• Contributor | Gouvernance

    La Cour constitutionnelle du Bénin a déclaré, le 16 septembre, "contraire à la Constitution" un clip de l'artiste musicien béninois Beranis Bervi, intitulé "Mahou Abraham ton" dont certaines scènes tendent à tourner en dérision les pratiques des religions traditionnelles. Dans une décision rendue à la suite d'un recours introduit par un citoyen contre le clip, le juge constitutionnel béninois, déclare que l'artiste Beranis Bervi a violé l'article 36 de la constitution.

    Tagged under Gouvernance Benin

  • Contributor | Gouvernance

    Dans le souci d'apporter un soutien constant aux femmes victimes de violence, l'ONG Wildaf/Mali vient de produire un guide pour la prise en charge des femmes victimes de violence, avec l'appui financier de l'Eglise Norvégienne (AEN). Ce guide, selon ses concepteurs, est un outil d'appui au renforcement de la capacité d'intervention des acteurs pour une meilleure prise en compte des droits de la femme et de l'enfant.

    Tagged under Gouvernance Mali

  • Contributor | Gouvernance

    La population nigérienne est jeune en grande majorité, 70 pour cent de ses 13 millions d’habitants étant âgés de moins de 25 ans, selon une étude sur les enfants vulnérables au Niger publiée par les Nations Unies, le gouvernement et la Banque mondiale en 2005. Pour les experts en droits des enfants, les problèmes combinés du chômage et de la criminalité chez les jeunes pourraient se multiplier et devenir menaçants si les autorités ne réagissent pas rapidement.

    Tagged under Gouvernance Niger

  • Contributor | Gouvernance

    Quelque 1 242 observateurs électoraux locaux et internationaux ont été déployés pour superviser les élections parlementaires au Rwanda qui ont démarré le 15 septembre. Selon le secrétaire exécutif de la commission électorale rwandaise, plus de 40 organisations ont déployé leurs observateurs au niveau des 17 000 bureaux de vote répartis dans le pays, pour permettre à 4,7 millions de Rwandais inscrits sur les listes électorales d’accomplir leur devoir de citoyen.

    Tagged under Gouvernance Rwanda

  • Contributor | Gouvernance

    Le président Robert Mugabe et les principaux leaders de l’opposition zimbabwéenne ont signé le 15 septembre un accord de partage du pouvoir dans l’espoir de mettre un terme à la crise dans leur pays. La cérémonie s’est déroulée à Harare, en présence d’une demi-douzaine de chefs d’Etat et plusieurs milliers de militants des différents partis. Selon cet accord – qui met fin à 30 ans de pouvoir sans partage de la ZANU-PF - le président Robert Mugabe demeure le chef de l’Etat.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Le Malawi aimerait étendre ses relations commerciales aux différents coins du monde, tant vers l'Ouest que vers l'Est. Ce petit pays d'Afrique australe espère ainsi que les investissements étrangers lui permettront de devenir, un jour, producteur et exportateur de marchandises plutôt que perpétuel consommateur et importateur économique, comme c'est le cas aujourd'hui.

    Tagged under Gouvernance Malawi

  • Contributor | Gouvernance

    Le gouvernement gabonais veut hâter la révision de la concession de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG) à la suite des dernières coupures intempestives d'électricité qui ont causé de nombreux désagréments dans les ménages, les administrations et les entreprises de Libreville. Selon le gouvernement, le contrat de concession accordé à la société française Veolia, principal actionnaire de la SEEG, doit être révisée car celle-ci peine à assurer correctement la distribution de l'eau et de l'électricité…

    Tagged under Gouvernance Gabon

  • Contributor | Gouvernance

    Soupçonnés du détournement de 3,9 milliards de F CFA, Jean louis Edou et deux de ses anciens collaborateurs ont placés en garde à vue le 13 septembre. A l'issue de l'enquête policière, il est accusé de détournement en co-action et complicité. Le même chef d'accusation a été retenu contre Mme Soppo, ancien fondé de pouvoir N°1 à la Trésorerie générale de Douala, ainsi que James Fru, anciennement en charge de la Dépense.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Le Bénin traverse depuis deux ans une crise énergétique. Cette crise affecte non seulement le bien-être social mais également plusieurs secteurs de l'économie nationale. C'est conscient de cette réalité que le ministère en charge des Mines, de l'Energie et de l'Eau a initié le 14 septembre une rencontre avec les associations des consommateurs. La rencontre a permis de présenter les résultats du diagnostic fait sur les problèmes qui minent les secteurs de l'eau et de l'électricité et définir des solutions pour pallier cette situation.

