• Contributor | Gouvernance

    Pour une décision, que de désapprobations enregistrées ! Presque de concert, les différentes associations de professionnels du secteur judiciaire de notre pays ont volé dans les plumes du gouvernement. Ceci pour dénoncer ce qu’ils appellent « immixtion de l’exécutif dans le judiciaire en violation du principe de la séparation des pouvoirs ».

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  • Contributor | Gouvernance

    La communauté internationale, qui refuse de suspendre les pourparlers de paix sur le Darfour en Libye malgré l'absence des principaux mouvements rebelles, a poursuivi lundi à Syrte des discussions avec le gouvernement soudanais et des interlocuteurs de second rang.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le 7ème Forum sur la Gouvernance en Afrique (AGF VII) a rassemblé plus de 300 délégués venant de 31 pays à travers l’Afrique pour examiner les voies et moyens pour améliorer les performances du secteur public dans la région, le rôle de femmes dans le gouvernement et la contribution de la Société Civile pour construire un Etat capable.

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  • Contributor | Gouvernance

    La somme de 150 millions de dollars versée par la Fondation Howard G. Buffett pour financer un projet hydraulique mené sur une période de 10 ans au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Sénégal et dans neuf autres pays d’Afrique et d’Amérique centrale pourrait marquer le début d’une nouvelle ère d’innovation ô combien nécessaire chez les bailleurs de fonds du secteur humanitaire.

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  • Contributor | Gouvernance

    L'ancien président zambien, Frederick Chiluba et trois de ses co-inculpés ont demandé à la Haute Cour de Lusaka d'annuler une décision de la Haute Cour de Londres les reconnaissant coupables de corruption. Les prévenus estiment que le Juge Peter Smith qui avait donné cette sentence est actuellement sous le coup d'une information judiciaire, en rapport avec cette décision que l'Etat zambien cherche à enregistrer.

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  • Contributor | Gouvernance

    Mesurer les effets du VIH/SIDA est une tâche déjà difficile lorsqu’il s’agit de déterminer l’impact de l’épidémie en termes de production agricole, ont reconnu des participants à une conférence. Perte de main d’oeuvre et de compétences, hausse des coûts de production et des dépenses de santé augmentent les risques d’insécurité alimentaire et de paupérisation des populations rurales.

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  • Contributor | Gouvernance

    Transparency international (TI), organisation non- gouvernementale internationale a annoncé le lancement dans 7 pays africains, dont plus de la moitié en en Afrique de l'ouest, un programme de lutte contre la corruption dans le système éducatif, a appris Ouestafnews de source autorisée.

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  • Contributor | Gouvernance

    Les seize personnes arrêtées, jeudi dernier, dans le cadre de l’enlèvement de 103 enfants tchadiens et soudanais par l’association « l’Arche de Zoé », attendent l’annonce de leur chef d’inculpation. Jugés selon le code pénal tchadien, ils risquent une peine de travaux forcés pour cette affaire qui met les autorités françaises dans l’embarras.

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  • Contributor | Gouvernance

    La Bibliothèque numérique mondiale sera totalement opérationnelle fin 2008. En attendant, l’Organisation des Nations unies pour la science, l’éducation et la culture a présenté, le mercredi 17 octobre, à Paris, le prototype de ce bijou culturel. Un concentré de technologies dévoloppé par la Bibliothèque du Congrès, aux Etats-Unis, et ses partenaires, notamment égyptiens.

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  • Contributor | Gouvernance

    Les agences du système des Nations Unies sont à la recherche des voies et moyens pour trouver une solution au phénomène de la violence sexuelle qui prend de plus en plus d’ampleur en Somalie, dans un contexte marqué par les combats et les déplacements massifs des populations.

    Tagged under Gouvernance Mali

  • Contributor | Gouvernance

    La création d’un Institut de diffusion de la langue et de la civilisation chinoises est envisagée à l’université Omar Bongo (UOB) de Libreville. Le sujet était au centre de l’entretien qu’ont eu lundi à Libreville l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Gabon, Xue Jinwei, et le Recteur de l’UOB, le Pr Pierre Nzué Nguema.

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  • Contributor | Gouvernance

    La Cour constitutionnelle du Togo a proclamé mardi, au cours d’une séance solennelle retransmise en direct à la radio et à la télévision, les résultats définitifs des élections législatives du 14 octobre dernier, confirmant la victoire du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT, au pouvoir).

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  • Contributor | Gouvernance

    Sept corps de clandestins africains ont été découverts le 23 octobre au large du Cap Vert à bord d'une embarcation de fortune en route vers les Canaries, dont une cinquantaine de passagers étaient portés disparus. La marine espagnole les a remis à la police sénégalaise le 26 octobre. Un porte-parole des secours en mer espagnol a indiqué que l'embarcation avait été repérée à 300 milles marins (555 km) à l'ouest du Cap Blanc, au nord de l'archipel du Cap Vert situé face aux côtes du Sénégal.

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  • Contributor | Gouvernance

    Le président Abdoulaye Wade a demandé, lors d’un séminaire gouvernemental organisé le 26 octobre, plus de transparence dans la passation des marchés. Il a mis en demeure les autorités publiques de ne plus passer des marchés par entente directe. Le séminaire portait sur la restitution des résultats de la dernière réunion du Groupe consultatif sur le Sénégal qui vient de se tenir à Paris et a accordé au pays plus de 2500 milliards de F Cfa pour les trois prochaines années.

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  • Contributor | Gouvernance

    Un hebdomadaire zimbabwéen, le « Zimbabwe Independent», a rapporté la semaine dernière que le président Robert Mugabe avait désigné quatre successeurs potentiels, parmi lesquels ne figurait pas l'actuelle vice-présidente Joyce Mujuru. Le journal affirme que Mugabe aurait dit au président sud-africain Thabo Mbeki que les quatre candidats sérieux à sa succession étaient Emmerson Mnangagwa, Sydney Sekeramayi, John Nkomo et Simba Makoni. Tous les quatre sont des membres hauts placés du bureau du Zanu-PF, le parti au pouvoir.

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  • Contributor | Gouvernance

    Selon un sondage TNS Research, effectué sur 2000 personnes dans les sept principales villes métropolitaines du pays, et publié le 25 octobre en Afrique du Sud, Jacob Zuma, ex -vice-président limogé par Mbeki suite à divers scandales, est pressenti comme celui qui sera le prochain président. Et 27% des personnes interrogées ont choisi Jacob Zuma comme le prochain président sud-africain.

