volume, ne pensez-vous pas qu'il y a quelque chose qui cloche terriblement ?

    Il y a également Oyeronke Oyewumi, une importante théoricienne féministe basée aux Etats-Unis. Minnesota Press a publié son livre titré "The Invention of Women : Making an African Sense of Western Gender Discourses" (L'Invention de la femme : Donner un sens africain aux discours occidentaux en genre), et ce avec des acclamations critiques en 1997. Cela ne mérite-t-il aucun chapitre dans ce livre ? Il y a également Ifi Amadiume. Elle enseigne à Dartmouth. Son ouvrage "Male Daughters, Female Husbands: Gender in an African Society" (Filles mâles, maris femelles : Le genre dans la société africaine) est un titre classique d'une valeur inestimable. Avez-vous aussi raté cela ?

    Il y a Molara Ogundipe et Nkiru Nzegwu. Qu'en est-il de l'Egyptienne Nawal El Saadawi et de l'Algérienne Assia Djebar ? Ces deux figures mondiales d'écriture féminine et de travail intellectuel féministe n'ont écrit rien qui aurait pu secourir le continent entier ? Vous remarquerez que je me suis gardée de mentionner qui que ce soit parmi les nombreuses penseuses féministes importantes basées en Afrique. Je ne veux pas vous ennuyer. C'est aussi mieux de citer celles dont on croirait que vous ne sauriez, en toute raison, avoir manqué l'altérité suivant le langage académique américain.

    J'ai lu avec peine dans votre préface que "nos conversations au sujet de la construction du présent livre ont été améliorées par beaucoup de collègues et amis qui ont échangé avec nous des syllabus, ont mené des débats sur leurs pratiques pédagogiques et fait des suggestions concernant ce qui pouvait être inclus". Une longue liste de noms suit et c'est ici que réside la tristesse : que mon histoire et l'histoire de la contribution de l'Afrique à la théorie féministe ne soient apparues à aucun moment dans ces conversations avec la longue liste de consultantes. Pas une seule personne, pas une seule collègue à travers le paysage d'études féministes aux Etats-Unis n'a relevé cet oubli grave – s'il s'agit effectivement d'un oubli – de votre part ? Obioma Nnaemeka est une voisine de Susan Gubar à Indiana, pour l'amour du Christ !

    Il y a toutefois quelques bonnes nouvelles. On ne manquera pas d'intellectuels africains contents qui se soucieront d'avoir la sagesse de s'attendre même à ce que l'Afrique n'ait pas été incluse dans votre travail pour commencer. Pourquoi gémissons-nous et nous plaignons-nous toujours quand les Occidentaux nous ignorent, diront-elles ? Notre inclusion ne rentre pas dans leurs responsabilités. Nous devrions nous inclure nous-mêmes en créant nos propres structures, point trait ! Après tout, Oyeronke Oyewumi, comme par anticipation de ce qui se passerait avec votre projet Norton, avait édité le titre "Gender Studies: A Reader" en 2005. De telles opinions ignoreraient bien entendu le simple fait que votre travail a une base universalisante au regard de son étendue historique et de son champ thématique et l'Afrique a été exclue de cette image. Elles ignoreraient le fait que ceci c'est Norton et qui dit Norton dit canons ! Elles ignoreraient le fait que, même si nous devions adopter l'approche réductionniste, tout ce que vous avez fait ici c'est de refléter les multiples voix qui ont modulé les études féministes, le genre et la femme dans l'académie américaine au fil des années, et que le produit fini exprime le message fallacieux comme quoi aucune femme africaine n'a fait partie de ce processus.