    Tagged under Gouvernance Benin

  • Contributor | Gouvernance

    L'Angola va assumer, à partir de janvier 2009, la présidence rotative de l'Organisation des pays exportateurs de Pétrole (OPEP) à la suite de la nomination, le 11 septembre, de son ministre Desidério Costa. M. Costa, qui aura pour vice -président Galo Chiriboga, ministre équatorien des Mines et de l'Energie, a été nommé lors de l'assemblée ministérielle de l'Organisation, clôturée le 10 septembre à Vienne, en Autriche.

    Tagged under Gouvernance Angola

  • Contributor | Gouvernance

    Les opérations de recensement des électeurs guinéens qui ont débuté au cours de la dernière semaine du mois d’août, enregistrent des perturbations, suite au rejet par les opérateurs de saisie, de la proposition salariale qui leur a été faite par le gouvernement guinéen. Ce montant qui est de 600 000 francs guinéens par mois, environ 60 mille FCFA a été jugé « dérisoire » par les agents qui sont près de 2000 personnes. Ils réclament 350 000 francs guinéens par jour, soit près de 35 mille FCFA, plus une prime quotidienne de nourriture de 50 000 francs guinéens.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    CHRONIQUE : Violences contre les femmes dans les conflits armés : Quel rôle pour les soldats de maintien de la paix
    COMMENTAIRES ET ANALYSES : Aide publique : L’illusion d’un développement pour l’Afrique.
    ARTS & LIVRES : Sénégal : Projet d’opéra sur la fondation de l’empire du Mali.
    ZIMBABWE : L’opposition aura la majorité des ministères.
    MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : L’UA va demander un sursis à l’ONU pour el-Béchir.
    DROITS HUMAINS : Centrafrique : Bangui dénonce les ONG de défende des Droits de l’homme.
    REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Afrique : Les parents responsables de l’émigration de leurs enfants.
    ELECTIONS & GOUVERNANCE : Angola : Contexte économique difficile pour des élections.
    CORRUPTION : Burundi : L’Etat met fin aux abus dans l’enregistrement des naissances.
    DEVELOPPEMENT : Afrique : Le Nigeria redevient premier producteur de pétrole du continent.
    SANTE ET VIH/SIDA : Afrique : Un nouveau vaccin contre la méningite introduit en 2009.
    EDUCATION : Burundi : Flambée des prix des fournitures scolaires.
    ENVIRONNEMENT : Global : L’Europe et le Ghana s’engagent contre le trafic illégal de bois.
    PLAIDOYERS & CAMPAGNES : Global : Déclaration d’Abidjan relative à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.
    NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : Obama domine Mc Cain à travers le monde.
    CONFLITS ET URGENCES : Afrique : 3 millions d’enfants en danger de mort dans la Corne de l’Afrique.
    INTERNET ET TECHNOLOGIES : Afrique du Sud : Lancement d’un site contre la pédopornographie.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Les différentes forces d'opposition au Zimbabwe disposeront d'un ministère de plus que la Zanu-PF du président Robert Mugabe dans le futur gouvernement issu de l'accord de partage du pouvoir, a déclaré le 12 septembre un sénateur de l'opposition. Mugabe présidera ce gouvernement tandis que l'opposant Morgan Tsvangirai présidera, lui, le conseil des ministres, a précisé le sénateur David Coltart. Selon lui, 13 ministères seront attribués au Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Tsvangirai, trois iront à la faction dissidente du MDC à laquelle il appartient et 15 seront réservés à la Zanu-PF.

    Tagged under Gouvernance

  • Samir Abi | Gouvernance

    L’aide n’a pas du tout contribué à réduire la pauvreté et les inégalités sociales en Afrique. Après plus de trois décennies d’octroi de l’aide publique au développement (APD), la misère s’est accrue sur le continent. Par contre, on s’aperçoit que l’aide profite dans sa forme actuelle à quelques dirigeants africains qui s’enrichissent en la détournant dans les banques suisses et autres paradis fiscaux. L’aide profite surtout aux donateurs et à leurs diplomaties qui s’en servent pour imposer des politiques économiques inefficaces et inappropriées à l’Afrique. L’échec des politiques d’ajustements structurels axées sur la réduction des dépenses publiques et les privatisations imposées par les institutions de Breton Wood en est un exemple patent.