  • Contributor | Gouvernance

    CHRONIQUE : Casques bleus au Darfour : les risques d’un déploiement de l’ONU
    COMMENTAIRES ET ANALYSES : l’Afrique du sud et le Darfour : Les raisons d’un soutien à Khartoum
    NECROLOGIE : L’icône du reggae, Lucky Dube, abattu à Johannesburg
    MONITEUR DE L'UNION AFRICAINE : L’Union africaine des chemins de fer veut relier tous les corridors
    ARTS ET LIVRES : Les chantres de la « Négritude » bientôt dans la Pléiade
    FEMMES ET GENRE : Egypte : La lutte contre la circoncision bute sur la tradition
    CONFLITS ET URGENCES : Côte d’Ivoire : peu de progrès au-delà des actes symboliques
    DROITS HUMAINS : Déclaration de Myriam Sankara à l’occasion du 20e anniversaire de la mort de son mari
    MOUVEMENTS SOCIAUX : Afrique : Le syndicalisme, un engagement dangereux
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    ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Le Mozambicain Chissano élu meilleur chef d’Etat
    AFRIQUE ET CHINE : La Chine, prédateur ou partenaire ?
    COORUPTION : La Cnuced dénonce l’opacité des contrats miniers en Afrique
    DEVELOPPEMENT : 284 milliards perdus dans les conflits armés depuis 1990
    SANTE ET VIH/SIDA : Afrique : Le défi de concevoir des essais efficace de prévention du VIH
    RACISME ET XENOPHONIE : Watson : « Les Noirs sont moins intelligents que les Blancs »
    ENVIRONNEMENT : Afrique : Sécheresse et désertification, deux défis à la réalisation des OMD
    MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Niger : marche pour la liberté de la presse
    NOUVELLES DE LA DIASPORA : Un ministre d’origine martiniquaise en Norvège
    PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : Ape : la Cedeao exige un délai supplémentaire dans les négociations

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  • Mahmood Mamdani souligne les dangers du nouveau rôle de l'ONU au Darfur. Il est crucial, pour lui, de mettre un équilibre entre la dimension militaire et la dimension politique. Or, l'ONU a tendance à privilégier la dimension militaire.

    Des changements significatifs sont en train de se produire sur terrain au Darfur. Les forces de maintien de la paix de l'Union Africaine (UA) sont en cours de remplacement par une force hybride UA-ONU sous le contrôle général de l'ONU. On suppose que le changement apportera des améliorations, mais Il y a lieu d'en douter. Il est crucial qu'il y ait un équilibre entre les dimensions militaire et politique du maintien de la paix.

    Une fois qu'elle avait surmonté ses problèmes propres à toute structure naissante – et avant qu'elle ne tombe dans de graves crises de financements – l'UA avait réussi à maintenir cet équilibre : elle privilégiait la politique, tandis que l'ONU avait tendance à mettre l’accent sur la dimension militaire ; Raison pour laquelle la force hybride contrôlée par l'ONU risque de devenir une force d'occupation.

    L'implication de l'UA au Darfur a commencé après le début de l'insurrection, quand, en avril 2004, elle a servi d'entremetteuse pour l'Accord de cessez-le-feu humanitaire de N’djamena entre le gouvernement soudanais et les mouvements rebelles. Le résultat fut la mise sur pied de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS), qui a commencé avec un groupe de 60 observateurs en juin 2004, et s'est élargie à 3.605 à la fin de l'année : 450 observateurs, 2.341 soldats et 814 policiers.

    Les hommes de troupe sont venus de six pays – le Nigeria, le Rwanda, l'Afrique du Sud, le Sénégal, la Gambie et le Kenya – et la police du Ghana. Il y avait également des observateurs militaires en provenance de l'Egypte et de la Libye, entre autres. Une Mission d'évaluation conjointe, dirigée par l'UA, avec des participants de l'ONU, de l'UA et du Canada, a suivi en mars 2005. Elle lança un appel à l'augmentation des effectifs des soldats et de la police pour atteindre un total d'environ huit mille hommes, et à ce que des civils soient inclus en tant qu'agents humanitaires.

    L'un des membres de l'équipe d'évaluation était le Général-Major Henry Anyidoho du Ghana, qui était commandant adjoint des forces de l'ONU au Rwanda lors du génocide. Je l'ai rencontré à Khartoum en mai cette année, et lui ai demandé ce qu'il pensait de la MUAS. « Je suis arrivé au Darfur en janvier 2005, indiqua-t-il. J'ai trouvé qu'ils étaient en train de faire un travail incroyablement bon. Premièrement, les mouvements rebelles étaient toujours intacts, donc Il était facile de traiter avec le gouvernement et les deux mouvements rebelles. Deuxièmement, les Janjawiid étaient assez bien maîtrisés. Troisièmement, l'accord de cessez-le-feu était respecté. »

    Cette vue positive était partagée par Refugees International, qui a indiqué dans son rapport de novembre 2005 qu'au début de l'année la MUAS était parvenue à assurer la sécurité et la dissuasion. Les personnes déplacées s'entassaient tout près des bases de la MUAS, le Programme alimentaire mondial a commencé à garer ses véhicules sur les sites de la MUAS, celle-ci escortait les convois d'aide humanitaire et aidait les victimes d'attaques à se rendre aux hôpitaux.

    La présence permanente de la police civile dans certains camps de PDI [personnes déplacées à l'intérieur] a donné un plus grand sens de sécurité à une population qui n'a pas confiance en la police soudanaise. Les forces de la MUAS ont aidé à la restauration de l'ordre et à assurer la sécurité pendant le processus très difficile de ré-enregistrement des PDI.[1]

    Au moment où le rapport de Refugees International est apparu, il fut cependant clair que les mouvements rebelles commençaient à se diviser. La MUAS avait réussi – et ceci constituait une réalisation politique majeure – à négocier une Déclaration de principes et était parvenue à la faire signer par toutes les factions d'insurgés et par le gouvernement du Soudan le 5 juillet 2005 à Abuja. Cette déclaration reste la seule base politique pour la paix au Darfur.

    Mais trois plus tard, lorsque le Mouvement de libération du Soudan (SLM en sigle anglaise) a tenu sa conférence au Darfur, Abdel Wahid, son dirigeant, anticipa qu'il y aurait des problèmes et n’y participa pas. Ses suspicions se sont avérées lorsque Minni Minawi, le commandant des forces du mouvement se trouvant sur terrain, a été élu pour le remplacer.

