L'un des deux principaux mouvements rebelles du Darfour qui ont boycotté la conférence de paix organisée à Syrte (Libye) le 27 octobre annonce sa décision de ne pas participer à une deuxième série de discussions entre les factions rebelles et le gouvernement de Khartoum. Le Mouvement justice et égalité (Jem) a posé deux conditions à sa présence à ces discussions organisées sous l'égide des Nations unies et de l'Union africaine: limiter le nombre de participants et changer le lieu de la réunion.
Tagged under GouvernanceSix candidats se présentent officiellement à la succession d'Alpha Oumar Konaré, le président de la commission de l'Union Africaine. Les pays membres de l'organisation avaient jusqu'au 30 octobre dernier pour soumettre les noms de leurs poulains. L'élection elle-même aura lieu lors du prochain sommet de l’UA, à Addis Abeba, du 31 janvier au 2 février prochains. Nous avons pu nous procurer la liste des candidatures officiellement transmises.
Tagged under GouvernanceLe footballeur international congolais, Zola Matumona, a porté plainte contre son employeur, le président du FC Brussels, Johan Vermeersch, qui a prononcé des propos racistes en son encontre, rapporte la radio onusienne Okapi émettant en République Démocratique du Congo (RDC).
Pour la petite histoire, Johan Vermeersch n'a pas digéré la défaite de son équipe (1-2) face à Charleroi samedi dernier et surtout le penalty raté par le Congolais Matumona.Tagged under GouvernanceDANS CE NUMERO...
2007-10-31
CHRONIQUE : Thomas Sankara, 20 ans après : Hommage à un homme intègre
COMMENTAIRES ET ANALYSES : La lutte de Che Guevara en Afrique : Les erreurs du Che et les leçons qu’il faut en tirer
COURIERS: Lettre pour Pierre Lovinsky
MONITEUR DE L'UNION AFRICAINE : UE – Afrique : un couple en quête de renouveau
ARTS ET LIVRES : Youssou Ndour présente son nouvel album
FEMMES ET GENRE : Côte d’Ivoire : l’excision n’existe nulle part dans les saintes écritures
CONFLITS ET URGENCES : Côte d’Ivoire : L’Onu prolonge d’un an les sanctions
DROITS HUMAINS : Afrique : la Banque mondiale défie les pygmés sur l’exploitation forestière
MOUVEMENTS SOCIAUX : Cameroun : la grève désamorcée à l’université
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Afrique : sept morts et de nombreux disparus au large du Cap Vert
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : la bonne gouvernance, moteur du développement
AFRIQUE ET CHINE : Afrique du Sud : partenariat stratégique bancaire avec la Chine
COORUPTION : Afrique : Transparency International se penche sur la corruption dans l’enseignement
DEVELOPPEMENT : Des subventions pour envisager le problème de l’eau à long terme
SANTE ET VIH/SIDA : Cameroun : maladie du sommeil, l’Afrique central en éveil
EDUCATION : Afrique : 4 millions d’enfants n’ont pas accès à une éducation de qualité
RACISME ET XENOPHONIE : Global : la tentation de la race
ENVIRONNEMENT : Global : La fumée de chicha polluante
TERRES ET DROIT FONCIER : Bénin : suspension provisoire de l’exécution des arrêts relatifs au foncier
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Afrique du Sud : l’Afrique du Sud envisage des tribunaux pour les médias
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : Et la France réinventa l’expulsion aérienne
INTERNET ET TECHNOLOGIES : Tic : les synergies pour combler le retard numérique
COLLECTE DE FONDS ET RESSOURCES UTILES : Global : un nouveau site pour le parlement francophone des jeunes
COURS, SEMINAIRES ET ATELIERS : Atelier sur le leadership féminin dans le sidaTagged under GouvernanceCher Pierre Lovinsky,
Coordonnateur de la Fondation 30 Septembre, une organisation de défense des droits humains, est porté disparu depuis le 12 août 2007. Il revenait d’un déplacement avec des militants de défense des Droits de l’homme, des Américains, en visite à Haïti. Une mobilisation a été déclenchée pour sa libération, mais depuis deux mois elle est sans résultat.