    A vrai dire, l’attribution de l’aide est marquée par beaucoup d’injustice et d’incohérences. Normalement, elle doit surtout aller aux pays et zones qui en ont le plus besoin. Mais en dépit de ce principe, la France, par exemple, a pendant longtemps accordé plus d’aide à la Côte d’ivoire qu’au Niger, pays que le Pnud classe pourtant comme le plus pauvre d’Afrique francophone. C’est pour corriger ces insuffisances que pays bénéficiaires et donateurs de l’APD ont conclu, en mars 2005, la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, qui doit réformer les modalités d’acheminement et de gestion de l’aide afin d’augmenter son efficacité, notamment en matière de réduction de la pauvreté, des inégalités et de consolidation de la croissance.

    Cependant, sur le terrain, on déplore plus que jamais l’irrespect des engagements. Très peu de pays riches ont pu honorer leur engagement à consacrer 0,7% de leur PNB à l’APD, conformément Consensus de Monterrey en 2002.

    Bien que nous soyons foncièrement contre l’octroi de l’aide à ATTAC, nous estimons qu’il est important de revoir cette politique d’assistance pour donner à l’Afrique les vraies armes dont elle a besoin pour amorcer son développement. La première chose que nous demandons est l’annulation totale de la dette de l’Afrique. Car, tant qu’on nous accordera l’aide et qu’on continuera de payer le fardeau de la dette, aucun développement réel ne sera possible.

    Il convient de souligner que les termes de l’aide doivent être renégociés de manière équitable et transparente pour que cette dernière ne serve pas uniquement les intérêts des puissances occidentales et leurs alliés africains, mais contribue au contraire à l’amélioration des conditions de vies de la majorité des populations africaines qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Jusqu’alors, la Déclaration de Paris donne plein pouvoir aux donateurs de se contrôler eux-mêmes alors qu’il n’en est pas le cas pour les bénéficiaires qui sont contrôlés par la Banque Mondiale.

    Les donateurs doivent respecter leur engagement de consacrer 0,7% de leur PNB à l’APD. Et puis, il est temps qu’on instaure des structures indépendantes de contrôle de l’aide et que la répartition de celle-ci se fasse suivant un mécanisme qui garantisse réellement son accès à ceux qui en ont le plus besoin. .

    Normalement, la société civile devrait bien jouer ce rôle, mais cette dernière est très fragile en Afrique et se contente bien souvent de travailler dans les lignes que lui fixent les bailleurs de fonds occidentaux. Ce manque d’indépendance, couplé à la recherche d’intérêts propres par certaines organisations de la société civile (OSC) qui se sont mêmes enrichies en détournant les fonds qui leur ont été alloués dans le cadre des programmes de l’aide, fait qu’actuellement très peu d’OSC sont en mesure de s’impliquer efficacement dans le contrôle de la gestion de l’aide. Des OSC sérieuses et efficaces sont indispensables pour demander des comptes aux gouvernements bénéficiaires et aux donateurs, en vue d’opérer un véritable changement sociopolitique et économique.

    Cependant, pour avoir du poids dans le cadre du suivi et du contrôle de la gestion de l’aide au développement, il urge de renforcer les capacités de ces OSC et de leur donner plus de pouvoir. D’ores et déjà, elles doivent savoir que dans l’exercice de leur mission, les dirigeants africains et leurs appuis occidentaux qui profitent royalement de l’aide ne leur rendront pas la tâche facile et se préparer en conséquence. En analysant sérieusement tous les contours de l’aide au développement, on se rend compte qu’elle n’est qu’une parodie d’assistance dont l’Afrique pourrait bien se passer si elle s’organise efficacement.

    Plusieurs pistes peuvent être envisagées. Pour pouvoir investir, il faut de l’épargne. Et jusque-là, l’épargne est difficile à trouver en Afrique malgré la richesse du sous-sol du continent. Le vrai problème, c’est que les ressources de l’Afrique ne sont pas vendues à leurs vraies valeurs mais à des prix sous-évalués fixés par des places boursières internationales. Dès que les ressources du continent seront commercialisées à leurs vrais prix, on pourra engranger des fonds pour financer le développement de nos pays. Cette perspective nécessite une réelle volonté de la part des hommes politiques africains, qui doivent apprendre à dire Non à tout ce qui ne va pas dans l’intérêt de leur pays.