    L'UA décida d'inviter les deux hommes aux pourparlers de paix à Abuja, où Minawi signa l'Accord de Paix du Darfur en mai 2006. Mais le Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM en sigle anglaise), l'autre mouvement rebelle original, refusa de signer, comme l'avaient fait 19 représentants du SLM, qui sont passés dans le camp adverse pour suivre Abdel Wahid.[2]

    Le soi-disant Groupe des 19 exerça beaucoup d'influence parmi les combattants, qui bientôt commencèrent à à se désagréger en regroupements tribaux. Ce qui était difficile pour l'UA était maintenant de savoir comment rassembler tous ces groupes, mais elle resta engagée pour une solution politique, sachant que seul un cessez-le-feu renégocié offrirait la protection des civils au Darfur.

    Une autre évolution malheureuse fut que le soutien à la MUAS, de la part des pays bailleurs de fonds occidentaux, commença à s'affaiblir alors que les choses devenaient dures. L'Accord de cessez-le-feu de N’djamena avait impliqué une collaboration formelle entre l'UA, l'ONU et les premières puissances occidentales. Selon Anyidoho, ‘le Canada devait fournir l'avion et l'entretien, le Royaume Uni les véhicules, les USA s'occuper des camps, et l'UE les soldats et la police.’ Les bailleurs avides d’avancer des promesses d'argent au début de 2005 n'étaient pas enthousiastes à le libérer une fois que la mission était en difficulté.

    Les Etats Unis avaient promis 50 millions de dollars en soutien à la MUAS à la conférence des bailleurs de fonds en mai 2005, mais Ils n'ont pas délivré cette somme. En novembre de l'année suivante, le Congrès avait déplacé les fonds de la Loi portant sur les Affectations de fonds pour les Opérations étrangères de 2006. Autour de cette même période, l'UE annonça que les paiements de salaires ne seraient effectués que trimestriellement et exigèrent la responsabilité comptable appropriée avant de libérer les fonds pour le trimestre suivant. Quand les papiers ne lui parvinrent pas, l'UE suspendit la fourniture de fonds.

    ‘Ce sont les bailleurs de fonds qui décident,’ m'a dit Anyidoho. ‘Quand la fatigue des bailleurs est intervenue, le monde a commencé à lancer des appels aux forces de l'ONU. La force de l'UA n'a pas été payée depuis janvier 2007. Elle fait de temps en temps face à une pénurie de carburant pour ses avions. Les bailleurs ont fourni à l'UA des hélicoptères commerciaux et non militaires, donc les pilotes doivent décider s'ils doivent ou non se rendre dans une région.’

    En juillet de cette année, quand j'ai effectué ma deuxième visite au Soudan, la force de l'UA n'avait toujous pas été payée. La MUAS a fait face à une série de problèmes de ce genre. Comme en 2005, lorsque Refugees International avait envoyé une mission pour aider la MUAS au nord du Darfur, elle a constaté que ‘tous les interprètes locaux de la MUAS étaient en grève parce que leurs salaires avaient été réduits de moitié à la suite d'une restructuration de salaires… pour tout le personnel de la MUAS.’

    L'UA avait supposé que le cessez-le-feu serait respecté par toutes les parties, et envisageait que sa mission ne serait nécessaire que pour une courte période. Quand les rebelles ont commencé à se diviser, et que l'accord politique sous-tendant le cessez-le-feu a basculé, les combats ont repris et les défaillances du mandat de la MUAS sont devenues apparentes. Il y avait des réclamations pour son élargissement, afin que les agents de maintien de la paix armés puissent protéger non seulement les observateurs non-armés, qui 'etaient supposés surveiller le cessez-le-feu, mais aussi les victimes civils du conflit.

    L'UA elle-même était rapidement devenue une cible aussi bien des belligérents que de tout autre élément impliquée dans le conflit – y compris les médias, les ONG internationales et les PDI qu'ils sont venus "sauver". A travers la deuxième partie de 2005, il y a eu des tentatives de meurtres ou de kidnappings de soldats de l'UA de tous les côtés. Selon Refugees International, les attaques Janjawiid contre les villages au nord du Darfur, qui ont fait dix morts et causé le déplacement d'à peu près dix mille personnes de plus, ont aussi blessé trois membres d'une patrouille de la MUAS ; un groupe d'une faction rebelle a kidnappé environ quarante hommes de troupes de la MUAS à l'ouest du Darfur; quatre hommes de troupes nigerians de la MUAS et deux de ses contractants civils furent tués lorsqu'ils sont intervenus dans une attaque, par la SLA selon les rapports, contre un autre contractant; le jour suivant, un groupe qui s'est séparé de JEM a kidnappé toute une patrouille de la MUAS composée de 18 membres, y compris son instructeur américain, à Nana, tout près de Tine à l'ouest du Darfur.

    Il y avait d'autres problèmes. En septembre 2005, deux soldats de la MUAS sont morts de maladies liées au SIDA, ce qui a suscité des inquiétudes au sein de la population. En mars 2006, la Chaîne 4 a donné un reportage comme quoi les femmes et les filles jusqu'à l'âge de 11 ans du camp des PDI de Gereida au sud du Darfur alléguaient que des soldats de l'UA leur avaient offert de l'argent en échange de rapports sexuels. L'UA a mis sur pied un comité chargé d'enquêter sur les allégations de ‘mauvais comportements sexuels y compris le viol et les abus contre les enfants’ commis par ses forces.

    La MUAS a fait preuve d’inertie face à de tels problèmes. Elle n'a presque pas d'appréciation du rôle critique dans le modellage de l'opinion publique au sein des démocraties occidentales modernes et elle ne dispose pas de chargé des relations publiques ni de département des Affaires juridiques. Au lieu de faire sortir sa version des événements de manière convaincante, elle communique toujours sous forme de brefs communiqués de presse. Refugees International a fait un rapport incrédule selon lequel lorsqu'ils ont demandé ‘une brochure qui décrit leur mission, les officiers ont soumis à une copie imprimée en anglais et en arabe de la Déclaration de Principes… avec des photos des signataires’.