Cela fait presque deux mois que tu as « disparu ». Pardonnes-moi le retard à faire et dire ce que, je pense, beaucoup d’entre nous, même furtivement, ont senti en apprenant ta « disparition ». On s’est dit et on a pensé : « Non, ce n’est pas possible. Pas lui », un peu comme on dirait « pas moi » face à une catastrophe qui nous frappe.
En t’écrivant, je voudrais avant tout te faire savoir que, plus ou moins deux semaines après ta « disparition », tous les jours, je demandais intérieurement à tes ravisseurs de se raviser et de te remettre entre les tiens, entre nous. Tous les jours, je pense et j’envoie ces mots vers ces ravisseurs de vie(s) en me disant qu’ils finiront par entendre des appels qui ne sont qu’un écho de leur propre conscience.
Je me dis que je dois continuer sans arrêt, avec la même fidélité que tes ancêtres de l’événement fondateur de Haiti, 1791-1804. Un événement qui les avait saisi et qu’ils avaient saisi en retour en prêtant serment de fidélité aux trois prescriptions d’égalité, fraternité et liberté face à la folie inaugurale de ce qui s’appelait alors le « système » ou l’esclavage et qui s’appelle aujourd’hui le système mondial/global/capitaliste. Et cela longtemps avant que cette triple prescription de la solidarité humaine ne soit appropriée, « découverte » par la Révolution Française.
Ton malheur, Pierre, comme le nôtre d’ailleurs, est multiple, mais pourrait se résumer en ce que tu n’es pas (ce que, aux yeux de certains, tu ne dois pas être) et l’envers, ce que tu es. Pile ou face, tu déranges. Tes ancêtres de 1791-1804 dérangent encore jusqu’aujourd’hui car ils avaient réussi là où ils ne pouvaient pas, là où ils ne devaient pas réussir. Dans le monde d’alors un esclave qui outrepassait un interdit commettait la plus grave des offenses. La punition la plus sévère s’ensuivait.
Peut-on imaginer pire insolence, pire lèse-majesté (pour un propriétaire d’esclaves) que des esclaves donnant une leçon politique sur la liberté en réussissant leur propre libération ?
Tu déranges parce qu’aux yeux de ceux qu’on appelle les « 184 » et leurs alliés tu n’as pas honte de ce qui s’est passé en 1804, tu n’as pas honte d’exiger le retour du Président Aristide. Tu déranges parce que tu ne veux pas te taire sur ce que tu devrais te taire. En somme, ils voudraient que tu ne sois pas Pierre Lovinsky. Ils voudraient que tu te renies toi-même. La litanie des raisons pour lesquelles tu déranges est longue, très longue, trop longue pour la reprendre ici. On y reviendra s’il le faut.
Tu déranges aussi par ce que tu n’es pas. En apprenant ta disparition, beaucoup de gens se sont demandés : « c’est qui Lovinsky ? ». Comme si une injustice se mesure à l’aune de la célébrité. Mis à part les Boukman, les Mackandal, les Kimpa Vita, les Zumbi (Quilombo de Palmares au Brésil, il y a 300 ans), etc . la Tombe de l’Humanité Inconnue ne devrait-elle pas exister justement pour faire justice à tous ces inconnus qui, par leur résistance, honorent toute l’humanité célèbre et obscure.
Ta célébrité réside dans une fidélité à un événement qui continue d’être refoulé par la conscience globalisante bien pensante humanitariste. Une conscience qui cherche, par la charité, à sauver Haiti de la pauvreté.
Mais les mêmes gens qui haussent les épaules en apprenant ton sort semblent avoir oublié que c’est en acceptant des injustices contre les inconnus, contre ceux qui ne comptent pas que se préparent les hécatombes.
Je t’écris avec la conviction que tu es encore en vie et que d’autres gens, avec d’autres mots, avec d’autres vibrations feront s’écrouler les murs de ta prison, où que tu sois.
Courage et portes-toi bien, Jacques
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Tagged under GouvernanceLe chef de la diplomatie gabonaise, Jean Ping, a été désigné à Brazzaville, candidat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) au poste de président de la Commission de l’Union africaine (UA) à la succession du Malien Alpha Oumar Konaré qui a annoncé ne plus vouloir briguer un nouveau mandat à la tête de la Commission de l’UA.