    D’un autre côté, comme les donateurs n’arrivent pas à honorer leur engagement de consacrer 0,7% de leur PNB à l’APD, nous proposons qu’on puisse prélever 0,25% sur les transactions financières dans le monde pour financer le développement. En outre, que l’argent détourné par les responsables africains et placé dans les banques suisses et autres paradis fiscaux constitue une source de financement du développement. Lorsque le président Mobutu mourait en 1997, on avait retrouvé sur son compte personnel en suisse 8 milliards de dollars ; ce qui correspondaient au montant de la dette extérieure de son pays à l’époque. A ce jour, cet argent dort toujours dans les comptes suisses. Le jour où les paradis fiscaux décideront de rétrocéder les fonds volés à l’Afrique, ils l’aideraient valablement à amorcer son développement.

    * Samir Abi est secrétaire général de la section togolaise de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’aide aux citoyens – Ce texte est tiré d’un entretien avec le journaliste togolais Etonam Akakpo-Ahiany

    * Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org

    Tagged under Gouvernance

  • Si la violence sexuelle n'est pas prise en compte au cours d'un conflit, elle hantera l'après-guerre et la paix apparente ne sera qu'une mauvaise plaisanterie aux yeux de la moitié de la population. J’étais au Libéria récemment, où j'ai pu rencontrer de nombreuses personnalités : la présidente Ellen Johnson-Sirleaf, des hauts fonctionnaires du ministère de la Santé, la ministre de la Femme et du Développement, des cadres de la Fondation Clinton, le consultant qui a rédigé la législation qui servira à la Cour spéciale destinée à juger les crimes sexuels, ainsi qu'un représentant de l'UNICEF et de nombreux membres du personnel de cette institution. Malheureusement, je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer la Mission des Nations Unies au Libéria, dont les forces de maintien de la paix ont inévitablement été évoquées lors de chaque conversation.

    Le cadre dans lequel ces conversations ont eu lieu, est résumé par les mots de l'envoyée adjointe de l'ONU pour l'État de Droit au Libéria, lorsqu'elle a déclaré, le 20 mai dernier : « On ne peut pas s'attendre à ce que les futurs leaders du Libéria, les docteurs, les infirmières, les ingénieurs libériens puissent être élevés au sein d'une population de violeurs et de femmes en colère, souillées, terrifiées, troublées, souffrant de dépression et de honte.

    Elle se référait à l'augmentation de la violence sexuelle qui frappe le pays en ce moment, et qui inquiète tant la population. Les statistiques ont de quoi faire peur : une enquête récente menée par l'UNICEF montre que plus de la moitié des cas de viols signalés concerne des attaques violentes sur des jeunes filles âgées de 10 à 14 ans. D'après la conseillère pour les femmes de l'UNICEF, ces chiffres sont sans doute en augmentation, et l'on craint que cela ne soit bientôt suivi d'une augmentation du taux de jeunes femmes séropositives au Libéria.

    La ministre de la Femme m'a communiqué les données pour mars 2008 : la majorité des cas de viols dénoncés ce mois-là concernait des fillettes de moins de 12 ans, voire même de moins de 5 ans. Elle m'a également raconté des cas de viols collectifs tellement insensés et dépravés qu'ils m'ont rappelé certaines pièces dans un musée de l'Holocauste. Une étude complémentaire sur les 15 comtés du pays a montré que les jeunes des deux sexes sont tous convaincus que les filles sont le groupe le plus exposé au Libéria et, bien que cela puisse paraître incroyable, que les adolescentes n'étaient nulle part et jamais en sécurité.

    Bien entendu, la présidente Johnson-Sirleaf est abasourdie par la force de la violence sexuelle. Pour elle, la légitimité de son mandat tient très concrètement à sa capacité à confronter et à gagner la guerre menée contre les femmes. Mais comment en sommes-nous arrrivés là ? La MINUL est en place depuis 2003 et comte un important contingent de femmes-soldat de la paix : il existe un bureau pour le Conseiller pour la Femme, et un Conseiller pour le VIH/Sida ; la question de la Femme fait partie de son mandat ; l'envoyée de l'ONU et son adjointe sont toutes des femmes et la résolution de 2003 qui a permis la constitution de la MINUL incorpore la Résolution 1325 du Conseil de sécurité qui - vous serez d'accord avec moi - est censée garantir la participation des femmes dans le processus de maintien de la paix, et, plus important encore, doit garantir la protection et la sécurité des femmes de violences sexuelles et de violations des droits humains.