    Je sais que vous vous demandez comment une femme africaine, qui est décédée il y a tant d'années sans aucune preuve qu'elle a fréquenté une quelconque université, parvient à être si habituée au langage et à la procédure académiques. Vous devriez connaître la réponse à ça: je suis maintenant un ancêtre, un esprit. Je ne suis pas humaine. Je suis supposée tout savoir. C'est ce qui sanctionne mon intervention dans les affaires de vous autres les mortels!
    Paix et Amour
    Sarah Baartman

    **Feminist Literary Theory and Criticism: A Norton Reader (Paperback - Théorie et critique littéraire féministes: Manuel Norton - Livre de poche]
    Par Sandra M. Gilbert (Auteur), Susan Gubar (Rédacteur en chef)

    * Pius Adesanmi est Professeur Associé d'Anglais et directeur du Projet sur les Nouvelles littératures africaines (www.projectponal.com) à Carleton University, Ottawa, Canada. Outre son œuvre académique, le Dr. Adesanmi publie régulièrement des articles d'opinion dans divers forums internet. Il gère un blog régulier pour "The Zeleza Post" ( et il a contribué à Counterpunch, Slepton et Chimurenga en ligne. Tél: (613)520 2600, ext. 1175 Visitez-nous aujourd'hui sur : www.projectponal.com

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  • A la fin du gouvernement de transition en République démocratique du Congo (Ndlr : en juillet 2006) alors que ses deux institutions soeurs issues des Accords de Sun City (Ndlr : signés le 19 avril 2002), à savoir la Commission électorale indépendante et la Haute autorité des médias étaient reconduites sous une autre forme, sous la Troisième République, la Commission vérité et Réconciliation, elle, n’avait pas fait objet d’une reconduction. Et quand le président de cette commission, Mgr Kuyendundu, plaidant pour sa reconduction, avait été reçu par le président de l’Assemblée nationale, d’aucuns se posaient la question de la pertinence d’une telle démarche, alors que la RD Congo a déjà ses institutions démocratiquement élues et installées. A cette préocupation il y a lieu de préciser que la mise en place d’une Commission vérité et réconciliation est une nécessité et une urgence pour une paix durable et une réconciliation sincère en RD Congo.

    Lors des assises de Sun City ayant réuni les Congolais en Afrique du Sud, en vue de mettre fin au conflit armé qui a endeuillé le pays pendant plus de quatre ans, avec un bilan macabre de plus des quatre million de morts, des centaines des déplacés ou refugiés, sans compter d’autres atrocités et destructions, il avait été décidé la création d’une structure consacrée à la «vérité et reconciliation», parmi les cinq institutions d’appui à la démocratie. A savoir la Commission vérité et réconciliation, la Haute autorité des média, l’Observatoire national des Droits de l’homme, la Commission éthique et lutte contre la corruption et la Commission électorale Indépendante. Parmi tous les objectifs poursuivis par ces structures, l’impératif de vérité et de réconciliation était une urgente nécessité.

    Une nécessité

    La RD Congo, en tant que pays indépendant et souverain traîne derrière elle des années de dictatures et de guerres. Durant ces deux périodes de son histoire beaucoup d’injustices, d’assassinats politiques et des violations des Droits de l’homme ont été commis. Toutes ces injustices ou violations ont divisé le peuple Congolais tandis que d’autres portent un deuil jamais levé, car ne sachant pas si les leurs sont réellement mort ou non. Il devient donc impérieux que toutes ces injustices soient corrigées et que l’histoire de la RD Congo soit réécrite.

    Ce souci de réécrire l’histoire de la RD Congo a été perçu dans la décision du président du Sénat, Léon Kengo wa Dondon de répertorier tous les sénateurs de la RD Congo ayant oeuvré pendant les deux premières législatures (1960-1965 et 1965-1997). La tentative de la correction des injustices et de la relecture de l’histoire fut aussi observée lors de la Conférence nationale souveraine, mais cela n’aboutit pas à un résultat concret suite à la fin brutale desdites assises, au point que la commission, dite sensible, n’eut pas le temps de lire son rapport.

    Pendant les périodes troubles, plusieurs familles ont déploré non seulement la mort de leurs, mais aussi les disparitions, à telle enseigne qu’ils continuent à porter le deuil jusqu’à la confirmation de la mort. Connaître la vérité sur le passé est un remède pour ceux dont les coeurs sont blessés par l’incertitude, alors que d’autres n’attendent que la reconnaissance du préjudice subi pour se guérir de leurs blessures intérieures. Plusieurs communautés qui ont connu des conflits ethniques à cause des frustrations dues aux injustices du passé continuent de se regarder en chien de faïence. Ces communautés trouveront là un cadre idéal pour se parler, se pardoner et se réconcilier.