    La communauté des ONG internationales, puissante, généralement bien intentionée, qui se trouve au Darfur, a ajouté sa voix à celles qui voient la présence de l'ONU, et des puissances occidentales en particulier, comme la seule solution viable à la crise. Refugees International veut que l'ONU prenne la responsabilité des agents africains de maintien de la paix, sous l'argument que la mission de “déploiement de casques bleus” … a réussi dans le passé dans des lieux tels que le Burundi et le Liberia, où l'UA ou la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, après avoir fourni la stabilité initiale, a remis une mission à l'ONU.

    Ils avancent, par-dessus tout, que l'ONU dispose de ressources pour entretenir plus de troupes sur le terrain, et leur fournir des armements plus puissants. RI a même lancé un appel au Conseil de sécurité de l'ONU en vue de créer une zone de non survol au-dessus du Darfur et à l'OTAN et aux autres forces d'aider la MUAS à sa mise en application. Il y a des préoccupations, naturellement, autour du fait que de telles mesures augmenteraient l'aspect militaire de l'"intervention humanitaire", mais on a à peine discuté sur leurs conséquences politiques potentielles.

    C'est cette tension entre les aspects militaire et politique de l'intervention qui explique les contradictions dans la Résolution 1769 du 31 juillet du Conseil de Sécurité au sujet de la Mission des Nations Unies-Union Africaine au Darfur (UNAMID).

    La Résolution 1769 commence par affirmer que cette ‘opération hybride devrait avoir un caractère à prédominance africaine et que les troupes devraient, dans la mesure du possible, être tirées des pays africains’. Elle lance un appel au Secrétaire général ‘d'entamer immédiatement le déploiement des structures de commandement et de contrôle et des systèmes nécessaires pour assurer un transfer doux des pouvoirs de la MUAS à l'UNAMID’, et qui ne laisse aucun doute à propos de la signification du terme ‘immédiatement’: ‘le plus tôt possible et pas plus tard que le 31 décembre 2007’.

    Au même moment, la résolution ‘souligne qu'il ne peut pas y avoir de solution militaire au conflit du Darfur’ et souligne l'importance de l'Accord de paix du Darfur comme la base d'une ‘solution politique viable et d'une sécurité durable au Darfur’. Elle déplore le fait que ‘l'Accord n'a pas été totalement mis en œuvre par les signataires et n'a pas été signé par toutes les parties au conflit,’ et lance un appel à un cessez-le-feu imméiat, y compris une cessation des bombardements aériens par le gouvernement.

    C'est ici que se trouve la contradiction au cœur de la Résolution 1769 : elle vise à renforcer un cessez-le-feu qui n'existe pas. Elle fixe un délai ferme pour le transfert des pouvoirs à l'UNAMID, mais ne suggère aucune date limite pour, soit un cessez-le-feu, soit un accord politique qui doit être atteint par les parties belligérentes.

    Une force extérieure peut surveiller un cessez-le-feu convenu par les belligérents, seulement si un tel accord existe. La chute d'un cessez-le-feu est la preuve qu'il n'y a aucun accord. C'etait, après tout, la rupture du cessez-le-feu de N’djamena qui a inversé le sort de la MUAS.

    ‘L'UA est devenue une partie du conflit,’ a dit à Reuters Mohamed Saley, le leader du groupe qui s'est détaché de JEM et qui, allègue-t-on, aurait kidnappé une patrouille de la MUAS en octobre 2005. A ce moment-là. ‘Nous voulons que l'UA s'en aille et nous les avons mis en garde d'essayer de se rendre dans nos zones.’

    Essayer de maintenir la paix en l'absence d'un accord de paix faisait de l'UA une ‘partie du conflit’. Il n'y a pas de raison de croire que le sort de l'ONU sera, en aucune manière, différent. Renforcer le mandat en l'absence d'un accord politique est plus susceptible d'approfondir que de résoudre le dilemme. La mise en application du cessez-le-feu va signifier assumer le rôle de force qui envahit – et non qui maintient la paix.

    Le Darfur, qui est un peu plus petit que la France – et plus vaste que l'Irak – va certainement exiger une force de plus de 26.000 hommes actuellement programmée par l'ONU.

    Abdu Katuntu était président du Comité choisi du Parlement de l'Union africaine sur le Darfur entre 2004 et 2006, période au cours de laquelle il a effectué six longues visites au Darfur, y compris des séjours aux camps des PDI. Je l'ai rencontré à Kampala il y a quelques semaines et je lui ai demandé pourquoi l'ONU ne pouvait pas avoir donné à la MUAS davantage de ressources et rendu son mandat plus musclé, au lieu d'en faire des casques Bleus. ‘Ça leur aurait enlevé la raison d'être,’ m'a-t-il répondu, ‘parce que la communauté internationale aurait dit que les Africains ont pu résoudre leur propre problème.’

    J'ai également parlé au personnel de l'ONU dont les membres ne se retrouvent pas face au fait que l'organisation ne se borne que sur un seul groupe des belligérents. ‘Il y a quelque chose qui ne va pas avec la Mission de l'ONU,’ indiqua un agent de sécurité afghan du Département "Sécurité et Sûreté" de l'ONU. ‘Tout le monde sait que pour l'ONU le problème n'est que le gouvernement et les Janjawiid. Ils sont ici pour les désarmer et non les forces rebelles. Comment pouvez-vous alors obtenir une solution politique entre eux?’

    La vision politique de l'UA est insérée dans une disposition de l'Accord de Paix du Darfur qui lance un appel à un Dialogue et une Consultation Darfur-Darfur (DCDD). L'UA fait la distinction entre les processus de dialogue et de consultation : même si le dialogue formel peut commencer uniquement après qu'un accord de paix inclusif soit en place, l'UA est engagée pour une consultation informelle ayant pour intention de préparer le terrain pour un tel accord.

    Les consultations ont commencé en juillet de l'année dernière. Les premières réunions se sont tenues dans des cités dans chacun des trois Etats du Darfur: Nyala au sud, Zalingei à l'ouest et El Fasher au nord. Elles ont regroupé les activistes et leaders de la base qui représentent beaucoup de groupes différents: le régime de l'Administration Natale dans les zones rurales qui était déplacé (vers les villes et les cités) par l'insurrection de 2003, les organisations bénévoles locales, les partis politiques (aussi bien le gouvernement que l'opposition), les intellectuels et les gens du monde académique (chacun des trois Etats dispose d'une université), et plus de deux millions de personnes déplacées vivant dans les camps au Darfur.