Tagged under Gouvernance GabonSelon l’enquête conjointe menée au Tchad par l’Unicef, le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui ont la charge des 103 enfants que voulait rapatrier en France l’ONG, 85 % d’entre eux ne sont pas orphelins (75 % ont leurs deux parents, 10 % en ont un) et les trois quarts sont tchadiens et non soudanais du Darfour.
Tagged under Gouvernance ChadDans le but de donner une nouvelle impulsion aux activités du Parlement francophone des Jeunes, dont elle assure la maîtrise d’œuvre, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie vient d’ouvrir un site internet (http://pfj.apf.francophonie.org) et un forum dédié aux jeunes membres des quatre promotions du PFJ.
Tagged under GouvernanceC’est sur fond de polémique autour de la participation du Zimbabwe que l’Union européenne a finalisé la liste des invités au prochain sommet UE-Afrique les 8 et 9 décembre à Lisbonne, au Portugal. Le président Mugabe recevra son faire-part au même titre que les autres. C’est ce mardi à Accra au Ghana, que les troïkas africaines et européennes ont mis fin aux bisbilles diplomatiques.
Tagged under GouvernanceReporters sans frontières dénonce la condamnation à un mois de travaux forcés du rédacteur en chef du quotidien Al-Wafd, Anwar Al-Hawari, et du correspondant du journal à Assiout (380 km au sud du Caire), Younes Darwish, pour
"publication de fausses informations”, suite à un article sur des malversations commises par deux membres du Parti national démocratique (PND, au pouvoir).Tagged under Gouvernance EgyptTandis que les diplomates et les politiciens congolais se démènent pour éviter une guerre de grande envergure dans la province du Nord Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, Human Rights Watch a publié aujourd’hui un rapport documentant des meurtres, des viols et des pillages épouvantables commis par toutes les parties au conflit.
Tagged under GouvernanceLe vice-président ghanéen, Alhaji Aliu Mahama, a annoncé vendredi que le Ghana avait mis en place un Fonds de développement et de recherche scientifique pour promouvoir la recherche scientifique et technologique dans le pays. Le fonds est une source de financement durable pour le développement de la recherche scientifique et technologique.
Tagged under Gouvernance GhanaLe président zimbabwéen, Robert Mugabe, est bel et bien invité par le Portugal qui préside l’Union Européenne (UE), à participer au prochain sommet UE-UA, prévu en décembre prochain à Lisbonne, a appris mardi APA auprès de la réunion interministérielle de l’Union africaine et de l’Union européenne qui se tient à Accra, au Ghana.
Tagged under Gouvernance ZimbabweMamadou Ablaye Ndiaye et Alpha Amadou Sy, deux philosophes Sénégalais, sont les auteurs du livre dense et osé «l'Afrique face au défi de la modernité» : La quête d'identité et la mondialité» (éditions Panafrika, Dakar). Les deux auteurs sont des intellectuels engagés, ils écrivent, pensent l'Afrique et le monde, soumettent tout au crible de la raison critique. Ainsi, ils compensent le déficit philosophique et de réflexion approfondie dont souffre le continent.
Après vos multiples ouvrages, vous nous gratifiez avec ce livre dense au titre «risqué» : «L'Afrique face au défi de la modernité» (La quête d'identité et la mondialité). Est-ce à dire que s'engager dans la Modernité est un risque par rapport à son identité ?
En vérité, dans cette quête qui est nôtre, le risque est double. D'abord, s'engager à reprendre un thème galvaudé des années 60. L'Afrique indépendante a souvent posé dans des termes plutôt mécaniques voire dualistes les rapports entre la tradition et la modernité comme pendant des relations tumultueuses entre l'Occident et le continent noir. Nous ne pourrons pas revenir ici sur toute la littérature produite à ce sujet. Par contre, nous nous permettrons de rappeler ce propos de l'écrivain Cheikh Hamidou Kane, révélateur de l'état d'esprit de l'époque : «L'Occident est possédé et le monde s'occidentalise. »
L'amalgame entre modernité et occidentalisation, en filigrane ici, est d'autant plus frappant que les théories de développement, imposées par les Occidentaux aux Africains, étaient conçues sous le mode du rattrapage et du mimétisme. Dès lors, nous courions le risque théorique de remettre en fonction un concept désuet. Mais nous nous sommes dit que la modernité est une problématique récurrente. Regardez un peu ceux-là qu'on appelle les postmodernes ! Sont-ils les derniers des modernes ? Ont-ils clos la modernité ? À la manière d'un Hegel qui proclame la fin d'une histoire qui pourtant continue !