    Une urgence

    Un pays qui oublie son passé risque de répéter ses erreurs. Après des régimes dictatoriaux et des guerres meurtrières, la RD Congo qui se veut un pays de paix et de justice a besoin de connaître son passé pour non seulement corriger les erreurs commises, mais aussi éviter pour de les répéter.

    Etant donné qu’il est irréaliste de remonter le temps jusqu’à l’avènement de l’Etat indépendant du Congo, il est important que le Congolais sache son histoire même celle allant de l’accession du pays à l’indépendance. Or, après quarante-sept ans de souveraineté nationale, il y a plus de chances qu’un bon nombre d’acteurs et témoins de l’accession de notre pays à l’indépendance soient déjà morts. Alors que ceux qui le sont pour le reste de l’histoire de la RD Congo, de 1960 jusqu’à nos jours, continuent à prendre de l’âge.
    Ce cadre donnera aux survivants des années 1960, qui sont des bibliothèques vivantes, l’opportunité d’édifier les Congolais sur beaucoup de zones sombres qui jonchent l’histoire de leur pays. La restitution de l’histoire permettra de repartir sur des bonnes bases.

    L’urgence se justifie aussi à cause des victimes des violations des Droits de l’homme et diverses injustices qui attendant une réparation pour les préjudices subis. En effet, les injustices des régimes dictatoriaux, les affres des conflits ethniques et des guerres ont causé des préjudices incalculables dans la population congolaise. Des communautés se sont séparées, des personnes physiques ont vu leurs biens expropriés ou détruits, des villages entiers ont été brûlés, des femmes et filles de tout âge violées, mutilées, infectées délibérément par le virus de sida, des villages entiers déplacés, des personnes tuées, disparues ou torturées. Tout ce bilan macabre a laissé des milliers de victimes qui crient nuit et jour pour une réparation.

    Les propositions de réparation équitable ne peuvent venir que d’une commission constituée des personnes éprises de justice et de paix et dont l’intégrité morale n’est sujet à aucun doute.

    Conclusion

    Lors des assises de Sun City, une structure fut établie pour réconcilier le peuple congolais déchiré par les guerres et les dictatures. Mais vue les failles qui l’ont caractérisée, il est inapproprié d’en parler comme d’une commission vérité et réconciliation comme le soutient aussi Roberto Garretton . Il est donc temps d’instaurer ladite structure. En effet, si les participants aux assises de Sun City n’étaient pas l’émanation du peuple congolais pour comprendre ses profondes aspirations, les institutions démocratiquement élues, elles, le sont. Et parce qu’elles sont l’émanation de la volonté du peuple congolais, qui leur a confié un mandat, elles sont habilitées, en particulier le Parlement, pour établir une Commission pour la vérité et la réconciliation. Car il s’agit là d’une urgence pour une paix durable et une vraie réconciliation en RD Congo.

    * Dieu-Donné Wedi DJAMBA est avocat au barreau de Lubumbashi, en RD Congo, consultant indépendant en Justice transitionnelle, activiste des Droits de l’homme, Assistant à l’Institut supérieur d’étude juridique appliquée de Lubumbash et écrivain.
    Tel :+243812485222;+27834296724
    Email:[email protected] ;[email protected]

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  • En avril 1989, des incidents surviennent entre les populations frontalières du Sénégal et de la Mauritanie. Les événements s’accélèrent, les deux armées se font face et deux côtés des exactions sont menées contre les populations immigrées de l’autre pays. A Nouakchott, le pouvoir en profite pour expulser des dizaines milliers de Négro-Mauritaniens vers le Sénégal. Vingt ans plus tard, et après les changements démocratiques survenus en Mauritanie, le nouveau régime s’est engagée dans une dynamique plus ferme d’ouverture pour le retour de ces réfugiés. Economiste sénégalais, Amadou Tidiane Dia analyse les soubassements de ce «problème noir» en Mauritanie, au regard des relations avec le Sénégal depuis la période précoloniale.

    Les évènements dramatiques de 1989 entre le Sénégal et la Mauritanie, tout comme celles de 2000, ont appelé l’attention une fois de plus sur les problèmes internes de celle-ci et sur la politique internationale. Chemin faisant, de façon topique et urgente, réapparaît la question des frontières entre ces deux pays. Le changement démocratique récemment intervenu à Nouakchott (Ndlr : élection du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le 25 mars 2007), l’amène sous un nouvel éclairage.