    Les premiers rounds de la discussion à Nyala et Zalingei avaient produit un consensus sur une question : le DCDD ne devrait pas être une affaire qui va du sommet à la base mais plutôt celle qui inclut toutes les tendances politiques et affiliations tribales (même celles impliquées dans l’approvisionnement en recrues pour les Janjawiid). Il faudrait qu'il soit indépendant de tout parti politique ou groupe (y compris le gouvernement).

    Mais les consultations ont produit un double choc pour l'Union africaine. Une vaste majorité à la rencontre d'El Fasher, en juillet de cette année, a lancé un appel à une intervention par des forces qui seraient non seulement ‘extérieures’ mais aussi non-africaines. La plupart des participants ont identifié l'UA comme le fonds de leurs problèmes et l'ONU comme la source la plus susceptible de fournir une solution efficace. ‘

    L'UA est comme la Ligue arabe,’ a expliqué le représentant venu d'El Fasher Call, une organisation bénévole. ‘Elle répond aux gouvernements, non pas à la pression populaire. Tous les gouvernements africains sont des dictatures, raison pour laquelle les gens ont des soupçons envers l'UA. L'ONU représente également des gouvernements, mais la plupart des Etats ausein de l'ONU sont démocratiques.’ ‘Nous voulons que l'ONU vienne,’ ajouta le sultan d'El Fasher. ‘Elle a de la pitié.’

    La naiveté de ces suppositions était caractéristique des discussions à El Fasher. Juste comme ils ont identifié l'ONU avec les démocraties occidentales, et parlaient comme si des démocraties ne peuvent pas être des empires, tout intervenant qui lançait un appel à l'intervention de l'ONU semblait supposer que les forces onusiennes – contrairement à celles de la MUAS – seraient composées de blancs. Ils ne semblaient pas comprendre que ce qui va changer dans la transition de la MUAS à l'UNAMID est le commandement beaucoup plus que les troupes sur terrain.

    La discussion sur l'intervention onusienne se termina en cul-de-sac. D'une part, l'appel à l'Intervention extérieure était soutenu par un sentiment fort comme quoi toutes les possibilités internes (nationales et africaines) avaient été épuisées. D'autre part, ceux qui étaient les plus acharnés en lancements d'appels à une intervention extérieure semblaient voir l'ONU comme une agence bénigne sans aucun programme politique propre – même s'il est clair qu'une intervention onusienne serait guidée par les grandes puissances du Conseil de Sécurité.

    Beaucoup de supporters de l'intervention extérieure la voyaient comme une extension d'une pratique locale, ‘ajawiid’, par laquelle un tiers intervient dans un conflit qui ne peut pas être résolu. Mais la leçon des ‘ajawiid’ est que l'intervention ne peut être crédible et efficace que si les intérêts du tiers sont compatibles avec ceux des belligérants. A El Fasher personne n'a mis en cause la politique d'une intervention dirigée par les grandes puissances.

    Les organisations locales bénévoles critiquaient la dépendance croissante des PDI des ONG internationales. Le représentant d'El Fasher Call a transmis un message avec un peu d'amertume : ‘les PDI sont en train d'essayer de se faire aimer par des ONG internationales mais elles ne veulent pas traiter avec les ONG nationales.’ ‘Les PDI ne croient plus en rien de soudanais’, ajouta un représentant d'une organisation caritative de Fur.

    Un participant venu d'une ONG de construction fit remarquer que la guerre avait amené les gens à adopter une ‘mentalité de consommateur’. Le manque d'attrait pour les ONG internationales était partagé par toutes les organisations locales bénévoles, quelles que soient leurs affiliations ethniques ou tendances politiques. ‘Les ONG nationales manquent de capacité de fournir les services nécessaires,’ a expliqué un représentant de l'Organisation pour le développement du Soudan. ‘Elles ne font aucun effort pour reconnaître que nous connaissons mieux le terrain et aussi ce que réclament les gens. Il n'est pas surprenant que la plupart des ONG nationales aient été rejetées par les PDI. Si les ONG internationales nous donnaient la chance, les gens pourraient nous apprécier davantage.’

    Un participant, cependant, a rappelé à ses collègues que, sans les ONG internationale, ‘vous n'auriez trouvé aucune PDI en vie au Darfur.’ Suivant sa perception, le problème avait deux facettes. Premièrement, les ONG internationales ont une perspective à court terme : elles pourraient partir après le rétablissement de la paix et les ONG nationales devraient être prêtes à combler le vide. Deuxièmement, chaque ONG a son propre programme qui limite sa perspective : ‘Chaque organisation a son propre programme pour chaque lieu. Il devrait y avoir un dialogue parmi les organisations afin de coordonner un programme.’

    Résumant les discussions à El Fasher, le médiateur de l'UA, Salim Ahmed Salim, a exprimé une idée cruciale comme quoi pour que l'intervention extérieure aille bien, elle aurait à renforcer un processus interne et pas en être le substitut. Ce qui compte, a-t-il soutenu, est ‘non pas la taille d'une force mais ce qu'elle est venue défendre’, puisque ‘sans un accord en matière de paix, même une force de cinquante mille homme ne pourrait changer la situation radicalement.’ Il voulait mettre en garde les Darfuriens que le fait de placer tous leurs espoirs dans la force hybride serait l'équivalent d'abdiquer devant leur propre responsabilité. Mais il représentait un point de vue minoritaire.

    Salim reflétait un accord encore plus élargi lorsqu'il a fait noter: ‘Même si ceux qui ont pris des armes ont une cause, il est important de consulter ceux qui n'ont pas pris des armes, la population civile.’ L'objectif des consultations devrait être de ‘leur montrer une alternative à la lutte armée: le dialogue, la persuasion, l'organisation’. Les négociations antérieures, a-t-il soutenu, auraient dû impliquer davantage de civils. Mais si la société civile doit être plus que juste un simple annexe au deuxième round des négociations impliquant les groupes armés, les pourparlers de DCDD devront être le début d'un processus de loin plus ambitieux.

    Aucune force interne ne semble capable d'assurer une direction efficace. Même la SPLA, qui a le contrôle politique du Sud du Soudan et qui a reçu la garantie, sous les termes de l'Accord Inclusif de paix séparé de janvier 2005, une représentation de 10 pour cent dans chaque Parlement dans les Etats du nord, n'a pas les ressources humaines nécessaires pour assurer une direction efficace.

    Comme l'ONU, les ONG internationales semblent n'avoir pas de patience face au processus politique interne. Pour eux, les gens du Darfur ne sont pas des citoyens dans un processus politique souverain plus que des pupilles d'une opération de secours internationale dont on ne voit pas d'issue proche. Ils sont là pour ‘sauver’ le Darfur, non pas pour l'"autonomiser".