    Manifestement, tout cela n'a pas fonctionné au Libéria, où la situation ne fait qu'empirer pour les femmes et les filles. À quel moment avons-nous fait fausse route ?

    À mon avis, et de l'avis de l'organisation à laquelle j'appartiens (AIDS-Free World), les forces de maintien de la paix et leur commandement doivent prendre en compte beaucoup plus sérieusement la lutte contre les violences sexuelles. Il est tout simplement impossible de continuer d'arguer que ce qui prime sur tout autre impératif humain est le maintien à distance des forces armées. C'est faux. Vous pouvez faire réussir à obtenir un semblant de paix, mais pour les femmes dans le pays, le conflit continue de la manière la plus atroce et douloureuse possible.

    Dans le cas du Libéria, le problème n'est pas un mandat problématique : comme je le disais, la Résolution 1325 fait partie intégrante des obligations du maintien de la paix. Quiconque sera d'accord sur l'idée que lorsqu'un soldat de maintien de la paix sur le terrain apprend que l'on a commis un acte de violence sexuelle, où qu'il/elle a des raisons de penser que de tels actes ont été ou vont être commis, il/elle a l'obligation d'intervenir ou, pour utiliser l'expression consacrée, la responsabilité de protéger.

    Permettez-moi d'être encore plus clair. Les soldats de maintien de la paix ne sont pas des observateurs passifs de la famille humaine. Ces soldats vont dans un pays, ils découvrent son architecture sociale, ils observent au jour le jour l'évolution des forces politiques en présence. Ils finissent par reconnaître les faiblesses, les extrêmes, les anomalies. Très souvent, ils savent à quel moment un conflit est sur le point d'éclater. Ils peuvent deviner le moment où des hommes peuvent perdre le contrôle. Ils sentent le pouls de la culture. Lorsque tout éclate, ils sont là pour témoigner. Ce que je veux dire, c'est que lorsque les agressions sexuelles deviennent endémiques, les forces de maintien de la paix s'en étonnent rarement. Dans certains cas, ce sont les seuls à avoir anticipé les horreurs à venir.

    Ce type de savoir entraîne une obligation morale. Ce type d'intuition entraîne une responsabilité. Il ne suffit pas d'arrêter les échanges de tirs lorsque les viols se poursuivent sans discontinuer. La seule armistice qui vaille la peine restaure la paix pour toute la population, hommes et femmes. On ne peut se satisfaire d'une trêve ou de la signature d'un traité de paix trempé dans le sang de femmes violentées.

    La sagesse populaire voudrait que ce soit le travail du Conseil de sécurité de décider de la politique à suivre, et aux forces de maintien de la paix de mettre en œuvre cette politique. Mais ce serait trop simple. Le Département des Opérations de Maintien de la Paix, et ses contingents militaires dans les différents pays, devraient crier sur tous les toits lorsqu'ils ont l'impression que leur rôle est restreint d'une manière ou d'une autre. Si vous avez besoin de plus de soldats, réclamez-en davantage. Si vous avez besoin de plus de formations, demandez-les. Si vous avez besoin d'un contingent de policiers plus important, exigez-les. Si, sur le terrain, vous êtes le témoin d'une explosion d'agressions sexuelles, il faut, après votre intervention, noter les noms des soldats et des témoins et réclamer de la Cour pénale internationale qu'elle effectue des enquêtes et des mises en examen. Si les États membres de l'ONU refusent de coopérer, alors il faut organiser des conférences de presse pour dire au monde comment des femmes sont sacrifiées sur l'autel d'une radinerie myope, ou, pour être peut-être plus précis, sur l'autel d'un sexisme pavlovien.

    Ce que je dis n'est pas une plaisanterie ; je suis tout à fait sérieux. Les Nations unies ne peuvent pas autoriser la poursuite de ces terribles violences contre les femmes en se réfugiant derrière les ambiguïtés d'un mandat. Permettez-moi de rappeler que c'est justement ce qu'a fait le Département des Opérations de Maintien de la Paix entre janvier et avril 1994, dans sa lutte tordue avec le Commandant des forces de l'ONU, le général Romeo Dallaire, autour des règles d'engagement. Après ça, 800 000 Rwandais sont morts et la guerre a commencé au Congo.