    A partir de maintenant, Dakar et Nouakchott se trouvent plus jamais à la croisée des chemins. Ils doivent se mettre à la hauteur de leurs responsabilités et prendre des décisions. Cela va de la reconnaissance à part entière des Négro-africains, à la délimitation des frontières, en passant par les champs traditionnels sur l’autre rive, le statut des travailleurs immigrés, le partage des eaux et de l’électricité du barrage, etc.

    Des journalistes, des politologues, des hommes de culture ont saisi l’occasion pour donner de substantiels rappels historiques, des études de fond sur les implications philosophiques, politiques et économiques des relations entre le Sénégal et la Mauritanie. Notre dessein n’est point, après eux, de redire, en d’autres termes, ce qui désormais pourrait passer pour des vérités premières. En écrivant ces derniers mots, je ne puis ne point songer à Gaston Bachelard, qui déclarait : «Il n’y a pas de vérités premières, il n’y a que des erreurs premières». Ainsi, ce qui semble acquis peut être encore affiné, présenté sous un autre éclairage. C’est le propos de cette contribution qui n’est qu’un rappel.

    Les anciens appelaient «maures» des peuplades au teint basané vivant dans la partie septentrionale de Carthage, bien connus des Romains (on se rappelle le leitmotiv de Caton : «Il faut détruire Carthage»), aux mœurs rustres, nomades, donc sans civilisation au sens antique (étaient réputés civilisés les sédentaires). Ces Maures, disséminés dans le désert, ont jusqu’à une époque toute récente continué de mener une vie nomade. Sans doute se fixaient-ils plus ou moins longtemps à tel endroit. Mais ils ne se souciaient pas de fonder un Etat, de constituer une Nation. Tous les nomades connus par les différents courants migratoires étaient, s’ils le souhaitaient, accueillis. Ainsi ces peuplades étaient hétérogènes. Elles n’avaient en commun que leur mode de vie (le sédentarisme), leur teint plus ou moins basané.

    Bien plus tard, au fur et à mesure que les Maures approchaient du fleuve Sénégal, la nature était plus clémente, les ressources plus nombreuses ; ils ont commencé à se sédentariser et se sont donné une culture et une civilisation. A l’origine, c’était une Tour de Babel en miniature : divers idiomes servaient de véhicules de communication. La nécessité d’échanges de tous ordres ont fini par altérer les parlers originels pour leur susciter des formes syncrétiques devenues le hassania, caractéristique de la communication maure.

    Au moment de l’islamisation de l’Afrique du Nord, les caravanes qui partaient vers le sud du Sahara, en Afrique noire notamment, traversaient les parties occupées par les Maures. Elles ne manquèrent pas d’y exercer une influence linguistique, religieuse. Des emprunts à l’arabe, en particulier, enrichissant l’hassania, la culture islamique laissa des traces. Se constitua peu à peu, avec les limons de l’Islam et le substrat maure, une culture spécifique.

    Les Négro-africains, riverains du fleuve Sénégal, constituèrent, dès l’origine, avec cette souche de Maures, une communauté. Les échanges n’étaient pas simplement d’ordre commercial. Sans doute que des Maures de tempérament belliqueux, plus ou moins mus par des préjugés, s’efforçaient-ils de réduire certains membres de la communauté en esclavage. Mais les esclaves n’étaient pas tous négro-africains. C’est bien plus tard qu’est né un sentiment de solidarité raciale liant les relativement blancs (beydanes), par opposition aux noirs. De là tous les termes péjoratifs que nous connaissons, toutes les idéologies cousues de fil blanc qui ont cours.

    Cette communauté, hétérogène au départ, se stratifie. Les Beydanes se réclament d’une culture supérieure arabe et cherchent, par le biais de l’islam, religion commune aux deux collectivités, à se donner des lettres de noblesse. Un consentement tacite admet cette hiérarchisation non fondée, ni en droit ni en fait. Toutefois un modus vivendi non explicite assure la cohésion sociale.