    C'est pour cette raison qu'un bon nombre de grandes ONG et certains des membres du personnel américain et britannique des bureaux de l'ONU à Khartoum sont sceptiques à propos du DCDD. Ils s'inquiètent du fait que regrouper des figures politiques et des représentants de la société civile pour une discussion ouverte risque d'exprimer un sentiment comme quoi la situation normale est retournée au Darfur, au moment où il faudrait plutôt souligner la profondeur de la crise.

    L'effort ‘humanitaire’ est lui-même basé sur la conviction qu'aussi bien la crise que sa résolution sont militaires, et non politiques; par conséquent, il y a peu d'appétit pour un processus politique interne conçu pour renforcer la citoyenneté démocratique.

    ‘Quelle est la solution ?’, ai-je demandé au Général Anyidoho, qui a été affecté dernièrement comme Vice-représentant spécial conjoint pour la force hybride. ‘Elle comprend trois éléments,’ m'a-t-il répondu, style militaire. ‘Premièrement, un cessez-le-feu total.’ (Ceci exigerait un accord politique entre toutes les forces qui se battent.) ‘Deuxièmement, des pourparlers qui impliquent diverses couches de la population du Darfur. Ils doivent se mettre d'accord. Et troisièmement, le gouvernement a un grand rôle à jouer. Il ne s'agit pas ici d'un Etat qui est tombé ; il y a un gouvernement en place.’

    Qu'en est-il des Janjawiid? ‘Ce sont des forces de nomades sur des chevaux; ils ont toujours été là. Ils sont répandus à travers l'Afrique sahélienne : le Niger, le Soudan, le Tchad, la R'epublique Centrafricaine. Le problème est que l'AK-47 a remplacé l'arc et la flèche. Les Janjawiid devraient être désarmés avant que les rebelles ne remettent leurs armes.’

    Qu'en est-Il des camps ? ‘Les camps deviennent militarisés. Les femmes vont à la collecte du bois de chauffe et elles sont violées. Le viol est devenu une arme de guerre. Il vise à détruire le tissu moral d'un peuple : dans une société musulmane, le viol est une grande tache. La police de l'UA avait l'habitude de faire des patrouilles de bois de chauffe et elles étaient efficaces. Mais s'il y a de la sécurité dans les jours qui viennent, les hommes rejoindront leurs femmes au moment d'aller faire la collecte de bois de chauffe. L'objectif devrait être de fermer les camps des PDI.’

    Qu'en est-il de la menace américaine de ‘prendre des mesures’ – sanctions d'interdiction de vols ? ‘Ce n'est pas une option à adopter. Tout le temps les Américains donnent des dates limites. La menace de sanctions ne suffit pas non plus. Ils ont vécu si longtemps sous ce régime que ça leur semble normal. Ils sont également habitués à vivre en isolement. Maintenant, Ils ont du pétrole et un ami au Conseil de Sécurité… Nous ne pouvons pas résoudre ces problèmes par la voie des armes. Nous devons nous asseoir et échanger, raison pour laquelle Il est important de voir comment la crise de la Côte d’Ivoire a été résolue après quatre ans de combats. Les gens de l'extérieur ne peuvent jamais résoudre les problèmes pour nous. C'est une misère éloignée pour eux. Nous devons le faire nous-mêmes.’

    Notes

    1. No Power to Protect: The African Union Mission in Sudan (en français, Pas de Pouvoir de Protéger: La mission de l'Union Africaine au Soudan, par Sally Chin et Jonathan Morgenstein (Refugees International, novembre 2005).

    2. Alex de Waal a écrit à ce sujet dans le LRB du 30 novembre 2006.
    * Le présent article fut publié pour la première fois dans la Revue des Livres de Londres vol. 29, no. 17, 6 septembre 2007 et il est reproduit ici avec la permission de l'auteur.

    * Mahmood Mamdani est Professeur du Gouvernement Herbert Lehman aux Départements d'Anthropologie et de Science Politique à Columbia University aux Etats-Unis. Il est également Directeur de l'Institut d'Etudes Africaines de Columbia.[ Il est aussi l'actuel président du Conseil pour le développement de la recherche sociale en Afrique (CODESRIA en sigle anglais) à Dakar, Sénégal

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  • Abdelbagi Jibril, directeur du Centre de secours et de documentation sur le Darfur (Darfur Relief and Documentation Centre), fait la comparaison des rapports économiques et commerciaux de l'Afrique du Sud avec la Chine et les Etats du Golfe arabe. Une position dont découle sa défense du régime de Khartoum et son indifférence face à la tragédie des gens du Darfur. Ce qui, conclut-il, est l'équivalent du génocide des Africains.

    Le gouvernement sud-africain joue un rôle de plus en plus important dans les affaires politiques et économiques du continent africain. Le rôle politique croissant de l'Afrique du Sud est directement lié à sa puissance économique. Son économie compte pour à peu près 45 pour cent du PIB de l'Afrique, ce qui équivaut à trois fois la taille de la deuxième économie la plus forte de l'Afrique (l'Egypte).

    L'intérêt et l'Importance économiques de l'Afrique du Sud constituent la force motrice de ses positions politiques sur certaines des situations cruciales auxquelles l'Afrique fait face aujourd'hui, y compris le Darfur.

    Au sein de l'Union Africaine (UA), l'Afrique du Sud est membre de l'influent Conseil de Paix et de Sécurité, où des mesures vitales qui affectent la paix et la sécurité en Afrique sont débattues et mises en application. Au niveau international, l'Afrique du Sud est actuellement membre du Conseil de sécurité des Nations Unies et du Conseil de l'ONU chargé des Droits de l'homme.

    L'Afrique du Sud et le Soudan, le Sud du Soudan
    L'Afrique du Sud a développé des rapports spéciaux avec le Soudan, spécialement après la signature de l'Accord Inclusif de Paix (CPA en sigle anglais) en janvier 2005. Les deux pays coopèrent dans divers domaines économiques et commerciaux. Ils ont une coopération croissante dans le secteur de l'énergie, de même que dans les domaines de la sécurité et de l'armée.