    Nous estimons aujourd'hui que 5,4 millions de personnes sont mortes en RDC depuis la fin du génocide au Rwanda. Ce conflit était finalement censé se terminer en janvier dernier à l'occasion d'un accord de paix. Dans une certaine mesure, les combats ont cessé. Mais comme toujours, comme au Libéria, la guerre n'est jamais terminée pour les femmes.

    Dans le cas de la RDC, le rôle des forces de maintien de la paix ne saurait être plus clair. Les termes de la Résolution du Conseil de sécurité du 21 décembre 2007, qui étend le mandat de la mission de la MONUC, la mission de l'ONU au Congo, ne peuvent absolument pas prêter à confusion : le paragraphe 18 exige de la MONUC, compte tenu de l’ampleur et de la gravité des violences sexuelles, commises en particulier par des éléments armés, en République démocratique du Congo, d’entreprendre un examen approfondi des mesures qu’elle prend pour prévenir les violences sexuelles et y faire face et d’élaborer, en coopération étroite avec l’équipe de pays des Nations Unies et d’autres partenaires, une stratégie globale, à l’échelle de la mission, visant à renforcer ses capacités de prévention, de protection et d’intervention dans le domaine des violences sexuelles, notamment en dispensant une formation aux forces de sécurité congolaises, conformément au mandat qui est le sien, et de rendre compte régulièrement, y compris au besoin dans une annexe distincte, des actions menées à cet égard, en présentant notamment des données concrètes et des analyses des tendances.

    Il me semble que ceci montre bien que le Conseil de sécurité était parfaitement conscient que les choses n'allaient plus du tout dans le domaine des violences sexuelles, et que le Conseil donnait clairement un ordre à la MONUC de reprendre les choses en main. De ce point de vue, il est intéressant de voir que le Conseil de sécurité est allé encore plus loin : la clause finale de la résolution exige du Secrétaire général lui-même de faire un rapport sur les questions mentionnées dans le Paragraphe 18.

    Bien entendu, je ne peux prétendre savoir exactement ce qui traversait l'esprit des membres du Conseil de sécurité, mais voici ce que je sais : le Dr. Denis Mukwege, qui dirige l'Hôpital Panzi pour les victimes de viols et de violences sexuelles, dans la ville de Bukavu, dans l'est du pays, m'a dit, lors d'une rencontre il y a trois semaines à la Nouvelle-Orléans, que bien que l'afflux de femmes violées a peu à peu diminué depuis l'accord de janvier, le nombre de victimes demeure effroyable. Le personnel de l'UNICEF sur le terrain s'accorde à dire que la situation reste cauchemardesque pour les femmes, qui vivent dans la peur d'être violées, torturées, mutilées et infectées par le VIH. Qui pouvait s'attendre à autre chose, alors qu'un nombre incalculable de femmes victimes de diaboliques violences sexuelles n'étaient ni à la table de négociation en janvier dernier, ni signataires de l'accord, en violation directe avec la Résolution 1325 ? Qui peut encore feindre d'être surpris par les rapports des ONG congolaises sur le terrain, qui affirment que pendant la période de soi-disant maintien de la paix dans le pays, les femmes ont encore trop peur de quitter leur domicile ?

    Lorsque le sous-secrétaire général John Holmes disait que le Congo était le pire pays au monde pour les femmes, il avait raison. Lorsqu'à son retour du Congo, la célèbre auteur des « Monologues du vagin », Eve Ensler, a écrit qu'elle revenait de l'enfer, elle avait raison. Lorsque la co-directrice de mon organisation, AIDS-Free World, Paula Donovan, s'est rendue sur place en novembre et a dit que la guerre menée contre les femmes était peut-être la plus sauvage démonstration de misogynie jamais mise en œuvre dans une région en conflit, elle avait raison.

    Les femmes en RDC sont actuellement les victimes de choses terribles, inouïes. Je veux simplement insister sur le fait que la MONUC a déjà, dans le cadre de son mandat, tout ce qu'il faut pour mettre fin au règne de la terreur. La MONUC peut également avoir les moyens, si elle le souhaite, de mettre fin au règne de la terreur. Si la MONUC pense manquer de quelque chose pour protéger les femmes au Congo, que ce soit du personnel, des policiers, du matériel, de la formation, du temps, des dirigeants, ou des ressources, il faut les réclamer. Et si ces demandes ne sont pas entendues, il lui appartient d'informer le monde que la folie meurtrière est à l'œuvre, et qu'elle ne connaît pas de limite.