    Au moment de la colonisation française, pour des raisons de commodité administrative et de bonne gestion, les frontières entre le Sénégal et la Mauritanie sont déterminées avec soin (cf décret de décembre 1933). Les Français, compte tenu de cette communauté spécifique, organisent un territoire appelé Mauritanie. Le mot «Mauretania» se lisait chez les historiens anciens. Ce territoire non urbanisé avait sa capitale à Saint-Louis du Sénégal. Cette situation administrative a favorisé davantage l’interpénétration entre Sénégalais et habitants de la Mauritanie. Tout le monde sait comment a été vécue cette histoire commune, quelles en ont été les manifestations.

    Les Beydanes, en général, étaient rebelles à la scolarisation en français. Ils préféraient, prétextant leur appartenance à l’islam, étudier l’arabe (classique ou dialectal). La langue officielle, dans les colonies, étant le français, les postes importants dans l’administration étaient occupés par les Négro-africains qui, eux, fréquentaient l’école française, à ses différents niveaux. Durant la période coloniale, rares étaient les Beydanes qui émergeaient dans l’administration, dans la politique. Souvent même des Sénégalais de souche représentaient, à différentes instances, les habitants de la Mauritanie. Cet état de fait n’a jamais été contesté par les Beydanes. Peut-être ceux-ci estimaient-ils, dans le contexte de la colonisation, que ces activités profanes étaient en dehors du champ de leurs préoccupations. Sénégalais et Mauritaniens ont donc cohabité à la manière d’une communauté bipolaire. Il serait loisible de rappeler maints exemples significatifs.

    Vint l’indépendance des territoires africains. Le Sénégal et la Mauritanie deviennent des Etats jouissant de la souveraineté internationale. Le Sénégal, à la suite de péripéties qu’il n’est pas de saison de rappeler, érige Dakar en capitale du nouvel Etat, tandis que la Mauritanie s’édifie une capitale à Nouakchott, ville surgie des sables du désert. Désormais, le Sénégal et la Mauritanie, tout en continuant leurs liens multiculturels, ont des destins séparés. Chacun d’entre eux est un Etat souverain, qui conçoit et résout ses problèmes comme il lui convient. Tous les deux, naguère de mouvance française, sont tenus de donner droit de cité, au moins provisoirement, à la langue française. Ils ont hérité des structures administratives, politiques de l’ancien colonisateur. Sans doute cet héritage ne permet-il pas de résoudre les problèmes posés aux différends Etats. Mais, il faut parer au plus pressé et chausser des bottes de plusieurs lieues.

    Au Sénégal, où existaient déjà nombre de cadres de haut niveau, il s’agissait simplement d’en former d’autres le plus rapidement possible. Le tribalisme n’ayant jamais existé dans ce pays, il n’y a pas lieu de s’épuiser en dosages savants tenant compte de telle ou telle tribu. La nation sénégalaise est antérieure à l’Etat sénégalais.

    En Mauritanie, bien que les cadres négro-africains fussent en plus grand nombre, a été élu chef d’Etat un Beydane issu d’une grande famille maraboutique. En outre, dès le début de la souveraineté internationale, le chef de l’Etat, conscient de la supériorité numérique des cadres Négro-africains et du danger que cela constitue pour les Beydanes, établit un «numerus clausus» limitant à 20 % de l’effectif de la Fonction publique le nombre de Négro-africains. Cette injustice flagrante n’a pas été relevée. Il était plus urgent, semblait-il, d’édifier un Etat solide, fort, respecté plutôt que de s’affaiblir par des querelles intestines.

    Le nouvel Etat mauritanien, tous se le rappellent, a rencontré de très grandes difficultés pour sa reconnaissance par la communauté internationale. Les péripéties de sa candidature à l’Onu sont encore présentes dans nos mémoires. Le Sénégal a parrainé l’admission de la Mauritanie à l’Onu et a mené une intense activité diplomatique pour seconder sa démarche. A ce moment-là, nombre de pays arabes, appuyant le Maroc dans ses visées annexionnistes, étaient hostiles à la Mauritanie.