    Immédiatement après la signature du CPA, l'Afrique du Sud a décidé de créer une mission diplomatique au Soudan, qui a ouvert ses portes aussitôt après. Le président Thabo Mbeki était le seul chef d'Etat africain en dehors de l'Autorité Intergouvernementale sur le développement (IGAD) à participer à toutes les séances de clôture des phases importantes des négociations politiques entre le Mouvement et l'Armée de libération du peuple du Soudan (SPLM/A en sigle anglaise) et Khartoum, qui se sont terminées à Nairobi par la signature du CPA le 9 janvier 2005. Il était également parmi les quelques chefs d'Etats africains à participer au couronnement du feu Dr John Garang en tant que premier Vice-Président du Soudan en juillet 2005.

    Après la défaite de l'apartheid et la création d'une nation démocratique en 1994, le gouvernement de l'ANC a pris une décision stratégique de soutenir les gens du Sud du Soudan et l'organisation qui les représente, à savoir la SPLM/A. Un certain nombre de cadres de la SPLM/A ont reçu leur formation et leur éducation en Afrique du Sud. La coopération dans ce domaine se poursuit à travers le Centre d'Etudes en Renaissance Africaine basé à Pretoria à University of South Africa (Université d'Afrique du Sud). Un contingent non-négligeable de chercheurs et d'étudiants originaires du Sud du Soudan poursuivent actuellement leurs études dans des université sud-africaines.

    A la suite de l'augmentation de la production de quantités commercialement viables de pétrole brut soudanais et de la création d'un Gouvernement autonome du Sud du Soudan, les rapports entre les deux pays se sont davantage renforcés et consolidés. La lutte des gens du Sud du Soudan pour la justice et l'égalité fut la pierre angulaire de l'Intérêt de l'Afrique du Sud.

    Il a été constaté que certains supporters de la SPLM/A, spécialement ceux qui ont participé aux Pourparlers de paix inter-soudanais sur le Darfur, nourrissent une haine peu commune envers les mouvements d'insurgés et les gens du Darfur. Ces cadres ont rejeté avec agressivité les réclamations des gens du Darfur portant sur le partage proportionnel de la vie économique et politique du pays, soutenant que de telles réclamations affecteraient le CPA. Certains d'entre eux prétendent même que les gens du Darfur ont cautionné la destruction de leur région afin de saboter l'accord de paix.

    Depuis lors, certains éléments de la SPLM/A ont lancé une sinistre campagne contre les réclamations de justice et d'égalité des Darfuriens. Cette campagne a atteint beaucoup de parties de l'est, de l'ouest et du sud de l'Afrique.

    L'Afrique du Sud et la Chine

    L'Afrique du Sud a des liens commerciaux et économiques forts avec la Chine. Il y a des affinités politiques et idéologiques, héritées de l'ère de la révolution des Noirs de l'Afrique du Sud contre le régime oppressif de l'apartheid. Ces rapports ont créé une dynamique compliquée, spécialement au niveau des forums internationaux de prise de décisions. Tant la Chine que l'Afrique du Sud sont actuellement membres du Conseil de sécurité de l'ONU et du Conseil de l'ONU chargé des Droits de l'homme. Au niveau international, l'Afrique du Sud et la Chine assument des postes semblables sur certaines questions dans les domaines de la paix, de la sécurité et des droits humains à l'échelle Internationale, en particulier sur la situation au Darfur.

    L'Afrique du Sud et les Etats du Golfe arabe

    L'Afrique du Sud a des rapports commerciaux et économiques forts avec les pays du Golfe arabe. De fait, la région du Golfe est en train de devenir une importante zone commerciale et elle tient un grand potentiel pour l'Afrique du Sud, non seulement en tant que marché d'exportations et source d'énergie, mais aussi en tant que source stratégique d'Investissement direct étranger.

    Au cours des quelques dernières années, les Etats du Golfe arabe riches en pétrole ont investi des milliards de dollars américains à partir des revenus supplémentaires du pétrole en bien immobiliers, en investissement en termes de propriété privée, en développement de l'infrastructure, en tourisme et dans d'autres affaires associées en Afrique du Sud.

    Le Soudan représente un domaine spécial d'intérêt géopolitique pour les Etats du Golfe. La protection du gouvernement arabe du général El Bashir est l'un des facteurs principaux qui regroupent tous les membres des Etats de la Ligue arabe dans leur soutien de Khartoum. D'autre part, il est clair que la plupart des Etats en Afrique sub-saharienne n'ont pas encore compris l'ensemble des ramifications qui se trouvent dans la crise au Darfur, qui est en grande partie motivée par la visée de conquérir le territoire qui revenait à des tribus africaines autochtones.

    L'Afrique du Sud et le Darfur

    La position du gouvernement de l'Arique du Sud vis-à-vis de la situation au Darfur est caractérisée par l'indifférence devant la souffrance des victimes de cette tragédie humaine. Bien que l'Afrique du Sud ait participé à la Mission de l'UA au Soudan (MUAS), et qu'elle ait envoyé un certain nombre de soldats et de policiers au Darfur, l'efficacité de sa contribution reste disproportionnée par rapport au rôle de leadership politique qu'elle poursuit activement en ce qui concerne la situation darfurienne.

    Sur un total de 6.171 de troupes autorisées et un personnel de la police comptant 1 560 personnes, l'Afrique du Sud a donné une contribution de 600 individus. Récemment, on a constaté que le gouvernement de l'Afrique du Sud soutient de plus en plus le gouvernement de Khartoum dans sa façon de gérer le dossier du Darfur.

    L'Afrique du Sud continue de se servir de son statut de membre du Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA pour soutenir la position assumée par le Soudan et ses alliés de l'Afrique du nord et de l'est au sein des institutions de l'UA. Au niveau international, le pays suit une politique semblable. Pas moins de douze occasions ont servi à l'Afrique du Sud d’user de son statut de membre du Conseil de sécurité de l'ONU et du Conseil de l'ONU chargé des Droits de l'homme pour s'opposer et diluer les projets et les résolutions qui auraient pu aider à fournir aux victimes du conflit armé au Darfur la protection et le secours nécessaires.

    Quelques exemples illustrent cette position dure de l'Afrique du Sud sur le Darfur.

    Le 12 juillet 2007, trois membres du Conseil de sécurité de l'ONU, la Grande Bretagne, la France et le Ghana, ont soumis un projet de résolution pour examen et action par les autres membres du conseil. A cause de la gravité de la situation sur terrain, la résolution fut étudiée sous le Chapitre VII de la Charte de l'ONU. Le texte du projet approuvait la force 'hybride' Union africaine-Nations Unies. Bien que le texte eût été préparé de manière raisonable, il fut confronté à une forte opposition de la part de certains membres du Conseil, en particulier la Chine et l'Afrique du Sud qui étaient à la tête.