Le second risque, certes, se pose aujourd'hui avec beaucoup plus d'acuité mais a, pour ainsi dire, l'âge de l'humanité. En effet, si comme le pense Marx, que confirme l'anthropologie contemporaine, « l'individu dans sa réalité est l'ensemble de ses rapports avec les autres », alors l'existence humaine est impensable hors du double rapport de l'intégration sociale et de la préservation du moi contre l'aliénation. Ainsi, autant l'homme est inséré dans un réseau d'intersubjectivité, autant les peuples ne peuvent vivre en autarcie. Et justement l'une des préoccupations de ce livre est de mettre en évidence les conditions à réunir pour que l'Afrique, tout en restant elle-même, s'engage avec succès dans l'axe de l'universalité. Il urge à l'Afrique de relever ce défi.
Votre ouvrage nous fait découvrir ou relire de grands penseurs comme Léopold Sédar Senghor, Cheikh Hamidou Kane, Samuel Huntington, Francis Fukuyama, Emmanuel Kant, Marx, Goethe et le Coran, Axel Kahn, Spencer etc. Qu'y-a-t-il d'original dans leurs théories qui soit éclairant pour l'Afrique et les Africains ?
Quand un chercheur fait des investigations, il ne choisit pas ses interlocuteurs ; il les rencontre dans la dynamique de ses réflexions. Ainsi, analysant le réel africain, nous croisons tel ou tel penseur qui a émis une thèse parlant directement ou indirectement du continent. De ce point de vue, nous avons vu nos lecteurs accorder une importance ou plutôt une curiosité certaine à nos références à Platon et à Kant.
En effet, le dualisme qui a jusqu'ici prévalu a occulté bien des passerelles ! La quête de l'Absolu n'est pas une préoccupation occidentale ; elle est consubstantielle à l'humaine condition. En atteste, si besoin en est, ce recoupement apparemment des plus osés et des plus paradoxaux entre Platon, ce Grec des temps antiques et Thierno (Ndlr : personnage de «L’aventure ambiguë» de Cheikh Hamidou Kane, ce marabout noir, Africain peut-être des années 50.
Quant à Kant, en dépit des apparences il est d'une actualité certaine pour l'Afrique d'aujourd'hui. Ses réflexions sur l'éthique, la minorité, sur la citoyenneté et l'esprit républicain sont d'un éclairage incontournable pour une Afrique aux traditions démocratiques larvées. Pour les autres, nous préférons laisser le lecteur réaliser de lui-même en quels termes se pose le débat que nous engageons avec eux.
La quête de l'Absolu n'est pas un phénomène nouveau pour les Africains, et vous le dites bien d'ailleurs dans un parallélisme audacieux et pertinent entre le sage Thierno dans « L'Aventure ambiguë » et Socrate de Platon.
Ce que les Africains semblent noter c'est que l'Occident est malade et pourtant il attire toute l'humanité dans sa direction, la mondialisation, la globalisation, vers une identité universelle et univoque. Un paradoxe certes déroutant mais que rend intelligible cette pensée de Marx : « L'idéologie dominante est celle de la classe dominante ». Ayant unifié le globe sur la base de la logique marchande, arrosant à l'échelle planétaire de culture par le biais de satellites, l'Occident, sûr de lui, s'offre comme la seule alternative.
Cette certitude est renforcée par l'effondrement du Mur de Berlin. Seulement, les peuples réalisent, de plus en plus, que ce village dit planétaire est loin d'être celui de la fraternité, lieu de cristallisation des valeurs cardinales de ce qu’Albert Jacquard appelle l'humanitude. Ce monde d'aujourd'hui n'est pas celui où triomphe la civilisation de l'Universel. Il consacre, pour le moment, le triomphe de l' «American way of life », le triomphe des États-Unis qui imposent leurs produits, leurs manières de vivres et leurs valeurs. C'est cet ordre qui fait le lit du terrorisme de masse qu'on peut non pas justifier mais expliquer et comprendre comme une réaction au terrorisme d'État exercé impunément par les Usa et ses alliés.