    La Mauritanie, une fois admise à l’Onu, s’est efforcée de mener une politique ménageant aussi bien les Etats africains que ceux des pays arabes. Les avatars de sa politique internationale ne sont pas oubliés : appartenance à des organismes régionaux africains puis retrait de certains d’entre eux, suivant les nécessités de la coopération avec les pays arabes. La proclamation d’une République islamique de Mauritanie n’a pas été sans calcul. On misait sur la solidarité des pays musulmans pour, un jour plus tard, bénéficier d’une assistance pour exécuter certains desseins ; on se proposait de réduire l’influence de la collectivité négro-africaine en décidant l’arabisation de l’enseignement. De la sorte est assurée la promotion des Beydanes, qui, les recensements l’attestent, sont minoritaires dans le pays.

    La Mauritanie, au lieu de viser à l’unité culturelle par une politique éducative appropriée, choisit de nier les réalités en faisant abstraction des valeurs culturelles de la majorité. On adopte l’idéologie qui proclame que, pour un musulman, il n’y a de culture qu’islamique. A entendre les promoteurs de cette thèse, l’islam serait le véhicule d’une culture unique. Il n’en est rien. Il faudrait plutôt considérer l’esprit du Coran et non la lettre. Ici, aussi, la lettre tue, l’esprit vivifie.

    Les problèmes intérieurs de la Mauritanie ne sont pas sans rejaillir sur le Sénégal. Les Négro-africains de Mauritanie sont non seulement de même race, de même culture que ceux du Sénégal, mais de part et d’autre du fleuve vivent des parents, des personnes liées par le sang. Il va de soi, alors, que la solution préconisée officiellement par la Mauritanie laisse en dehors d’elle nombre d’éléments. Parmi ceux-ci, certains sont tributaires de la situation intérieure, d’autres relèvent du voisinage.

    Ainsi, Sénégal et Mauritanie sont politiquement, culturellement indépendants, quelle que soit la volonté de leurs dirigeants. Au moment des indépendances des territoires africains, les frontières étaient définitivement fixées. Les nouveaux Etats ont solennellement, à l’Oua, pris acte de cette situation, à leurs yeux, irréversible. Les évènements de 1989 qui sont le corollaire de la politique générale de la Mauritanie, ont tiré prétexte d’un fait divers, qui n’est pas un cas singulier, pour mettre en pleine lumière un problème ardu. Laissant de côté la passion, l’émotion, qui devraient être le lot des populations et non des responsables politiques, il convient d’examiner la situation objectivement, en toute sérénité, sans arrière-pensée.

    Il serait vain de s’accuser les uns les autres. «Les Etats, comme l’a déclaré un grand homme d’Etat, n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». Force est de reconnaître aujourd’hui que les choses ont changé. On est en droit de s’attendre de la part des autorités de Nouakchott, au règlement du problème négro-africain en confondant dans un même amour des ethnies liées par un même destin. C’est un devoir, c’est une obligation, c’est la nation. De leur côté, nos frères et amis négro-africains doivent faire preuve de réalisme et accepter de rentrer au bercail. Ils seront accueillis avec dignité, respect et équité.

    A partir de maintenant et contrairement au style du défunt régime sénégalais fait de bâillonnement, de pourrissement et de ponce-pilatisme, Dakar et Nouakchott doivent se mettre à la hauteur de leurs responsabilités et prendre des décisions qui, selon le mot Thicydide, sera «une acquisition pour toujours ». Comment ne pas penser à la création d’une structure légère au plus haut niveau entre les deux pays chargée d’élaborer des lettres de missions pour fixer un cadre de travail et faire des propositions de solutions aux deux chefs d’Etats : délimitation de la frontière, chants traditionnels de culture sur l’autre rive, licence aux pêcheurs, statuts des travailleurs immigrés, partage des eaux, partage de l’énergie électrique, etc.

    Nous croyons que pour la vérité, il faut étaler tous les problèmes. Mais il faut que, dans le Nord du Sénégal, Me Wade ose dans le domaine des grandes infrastructures.

    * Amadou Tidiane DIA est un économiste sénégalais

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    La date précise des élections en Côte d'Ivoire sera connue dans un ou deux mois, a déclaré le président Laurent Gbagbo, à l'ouverture des travaux des 39èmes assises de l'Union internationale de la presse francophone à Abidjan, le 3 décembre. Le 29 novembre, le chef de l'Etat ivoirien et son Premier ministre Guillaume Soro également leader de l'ex-rébellion des Forces Nouvelles ont signé deux accords complémentaires projetant l'organisation des élections au plus tard la fin du premier semestre de 2008.