    L'ambassadeur de l'Afrique du Sud aux Nations Unies à New York, Dumisani Kumalo, caractérisa le projet de résolution de 'totalement inacceptable'. Il accusa en outre les promoteurs, y compris le Ghana, de 'jeter tout dans l'évier de la cuisine'. Il appuya fortement la position du gouvernement soudanais, selon laquelle la résolution devrait être 'plus amicale envers le Soudan'; et qu'elle devrait enlever 'les questions non pertinentes' et 'étrangères', comme la menace d''autres mesures', qui signifient en général des sanctions.

    L'Ambassadeur Kumalo a constamment soutenu cette position. En mars 2007, quand il était président du Conseil de sécurité, il a dit que 'l'ONU ne peut envoyer des troupes au Darfur sans la permission du gouvernement soudanais… [l'] ONU ne peut pas donner l'ordre aux Marines d'entrer dans un pays'. Cette assertion n'est pas pertinente et c'est une distraction par rapport à la force de maintien de la paix de l'ONU de penser que l'on prendrait des Marines américaines.
    L'ironie est que le gouvernement de l'Afrique du Sud semble aveuglément donner son appui à Khartoum. Le 17 juin 2007, lors d’une conférence de presse accordée par la délégation du Conseil de sécurité de l'ONU à l'issue d'une réunion à Khartoum avec le président du Soudan, l'ambassadeur Kumalo a déclaré : 'Je peux vous dire que le ministre des Affaires étrangères nous a dit sans ambiguité que le gouvernement soudanais a accepté l'opération de la force hybride sans poser aucune condition. Le président lui-même nous a juste confirmé la même chose'.

    En effet, le président soudanais n'a pas manqué l'opportunité de déclarer qu’'…aucun soldat de l'Europe occidentale ne touchera le sol soudanais', ce qui sous-tend la déclaration de Kumalo.

    A la réunion de Haut Niveau tenue à New York, le Soudan, soutenu par l'Afrique du Sud et les autres membres de l'UA, s'est formellement opposé au déploiement au Darfur de contingents d'infanterie en provenance de l'Uruguay et de la Thailande. Ils ont également rejeté le déploiement d'une unité d'ingénieurs militaires en provenance du Norvège. Ces objections sont des violations claires de l'Accord conjoint UA-ONU sur une présence militaire hybride ONU-UA au Darfur. Elles ignorent complètement la lettre et l'esprit de la Résolution 1769 (2007) du Conseil de sécurité de l'ONU qui a autorisé l'Opération Hybride ONU-UA au Darfur (UNAMID).

    A la cinquième session du Conseil de l'ONU chargé des Droits de l'homme à Genève, du 12 au 30 mars 2007, beaucoup d'activistes de droits humains furent choqués lorsque la délégation sud-africaine a fermement soutenu le gouvernement soudanais. Avec l'Algérie, Ils ont endossé une texte faible de résolution qui louait la politique militariste du Soudan au Darfur. Ceci est arrivé en dépit de l'opinion presque unanime parmi les délégués en provenance de l'Afrique sub-saharienne, y compris les pays de la SADC, selon laquelle ils ne pouvaient plus accorder un soutien inconditionnel au gouvernement du Soudan compte tenu de ses crimes au Darfur. Quand leurs efforts ont échoué, la délégation de l'Afrique du Sud s'est servie de toutes sortes de tactiques pour diluer la résolution, introduite par l'UE, sur la situation au Soudan.

    La position du gouvernement de l'ANC en Afrique du Sud vis-à-vis de la situation au Darfur est décevante. Accorder un soutien politique et diplomatique inconditionnel au gouvernement du Soudan revient à une certaine complicité. En outre, les efforts du gouvernement de l'Afrique du Sud pour faire avorter les vigoureux plans régionaux et Internationaux de protection de la population civile qui est sans défense est une trahison des iIdéaux de justice, de dignité humaine, d'égalité, de liberté et de cohabitation pacifique, pour lesquels les masses sud-africaines ont mené une rébellion héroïque contre le régime raciste de l'apartheid.

    A cause d'une telle histoire glorieuse, la position du gouvernement de l'ANC en Afrique du Sud, en soutien des crimes que le gouvernement soudanais continue de commettre au Darfur, perturbe les victimes de cette tragédie plus que les positions de la Chine, de l'Egypte, de l'Algérie, de la Russie et des autres amis du Soudan. Les observateurs extérieurs pourraient aussi facilement remarquer que si les Africains eux-mêmes ne soutiennent pas les victimes africaines de la tragédie du Darfur, pourquoi le reste du monde devrait-il s'en préoccuper?

    En 2010, l'Afrique du Sud doit accueillir la Coupe du monde de football. Cet important événement va focaliser l'attention du monde sur l'Afrique du Sud, en tant que destination privilégiée en matière de tourisme, de commerce et d'investissement. Le fait d'accueillir ce tournois prestigieux devrait placer une certaine responsabilité morale sur la nation hôte en ce qui concerne les valeurs de solidarité, d'amitié, de paix, de justice et de dignité humaine.

    Ce que nous voyons dans la politique de l'Afrique du Sud à l'égard du Darfur est l'antithèse de ces hautes valeurs morales. Elle devrait être rejeté par toutes les personnes éprises de paix. Le monde devrait savoir qu'en protégeant le gouvernement du Soudan concernant le Darfur, l'Afrique du Sud a entaché ses mains. Elle soutient un régime assassin qui poursuit activement une politique d'imposer des conditions de vie qui conduiront finalement à la destruction, en tout ou en partie, d'un groupe spécifique de gens à cause de leur passé ethnique ou tribal. Le Darfur est l’équivalent du génocide des Africains.

    * Abdelbagi Jibril est directeur exécutif de Darfur Relief and Documentation Centre (Centre de Secours et de Documentation pour le Darfur).

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  • Contributor | Gouvernance

    La stratégie conjointe UE-Afrique sera adoptée lors du Sommet de Lisbonne au Portugal des 8 et 9 décembre.Pour accorder leurs violons avant ce grand rendez-vous, le deuxième du genre, le premier sommet s'étant tenu au Caire en 2000, les jeunesses africaines se sont données rendez-vous simultanément dans cinq capitales africaines du 1er au 4 octobre, selon les sous-régions.

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