Machiavel ne serait-il pas le plus approprié pour berner le citoyen qui au demeurant veut comprendre et participer à la construction de son monde ? L'État de droit n'est-ce pas une hérésie en Afrique ?
« Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! » Vous connaissez suffisamment l'Afrique pour vous imaginer la portée subversive de cet impératif kantien dans un continent où les individus ont encore du mal à affirmer et à assumer leur propre subjectivité. Or, de cette affirmation dépend l'enclenchement de ce mouvement intellectuel générateur et de la science et du projet démocratique. C'est pourquoi, sans réduire les acquis démocratiques à ce qui a été uniquement formalisé par l'Occident, nous nous intéressons à cette séquence historique occupée par Descartes, John Locke et les philosophes des Lumières dont justement Kant.
Peut- être bien que le penseur florentin serait plus approprié pour ceux qui gèrent le continent sans aucun esprit républicain. Mais quand nous parlons de défi c'est à l'endroit de ceux qui sont assez fous pour croire, avec nous, que l'Afrique peut sortir de cette impasse du moment. Dans la dynamique de cette utopie toute positive, la question n'est pas de renoncer à tout ce qui a été fait mais plutôt de remédier en travaillant inlassablement dans le sens de faire porter aux Africains un projet social républicain.
C'est d'autant un impératif que nous avons déjà montré dans « Africanisme et théorie du projet social » et à la suite de bien d'autres penseurs, que l'État de droit a été grippé dès le départ car conçu par les bailleurs de fond pour permettre l'Etat postcolonial, enlisé dans les eaux boueuses de la prédation, d'être en règle avec le Service de la dette.
L'Ecole coloniale n'a-t-elle pas été cet anti-modèle avec une impossible initiation ? De plus, il semble que l'Afrique a hérité de cultures où l'esprit critique a été mis à l'écart, voire absent. Tous ces faits ne nous éloignent-ils pas de la modernité de la mondialité et nous sommes perpétuellement face à des défis à relever ?
Parce que l'homme est perfectible, c'est sans doute dans sa nature de se lancer des défis en permanence. Seulement, la tâche de l'Afrique est rendue rocambolesque par la lourdeur de ce double héritage. Autant l'école coloniale, dont l'ambition était de former des subalternes, n'avait aucun projet de formation citoyenne ; autant l'Etat postcolonial, resté dans les rets de l'économie de rente, n'a doté l'Africain du savoir et du savoir–faire qu'exige le développement.
Le défi est d'autant plus grand que l'Afrique souffre parce qu'elle est riche et, en tant que telle, objet de toutes les convoitises. Mais elle souffre aussi du fait de sa classe politique dont la propension au patrimonialisme et au népotisme sert de terreau pour le développement du… sous-développement !
Comment analysez-vous ce monde hégémonique ; axe du bien axe du mal (George Bush), monde civilisé et les autres, islam et christianisme, ces sériations, ces fossés entretenus qui empêchent la rencontre et la fusion qui aurait pu engendrer cette identité tant escomptée sur une base commune de respect ? Comment peut-on envisager les défis dans ces cas ?
Ces concepts semblent réfléchir des monades, c'est-à-dire des entités sans aucune interconnexion. En réalité, ils renvoient à diverses facettes d'un monde qui souffre d'un terrible déséquilibre. Effectivement, la fin du cycle issu de Yalta en 1945 n'a pas, tant s'en faut, humanisé des rapports travaillés par un échange viscéralement inégal. Au contraire, le nouveau désordre qui s'installe progressivement, à la suite de l'effondrement du Mur de Berlin, en substituant la gestion unipolaire du monde à la bipolarité en vigueur au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, a consacré le règne d'une Amérique arrogante qui se soumet les peuples du monde. Cette visée hégémoniste a buté sur des résistances dont les références, certes, ne sont plus ni Mao ni Marx, ni Lénine mais participent d'une même aspiration à la paix, à la justice et à la liberté.
Ainsi, là où le Président Bush revendique le fondamentalisme chrétien pour gérer la planète, des hommes s'opposent par un autre fondamentalisme d'inspiration islamique. Là où Bush use du terrorisme d'Etat, des désespérés du désordre contemporain recourent au terrorisme de masse. Ces changements géopolitiques ont été accompagnés par un redéploiement de l'idéologie de la domination souvent sous le slogan de la mort des idéologies. Ainsi, à « L'Empire du bien » dont le porte étendard reste, bien sûr les Etats-unis s'oppose toujours « l'Empire du mal ».