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    Pendant la fin de 2007 et le début de 2008, des organisations et mouvements sociaux engagés dans le processus Forum Social Mondial decident leurs actions lors de la Journée d'action globale, anti-Davos
    et Pour un autre monde possbile, le 26 janvier. Journalistes et activistes de la communication dans différentes régions du monde échangeront leurs couvertures médiatiques pour faire une grande action non-mercantile des médias. Cette couverture partagé sera indiquée dans le site web de l'Action
    globale et bulletins FSM, et vous pourrez la trouver dans médias alternatives, mouvements sociaux et toutes les médias qui respectent le processus FSM.
    1) Participerez-vous d?une activité de l?Action globale le 26 janvier 2008 ?
    Informez votre activité dans le site web
    2) Participerez-vous de la couverture médiatique de l?Action globale de votre média
    En cas de réponse positive, on vous demande de répondre à ce message au e-mail [email][email protected] avec les informations ci-dessus:
    Votre média :
    Cité/pays au 26 janvier :
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    Existe-t-il un "cinéma congolais"? Pour l'historien et anthropologue belge Guido Convents, les Congolais ont une histoire et une culture cinématographique et audiovisuelle fascinante, qu'il nous fait découvrir dans son dernier livre "Images et démocratie. Les Congolais face au cinéma et à l'audiovisuel". Dès 1896, des opérateurs se sont rendus avec des cinématographes dans l'Etat du Congo, sous la souveraineté du roi des Belges Léopold II. Vers 1910, des projections de films, en grande majorité français ou américains, sont régulièrement organisées par des Européens à Léopoldville.

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    Le président sénégalais, Abdoulaye Wade, a quitté Harare le 29 novembre après une visite de deux jours à l'issue de laquelle sa proposition visant une plus large implication de l'Union africaine (UA) dans le règlement des crises économique et politique qui frappent le pays a reçu une fin de non-recevoir de la part du président Robert Mugabe. Le président Wade avait proposé la mise en place d'une équipe composée des dirigeants de cinq pays qui seraient chargés de jouer le rôle de médiateurs entre la Grande-Bretagne et le Zimbabwe, d'une part et le gouvernement zimbabwéen et son opposition, de l'autre.

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    Le Collectif des victimes de la répression (COVIRE) demande au président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, dans une déclaration publiée le 2 décembre, la création d’une Commission nationale indépendante et autonome pour rendre justice sur les exécutions de militaires noirs mauritaniens dans différentes casernes du pays entre septembre 1990 et février 1991, une affaire connue sous le nom de "passif humanitaire".

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    Le parti d'opposition nigérian le plus en verve, Action Congress (AC), a demandé l'ouverture d'une enquête publique sur l'organisation des élections générales d'avril 2007, "avant que tout autre scrutin ne puisse se tenir dans le pays". Le porte-parole de AC a également demandé l'annulation des élections municipales qui se sont tenues pour l'instant et le report de celles qui ne l'ont pas encore été. Les observateurs locaux et internationaux avaient dénoncé de nombreuses irrégularités lors des dernières élections générales au Nigeria, du fait de la violence considérable et de la fraude qui ont caractérisé le vote.

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    L’épidémie du virus de chikungunya qui semblait avoir été maîtrisée au Gabon a refait surface dans la ville de Lastourville, à environ 500 km au sud de Libreville. Les équipes de prises en charge mises en place dans la localité ont déjà dénombré 216 cas, selon le ministère de la santé. En août dernier, le comité de lutte contre la maladie s’était réjouit du recul de l’épidémie. Le président dudit comité avait cependant averti que l’épidémie pourrait ressurgir avec le retour des pluies entre octobre et décembre.