    Normalement, dans ce genre de situation difficile, les gens se tournent vers le Secrétaire général des Nations unies pour lui demander de l'aide. Mais comment lui faire confiance ?

    Il faut féliciter le Secrétaire général de son engagement pour la Birmanie ou contre l'augmentation du prix des denrées alimentaires, mais peut-on retrouver la même fiévreuse agitation lorsqu'il s'agit de la violence sexuelle ? Le Secrétaire général devrait insister sur l'invocation de la Responsabilité de protéger au Congo, mais il ne le fait pas. Il ne va pas instinctivement chercher à défendre et protéger les droits des femmes. Après tout, ce Secrétaire général a accordé une immunité à l'ancien Haut Commissaire pour les Réfugiés, au moment où une plainte pour harcèlement sexuel a été déposée contre lui dans une cour de New York. Je me souviens qu'au moment de sa nomination, le Secrétaire général avait avoué à un groupe d'ONG qu'il ne connaissait pratiquement rien à la problématique du genre. Un an plus tard, les connaissances qu'il a acquises dans ce domaine semblent ne pas avoir changé d'un iota.

    Non. Si nous voulons changer les choses, avec ou sans l'aide du Secrétaire général, les forces de maintien de la paix doivent être au cœur de la transformation. Ce serait formidable. La Résolution 1325 serait finalement tirée des poubelles du Conseil de sécurité et les femmes, libérées de la peur, pourraient prendre en main leur destin collectif. Vous pouvez être sûrs qu'il n'y aurait aucune hésitation.

    Si tous les soldats de maintien de la paix étaient des femmes, et les hommes dans un pays étaient victimes de violences sexuelles, croyez-vous que les femmes se contenteraient d'observer les atrocités les bras croisés? Évidemment non. En plus, elles n'auraient même pas besoin d'une Résolution des Nations unies pour leur dire ce qu'il faut faire.

    * Stephen Lewis est co-directeur de AIDS-Free World (Un monde sans Sida)

    * Veuillez envoyer vos commentaires à ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Le président Abdoulaye Wade a déclaré qu’un de ses anciens ministres est passible de la Haute Cour de justice et sera traduit devant cette juridiction. Ce dernier, ancien ministre des Transports aérien et proche du chef de l’Etat sénégalais, est accusé dans une affaire de mise à sac de journaux dont les écrits sont jugés sévères contre le pouvoir en place. Après leur arrestation, les coupables, qui ont été condamnés par la justice, ont désigné le ministre comme étant le commanditaire de leurs actes.

    Tagged under Gouvernance Senegal

  • Contributor | Gouvernance

    Pour la première fois depuis quinze ans, l’Angola a connu des élections des législatives le 5 septembre. Les dernières élections, en 1992, avaient débouché sur une reprise de la guerre civile. Ce scrutin parlementaire, remporté par le parti au pouvoir, le MPLA, constituait un test crucial pour ce pays qui présente la plus forte croissance économique au monde.

    Tagged under Gouvernance Angola

  • Contributor | Gouvernance

    Le président zambien par intérim, Rupiah Banda, a réaffirmé l'engagement du gouvernement à poursuivre la vision de développement et de l'économie du feu le président Levy Mwanawasa. ??Dans son discours radio-télévisé à la nation, M. Banda, devenu président par intérim après le décès du président Mwanawasa le mois dernier, a rappelé que l'administration de l'ancien président a réintroduit le développement national planifié qui remet l'accent sur la gestion économique.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    ''L'Afrique est connue comme l'une des parties les plus riches du monde lorsqu'il s'agit des ressources naturelles, pourtant elle est également la région la plus pauvre'', a déclaré Charles Mutasa, directeur exécutif du 'African Forum and Network on Debt and Development. Selon lui, 'la dette écologique causée par l'exploitation des ressources naturelles joue un rôle crucial dans ce scénario''.

    Tagged under Gouvernance

  • Contributor | Gouvernance

    Le Collectif de la Diaspora congolaise de France et d'Europe (CDCFE) va présenter une plainte devant la Cour pénale Internationale (CPI) contre les autorités de Brazzaville, dont le président Denis Sassou-Nguesso, pour crimes contre l'humanité, torture et crimes de guerre. Des membres de son entourage sont également visés.

    Tagged under Gouvernance