Cependant, celui-ci n'est plus le défunt univers communiste, mais est désormais constitué des disciples de Satan qui ont élu domicile dans les vastes régions du globe rebelles à l'ordre américain : la Corée du Nord, l'Iran, l'Irak et la Syrie. Ce sont ces mutations que nous tentons d'analyser dans les chapitres 8 et 3 (Ndlr : de leur ouvrage).
Dans ce dérèglement de l'ordre mondial, la solution n'est pas de chercher à s'aligner derrière les Usa dans l'espoir de soutirer des dividendes que seraient les rentes de l'alignement dans la lutte contre le terrorisme de masse. Le défi le plus urgent pour le continent est de rester debout. Dans cet ordre d'idées, l'intelligentsia a un rôle déterminant à jouer dont le moindre n'est pas de laisser éclore la subjectivité, afin de libérer l'esprit critique et le sens de la créativité et de la responsabilité.
Le monde bouge, les hommes voyagent ; la médiologie nous l'apprend, Internet et Google nous le rappellent. Les mutations sont indispensables. Comment dès lors l'Afrique avec sa mentalité doit se comporter pour se hisser ou se positionner dans le Creux de la rationalité de la mondialité et de la modernité ?
Nous allons peut-être surprendre en disant que cette question a déjà été soulevée avec beaucoup de pertinence depuis les années 1970. Dans une contribution à paraître sur les technologies de l'information et de la communication, nous rappelons la position résolument avant-gardiste adoptée par l'Unesco sur cette problématique. Effectivement, dés 1976, au terme des Assises de la 19e Session de cet organisme international tenue au Kenya, Amadou Moctar Mbow, Directeur Général de l'Unesco, a été chargé de mettre constituer une Commission pour mener la réflexion sur les enjeux de la communication de masse à l'ère des satellites. Parmi les conclusions retenues par ladite Commission dirigée par le suédois Sean Mac Bride, figuraient en bonne partie les exigences du Nouvel Ordre Mondial de l'Information et de la Communication.
L'Afrique avait été mise en demeure de se mobiliser pour un ordre équitable de l'information, mais aussi pour opérer à un niveau interne, c'est–à-dire dans chaque pays du continent, les réformes démocratiques qu'exige cette nouvelle situation caractérisée par l'exploitation de cette nouvelle richesse de ce nouveau gisement d'un genre tout à fait singulier, l'information. La brûlante actualité de ces recommandations montre que les pays africains n'ont jamais prêté l'attention à ces mises en garde.
Les Etats-Unis avaient boudé l'Unesco dirigée par Mbow tandis que les Africains n'ont jamais réussi à s'unir pour constituer un bouclier contre les Occidentaux ulcérés par l'idée même de nouvel ordre mondial de l'information. « L'Afrique face au défi de la modernité » répond à votre question en partant de ce combat aux allures épiques d’Amadou Moctar Mbow et de son équipe. C'est cette mobilisation pour le triomphe du droit à l'information que nous appelons, dans notre livre, les leçons de la genèse.
L'Afrique est-elle bien partie ou que faire ? Faut-il toujours compter sur les autres, alors qu'elle est riche, que « le Zaïre est un accident géographique » et que d'autres pays regorgent de richesses en tout ?
Le paradoxe de l'Afrique c'est qu'elle est pauvre parce qu'elle est riche. Elle est l'objet de convoitises des capitalistes, des vendeurs d'armes, de drogues et de délinquants de tout acabit. Pour ne rien simplifier, l'hégémonisme occidental a toujours veillé à l'installation de pouvoirs susceptibles de garantir ses intérêts souvent antinomiques à ceux des peuples. La liquidation Patrice Lumumba, d’Amilcar Cabral, de Thomas Sankara, l'ostracisme viscéral contre Kwamé Nkrumah voire Ahmet Sékou Touré, conjugué à la distribution de certificat de satisfecit à des prédateurs promus leaders modèles, prouvent que l'hégémonisme contrôle aussi les appareils politiques, quoique dans des formes beaucoup plus subtiles que dans le contexte de la guerre froide.