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    Le vice-président kenyan, Moody Awori, a invité, le 1er décembre, ses compatriotes à rejeter le fédéralisme préconisé par l’opposition estimant ce type de gouvernement plus connu sous l’appellation de « système Majimbo » ne fera que diviser les Kenyans et renforcer les clivages tribaux. Selon le vice-président kenyan, « seule une révision conséquente » de la constitution permettrait l’institution d’un gouvernement « Majimbo » se demandant ensuite : "s’ils (les initiateurs, ndlr) introduisent un gouvernement fédéral, que deviendront toutes ces régions improductives ? ».

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    Des associations marocaines et étrangères ont lancé le 30 novembre à Rabat un projet ayant pour pierre angulaire le « changement des mentalités de lutte contre les violences pratiquées sur les femmes » marocaines à travers les pratiques et les expériences positives associatives. Le projet met en évidence les pratiques les plus efficientes pour venir en aide aux femmes victimes de violence tout en capitalisant les expériences positives des centres d’écoute au Maroc en matière de lutte contre la violence à l’égard des femmes.

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    L’Association des femmes africaines pour la recherche et le développement (AFARD) ambitionne de créer un observatoire africain sur l’égalité des sexes, a confié un membre du Comité exécutif de l’association.
    Cette ambition déclinée dans un plan stratégique comprenant d’autres grandes lignes telles que la recherche, la formation et le plaidoyer, a été présentée le 1er décembre aux bailleurs de fonds. L’observatoire aura pour objectif de rendre disponibles les « informations sexo-spécifiées en Afrique et dans le monde ».

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    En essayant d’échapper à la violence dans leur pays, au moins 80 migrants de la ville portuaire de Bossaso en Somalie du sud sont morts le 30 novembre lorsque leur bateau, transportant environ 126 passagers a coulé à Mukala, sur la côte yéménite. Environ 45 personnes ont été sauvées par des pêcheurs. Les migrants font la traversée par bateau vers le Yémen, qui sert de transit vers d’autres pays du Moyen-Orient et de l’Occident, parce que ce moyen de transport est moins cher que les autres.

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    Le président sénégalais, Abdoulaye Wade, a annoncé le 2 décembre à Dakar, que le Sénégal ne signera pas les Accords de partenariat économique (APE) en négociation avec l’Europe, les jugeant contraires aux intérêts du Sénégal et de l’Afrique. Selon Abdoulaye Wade, les Accords de partenariat économique entre l’Europe et l’Afrique, qui doivent entrer en vigueur au plus tard le 31 décembre prochain, contiennent des dispositions ‘’contraires aux intérêts du Sénégal et de l’Afrique’’.

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    Le barrage mozambicain hydroélectrique de Cahora Bassa (HCB), l'un des plus grands d'Afrique avec Assouan en Egypte et jusque là géré par l'ancienne puissance coloniale portugaise, passe sous contrôle des autorités de Maputo à la fin du mois. Une cérémonie devait marquer, le 4 décembre, le transfert de la gestion de cette centrale hydroélectrique sur le site du barrage à Songo, en présence de sept chefs d'Etat de la région, du Premier ministre portugais et du secrétaire exécutif de la Communauté de développement d'Afrique australe, Tomas Salomão.

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    Au dernier jour de son voyage dans le nord de la Côte-d'Ivoire, le 30 novembre, le président Laurent Gbagbo a abordé le thème sensible de l'identification des sans-papiers et promis que des papiers d'identité allaient bientôt être distribués aux Ivoiriens. Le chef de l'Etat ivoirien a rappelé qu'il avait signé la veille avec Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), des accords désignant un groupe français comme opérateur technique pour l'impression des cartes d'identité et des cartes d'électeurs.

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    Le renforcement des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et le refus persistant du chef rebelle Laurent Nkunda de désarmer font craindre le lancement imminent d'une vaste offensive contre les forces dissidentes au Nord-Kivu (est). Le 2 décembre, des affrontements ont été signalés entre des soldats loyalistes et des insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Nkunda à plus d'une centaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale provinciale Goma.

    Le Nord-Kivu, province frontalière du Rwanda et foyer de rébellions qui ont par deux fois plongé le pays dans la guerre (1996-98 et 1998-2003), est depuis plus de trois mois le théâtre d'affrontements entre les FARDC, qui y ont massé plus de 20.000 hommes, et quelque 4.000 soldats insurgés ralliés à Nkunda.

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