La solution ? Revenir sur une des conclusions retenues par les Assises de Paris anticipant sur le Sommet de Copenhague : « l'Afrique ne sera jamais construite par des étrangers parce qu'ils n'y ont pas intérêt. Contrairement à l'idée que développe l'afropessimisme, l'Afrique n'est ni un continent perdu, ni en détresse mais que trois décennies de difficultés, de tâtonnements, de contre-performances ont desservi notre continent. »
Pape Bakary CISSOKO
Cette interview est parue dans le journal sénégalais « Sud Quotidien » du 30 octobre 2007Mamadou Ablaye Ndiaye et Alpha Amadou Sy sont deux philosophes sénégalais. Ils ont signé en commun plusieurs ouvrages.
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Tagged under GouvernanceSur les marchés de Bamako, on trouve des produits à vil prix… dont les dates de péremption sont dépassés, ou rendus impropres à la consommation par de mauvaises conditions de stockage. Ils sont impropres à la consommation, mais leur prix est irrésistible… Le reportage du quotidien malien L'Essor.
Tagged under Gouvernance MaliLe puissant homme d’affaires sud-africain, Cyril Ramaphosa, a pour la première fois manifesté son intéret pour le poste de nouveau président du Congrès National Africain (ANC), suite à sa nomination par la section locale de l’ANC à Rondebosch au Cap.
Tagged under GouvernanceLe président sierra-léonais, Ernest Koroma, a limogé le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption, Joko Smart, a annoncé le ministre de l'Information et de la Communication, Ibrahim Ben Kargbo. Ce limogeage fait suite à ceux du commissaire national à l'Action sociale (NACSA), Kanja Sesay et de son adjoint, Justin Bangura.
Tagged under GouvernanceDes chauffeurs de taxi organiseront un arrêt général de travail mercredi. Au lieu de travailler, les voitures beige crème ne bougeront pas de leur stationnement habituel. Ce mouvement a été organisé pour dénoncer l'insécurité qui pèse sur leur métier ces derniers temps. «Ce sera le moyen pour nous nous montrer solidaires avec notre collègue Naivo, assassiné il y a deux semaines», explique le leader de ce mouvement.
Tagged under Gouvernance MadagascarLe 9 octobre 1967, Ernesto Che Guevara tombait sous les balles d’un peloton d’exécution. La veille, un détachement de l’armée bolivienne l’avait encerclé, avec une dizaine de guérilleros et procédé à son arrestation à quelques kilomètres de La Higuera, petit village de Bolivie. Trente huit ans ont passé, l’ex-compagnon de Fidel Castro dans le combat contre l’impérialisme américaine et la réussite de la révolution cubaine, est passé au rang d’icône. Adulé par les mouvements révolutionnaires à travers le monde, symbole de toute résistance contre la domination impérialisto-capitaliste, son image reste omniprésente. Mais son expérience africaine au Congo reste encore peu connue.
Quand, six ans après la libération de Cuba des griffes du dictateur Batista, représentant de l'impérialisme américain, le guérillero Commandant Ernesto Che Guevara arrive à la conclusion que Cuba était assez solide pour se passer de ses efforts, il décide, en accord avec son ami Fidel Castro, de prolonger l’expérience de Jose Marti. D'abord en Afrique, plus tard en Bolivie.
Répondant à la demande d'appui militaire émise par les dirigeants du Conseil national de la révolution congolaise (Cnrc), le Che, à la tête d'un contingent de cent Cubains, la plupart des Noirs, débarque à Kibamba (Congo Belge), base des Lumumbistes. Sa mission : combattre Moïse Tshombé, le bourreau du défunt Premier ministre congolais Patrice Lumumba.
Pendant sept mois qu'à duré la guérilla contre le pouvoir de Tshombé, d'abord, et de Mobutu, ensuite, le Che a dirigé les opérations militaires de cette lutte. L'issue de son combat en Afrique est dramatique : lourdes pertes en matériels, en hommes et en positions. Les revers infligés par les mercenaires belges et américains qui étaient à la solde de Mobutu l’obligent, avec ses hommes, à renoncer aux combats et à se replier sur la Tanzanie par le Lac Tanganyika par où ils étaient venus.
Le Che, très lucide, tire les conclusions de cette défaite : «Nous avons échoué (…) J'en suis sorti avec plus de foi que jamais dans la guerre de guérilla (…) J'ai appris au Congo (…) l y a des erreurs que je ne commettrai plus», etc.
Ces conclusions courageuses, sincères et honnêtes, permettent de situer les facteurs qui ont contribué à cette défaite en Afrique :
- L'appréciation du problème congolais : pour les Lumumbistes, cette question doit rester africaine, donc pas de présence étrangère. Pour le Che et les Cubains, le problème est international. Cette divergence a démobilisé beaucoup de combattants congolais qui, par la suite, se sont positionnés en adversaires pour ne pas dire ennemis de la guérilla.
- La même appréciation a créé des désaccords profonds entre militants politiques de l'extérieur et combattants de l'intérieur.
- Les armes qui étaient fournies par les «grands frères» soviétiques et chinois n'étaient pas bien maîtrisées par les congolais en terme d'utilisation.
- Le Che qui dirigeait les opérations militaires ne parlait aucune langue du pays ; ni le swahili ni le kimbembe.
- La rigueur et la discipline de fer propres à une guérilla qu'imposait le Che étaient insupportables pour les Africains. D'où des refus d'obéissance multiples préjudiciables à la guérilla.
- Le Che avait des difficultés pour localiser les zones d'occupation des Lumumbistes, d'évaluer leurs effectifs, de prendre contact avec les chefs militaires.
- La faiblesse idéologique, le manque de sérieux révolutionnaire et d'esprit de sacrifice caractérisaient pour beaucoup de ces chefs rebelles. Laurent Désiré Kabila, dont le Che disait qu'il était le seul des leaders Lumumbistes qui avaient d'authentiques qualités de dirigeant, avait beaucoup de faiblesses aussi.
- Il y avait une ignorance des facteurs culturels chez le Che, due à un manque d'étude approfondie sur le terrain et des réalités et des mentalités congolaises.
C'est la combinaison de tous ces facteurs négatifs qui a engendré l'échec du Che au Congo. D'aucuns y ajoutent le fait que la révolution cubaine ne pouvait pas s'exporter dans d'autres pays du Tiers Monde. Mais cette assertion est contestable. La révolution cubaine (l'expérience s'entend) peut bien s'exporter dans d'autres pays du Tiers Monde. Il suffit que les techniques, les méthodes et les pratiques de la théorie de l'expérience cubaine soient ajustées et adaptées aux réalités locales. Que l'armée de guérilla compte plus d'autochtones que d'étrangers. Que les autochtones soient bien formés pour tenir la direction des opérations et que la guérilla bénéficie de l'appui total des masses. Pour ce faire, il faut que celles-ci reçoivent une éducation politique permanente.
Près de trente ans après, l'échec du Che s'est transformé en victoire. Laurent Désiré Kabila, dont le Che disait qu'il avait d'authentiques qualités de dirigeant mais devait beaucoup changer compte tenu de ses faiblesses, a changé et mûri. Il a bien assimilé les leçons de "Tatu", le Commandant Ernesto Che Guevara, jusqu'à transformer la défaite de ce dernier en victoire en chassant le valet de l'impérialisme américain, Mobutu, et en prenant le pouvoir que contrôle maintenant après sa mort son fils Joseph Kabila.
Les mouvements de libération nationale que furent le Paigc (Guinée-Bissau et Cap Vert), Mpla (Angola), et Frelimo (Mozambique) qui ont bénéficié des instructions du Che ont pris le pouvoir dans leurs pays respectifs. Il y a plus de victoires que d'échecs dans l'expérience africaine du Che. Globalement son bilan en Afrique est positif. Le Congo n’est que l’arbre négatif qui cache la forêt positive de ses actes en Afrique.
Comme nous l'a recommandé le Che, il faut continuer à créer beaucoup de Vietnam et le sort de l'impérialisme mondial sera réglé.
* Moustapha Fall, est le secrétaire général de l’Action patriotique de libération, un parti d’opposition au Sénégal
* Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Tagged under GouvernanceSelon des chiffres fournis par WaterAid, 79 % des Maliens, soit 8 millions de personnes n'ont pas accès à des systèmes d'assainissement adéquats. D'où le plaidoyer de cette ONG en prélude à la campagne internationale pour l'eau et l'assainissement qui sera lancée le 19 novembre prochain.
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